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mardi 6 janvier 2026

Kaamelott - Deuxième volet, partie 1 d'Alexandre Astier (2025) - ★★★★★★★☆☆☆


Je n'ai jamais été fan de la série Kaamelott. Ni même ne serait-ce que bon public pour ce genre de spectacle prétendument humoristique dont l'esprit me passe cependant toujours au dessus de la tête ! Après avoir tenté une approche timide de la série qui s'est arrêtée après seulement deux ou trois épisodes et après une première adaptation sur grand écran en 2021 avec KAAMELOTT – Premier volet qui m'avait plongé dans la certitude définitive que l'univers médiéval d'Alexandre Astier n'était vraiment pas fait pour moi, j'ai malgré tout décidé de faire l'effort d'aller voir la suite..... divisée en deux parties et dont la seconde est prévue pour la fin de l'année 2026. INTÉGRISTE ! Toi qui prône l'idée selon laquelle seuls les fans peuvent avoir une vue objective de l'univers Kaamelott. Toi qui ne conçoit pas que le néophyte soit en mesure de le comprendre. Toi qui refuse de lire ou d'entendre tout ce qui pourrait aller à l'encontre de ton propre avis sur le sujet, deux options s'imposent à toi. Soit tu choisis de cesser la lecture avant même d'avoir pu découvrir ce que j'ai pensé de cette seconde partie, soit tu me lis et prends le risque, tel un chevalier de la Table Ronde,  d'affronter la houle d'un tsunami de critiques supposées négatives... Revenons un instant sur KAAMELOTT – Premier volet dans lequel Lancelot régnait par la terreur sur le royaume de Logres. Certains des Chevaliers de la Table Ronde fuyaient tandis que d'autres furent enfermés. Alors que Guenièvre (incarnée à l'écran par Anne Girouard) était la prisonnière de Lancelot (interprété par Thomas Cousseau), la résistance finissait par s'organiser au moment où Arthur faisait était de retour. Ce dernier se saisit à nouveau de l'épée d'Excalibur et un combat s'engagea entre le roi et ce traître de Lancelot. À l'issue duquel Arthur sortit vainqueur, blessé, affaibli, tandis que le Royaume de Kaamelott et la Table Rondes se retrouvaient détruits...


L'action de Kaamelott : Deuxième Volet, partie 1 se situe peu de temps après les événements du premier long-métrage. Alors que les Chevaliers s'apprêtent à se réunir autour d'une Table Ronde reconstruite à partir de différents éléments en bois appartenant à tous types d'objets (tables, chaises, planches, etc...), Le Roi Arthur (Alexandre Astier) refuse de sortir de son lit et d'assumer ses responsabilités. Pire : il choisit de planter l'épée Excalibur dans un nouveau bloc de pierre. Après qu'un incendie soit survenu dans la chambre qu'il partage avec Guenièvre, Arthur décide finalement de se rendre à la convocation de la nouvelle Table Ronde et y parvient au moment même où le sujet des quêtes provoque de houleux échanges. Les anciens estimant qu'ils n'ont plus rien à prouver s'agissant de leur courage et de leur témérité. Si Kaamelott : Deuxième Volet se retrouve partagé en deux parties, c'est sans doute parce que sur la longueur, et si l'on considère par avance que la seconde de ce deuxième volet aura peu ou prou la même durée, l'ensemble risquait de frôler les quatre ou cinq heures. Bref, l'indigestion pour certains spectateurs peu habitués aux cinés-marathons ! Et si cette première partie aligne déjà les cent-quarante minutes, c'est parce qu'Alexandre Astier semble avoir voulu faire ''son Peter Jackson'', époque Le seigneur des anneaux, en proposant une œuvre grandiose des points de vue visuels et scénaristiques...


Si la comparaison risque de donner des boutons aux fans de l’œuvre de l'écrivain britannique J. R. R. Tolkien, Kaamelott : Deuxième Volet, partie 1 souffre en effet de ce parallèle que l'on pourrait faire entre deux visions artistiques ne bénéficiant absolument pas dès le départ des mêmes moyens financiers. Alors que chaque volet de la trilogie réalisée par le néo-zélandais entre 2001 et 2003 revint en moyenne à quatre-vingt quatorze millions de dollars, Kaamelott : Deuxième Volet, partie 1 aura coûté un peu moins de vingt millions d'euros. Soit, presque quatre fois moins. Mais si cela se voit à l'écran, il ne faut surtout pas se sortir de la tête que le projet d'Alexandre Astier, si ambitieux puisse-t-il être, n'est au départ que l'adaptation sur grand écran d'une série télévisée à succès inspirée du Cycle Arthurien et mêlée de plusieurs influences dont l'une des plus essentielles semble être l'humour très britannique de la troupe des Monty Python composée des membres Terry Jones, Terry Gilliam, John Cleese, Graham Chapman, Eric Idle et Michael Palin. Autre source flagrante d'inspiration qui s'entend ici dans ce second volet lors des balbutiements de l'intrigue, Michel Audiard. Certains échanges entre les personnages semblent en effet se référer à ce grand dialoguiste français...


