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mardi 6 janvier 2026

Kaamelott - Deuxième volet, partie 1 d'Alexandre Astier (2025) - ★★★★★★★☆☆☆


Je n'ai jamais été fan de la série Kaamelott. Ni même ne serait-ce que bon public pour ce genre de spectacle prétendument humoristique dont l'esprit me passe cependant toujours au dessus de la tête ! Après avoir tenté une approche timide de la série qui s'est arrêtée après seulement deux ou trois épisodes et après une première adaptation sur grand écran en 2021 avec KAAMELOTT – Premier volet qui m'avait plongé dans la certitude définitive que l'univers médiéval d'Alexandre Astier n'était vraiment pas fait pour moi, j'ai malgré tout décidé de faire l'effort d'aller voir la suite..... divisée en deux parties et dont la seconde est prévue pour la fin de l'année 2026. INTÉGRISTE ! Toi qui prône l'idée selon laquelle seuls les fans peuvent avoir une vue objective de l'univers Kaamelott. Toi qui ne conçoit pas que le néophyte soit en mesure de le comprendre. Toi qui refuse de lire ou d'entendre tout ce qui pourrait aller à l'encontre de ton propre avis sur le sujet, deux options s'imposent à toi. Soit tu choisis de cesser la lecture avant même d'avoir pu découvrir ce que j'ai pensé de cette seconde partie, soit tu me lis et prends le risque, tel un chevalier de la Table Ronde,  d'affronter la houle d'un tsunami de critiques supposées négatives... Revenons un instant sur KAAMELOTT – Premier volet dans lequel Lancelot régnait par la terreur sur le royaume de Logres. Certains des Chevaliers de la Table Ronde fuyaient tandis que d'autres furent enfermés. Alors que Guenièvre (incarnée à l'écran par Anne Girouard) était la prisonnière de Lancelot (interprété par Thomas Cousseau), la résistance finissait par s'organiser au moment où Arthur faisait était de retour. Ce dernier se saisit à nouveau de l'épée d'Excalibur et un combat s'engagea entre le roi et ce traître de Lancelot. À l'issue duquel Arthur sortit vainqueur, blessé, affaibli, tandis que le Royaume de Kaamelott et la Table Rondes se retrouvaient détruits...


L'action de Kaamelott : Deuxième Volet, partie 1 se situe peu de temps après les événements du premier long-métrage. Alors que les Chevaliers s'apprêtent à se réunir autour d'une Table Ronde reconstruite à partir de différents éléments en bois appartenant à tous types d'objets (tables, chaises, planches, etc...), Le Roi Arthur (Alexandre Astier) refuse de sortir de son lit et d'assumer ses responsabilités. Pire : il choisit de planter l'épée Excalibur dans un nouveau bloc de pierre. Après qu'un incendie soit survenu dans la chambre qu'il partage avec Guenièvre, Arthur décide finalement de se rendre à la convocation de la nouvelle Table Ronde et y parvient au moment même où le sujet des quêtes provoque de houleux échanges. Les anciens estimant qu'ils n'ont plus rien à prouver s'agissant de leur courage et de leur témérité. Si Kaamelott : Deuxième Volet se retrouve partagé en deux parties, c'est sans doute parce que sur la longueur, et si l'on considère par avance que la seconde de ce deuxième volet aura peu ou prou la même durée, l'ensemble risquait de frôler les quatre ou cinq heures. Bref, l'indigestion pour certains spectateurs peu habitués aux cinés-marathons ! Et si cette première partie aligne déjà les cent-quarante minutes, c'est parce qu'Alexandre Astier semble avoir voulu faire ''son Peter Jackson'', époque Le seigneur des anneaux, en proposant une œuvre grandiose des points de vue visuels et scénaristiques...


Si la comparaison risque de donner des boutons aux fans de l’œuvre de l'écrivain britannique J. R. R. Tolkien, Kaamelott : Deuxième Volet, partie 1 souffre en effet de ce parallèle que l'on pourrait faire entre deux visions artistiques ne bénéficiant absolument pas dès le départ des mêmes moyens financiers. Alors que chaque volet de la trilogie réalisée par le néo-zélandais entre 2001 et 2003 revint en moyenne à quatre-vingt quatorze millions de dollars, Kaamelott : Deuxième Volet, partie 1 aura coûté un peu moins de vingt millions d'euros. Soit, presque quatre fois moins. Mais si cela se voit à l'écran, il ne faut surtout pas se sortir de la tête que le projet d'Alexandre Astier, si ambitieux puisse-t-il être, n'est au départ que l'adaptation sur grand écran d'une série télévisée à succès inspirée du Cycle Arthurien et mêlée de plusieurs influences dont l'une des plus essentielles semble être l'humour très britannique de la troupe des Monty Python composée des membres Terry Jones, Terry Gilliam, John Cleese, Graham Chapman, Eric Idle et Michael Palin. Autre source flagrante d'inspiration qui s'entend ici dans ce second volet lors des balbutiements de l'intrigue, Michel Audiard. Certains échanges entre les personnages semblent en effet se référer à ce grand dialoguiste français...


