Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


Affichage des articles dont le libellé est Barbara Crampton. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Barbara Crampton. Afficher tous les articles

mardi 2 juillet 2024

CYCLE CHARLES BAND - Trancers II de Charles Band (1991) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

En faisant quelques recherches, je suis tombé des nu lorsque j'ai découvert que la franchise Trancers n'était non pas constituée de deux longs-métrage mais de six ! Et peut-être même d'un septième mais là, il faudrait que je me renseigne plus précisément à son sujet. Pour en revenir aux secondes aventures du flic du futur Jack Deth projeté dans les années quatre-vingt, après qu'il ait déjoué les plans du machiavélique Martin Whistler il a pu se laisser aller à une vie paisible auprès de Leena qu'il a finit par épouser. L'homme a décidé de rester à l'époque où eurent lieu les premiers événements mais six ans après, il est rattrapé par son passé... Ou plutôt son futur... Enfin, son présent. Bref, les dirigeants du Concil font à nouveau appel à lui lorsqu'ils apprennent que le frère de Martin Whistler est à son tour parti faire un voyage dans le passé et a pris possession du corps de son ancêtre, le Docteur E.D. Wardo. Ce dernier est interprété par le mythique acteur américain Richard Lynch, connu pour son incroyable visage brûlé et qui sous l'influence de drogues s'immola à Central Park en juin 1967. Dans Trancers II, il incarne donc l'antagoniste du récit. Toujours aux commandes du projet, Richard Band signe une suite qui malgré les six années qui la séparent du premier volet semble avoir été tourné sur la lancée. Rien ou si peu n'a changé. La plupart des interprètes de Trancers ont à nouveau signé pour cette séquelle qui ne dépareille pas avec son aînée. Helen Hunt qui à l'époque n'avait que vingt et un ans a quelque peu ''mûri'' en six ans et apparaît dans le rôle de Leena, nettement plus adulte. Tim Thomerson reste fidèle au poste (et le restera très longtemps, d'ailleurs) et campe à nouveau le héros affreusement peroxydé de cette seconde aventure qui situe donc son action en 1991. Après avoir été transféré dans le corps d'une gamine de neuf ans dans Trancers, McNulty (toujours interprété par l'acteur Art LaFleur) se retrouve cette fois-ci dans la peau d'une adolescente un brin bougonne incarnée par la jeune Alyson Croft. Enfin, nous retrouvons à nouveau Biff Manard dans le rôle de Hap Ashby, ancien clochard qui depuis a fait fortune et abrite dans sa luxueuse propriété le couple Jack et Leena Deth... Notons que dans cette suite, Charles Band lance un clin d’œil au cinéma de Stuart Gordon dont il aura, auprès de Bruce William Curtis et Brian Yuzna, produit le classique From Beyond en 1986.


En effet, apparaissent dans des rôles finalement assez peu convaincants la sublime Barbara Crampton qui interprète le rôle de Sadie Brady et l'inquiétant Jeffrey Combs qui quant à lui incarne celui du docteur Pyle, complice du docteur E. D. Wardo. Ah ! J'oubliais de préciser. Dans ces nouvelles aventures de Jack et Leena Deth nous allons enfin pouvoir découvrir l'épouse du héros qui dans Trancers ne pouvait être présente à l'image puisqu'elle était décédée (d'où le désir de vengeance de Jack vis à vis de Martin Whistler à l'époque). Évidemment, elle apparaît comme la plupart des protagonistes sous d'autres traits. Ceux d'une ancêtre puisque l'importance du code génétique entre dans le transfert des corps. Dans Trancers II, Richard Lynch incarne donc le grand méchant du récit. Kidnappant des clochards et des individus atteints de troubles mentaux, il est à la tête de l'agence GreenWorld qui sous couvert de vouloir purifier la planète cache en réalité des activités beaucoup moins reluisantes : Clochards et malades mentaux deviennent sous son emprise les nouveaux ''envahisseurs'' (curieusement nommés ''Hypnoses'' lors du premier long-métrage). Alors que sous les traits d'Alice Stilwell l'ex femme de Jack se rapproche dangereusement de celui dont elle fut l'épouse, Leena s'inquiète pour l'avenir de son couple. Aussi mal fagoté mais tout aussi plaisant à suivre que lors des premières aventures de Jack Deth, Trancers II est parfois involontairement drôle. Comme durant ces séquences répétées lors desquelles Leena ou Jack usent et abusent de la fonction d'arrêt du temps de leur montre pour se sortir de différentes situations périlleuses. Voir les acteurs qui interprètent les antagonistes ralentir leur marche est simplement hilarant. Les effets-spéciaux sont quant à eux rarissimes. Considéré comme inférieur au premier, Trancers II reste amusant. Quelques bonnes idées viennent d'ailleurs émailler le récit. Comme de faire intervenir la femme décédée de Jack et la confronter à sa nouvelle épouse. Malheureusement, la présence de Richard Lynch, de Jeffrey Combs ou de la délicieuse Barbara Crampton n'apporte aucune espèce de plus-values au récit. Au mieux leur présence est une curiosité... Sympa !