Après que le Roi Arthur ait enfin pris la décision de rejoindre les membres de la nouvelle Table Ronde, le récit de Kaamelott : Deuxième Volet, partie 1 est dispatché en divers aventures. En effet, la suite du script verra certains partir à la conquête du dernier dragon opalescent théoriquement installé sur les terres gelées du Désert des Dragons tandis que d'autres partiront jusqu'en Orcanie afin d'y dénicher la tyrannique Anna de Tintagel (interprétée par la superbe Virginie Ledoyen) et ses trois complices qui font régner la terreur dans leur ''royaume'' et dans les alentours. D'autres quêtes s'ajouteront pour un spectacle relativement attrayant, entre décors enneigés, catacombes et cités dévastées. Au titre de ces dernières l'on citera les Ruines de Ban où vit réfugié Lancelot. Sorte de Gollum qui a perdu de sa superbe et qui tente vainement de prendre contact avec le fantôme de son père. Des séquences qui permettent à l'humour d'Alexandre Astier et de son équipe de s'effacer au profit de quelque menue émotion. La spécificité de Kaamelott : Deuxième Volet, partie 1 semble être d'ailleurs le changement radical de ton. L'univers est ici plus sombre. Plus dur. Et donc moins drôle et ce même si le réalisateur, scénariste et acteur français perpétue ce qui faisait la particularité de sa série... Il y a donc deux manières de concevoir les nouvelles aventures du Roi Arthur et des Chevaliers de la (nouvelle) Table Ronde. Soit l'on hurle à la trahison et par effet boomerang, le film risque fortement de déplaire. Soit l'on voit dans cette nouvelle direction la meilleure idée qu'ait pu avoir Alexandre Astier pour perpétuer et faire avancer son univers et ses personnages. Perso, je suis de cet avis. Kaamelott : Deuxième Volet, partie 1 m'a permis de ''renouer'' avec un univers qui jusque là m'avait laissé totalement indifférent. Désormais, c'est certain, lorsque sortira la seconde partie l'on pourra me voir faire la queue devant le guichet du cinéma qui projettera à Narbonne les prochaines aventures du Roi Arthur, de Lancelot, de Guenièvre ou de Perceval...

lundi 25 décembre 2023

Incroyable mais vrai de Quentin Dupieux (2022) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Que peut-il y a voir de pire que d'être dans une salle de cinéma remplie d'adolescents très agités, incapables de se taire durant la projection d'un long-métrage ou passant leur temps à commenter, toutes lumières de leur smartphone déclenchées, les tout derniers articles postés sur les réseaux sociaux ? Être assis à côté d'un type dégageant une forte odeur d’ammoniaque pour avoir oublié le matin même de se laver sous les aisselles ? Qu'un infamant hasard ait justement choisi ce jour là pour vous imposer un siège dont le dossier ne cesse de retomber vers l'arrière ? Ou qu'une pantagruélique septuagénaire ait ce même jour, décidé de venir s'asseoir à côté de vous, les bras chargés de victuailles enfermées dans des sachets dont le bruit deviendra au fil de la projection, aussi invariablement crispant que d'entendre chez soit un voisin faire des trous dans le mur de sa chambre à coups de perceuse ? Ce jour où ma compagne et moi avons décidé de nous dégourdir les jambes jusqu'au CGR de Narbonne, je n'imaginais pas que la plus terrible des séances de cinéma allait m'être imposée. Incroyable mais vrai de Quentin Dupieux venait tout juste de sortir sur les écrans et en bons amateurs du bonhomme, c'est donc frais et dispos que nous avons pris la voiture. Elle, derrière le volant. Moi, à la place du mort. Un peu moins de vingt minutes plus tard, nous arrivions devant la façade du CGR pour constater que comme depuis le début, le milieu et la fin de la pandémie, nous ne serions très certainement pas venus en masse découvrir le nouveau bébé de celui qui se cache également sous le pseudonyme Mr Oizo ! Un cinéma constitué de neuf salles et pourtant, l'écho de nos voix aurait pu se faire entendre de très loin tant l'immense salle d'accueil nous semblait vide. Une toute petite poignée de spectateurs accompagnés de leurs gamins, sans doute venus découvrir le dernier dessin animé à la mode. Quant à nous, c'est avec une joie à peine dissimulée que nous avons découvert une salle rien que pour nous. Un rêve s'accomplissait alors... pour très rapidement se transformer en cauchemar...


