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dimanche 18 septembre 2022

Sinkhole de Kim Ji-hoon (2022) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Sinkhole est l'avant-dernier long-métrage du réalisateur sud-coréen Ji-hoon Kim. Après un break de neuf ans suivant la réalisation d'un film catastrophe vaguement inspiré par le chef-d’œuvre de John Guillermin La tour infernale sorti sous le titre Ta-Weo, l'homme est revenu à la réalisation l'année dernière avec un autre type de film catastrophe considérablement saupoudré de comédie puisque cette dernière empiète dans les grandes largeurs la quasi totalité des séquences de ce film qui approche les deux heures. Sinkhole met en scène le chef d'équipe d'une petite entreprise du nom de Park Dong-Won (l'acteur Kim Seong-Gyoon) prenant possession d'un appartement fraîchement payé en compagnie de son épouse et de leur enfant. Vantant son acquisition située à Séoul auprès de ses subalternes, le jeune homme apprend rapidement que le quartier où il vit désormais est loin d'être côté et fut l'emplacement d'une ancienne décharge. Depuis quelques jours, des pluies torrentielles s'abattent sur la ville et notamment là où est implanté l'immeuble. Au lendemain d'une pendaison de crémaillère organisée par le chef d'équipe à laquelle furent conviés les employés de l'entreprise, l'impensable se produit : l'immeuble s'effondre sous son propre poids, disparaissant au fin fond d'une crevasse de plusieurs centaines de mètres de profondeur, laissant derrière lui un trou béant. Alors que son épouse est restée à la surface, Park, son fils, son voisin Jung Man-Soo (excellent Seung-Won Cha) avec lequel le héros aura tout d'abord maille à partir ainsi que ses invités vont devoir survivre jusqu'à ce que les secours interviennent... Des secours qui, comme nous allons très vite nous en rendre compte seront assez peu sollicités durant le récit. En effet, deux ou trois séquences relativement insignifiantes montreront des secouristes avant d'être totalement absents du reste des séquences à venir. Car ce qui préoccupe avant tout Ji-hoon Kim et son scénariste Cheol-Hong Jeon est la poignée de survivants qui au fond du gouffre vont devoir gérer leur stress, les secousses quasiment ininterrompues et le risque que l'immeuble ne continue à s'enfoncer dans les profondeurs de la terre...


Sinkhole fait la part-belle à l'humour. Surtout dans sa toute première partie lorsque le personnage de Park est immédiatement confronté à celui de Jung. Un individu que l'on aurait trop rapidement tendance à juger de menaçant mais qui comme la majorité des personnages va s'avérer attachant. Ji-hoon Kim s'amuse à multiplier les situations pittoresques en faisant croiser la route de Jung et de Park à de multiples occasions. Comme l'ombre d'un cauchemar récurrent pour le nouveau propriétaire, Jung fait office de photographe professionnel, professeur d'arts-martiaux, de concierge... Bref, chaque fois que Park entreprend quelque chose, il tombe sur Jung. Celui-là même qui l'a d'office pris en grippe. Mais les événements nous apprendront très vite que l'apparente menace que représente cet homme à tout faire n'est qu'un leurre. Bien que le sujet soit emprunt d'une certaine gravité, l'humour domine tant que l'on est plus proche de la comédie que du film catastrophe. Un accident qui à lui seul revêt une allure improbable. Déjà que les effets-spéciaux ne sont pas parmi les plus remarquables qui aient été proposés sur un écran de cinéma ou comme ici, directement en VOD, mais de plus, voir cet immeuble être engouffré de cette manière, littéralement avalé par cette immense bouche de roche profonde de plusieurs centaines de mètres a quelque chose d'invraisemblable. C'est donc sans y croire un seul instant que l'on se laisse porter par cette histoire attachante menée par des interprètes qui ne réservent jamais leurs force pour un autre exercice de style que leur seule interprétation. Un jeu d'acteur souvent théâtral, typique du cinéma asiatique pour un récit au fond assez peu angoissant vu l'angle humoristique que prennent la quasi totalité des séquences. Une histoire d'amitié sur fond de catastrophe, voilà ce qu'est Sinkhole. Une œuvre amusante, humaine, touchante, mais peut-être aussi légèrement redondante. À voir...

 

mercredi 12 janvier 2022

The Trip de Tommy Wirkola (2021) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Mis à disposition des abonnés de canal+ et disponible au prix de 9.99€ sur le service VOD, The Trip du réalisateur norvégien Tommy Wirkola est ce que l'on pourrait communément appeler de put%#@ de film ! Rares sont en réalité les occasions de prendre un tel pied devant un long-métrage alors, pourquoi s'en priver ? Si le pitch confirme d'emblée que l'on peut remiser ses neurones à la cave durant les cent-quatorze minutes que dure le film, il n'y a absolument pas de honte à avouer que le plaisir régressif est ici parvenu à son comble. Rare aura également été un titre évoquant de si près le contenu d'une œuvre. Car oui, The Trip, quelle que soit sa traduction ou sa signification première est bien de ces aventures totalement jouissives qui ne laissent aucun instant de répit s'installer et s'avère dénué du moindre ventre mou. Sur un scénario co-écrit par le réalisateur et les scénaristes Nick Ball et John Niven, on imagine sans mal le plaisir qu'ont dû prendre l'équipe technique et les interprètes durant le tournage de cette petite bombe mêlant sans complexes comédie, thriller et gore. Si le concept n'est pas neuf et laisse craindre une certaine redite, que l'hypothétique public à venir (en clair, ceux qui ne se sont pas encore rués dessus) ne se formalise surtout pas de la minceur du synopsis puisque l'intérêt du long-métrage est évidemment ailleurs. Dans l'incarnation de ces cinq interprètes (auxquels l'on ajoutera en fin de parcours le père de l'un d'eux en la personne de l'acteur norvégien Nils Ole Oftebro) qui nous offrent un spectacle grand-guignolesque comme on espère toujours en découvrir ne fut-ce qu'en de rares occasion chaque année. Au départ, le film jouit d'un intérêt certain au vu de ses origines scandinaves. On sait qu'en Norvège, au Danemark ou en Suède, l'assurance de passer un agréable moment de cinéma en compagnie de personnages plongés dans une intrigue où l'humour est souvent noir est déterminée par avance...


