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mardi 2 juillet 2024

CYCLE CHARLES BAND - Trancers II de Charles Band (1991) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

En faisant quelques recherches, je suis tombé des nu lorsque j'ai découvert que la franchise Trancers n'était non pas constituée de deux longs-métrage mais de six ! Et peut-être même d'un septième mais là, il faudrait que je me renseigne plus précisément à son sujet. Pour en revenir aux secondes aventures du flic du futur Jack Deth projeté dans les années quatre-vingt, après qu'il ait déjoué les plans du machiavélique Martin Whistler il a pu se laisser aller à une vie paisible auprès de Leena qu'il a finit par épouser. L'homme a décidé de rester à l'époque où eurent lieu les premiers événements mais six ans après, il est rattrapé par son passé... Ou plutôt son futur... Enfin, son présent. Bref, les dirigeants du Concil font à nouveau appel à lui lorsqu'ils apprennent que le frère de Martin Whistler est à son tour parti faire un voyage dans le passé et a pris possession du corps de son ancêtre, le Docteur E.D. Wardo. Ce dernier est interprété par le mythique acteur américain Richard Lynch, connu pour son incroyable visage brûlé et qui sous l'influence de drogues s'immola à Central Park en juin 1967. Dans Trancers II, il incarne donc l'antagoniste du récit. Toujours aux commandes du projet, Richard Band signe une suite qui malgré les six années qui la séparent du premier volet semble avoir été tourné sur la lancée. Rien ou si peu n'a changé. La plupart des interprètes de Trancers ont à nouveau signé pour cette séquelle qui ne dépareille pas avec son aînée. Helen Hunt qui à l'époque n'avait que vingt et un ans a quelque peu ''mûri'' en six ans et apparaît dans le rôle de Leena, nettement plus adulte. Tim Thomerson reste fidèle au poste (et le restera très longtemps, d'ailleurs) et campe à nouveau le héros affreusement peroxydé de cette seconde aventure qui situe donc son action en 1991. Après avoir été transféré dans le corps d'une gamine de neuf ans dans Trancers, McNulty (toujours interprété par l'acteur Art LaFleur) se retrouve cette fois-ci dans la peau d'une adolescente un brin bougonne incarnée par la jeune Alyson Croft. Enfin, nous retrouvons à nouveau Biff Manard dans le rôle de Hap Ashby, ancien clochard qui depuis a fait fortune et abrite dans sa luxueuse propriété le couple Jack et Leena Deth... Notons que dans cette suite, Charles Band lance un clin d’œil au cinéma de Stuart Gordon dont il aura, auprès de Bruce William Curtis et Brian Yuzna, produit le classique From Beyond en 1986.


En effet, apparaissent dans des rôles finalement assez peu convaincants la sublime Barbara Crampton qui interprète le rôle de Sadie Brady et l'inquiétant Jeffrey Combs qui quant à lui incarne celui du docteur Pyle, complice du docteur E. D. Wardo. Ah ! J'oubliais de préciser. Dans ces nouvelles aventures de Jack et Leena Deth nous allons enfin pouvoir découvrir l'épouse du héros qui dans Trancers ne pouvait être présente à l'image puisqu'elle était décédée (d'où le désir de vengeance de Jack vis à vis de Martin Whistler à l'époque). Évidemment, elle apparaît comme la plupart des protagonistes sous d'autres traits. Ceux d'une ancêtre puisque l'importance du code génétique entre dans le transfert des corps. Dans Trancers II, Richard Lynch incarne donc le grand méchant du récit. Kidnappant des clochards et des individus atteints de troubles mentaux, il est à la tête de l'agence GreenWorld qui sous couvert de vouloir purifier la planète cache en réalité des activités beaucoup moins reluisantes : Clochards et malades mentaux deviennent sous son emprise les nouveaux ''envahisseurs'' (curieusement nommés ''Hypnoses'' lors du premier long-métrage). Alors que sous les traits d'Alice Stilwell l'ex femme de Jack se rapproche dangereusement de celui dont elle fut l'épouse, Leena s'inquiète pour l'avenir de son couple. Aussi mal fagoté mais tout aussi plaisant à suivre que lors des premières aventures de Jack Deth, Trancers II est parfois involontairement drôle. Comme durant ces séquences répétées lors desquelles Leena ou Jack usent et abusent de la fonction d'arrêt du temps de leur montre pour se sortir de différentes situations périlleuses. Voir les acteurs qui interprètent les antagonistes ralentir leur marche est simplement hilarant. Les effets-spéciaux sont quant à eux rarissimes. Considéré comme inférieur au premier, Trancers II reste amusant. Quelques bonnes idées viennent d'ailleurs émailler le récit. Comme de faire intervenir la femme décédée de Jack et la confronter à sa nouvelle épouse. Malheureusement, la présence de Richard Lynch, de Jeffrey Combs ou de la délicieuse Barbara Crampton n'apporte aucune espèce de plus-values au récit. Au mieux leur présence est une curiosité... Sympa !

