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vendredi 24 avril 2026

Nature prédatrice (Thrash) de Tommy Wirkola (2026) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Des films d'horreur mettant en scène des populations confrontées à des requins assoiffés de sang, il en existe des dizaines. Des centaines, même. Et parmi eux, d'innombrables navets, séries z et même quelques nanars qui valent leur pesant d'or. Fort heureusement, certains s'en sortent mieux que d'autres. À commencer par Les dents de la mer de Steven Spielberg, que tout le monde connaît, même celles et ceux qui ne l'ont pas encore découvert. Un classique de l'horreur et de l'épouvante qui en la matière continue de servir d'exemple. Moins connus et pourtant tout aussi tendus et efficaces, l'on peut citer Instinct de survie (The Shallows) de Jaume Collet-Serra, The Reef d'Andrew Traucki ou bien Open Water de Chris Kentis. Dernier né, Thrash de Tommy Wirkola est sans doute pour l'instant, l'une des meilleures surprises que la plateforme de streaming Netflix ait eu à nous proposer en ce début d'année 2026 en matière de cinéma d'horreur. Et à proprement parler de film mettant en scène des requins tueurs. Pourtant, si l'on s'en tient strictement au scénario de Tommy Wirkola, il apparaît évident que le réalisateur et scénariste norvégien s'est très largement inspiré d'un autre long-métrage d'horreur qui 2019 mettait cette fois-ci en scène non pas des requins mais des alligators. Réalisé par le français Alexandre Aja auquel l'on devait notamment jusque là le remake de La colline a des yeux de Wes Craven, Haute Tension, Mirrors ou encore le remake de Piranha de Joe Dante, Crawl mettait en scène la jeune Haley Keller (l'actrice britannique Kaya Scodelario) dans une petite ville de Floride aux prises avec un ouragan qui allait provoquer la montée des eaux et ainsi attirer des alligators. Et bien s'agissant de Thrash qui en France est sorti le 10 avril dernier sur Netflix sous le titre Nature prédatrice, c'est un peu et même très franchement la même histoire. Cette fois-ci, le sujet tourne autour de Lisa Fields (la britannique Phoebe Dynevor), jeune femme enceinte et prête à accoucher qui contre les recommandations de sa mère est demeurée dans la petit ville côtière où elle vit seule. Autre héroïne du récit, Dakota (la canado-ougandaise Whitney Peak), jeune femme dont les parents sont décédés et qui elle aussi vit seule dans une grande maison dont elle ne sort pratiquement jamais pour cause d'agoraphobie ! L'acteur américano-béninois Djimon Hounsou campe quant à lui le rôle de Dale Edwards, l'oncle de Dakota et accessoirement biologiste des fonds marins spécialisé dans les requins (comme cela tombe bien)...


Le récit intègre ensuite un adolescent (Stacy Clausen) et ses deux jeunes sœurs, tous les trois vivant avec un couple de tuteurs plus intéressés par l'argent que leur rapporte la garde des trois enfants que par leur bien-être ! Tout comme dans Crawl, le long-métrage de Tommy Wirkola démarre par l'annonce d'un ouragan prévu pour les heures à venir. C'est donc ainsi que Nature prédatrice déroule tout d'abord son intrigue sous la forme d'un film catastrophe qui n'a absolument rien à envier aux productions évoluant exclusivement autour de ce concept, qu'il s'agisse de l'interaction des personnages avec les éléments qui ici vont se déchaîner, ou des conséquences directement liées à la nouvelle configuration que prendra la petite ville une fois l'ouragan ayant détruit les digues retenant les eaux de l'océan Atlantique... Bénéficiant d'excellents effets-spéciaux, le cinéaste s'en donne à cœur-joie et les séquences mettant en scène la vague qui sur son chemin détruit et emporte tout ce qu'elle peut avec elle demeurent très réalistes. Puis vient ensuite le sujet central du récit. La survie des personnages dans un milieu hostile. Une petite ville noyée sous des eaux qui abritent des requins-bouledogues mais aussi, un grand requin blanc... Là encore l'on a droit à quelques scènes d'attaques plutôt convaincantes. Nanties en outre de quelques effets gore efficaces mais qui malheureusement ne durent souvent que le temps d'un clignement d’œil. Doté d'une belle photographie signée Matthew Weston, surtout lorsque le soleil se couche pour laisser place à l'obscurité, d'un rythme échevelé, d'une interprétation très persuasive mais de caractérisations qui n'ont parfois aucune utilité (quel peut avoir notamment comme intérêt le fait de savoir que l'oncle de Lisa est biologiste des fonds marins?), Nature prédatrice est une excellente surprise que l'on ne réservera pas uniquement aux amateurs de films d'horreur ou de films catastrophe mais à toutes celles et ceux qui voudraient passer un moment vraiment fun !