The Trip ne déroge donc pas à cette immuable règle et navigue entre tragédie, comédie et thriller. Vu la somme à débourser pour en profiter pleinement, rien n'est ici plus vrai que d'affirmer qu'on en a pour notre argent. Dommage d'ailleurs que le film ne soit pas sorti sur grand écran. L'un de ces mystères insolubles qui font parfois regretter certaines décisions. En vedette du dernier long-métrage de Tommy Wirkola, auteur notamment de Dead Snow en 2009 et de Seven Sisters en 2017, l'actrice suédoise Noomi rapace, ici en blonde comme le veut le rôle qu'à interprété dernièrement son personnage de Lisa. Elle est l'épouse du réalisateur Lars (l'acteur norvégien Aksel Hennie) avec lequel rien ne va plus. L'occasion pour le couple non pas de tenter de se rapprocher lors d'un week-end en amoureux dans le chalet du paternel de Lars, mais plutôt d'y régler définitivement les comptes entre eux. Du moins, jusqu'à ce que trois criminels, trois branquignoles, trois pieds nickelés débarquent à l'improviste (non sans frapper à la porte mais en tombant du plancher menant au grenier où ils étaient planqués jusque là !) pour remettre en questions leurs projets. Trois fugitifs du nom de Petter, Dave et Roy (respectivement interprétés par Atle Antonsen, Christian Rubeck et André Eriksen). La brute, le ''démonte-pneus'' et l'idiot de service. Trois attitudes qui participent du caractère humoristique d'une œuvre qui multipliera les changements de ton à la vitesse de l'éclair. En effet, l'on passe du rire à l'angoisse sans que l'on s'y attende toujours. The Trip qui déjà dans les premiers instants se déroulant dans le chalet promettait monts et merveille en terme d'action et de bagarre monte ensuite d'un cran et même de plusieurs jusqu'au final hautement satirique !


Nos cinq interprètes font le taf nettement au delà de nos espérances. Bien évidemment, le réalisme pionce aux vestiaires tandis que chacun se prend des coups qui en général laisseraient n'importe qui de normalement constitué sur le carreau. Le plaisir de retrouver la charmante Noomi Rapace est demeuré intact. Comme celui de découvrir quatre représentants de la gente masculine plus ou moins ''burnés''. Ce qui nous vaudra nombre d'éclats de rire et de séquences de bastons hautement réjouissantes tandis que l'une d'entre elles au moins, pourra incommoder une partie du public (l'humiliation dont fera les frais Lars). Si donc l'écriture est légère, les moyens alloués par nos personnages en parfaite forme physique remplissent sans problèmes les trous du scénario. Fun, drôle et ponctué de séquences gore, le long-métrage de Tommy Wirkola est bien le trip qu'annonce le titre. Un pur régal... !

 

samedi 20 novembre 2021

Shaun of the Dead d'Edgar Wright (2005) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Après avoir réalisé toute une série d'épisodes de séries télévisées et un premier long-métrage en 1995 (A Fistful of Fingers), le réalisateur britannique Edgar Wright est revenu au long format en 2004 avec une parodie d'horreur immédiatement devenue culte : Shaun of the Dead et ses nombreuses références qui pour les fans de films de zombies ne sont sans doute pas passées inaperçues. Dans ce petit bijou d'humour noir, parodie des plus grands films de zombies à l'ancienne (comprendre des morts qui marchent et non pas des infectés qui cavalent comme des dératés), Edgar Wright et son principal interprète Simon Pegg sont à l'origine d'un scénario aux petits oignons. Simple mais efficace. Tourné entre Finsbury Park, le district de Crounch End et le studio Ealings, le film se situe donc entièrement dans la capitale anglaise et met en scène Shaun (celui du titre qu'interprète Simon Pegg) et Ed (Nick Frost), deux potes dont le premier est employé dans un magasin d'électronique tandis que le second ne branle rien de la journée. Enfin si, le bonhomme reste calé devant la télévision à jouer aux jeux vidéos. Très vite leur quartier se retrouve envahi par une horde de zombies. Un fléau que relèguent les informations. Inquiet pour sa mère et pour sa fiancée, Shaun propose à Ed d'aller récupérer Barbara (interprétée par Penelope Wilton et première référence cinématographique s'appuyant en outre sur l'une des plus célèbres répliques de La nuit des morts-vivants de George Romero dans lequel Johnny, le frère de l'héroïne jouait à lui faire peur au début du film en lui déclarant : ''Ils viennent te chercher Barbara'', et ici transformé en : ''Ils viennent vous chercher Barbara'') et sa petite amie Liz (l'actrice Kate Ashfield). Rejoints également par le couple formé par Diane et Philip (respectivement Lucy Davis et Dylan Moran), Shaun propose au groupe de se réfugier dans le pub où Ed et lui ont leur habitudes. La résistance commence alors entre eux et la horde de zombies qui s'agglutinent de plus en plus aux fenêtres de l'établissement...