 

mercredi 1 juin 2022

La neuvième configuration de William Peter Blatty (1980) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

La seule évocation de William Peter Blatty réveille de vieux souvenirs. De ces cauchemars qui sur pellicule ont empêché de dormir des générations de cinéphiles. Car derrière ce nom se cache l'auteur de L'exorciste, roman qui eut les honneurs d'une adaptation sur grand écran en 1973. Et pas par n'importe quel cinéaste puisque William Friedkin réalisa lui-même ce qui demeure toujours comme l'une des expériences les plus traumatisantes ayant vu le jour dans les salles de cinéma. Si la légende aura d'abord retenu le nom du réalisateur, William Peter Blatty n'en est pas moins rattaché à l’œuvre pour l'éternité. De son côté, ce dernier aura réalisé en tout et pour tout, deux films. Pas un de plus. En 1990, il réalisera The Exorcist III: Legion, le troisième volet d'une franchise qui aurait peut-être dû s'arrêter à l'issue du chef-d’œuvre de William Friedkin. Une bouture bien fade au regard de l'original même si elle possède des qualités qui lui sont propres. Il est par contre relativement intéressant de revenir dix ans en arrière, soit en 1980. Cette année là, William Peter Blatty se lance lui-même dans la réalisation avec La Neuvième Configuration. Une œuvre logiquement écrite par ses soins mais qui n'a plus rien à voir avec le Diable tel qu'il le décrivait presque dix ans plus tôt en 1971 dans son plus célèbre roman. Ce premier longs-métrage que l'on aurait tôt fait de ranger dans la catégorie des O.F.N.I.s est effectivement une œuvre très particulière. Le genre de film qui peut incommoder de diverses manières ou réjouir les amateurs de bizarreries...


Une certitude rejoindra cependant ces différents cas de figures : La Neuvième Configuration ne laissera personne indifférent. On pourrait en parler durant des heures. Discuter de ces quatre-vingt premières minutes lors desquelles la folie des personnages rejoint celle du script et à la suite desquelles, le spectateur finira par cesser de rire. La farce se mue en une tragédie et l'on se demande alors pour quelles raisons William Peter Blatty a attendu si longtemps pour nous servir ce drame que l'on aurait aimé voir gagner du terrain sur les trop longues divagations qui l'ont précédé. Après avoir lâché ses interprètes durant plus des deux tiers du récit, à les laisser jouer comme des enfants indisciplinés entre les murs d'un stupéfiant château à l'architecture gothique situé au sommet d'une montagne, le réalisateur durcit le ton. Son équipe technique et ses deux principaux interprètes (les formidables Stacy Keach et Scott Wilson) sont transportés dans un bar sordide tenu par une bande de bikers particulièrement violents à la tête desquels trônent l'acteur Steve Sandor et son ''lieutenant'' Richard Lynch. Jusque là, La Neuvième Configuration nous promena dans un drôle d'établissement consacré au traitement psychiatrique d'anciens soldats supposément atteints de folie. Le Colonel Vincent Kane (Stacy Keach) intègre donc l'endroit en tant que psychiatre afin d'y étudier les patients et de voir qui parmi eux est vraiment malade et qui simule...


Et là, le spectateur a droit à une galerie de personnages hauts en couleurs. À commencer par le duo formé autour des lieutenants Frankie Reno et Spinell (le second empruntant le nom authentique de celui qui l'interprète, soit l'acteur Joe Spinell, formidable monstre humain dans le traumatisant Maniac de William Lustig sorti la même année), le premier faisant passer des castings à des chiens dans le but de monter une pièce de théâtre inspirée de William Shakespeare. En passant par un schizophrène dont l'une des personnalités n'hésite pas à revêtir une robe chasuble de nonne ! Mais surtout, ce sera pour le colonel Vincent Kane, l'occasion de faire la connaissance du capitaine Billy Cutshaw (l'acteur Scott Wilson). Un ancien astronaute qui lors du lancement d'une fusée à destination de la Lune fut pris de panique et interrompit le décollage. Quatre-vingt minutes d'un grand n'importe quoi, lors desquelles les dialogues perdent complètement le spectateur dans le même esprit que ces improvisations dont seuls ceux qui en sont les acteurs savent de quoi ils parlent. Notons que la présence à l'image de Stacy Keach tempère quelque peu le climat de folie qui baigne littéralement et qu'il sera lui-même l'objet central d'un très intéressant Twist. Ensuite, c'est le choc. Dix ou quinze minutes lors desquelles William Peter Blatty plonge la tête du spectateur dans une bassine remplie d'eau et le contraint à vivre une double humiliation sous apnée ! Une longue séquence rendue plus difficile encore par l'aspect humoristique (et plus ou moins drôle) de tout ce qui a précédé cette séquence pénible à supporter. Dans le genre ''changement de ton'', le réalisateur a réussi l'exploit de plomber l'ambiance sans espoir pour le spectateur de retrouver le sourire. D'une manière générale, soit on adhère au concept de départ, soit l'on abandonne au bout d'une demi-heure. Ce qui serait au fond, une grave erreur puisque la patience des spectateurs étant mise à rude épreuve, la récompense n'en sera que plus grande. Un film unique en son genre et une vraie curiosité servie par une jolie brochette d'interprètes...