 

lundi 14 juin 2021

Into the Dark : The Body de Paul Davis & Culture Shock de Gigi Saul Guerrero

 


 

La jeunesse américaine et son exubérance. Un débordement de créativité, de luxuriance et de dépravation telles que Jack Baker (Ray Santiago) et ses invités Alan Morgan Adam (David Hull), Dorothy (Aurora Perrineau) et Nick (Harvey Guillén) ne se rendent même pas compte que le tueur à gages que ces trois derniers ont rencontré dans la rue avant de l'inviter chez leur hôte pour une sympathique soirée de débauche, est un assassin. Les jeunes du quartier fêtent tous ensemble Halloween et fort logiquement, ceux qui croisent Wilkes (Tom Bateman) en chemin n'imaginent pas un seul instant que le cadavre qu'il traîne derrière lui puisse être autre chose qu'un mannequin. Comme l'on s'en doute, la machinerie parfaitement huilée va être grippée au cours de la soirée. Nos adolescents, parmi lesquels Dorothée s'intéresse tout particulièrement au tueur à gages, vont découvrir que le faux cadavre est en réalité, le corps bien réel d'un homme que Wilkes a eu la mission d'assassiner plus tôt dans la soirée... The Body de Paul Davis est le tout premier épisode de la série anthologique Into the Dark dont la première diffusion aux États-Unis a eu lieu non pas sur une chaîne de télévision mais au Writers Guild Theater où les critiques l'on accueilli relativement froidement. Ce qui n'enlève fort heureusement absolument rien au charme de cet épisode plus drôle que véritablement angoissant. Tom Bateman y interprète donc un tueur à gages sans émotions autres que le cynisme dont il se pare. Face à cette indifférence devant l'acte meurtrier qui, rassurez-vous aura son explication un peu plus loin, le réalisateur et le scénariste Paul Fischer accentuent l'inhumanité du contexte dans lequel baignent ses personnages en confondant ces derniers avec cet étrange individu affublé d'un costume que n'aurait sans doute pas renié le personnage central de la saga de jeux vidéos Hitman. Into the Dark s'ouvre sur un épisode très plaisant, entre thriller horrifique et humour noir. Surtout, l'auteur de The Body y exploite l'idée d'une jeunesse tellement abreuvée d'images fortes, entre réalité et fiction, que se mêlent ici dans l'indifférence générale l'illusion du réel et celle du factice. D'un format particulier qui dépasse de loin celui des anthologies classiques, ce premier épisode est une réelle réussite, qui n'effraiera sans doute pas grand monde mais qui au delà de son sinistre sujet demeure néanmoins très divertissant...