Pourquoi ? Tout simplement parce que Quentin Dupieux, allez savoir pourquoi, choisissait alors de tourner son dernier film à l'époque à l'aide d'une caméra vielle d'une quarantaine d'années dont le zoom était cassé ! Bien que ce ''minuscule'' détail n'ait pas affecté l'expérience de ma Douce, la mienne fut pire encore que de découvrir le premier Avatar de James Cameron en 3D dans une image tellement sombre que je m'étais contraint à suivre une bonne partie du récit les lunettes 3D posées entre mes jambes. Mais rien, là, en comparaison avec Incroyable mais vrai dont le titre ne m'avait jamais semblé aussi proche de ce que je vivais personnellement dans cette salle obscure où je ne pouvais même pas raccrocher mon désespoir à celle que je préférais laisser profiter du film. L'auto-focus défaillant de la caméra employée par le réalisateur et scénariste eut pour conséquence la recherche constante d'une mise au point passant du net au flou et du flou au net. Une véritable torture pour la rétine et le cerveau, incapables l'un comme l'autre de laisser faire naturellement les choses et contraints de revoir en permanence comment aborder ce qui se déroulait sous mes yeux. Un comble pour une œuvre qui d'après nous semblait faire partie des plus ambitieuses de leur auteur. À commencer par un casting trois étoiles principalement interprété par Anaïs Demoustier, Léa Drucker ainsi que Benoît Magimel et Alain Chabat. Seconde et antépénultième expérience pour la première, l'unique pour la seconde et le troisième tandis que le dernier, lui, en était déjà à sa troisième participation à une œuvre signée de Quentin Dupieux après Réalité en 2014, Au Poste ! (en voix-off) en 2018 et avant Daaaaaali ! qui devrait très prochainement les réunir ainsi qu'Anaïs Demoustier.


Advienne que pourra en vidéo et lors de ses futurs passages à la télévision mais si Incroyable mais vrai possède effectivement un cachet visuel qui lui est personnel, espérons que d'autres ne revivent pas ce que j'ai ressenti en salle. Concernant le long-métrage lui-même, nous sommes bien chez Quentin Dupieux et son sens de l'absurde. Et même s'il s'est avant cela déjà montré techniquement beaucoup plus ''aventureux'', il aura au moins eu dans le cas présent le mérite de faire une mise à jours avec le concept de voyage et de paradoxe temporels ! C'est pourtant dans un cadre réaliste que le cinéaste installe ses quatre principaux personnages. Le couple formé par Alain et Marie (Alain Chabat et Léa Drucker achètent tout naturellement une demeure de style plutôt moderne (le genre que conçoivent en général pour leurs propres besoins les architectes), laquelle cache un très étonnant secret qui va avoir de très lourdes conséquences sur leur couple. On regretterait presque que le projet ait été mis en scène par Quentin Dupieux dont l'approche minimaliste du septième art empêche le concept d'être traité à la hauteur de son mérite. Ce qui n'enlève évidemment rien aux charmes d'un film qui passe finalement mieux sur un petit écran que sur un (trop) grand. Le principal soucis visuel dû au problème d'auto-focus est ici quasiment réglé et l'inconfort passé laisse la place à une véritable gourmandise due tant au sujet du film que du jeu des interprètes. Léa Drucker/Marie rêve de retrouver l'éclat de sa jeunesse tandis qu'à ses côtés, Alain Chabat/Alain continue de vieillir. Incroyable mais vrai offre également au thème du Portrait de Dorian Gray un petit nettoyage de printemps bienvenu. Et c'est sans compter sur le couple que forment Anaïs Demoustier en cruche un brin nymphomane et Benoît Magimel en nouvel homme ''bio-ionique'' doté d'une verge électronique ayant malgré tout conservé certains travers comme le machisme ! Accompagné d'une bande musicale bucolique cette fois-ci signée d'Andreas E. Beurmann qui réinterprète des airs de Bach, ce qui apparaît comme une stricte fantaisie est en fait beaucoup plus profond. Et si d'apparence Quentin Dupieux semble avoir fait quelques compromis, penser cela serait une erreur. Simplement l'homme et l'artiste ont-il évolué...

 