Parler aujourd'hui de Shaun of the Dead alors que tout semble avoir déjà été dit à son sujet depuis sa sortie chez nous en juillet 2005 (erf, toujours les derniers) n'a pas d'autre intérêt que de réveiller les sens de celui qui se serait depuis quelque peu assoupi tout en oubliant la formidable expérience que put être le film d'Edgar Wright. Je n'invoque évidemment personne à par mon cas personnel. Longtemps que je n'avais pas eu le plaisir de le revoir, le plaisir étant demeuré intact ! Scénario basique mais répliques cultes au programme. Limite débiles, parfois, on remerciera pour cela l'acteur Nick Frost, parfaitement irrésistible dans la peau du boulet de service, consommateur et fumeur d'herbe, un peu lourd sur les bords et dans tous les sens du terme. Forcément, face à l'adversité, il fallait bien que l'un des personnages se montre retors à toute décision prise par le héros. En cela, Dylan Moran campe un Philip relativement détestable dont l'existence sera très brutalement interrompue (autre référence cinématographique puisque sa mort, horriblement graphique, sera très proche de celle que connut l'infâme Capitaine Henry Rhodes qu'interpréta Joseph Pilato dans Le jour des morts-vivants réalisé lui aussi par George Romero). On pouvait craindre que le film ne soit qu'une parodie stupide comme il en existe tant. Pourtant, tout en étant truffé de blagues et de répliques de potaches, le film est surtout un très bel hommage au courant dont il se moque très, très gentiment. Le film a même carrément le culot d'être au dessus de bien des œuvres se prétendant sérieuses et bénéficie de rares mais excellents effets-spéciaux. Allez, pour termine cet article, évoquons une troisième référence qui ne s'inscrit non pas cette fois-ci en terme visuel mais plutôt sonore. En effet, les fans de George Romero (toujours lui), reconnaîtront parmi l'excellente bande-originale pop, rock, hip-hop et punk, l'un des grands thèmes de Dawn of the Dead, Zombi du groupe de rock progressif italien culte, Goblin...

 

dimanche 25 juillet 2021

Kaamelott – Premier volet d'Alexandre Astier (2021) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

 

La série Kaamelott, c'est un peu comme Game of Thrones, Casa del papel ou Gomorra. À force de m'entendre dire que c'était culte, mortellement drôle et addictif, j'ai surpassé mon appréhension. De celle qui m'a fait abandonner Game of Thrones après seulement les quatre premiers épisodes. De celle qui fait des deux autres séries de vagues idées de projections futures... sans le moindre enthousiasme ni pourtant la moindre envie d'y perdre du temps. J'ai donc opté pour quelques épisodes avant de rapidement déchanter. Non pas que je sois réfractaire à l'univers d'Alexandre Astier puisque j'ai littéralement bu ses paroles durant son excellente Exoconférence même si je n'y ai pas tout compris et ait notamment apprécié Astérix : Le Domaine des dieux qu'il a co-réalisé en compagnie de Louis Clichy. C'est juste que Kaamelott, ça n'est pas fait pour moi. Il peut y avoir plusieurs hypothèses concernant le rejet dont peut faire preuve une partie d'un public qui, concernant cette série, m'a toujours semblé infinitésimale. Jamais réfractaire à l'humour français malgré des dizaines de déceptions, il fallait pourtant que je sois stupide, atteint d'insolation ou de sénilité pour que j'accepte de m'enfermer dans une salle de cinéma tandis qu'au dehors il faisait si beau. Pourquoi ? Pour suer des gouttes grosses comme le pouce, affublé d'un masque s'effilochant, mes lèvres goûtant alors des fibres aussi peu ragoutantes que les poils de plusieurs culs ! Et étrangers, comme cela va s'en dire. Le pire de tout, je crois, est de se retrouver dans une salle obscure avec autour de soi des dizaines de fans de la première heure. Qui ne sont en réalité pas vraiment venus assister à une version 2.0 cinématographique de leur série culte sur grand écran mais plutôt venus collaborer à une sorte de grand messe... limite sectaire ! Cette première aventure cinématographique d'une future trilogie a beau s'intituler Kaamelott – Premier volet, le novice aura surtout l'impression d'avoir loupé quelques séquences importantes de la série télévisée.


On retrouve fort logiquement les interprètes de la série originale, parmi lesquels Thomas Cousseau, Anne Girouard, Lionnel Astier (le papa d'Alexandre Astier qui joua notamment dans Le vent des moissons et Orages d'étés de Jean Sagols en 1988 et 1989), Joëlle Sevilla, Jean-Christophe Hembert, Franck Pitiot, Jacques Chambon, suivis par un nombre important de guests parmi lesquelles, Clovis Cornillac qui à l'époque de la série avait le vent en poupe sur grand écran, Christian Clavier, qui nous ''offre'' une énième alternative au personnage de Jacquouille des Visiteurs de Jean-Marie Poiré, le toujours excellent Alain Chabat dont le personnage du Duc d'Aquitaine est ici sous-exploité ou encore Guillaume Gallienne qui incarne un Alzagar qui en comparaison de pas mal de personnages demeure encore l'un des plus intéressants. Après deux heures de projection, j'me dis que les moins fans des fans n'ont peut-être pas davantage que moi résisté à l'avalanche de dialogues qu'assène le long-métrage. Encore aurait-il fallut que ceux-ci tiennent la distance car après quelques lignes fort évocatrices (on pense notamment parfois à ceux de l'immense Michel Audiard), le plus difficile est d'être capable de tenir la distance. Et en l'occurrence, ici, la durée. Assommé, épuisé, éreinté par ce perpétuel et très bavard ping-pong de dialogues, à peiné maintenu en éveil par les rarissimes rires du public (un signe qui ne trompe pas sur les qualités humoristiques du long-métrage), le long-métrage d'Alexandre Astier et l'aventure de ses personnages ne m'ont jamais intéressé. S'il fallait comparer Kaamelott – Premier volet à un autre titre du même ''acabit'', ça n'est certes pas du côté des Monty Python qu'on irait fouiller mais plutôt chez Jean-Marie Poiré et le quatrième et hypothétique volet des Visiteurs (les décors et les costumes sont d'ailleurs semblables à ceux dans lesquels sont transportés Jean Reno et Christian Clavier à l'époque de Louis VI dit le Gros) dans lequel le réalisateur nous conterait enfin un récit situé voilà mille ans en arrière et que les sains d'esprits que nous sommes ne sont pas pressés de découvrir... Parole de non-fan. Aux aficionados de se faire, maintenant, leur propre opinion...