 

mercredi 12 janvier 2022

Panics (Bad Dreams) d'Andrew Flemings (1988) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Le 19 avril 1993, quatre-vingt deux adeptes de la sectes dirigée par le gourou David Koresh périrent dans une ferme de Waco au Texas. L'année suivante, le 05 octobre 1994, vingt-trois corps furent découverts dans une ferme située à Cheiry, un village de la Broye fribourgeoise située en Suisse Romande. Et plus tard dans la journée, vingt-cinq autre cadavres à plus de cent-cinquante kilomètres de là dans le hameau de Grange à Salvan. Rapport entre toutes les victimes ? Elles sont toutes mortes dans des incendies volontaires ordonnés aux États-Unis par David Koresh et sa secte des Davidiens et en Suisse par les dirigeant de la secte de l'Ordre du temple solaire fondée en 1984 par Luc Jouret et Jo Di Mambro. Deux faits divers authentiques n'ayant aucun rapport direct mais qui trouvent cependant un lointain écho les ayant précédé avec Bad Dreams (également connu sous le titre de Panics) que réalisa en 1988 l'américain Andrew Flemings, scénariste, producteur et donc réalisateur de dizaines d'épisodes de séries télévisées et de quelques longs-métrages dont le sympathique Dangereuse alliance (The Craft) en 1996. Mais de quel rapport parlons-nous exactement ?De cette introduction plutôt courte mais réussie qui voit un certain Harris (l'acteur Richard Lynch), gourou d'une secte, contraindre ses adeptes de l'accompagner dans une mort affreuse puisque là aussi, il s'agit du feu. Bien évidemment, on sort là du contexte dramatique des deux faits-divers évoqués plus haut mais la relative similitude entre le réel et la fiction se confond durant un court instant...


Si Panics semble bénéficier d'une réputation plutôt flatteuse parmi certains amateurs de fantastique et d'horreur, reconnaissons tout de même que le film d'Andrew Flemings s'avère relativement décevant. Tout d'abord parce qu'il empiète sur les plates-bandes d'un certain Freddy Krugger, le plus célèbres des grands brûlés, et notamment sur ses troisièmes aventures visibles sur les écrans de cinéma l'année précédent la sortie de Panics. On parle évidemment là de l'excellent Les Griffes du cauchemar du réalisateur Chuck Russell et ses remarquables effets-spéciaux notamment conçus par les célèbres Kevin Yagher, Greg Cannom et Screaming Mad George ! Ensuite parce que le long-métrage d'Andrew Fleming s'en inspire un peu trop sans jamais parvenir à l'égaler ou même faire oublier les hallucinantes séquences de cauchemar dont seront les victimes des adolescents dits ''suicidaires''. La présence de l'actrice Jennifer Rubin au générique n'est donc pas anecdotique puisqu'elle fit partie du casting du classique de Chuck Russell dans lequel elle interprétait déjà l'une des adolescentes, supposée suicidaire elle aussi et donc internée à l'hôpital psychiatrique de Westin Hills. Autre lieu, autres personnages, autre réalisateur mais un récit qui ressemble fort au scénario écrit à l'époque par Wes Craven (le créateur de la franchise), Bruce Wagner, Frank Darabont et le réalisateur lui-même. De là à imaginer que celui de Panics écrit par Andrew Fleming, Michael Dick, P.J. Pettiette et Yuri Zeltser puisse n'être qu'un plagiat des Griffes du cauchemar, il n'y a qu'un pas...


Gilbert A. Mosko, Michèle Burke et Richard Snell n'ayant pas le talent ni l'imagination des spécialistes des effets-spéciaux cités plus haut, Panics se situe au mieux au niveau d'une série B sympathique et au pire, au niveau de ce qu'il est désormais commun de nommer sous l'appellation Mockbusters ! Le plus drôle (ou le plus sinistre et dérangeant, c'est à chacun de voir), est l'évocation du personnage incarné par Richard Lynch qui outre le fait qu'il renvoie presque directement au rôle qu'il tint dans le très curieux Meurtres sous contrôle (God told me to) que le réalisateur Larry Cohen réalisa en 1976, ravive ce terrible événement qui se produisit en juin 1967 lors duquel, le futur acteur (qui débutera véritablement sa carrière l'année suivante avec le court-métrage LSD: Trip to Where ? de Harvey R. Langee) s'immola par le feu alors même qu'il était sous l'influence de diverses drogues ! Panics revêtirait-il une forme de thérapie tardive pour cet acteur à la trogne incroyable ? Probablement qu'il n'en eut pas besoin. Contrairement à cette poignée d'adolescents qui connaîtront un sort aussi triste que celui des ''héros'' du long-métrage de Chuck Russell. Des gamins qui seront suivis par les acteurs Harris Yulin et Bruce Abbott dans les rôles respectifs du Dr. Berrisford et du Dr. Alex Karmen. Si le premier est plus connu pour son visage que pour son nom, le second, lui, est demeuré célèbre pour avoir été notamment l'une des vedettes du classique gore de Stuart Gordon, Re-Animator...