 

mercredi 12 janvier 2022

The Trip de Tommy Wirkola (2021) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Mis à disposition des abonnés de canal+ et disponible au prix de 9.99€ sur le service VOD, The Trip du réalisateur norvégien Tommy Wirkola est ce que l'on pourrait communément appeler de put%#@ de film ! Rares sont en réalité les occasions de prendre un tel pied devant un long-métrage alors, pourquoi s'en priver ? Si le pitch confirme d'emblée que l'on peut remiser ses neurones à la cave durant les cent-quatorze minutes que dure le film, il n'y a absolument pas de honte à avouer que le plaisir régressif est ici parvenu à son comble. Rare aura également été un titre évoquant de si près le contenu d'une œuvre. Car oui, The Trip, quelle que soit sa traduction ou sa signification première est bien de ces aventures totalement jouissives qui ne laissent aucun instant de répit s'installer et s'avère dénué du moindre ventre mou. Sur un scénario co-écrit par le réalisateur et les scénaristes Nick Ball et John Niven, on imagine sans mal le plaisir qu'ont dû prendre l'équipe technique et les interprètes durant le tournage de cette petite bombe mêlant sans complexes comédie, thriller et gore. Si le concept n'est pas neuf et laisse craindre une certaine redite, que l'hypothétique public à venir (en clair, ceux qui ne se sont pas encore rués dessus) ne se formalise surtout pas de la minceur du synopsis puisque l'intérêt du long-métrage est évidemment ailleurs. Dans l'incarnation de ces cinq interprètes (auxquels l'on ajoutera en fin de parcours le père de l'un d'eux en la personne de l'acteur norvégien Nils Ole Oftebro) qui nous offrent un spectacle grand-guignolesque comme on espère toujours en découvrir ne fut-ce qu'en de rares occasion chaque année. Au départ, le film jouit d'un intérêt certain au vu de ses origines scandinaves. On sait qu'en Norvège, au Danemark ou en Suède, l'assurance de passer un agréable moment de cinéma en compagnie de personnages plongés dans une intrigue où l'humour est souvent noir est déterminée par avance...