jeudi 11 mai 2023

Fumer fait tousser de Quentin Dupieux (2022) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Il doit quand même bien se gausser, l'ami Quentin Dupieux, chaque fois qu'il consulte les critiques cinéma qui se montrent dithyrambiques à chacune de ses sorties sur grand écran. N'empêche, il y a chez ce monsieur qui donne également dans la mélodie sous le pseudonyme Mr Oizo, quelque chose qui finit par devenir dérangeant. Voire, agaçant ! Cet étrange sentiment qui donne à penser qu'il se fiche un peu du public qui chaque fois se laisse tenter par son approche nonsensique du septième art. C'était déjà le cas en février 2022 lorsqu'il osait réaliser Incroyable mais vrai en employant une caméra volontairement défaillante (d'ailleurs, merci Quentin pour les atroces maux de tête à la sortie de la projection), gâchant ainsi en partie le potentiel de ce qui s'avérait sans doute être son œuvre la plus ambitieuse en terme d'écriture. Ce fut également confirmé avec Fumer fait tousser qui vit le jour dans les salles obscures neuf mois plus tard en novembre dernier. Accélérant le rythme au point de produire deux œuvres dans la même année (Daaaaaali !et Yannick connaîtront-il le même sort?), Quentin Dupieux signait donc avec son onzième film une œuvre dont les dernières pages du scénario semblent s'être envolées lors d'une forte rafale de vent. En effet, Fumer fait tousser débute sous les meilleurs augures avec cet hommage très appuyé aux séries Super sentai japonaises du style Bioman qui bercèrent nos jeunes années et qui dans le cas présent trouvent une alternative française qui ressemble à vrai dire autant aux séries mythiques des années 70/80 qu'aux parodies produites dans la foulée et notamment le Biouman des Inconnus. Une première phase se terminant dans un bain de sang jouissivement disproportionné ! À scénario improbable, casting improbable. Gilles Lellouche rejoint une équipe constituée de Vincent Lacoste, Anaïs Demoustier (''blondifiée'' à cette occasion), Oulaya Amamra ou encore Jean-Pascal Zadi et son incroyable (mais authentique) ratelier. Des personnages justiciers/super-héros aux noms tout aussi invraisemblables, Benzène, Methanol, Nicotine, Mercure et Ammoniaque pour un récit qui subitement va bifurquer vers une retraite censée ressouder les membres du groupe. Débute alors une succession de sketchs contés devant un feu de camp comme des légions de longs-métrages outre-atlantiques nous l'ont déjà proposé à maintes reprises...
 
 
Si tout démarre de façon plutôt intéressante avec ce récit conté par Gilles Lellouche/Benzène lors duquel deux couples passent le week-end ensemble et découvrent un étrange masque qui va faire dérailler leur séjour, les choses se gâtent malheureusement en route. Comme si, je le répète, Quentin Dupieux avait égaré les dernières pages de son script et s'était contenté de meubler le reste de son dernier long-métrage à l'aide de '' bouts de ficelles'' scénaristiques assez peu convaincants. D'où ce sentiment compréhensible que l'auteur de Rubber, de Réalité ou de Wrong Cops prend les spectateurs pour des imbéciles. Surtout que comme cela est devenu une tendance chez lui, Fumer fait tousser se termine en queue de poisson. À vrai dire, il est surtout visiblement désormais possible que l'on puisse voir autre chose que le délire génial d'un cinéaste français hors-norme. Plutôt un bon gros foutage de gueule auquel l'on accorde sans doute un peu trop d'importance. Car même si Fumer fait tousser est bien dans l'esprit de ce que réalise Quentin Dupieux depuis ses débuts derrière la caméra, son cinéma devient en fait de plus en plus ennuyeux, finissant par ne plus surprendre autant qu'avant. Une certaine lassitude s'installe donc en plein milieu de la projection... au point que l'oeil sdu spectateur pourrait se fermer avant que le générique de fin n'intervienne. Et cela même alors que le film, comme à son habitude, ne dépasse pas les quatre-vingt minutes. Ce qui chez Quentin Dupieux reste tout de même un exploit. Que retiendrons-nous, alors, de ce dernier jet ? Sans doute une Anaïs Demoustier amoureuse d'un rat bavant une infecte bave verte ou un Gilles Lellouche vêtu, comme ses acolytes, d'un costume de super-héros tendance Super sentai. Mais certainement pas le pourtant génial Benoit Poelvoorde, ici, sous-employé (pour ne pas dire inutile)... Bof bof !

 

samedi 9 juillet 2022

Or de lui - Zaï Zaï Zaï Zaï - Incroyable mais vrai

 


 