 

lundi 20 janvier 2020

La Chasse Sanglante de Peter Collinson (1974) - ★★★★★★★☆☆☆



Connu pour avoir distribué par l'entremise de la collection ''Les films que vous ne verrez jamais à la télévision'' des films tels que Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper, Maniac de William Lustig, Zombie de George Romero Inseminoid de Norman J. Warren ou le diptyque de Paul Morrissey Du Sang pour Dracula/Chair pour Frankenstein, René Château y distribua également Open Season (La chasse Sanglante) de l'américain Peter Collinson. Sorti la même année que le classique de Tobe Hooper et ayant lui-même connu des difficultés avec la censure française, le film sera le premier long-métrage hors pornographie à être orné d'un X le condamnant à une sortie dans les salles interdite aux moins de dix-huit ans en août 1982. Un moindre mal si l'on considère qu'avant cela, il fut tout simplement interdit pour incitation à la violence pendant une durée de sept années environs avant de pouvoir enfin éclore dans les salles de cinéma. Les possesseurs de magnétoscopes furent donc dans l'hexagone, les premiers à pouvoir profiter de ce Rape & Revenge tardif dans la chronologie des faits développés dans le récit lui-même. Tardif en effet, puisque l'intrigue ne se dénouera que durant la dernière demi-heure, l'heure précédente étant consacrée aux agissements de trois anciens combattants du Vietnam dont la passion première semble être devenue la chasse à l'homme...

Sans excuser ses personnages ni leur trouver une quelconque raison valable aux agissements dont ils se rendent responsables, Peter Collinson note que leur participation au conflit opposant les États-Unis au Vietnam a pu générer chez eux un traumatisme tel qu'ils en auraient perdu tout bon sens et une grande partie de leur humanité. Ce que semblent froidement étayer les événements, à peine supportables, décrits à la manière de La Traque de Serge Leroy dans lequel la pauvre Mimsy Farmer était de son côté en proie aux agissements d'une bande de chasseurs français, des notables qui la violèrent et finirent par l'assassiner. Le malaise chez Peter Collinson est peut-être encore plus grand que chez le français, du fait de cette nonchalance dont font preuve trois amis de toujours, acquittés il y a longtemps pour un viol qu'ils avaient pourtant bien commis, lesquels semble avoir perdu une partie de leur conscience, de leur morale et de leur humanité sur le champ de bataille. Ken, Greg et Art sont le reflet d'une guerre qui n'a pas fini de les tourmenter. Sue et Martin sont amants et ont le malheur ou la malchance de s'être arrêtés devant la même station-service que les trois anciens soldats. Dès lors, ces derniers vont les suivre, les kidnapper, les humilier, violer la jeune femme puis les libérer afin d'en faire leur proie lors d'une parie de chasse (in)humaine...

Quarante-six ans après, Open Season n'a rien perdu de son impact. Le fait même que Peter Fonda, John Philip Law et Richard Lynch incarnent justement ces trois monstres froids accentue le malaise. Ces fameux interprètes, stars du cinéma et de la télévision passent du statut de ''héros'' à celui de monstres sans pitié, sans âme et sans cœur. En s’appesantissant si longtemps sur les actes psychologiquement déstabilisant, Peter Collinson dérange, malmène aussi bien son couple adultère que les spectateurs, témoins/voyeurs d'un asservissement et d'une humiliation abjectes qui trouve l'un de ses points culminants lorsque Martin assiste aux ébats contraints et forcés entre Nancy et Ken. Autre élément déstabilisant : plus encore que l'explication d'un traumatisme liée au conflit vietnamien, c'est peut-être cette injustice qui a bénéficié au trois ''chasseurs'' qui se croient alors au dessus de la loi et revendiquent donc la possibilité de tuer en toute impunité qui dérange davantage. Qu'il est long à venir ce court instant où l'on aimerait croire que la situation va tourner en la faveur des victimes. Mais comme cela arrive dans la majeure partie des cas, leur sort est noué dès le début. Tout juste le spectateur pourra-t-il être comblé lorsque viendra la vengeance tardive et inattendue du père dont la fille fut violée au début du film... Radical, nihiliste, jusqu'auboutiste, difficile de choisir le camp de ces trois hommes tourmentant leurs victimes après l'avoir été eux-mêmes. Open Season demeure une valeur sûre dans le domaine du Rape & Revenge. Une œuvre choc qui ne peut laisser personne insensible...