jeudi 22 avril 2021

And Now For Something Completely Different de Ian McNaughton (1971) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Graham Chapman, John Cleese, Terry Gilliam, Eric Idle, Terry Jones, Michael Palin, les six membres de la célèbre troupe d'humoristes Les Monty Python qui de la toute fin des années soixante jusqu'au milieu des années soixante-dix furent à l'origine de la création et la diffusion de la série télévisée Monty Python's Flying Circus. Quatre anglais, un gallois et un américain. Alors qu'en 1971 l'émission est en pleine projection sur la chaîne anglaise BBC1, sort sur les écrans britanniques le film And Now For Something Completely Different. En réalité, une compilation de ce qui est alors considéré comme faisant partie des meilleurs épisodes du Monty Python's Flying Circus. Toujours en retard, la France ne découvrira le show télévisuel des Monty Python que bien plus tard et ne fera réellement connaissance avec nos six humoristes qu'avec leur premier long-métrage traduit chez nous sous le titre La Première Folie des Monty Python, lequel sortira sur nos écran en 1974, soit trois ans après être sorti sur le territoire du Royaume-Unis. On reconnaît à travers ce long-métrage en forme de compilation, l'humour typique de cette bande d'humoristes tournés vers l'absurde. Une approche toute britannique qui trouvera son aboutissement lors des trois véritables longs-métrages qui les réuniront entre 1975 et 1983 (Monty Python and the Holy Grail, Monty Python's Life of Brian, Monty Python's The Meaning of Life). Scénaristes, réalisateurs, interprètes... chacun trouve un rôle dans ce premier essai qui sera transformé plus tard et mènera certains d'entre eux à la réalisation de certaines grandes œuvres cinématographiques. On pense bien évidemment à Terry Gilliam, seul américain du lot qui signera plusieurs chefs-d’œuvre, tels Brazil en 1985, The Fisher King en 1991 ou L'armée des douze singes quatre ans plus tard...


Pour le moment, les six hommes débutent sur grand écran et même si le statut de troupe culte qui entoure Terry Gilliam, John Cleese et les autres empêcherait presque qu'aucune critique négative ne fuite de leurs travaux, comment ne pas demeurer circonspect devant le résultat final de ce And Now For Something Completely Different relativement insipide en terme d'humour ? Car à trop vouloir faire dans l'absurde, le sextet de comiques en oublierait presque l'élément essentiel consistant à faire rire les spectateurs. En effet, cette collection de sketchs qui par essence n'a ni queue ni tête est souvent affligeante. On a beau adorer leur Saint Graal ou leur carrière solo respective, les six hommes proposent un menu souvent indigeste auquel on assiste, bien obligés de se tenir respectueux devant ce premier objet de culte outrageusement surestimé. Sans la moindre cohésion autre que celle qui consiste à maintenir un certain degré d'absurdité au fil des différents sketchs qui constituent And Now For Something Completely Different, le contenu finit par donner des fourmis dans les jambes à force de promettre des monts et merveilles adoubées par des fans purs et durs aveuglés par leur fascination pour les Monty Python. Si l'on veut être tout à fait objectif, on reconnaîtra que les six hommes ont à cette époque créé un style qui n'appartenait qu'à eux et auquel ils ont offert des sketchs authentiquement cultes (The Ministry of Silly Walks demeurant parmi ce qu'ils produisirent de plus drôle). Mais à vouloir regrouper en un peu moins d'une heure trente plusieurs d'entre eux, ils manquent leur premier passage sur grand écran. Et pourquoi pas une adaptation du Benny Hill Show au cinéma tant qu'on y est ? Citons tout de même les remarquables dessins/collages de Terry Gilliam qui ponctuent les sketchs sous forme d'entractes et qui sont l'une des marques de fabrique de la troupe. À part cela, mieux vaut se rabattre sur la série originale Monty Python's Flying Circus ou sur les trois vrais longs-métrages auxquels participèrent tous ensembles les membres de la troupe...

 

vendredi 4 décembre 2020

Hatchet d'Adam Green (2006) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Hatchet, retitré chez nous Butcher : La Légende de Victor Crowley, est le premier volet d'une saga de quatre longs-métrages débutée en 2006 et dont le dernier volet du nom de son tueur, Victor Crowley est sorti en 2017. Hatchet, Butcher, Victor Crowley... si l'on peut s'y perdre au départ avec ces différents titres, les quatre films ont en commun un même réalisateur/scénariste en la personne d'Adam Green qui à part une comédie au tout début des années 2000 (Coffee and Donuts), deux thrillers en 2007 et 2010 (Spiral et Frozen) et un documentaire explorant l'univers des monstres au cinéma en 2014 (Digging up the Marrow) a essentiellement concentré sa carrière sur le petit écran. Amoureux désespérés, en manque de Jason Voorhees, de ''rôdeurs'', de grands brûlés façon ''Crospy'' ou de tout autre dégénéré du bulbe avide d'en découdre avec une jeunesse décadente, vous ne le savez peut-être pas mais en 2006 est né un mythe. Un terme à peine exagéré puisqu'au beau milieu d'un dessèchement scénaristique duquel ne résulta pratiquement plus que remakes et reboots sans saveur, éclot un long-métrage qui allait remettre les pendules à l'heure et permettre aux amateurs de slashers de participer de nouveau à un sabbat où l'intellectuel serait aux abonnés absents et le gore comme présenté comme plat principal...


