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samedi 3 janvier 2026

Fortress de Stuart Gordon (1993)



Nous poursuivons ce qui à l'origine ne devait normalement pas être un cycle consacré à Christophe Lambert mais qui semble finalement en prendre la direction. Pour la raison un peu spéciale qui veut que je sois un peu gêné par l'incroyable acharnement du public envers cet acteur qui n'est quand même pas mauvais au point d'être rangé dans le même registre que Steven Seagal ou Jean-Claude Vandamme.
Je ne vais sans doute pas me faire davantage d'amis en parlant aujourd'hui de Fortress. œuvre australo-américaine signée par Stuart Gordon, le papa du cultissime Re-Animator. Ce qui n'étonne pas vraiment quand on découvre les quelques effets gore qui parsèment ce petit film de science-fiction.

Le cinéaste installe son intrigue dans un futur proche. Les ressources se font si rares qu'un seul enfant par foyer est désormais autorisé. Karen B. et John Henry Brennick ont perdu le leur mais en attendent un second. Lors d'un passage à la frontière, ils sont démasqués. Karen parvient à prendre la fuite mais John, lui, est arrêté puis emmené dans une prison de la société MENTEL. Le voici désormais incarcéré dans la Forteresse. Une prison souterraine située en plein désert et d'où personne n'est jamais parvenu à s'enfuir.

Mais bien sûr, vous l'aurez compris, Christophe est arrivé, sans s'presser. Fortress cultive l'art de piocher dans les classiques. Vous y trouverez des méchants, très méchants, et des gentils, vachement sympathiques. D'un côté, Vernon Wells (Commando), Tom Towles (Henry, Portrait d'un Tueur en Série) et Kurtwood Smith (Robocop, le seul, le vrai l'unique signé Paul Verhoeven). Et de l'autre, outre notre Cri-Cri d'amour, Lincoln Kilpatrick (Prison. Comme quoi on ne change pas une recette qui marche), Clifton Collins Jr. (Star Trek), sans oublier l’immanquable, l'indispensable et l’inénarrable Jeffrey Combs et son éternel regard halluciné. Le cinéaste et l'acteur se retrouveront sur cinq plateaux de tournages différents, comptant les différentes suites de Re-Animator, ainsi, que le surestimé From Beyond.

Je fais du remplissage, certes, mais que puis-je dire sur ce Fortress sinon qu'il n'a jamais marqué, et ne marquera sans doute pas davantage le futur du septième art. On commence à saisir le sens du terme mauvais acteur lorsque l'on découvre ChristopheR Lambert dans ce film. C'est vrai qu'il n'est pas très bon. Faut dire qu'après une course-poursuite, une séparation d'avec son épouse et une incarcération, il aurait été de bon ton de laisser son personnage respirer. Les méchants sont vraiment caricaturaux. Tawles et Wells sont deux fieffés bourrins. Le Q.I additionné de leurs deux personnages, ne doit pas dépasser celui d'un nasique perché sur une branche et balançant son tarin au dessus du vide. Fortress est un savant mélange de science-fiction mâtinée de tout un tas de genres qui s'entrechoquent et qui au final donnent un résultat au dessus de tous soupçons. La quête de fuite du personnage principal ne suffisant pas, on rameute sa femme histoire de lui mettre un supplément de désir de vengeance dans la tête. Le directeur est aussi dingue que la moitié des prisonniers, du moins, aussi sadique, et cache un secret épouvantable qui augmente encore l'aspect « je mets sur pellicule tout ce que j'ai dans la tête, je secoue, et je sers » ruinant toute crédibilité. En même temps, c'est de la S.F. Quoique, Fortress ressemble en réalité à une œuvre fantastique.

Oubliez La Ligne Verte et Les Evadés. Ici, les cellules puent la testostérone génétiquement modifiée. Adieu poésie ! Fortress est viscéralement primaire et cache malheureusement mal ses véritables intentions. Résultat : le film est bof ! Bof !

mardi 2 juillet 2024

CYCLE CHARLES BAND - Trancers II de Charles Band (1991) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