vendredi 16 novembre 2018

Halloween de Rob Zombie (2007) - ★★★★★★★☆☆☆



Qu'il soit réussi ou non, qu'il surpasse son illustre source d'inspiration ou qu'il ne lui arrive pas même à la cheville, s'il y a bien un point qu'il sera difficile de contredire, c'est le culot avec lequel le cinéaste Rob Zombie se sera approprié le mythe de Michael Myers pour en proposer une relecture faisant table rase sur l'iconographie de l'un des plus célèbres tueurs masqués du septième art, et même s'il aura dû pour cela, lâcher un peu de leste. Trente ans... Il aura fallut trente ans pour que quelqu'un se décide enfin à revenir aux sources. A ne plus simplement continuer à nourrir une légende qui avait finit (paraît-il) par s'étioler à force de vouloir l'exploiter. Né le 12 janvier 1965, chanteur et musicien du groupe de métal White Zombie, Rob se lance dans le septième art en 2003 avec The House of 1000 Corpses, œuvre remarquée, mais sans doute pas autant que le second long-métrage d'un artiste qui aura, au moins, su se reconvertir de la plus belle des manières. The Devil's Rejects, deuxième film et premier véritable choc. Un road-trip d'une violence inouïe qui renoue avec un certain cinéma transgressif des années soixante-dix. On pense notamment au Texas Chainsaw Massacre de Tobe Hooper, ou à The Hills Have Eyes de Wes Craven. Après avoir réalisé une fausse bande-annonce (Werewolf Women of the SS) pour le diptyque Grindhouse, Rob Zombie s'attèle donc à la réalisation de son troisième long-métrage sobrement intitulé Halloween
 
Ça n'est plus un secret pour les rares badauds qui ont osé franchir les portes de Cinémart ces dernier jours mais je n'ai que très moyennement apprécié l’œuvre séminale du pourtant génial John Carpenter. Presque aussi chiant que de rester planté devant une pendule pendant quatre-vingt dix minutes à voir s'égrainer les secondes, puis les minutes, Halloween cuvée 1978 fut une énorme déception (d'ailleurs, à ce propos, n'ayant pas envie de me faire taper sur les doigts, je ne ferai pas la critique de Suspiria version Dario Argento que j'ai, « grave » détestée). Aussi creux qu'improbable, le film usurpe totalement son statut d’œuvre culte (pour les coups de fouet, je suis dispo ce soir de 22h à 3h du matin) , ce qui ne m'a pourtant pas empêché de vouloir persévérer afin de trouver, peut-être, la perle rare. Sur laquelle il me semble par ailleurs avoir déjà mis la main il y a quelques années à travers l'excellent Halloween 3. Mais celui-ci n'ayant aucun rapport avec l’œuvre de John Carpenter, et ne voulant surtout pas subir les suites consécutives, j'ai donc porté mon choix sur la vision toute personnelle de Rob Zombie.

La phase narcissique étant arrivée à son terme, entrons désormais dans le vif du sujet. Première différence entre l’œuvre originale et son remake, le choix appliqué par Rob Zombie de revenir en profondeur sur l'enfance de Michael Myers et ne pas se contenter simplement de le montrer en train de tuer sa grande sœur. Le cinéaste décrit l'univers néfaste dans lequel baigne l'enfant. Une histoire personnelle qui fait écho aux faits-divers macabres qui parfois ressurgissent dans les médias lorsque l'on apprend qu'un gamin a pénétré l'enceinte de l’établissement scolaire où il étudie afin d'y dessouder un maximum de ses camarades. Le petit Michael est le souffre-douleur de son beau-père, un alcoolique notoire passant son temps calé dans un fauteuil à regarder des émissions débiles et à boire la bière. Aimante, la mère de l'enfant danse nue dans une boite de strip-tease afin de subvenir aux besoins de sa petite famille également constituée d'une fille plus âgée que Michael et d'une seconde beaucoup plus jeune. Harcelé par deux de ses camarades, le futur tueur en série d'Haddonfield (dont l'un des passes-temps favoris et de torturer les animaux), passe à l'acte sur l'un deux et sur plusieurs membres de sa famille avant d'être jugé et interné dans un hôpital psychiatrique. Rob Zombie dresse un vrai portrait de psychopathe et clôt ainsi une première partie passionnante et idéalement incarnée par l'acteur Daeg Faerch qui dans la peau de Michael Myers enfant est assez stupéfiant.

Cette première partie est également l'occasion de faire connaissance avec le fameux Docteur Sam Loomis de l’œuvre originale, cette fois-ci incarné par le génial Malcom McDowell dont le look tranche avec sa profession. Un individu pas vraiment net qui pourtant laisse envisager sa volonté d'aider le jeune adolescent en perdition. C'est également l'occasion d'assister à la lente séparation entre le corps et l'esprit d'un Michael Myers plongeant dans le mutisme le plus total durant les quinze années précédent sa fuite de l'établissement. Rob Zombie convoque une armada de « guests » mémorables. Au hasard : Danny Trejo dans le rôle du gardien Ismael Cruz, ou Richard Lynch dans celui de Chambers, le principal de l'établissement scolaire. Plus tard, d'autres rejoindront les festivités : Brad Dourif dans le rôle du Shérif Leight Bracket, Dee Wallace Stone dans celui de Cynthia Strode, la mère de l'héroïne Laurie incarnée par Scout Taylor-Compton après Jamie Lee-Curtis, ou encore Ken Foree, le « black » du Zombie de George Romero, Sybil Danning, Bill Moseley, ou enfin Udo Kier. Une belle brochette d'acteurs pour un film qui contrairement à l'oeuvre de John Carpenter ne fait jamais dans l'attentisme et accumule les cadavres. Des meurtres violents, mais pas forcément outranciers en matière d'horreur. Si Scout Taylor-Compton assure son emploi d'héroïne, elle a cependant bien du mal à nous faire oublier l'interprétation de Jamie Lee-Curtis dans la version de 1978.