Alors que nous nous apprêtons à aller découvrir le dernier long-métrage de Quentin Dupieux, petit retour non pas sur la filmographie de celui qui se cache sous le pseudo de Mr Oizo lorsque l'inspiration musicale lui vient mais sur deux étranges et passionnantes alternatives à ce cinéma de l'absurde dont il nous abreuve depuis ses débuts en 2001 avec Nonfilm. Exit donc Quentin Dupieux. Nous accueillons au sein d'un curieux univers parallèle l'acteur Ramzy Bédia auquel le réalisateur français avait d'ailleurs offert l'un des deux principaux rôles de son décalé Steak en 2007. Mais cette fois-ci, c'est sur François Desagnat et Baptiste Lorber qu'il lui aura fallu compter. Le premier n'a cependant pas confié à Ramzy le rôle principal de sa dernière comédie Zaï Zaï Zaï Zaï. Mais découverte conjointement à la mini-série Or de lui dans lequel l'humoriste et acteur tient cette fois-ci la vedette, le rapport qu'entretiennent l'un et l'autre de ces programmes me contraint à les lier au même article. L'auteur de La beuze en 2003, de Le jeu de la vérité en 2014 ou de Le gendre de ma vie quatre ans plus tard semble avoir choisi d'offrir à sa carrière de réalisateur un virage plus absurde que jamais. Et même inédit puisqu'en dehors des Onze commandements, on ne peut pas dire que la filmographie de Vincent Desagnat fut jusque là, incroyablement originale. Alors que l'on frétille d'impatience de découvrir son prochain projet Raoul et les raouliens, Zaï Zaï Zaï Zaï développe un certain nombre d'idées qui font souvent l'unanimité lorsque l'on évoque le futur proche sous une forme dystopique. Dans un univers où n'existe qu'un seul modèle de véhicule et où Fabrice (Jean-Paul Rouve) va se retrouver traqué par la police, les médias et les réseaux sociaux parce qu'il a oublié sa carte de fidélité au moment de payer ses achats en magasin, François Desagnat se fait le critique d'une société qui n'a jamais été aussi moribonde que ces dernières années. Non dénué d'un certain humour Zaï Zaï Zaï Zaï aborde la chose sous un angle qui ne diffère pas vraiment de ce que l'on a pu découvrir jusque là au cinéma. Il décrit un monde aseptisé, dans lequel être acteur comique ou faire preuve d'un certain humour est pratiquement considéré comme une tare. François Desagnat examine notre société à la loupe et décrit avec justesse les dérives qui découlent de tous les supports médiatiques qui jugent non plus les gens sur ce qu'ils sont réellement mais sur leurs apparences. En découle une œuvre cynique, qui bat l'humour à froid, et dans laquelle Ramzy Bédia incarne l'image de l'époux et du père de substitution tandis que Jean-Paul Rouve le fuyard va de rencontres en rencontres.
 
Zaï Zaï Zaï Zaï
est l'adaptation cinématographique non pas d'un roman, mais de la bande dessinée de Fabcaro, l'auteur du roman Le discours qu'a adapté sur grand écran le réalisateur Laurent Tirard... Zaï Zaï Zaï Zaï est donc proche de l'univers de Quentin Dupieux. Et si j'osais, j'affirmerais que François Desagnat a réussi là où pêche parfois le cinéma de Mr Oizo. Lequel a souvent trop tendance à se reposer sur des scénarii originaux plutôt que sur des mises en scène fainéantes. Zaï Zaï Zaï Zaï réussit le pari de réunir Jean-Paul Rouve, Julie Depardieu, Ramzy Bédia, Yolande Moreau ou Julie Gayet dans une comédie certes absurde, mais ô combien visionnaire. Un casting de sympathiques comédiens parmi lesquels nous retrouvons également Marc Riso (dans le rôle du vigile), lequel interprète justement l'un des personnages principaux de la mini-série Or de lui aux côtés de Ramzy Bédia. Ici, tout semble a priori d'un commun assez terne. Des couples qui s'invitent à dîner, une épouse qui trompe son mari, le VRP d'une petite entreprise humilié par ses collègues et puis, un jour.... la découverte de ce ''pouvoir'' incroyable qui transforme Ramzy Bédia/Joseph en poule aux œufs d'or. Car oui, son personnage se met à chier des étrons d'or ! Des lingots en forme de ''caca''. Le début de la fortune ? Plutôt celui des emmerdes: Certes un nouvel ami (Marc Riso) mais d'abord et surtout, une épouse qui va voir ailleurs (Olivia Côte), découche, le trompe avec Stéphane (Christophe Héraut). Et puis, un marchand d'or pas très net (Vincent Solignac) et son rejeton (Jérome Niel, inquiétant dans le rôle de Gino). C'est donc dans un contexte social relativement classique qu'entre en jeu ce phénomène surprenant : Ramzy Bédia la poule aux œufs d'or ! En 1973, le chilien Alessandro Jodorowsky transformait ses excréments en or. Trois ans plus tard, l'allemand Werner Herzog et ses interprètes sous hypnose tentaient de découvrir le secret du maître verrier Mühlbeck récemment décédé, seul détenteur de la formule de fabrication du verre rubis. Cinquante ans après, Ramzy Bédia endosse le costume de l'alchimiste Joseph qui va découvrir les avantages et les inconvénients de produire des étrons en or. Là encore, le pari est réussi de mêler l'absurde à la réalité. D'autant plus que le ton humoristique est parfois contrebalancé par des séquences dramatiques relativement intenses. […] Deux heures plus tard... 
 