Hatchet ne redéfinit pas le concept du slasher. Tout juste prend-il un peu plus d'ampleur que l'un de ses plus célèbres ancêtres en imprimant un rythme nettement plus soutenu. Slaher, oui. Mais également survival forestier. Bien entendu, rien de comparable avec, notamment, le Délivrance de John Boorman. Mais quand même, l’œuvre de d'Adam Green rempli son cahier des charges en matière d'action, d'humour et surtout de séquence hautement sanguinolentes. Le ''héros'' de ce récit est donc une force de la nature. Une brute sans conscience, ni remords. Immorale, je dirais même plus, Amorale. Femmes, hommes, jeunes ou plus âgés, tout le monde y passe. Et surtout ces touristes avides de frissons façon ''train fantôme'' qui ne pensaient sans doute pas passer un si mauvais quart d'heure en osant pénétrer la propriété de Victor Crowley, cette légende urbaine bien vivante malgré les dires de certains qui le croyaient mort. Comme tout bon ou mauvais slasher, Hatchet nous assène tout d'abord quelques séquences de bavardage inutiles, histoire de faire monter la sauce et surtout, démontrer que la mort prochaine de cette dizaine de personnages qui vont tomber entre les mains de l'ogre des bayous n'a absolument aucun importance...


Si la caractérisation est aux abonnés absents, l'équipe en charge des effets-spéciaux de maquillages s'en sont, eux, donné à cœur joie. Corps découpés en deux, décapitation, tête opérant une rotation à trois-cent soixante degrés, mâchoire réduite à l'aide d'une ponceuse à essence, bras arrachés et comble du dégoût, régurgitation d'un bon litre de bile dans la bouche de l'un des touristes ! Utilisation d'une hache, d'une pelle, d'une barre en fer, tout est bon pour Victor Crowley qui n'a plus d'humain que le nom. Et surtout pas l'apparence car à part sa silhouette, le reste ressemble à un mélange entre Jason Voorhees, le Toxic Avenger et oui oui, et le Brandle-mouche du chef d’œuvre de David Cronenberg, La Mouche (voir la photo à gauche). Les amateurs de latex seront aux anges. Ici, pas de CGI dégueulasses parfois si peu compatibles avec le genre. C'est du maquillage à l'ancienne et ça se voit... et l'on s'en fout ! Parce que Hatchet est rien moins que l'un des meilleurs slasher des vingt dernières années, MI-NI-MUM ! Si vous aimez les crêpages de chignons entre jeunes filles écervelées, les croque-mitaines brutaux déboulant sans cesse au bon (mauvais) endroit au bon (mauvais) moment, que la tripaille et un certain humour parfois très gras ne vous font pas peur, le film d'Adam Green est fait pour vous...

 

vendredi 3 janvier 2020

Docteur ? de Tristan Séguéla (2019) - ★★★★★★★★☆☆



Alors que l'acteur Michel Blanc se fait de plus en plus rare sur grand écran (pas un seul film en 2017 et un seul en 2016, 2017 et 2019), il nous gratifiait de sa présence en cette fin d'année avec l'une des comédies les plus drôles vues depuis longtemps. Réalisée par Tristan Séguéla, elle y intègre aux côtés de l'ancien membre du Splendid l'acteur Hakim Jemili dont il s'agit du premier passage sur grand écran. L'expérience de l'un et l'apprentissage du second vont transparaître jusque dans l'interprétation respective des deux hommes qui dans la peau d'un médecin de nuit et d'un livreur uber eats vont mettre leurs talents en commun afin d'assurer le service de nuit du premier, alors victime d'un sérieux problème de nerf sciatique. En effet, contraint de rester dans son véhicule de service puisque incapable de se déplacer, le docteur Mamou Mani va dicter au jeune Malek les différentes marches à suivre lors des consultations à domicile qu'il effectuera à la place du spécialiste.

Si le concept est basique, voire sommaire, Tristan Séguéla et le scénariste Jim Birmant mettent leur talent au service d'une écriture qui fait la part belle à l'humour le plus débridé, lequel n'évite pas quelques rares incartades dans le pipi-caca mais ce, pour le plus grand bonheur d'un public qui rira de bon cœur au différentes situations auxquelles sera confronté Hakim ''Malek'' Jemili. Une vraie découverte que celui-ci et un acteur que l'on rêve déjà de croiser à nouveau sur grand écran. Loin de l'image de ''l'arabe des cités'' qui tente de percer dans le milieu de l'auto-entreprenariat, Docteur ? évite tous les poncifs inhérents à ce genre de rencontre inattendue entre un médecin à la carrière bien remplie (mais émaillée de diverses bévues comme le signifiera la voix off assurée par Chantal Lauby) et un jeune qui tente de mettre en place un projet d'avenir pour ne se concentrer que sur ce qu'est venu chercher le spectateur : de la pure comédie, sans message social poussif ni fonction moralisatrice.

En cela, Tristan Séguéla rempli parfaitement son objectif. Les spectateurs rient beaucoup. Dans l'une des plus grandes salles du MEGA CGR de Narbonne, la salle fut en délire à de nombreuses reprises, preuve évidente que l'humour de Docteur ? fonctionnait à plein régime. Plusieurs scènes sont amenées à devenir cultes mais celle que les spectateurs venus nombreux garderont sans doute en mémoire concerne l'intervention du jeune Malek dans l'appartement d'un certain Wilfrid qu'incarne à l'écran l'humoriste et comédien français Artus. L'occasion pour les spectateurs de rire à gorge déployée et dès lors, de manière presque incessante. Le contraste entre un Michel Blanc Bougon et un Hakim Jemili optimiste fonctionne à merveille. La présence de Solène Rigot amène un petit vent de rigueur qui calme parfois les ardeurs délirantes de nos deux héros et d'un Tristan Séguéla qui remet au goût du jour le principe du running gag avec la présence à l'écran de l'acteur Franck Gastambille dans le rôle de Grisoni, l'un des clients de Malek en mode Uber Eats. Docteur ? est LA comédie qu'il ne fallait surtout pas avoir loupée en fin d'année 2019...

samedi 14 décembre 2019

Les Envahisseurs de l'Espace (The Visitants) de Rick Sloane (1986) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆



Coïncidence ou non, L'Invasion vient de Mars de Tobe Hooper et Les Envahisseurs de l'Espace de Rick Sloane sont sortis en 1986 à quelques mois d'intervalles. Même volonté de rendre hommage au cinéma de science-fiction des années cinquante. Même approche esthétique. Pour la comparaison, nous nous arrêterons sur ces quelques aspects puisqu'à part ces quelques exemples, l’œuvre du premier demeure éminemment plus réjouissante que la seconde. C'est dire si Les Envahisseurs de l'Espace est mauvais. Car force est de reconnaître que de son côté, Tobe Hooper fut loin d'accomplir des miracles dans le domaine. Mais alors que l'auteur de l'un des plus remarquables films d'épouvante de toute l'histoire du cinéma (Massacre à la Tronçonneuse en 1974) se penchait sur la science-fiction pour la seconde fois en deux ans après le plutôt réussi Lifeforce en 1985, Rick Sloane, réalisateur de plusieurs volets de la saga Vice Academy débutait pratiquement sa carrière de cinéaste avec ce qui demeure sans doute comme l'un des pires films de science-fiction que le septième art ait engendré. En effet, Les Envahisseurs de l'Espace (The Visitants), dont l'auteur promet ironiquement en fin de métrage une séquelle heureusement, jamais mise en boite, est une véritable engeance. De la pire espèce. Que rien ne vient sauver du naufrage, pas même l'humour pitoyable que le réalisateur et ses interprètes tentent d'y injecter...

L'histoire démarre à peu de chose près comme celle du film culte de Tom Holland sorti l'année précédente, Vampire, vous avez dit Vampire ?. À une exception prêt : Rick Sloane remplace les vampires de Tom Holland par des extraterrestres venus préparer le terrain à une future colonisation de notre planète. En effet, Les Envahisseurs de l'Espace (qu'il ne faudra surtout pas confondre avec le film éponyme du cinéaste japonais Ishirō Honda sorti seize ans auparavant en 1960) tourne autour du jeune Eric, étudiant dans une université américaine et qui s'aperçoit que ses voisins Exeter et Lubbock (respectivement interprétés par Jordana Capra et Joel Hile) sont d'origine extraterrestre. Et s'il ne connaît pas encore leurs intentions, c'est en pénétrant chez eux qu'il va dérober une arme qu'il confiera au professeur Levelland de l'université. Le film de Rick Sloane tourne donc autour de ce thème unique qui consistera pour nos deux extraterrestre, de récupérer l'arme que leur a volé le jeune étudiant...

Un sujet relativement classique pour un résultat époustouflant de connerie. On mettra sur le compte de Rick Sloane sa volonté de produire une œuvre de science-fiction humoristique pour ne pas trop s'acharner sur le rendu grotesque de son œuvre. Et pourtant, on pourra avoir beau se montrer patient et faire preuve d'un minimum d'humanité, Les Envahisseurs de l'Espace est catastrophique. Une incommensurable daube qui ferait passer les sitcoms Hélène et les Garçons ou bien Premiers Baisers pour du Kubrick. Car le film de l'américain ressemble tout à fait à ce genre de séries télévisées qui virent le jour au début des années quatre-vingt dix et pullulèrent sur nos petits écrans. Film dont l'ambition scénaristique et visuelle le condamne aux drive-in américains, Les Envahisseurs de l'Espace est d'une laideur absolue. Sans doute en possession d'un stock important d'ampoules colorées dont il ne savait que faire, le réalisateur noie sont film sous des halos de couleurs primaires absolument dégueulasses. Sans doute la touche ''fifties'' qu'il prétendait apporter à son œuvre. Les décors sont outrageusement vides et l'on finit par soupçonner que ceux de l'université et la maison d'Eric sont les mêmes. Déprimant ! Par contre, ce qui pourra au pire, ou au mieux, faire sourire le public français, ce sont les doublages improbables dont ''bénéficie'' Les Envahisseurs de l'Espace. À croire qu'ils furent obtenus au rabais, le pire étant celui qui double le héros, hurlant chaque fois qu'il ouvre la bouche. D'une manière générale, aucun des interprètes ne convainc. Tous plus mauvais les uns que les autres, le film étant de surcroît accompagné d'une bande-son indigeste, Les Envahisseurs de l'Espace n'a rien pour lui. Que des défauts et pas une once de qualité. Si mauvais qu'il en devient presque gênant. Ce qui n'aura en tout cas pas empêché Rick Sloane de faire une carrière de cinéaste et le tâcheron de Marcus Vaughter d'apparaître encore dans une toute petite poignée de longs-métrages. A fuir !!!

vendredi 13 décembre 2019

Lucky Day de Roger Avary (2019) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Marrant comme certains ont cette habitude de comparer l’œuvre du cinéaste Roger Avary à celle de Quentin Tarantino ou plus rarement, celle de Roberto Rodriguez comme si le français s'était abreuvé de leur courte expérience pour signer son premier long-métrage. Il est cependant bon de rappeler qu'entre son démentiel Killing Zoé, le Reservoir Dogs de l'américain et le El Mariachi du mexicain, un an seulement s'est écoulé. Le français n'est donc pas le petit frère de cinéastes outre-atlantiques mais bien le jumeau de ceux auxquels certains le comparent. Après avoir signé une poignée de longs-métrages en vingt-cinq ans de carrière et après avoir pris la porte de sortie d'une prison où il fut enfermé durant huit mois pour avoir causé la mort d'un ami à bord d'une voiture alors qu'il était en état d'ivresse, Roger Avary réapparaît sur grand écran avec son nouveau bébé. Une œuvre dont le synopsis résonne comme la suite tardive de son tout premier (et cultissime) long-métrage sorti en 1992. Le réalisateur français revenait donc en septembre dernier avec Lucky Day dont le script rappelle follement le récit des aventures d'une poignée de braqueurs ayant échoué dans leur projet de vider les coffres d'une banque parisienne. Cependant, Lucky Day s'apparente à une fausse suite puisqu'on n''y retrouve aucun des personnages et des interprètes de Killing Zoé...