En faisant quelques recherches, je suis tombé des nu lorsque j'ai découvert que la franchise Trancers n'était non pas constituée de deux longs-métrage mais de six ! Et peut-être même d'un septième mais là, il faudrait que je me renseigne plus précisément à son sujet. Pour en revenir aux secondes aventures du flic du futur Jack Deth projeté dans les années quatre-vingt, après qu'il ait déjoué les plans du machiavélique Martin Whistler il a pu se laisser aller à une vie paisible auprès de Leena qu'il a finit par épouser. L'homme a décidé de rester à l'époque où eurent lieu les premiers événements mais six ans après, il est rattrapé par son passé... Ou plutôt son futur... Enfin, son présent. Bref, les dirigeants du Concil font à nouveau appel à lui lorsqu'ils apprennent que le frère de Martin Whistler est à son tour parti faire un voyage dans le passé et a pris possession du corps de son ancêtre, le Docteur E.D. Wardo. Ce dernier est interprété par le mythique acteur américain Richard Lynch, connu pour son incroyable visage brûlé et qui sous l'influence de drogues s'immola à Central Park en juin 1967. Dans Trancers II, il incarne donc l'antagoniste du récit. Toujours aux commandes du projet, Richard Band signe une suite qui malgré les six années qui la séparent du premier volet semble avoir été tourné sur la lancée. Rien ou si peu n'a changé. La plupart des interprètes de Trancers ont à nouveau signé pour cette séquelle qui ne dépareille pas avec son aînée. Helen Hunt qui à l'époque n'avait que vingt et un ans a quelque peu ''mûri'' en six ans et apparaît dans le rôle de Leena, nettement plus adulte. Tim Thomerson reste fidèle au poste (et le restera très longtemps, d'ailleurs) et campe à nouveau le héros affreusement peroxydé de cette seconde aventure qui situe donc son action en 1991. Après avoir été transféré dans le corps d'une gamine de neuf ans dans Trancers, McNulty (toujours interprété par l'acteur Art LaFleur) se retrouve cette fois-ci dans la peau d'une adolescente un brin bougonne incarnée par la jeune Alyson Croft. Enfin, nous retrouvons à nouveau Biff Manard dans le rôle de Hap Ashby, ancien clochard qui depuis a fait fortune et abrite dans sa luxueuse propriété le couple Jack et Leena Deth... Notons que dans cette suite, Charles Band lance un clin d’œil au cinéma de Stuart Gordon dont il aura, auprès de Bruce William Curtis et Brian Yuzna, produit le classique From Beyond en 1986.


En effet, apparaissent dans des rôles finalement assez peu convaincants la sublime Barbara Crampton qui interprète le rôle de Sadie Brady et l'inquiétant Jeffrey Combs qui quant à lui incarne celui du docteur Pyle, complice du docteur E. D. Wardo. Ah ! J'oubliais de préciser. Dans ces nouvelles aventures de Jack et Leena Deth nous allons enfin pouvoir découvrir l'épouse du héros qui dans Trancers ne pouvait être présente à l'image puisqu'elle était décédée (d'où le désir de vengeance de Jack vis à vis de Martin Whistler à l'époque). Évidemment, elle apparaît comme la plupart des protagonistes sous d'autres traits. Ceux d'une ancêtre puisque l'importance du code génétique entre dans le transfert des corps. Dans Trancers II, Richard Lynch incarne donc le grand méchant du récit. Kidnappant des clochards et des individus atteints de troubles mentaux, il est à la tête de l'agence GreenWorld qui sous couvert de vouloir purifier la planète cache en réalité des activités beaucoup moins reluisantes : Clochards et malades mentaux deviennent sous son emprise les nouveaux ''envahisseurs'' (curieusement nommés ''Hypnoses'' lors du premier long-métrage). Alors que sous les traits d'Alice Stilwell l'ex femme de Jack se rapproche dangereusement de celui dont elle fut l'épouse, Leena s'inquiète pour l'avenir de son couple. Aussi mal fagoté mais tout aussi plaisant à suivre que lors des premières aventures de Jack Deth, Trancers II est parfois involontairement drôle. Comme durant ces séquences répétées lors desquelles Leena ou Jack usent et abusent de la fonction d'arrêt du temps de leur montre pour se sortir de différentes situations périlleuses. Voir les acteurs qui interprètent les antagonistes ralentir leur marche est simplement hilarant. Les effets-spéciaux sont quant à eux rarissimes. Considéré comme inférieur au premier, Trancers II reste amusant. Quelques bonnes idées viennent d'ailleurs émailler le récit. Comme de faire intervenir la femme décédée de Jack et la confronter à sa nouvelle épouse. Malheureusement, la présence de Richard Lynch, de Jeffrey Combs ou de la délicieuse Barbara Crampton n'apporte aucune espèce de plus-values au récit. Au mieux leur présence est une curiosité... Sympa !

 

vendredi 2 août 2019

Fantômes contre Fantômes de Peter Jackson (1996) - ★★★★★★★☆☆☆



Suivre les péripéties des personnages de Fantômes contre Fantômes, le sixième long-métrage du cinéaste néo-zélandais, auteur génial de Bad Taste en 1987, Braindead en 1992, ou des tentaculaires trilogies du Seigneur des Anneaux (2001-2003) et du Hobbit (2012-2014), PRESQUE coup sur coup après l'outrageusement mauvais Malevolent du cinéaste islandais Ólafur Jóhannesson (dont le sujet est à peu de chose près identique mais traité sur un ton plus sombre) et le prodigieux King Kong de 2005 (de Peter Jackson, donc) a de quoi remettre les pieds de n'importe quel cinéphile sur terre. Du moins en apparence puisqu'en comparaison de Malevolent, et sur un ton beaucoup plus... aérien, Fantômes contre Fantômes, ou The Frighteners pour ce qui est du titre original, lui est infiniment supérieur. Ce qui, en revanche, pourrait déranger les spectateurs les plus exigeants, serait de devoir accepter d'assister un spectacle haut en péripéties mais en terme d'effets-spéciaux, déjà beaucoup moins impressionnant. Il faudra donc se remettre dans le contexte de l'époque et se rendre compte qu'en cette année 1996, ceux-ci n'étaient déjà foncièrement pas mauvais. Produit par Jamie Selkirk et Peter Jackson, le nom du producteur exécutif est intéressant à souligner puisqu'il s'agit pas moins de l'un des producteurs et réalisateurs en vogue dans les années quatre-vingt : Robert Zemeckis. L'auteur des cultissimes À la Poursuite du Diamant Vert en 1984, Qui veut la peau de Roger Rabbit en 1988, ou de Forrest Gump en 1994 et Seul au Monde en 2000. Mais aussi et surtout de la trilogie Retour vers le futur (1985-1990), interprétée par Christopher Lloyd, Lea Thompson et un certain... Michael J. Fox...