La partition musicale a quant à elle été confiée à Tyler Bates, ce qui n'empêche pas Rob Zombie de réemployer les plus fameux thèmes composés à l'époque par John Carpenter lui-même. Accompagné par le souffle inquiétant du boogeyman Halloween version 2007 est beaucoup plus nerveux que son ancêtre. Incarné par Tyler Mane, le Michael Myers de cette cuvée est un colosse de plus de deux mètres qui en impose à l'écran. L’œuvre de Rob Zombie s'inscrit également dans un contexte beaucoup plus réaliste en apportant à l’esthétique générale un grain particulier grâce à l'emploi du format 16mm. Le film n'évite pas les sempiternelles scènes de cul, beaucoup plus explicites dans l'acte et dans le verbe que par le passé. Rob Zombie a gagné le pari de dépoussiérer une légende en l'améliorant sous tous ses aspects. Il part ainsi rejoindre les quelques remakes de classiques de l'épouvante ayant eu avant lui l'occasion de faire mieux que les œuvres originales (La Colline a des Yeux de Alexandre Aja l'année précédente). Un excellent slasher...

mardi 12 juin 2018

Amazonia, la Jungle Blanche de Ruggero Deodato (1985) - ★★★★★★☆☆☆☆



Cinq ans après la sortie de très controversé Cannibal Holocaust, le cinéaste italien Ruggero Deodato, auteur notamment de La Maison au Fond du Parc et des Barbarians, retournait en forêt amazonienne afin d'y tourner une fausse suite (les deux films n'ont en effet rien de commun si ce n'est le cadre) intitulée Inferno in Diretta, traduit chez nous sous le titre Amazonia, la Jungle Blanche, et aux États-Unis sous celui de Cut and Run. La véritable traduction étant en réalité 'enfer en direct', le récit tourne autour de la journaliste Fran Hudson et du caméraman Mark Ludman qui au coeur de la jungle sud américaine cherchent à en apprendre davantage sur les massacres perpétrés par une tribu de cannibales dirigée par un certain colonel Brian Horne, lequel aurait commandité le massacre en Guyane, des membres de la secte du 'Temple du Peuple' dont le fondateur était le pasteur Jim Jones. Conduite par Quecho, l'homme de main de Brian Horne, la tribu s'attaque aux cartels de la drogue installés dans la région en tuant tout ceux qui sont mêlés de près ou de loin au trafic de cocaïne. Dépêchés sur place, Fran et Mark vont tenter de retrouver la trace de Tommy Allo, disparu en pleine jungle et fils du directeur de la chaîne pour laquelle ils travaillent, Bob Allo...

Première chose rassurante, Ruggero Deodato paraît enfin avoir abandonné toute idée de maltraitance envers les animaux. Car comme cela était semble-t-il de coutume dans le paysage cinématographique italien, et notamment dans le cinéma d'horreur, tortues, iguanes, serpents et crocodiles finissaient généralement par réellement mourir devant la caméra de cinéastes peu scrupuleux en la matière. Désormais, à part quelques coups de bâtons prodigués à plusieurs sauriens que l'on assimilera à des 'stock-shots', Amazonia, la Jungle Blanche nous épargne des horreurs bien réelles. Une Amazonie blanche... comme la poudre, la cocaïne, qui est au centre d'une intrigue qui parfois se cherche. Entre trafic de drogue, recherche du fils disparu, prisonniers d'un camp de trafiquants, et actes de barbarie envers les populations d'indigènes, le film de Ruggero Deodato tient toutes ses promesses en matière de scènes d'horreur.

Moins glauques dans leur approches, ces dernières sont pourtant plus nombreuses et graphiquement plus explicites. Exit l'accouchement sanglant d'une indigène, l'empalement, ou l’émasculation. Cette fois-ci, Ruggero Deodato démembre, décapite, éviscère, viol, avec, parfois, une grande perversité. Totalement gratuits, les meurtres, lorsqu'ils ne sont pas perpétrés à l'aide d'une arme à feu sont exécutés à l'arme blanche. L'acteur américain Michael Berryman (La Colline a des Yeux de Wes Craven) se sert avec dextérité d'un sabre. Si le contact direct entre la lame et la chair n'est pas toujours visible, lorsque cela est le cas, on a droit à quelques effets gore du plus bel effet. Une jolie décapitation qui n'a rien à envier à celle de la mère de Jason Voorhees dans le premier Vendredi 13, et surtout, un écartèlement finissant par la déchirure d'un corps dans le sens de la longueur, assez gerbant.