Une fois terminée la projection du dernier film de Roger Avary, on comprend mieux pourquoi certains critiques la comparent au cinéma de Quentin Tarantino ou de Roberto Rodriguez. Après onze ans d'absence, le réalisateur et scénariste de Lucky Day n'a rien perdu de son brin de folie. On peut même affirmer qu'il trouve là, le terrain parfait pour y exprimer tout son amour pour l'action la plus déjantée. Mais en même temps, d'autres cinéastes comme ceux cités plus haut sont passés par là. Roger Avary n'apparaît donc plus aussi inspiré que par le passé et semble plutôt piocher dans des idées maintes fois utilisées ailleurs. Si Lucky Day n'est pas l'immense déception qu'il aurait pu être, force est de constater qu'en comparaison du jouissif Killing Zoé, le dernier long-métrage de Roger Avary est en perte de vitesse...

Œuvre franco-canadienne où se croisent l'australien Luke Bracey, la bulgaro-canadienne Nina Dobrev, l'hongkongaise Josie Ho, la française Nadia Farès et encore, et SURTOUT, l'américain Crispin Glover Lucky Day est donc un film qui étend son territoire bien au delà du Canada et de la France. Si j'évoquais plus haut l'idée que le dernier long-métrage pouvait à priori être considéré comme une fausse suite au premier film du français, il faut savoir qu'à l'origine, Lucky Day était bel et bien prévu comme telle et devait promettre le retour de Zed et Zoé, deux des principaux personnages de Killing Zoé. Mais le projet ayant pris du retard, Roger Avary donna ensuite naissance à un nouveau script tout en gardant à l'esprit que son nouveau film pourrait être considéré comme une suite alternative, proposant de nouveaux personnages, incarnés par de nouveaux interprètes et ce, dans un nouveau contexte. Le résultat à l'écran ne se fait pas attendre : alors que l'on rêvait d'une œuvre aussi délirante que Killing Zoé, si le déroulement de l'intrigue de Lucky Day est en effet relativement ''dingue'', on n'y retrouve malheureusement pas la folle énergie de son ancêtre. Victime de très grosses et très nombreuses baisses de régime, le dernier long-métrage de Roger Avary s'avère relativement ennuyeux et n'est finalement porté que par la seule présence de l'acteur Crispin Glover, surtout connu pour avoir incarné George McFly dans le film de science-fiction culte de Robert Zemeckis, Retour vers le Futur. Pour le reste, Lucky Day ressemble à un vague plagiat de toute une série de longs-métrages, ce qui explique certains commentaires prônant une certaine affiliation entre le cinéma de Roger Avary et celui de Tarantino et Rodriguez. Humour, action, et gunfights font ici bon ménage mais la mise en scène manque malheureusement de punch !

samedi 10 novembre 2018

Not of this Earth de Jim Wynorski (1988) - ★★★★★☆☆☆☆☆



A lui seul, le titre de ce film signé du réalisateur Jim Wynorski est la promesse d'un grand moment de cinéma. Une immense bulle d'air frais dans un univers étoilé sans oxygène. Le Vampire de l'Espace. Voilà un titre qui a de la classe. Un intitulé qui n'est au fond, pas plus stupide que La Planète des vampires. Alors bien sûr, Wynorski n'a pas l'aura ni l'envergure d'un Mario Bava, mais il aura au moins soutiré de sa carrière d'actrice pornographique la délicieuse Traci Lords. Vous savez, cette gamine qui fit scandale pour avoir tourné son premier X à seulement seize ans et qui depuis s'est tournée vers un cinéma plus... classique grâce notamment à John Waters (par deux fois), Stephen Norrington (Blade), prolongeant sa nouvelle carrière jusque dans les chaumières avec une quinzaine d'apparitions dans divers téléfilms et séries (Les Tommyknockers, Roseanne, Melrose Place, etc...). De son vrai nom Not of this Earth, l’œuvre de Jim Wynorski est d'abord le remake d'un film portant le même nom et réalisé par le cinéaste et producteur Roger Corman qui à l'occasion de cette relecture moderne (faut quand même se transporter jusqu'en 1988) a produit lui-même ce... reboot.

Pariant sur l'hypothétique projet de tourner son film en douze jours, Jim Wynorski y parvient en onze et signe une pelloche sympathique, pas vraiment le genre de long-métrage inoubliable (à part à certains égards), mais très intéressant à découvrir puisqu'il est l'occasion de le mettre en parallèle non pas avec son prédécesseur (ce qui demeure somme toute logique) mais avec le Lifeforce que le cinéaste Tobe Hooper réalisa trois ans auparavant. En effet, dans les deux longs-métrages nous retrouvons ces vampires dont le besoin irrépressible se ressent durant des séquences similaires. Les premiers pompant littéralement l'énergie de leurs victimes humaines tandis que ceux de Jim Wynorski contrôlent par la pensée des proies qui finiront totalement exsangues.

Prévu à l'origine pour être une comédie musicale, Le Vampire de l'Espace est finalement débarrassé de toute chanson ou chorégraphie éventuelles mais conserve son aspect humoristique. Le vampire de Jim Wynorski est dénué de sentiments, n'est affublé d'aucune cape sombre ou de crocs acérés, mais porte des lunettes noires camouflant un regard particulièrement perçant. Son besoin de sang est directement lié à celui de sa planète dont les habitants se meurent. C'est dans l'une des pièces de sa propriété qu'il a fait installer une curieuse machine permettant de communiquer avec son supérieur et d'envoyer des prélèvements de sang humains à des fins d'analyse. Contraint de demander de l'aide à une infirmière afin de recevoir de régulières perfusions de sang (je rappelle que le bonhomme ne porte pas les fameuses canines des vampires), c'est donc à Nadine Story qu'échoue cette fonction. Ô bonheur que de retrouver la délicieuse Traci Lords qui pour une fois dans sa carrière d'actrice incarne un personnage dans un film de facture classique. Pas de séquences hard, ni de gros plans obscènes, juste quelques scènes de nu, dans une salle de bain, ou plus tard lors d'une scène d'amour particulièrement ratée. On aime son air boudeur, même si Traci Lords ne fait à aucun moment preuve d'un quelconque talent d'actrice. Ses fans ne lui en voudront certainement pas.