Ce même Michael J. Fox qui incarne dans Fantômes contre Fantômes le rôle principal de Frank Bannister, ce chasseur de fantômes qui fomente, aidé par deux spectres, des impostures afin de gagner de l'argent. L'intérêt de Fantômes contre Fantômes n'étant certainement pas de nier l'existence d'esprits frappeurs, de fantômes, de spectres ou d'ectoplasmes, le récit s'articule surtout autour du combat que va mener ce petit chasseur de fantômes (doublé par la même voix que celle de la trilogie Retour vers le Futur, celle de l'acteur français Luq Hamet) contre le spectre de Johnny Charles Bartlett, un tueur en série (qui avait pour habitude de graver un chiffre sur le front de ses victimes) qui fut arrêté, condamné à mort, puis exécuté sur la chaise électrique. De nos jours, des hommes et des femmes sont découvert, morts dans des circonstances très particulières puisqu'apparemment victimes de crises cardiaques foudroyante, leur autopsie révèle qu'ils pourraient être mort de causes différentes. Après avoir une nouvelle fois ''débarrassé'' une demeure de sa présence fantomatique, Frank Bannister s'intéresse de très près au cas de Lucy Lynskey. Le jeune homme, capable de voir lui-même des fantômes depuis qu'il a été profondément marqué par la mort de sa femme lors d'un accident de voiture dont il était le chauffeur, découvre notamment que les meurtres qui ont lieu en ce moment en ville pourraient avoir un lien avec le décès de son épouse...

Ni tout à fait sérieux, ni tout à fait stupide, Fantômes contre Fantômes est un mélange subtile entre fantastique, comédie et policier. Michael J. Fox, très à l'aise dans le personnage de Frank Bannister est accompagné de l'actrice new yorkaise Trini Alvarado, qui incarne le Dr. Lucy Lynskey, mais également de Chi McBride et Jim Fyfe qui incarnent tous les deux les savoureux ectoplasmes Cyrus et Stuart. On retrouve à l'écran l'acteur Peter Dobson dans le rôle de Ray Lynskey, l'époux de Lucy, de John Astin, dans celui du juge, de Jeffrey Combs, le médecin fou du film culte de Stuart Gordon, Re-Animator (1985) dans la peau d'un agent du FBI particulièrement sensible aux voix féminines (fallait la trouver cette idée !!!), de Dee Wallace-Stone, inoubliable interprète de La Colline a des Yeux de Wes Craven en 1977, de Hurlements de Joe Dante en 1981, ou de Cujo de Lewis Teague en 1983. Enfin, nous noterons la présence de l'acteur Jake Busey dans le sinistre rôle du tueur en série Johnny Charles Bartlett. Un soupçon de Ghost (Jerry Zucker, 1990), une grosse rasade d'effets-spéciaux, beaucoup d'humour et d'action, le sixième long-métrage de Peter Jackson est une franche réussite qui mérite de figurer au palmarès des meilleures comédies fantastiques des années 80-90...

jeudi 27 juin 2019

Sharkman de Michael Oblowitz (2005) - ★★★★☆☆☆☆☆☆



Dans la ''Collection Mutants'', nous poursuivons cette fois-ci l'aventure avec Sharkman de Michael Oblowitz (à ne pas confondre avec le film éponyme réalisé quatre ans auparavant par Brian Meece). Produit, réalisé et distribué dans un même intervalle de deux ans que les cinq autres longs-métrages du cycle, après un Mosquitoman mixant un moustique et un homme et un Predatorman hybridant un autre spécimen de notre espèce à ce qui s'apparentait tout d'abord à un reptile, désormais, la créature qui baigne dans l'immense aquarium d'une île isolée sur laquelle mène des recherches sur le cancer un scientifique dont le fils est mort de la maladie voilà plusieurs années s'avère être mi-homme, mi-requin...

Parce que selon lui, ces animaux marins sont immunisés contre le cancer. C'est donc dans le secret d'un laboratoire aux contours mégalomaniaques que l'on fait la connaissance avec un Jeffrey Combs qui depuis le succès du Re Animator de Stuart Gordon en 1985 n'a pas joué que dans des classiques du fantastique et de l'horreur. L'acteur s'est en effet vu offrir un certain nombres de rôles dans des purges, tel ce Sharkman qui dans la mouvance des ''requins mutants'' trône en bonne place...