The Trip ne déroge donc pas à cette immuable règle et navigue entre tragédie, comédie et thriller. Vu la somme à débourser pour en profiter pleinement, rien n'est ici plus vrai que d'affirmer qu'on en a pour notre argent. Dommage d'ailleurs que le film ne soit pas sorti sur grand écran. L'un de ces mystères insolubles qui font parfois regretter certaines décisions. En vedette du dernier long-métrage de Tommy Wirkola, auteur notamment de Dead Snow en 2009 et de Seven Sisters en 2017, l'actrice suédoise Noomi rapace, ici en blonde comme le veut le rôle qu'à interprété dernièrement son personnage de Lisa. Elle est l'épouse du réalisateur Lars (l'acteur norvégien Aksel Hennie) avec lequel rien ne va plus. L'occasion pour le couple non pas de tenter de se rapprocher lors d'un week-end en amoureux dans le chalet du paternel de Lars, mais plutôt d'y régler définitivement les comptes entre eux. Du moins, jusqu'à ce que trois criminels, trois branquignoles, trois pieds nickelés débarquent à l'improviste (non sans frapper à la porte mais en tombant du plancher menant au grenier où ils étaient planqués jusque là !) pour remettre en questions leurs projets. Trois fugitifs du nom de Petter, Dave et Roy (respectivement interprétés par Atle Antonsen, Christian Rubeck et André Eriksen). La brute, le ''démonte-pneus'' et l'idiot de service. Trois attitudes qui participent du caractère humoristique d'une œuvre qui multipliera les changements de ton à la vitesse de l'éclair. En effet, l'on passe du rire à l'angoisse sans que l'on s'y attende toujours. The Trip qui déjà dans les premiers instants se déroulant dans le chalet promettait monts et merveille en terme d'action et de bagarre monte ensuite d'un cran et même de plusieurs jusqu'au final hautement satirique !


Nos cinq interprètes font le taf nettement au delà de nos espérances. Bien évidemment, le réalisme pionce aux vestiaires tandis que chacun se prend des coups qui en général laisseraient n'importe qui de normalement constitué sur le carreau. Le plaisir de retrouver la charmante Noomi Rapace est demeuré intact. Comme celui de découvrir quatre représentants de la gente masculine plus ou moins ''burnés''. Ce qui nous vaudra nombre d'éclats de rire et de séquences de bastons hautement réjouissantes tandis que l'une d'entre elles au moins, pourra incommoder une partie du public (l'humiliation dont fera les frais Lars). Si donc l'écriture est légère, les moyens alloués par nos personnages en parfaite forme physique remplissent sans problèmes les trous du scénario. Fun, drôle et ponctué de séquences gore, le long-métrage de Tommy Wirkola est bien le trip qu'annonce le titre. Un pur régal... !

 

jeudi 24 janvier 2019

Dead Snow 2: Red vs Dead de Tommy Wirkola (2014) - ★★★★★★★☆☆☆



A la suite de Dead Snow, le cinéaste norvégien Tommy Wirkola traverse l'Atlantique en 2013 pour tourner son premier long-métrage aux États-Unis et en langue anglaise. À travers Hansel et Gretel : Witch Hunters, il imagine la suite des aventures des deux principaux personnages du conte, alors parvenus jusqu'à l'âge adulte. Une idée originale dont le résultat à l'écran sera pourtant copieusement assassinée par la presse (mais un peu moins par le public). Ce sera aussi l'occasion pour le cinéaste de se retrouver face à la broyeuse hollywoodienne. De quoi prendre ses jambes à son cou et repartir vite fait au pays. Soit, la Norvège. Et afin d'y consacrer un second épisode à ses fameux zombies nazis. Toujours aux commandes du scénario aux côtés du fidèle Stig Frode Henrikse et désormais de Vegar Hoel, Tommy Wirkola propose un Dead Snow 2: Red vs Dead bien plus ambitieux, et dont la maîtrise éclate au grand jour alors que sa première incartade dans le domaine se contentait de n'être au final qu'un petit film, drôle, certes, gore, évidemment, mais assez faible en terme d'écriture.