Après que le Roi Arthur ait enfin pris la décision de rejoindre les membres de la nouvelle Table Ronde, le récit de Kaamelott : Deuxième Volet, partie 1 est dispatché en divers aventures. En effet, la suite du script verra certains partir à la conquête du dernier dragon opalescent théoriquement installé sur les terres gelées du Désert des Dragons tandis que d'autres partiront jusqu'en Orcanie afin d'y dénicher la tyrannique Anna de Tintagel (interprétée par la superbe Virginie Ledoyen) et ses trois complices qui font régner la terreur dans leur ''royaume'' et dans les alentours. D'autres quêtes s'ajouteront pour un spectacle relativement attrayant, entre décors enneigés, catacombes et cités dévastées. Au titre de ces dernières l'on citera les Ruines de Ban où vit réfugié Lancelot. Sorte de Gollum qui a perdu de sa superbe et qui tente vainement de prendre contact avec le fantôme de son père. Des séquences qui permettent à l'humour d'Alexandre Astier et de son équipe de s'effacer au profit de quelque menue émotion. La spécificité de Kaamelott : Deuxième Volet, partie 1 semble être d'ailleurs le changement radical de ton. L'univers est ici plus sombre. Plus dur. Et donc moins drôle et ce même si le réalisateur, scénariste et acteur français perpétue ce qui faisait la particularité de sa série... Il y a donc deux manières de concevoir les nouvelles aventures du Roi Arthur et des Chevaliers de la (nouvelle) Table Ronde. Soit l'on hurle à la trahison et par effet boomerang, le film risque fortement de déplaire. Soit l'on voit dans cette nouvelle direction la meilleure idée qu'ait pu avoir Alexandre Astier pour perpétuer et faire avancer son univers et ses personnages. Perso, je suis de cet avis. Kaamelott : Deuxième Volet, partie 1 m'a permis de ''renouer'' avec un univers qui jusque là m'avait laissé totalement indifférent. Désormais, c'est certain, lorsque sortira la seconde partie l'on pourra me voir faire la queue devant le guichet du cinéma qui projettera à Narbonne les prochaines aventures du Roi Arthur, de Lancelot, de Guenièvre ou de Perceval...

mardi 1 octobre 2024

Un p'tit truc en plus d'Artus (2024) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Qui aurait cru qu'un jour celui qui monta sur les planches du Moulin-Rouge dans le dix-huitième arrondissement de la capitale française pour l'émission On n'demande qu'à en rire allait se positionner à la neuvième place du classement des dix plus gros succès du cinéma français ? Juste derrière Le Corniaud de Gérard Oury et pas si loin des Visiteurs de Jean-Marie Poiré qui avec un peu plus de treize millions et demi d'entrées demeure en cinquième position (la première étant toujours détenue par Bienvenue chez lesCh'tis). Si Un p'tit truc en plus n'est pas la première comédie française à avoir abordé le sujet du handicap au cinéma puisqu'en 2018 le réalisateur et scénariste français Vianney Lebasque l'avait déjà entrepris avec l'excellent Chacun pour tous et son équipe de basketteurs déficients mentaux (concept rappelant d'ailleurs étonnamment le tout aussi remarquable film espagnol Champions de Javier Fesser sorti la même année), ce premier film de l'acteur et humoriste Artus en tant que réalisateur et scénariste n'en est pas moins une réussite même s'il sera sans doute conseillé de garder son sang-froid devant l'exceptionnel engouement du public et de la presse spécialisée dont il a bénéficié. S'il est clair qu'Un p'tit truc en plus se démarque de la plupart des comédies français sorties cette année c'est bien évidemment davantage en rapport avec le caractère spécifique de ses interprètes que de la mise en scène et du scénario eux-mêmes. Aidée à l'écriture par Clément Marchand et Milan Mauger, la comédie d'Artus est de fait on ne peut plus classique. Le scénario, relativement simpliste, met en scène un père et son fils braqueurs qui pour échapper à la police à la suite d'un vol effectué dans une bijouterie s'incrustent à la suite d'une méprise au sein d'un groupe de handicapés mentaux en partance pour un gîte dans le Vercors (le principal lieu de tournage se situera à Malleval-en-Vercors).


Se faisant passer pour un handicapé, Paulo, qui devient alors Sylvain (Artus), monte à bord d'un bus affrété tout spécialement, accompagné de son père Lucien dit ''La Fraise'' qui de son côté se fait appeler Orpi et se fait passer pour l'éducateur du jeune homme (Clovis Cornillac, tout simplement excellent). Au beau milieu d'une dizaine de handicapés tous accompagnés par les éducateurs Alice (Alice Belaïdi), Céline (Céline Groussard) et Marc (Marc Riso), le père et son fils vont tenter de se faire oublier et ainsi demeurer au contact de ce groupe aussi fort sympathique que hors-normes... Le problème avec ce genre de concept, c'est que l'on peut très rapidement tomber dans la facilité. Écueil que parvient fort heureusement à éviter Artus qui signe une comédie fort drôle qui pourtant ne se moque jamais de ses personnages. Si d'aventure le spectateur rit, c'est d'ailleurs plutôt devant les ''exploits'' de Paulo/Sylvain que devant cette galerie de portraits inoubliables dont certains se détachent très nettement du lot. L'humour d'Artus est très facilement identifiable ('Au sujet de l'un des handicapés, Paulo/Sylvain rétorque : ''Putain, y'en a un qu'a une Kippa. Il croit en dieu le mec. Il est pas rancunier''). Au pire, s'il nous arrive de rire devant l'attitude des uns et des autres (et il y a de grandes chances pour que cela se produise à de nombreuses reprises), ça n'est jamais par moquerie mais parce que les dialogues et la direction d'acteurs ont tout simplement été conçus ainsi. Après, c'est vrai, le scénario est relativement classique. L'émotion est quasiment absente du récit, ce qui peut paraître inattendu face à ces nombreuses comédies qui n'oublient jamais d'ébranler leur public lors de courts instants. De plus, le scénario élude de manière sans doute trop aisée cette phase que l'on attendait trop sûrement une fois le pot-aux-roses découvert concernant la véritable identité du duo formé par le duo père/fils par Alice et les autres éducateurs. Un p'tit tour au tribunal et tout est dit. Malgré ces quelques faiblesses scénaristiques, Un p'tit truc en plus demeure un sympathique divertissement qui mérite finalement et amplement le succès qu'il connut lors de sa sortie en salle...