Pourquoi se faire chier avec la recherche contre le cancer et se délester de quelques deniers au profit de la fondation ARC (pour Association pour la Recherche sur le Cancer) alors qu'il suffirait de remplir sa valise d'un maillot de bain et de vêtements légers pour se rendre sur l'île du docteur Preston King. Blagues à part, l'idée paraît complètement... ''conne'' (?) et pourtant, c'est avec tout le sérieux du monde que des chercheurs américains ont effectivement découvert que si les requins n'ont pas de cancers, ''c'est grâce à l'évolution de deux de leurs gènes'' (Anne-Sophie Tassart le 02.02.2017 à 13h09 sur le site Science et Avenir). Par contre, ce qui semble tout à fait grotesque et que le cinéaste Michael Oblowitz appréhende sans sourciller, c'est l'hypothèse selon laquelle en croisant des gènes de requin à ceux de l'homme, ce dernier pourrait vaincre cette maladie. Surtout que Michael Oblowitz, habituellement concerné par les documentaires plutôt que par ce genre de productions horrifico-nazes n'y va pas avec le dos de la cuillère et fait preuve d'une sensibilité de body-builder !

Sorti aux states sous le nom de Hammerhead et retitré chez nous sous celui de Sharkman (sans doute pour le bien de la ''Collection Mutants''), ce TV-film est digne de trôner parmi les Mosquitoman, Predatorman, et autres Snakeman (que j'évoquerai sans doute dans un prochain article) de piètre qualité. A en juger par les premiers instants, on aurait tendance à le mettre au dessus des autres. Seulement voilà, après dix petites minutes pas trop mal fichues, on retombe une fois de plus dans ce qui fait défaut à ce genre de productions : à budget réduit, effet-spéciaux, décors, mise en scène et interprétation à égale valeur. Question casting, en dehors de Jeffrey Combs auquel le cinéaste offre un ersatz du rôle qui le rendit célèbre vingt ans en arrière, William Forsythe n'est pas le moins connu puisqu'il a derrière lui une carrière conséquente débutée sur grand écran au milieu des années quatre-vingt. Aux côtés des deux hommes, le botox et les implants mammaires sont rois et l'actrice Hunter Tylo en est la plus fière (et défigurée) représentante. On notera également la présence de l'actrice (et ancien mannequin) française Lydie Denier... Si tout comme moi, son nom ne vous évoque rien, c'est normal puisqu'elle a quitté le pays au bon moment pour aller faire une carrière d'actrice essentiellement constituée d'apparitions à la télévision américaine... Mais le véritable héros de cette aventure, c'est bien entendu le Sharkman du titre, qui tantôt se présente sous la forme d'un requin humanoïde sous le costume duquel se planque l'acteur Anton Argirov, et qui tantôt est visible en images de synthèses d'un autre âge.

Sur son île, le docteur Preston King invite un groupe d'individus dont celle qui aurait dû être sa belle-fille si son fils Paul n'était pas mort d'un cancer. En fait, l'invitation est un prétexte pour Preston King de se venger de ceux qu'il considère avoir volé ses travaux voilà des années. Alors qu'il les fait enfermer dans une salle qui peu à peu se rempli de l'eau dans laquelle trempe le Sharkman, Tom, Amélia, Jane et les autres parviennent à prendre la fuite. C'est alors qu'une fois à l'extérieur, il leur faut trouver un moyen d'échapper aux hommes de main de Preston King mais également à un Sharkman qui tient en fait davantage du requin que de l'homme. Plus rien de commun ou presque en effet avec Paul (qui, vous l'aurez sans doute compris, n'est pas mort d'un cancer mais a servi de sujet d’expérience à son père). Impliqués dans leur interprétation, certains s'en sortent avec les honneurs (William Forsythe, Arthur Roberts, et Jeffrey Combs qui pourtant a tendance à en faire un peu trop dans le théâtral). Par contre, et c'est sans misogynie aucune que j'ai relevé ce détail, l'actrice (mdr!) Maria Ignatova est absolument remarquable d'inexpressivité. Sans déconner, je n'avais jamais vu (ou alors très rarement) une interprète feindre la trouille avec aussi peu de détermination (la jeune et appétissante Julie paraît jouir des morsures que lui inflge le Sharkman au moment de rendre son dernier souffle). On comprendra alors que sa présence à l'écran n'est certainement dû qu'à sa plastique, soit dit en passant, plutôt agréable à contempler.