Long saut en avant et atterrissage au dixième épisode intitulé Culture Shock. De quoi vous dégoûter de l'envie d'aller passer la frontière d'un pays étranger pour vous y installer. Et ici, en l'occurrence, les États-Unis, pays du rêve américain. Avec son drapeau, ses couleurs chatoyantes, ses charmants voisins et leur sourire impeccable, ses pelouses parfaitement entretenues et ses maisons toutes semblables. Mais avant cette vision idyllique de carte postale ou de publicité américaine des années 50/60, retour en enfer. Celui de la frontière mexicaine. De celle qu'espère traverser Marisol (l'actrice Martha Higareda). Réalisé par Gigi Saul Guerrero et écrit en collaboration avec Efrén Hernández et James Benson, Culture Shock se divise en trois parties distinctes. Tout d'abord, l'intrigue se situe au Mexique, pays auquel l'héroïne, enceinte, tente d'échapper. Rencontre avec des passeurs dont l'absence de morale est édifiante. Marisol et les autres ne sont que de la marchandise que l'on peut voler, violer, voire chasser impunément comme du gibier. Qui s'en soucierait ? Certainement pas les autorités américaines... quoique... Lorsque Marisol se réveille de son long ''cauchemar'', elle a passé la frontière, a accouché, et désormais vit sous la protection de Betty (inquiétant Barbara Crampton de Re-Animator et From Beyond tous deux réalisés en 1985 et 1986 par Stuart Gordon). Tout autour de Marisol transpire le bonheur. Des couleurs pastelles qui envahissent littéralement son nouvel environnement, aux voisins, tous bienveillants. Pourtant, quelques chose semble clocher dans cet univers paradisiaque. Et c'est ce que va tenter de découvrir Marisol... On change avec Culture Shock, complètement d'univers. L'angoisse quasiment absente de The Body est par contre ici bien prégnante. Avec ce sourire mécanique et systématique qui illumine et embrase le visage des voisins, ces couleurs trop chaudes pour être réelles et ces journées qui se ressemblent toutes, Culture Shock passe tout d'abord du cauchemar au rêve avant que ne se révèle à nous la vérité : un concept très avancé mais très immoral visant à l'assimilation des étrangers et leur intégration par la voie de technologies manipulant l'esprit humain. En résulte un épisode réellement glaçant que l'on aurait bien imaginé faire partie de l'anthologie Black Mirror, parcouru de visions sinistres parfois filmées de manière bancale afin d'accentuer son intemporalité. Une très bonne surprise...

 

mercredi 6 mai 2020

Replace de Norbert Keil (2017) - ★★★★☆☆☆☆☆☆



Au départ, Replace partait sur de bonnes bases. Une histoire à la manière du Contracted d'Eric England en moins glauque et plus classieux. Le concept du vampirisme revu et corrigé façon ''épiderme''. Et peut-être même, pour ceux qui ont une bonne mémoire, un goût prononcé pour le plagiat puisque l’œuvre de Norbert Keil se rapproche très concrètement de l'étrange récit de Meurtre sur Internet, sixième épisode de la troisième saison de la série de science-fiction X-Files. Et même de Teliko, le troisième épisode de la quatrième. Des individus qui pour combler un manque physiologique s'adonnaient au meurtre. Comme ne pourra s'y soustraire l’héroïne de Replace, Kyra Mabon. Elle est belle, elle est jeune, elle a tout pour plaire et a toute la vie devant elle et pourtant... Ce qui va lui arriver est ce qu'elle aurait pu imaginer de pire, elle qui refuse l'idée de vieillir, voire même de mourir. Victime d'une étrange maladie qui provoque la desquamation de son épiderme, elle ne trouvera rien de mieux que de se greffer la peau de jeunes femmes qu'elle aura au préalable elle-même fait passer de vie à trépas...

Comment le réalisateur allemand Norbert Keil a-t-il pu foirer la chose avec les outils qu'il avait entre les mains ? Un soundtrack électronique glaçant signé Tom Batoy et Franco Tortora, une direction artistique assurée par Anna Eppstein et Franziska et des décors conçus par Hanna Baumann Danilo Gerul. Pour un résultat qui s'avère en fin de compte très largement en dessous de ce que laissait envisager l'alléchant synopsis. D'un scénario qui promettait une œuvre horrifique éprouvante, Norbert Keil accouche finalement d'un long-métrage sans saveurs ou presque. Souvent bluffant d'un point de vue visuel (les éclairages et les décors nous en mettent plein les yeux), la narration est d'une prétention proportionnellement inverse au peu d'émotion qui s'en dégage. Seuls les plus sensibles se tordront de douleur par procuration lorsque l'héroïne interprétée par l'actrice américaine Rebecca Forsythe ôtera quelques larges bandes de peaux sanguinolentes avant de les remplacer par celles, beaucoup plus saines, de ses victimes. Jouant dans la même cours que le très réussi Grave de Julia Ducournau, Replace n'en a malheureusement jamais l'envergure...