De retour du cinéma en proie à une insupportable céphalée, j'ai envie de gueuler un bon coup sur ce cher vieux Quentin Dupieux qui en lançant Léa Drucker dans une quête personnelle de jeunesse eternelle a fait des choix particulièrement audacieux. Voir inadaptés pour le confort des yeux. Ceux du public, contraint de détourner parfois le regard s'il ne veut pas avoir de terribles maux de tête au sortir de la salle. Que l'image soit surannée au point de nous renvoyer en pleines années soixante-dix comme l'évoque notamment l'imagerie des Boards of Canada, je veux bien. Mais de là à user d'un vieil objectif plus vraiment fiable et nous imposer ainsi durant soixante-quinze minutes une image qui ne parvient jamais à faire le focus sur les personnages ou les décors en arrière plan, c'est à un supplice que nous convie le réalisateur. De même, l'on connaît la prédisposition de Quentin Dupieux à nous offrir sans cesse des univers décalés. Et là encore, le succès de l'entreprise tient tout d'abord de son scénario. Mais à l'image, et quelles que soit sa manière d'aborder le sujet, Incroyable mais vrai apparaît comme le plus sage de ses longs-métrages. Ce qui d'une certaine manière, donne également l'impression qu'il est aussi le plus maitrisé. Celui qui offre aussi le sentiment que pour une fois, l'auteur de Rubber ou de Wrong Cops n'a pas confié son projet aux seules mains de ses interprètes. L'engouement des critiques pour Incroyable mais vrai est presque inimaginable tant le dernier film de Quentin Dupieux semble parfois si éloigné de ses délires habituels. Plus sérieux mais néanmoins parcouru d'idées folles, Incroyable mais vrai mixe voyage dans le temps, le roman d'Oscar Wilde Le portrait de Dorian Gray(ici, un simple miroir), quête de jeunesse éternelle ou de masculinité (Benoît Magimel/Gérard en homme/machine hypersexué) et face à tout ça, impose un Alain Chabat terriblement sobre et bienveillant. On sort de la salle avec le regret d'avoir assisté à cet étonnant récit dans un inconfort visuel total, figé devant l'écran à patienter jusqu'à ce que le film nous délivre ses multiples messages. En attendant Fumer fait tousser, le prochain long-métrage de Quentin Dupieux, on confirmera que le meilleur film ''Dupieuesque'' à être sorti en salle cette année n'est pas le sien mais celui de François Desagnat...

 

dimanche 25 juillet 2021

Kaamelott – Premier volet d'Alexandre Astier (2021) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

 

La série Kaamelott, c'est un peu comme Game of Thrones, Casa del papel ou Gomorra. À force de m'entendre dire que c'était culte, mortellement drôle et addictif, j'ai surpassé mon appréhension. De celle qui m'a fait abandonner Game of Thrones après seulement les quatre premiers épisodes. De celle qui fait des deux autres séries de vagues idées de projections futures... sans le moindre enthousiasme ni pourtant la moindre envie d'y perdre du temps. J'ai donc opté pour quelques épisodes avant de rapidement déchanter. Non pas que je sois réfractaire à l'univers d'Alexandre Astier puisque j'ai littéralement bu ses paroles durant son excellente Exoconférence même si je n'y ai pas tout compris et ait notamment apprécié Astérix : Le Domaine des dieux qu'il a co-réalisé en compagnie de Louis Clichy. C'est juste que Kaamelott, ça n'est pas fait pour moi. Il peut y avoir plusieurs hypothèses concernant le rejet dont peut faire preuve une partie d'un public qui, concernant cette série, m'a toujours semblé infinitésimale. Jamais réfractaire à l'humour français malgré des dizaines de déceptions, il fallait pourtant que je sois stupide, atteint d'insolation ou de sénilité pour que j'accepte de m'enfermer dans une salle de cinéma tandis qu'au dehors il faisait si beau. Pourquoi ? Pour suer des gouttes grosses comme le pouce, affublé d'un masque s'effilochant, mes lèvres goûtant alors des fibres aussi peu ragoutantes que les poils de plusieurs culs ! Et étrangers, comme cela va s'en dire. Le pire de tout, je crois, est de se retrouver dans une salle obscure avec autour de soi des dizaines de fans de la première heure. Qui ne sont en réalité pas vraiment venus assister à une version 2.0 cinématographique de leur série culte sur grand écran mais plutôt venus collaborer à une sorte de grand messe... limite sectaire ! Cette première aventure cinématographique d'une future trilogie a beau s'intituler Kaamelott – Premier volet, le novice aura surtout l'impression d'avoir loupé quelques séquences importantes de la série télévisée.