Lorsque l'on a subit Predatorman tout en conservant son intégrité physique et intellectuelle, tenir jusqu'à l'issue des quatre-vingt huit minutes que dure Sharkman s'avère alors être une véritable promenade de santé. Le rythme est plutôt enjoué, l'action peu avare et Jeffrey Combs toujours aussi ''dérangé''. Il faudra juste au spectateur supporter une interprétation miteuse, des effets-spéciaux dignes de ceux du siècle dernier et une mise en scène qui n'a d'autre ambition que de contenter les TELEspectateurs américains...

samedi 31 mars 2018

Sélection de 3 films à voir, à revoir... ou à éviter (10)

Il y eut en 2006, un remake au classique de George Romero, La Nuit des Morts-Vivants, Night of the Living Dead 3D. En fait, il s'agissait du second remake puisque seize ans auparavant, le maquilleur de génie Tom Savini en avait déjà proposé une version colorisée d'excellente facture. L’œuvre signée Jeff Broadstreet se révélait donc ainsi aussi inutile qu'opportuniste. En 2013, le cinéaste américain réitère l'expérience en ne réalisant plus cette fois-ci un remake, mais une préquelle à son propre long-métrage. Naît ainsi Night of the Living Dead 3D : Re-Animation. En fouillant même sur la toile, le fan complétiste découvrira qu'il existe un projet assez curieux mais ô combien original intitulé Night of the Living Dead: Reanimated, lequel reprend le scénario de George A. Romero et John A. Russo en lui appliquant le style de plusieurs artistes spécialisés dans le cinéma d'animation (j'y reviendrai dans un prochain article). On pourra également évoquer le projet Rise of the Living Dead qui n'est autre qu'une préquelle au classique de George Romero, réalisée par... George Cameron Romero, le fils de l'illustre cinéaste. Mais pour l'instant, il s'agit donc de parler de Night of the Living Dead 3D : Re-Animation, cet espèce d'étron cinématographique dont l'unique intérêt est de respecter l'amorphe allure de créatures décharnées. Ici, donc, pas d'infectés sprintant à la recherche de viande fraîche. Les macchabées déambulent lentement. A l'image d'une intrigue qui pourrait aisément suffire à un court-métrage d'une dizaine de minutes. Car l'un des principaux problèmes du film de Jeff Broadstreet demeure dans son incapacité à garder le spectateur éveillé, concentré, ou même simplement intéressé devant ce que l'on pourrait considérer comme un véritable monument d'ennui. On aura en effet rarement ressenti ailleurs l'impression d'assister à la projection d'un long-métrage mis en position 'arrêt sur image'. Le récit se traîne sur des dizaines de minutes lors desquelles il ne se passe absolument rien de bien excitant. Et la présence de Jeffrey 'Re-Animator Combs, malheureusement, n'y change rien.
Jeff Broadstreet s'autorise quelques références à George Romero et à son œuvre mais rien ne peut sauver son projet du naufrage. A part quelques morts-vivants apparaissant furtivement, le film se contente de nous proposer d'interminables conversations. D'un côté, celle opposant les frères Gerald et Harold Tovar (respectivement Andrew Divoff et Jeffrey Combs), et de l'autre, les trois employés de la morgue des Tovar, DyeAnne, la gothique, Russel, l'assistant de Gerald, et Cristie, la nouvelle recrue. Si Night of the Living Dead 3D : Re-Animation vous plombe une soirée, ça n'est certainement pas grâce aux scènes d'horreur qui se compteraient presque sur les doigts d'un manchot si l'on voulait être plus sévère envers le film qu'il ne le mérite. Non, si le film de Jeff Broadstreet est assommant, c'est parce qu'il est aussi mal interprété que dirigé. Les dialogues sont aussi ineptes que ceux d'un soap opera. La photographie et la lumière sont immondes. Quant à l'interprétation, que voulez-vous : lorsqu'un cinéaste a décidé de laisser s'exprimer ses interprètes sans véritablement les diriger, le résultat ne peut être, comme ici, que catastrophique. Night of the Living Dead 3D : Re-Animation mérite de trôner parmi les trois ou quatre plus mauvais films consacrés aux morts-vivants. C'est dire s'il est mauvais...❤❤💔💔💔💔💔💔💔💔