Pour cette séquelle, Tommy Wirkola propose carrément de réécrire l'histoire de Standartenführer (Oberst) Herzog, l'officier du premier Dead Snow, un personnage de fiction dont le cinéaste fait un proche d'Adolf Hitler. Cette fois-ci, il ne s'agit plus pour ce zombie et son armée de mettre la main sur un magot mais de revenir sur un événement ayant eu un rapport avec la défense de la position des navires allemands situés dans les fjords dans le grand nord norvégien en 1942. Le plus gros d'entre eux fut attaqué par l'armée britannique d'après des informations collectées auprès d'espions norvégiens. Humilié, Hitler ordonna à Herzog de massacrer tous les habitants de Talvik, enfants et femmes compris. Mais interceptés lui et ses hommes, l'officier allemand n'eut pas le temps d’exécuter les ordres de son führer. C'est ainsi donc qu'il est décidé désormais d’honorer sa mission, plus de soixante ans plus tard. Mais face à lui se dresse Martin (toujours incarné par l'acteur Vegar Hoel) auquel a été greffé le bras arraché de Herzog (lui-même se verra greffer celui de Martin!), seul survivant du massacre du premier Dead Snow. Aidé par une équipe de chasseurs de zombies américains, il va se lancer dans le vaste projet de monter une armée de zombies afin d'empêcher l'officier nazi de remonter jusqu'à Talvik pour y tuer tous ses habitants...

Désormais, on change radicalement de décor. Finies les montagnes enneigées. Désormais, le film se tourne dans une petite localité norvégienne et n'oppose plus des soldats nazi zombifiés à une poignée d'étudiants en médecine mais à l'unique survivant du premier film. Plus drôle, plus gore (le cinéaste semble notamment fasciné par les éviscérations puisque de toutes les séquences gore, c'est celle que semblent préférer pratiquer les zombies), et donc plus fun, Dead Snow 2: Red vs Dead est un régal pour qui n'a pas trop envie de prendre le film au sérieux. Orjan Gamst fait également toujours partie du casting dans le rôle de l'officier allemand Herzog. Totalement irrévérencieux, et donc absolument jouissif, Dead Snow 2: Red vs Dead ne prend aucun gant avec le caractère de ses nombreuses victimes puisque personnes âgées, enfants et même handicapés (à deux reprises) passent entre les mains de zombies qui écrasent, déchirent, arrachent têtes et membres. On notera la présence du toujours excellent Kristoffer Joner (Next Door, The Wave) dans le rôle d'un zombie plutôt amical puisqu'à la solde de Martin. Un rôle que l'acteur semble prendre à cœur puisque de tous les personnages endossant le costume déliquescent de zombies, le norvégien est celui qui semble le plus crédible. Bien meilleur que le premier Dead Snow, cette séquelle laisse espérer un troisième long-métrage de qualité. En espérant bien entendu que Tommy Wirkola demeure derrière les commandes. Affaire à suivre, donc...

mercredi 23 janvier 2019

Dead Snow de Tommy Wirkola (2009) - ★★★★★★☆☆☆☆



La recrudescence du zombie durant le courant des années 2000 est telle qu'on les voit partout. A la télévision (The Walking Dead, I Zombie, Z Nation pour les plus connus), dans les jeux vidéos (la saga Resident Evil ne s'est jamais aussi bien portée), et bien entendu au cinéma. En 2009, on avait le choix entre l'américain Bienvenue à Zombieland et le norvégien Dead Snow. Alors que le premier situait son intrigue dans un Hollywood vidé de sa population mais investit par de la viandes plus vraiment fraîche, Dead Snow circonscrit la sienne dans les hauteurs d'une montagne enneigée où viennent s'amuser sept amis étudiants. Alors que Sara, Martin, Roiy, Hanna et les autres font la fête, un type plutôt louche débarque et refroidit l'atmosphère en leur racontant une étrange légende qui veut qu'une force de l'Einsatzgruppe (une unité de police politique militarisées du III Reich) pilla les biens d'un village à la fin de la Seconde Guerre Mondiale avant de tomber dans un traquenard fomenté par les villageois eux-mêmes. Selon la légende, certains des membres de l'Einsatzgruppe purent s'échapper et se réfugièrent dans les montagnes alentours, finissant par mourir de froid.