S'il fallait énumérer tous les défauts qui grillent très rapidement cette histoire, de plus, hautement improbable, il faudra s'y attarder durant de longues heures. À vrai dire, Replace est à l'image de la lente dégradation physique dont est victime Kyra. Plus le récit avance, et plus le film semble aller dans la mauvaise direction malgré une idée, la seule, qui aurait pu tout faire basculer du bon côté si elle avait été honnêtement traîtée. Alors que l'on espérait sans doute une aventure beaucoup plus sauvage et désaxée, Norbert Keil transforme le quotidien de son héroïne en celui d'une banale tueuse en série. Et même la relation saphique (très à la mode actuellement) que la jeune femme entretient avec son amie et voisine Sophia Demeraux (l'actrice Lucie Aron) n'a absolument rien d'innovant. Pas plus qu'elle ne dérange ou accentue une atmosphère à la sensualité nauséeuse qui de toute manière est aux abonnés absents. Pire, on se fait chier ! Car à force d'intellectualiser le propos et de signer une œuvre encore plus stérile émotionnellement que l'unique long-métrage à ce jour de Brandon Cronenberg (Antiviral en 2012), le long-métrage de Norbert Keil finit fatalement par perdre son public dans des considérations qui, forcément horripileront ceux que seul l'hémoglobine attire, jusqu'à même laisser indifférents ceux qui par contre misent tout sur l'horreur psychologique.

Comme s'il réalisait subitement certaines de ses erreurs (errances?), Norbert Keil nous pond de plus, un twist absolument sidérant d'invraisemblance une demi-heure avant la fin. Non seulement improbable, mais carrément tué dans l’œuf par l'interprétation végétative de Lucie Aron, décidément jamais dans le ton, quel dommage que le film échappe au réalisateur car au départ, il parvient à créer une ambiance qui renoue parfois avec l'excellence d'un Under the Skin signé de Jonathan Glazer en 2013. Mais le trouble abandonnant sa place au profit d'un indiscutable ennui et d'une prétention inouïe, Replace n'atteint jamais son but et ne fait que survoler très superficiellement son sujet.Allez, pour finir sur une note positive, précisons que la toujours aussi superbe Barbara Crampton fait partie de l'aventure...

lundi 22 janvier 2018

From Beyond de Stuart Gordon (1986) - ★★★★★★☆☆☆☆



Pour bon nombre d'individus, le nom de Ken Foree aura sans doute autant d'impact qu'une salade manquant d'assaisonnement. Pour d'autres, par contre, certainement plus rares, sa force d'évocation les renverra à l'époque où les zombies étaient traités avec infiniment moins de mépris que dans les innombrables navets qui sortent depuis quelques années, et surtout, depuis que le thème est devenu une manne financière. En 1978, entouré de David Emge, Scott H. Reiniger, de Gaylen Ross, et dirigé par l'immense George A. Romero, Ken Foree interprétait le rôle de Peter dans le cultissime Dawn of the Dead. Sans doute possible, l'un des deux ou trois plus grands films de zombies de l'histoire du genre. Durant des décennies, ce grand « black » au regard quelque peu globuleux n'était demeuré rien d'autre que ce personnage charismatique combattant dans l'enceinte d'un centre commercial, une horde de morts-vivants à peine décharnés. Qui s'était soucié, alors, de savoir dans quel autre long-métrage il avait bien pu tourner par la suite ? Pourtant, Ken Foree n'a jamais vraiment cessé de jouer, et en quarante ans de carrière, a interprété plus de trente rôles au cinéma. Dont le personnage de Buford 'Bubba' Brownlee dans ce From Beyond qui nous intéresse ici. Il s'agit du deuxième long-métrage de Stuart Gordon pour le grand écran, toujours produit par Brian Yuzna. Certains liens demeurant apparemment indissociables, on notera également le fait que le rapport entre le nom du docteur interprété par l'actrice Carolyn Purdy-Gordon (épouse du réalisateur depuis maintenant cinquante ans) et l'écrivain Robert Bloch n'est pas le fruit du hasard puisque ce dernier et l'auteur de la nouvelle ayant inspiré From Beyond, une fois encore, H.P. Lovecraft, étaient amis. Ce dernier ayant donc volontairement donné le nom de l'écrivain à ce personnage féminin lors de l'écriture de la nouvelle. D'autres corrélations ?