 

jeudi 19 septembre 2024

Le larbin de Alexandre Charlot et Franck Magnier (2024) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Au risque d'en prendre plein la gueule, je ne me vois pas faire semblant et dire que Le larbin fut l'une des pires expériences cinématographiques de l'année. Car si tout y a commencé de manière terriblement laborieuse, je dois reconnaître avec toute la sincérité qui me caractérise que j'ai beaucoup aimé. Certains comparent la comédie de l'indécrottable duo de cinéastes Alexandre Charlot et Franck Magnier à The Truman Show de Peter Weir qu'il ne me semble pas avoir encore découvert. Tandis que beaucoup plus modestement, j'avoue que d'emblée, Le larbin semble devoir dégager ce même parfum de fumier qu'exhalaient certaines séquences de la comédie culte de Jean-Marie Poiré situées au temps de Louis VI Le Gros, Les visiteurs. Pourtant, ici, aucun phénomène lié à la sorcellerie permettant un voyage de plusieurs centaines d'années vers un futur, qui en l'occurrence se présentait pour le spectateur du début des années quatre-vingt, comme son propre présent. Laborieuse, donc, cette entrée en matière, avec ce jeune ''CON'' (trouvez meilleure définition de ce fils de... insupportable et je vous promets de changer la terminaison) et fils d'un chef d'entreprise dépassé par les outrances de sa progéniture, laquelle risque de faire perdre à son père sa place de PDG dans la boite qu'il dirige... Profitant des largesses financières de celui-ci, Louis Casteigne (Audran Cattin) passe son temps à faire l'idiot, entouré d'une bande d’énergumènes qui profitent de sa générosité pour foutre le souk partout où ils passent. Mais un jour, Jean-François Casteigne (Kad Merad) décide que cela doit immédiatement s'arrêter. Avec l'aide de son ami Chris Palmer (Clovis Cornillac) dont il finance généreusement les projets de films, l'homme d'affaire décide un soir où Louis est ivre de faire croire à son fils qu'il a atterrit à son réveil, en 1702. Là, il découvre qu'il n'est plus le gosse de riche qui peut se permettre tous les excès mais rien de plus que le valet de pisse du Vicomte de Panserepus (l'acteur Stéphan Wojtowicz)....


En réalité, financé par le père du garçon, Chris Palmer a reconstitué le début du dix-huitième siècle, aidé par des costumières, des décorateurs ainsi que des acteurs et des figurants afin de plonger littéralement Louis trois-cent ans avant son époque. Le choc est rude pour le jeune homme qui perd ainsi tous ses repères et tout le confort qu'il a acquis pour se retrouver désormais parmi les indigents. Il va devoir très rapidement s'adapter tandis qu'en coulisse Chris Palmer dirige sa troupe d'acteurs et de techniciens. Jusque là, l'idée est bonne. Sans Plus. On sait malheureusement déjà que les rires seront rares. N'oublions pas que les deux réalisateurs furent notamment les auteurs de l'affligeant Boule & Bill onze ans auparavant et de l'estimable Les têtes de l'emploi en 2016. Première déception : le jeune héros s'accommode relativement vite de sa situation. Le larbin ne prend donc pas le même parti que Les visiteurs qui jouait souvent sur le contraste entre Godefroy de Montmirail et son serviteur Jacquouille la Fripouille face à un monde moderne, technologique, hostile et malodorant. Étrangement, le film parvient à se sortir des contingences habituelles du cinéma humoristiques français de ces dernières années dès l'arrivée de la toujours aussi craquante Isabelle Carré. Un hasard qui ne s'explique pas forcément puisque en dehors d'Audran Cattin qui campe donc le rôle du ''Larbin'', la véritable vedette du film demeure Clovis Cornillac. Lâché ici comme un fauve, il agit tel un cinéaste narcissique dont l'ordre de grandeur ne passe que par trois noms : Orson Welles, Stanley Kubrick, et le sien... Petit à petit, Le larbin s'étoffe. Même s'il aura tout de même fallut patienter près de trois quart-d'heure (le film approche tout de même les cent-dix minutes). Beaucoup d'acteurs et de figurants pour finalement assez peu d'élus. Le spectateur a droit à l'idylle entre Louis et la charmante écuyère Lison (Jade Pedri), des séquences entrecoupées par les interventions survitaminées de Clovis Cornillac et soporifiques d'un Kad Merad en revanche très en retrait. Remake du film russe de Klim Shipenko, Kholop, sorti il il a cinq ans, Le larbin reste une sympathique comédie, classique dans le fond mais originale dans la forme...