Plus de soixante ans plus tard, arrivés au terme de ce récit aboutissant par le départ du randonneur après qu'il leur ai conseillé de rester sur leurs gardes, les sept compagnons choisissent de continuer de fêter le début des vacances sans se douter des dangers qui les attendent. La découverte d'une boite renfermant un trésor volé par les allemands réveille alors ces derniers de leur long sommeil hivernal. Leur but : récupérer leur butin et ce, même s'ils doivent laisser derrière eux quelques cadavres...

Outre le décor original qui passe au bout d'une petite demi-heure du blanc manteau hivernal au rouge carmin, l'une des différences fondamentales entre les zombies du réalisateur et scénariste norvégien Tommy Wirkola (qui est également l'auteur du scénario en compagnie de Stig Frode Henriksen) et ceux que l'on a généralement l'habitude de croiser dans ce genre de production, c'est qu'ici, à part leur faciès de vieille momie décatie, rien ne distingue vraiment les zombies-nazis du commun des mortels. Enfin, lorsque j'évoque ce dernier, je veux parler de celui dont la prédisposition au meurtre est clairement démontrée. Car en plus d'arborer fièrement leurs origines, ces soldats dont on peut considérer d’exceptionnelle la qualité des tissus employés à l'époque pour concevoir leurs uniformes (qui sont restés tels quels malgré la brûlure du gel et les soixante années de sommeil), nos chers zombies hitlériens n'ont rien perdu de leur vélocité (ici, c'est certains, il s'agit bien de morts-vivants et non pas d'infectés). Ils utilisent en effet diverses armes blanches et sont même capables de grimper aux arbres, rendant caduque l'espoir désespéré de l'une des héroïnes perchée au sommet de l'un d'eux.

Assez chiant durant les vingt-cinq ou trente premières minutes, le film ressemble tout d'abord à un croisement contre-nature entre Evil dead premier du nom et Vendredi 13 (à peu près n'importe lequel parmi les cinq ou six premiers). Puis, ô miracle, ce qu'attendait l'amateur de gore lui parvient enfin devant l'écran. Même si le ton n'est jamais vraiment sérieux, Dead Snow n'est pas avare en matière d'effets gore. Têtes écrasées, étêtées, plantées d'un couteau. Tripes mises à nu et servant parfois... de cordage, oui, oui ! Ça pisse pas mal même si l'objectif premier des zombie, comme on le verra assez rapidement, n'est pas de se nourrir de viande fraîche mais bien de mettre la main sur le magot involontairement dérobé par l'un des gamins. Dead Snow est sympa, sans plus. Son petit côté « norvégien » n'est pas négligeable même si parfois, ce métal FM qui sied si bien (si mal?) aux amateurs de glisse est assez indigeste. Pour le reste, Dead Snow est un film d'horreur d'une honnête facture. Rien de transcendant non plus. A noter qu'une suite, Dead Snow 2: Red vs Dead, est sortie cinq ans plus tard en 2014 et qu'un troisième volet est prévu pour cette année...

samedi 6 janvier 2018

What Happened to Monday de Tommy Wirkola (2017) - ★★★★★★☆☆☆☆



Le long-métrage What Happened to Monday connu chez nous sous le titre Seven Sisters pourrait se résumer en quelques mots : Curiosité, excitation, déception. Curiosité, car la thématique de la dystopie est un sujet passionnant qui a donné lieu, en de nombreuses occasions, à d'excellentes surprises. Excitation, car la présence décuplée de l'actrice suédoise Noomi Rapace, de surcroît aux côtés de Willem Dafoe et Glenn Close, est une donnée non négligeable. Déception, car davantage que l’œuvre d'anticipation profonde à laquelle le spectateur aurait pu prétendre assister, le film de Tommy Wirkola se mue en un film où l'action domine tous les autres champs d'investigation. Pourtant, tout avait débuté sous les meilleurs augures. Un casting hétéroclite, un sujet, pourtant mainte fois abordé, auquel accède le cinéaste norvégien sous un angle intéressant, et d'époustouflants effets-spéciaux numériques.
De cette œuvre de plus de cent-vingt minutes ne se détacheront finalement que les trente ou quarante premières. Celles durant lesquelles le spectateur découvre l'univers pessimiste dans lequel vit désormais l'humanité en cette année 2073. Le sujet de la surpopulation n'étant pas tout neuf, il fallait absolument élargir le thème de l'enfant unique. C'est la raison pour laquelle, Noomi Rapace ne campe non pas une, ni deux sœurs jumelles dans un monde qui n'accepte qu'un seul enfant par couple, mais sept.