Robert Bloch, encore lui, fut l'auteur du roman Psychose ayant inspiré le chef-d’œuvre d'Alfred Hitchcock. Dont le thème principal fut adapté par le compositeur Richard Band l'année précédente pour le premier long-métrage de Stuart Gordon, lequel participe également à la composition de la partition musicale de From Beyond. Une fois encore, l'acteur Jeffrey Combs est au centre d'un récit qui mêle à nouveau expériences scientifiques et manipulations génétiques. Barbara Crampton reprend du service, cette fois-ci dans le rôle du docteur Katherine McMichaels. Un fois encore, le film propose un portrait de méchant bien gratiné. David Gale est désormais remplacé par un Ted Sorel dont le personnage n'est pas moins obsédé par le sexe que le docteur Carl Hill de Re-Animator. Tous ces menus détails apportent une certaine cohésion dans cet ensemble de films inspirés des ouvrages de H.P. Lovecraft mis en scène par le duo Gordon-Yuzna.

Ceci dit, passons maintenant à l'objet de cet article : From Beyond. intitulé pas moins intelligemment chez nous Aux portes de l'au-delà, le film de Stuart Gordon souffle un véritable vent de perversion qui n'avait pas vraiment lieu auparavant, sauf peut-être lorsque le docteur Carl Hill enfonçait sa tête coupée entre les cuisses de Barbara Crampton lors du final délirant de Re-Animator. Peut-être plus lubrique encore que Hill, quoique la chose soit moins visible dans son regard, le docteur Edward Pretorius apparaît très vite comme un individu pervers que son statut de chercheur ne rend pas moins dérangeant. Amateur de fessées, il se mue en une créature multiforme que n'aurait peut-être pas renié David Cronenberg à un certain moment de sa carrière.

Barbara Crampton, quant à elle, qu'elle porte lunettes et tailleur ou qu'elle se réveille les cheveux entremêlés, elle demeure toujours aussi... désirable. A la seule condition de pouvoir faire abstraction de l'horrible doublage français qui lui donnerait presque les allures d'une maîtresse S.M si sa blondeur ne lui permettait pas de conserver son angélique beauté... Le regard toujours aussi frondeur, Jeffrey Combs interprète un personnage cette fois-ci beaucoup plus fragile. Les effets-spéciaux conçus par un quatuor de spécialistes permettent à Stuart Gordon de laisser libre court à sa délirante inspiration. Quoiqu'ils aient quelque peu vieilli, ils demeurent pourtant assez originaux dans leur conception et leur aspect. Les éclairages parfois outranciers se reflétant sur l'organisme torturé du personnage incarné par Ted Sorel lui confèrent le même aspect érotico-gore que les scènes d'ébats du Society que réalisera trois ans plus tard Brian Yuzna.
Mais au final, From Beyond ne se révèle être qu'une cruelle déception. Pas vraiment en odeur de sainteté avec votre serviteur à l'époque de sa sortie, le long-métrage de Stuart Gordon l'est malheureusement encore moins plus de trente ans après. Si les rares scènes gore et une barbara Crampton sexy retiennent l'attention du spectateur, le récit se révèle assez sommaire. Bien moins sympathique que Re-Animator, cette seconde incartade du cinéaste dans l'univers de H.P.Lovecraft est donc décevante...

mercredi 10 janvier 2018

Re-Animator de Stuart Gordon (1985) - ★★★★★★★☆☆☆




A l'origine du long-métrage réalisé par le cinéaste américain Stuart Gordon, Re-Animator, la nouvelle Herbert West - Reanimator écrite par l'écrivain Howard Phillips Lovecraft surtout connu pour ses œuvres de science-fiction, d'horreur et de fantastique. Sous la forme d'un feuilleton en six épisodes que l'auteur de la nouvelle reconnut avoir détesté mais écrit par besoin d'argent, le cinéaste en fait une adaptation libre au cinéma devenue, depuis, un long-métrage culte auprès des amateurs d'horreur et de gore. A l'origine, Howard Phillips Lovecraft avait surtout l'intention d'écrire une parodie du Frankenstein de l'écrivain Mary Shelley, aspect qui demeure dans son adaptation cinématographique puisque particulièrement sanglant, Re-Animator n'en est cependant pas avare en matière d'humour.
Le cinéaste s'approprie donc la nouvelle en prenant de larges libertés par rapport au récit original. Il conserve cependant le principal personnage, le docteur Herbert West, créateur du réactif prenant au cinéma la forme d'un liquide vert fluorescent permettant de ressusciter les morts. Stuart Gordon conserve également l'aspect moral de son personnage. Imbu, narcissique, et relativement peu soucieux du respect dû aux morts dont il se sert pour ses recherches, le réalisateur lui impose le personnage de Dan Cain, un jeune étudiant en médecine, petit ami de Megan Halsey, elle-même fille de Dean Alan Halsey, le directeur de l'université Miskatonic à Arkham, dans le Massachusetts. Une amitié plutôt particulière s'installe entre les deux étudiants. Entre l'absence presque totale de morale de West et le respect de Dan face à la mort, les deux hommes vont pourtant collaborer aux expériences du premier et ce, contre l'avis du docteur Carl Hill, attiré par la beauté de Megan, mais surtout par la célébrité. Ce dernier veut en effet s'approprier les résultats obtenus par West. Malheureusement, le réactif provoquant des effets secondaires inattendus, les morts revenus à la vie se comportent de manière fort violente. L'une des premières victimes des recherches effectuées par West et Cain est le père même de Megan...