Outre Michael Berryman, d'autres interprètes américains sont de la partie. A commencer par les deux principaux interprètes, ainsi que le toujours très impressionnant Richard Lynch et son visage brûlé. Plus étonnant encore (quoique), l'actrice Karen Black y fait plusieurs apparitions. Dans le rôle de Karin, l'actrice que l'on a pu notamment découvrir dans 747 en Péril, Trauma, Complot de Famille ou encore Capricorn One (pour ne citer qu'une très petite partie de sa filmographie) incarne la proche collaboratrice de Bob Allo, lui-même incarné par Richard Bright. Si le visage de celui qui interprète le personnage de Fargas vous rappelle quelqu'un, c'est sans doute parce qu'à une époque, vous suiviez la série américaine à succès, Urgences. Eriq La Salle, qui y incarnait le rôle du Docteur Peter Benton campe en effet dans le film de Ruggero Deodato, celui du petit truand au stetson... Le casting n'étant tout de même pas l’apanage d'interprètes exclusivement américains, plusieurs interprètes italiens font partie eux-mêmes du casting, telle la très belle Valentina Forte. Loin de mériter le terme de chef-d’œuvre, Amazonia, la Jungle Blanche demeure tout de même un film largement regardable...

vendredi 13 octobre 2017

Vampire de E.W. Swackhamer (1979) - ★★★★★☆☆☆☆☆



La drogue fait des ravages, peut détruire une vie, mener à la mort. Richard Lynch, lui, contre toute attente a fait des conséquences de cette saloperie, un atout. Sous l'emprise de l'une d'elles, il s'immole en 1967 en plein Central Park à New York. Brûlé sur plus de 70% du corps, il en ressort avec l'un des visages les plus marquants du cinéma. Son premier rôle au cinéma, il l'obtient six ans plus tard. Cinq ans après avoir passé toute une année, non pas à guérir de ses brûlures mais à se soigner de sa dépendance aux drogues. Entre 1973 et 2012, l'acteur tourne avec régularité. Au cinéma, mais à la télévision également où il profite de son stupéfiant visage pour interpréter des rôles divers et variés mais dont certains laissent une trace indélébile. A l'image de l'épisode Quadrature de la célèbre série Starsky et Hutch dans lequel il interprète le rôle d'un ancien comédien de théâtre bien décidé à faire payer aux chauffeurs de taxi l'accident dont l'un d'eux s'est rendu responsable et qui l'a estropié à vie. En 1979, Richard Lynch tourne sous la houlette de E.W. Swackhamer, un petit film de vampire au titre éponyme.

Dérangé dans son sommeil alors qu'est inaugurée une nouvelle église érigée juste au dessus d'un ancien monument effondré renfermant de nombreuses toiles de maîtres disparues depuis des décennies, Anton Voytec, richissime homme d'affaire très épris de peinture est aussi et surtout un vampire. Sur sa demande, l'architecte John Rawlins accepte de pratiquer des fouilles parmi les décombres de l'ancienne chapelle mais se méfiant des origines douteuses des toiles découvertes, il en réfère aux autorités... qui ne tardent pas à jeter en prison Anton Voytec.


Ce dernier, furieux, n'accepte pas d'avoir été trompé par celui qu'il considérait déjà comme son ami et en qui il avait confiance. Anton insinue alors qu'à sa sortie de prison, il se vengera du traître... en nature. C'est ainsi qu'on retrouve plus tard, le corps vidé de son sang et terriblement défiguré de l'épouse de l'architecte, Leslie Rawlins. John Rawlins sait que Voytec est responsable de la mort de sa femme et fonce tout droit chez Voytec et constate que l'homme est en fait un vampire. C'est alors qu'intervient Harry Kilcoyne, vieux chasseur de vampires qui aux côtés de John vont tout faire pour arrêter et tuer Anton Voytec.
Et Anton Voytec, ça n'est autre que Richard Lynch justement. Qui sous l'accoutrement classique du vampire sème la mort au compte goutte. Il ne faudra en effet pas espérer voir des hectolitres de sang dans ce long-métrage qui a plutôt l'allure d'un téléfilm.