 

mercredi 5 octobre 2022

C'est Magnifique de Clovis Cornillac (2022) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

 

J'imagine que je ne suis pas un cas isolé. Que dans l'entourage de n'importe quel fan de cinéma, il est des amis ou de simples connaissances qui ponctuellement lui conseillent de découvrir tel ou tel film. Une conversation qui se termine toujours inlassablement par la même phrase : ''Ça a l'air sympa. Faudrait que je le vois...''. Ou : ''Promis, je me le mets de côté pour le week-end prochain'...'. Mais combien de fois tenons-nous vraiment nos promesses ? Ça n'est évidemment pas de la mauvaise volonté ni de la mauvaise foi mais encore faut-il avoir le temps de jongler entre ceux qui attendent depuis des lustres et ceux que l'on nous recommande. Et puis, il y a ces longs-métrages qui servent à remplir des trous. Ceux que l'on n'a pas spécialement envie de voir mais dont le propos s'agite si bien devant notre nez que l'on finit par se laisser tenter. À première vue, C'est magnifique a tout pour ressembler à un ersatz du Fabuleux destin d'Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet. Cette beauté angélique et surannée des décors (pour celles et ceux qui connaissent, ça ressemble tout d'abord à du Belle et Sebastien revu à la sauce apiculture!) et cette naïveté qui n'existe que dans les contes les plus fantaisistes. Je ne m'en étais pas aperçu à l'époque, en 2017, mais Belle et Sébastien 3 : Le Dernier Chapitre que ma chère et tendre, ma belle-fille Clémentine et moi avions vu sur grand écran par ERREUR (humpf, j'ai quand même des doutes, n'est-ce pas Clem... ?) était déjà l’œuvre de Clovis Cornillac. N'étant pas un fan de l'acteur ni de ce film relativement mièvre, C'est magnifique aurait pu directement passer à la trappe sans passer par la case ''projection'' ! L'interprétation de celui qui s'y offre d'ailleurs le rôle principal est comment dire... Mince, je ne parviens pas à trouver les mots justes... Pitoyable ? Invraisemblable ? Clovis Cornillac y est terriblement et tout simplement... mauvais ! À moins qu'il ne s'agisse de sa propre direction d'acteur qui elle aussi est aux fraises. Ou plutôt, aux hibiscus... dont son personnage, un quarantenaire qui vit auprès de ses parents dans les montagnes, cultive la fleur. Oui mais voilà. Maman et papa Feuillebois décèdent dans un stupide accident (un arbre tombe sur le toit de leur cabane). Héritier d'une somme d'argent importante, Pierre quitte le milieu rural et arrive en ville sans avoir jamais connu autre chose que la montagne et ses parents. Un chèque de quarante-mille euros en poche et un vieil appartement comme acquisition, Pierre a tout à apprendre de la vie. Lui qui découvre en outre qu'il fut adopté. Totalement égaré dans un monde qui lui est tout à fait étranger, il va heureusement pour lui faire la connaissance d'Anna Lorenzi. Une ancienne alcoolique à laquelle a été retirée la garde de sa fille Lize (Manon Lemoine). Une jeune femme prête à tous pour récupérer la garde de la gamine...


C'est magnifique, c'est un peu comme une préparation culinaire que l'on placerait dans un four et qui mettrait presque une heure avant de ressembler à quelque chose de gourmand. Le principal soucis de ce long-métrage que l'acteur/réalisateur a également écrit en compagnie de Lilou Fogli, Tristan Schulmann est le personnage central lui-même. C'est bien simple, on n'y croit pas une seule seconde. Et pourtant, ça n'est pas faute d'avoir essayé de retrouver mon âme d'enfant, mais rien n'y fait. Clovis Cornillac n'est absolument pas crédible dans le rôle de ce quarantenaire à qui il reste encore tout à apprendre ! Oh, des idées, C'est magnifique en fourmille. Et pas que des mauvaises. Mais le fait est que la seule présence de l'acteur dans la peau de cet homme infiniment plus naïf que le plus innocent des hommes grille toutes les cartouches de cette comédie pourtant sincère. C'est alors que le miracle a lieu. Mais encore faut-il avoir le courage de tenir pendant une heure. Soixante minutes ou presque lors desquelles la crédulité du personnage de Pierre Feuillebois ne prend pas. Ce qui sauve le film, et même, le transforme en petit miracle de poésie, c'est la présence à l'image de l'actrice Alice Pol dont on pourrait pourtant s'agacer de la cadence avec laquelle la jeune femme multiplie les rôles au cinéma depuis quelques années. Elle, mais surtout son personnage. Anna Lorenzi, qu'elle interprète parfois avec une déconcertante gravité pour cette actrice habituée aux rôles en général, plutôt légers. C'est magnifique qui jusque là aurait mérité d'être renommé en ''C'est pathétique'' se mue en conte déjà nettement plus maîtrisé. Voilà que dans sa dernière demi-heure, le film mérite enfin de porter son titre (contrairement au Brillantissime de Michèle Laroque qui de la première à la dernière seconde aura su demeurer insignifiant). On est enfin touché en plein cœur par le personnage d'Anna, confrontée aux problèmes administratifs, à certaines autorités (Véronique Kapoyan dans le rôle de Mme Sennac est délicieusement exaspérante), mais aussi, l'on prend conscience de la grande humanité de certains personnages secondaires à l'origine étouffés par le jeu invraisemblable de Clovis Cornillac. On pense notamment à Gilles Privat dans le rôle du travesti Doria. Et d'autres, auxquels l'on n'aimerait certainement pas se frotter (Laurent Bateau dans le rôle de l'immonde commissaire Marc Rocher). Clovis Cornillac offre à la grande actrice Myriam Boyer le rôle de Félicie Fontaine, la mère supposée du héros. Et puis, de manière inattendue, l'univers prend corps et sens et réussi nous enchanter... C'est magnifique, c'est donc une heure à n'y croire pas un seul instant et une dernière demi-heure absolument remarquable. Dans la balance, malheureusement, celle-ci ne fait presque pas le poids et ce qui aurait pu devenir un grand classique de la comédie poétique française est entaché par deux premiers tiers quasiment imbuvables. Quel dommage...