Aux États-Unis, à sa sortie en octobre 1985, Re-Animator ne rencontre pas le succès tant attendu et ne récolte finalement qu'un peu plus de deux millions de dollars pour un budget initial de neuf-cent milles dollars. En France, en revanche, le film attire plus de six-cent milles spectateurs. Ce qui à l'époque, peut être envisagé comme un exploit si l'on prend en compte le fait que dans les années quatre-vingt, l'horreur ne fait pas encore partie des genres les plus prisés. Il obtient le prix du meilleur film au Festival international du film de Catalogne en 1985, est nominé pour le même prix et pour les meilleurs maquillages à l'Academy of Science Fiction, Fantasy and Horror Films l'année suivante, obtient ces mêmes prix au Fantafestival, et une mention spécial au plus connu des festivals français à l'époque, le Festival international du film fantastique d'Avoriaz.
Les fans du cinéaste britannique Alfred Hitchcock et de son classique Psychose reconnaîtront dès le générique du début, le thème principal de ce véritable chef-d’œuvre du suspens et de l'épouvante composé vingt-cinq ans auparavant par le compositeur originaire de New-York, Bernard Herrmann.

L'un des aspects les plus fameux que reconnaîtront tout ceux qui apprécient le gore demeure dans les maquillages orchestrés de mains de maîtres par le trio constitué de Anthony Doublin, John Naulin et John Carl Buechler. Corps en état de décomposition avancée, énucléations, thorax perforé, têtes coupées, entrailles surgissant d'un abdomen éventré, il n'y a guère que le chat noir revenu à la vie pour décevoir les amateurs. Car en dehors de la petite boule de poils frémissante pas vraiment convaincante, Re-Animator est dans le genre, un festival sanglant tout à fait réjouissant. A revoir le film aujourd'hui, on saisit la qualité du travail exécuté à l'époque par les spécialistes du genre : les effets gore tiennent encore parfaitement la route de nos jours.

Quant au casting, il est constitué d'excellents interprètes à la tête desquels trône l'acteur californien Jeffrey Combs (qui jouera en tout à cinq reprises en compagnie de Stuart Gordon et campera notamment divers personnages dans différentes sagas de la franchise Star Trek). A ses côtés, l'acteur Bruce Abbott, originaire de Portland, ancien époux de l'actrice Linda Hamilton (Terminator 1&2), qui reviendra dans le second épisode dans le rôle de Dan Cain mais qui fut jusqu'en 2002, davantage habitué aux plateaux de séries télévisées que de cinéma. Barbara Crampton incarne quant à elle la très sexy Megan Halsey. Ingénu personnage n'hésitant pourtant pas à se mettre à nue pour les besoins du film. La jeune femme, plus connue pour son rôle dans Re-Animator que pour sa petite trentaine de participations à divers longs-métrages se verra notamment offrir l'un des rôles principaux du nouveau film de Stuart Gordon tourné dès l'année suivante, From Beyond. L'un des personnages les plus charismatiques de Re-Animator demeure celui qu'interprète l'acteur David Gale. Dans la peau du Docteur Carl Hill, il incarne en effet un médecin et professeur éprit de pouvoir et de reconnaissance. Un être monstrueux, véritable obsédé sexuel (son œil brille lorsqu'il évoque la fille du directeur de l'université), il n'hésite pas à lui-même ôter la vie lorsque cela s'avère nécessaire pour sa carrière. Un individu répugnant parfaitement interprété par David Gale. Anecdote : le premier cadavre à être réanimé dans la morgue (celui qui tue le père de Megan avant d'être lui-même perforé par une scie chirurgicale) n'est autre que la doublure de l'acteur Arnold Schwarzenegger. Re-Animator demeure plus de trente ans après sa sortie comme l'un des grands classiques du gore. Au même titre que Bad taste, Brain Dead, ou Street Trash...