On retrouve fort logiquement les interprètes de la série originale, parmi lesquels Thomas Cousseau, Anne Girouard, Lionnel Astier (le papa d'Alexandre Astier qui joua notamment dans Le vent des moissons et Orages d'étés de Jean Sagols en 1988 et 1989), Joëlle Sevilla, Jean-Christophe Hembert, Franck Pitiot, Jacques Chambon, suivis par un nombre important de guests parmi lesquelles, Clovis Cornillac qui à l'époque de la série avait le vent en poupe sur grand écran, Christian Clavier, qui nous ''offre'' une énième alternative au personnage de Jacquouille des Visiteurs de Jean-Marie Poiré, le toujours excellent Alain Chabat dont le personnage du Duc d'Aquitaine est ici sous-exploité ou encore Guillaume Gallienne qui incarne un Alzagar qui en comparaison de pas mal de personnages demeure encore l'un des plus intéressants. Après deux heures de projection, j'me dis que les moins fans des fans n'ont peut-être pas davantage que moi résisté à l'avalanche de dialogues qu'assène le long-métrage. Encore aurait-il fallut que ceux-ci tiennent la distance car après quelques lignes fort évocatrices (on pense notamment parfois à ceux de l'immense Michel Audiard), le plus difficile est d'être capable de tenir la distance. Et en l'occurrence, ici, la durée. Assommé, épuisé, éreinté par ce perpétuel et très bavard ping-pong de dialogues, à peiné maintenu en éveil par les rarissimes rires du public (un signe qui ne trompe pas sur les qualités humoristiques du long-métrage), le long-métrage d'Alexandre Astier et l'aventure de ses personnages ne m'ont jamais intéressé. S'il fallait comparer Kaamelott – Premier volet à un autre titre du même ''acabit'', ça n'est certes pas du côté des Monty Python qu'on irait fouiller mais plutôt chez Jean-Marie Poiré et le quatrième et hypothétique volet des Visiteurs (les décors et les costumes sont d'ailleurs semblables à ceux dans lesquels sont transportés Jean Reno et Christian Clavier à l'époque de Louis VI dit le Gros) dans lequel le réalisateur nous conterait enfin un récit situé voilà mille ans en arrière et que les sains d'esprits que nous sommes ne sont pas pressés de découvrir... Parole de non-fan. Aux aficionados de se faire, maintenant, leur propre opinion...

mardi 7 avril 2020

#JeSuisLà d'Eric Lartigau (2020) - ★★★★★★★★☆☆



Après avoir véritablement lancé la carrière cinématographique du duo d'humoristes formé autour de Kad Merad et Olvier Baroux avec Mais qui a Tué Pamela Rose en 2003 et Un Ticket pour l'Espace en 2006, après avoir déjà mis en scène Alain Chabat dans l'excellent Prête Moi ta Main la même année, après avoir réalisé le segment Lolita du film à sketches Les Infidèles en 2012 et après avoir connu un grand succès avec La Famille Bélier en 2014 en remportant notamment le César du Meilleur espoir féminin pour Louane Emera, le réalisateur français Eric Lartigau est revenu en février dernier avec son tout dernier long-métrage, #JeSuisLà. Il abandonne cette fois-ci l'humour loufoque de ses débuts ou celui un peu plus lourdingue des Infidèles pour une approche toute en sensibilité et en poésie. En confiant l'interprétation du restaurateur Stéphane à l'un des acteurs français les plus attachants de l'hexagone, son œuvre ne pouvait s'attirer que la sympathie de la critique et des spectateurs. Sur un scénario écrit en collaboration avec Thomas Bidegain (De Rouille et d'Os et Dheepan de Jacques Audiard), il écrit une histoire aux tenants relativement fragiles mais qui tient sur ses fondations grâce à l’expertise d'un professionnel du rire capable de naviguer dans des eaux beaucoup plus modérées.

On parle bien évidemment du réalisateur lui-même, mais aussi d'Alain Chabat qui surprend par sa grande retenue même si son nouveau personnage ne s'éloigne finalement pas tant de celui qu'il interprétait au début de Prête Moi ta Main. Un individu tout en mesure, en discrétion. Sauf qu'aujourd'hui, le Stéphane qu'il incarne a quatorze ans de plus que le Luis Costa qui côtoyait la charmante Charlotte Gainsbourg. Stéphane, lui, semble remettre son existence en question. Divorcé et père de deux fils qui travaillent à ses côtés dans le restaurant familial situé au pays basque, il tient en secret une relation virtuelle avec Soo, une artiste-peintre sud-coréenne qui ne le laisse pas indifférent. Sans prévenir personne de la raison de son voyage, Stéphane annonce un jour qu'il part pour la Corée du Sud. Une fois à bord du vol qui doit l'emmener jusqu'à l'aéroport de Séoul, il envoie un message sur Instagram à la jeune femme. Celle-ci lui annonce qu'elle viendra le chercher à son arrivée. Mais lorsque Stéphane arrive à destination, Soo n'est pas là. L'homme patiente une heure, deux... Puis un jour, un second, puis un troisième. Au bout d'une dizaine de jours, après avoir pris le temps de connaître chaque recoin de l'aéroport, après avoir conversé avec une employée à l'entretien, après avoir aidé dans un restaurant sud-coréen de l'aéroport et surtout, après avoir partagé sur Instagram des centaines de photos avec ceux qui se sont abonnés à son profil, le voilà désormais devenu populaire...