dimanche 25 juillet 2021

Kaamelott – Premier volet d'Alexandre Astier (2021) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

 

La série Kaamelott, c'est un peu comme Game of Thrones, Casa del papel ou Gomorra. À force de m'entendre dire que c'était culte, mortellement drôle et addictif, j'ai surpassé mon appréhension. De celle qui m'a fait abandonner Game of Thrones après seulement les quatre premiers épisodes. De celle qui fait des deux autres séries de vagues idées de projections futures... sans le moindre enthousiasme ni pourtant la moindre envie d'y perdre du temps. J'ai donc opté pour quelques épisodes avant de rapidement déchanter. Non pas que je sois réfractaire à l'univers d'Alexandre Astier puisque j'ai littéralement bu ses paroles durant son excellente Exoconférence même si je n'y ai pas tout compris et ait notamment apprécié Astérix : Le Domaine des dieux qu'il a co-réalisé en compagnie de Louis Clichy. C'est juste que Kaamelott, ça n'est pas fait pour moi. Il peut y avoir plusieurs hypothèses concernant le rejet dont peut faire preuve une partie d'un public qui, concernant cette série, m'a toujours semblé infinitésimale. Jamais réfractaire à l'humour français malgré des dizaines de déceptions, il fallait pourtant que je sois stupide, atteint d'insolation ou de sénilité pour que j'accepte de m'enfermer dans une salle de cinéma tandis qu'au dehors il faisait si beau. Pourquoi ? Pour suer des gouttes grosses comme le pouce, affublé d'un masque s'effilochant, mes lèvres goûtant alors des fibres aussi peu ragoutantes que les poils de plusieurs culs ! Et étrangers, comme cela va s'en dire. Le pire de tout, je crois, est de se retrouver dans une salle obscure avec autour de soi des dizaines de fans de la première heure. Qui ne sont en réalité pas vraiment venus assister à une version 2.0 cinématographique de leur série culte sur grand écran mais plutôt venus collaborer à une sorte de grand messe... limite sectaire ! Cette première aventure cinématographique d'une future trilogie a beau s'intituler Kaamelott – Premier volet, le novice aura surtout l'impression d'avoir loupé quelques séquences importantes de la série télévisée.


On retrouve fort logiquement les interprètes de la série originale, parmi lesquels Thomas Cousseau, Anne Girouard, Lionnel Astier (le papa d'Alexandre Astier qui joua notamment dans Le vent des moissons et Orages d'étés de Jean Sagols en 1988 et 1989), Joëlle Sevilla, Jean-Christophe Hembert, Franck Pitiot, Jacques Chambon, suivis par un nombre important de guests parmi lesquelles, Clovis Cornillac qui à l'époque de la série avait le vent en poupe sur grand écran, Christian Clavier, qui nous ''offre'' une énième alternative au personnage de Jacquouille des Visiteurs de Jean-Marie Poiré, le toujours excellent Alain Chabat dont le personnage du Duc d'Aquitaine est ici sous-exploité ou encore Guillaume Gallienne qui incarne un Alzagar qui en comparaison de pas mal de personnages demeure encore l'un des plus intéressants. Après deux heures de projection, j'me dis que les moins fans des fans n'ont peut-être pas davantage que moi résisté à l'avalanche de dialogues qu'assène le long-métrage. Encore aurait-il fallut que ceux-ci tiennent la distance car après quelques lignes fort évocatrices (on pense notamment parfois à ceux de l'immense Michel Audiard), le plus difficile est d'être capable de tenir la distance. Et en l'occurrence, ici, la durée. Assommé, épuisé, éreinté par ce perpétuel et très bavard ping-pong de dialogues, à peiné maintenu en éveil par les rarissimes rires du public (un signe qui ne trompe pas sur les qualités humoristiques du long-métrage), le long-métrage d'Alexandre Astier et l'aventure de ses personnages ne m'ont jamais intéressé. S'il fallait comparer Kaamelott – Premier volet à un autre titre du même ''acabit'', ça n'est certes pas du côté des Monty Python qu'on irait fouiller mais plutôt chez Jean-Marie Poiré et le quatrième et hypothétique volet des Visiteurs (les décors et les costumes sont d'ailleurs semblables à ceux dans lesquels sont transportés Jean Reno et Christian Clavier à l'époque de Louis VI dit le Gros) dans lequel le réalisateur nous conterait enfin un récit situé voilà mille ans en arrière et que les sains d'esprits que nous sommes ne sont pas pressés de découvrir... Parole de non-fan. Aux aficionados de se faire, maintenant, leur propre opinion...

vendredi 9 mars 2018

Sélection de 4 films à voir, à revoir... ou à éviter (2).