Haute Tension, c'est la seconde réalisation d'Alexandre Aja, fils d'Alexandre Arcady, qui réalisait là son tout premier film d'horreur avant de s'envoler aux États-Unis pour y aller tourner le remake de La Colline a des Yeux. Avec Haute Tension, Alexandre Aja nous offre enfin un film gore français digne d'intérêt. Le premier d'une vague qui déferlera bientôt sur le territoire hexagonal. En effet, si l'on ne tient pas compte du Baby Blood déjà âgé de dix-sept ans lorsque sort le film d'Alexandre Aja, les Frontière(s) et autre Martyrs ne sont que les descendants de ce petit film qui peine à atteindre l'heure et demi. Un format relativement court qui à la décharge du film lui procure un rythme soutenu. Le cinéaste n'y va pas avec le dos de la cuillère lorsqu'il s'agit d'abattre ses cartes en matière de scènes d'horreur. Sans distinction aucune, il charge l'imposant Philippe Nahon (sorti quatre ans plus tôt d'un Carne réaliste et sordide) d'exécuter sans la moindre morale une famille toute entière. Un couple de quinquagénaire et leur gamin d'à peine neuf ou dix ans. Seules survivront à cette première partie en forme de 'home-invasion', deux amies. La fille du couple et sa copine venue pour une nuit, dormir à la campagne. Pas de chance pour la pauvre Cécile de France qui du coup, va vivre un calvaire aussi long que dure le film. Pourchassant le tueur avant qu'il ne tue sa copine Alex. Le spectateur pourra apprécier l'aspect bricolé du long-métrage. Son image granuleuse, ses éclairages vifs et saignants, ses cadrages bancals et son montage nerveux. L'horreur y est graphique. Le sang gicle, au sol, sur les murs, et même jusqu'au plafond. Nahon y est filmé tel un prédateur sans morale, que la caméra tarde à filmer dans les yeux et auquel le scénario n'offre pas la parole durant la première moitié du film. Un tueur pervers, à l'imagination débordante lorsqu'il s'agit de perpétrer des meurtres. On retiendra l'égorgement de la mère de famille filmé en vue subjective à travers les fines ouvertures d'un placards, ou mieux encore, l'originale décapitation de son époux.
D'aspect bricolé, Haute Tension emporte tout sur son passage. C'est crade, parfois hystérique, mais ça fait du bien de voir qu'en France, on en capable de rivaliser avec le cinéma 'redneck' en provenance des États-Unis. Le film d'Alexandre Aja transpire la même sueur malodorante que celle de la famille frappadingue imaginée longtemps auparavant par le regretté Tobe Hooper. Certains reprochèrent au cinéaste d'avoir pompé son histoire sur celle de Intensity que le cinéaste Yves Simoneau réalisa cinq ans auparavant. Il est vrai qu'à la lecture du synopsis de ce dernier, on peut douter que le scénario de Aja et de Grégory Levasseur soit purement le fruit de leur imagination. Autre fait marquant dans Haute Tension, la scène située dans les chiottes pour le moins dégueulasses de la station-service. Tout rappelle en cet instant dramatique la scène culte se déroulant dans le métro new-yorkais du chef-d’œuvre de William Lustig, Maniac. Le film pousse à ce point la ressemblance que son héroïne arbore elle-même un large sourire lorsqu'elle se rend compte que le tueur a quitté les lieux sans découvrir sa présence. Alors que ce détail avait un sens dans Maniac (la victime pouvant penser que tout n'était que le fruit de son imagination), le sourire de Cécile de France demeure, lui, tout à fait déplacé. A part quelques petits défauts de cet acabit, Haute Tension est un film d'horreur efficace qui comblera les fans du genre...❤❤❤❤❤💔💔💔

Pour terminer, un autre film d'horreur français mais qui lui, par contre, se révèle relativement médiocre. La Traque d'Antoine Blossier (à ne pas confondre avec l'excellent long-métrage de Serge Leroy datant de 1975 ou le téléfilm de Laurent Jaoui de 2008) tente en 2011 de renouer avec le genre survival en mixant vaguement le Razorback de Russell Mulcahy à Isolation de Billy O'Brien. Malheureusement, son film n'offre ni les stupéfiants décors et la sublime photographie du premier, ni l'ambiance véritablement oppressante du second. C'est d'autant plus dommage qu'Antoine Blossier fait preuve d'une véritable énergie dans sa mise en scène. Après un premier quart-d'heure ne servant qu'à situer ses personnages, La Traque jette quatre individus en plein cœur d'une forêt dans laquelle se déroulent de bien curieux événements. L'occasion pour le cinéaste d'évoquer succinctement le thème de l'environnement à travers le personnage incarné par l'excellent François Levantal.
Il est d'autant plus dommage de constater que le résultat demeure puéril quand sur le papier, l'intrigue se révélait pleine de promesses. En effet, le mystère entourant le 'suicide' de cerfs s'étant jetés contre une clôture électrifiée puis la découverte par les quatre principaux personnages que des prédateurs tuent tout ce qui se présente dans la forêt avait de quoi aiguiser l'appétit des amateurs de frissons. Si La Traque déborde d'énergie durant l'heure suivante (le film ne dure en effet que quatre-vingt minutes), on pourra trouver agaçant les mouvements de caméra épileptiques qui rendent pénible la visibilité de certains passages. Dès lors que la scène est plongée dans l'obscurité, les attaques des prédateurs qui seront très rapidement identifiés comme étant des sangliers victimes de pollution pétrochimique, deviennent brouillonnes. Antoine Blossier économise ses moyens en filmant ses créatures planquées derrières des buissons secoués énergiquement par ses assistants, ce qui en terme d'effets sanglants risque de décevoir les spectateurs qui se repaîtront avant tout de cadavres d'animaux pourrissant que de victimes humaines d'abord attirées au cœurs d'herbes hautes avant d'être malheureusement tuées en toute discrétion. Autre point qui demeure négatif : la caractérisation des personnages. En faisant de ses héros des individus particulièrement antipathiques, Antoine Blossier laisse les spectateurs indifférents au sort tragique que la nature revancharde leur accorde. A part cela, La Traque se suit sans réel déplaisir mais sans jamais se démarquer d'une concurrence qui lui est éminemment supérieure...❤❤❤❤❤💔💔💔💔💔