Aux coté de l'acteur, on retrouve Jason Miller dont le visage ne nous est pas inconnu puisqu'il prêta ses traits pour le rôle du Père Damien Karras dans le fameux L'Exorciste de William Friedkin. E.G. Marshall lui non plus n'est pas un inconnu puisqu'on a pu notamment le découvrir dans Douze Hommes en Colère de Sidney Lumet, Le Pont de Remagen de John Guillermin, ou encore dans le dernier sketch de l'horrifique anthologie Creepshow de George Romero. Parmi les principaux rôles féminins, on compte Kathryn Harrold, laquelle n'a joué que dans une petite dizaine de films dont Le Contrat aux côtés d'Arnold Schwarzenegger et tient le rôle principal du film d'horreur britannique Rêves sanglants de Roger Christian. Quant à l'actrice Jessica Walter, qui tient ici le rôle de Nicole DeCamp, elle fit une apparition très marquante dans le premier long-métrage de Clint Eastwood en tant que réalisateur, Play Misty For Me (chez nous, Un Frisson dans la Nuit), et dans l'un des excellents épisode de la série Columbo aux côtés de Peter Falk, Au-Delà de la Folie.
Vampire quant à lui, demeure un petit film trop avare en terme d'action et de morsures vampiriques pour qu'il prétende faire partie des meilleurs films du genre. Seul le plaisir de retrouver Richard Lynch et ses co-interprète demeure...
Mise à jour instantanée : Il s'avère qu'en fait, Vampire est bien un téléfilm. L'honneur, malheureusement pour son auteur, n'en est cependant pas davantage sauvé...

vendredi 17 février 2017

Cycle Larry Cohen - God Told Me To (1979) - ★★★★★★☆☆☆☆



Après The Stuff, j'ai le choix entre deux autres longs-métrages. Soit je commence par God Told Me To et je termine par It's Alive III: Island of the Alive. Soit je décide de commencer par le dernier volet de la trilogie It's Alive et je clôt le cycle avec ce qui demeure apparemment le mieux apprécié par les amateurs de l’œuvre du cinéaste américain Larry Cohen. N'ayant pas une once de patience et désireux de voir à quoi peut ressembler cette curieuse histoire mêlant meurtres en série et secte agissant selon la volonté de Dieu, je commencerai donc par God Told Me To, plus connu chez nous sous le titre Meurtres sous Contrôle. Il s'agit du cinquième long-métrage de Larry Cohen. Encastré entre It's Alive et The Private Files of J. Edgar Hoover, la chose est réputée pour être assez étrange. Qui a dit barrée ?

Été 1979, à New-York, USA. Il fait beau quand tout à coup, au cœur même de cette cité grouillante de vie, il pleut des balles. Un tireur fou juché au sommet d'une tour abat froidement et avec méthode hommes et femmes sans distinction d'âge. Cet homme est le premier d'une longue série d'individus qui tueront pour celui qui leur commandera de le faire en son nom. Un nouveau messie. En fait, un hybride, étonnant croisement entre une entité extraterrestre et une femelle terrienne demeurée immaculée. Une Marie des temps modernes, abductée, violée, inséminée et renvoyée à la surface de la planète pour donner naissance à une engeance que l’œuvre de Larry Cohen définira plutôt comme le principal ennemi de notre Seigneur, le Diable en personne.
Et pour convaincre ceux qui voudraient émettre une opinion, différente, il lui offre comme abri un sous-sol. Insalubre, décrépit, et surtout, une chaudière prodiguant des flammes faisant de ce lieu, l'Enfer tel qu'on l'imagine le plus souvent.

Curieux effectivement, ce God Told Me To où forniquent ensemble science-fiction, fantastique, horreur et policier. Des fous de Dieu tuant sous les ordres télépathiques d'un sociopathe hybride (le très flippant Richard Lynch, acteur immolé qui offre une fois de plus son incroyable visage brûlé). Et face à eux, un flic qui ne cesse de remettre en question sa foi, jusqu'à la révélation finale, inattendue. Tous les défauts du cinéma de Larry Cohen ressurgissent. Un trop plein d'idées qu'une mise en scène pâlotte et un montage incohérent finissent par plomber.
Merde, quoi ! Il y avait matière à donner naissance à un chef-d’œuvre, à un long-métrage intemporel. A un classique du genre. On se contera finalement de suivre l'enquête policière du lieutenant Peter J. Nicholas sans véritable passion mais avec un intérêt tout juste suffisant. Pour incarner le rôle du flic, Larry Cohen pense d'abord à l'acteur Robert Forster mais celui-ci abandonne au bout de deux jours. C'est Tony Lo Bianco qui prend alors sa place. Si chez nous, cet acteur qui a pourtant joué dans des dizaines de longs-métrages n'est pas des plus connu, certain reconnaîtront l'homme qui interpréta le rôle de Raymond Fernandez dans le film culte de Leonard Kastle, The Honeymoon Killers en de 1970 et tourné en noir et blanc.
God Told Me To laisse un curieux sentiment d'inachevé. On appréciera le cadre souvent déprimant d'une cité en décomposition. Des ruelles insalubres. Des bars en mode « coupe-gorge ». des maquereaux. Des putes. Bref, une ville qu'il est temps de nettoyer. Et surtout un flic barré. Tiens, comme le film d'ailleurs. Cette impression demeurant toute relative (on a vu des œuvres exigeant beaucoup de concentration avant et après le film de Larry Cohen), aurions-nous été trompés sur la légende qui entoure God Told Me To ? Peut-être un peu, oui...
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