On commence par du très, très, très lourd. The House That Drips Blood On Alex de l'américain Jared Richard qui semble n'avoir plus rien tourné depuis 2010, année de création de ce court-métrage horrifique. Au générique, la 'star' Tommy Wiseau. L'un des principaux, et reconnaissons-le, en réalité, seul atout de cette œuvre, est qu'elle confirme que l'acteur, producteur, scénariste et acteur auquel James Franco a rendu dernièrement hommage avec son biopic The Disaster Artist ne fut pas victime d'un coup de fatigue lorsqu'il tourna son unique long-métrage devenu depuis, œuvre culte pour amateurs de nanars, The Room. Le film de Jared Richard confirme tout le 'mal'' que l'on pensait de l'égocentrique cinéaste qui allait pondre sept ans plus tôt, l'un des pires films de toute l'histoire du cinéma. Car même dans le cadre d'un court-métrage n'excédant pas le quart-d'heure, Tommy Wiseau est mauvais. Mais mauvais... à un point presque inimaginable, il y campe le rôle d'Alex qui après avoir acheté une demeure, constate qu'il s'y déroule de curieux événements. Oser faire appel au grand Tommy pour le faire jouer dans un film d'horreur dont les cordes sont usées depuis des lustres était un bien grand risque. A moins que, plus malin qu'il ne semblait l'être, Jared Richard avait-t-il peut-être hypothéqué sur l'éventuel aura future qu'allait avoir son narcissique interprète?
Le personnage qu'incarne Tommy Wiseau accepte de signer le contrat d'achat de sa future demeure de son sang devant un promoteur que l'on comparera au Malin. Enfin, presque... désormais acquéreur d'une maison implantée devant une rue sobrement intitulée 'blood' et loin d'avoir la gueule de celle d'Amityville, l'intérieur ne vaut pas tripette non plus. Se servant de l'emménagement d'Alex pour justifier l'économie de moyens concernant la déco de la maison, Jared Richard installe Tommy Wiseau dans une demeure totalement vide, avec juste ce qu'il faut de cartons traînant sur le sol pour rendre crédible la situation dans laquelle se trouve son personnage. La maison qui dégouline de sang sur Alex est tragiquement mauvais. Au moins autant qu'il est drôle. Si vous avez trouvé Tommy Wiseau mauvais dans The Room, alors, c'est que vous n'avez encore jamais vu The House That Drips Blood On Alex. Afin de s'aligner au jeu presque invisible de son acteur principal, l'auteur du court-métrage propose une œuvre vide de tout intérêt, de toute mise en scène et finalement, de toute spéculation en matière de fantastique. The House That Drips Blood On Alex n'a tout simplement aucun autre intérêt que d'être moqué, ridiculisé, diffusé lors de soirées alcoolisées consacrées aux plus grands nanars de l'histoire du cinéma. Bref, c'est du grand Tommy Wiseau !!! 💔💔💔💔💔💔💔💔💔

Maintenant, direction la Roumanie, à deux kilomètres sous la surface de notre planète, là où plusieurs années en arrière, des soldats découvrirent une crypte menant à un labyrinthe avant d'y être ensevelis. De nos jours, une équipe de spéléologues menée par Jack McAllister décident d'explorer les lieux afin d'y découvrir si oui ou non, l'endroit est le théâtre d'un écosystème inconnu. Dire qu'ils vont être satisfaits est un faible mot au regard des créatures qui vivent sous terre. C'est ce que promet The Cave, œuvre américano-germanique réalisée en 2005 par le cinéaste Bruce Hunt et notamment interprété par Cole Hauser, Morris Chestnut, Lena Headey, Daniel Dae Kim et Eddie Cibrian, ce dernier étant plus habitué aux plateaux de séries télévisées que de cinéma (on a pu le découvrir par exemple dans Beverly Hills 90210 ou bien Les Feux de l'Amour entre 1994 et 1996). The Cave (chez nous, La Crypte) démarre comme un mauvais remake de La Forteresse Noire de Michael Mann, puis se poursuit avec aussi peu d'imagination en mauvais remake de Sanctum d'Alister Grierson, et enfin, en mauvais remake de The Descent de Neil Marshall. En bref, The Cave n'est qu'une pâle copie d'un certain nombre de longs-métrages qui lui sont infiniment supérieurs. Le creature-design est particulièrement raté, l'interprétation est convenable, sans plus, la mise en scène, pas vraiment originale, et surtout, la caractérisation des personnages, aux abonnés absents. Et que dire de l'aspect horrifique que l'on s'attend à ressentir devant un tel script et qui n'aura sans doute d'effet que devant le très jeune public ou les mémés de plus quatre-vingt dix ans? The Cave est ennuyeux pour quiconque a déjà vu les films cités plus haut. Inutile et jamais anxiogène. Étant effrayé à l'idée de mourir un jour noyé sous les eaux, je peux vous dire que j'attendais avec une certaine appréhension les passages sous-marins. Teuh, teuh, teuh. Autant plonger le nez dans un verre d'eau, c'est là tout l'effet que procure ce petit film fantastique sans intérêt...💔💔💔💔💔💔