lundi 22 janvier 2018

From Beyond de Stuart Gordon (1986) - ★★★★★★☆☆☆☆



Pour bon nombre d'individus, le nom de Ken Foree aura sans doute autant d'impact qu'une salade manquant d'assaisonnement. Pour d'autres, par contre, certainement plus rares, sa force d'évocation les renverra à l'époque où les zombies étaient traités avec infiniment moins de mépris que dans les innombrables navets qui sortent depuis quelques années, et surtout, depuis que le thème est devenu une manne financière. En 1978, entouré de David Emge, Scott H. Reiniger, de Gaylen Ross, et dirigé par l'immense George A. Romero, Ken Foree interprétait le rôle de Peter dans le cultissime Dawn of the Dead. Sans doute possible, l'un des deux ou trois plus grands films de zombies de l'histoire du genre. Durant des décennies, ce grand « black » au regard quelque peu globuleux n'était demeuré rien d'autre que ce personnage charismatique combattant dans l'enceinte d'un centre commercial, une horde de morts-vivants à peine décharnés. Qui s'était soucié, alors, de savoir dans quel autre long-métrage il avait bien pu tourner par la suite ? Pourtant, Ken Foree n'a jamais vraiment cessé de jouer, et en quarante ans de carrière, a interprété plus de trente rôles au cinéma. Dont le personnage de Buford 'Bubba' Brownlee dans ce From Beyond qui nous intéresse ici. Il s'agit du deuxième long-métrage de Stuart Gordon pour le grand écran, toujours produit par Brian Yuzna. Certains liens demeurant apparemment indissociables, on notera également le fait que le rapport entre le nom du docteur interprété par l'actrice Carolyn Purdy-Gordon (épouse du réalisateur depuis maintenant cinquante ans) et l'écrivain Robert Bloch n'est pas le fruit du hasard puisque ce dernier et l'auteur de la nouvelle ayant inspiré From Beyond, une fois encore, H.P. Lovecraft, étaient amis. Ce dernier ayant donc volontairement donné le nom de l'écrivain à ce personnage féminin lors de l'écriture de la nouvelle. D'autres corrélations ?

Robert Bloch, encore lui, fut l'auteur du roman Psychose ayant inspiré le chef-d’œuvre d'Alfred Hitchcock. Dont le thème principal fut adapté par le compositeur Richard Band l'année précédente pour le premier long-métrage de Stuart Gordon, lequel participe également à la composition de la partition musicale de From Beyond. Une fois encore, l'acteur Jeffrey Combs est au centre d'un récit qui mêle à nouveau expériences scientifiques et manipulations génétiques. Barbara Crampton reprend du service, cette fois-ci dans le rôle du docteur Katherine McMichaels. Un fois encore, le film propose un portrait de méchant bien gratiné. David Gale est désormais remplacé par un Ted Sorel dont le personnage n'est pas moins obsédé par le sexe que le docteur Carl Hill de Re-Animator. Tous ces menus détails apportent une certaine cohésion dans cet ensemble de films inspirés des ouvrages de H.P. Lovecraft mis en scène par le duo Gordon-Yuzna.

Ceci dit, passons maintenant à l'objet de cet article : From Beyond. intitulé pas moins intelligemment chez nous Aux portes de l'au-delà, le film de Stuart Gordon souffle un véritable vent de perversion qui n'avait pas vraiment lieu auparavant, sauf peut-être lorsque le docteur Carl Hill enfonçait sa tête coupée entre les cuisses de Barbara Crampton lors du final délirant de Re-Animator. Peut-être plus lubrique encore que Hill, quoique la chose soit moins visible dans son regard, le docteur Edward Pretorius apparaît très vite comme un individu pervers que son statut de chercheur ne rend pas moins dérangeant. Amateur de fessées, il se mue en une créature multiforme que n'aurait peut-être pas renié David Cronenberg à un certain moment de sa carrière.

Barbara Crampton, quant à elle, qu'elle porte lunettes et tailleur ou qu'elle se réveille les cheveux entremêlés, elle demeure toujours aussi... désirable. A la seule condition de pouvoir faire abstraction de l'horrible doublage français qui lui donnerait presque les allures d'une maîtresse S.M si sa blondeur ne lui permettait pas de conserver son angélique beauté... Le regard toujours aussi frondeur, Jeffrey Combs interprète un personnage cette fois-ci beaucoup plus fragile. Les effets-spéciaux conçus par un quatuor de spécialistes permettent à Stuart Gordon de laisser libre court à sa délirante inspiration. Quoiqu'ils aient quelque peu vieilli, ils demeurent pourtant assez originaux dans leur conception et leur aspect. Les éclairages parfois outranciers se reflétant sur l'organisme torturé du personnage incarné par Ted Sorel lui confèrent le même aspect érotico-gore que les scènes d'ébats du Society que réalisera trois ans plus tard Brian Yuzna.
Mais au final, From Beyond ne se révèle être qu'une cruelle déception. Pas vraiment en odeur de sainteté avec votre serviteur à l'époque de sa sortie, le long-métrage de Stuart Gordon l'est malheureusement encore moins plus de trente ans après. Si les rares scènes gore et une barbara Crampton sexy retiennent l'attention du spectateur, le récit se révèle assez sommaire. Bien moins sympathique que Re-Animator, cette seconde incartade du cinéaste dans l'univers de H.P.Lovecraft est donc décevante...