Le Vampire de l'Espace est un nanar pas vraiment fin, mais assez fun et cumulant les scènes de topless. Les unes derrière les autres, les actrices de second rôles se mettent à nu et arborent des poitrines qu'aurait sans doute aimé tester lui-même le cinéaste mammaire Russ « Vixens » Meyer. Mr. Johnson, le vampire de l'espace en question, est apathiquement (sans doute volontairement) incarné par l'acteur Arthur Robert, quant à Lenny Juliano, il interprète un domestique raide comme un piquet (cette fois-ci, très involontairement). Si le film de Jim Wynorski a bien du mal à tenir la longueur en matière d'humour, d'horreur ou de science-fiction, il arrive parfois qu'il parvienne à nous décrocher quelques sourires. A l'image de cette séquence impromptue durant laquelle une jeune demoiselle à très forte poitrine sonne à la mauvaise porte pour souhaiter l'anniversaire du propriétaire en lieu et place du voisin. Exhibé sous presque toutes ses coutures, la belle Traci Lords y change sans cesse de coiffure. Une véritable pub pour Franck Provost et Jacques Dessange... Ne manquent plus que les rires en arrière-plan à la manière du Prince de Bel Air... Sympathique !

mardi 16 janvier 2018

Mutronics de Screaming Mad George & Steve Wang (1991) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Mutronics, contraction plus que probable de Mutants et Électroniques, fut le second long-métrage en tant que principal réalisateur de Steve Wang et le premier et sans doute dernier de Screaming Mad George, pseudo sous lequel se cache l'originaire d'Osaka en Chine, Joji Tani, qui dès le milieu des années quatre-vingt et ce, jusqu'au début des années 2000 s'est surtout fait connaître pour ses délirants effets-spéciaux dans différents longs-métrages horrifiques. Et c'est bien là, le rapport entre ces deux cinéastes qui pour une fois seulement ont réalisé ensemble ce long-métrage inspiré d'une série de manga écrite et dessinée par Yoshiki Takaya, et éditée en 1985. Une suite signée par Steve Wang seul aux commandes verra la jour en 1994. Si même alors, le spectateur aventureux qui osera se lancer dans les premières aventures de ce héros qui malencontreusement est tombé sur une curieuse machine extraterrestre le transformant en super-héros demeurera ignorant des origines de ce film à petit budget produit par Brian Yuzna, il fera pourtant obligatoirement le lien entre le Guyver et les « metal heroes » japonais de son enfance.
D'une esthétique proche d'un X-OR de glorieuse mémoire, le Guyver est en effet constitué d'une armature métallique le recouvrant des pieds à la tête, cette dernière étant la source de l'unique point faible de son porteur, le jeune Sean Barker (interprété par Jack Armstrong).

Mutronics est un objet filmique presque non identifiable. Science-fiction, kung-fu, action, gore, comédie et délires visuels constituent le ciment d'une œuvre presque inclassable puisque improbable. Science-fiction d'abord, avec cette histoire de boite de pandore construite par une entité extraterrestre dont l'utilisation pourrait, entre les mains de personnes malintentionnés, avoir des répercutions pire que la bombe atomique. Heureusement pour l'humanité, c'est le jeune Sean Barker qui se l'approprie après qu'un scientifique l'ait perdu en cours de route après l'avoir dérobée dans le laboratoire de recherches des établissements Chronos appartenant à un certain Fulton Balcus. Ce dernier, incarné par David Gale (Re-Animator) étant le grand méchant du long-métrage, ses intentions au sujet du Guyver demeurent, elles, relativement sombres. Kung-fu et action, ensuite, car les combats orchestrés entre le Guyver et ses ennemis (sur lesquels nous reviendrons un peu plus loin) sont constitués de scènes de combats à mains (ou à pattes, c'est selon) nues. Les corps sont souvent projetés à des dizaines de mètres de haut et il n'est pas rares de voir les corps se relever même après une chute normalement mortelle. Des Respawn répétés qui laissent alors présager d'une œuvre jamais véritablement sérieuse et, au fond, familiale. Comédie et délires visuels enfin car le spectacle est totalement déjanté. Et même si chez nous, l'humour à l'américaine ne sera pas forcément efficiente, il n'est pas rare que l'on reste quoi devant cette débauche de scènes à humour pompier et absurde.

Les combats n'opposent plus un homme à d'autres de son espèce mais un super-héros à une poignée de créatures originaires de notre humanité mais qui dans l'ombre du laboratoire cité plus haut ont été les victimes innocentes (ou pas) d'un projet fou orchestré par Fulton Balcus. Autre aspect relativement incongru de Mutronics, son casting : Car pour accompagner les délires de Screaming Mad George et de Steve Wang, les cinéastes ont fait appel à des interprètes que l'on jugera, une fois réunis, d'hétérogènes : Mark hamill (surtout connu pour avoir à plusieurs reprises interprété le célèbre rôle de Luke Skywalker dans la mythique saga (du moins pour une partie de la planète) Star Wars, Michael Berryman, célèbre Pluto du shocker réalisé par Wes Craven en 1977, La Colline a des Yeux, et même Jeffrey Combs pour un rôle si court qu'on lui prêterait presque l'apparence d'un caméo.

Malgré ce très intéressant mélange des genres et la diversité des interprètes, Mutronics demeure pourtant malheureusement un film de piètre qualité. Si les effets-spéciaux sont mi-figue, mi-raisin, les décors sont par contre, abominablement laids. Les personnages sont perpétuellement plongés dans une désagréable obscurité et le récit n'est qu'un vague prétexte à montrer des combats pas plus dignes que ceux des plus vieilles séries télévisées japonaises dont feu Antenne2 se fait la porte-parole dans les années quatre-vingt en France. A voir pour le délire et pour la micro-apparition de la scream queen Linnea Quigley (Le Retour des Morts-Vivants), mais juste une fois alors...
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