Petit passage vers notre beau pays pour vous parler de Belle et Sébastien 3: le Dernier Chapitre (voilà un titre qui a de la gueule !). Jeune, je prêtais déjà autant d'intérêt au roman et à la série télévisée éponymes de Cécile Aubry qu'au Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry. C'est vous dire si j'avais envie d'aller m'enfermer durant plus d'une heure trente dans une salle obscure pour aller voir les élucubrations d'un gamin et de sa chienne. C'est donc par erreur que ma compagne, ma belle-fille et moi avons posé nos fesses sur les fauteuils du Cinéma des Corbières à Sigean alors que nous nous attendions à voir le dernier bébé de Dany Boon, La Ch'tite Famille. La présence de Tchéky Karyo au générique me rassurant, je cessais de faire cette tête d'enterrement qui s'est dessinée sur mon visage dès que j'ai compris notre erreur. Première (bonne ou mauvaise) surprise, l'acteur Clovis Cornillac est aux commandes du projet. J'apprendrai par la suite qu'il n'en est pas à son premier coup d'essai et qu'il a déjà dans son bagage de réalisateur le film Un peu, beaucoup, aveuglément et plusieurs épisodes de la série Chefs. Quant à Belle et Sébastien 3: le Dernier Chapitre, comment vous dire... ben, à part le jeune public, je ne vois pas quel véritable amateur de cinéma peut aimer ce long-métrage qui ne dégage pas la moindre émotion. On reste assis dans son fauteuil à compter les tâches de graisse et de soda qu'ont laissé d'anciens spectateurs avides de pop-corn et de Coca-Cola sur les fauteuils vides qui nous entourent. L'unique salle de Sigean n'accueille déjà pas grand monde habituellement, le nombre de spectateurs ce soir-là se comptait sur les doigts d'une paire de mains, et de quelques orteils en plus. Si les interprètes font leur job et que le film permet de profiter des sublimes décors du Briançonnais, de plusieurs communes Haute Maurienne Vanoise ainsi que du Jura, nous ne sommes pas venus feuilleter un catalogue de vacances mais bien assister à du cinéma. Sous ses faux airs de Leonardo Dicaprio, Clovis Cornillac interprète un chasseur prétendant être le vrai maître de Belle. Un type odieux qui fera tout pour mettre la main sur la chienne. Sébastien (Félix Bossuet) et son grand-père (Tchéky Karyo) se battront quant à eux pour conserver la garde de Belle (la chienne demeurant la meilleure actrice du film). Joseph (le chasseur en question) est stéréotypé au possible. Tellement que cela en devient ridicule. Vous comprendrez pourquoi si vous allez voir le film tant qu'il demeure à l'affiche. Tchéky Karyo est sous-exploité. Tout juste regrettera-t-on que l'actrice Anne Benoît apparaisse aussi tardivement dans le récit car son personnage de Madeleine offrait des perspectives fort intéressantes. En tout cas, la seule incarnation dont la caractérisation est aboutie. A part cela, Belle et Sébastien 3: le Dernier Chapitre, c'est du vide, rien que du vide. Pas d'émotion, un récit réduit à sa plus simple expression, et des interprètes sous-employés. Demeurent quelques rares moments sympathiques comme le voyage en quatre chevaux en compagnie du maire Urbain (excellent André Penvern)... 💔💔💔💔💔💔

Pour finir, un OFNI. Le seul long-métrage qu'à réalisé jusqu'à maintenant le chanteur Philippe Katerine après un court-métrage intitulé 1 KM à pieds, lui-même inclus dans ce Peau de Cochon aussi intimiste que sur...réaliste. Aussi intriguant que déroutant. Entre le témoignage de son enfance ( 1 KM à pieds remonte le chemin qu'empruntait Philippe Katerine lorsque petit, il se rendait à pieds à l'école) et fiction improvisée, le chanteur, compositeur et donc, cinéaste Philippe Katerine propose une expérience qui sort des sentiers battus. Nostalgie, amateurisme, absence totale de maîtrise de l'objet 'caméra', ultra-réalisme, et sûrement sans s'en être rendu compte, élève indiscipliné du cinéaste américain Harmony Korine. Peau de Cochon est le pendant cinématographique de l’œuvre musicale de son auteur. Ne vous étonnez donc pas si l'ensemble est absurde et paraît tenir avec des bouts de ficelle. Ont participé à ce projet aussi bancal qu'attractif (surtout si l'on apprécie le 'personnage'), les chanteurs Gaëtan Chataigner et Dominique A, la compagne de Philippe, Helena Noguerra, sa propre fille Edie Blanchard , ainsi qu'Anthony Karoui. Peau de Cochon est amusant. Une fois. Pas deux. L'engouement de la presse pour ce long-métrage atypique paraît tout de même exagéré. D'un point de vue technique, le film ne ressemble à rien d'autre qu'à une collection de petits courts-métrages mal filmés, mal interprétés, et pour la plupart, même pas scénarisés. Mais bon, c'est Philippe Katerine. Certains sont donc prêts à lui pardonner tout ce qu'il entreprend même si cela reste indigeste. Le plus drôle, c'est que certains se croient obligés d'invoquer des hypothèses quant à l'existence de cet objet filmique non identifié. J'avoue quand même avoir sourit et même rit en quelques occasions (les sketchs RN137 et 1973-2013) A réserver aux fans exclusifs du chanteur et aux amateurs d'expérimentations cinématographiques... 💔💔💔💔💔