mardi 16 janvier 2018

Mutronics de Screaming Mad George & Steve Wang (1991) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Mutronics, contraction plus que probable de Mutants et Électroniques, fut le second long-métrage en tant que principal réalisateur de Steve Wang et le premier et sans doute dernier de Screaming Mad George, pseudo sous lequel se cache l'originaire d'Osaka en Chine, Joji Tani, qui dès le milieu des années quatre-vingt et ce, jusqu'au début des années 2000 s'est surtout fait connaître pour ses délirants effets-spéciaux dans différents longs-métrages horrifiques. Et c'est bien là, le rapport entre ces deux cinéastes qui pour une fois seulement ont réalisé ensemble ce long-métrage inspiré d'une série de manga écrite et dessinée par Yoshiki Takaya, et éditée en 1985. Une suite signée par Steve Wang seul aux commandes verra la jour en 1994. Si même alors, le spectateur aventureux qui osera se lancer dans les premières aventures de ce héros qui malencontreusement est tombé sur une curieuse machine extraterrestre le transformant en super-héros demeurera ignorant des origines de ce film à petit budget produit par Brian Yuzna, il fera pourtant obligatoirement le lien entre le Guyver et les « metal heroes » japonais de son enfance.
D'une esthétique proche d'un X-OR de glorieuse mémoire, le Guyver est en effet constitué d'une armature métallique le recouvrant des pieds à la tête, cette dernière étant la source de l'unique point faible de son porteur, le jeune Sean Barker (interprété par Jack Armstrong).

Mutronics est un objet filmique presque non identifiable. Science-fiction, kung-fu, action, gore, comédie et délires visuels constituent le ciment d'une œuvre presque inclassable puisque improbable. Science-fiction d'abord, avec cette histoire de boite de pandore construite par une entité extraterrestre dont l'utilisation pourrait, entre les mains de personnes malintentionnés, avoir des répercutions pire que la bombe atomique. Heureusement pour l'humanité, c'est le jeune Sean Barker qui se l'approprie après qu'un scientifique l'ait perdu en cours de route après l'avoir dérobée dans le laboratoire de recherches des établissements Chronos appartenant à un certain Fulton Balcus. Ce dernier, incarné par David Gale (Re-Animator) étant le grand méchant du long-métrage, ses intentions au sujet du Guyver demeurent, elles, relativement sombres. Kung-fu et action, ensuite, car les combats orchestrés entre le Guyver et ses ennemis (sur lesquels nous reviendrons un peu plus loin) sont constitués de scènes de combats à mains (ou à pattes, c'est selon) nues. Les corps sont souvent projetés à des dizaines de mètres de haut et il n'est pas rares de voir les corps se relever même après une chute normalement mortelle. Des Respawn répétés qui laissent alors présager d'une œuvre jamais véritablement sérieuse et, au fond, familiale. Comédie et délires visuels enfin car le spectacle est totalement déjanté. Et même si chez nous, l'humour à l'américaine ne sera pas forcément efficiente, il n'est pas rare que l'on reste quoi devant cette débauche de scènes à humour pompier et absurde.

Les combats n'opposent plus un homme à d'autres de son espèce mais un super-héros à une poignée de créatures originaires de notre humanité mais qui dans l'ombre du laboratoire cité plus haut ont été les victimes innocentes (ou pas) d'un projet fou orchestré par Fulton Balcus. Autre aspect relativement incongru de Mutronics, son casting : Car pour accompagner les délires de Screaming Mad George et de Steve Wang, les cinéastes ont fait appel à des interprètes que l'on jugera, une fois réunis, d'hétérogènes : Mark hamill (surtout connu pour avoir à plusieurs reprises interprété le célèbre rôle de Luke Skywalker dans la mythique saga (du moins pour une partie de la planète) Star Wars, Michael Berryman, célèbre Pluto du shocker réalisé par Wes Craven en 1977, La Colline a des Yeux, et même Jeffrey Combs pour un rôle si court qu'on lui prêterait presque l'apparence d'un caméo.

Malgré ce très intéressant mélange des genres et la diversité des interprètes, Mutronics demeure pourtant malheureusement un film de piètre qualité. Si les effets-spéciaux sont mi-figue, mi-raisin, les décors sont par contre, abominablement laids. Les personnages sont perpétuellement plongés dans une désagréable obscurité et le récit n'est qu'un vague prétexte à montrer des combats pas plus dignes que ceux des plus vieilles séries télévisées japonaises dont feu Antenne2 se fait la porte-parole dans les années quatre-vingt en France. A voir pour le délire et pour la micro-apparition de la scream queen Linnea Quigley (Le Retour des Morts-Vivants), mais juste une fois alors...
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