samedi 16 avril 2016

Road Games de Abner Pastoll (2015)



Planté sur place par sa petite amie, l'anglais Jack a traversé une bonne partie de la France à pieds afin de rejoindre son pays d'origine. Parvenu jusque dans la région de la Somme, il croise la route de Véronique, une jolie jeune femme qui vient de rencontrer des problèmes avec un homme qui l'a prise en stop à quelques lieues de là. Après avoir fait connaissance, Jack et elle font route ensemble vers le nord. Orpheline, Véronique n'a qu'un désir, celui de quitter cette région. C'est en faisant du stop qu'ils tombent nez à nez elle et Jack sur un automobiliste qui leur propose de les emmener dès le lendemain vers Calais s'ils acceptent de venir dîner et dormir chez sa femme et lui. D'abord réticente, Véronique accepte cependant de suivre Jack qui consent volontiers à se rendre chez cet homme jovial quoiqu'un peu curieux.

Arrivés dans l'immense demeure de leur hôte, celui-ci leur présente son épouse. Ils sont ensuite accompagnés jusqu'à leur chambre respective et le soir-même sont conviés à prendre le repas en compagnie de ce couple étrange formé par d'un français et d'une américaine. Durant le repas, Jack et Véronique assistent à une scène de ménage entre le couple et le repas se termine dans des bris de verre. Jack et Véronique rejoignent chacun leur chambre, mais durant la nuit, cette dernière retrouve l'anglais dans la sienne et lui fait l'amour. Durant la nuit, Jack entend le bruit d'un moteur. Dehors, le propriétaire de la maison rentre d'une escapade nocturne. Au petit matin, lorsque le jeune homme se réveille, Véronique n'est plus dans sa chambre...

Road Games est le septième et avant dernier long-métrage du cinéaste et scénariste anglais Abner Pastoll. Œuvre franco-britannique interprétée par les acteurs français Joséphine de La Baume, Frédéric Pierrot et Féodor Atkine, ainsi que par l'irlandais Andrew Simpson et la grande Barbara Crampton qui commença sa carrière aux côtés de Brian de Palma dans Body Double et fit le bonheur des amateurs de films gore en jouant dans les classiques de l'horreur Re-Animator et From Beyond, Road Games est pour le coup un film définitivement border line. En fait, on ne sait trop s'il faut crier au chef-d’œuvre ou au nanar tant les sentiments qui traversent cette œuvre constamment sur le fil du rasoir se bousculent. Entre railleries provoquées par des situations, des dialogues et une gestuelle qui confinent souvent à la parodie, et une ambiance parfois glaçante, on ne sait trop sur quel pied danser.

Road Games est un survival qui nous emmène sur une voie inattendue. Alors même que les apparences sont trompeuses, on a beau identifier les habitants du coin comme des individus ayant perdu la tête à force de vivre reclus dans leur belle maison de campagne, la vérité se trouve pourtant ailleurs. Bien que parfois grotesques, les dialogues ont cette particularité d'imprimer une certaine forme d'humour, volontaire ou pas (mais je préfère imaginer la première hypothèse), qui donne toute son originalité au film d'Abner Pastoll. On trouvera dans cette œuvre les références que l'on voudra, de Massacre à la Tronçonneuse pour l'immense demeure (bien que le décor soit ici plutôt sobre en comparaison), en passant par un final qui rappelle la conclusion du Basic Instinct de Paul Verhoeven. On notera le rôle à contre-emploi de l'acteur Féodor Atkine qui campe ici un paysan payé par l'état pour ramasser le corps des animaux trouvés morts sur la route. Road Games est au final un film surprenant. Pas vraiment un classique du genre mais assez mystérieux pour garantir aux amateurs de passer un agréable moment...
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...