dimanche 12 novembre 2017

Grégoire Moulin contre l'Humanité de Artus de Penguern (2000) - ★★★★★★★☆☆☆



Allez, on respire un grand coup et on se prépare pour les aventures de Grégoire Moulin. Né un vendredi 13, dans la clinique Franz Kafka, là où quelques heures après sa naissance, ses parents se sont entre-tués pour un simple désaccord : Papa voulait faire de son fils un footballeur tandis que maman espérait le voir devenir chirurgien. Depuis, Grégoire n'a pas vraiment été gâté par la vie. Élevé en Bretagne par sa grand-mère et par un oncle alcoolique, il décide un jour de monter à Paris. Seul. Là-bas, il trouve un emploi dans une compagnie d'assurance dont les bureaux donnent juste en face d'un cours de danse. C'est là qu'exerce ses talents la belle Odile Bonheur sous le charme de laquelle Grégoire tombe immédiatement. C'est le coup de foudre. Chaque midi, il déjeune dans le même restaurant qu'Odile, à quelques mètres de sa table, mais n'ose pas l'aborder. Les jours passent. Une semaine, puis deux, et enfin, Grégoire trouve la force de surmonter sa peur. Mais alors qu'il s'approche de la table d'Odile, la jeune femme se lève et part aux toilettes. Grégoire en profite pour lui subtiliser son portefeuille. De retour au travail, il récupère les coordonnées téléphoniques d'Odile dans les affaires qu'il lui a volé et lui passe un coup de fil en lui faisant croire qu'il a trouvé parterre, son portefeuille. Ils conviennent alors d'un rendez-vous en fin de journée afin de lui rendre ses affaires. Mais rien ne va se dérouler comme prévu et Grégoire va vivre la soirée la plus longue et incroyable de son existence...

Grégoire Moulin, c'est l'acteur et réalisateur Artus de Penguern qui à l'occasion de Grégoire Moulin contre l'Humanité réalisait en 2001 son tout premier long-métrage. Plus connu comme acteur que comme cinéaste (sa carrière d'interprète, Artus de Penguern va la démarrer au tout début des années quatre-vingt), il se met donc lui-même en scène dans une comédie fonçant à toute allure. L'affiche elle-même donne une idée assez précise du contenu. Le personnage que crée pour l'occasion Artus de Penguern est la preuve vivante que l'on peut aller très loin par amour. Se mettre dans des situations périlleuses, et braver mille dangers. Mais comme ici, il s'agit ni plus ni moins que d'une comédie, Grégoire Moulin contre l'Humanité est donc l'occasion de rire et de sourire devant une série vertigineuse de situations rocambolesques d'Artus de Penguern lui-même ainsi que de celui de Jérôme L'Hotsky.

Le personnage principal tombe amoureux d'Odile, donc, que la charmante Pascale Arbillot L'Extraterrestre, Espace Détente, Une Pure Affaire, etc...) interprète avec justesse. Un joli professeur de danse classique, un peu gauche et qui n'y voit pas à plus d'un mètre sans ses lunettes. Artus de Penguern dresse une galerie de portraits incroyables partageant pour beaucoup, une même passion : le football. De quoi accentuer tous les stéréotypes qui y sont rattachés car qu'il s'agisse de flics, de voyous ou des supporters concentrés en un amas ds testostérones dans le restaurant où doivent se rejoindre nos deux principaux interprètes, tous révèlent leur côté primaire. Autour de Artus de Penguern et de Pascale Arbillot orbitent les excellents Antoine Duléry (en collègue de travail, supporter de l'équipe de foot parisienne l'O.P), Didier Bénureau en médecin bisexuel traquant Grégoire pendant une bonne partie du film.
Clovis Cornillac en fiancé nerveux quitté par sa petite amie Hélène (Élisabeth Vitali), ou encore le génial Serge Riaboukine en chauffeur de taxi. Minuscule exemples d'une liste de personnages hauts en couleur longue comme le bras. Des flics, des supporters, des garçons-bouchers, un patron de bar (le Penalty), plusieurs collègues de travail, des dizaines de participants à une soirée costumée (où l'on y retrouve un Charles de Gaulle s'en prendre vivement à Adolf Hitler)... enfin, bref, on ne s'ennuie pas un seul instant. C'est con mais, tellement bon. Seize ans auparavant, le cinéaste Martin Scorsese nous proposait son vertigineux et kafkaien After Hours, en 2001, Artus de Penguern nous en proposait une involontaire relecture avec Grégoire Moulin contre l'Humanité. De la belle ouvrage...
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