Et sept, cela implique la présence de la suédoise dans la peau d'autant de personnages différents. Plus encore que les différentes apparences auxquelles a dû se plier l'actrice, c'est dans le comportement de ces sept sœurs prénommées chacune d'un jour de la semaine que la véritable performance est mise à jour. Noomi Rapace, en endossant les rôles de Lundi, Mardi, Mercredi, Jeudi, Vendredi, Samedi, et de la dernière à sortir du ventre de leur mère, Dimanche, a dû faire montre de ses talents d'interprète pour qu'à l'écran, le spectateur n'ait pas l'impression d'assister à l'incarnation d'une seule actrice mais bien de sept personnages aux forces, aux faiblesses, aux humeurs et aux sensibilités diverses. Sur ce point, le contrat est parfaitement rempli. Dans le genre, le procédé montrant un interprète unique jouer différents personnages s'entrecroisant à l'écran est une prouesse. La caractérisation des personnages, si elle n'est pas poussée dans ses derniers retranchements, est suffisamment étudiée pour que l'on parvienne à dissocier Noomi Rapace selon qu'elle interprète Lundi, Mardi, ou l'une de leurs cinq sœurs.

Lorsque survient la première et très efficace scène d'action durant laquelle les filles, vivant par elles-mêmes depuis la mort de leur grand-père (excellent Willem Dafoe), on se dit que, oui, pourquoi pas. D'autant plus qu'avec ses deux heures et un scénario qui n'a finalement pas l'air d'avoir envie de se développer au delà de l'idée toute simple de sept sœurs survivant dans un monde qui n'accepte qu'un seul enfant par foyer, le film risque de tout bonnement tourner en rond. Lorsque l'une des sœurs disparaît, on imagine alors le scénario se développer de manière intelligente. Alambiquée. Labyrinthique. Malheureusement, l'intérêt initial de cette œuvre que l'on espérait aussi riche en émotions et en interrogations que les meilleures du genre finit par se laisser aller à une accumulation de facilités. Les incarnations de Noomi Rapace tombent chacune à leur tour sur le champ de bataille. Le tout sous un amoncellement d'invraisemblances qui caractérisent et se généralisent depuis quelques années au cinéma. De menus détails (ouverture de porte par lecture d'iris générant une incohérence scénaristique, le grand méchant interprété par l'excellent Christian Rubeck survivant au souffle apocalyptique d'une explosion) qui montrent bien, pourtant, que le scénario n'est pas infaillible. Ou du moins, que ses auteurs Max Botkin et Kerry Williamson et le réalisateur Tommy Wirkola se sont contentés du minimum et ne se sont pas donné la peine d'approfondir leur sujet.

On a tout de même droit à quelques sympathiques portraits de méchants dont une Glenn Close glaçante, cachée derrière un visage botoxé aussi inexpressif qu'un masque en carton. Au casting également, l'acteur néerlandais d'origine tunisienne Marwan Kenzari, et Pål Sverre Hagen, lequel a notamment joué dans les très bons polars scandinaves Les Enquêtes du département V : Délivrance, et Kraftidioten. De par son sujet, What Happened to Monday aurait pu être une fantastique oeuvre d'anticipation. Il demeure un bon film d'action inscrit dans un univers science-fiction. On retiendra la prouesse de son interprète principale. Pour le reste, le film est un sympathique divertissement mais manquant cruellement de profondeur...
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