Bien involontairement d'ailleurs puisque le personnage façonné d'abord par écrit par Eric Lartigau et auquel a ensuite donné vie Alain Chabat n'est pas de ces hommes qui cherchent la lumière. Juste une façon de ne pas vieillir, de suivre le train des nouvelles technologies en donnant un grand coup de balai dans son existence (symbolisé par le retrait des trophées de chasse ornant son restaurant et en communiquant grâce à l'outil Instagram). #JeSuisLà expose également la désillusion d'un homme plongé seul en terre étrangère. Dans un pays dont il ne parle pas la langue, mais qui revêt une image de carte postale idyllique qui donne furieusement envie de suivre les pas de son héros. ''Coincé'' dans un aéroport fourmillant de vie, Alain Chabat campe avec une infinie justesse un homme séduit par tout ce qui l'entoure. Accompagné par la magnifique photographie de Laurent Tangy, Alain Chabat erre dans un monde bruyant et coloré, fait de rencontres inattendues. Doona Bae incarne Soo, rencontrée virtuellement, puis en rêve (séquence d'une infinie beauté) et de manière ensuite, beaucoup plus concrète. Eric Lartigau n'en oublie cependant pas d'y inclure une note d'humour à travers le personnage de Suzanne incarné par l'humoriste et actrice Blanche Gardin. Un grand film...

mercredi 3 juillet 2019

Mes Amis de Michel hazanavicius (1998) - ★★★★★★★☆☆☆



Eric Toledano, le producteur d'une sitcom française à succès et son interprète principal, Fred, se réveillent un matin dans le même lit, tout juste séparés par le corps sans vie d'une conquête de passage. Sans vie car la jeune femme, les mains liés aux montant du lit est morte. Apparemment, le jeu auquel se sont adonnés les deux amis et collaborateurs a mal tourné et les voici désormais flanqués d'un cadavre dont ils ne savent quoi faire. Alors que Fred pense déjà aller voir la police, Eric, lui, cherche un moyen de se débarrasser du corps. Mais en attendant, les deux hommes ont des responsabilités qui ne peuvent pas attendre. Tout en essayant de garder leur sang-froid, il retournent ce jour-là au studio où doit se tourner un nouvel épisode de la série Mes amis pour la vie notamment interprétée par Lola, la star féminine de la sitcom, et par Gilda et Marc...

Produit par Dominique Farrugia et Olivier Granier, Mes Amis est de ces comédies françaises qui dispense de faux éclats de rires enregistrés sur bande tandis que le spectateur lui n'aura que de brèves occasions de laisser exprimer sa bonne humeur. Ce qui, soit dit en passant, n'est pas une manière d'annoncer que le film mis en scène et réalisé par le cinéaste Michel Hazanavicius est raté, bien au contraire, mais que les rires y sont plutôt discrets. A dire vrai, si dans un premier temps, cette histoire de cadavre encombrant n'est qu'accessoire, l'auteur d'une poignée de longs-métrages en une vingtaine d'années et du cultissime La Classe Américaine en 1993 aux côtés de Dominique Mézerette se sert de ce prétexte pour plonger sa grosse dizaine d'interprètes dans le monde fermé de la télévision. Ici, et personne ne pourra prétendre le contraire, et surtout pas ceux qui connurent les fastes du sitcom à la française, c'est un hommage plus ou moins appuyé et (ir)respectueux aux sitcoms qui émaillèrent de leur présence le petit écran des années quatre-vingt dix : La première qui vient à l'esprit est forcément Premiers Baisers créée par Jean-François Porry et Bénédicte Laplace et qui entre le 23 décembre 1991 et le 12 mai 1995 connut un succès foudroyant sur la première chaîne française auprès du jeune public (et sans doute auprès des ménagères de moins de cinquante ans!).

Déjà caricaturale en soit, elle est ici parodiée de manière outrancière par un casting composé de Yvan Attal, Serge Hazanavicius (le frère du réalisateur), Karin Viard (qui dans le rôle de Lola joue comme un pied et ne retient pas son texte), Lionel Abelanski (en coordinateur tyrannique), Thibault de Montalembert (dans la peau de l'acteur Marc), Léao Drucker (dans celui de Gilda qui pour garder la ligne, se fait vomir dans les toilettes du studio), Philippe Hérisson (dans le rôle de l'ingénieur du son à l'humour lourd, lourd... très, très lourd), ou encore Zinédine Soualem (dans celui du réalisateur). Un florilège d'interprètes complété par tout un tas de célèbres figurants dont les apparitions à l'écran obligeront parfois les spectateurs à avoir l’œil aiguisé. C'est ainsi donc que l'on pourra voir au détour d'un décor Valérie Benguigui, Gilles Lellouche, Alexandra Lamy (en figurante de la sitcom), Jean-Luc Delarue, Michel Field, Nagui, Arthur, Jean-Pierre Foucault, ou encore les transfuges de Canal+ Alexandre Devoise et Philippe Vecchi...

Même si en comparaison d'autres comédies sorties cette décennie là (Le Dîner de Cons, La Cité de la Peur, Les Trois Frères ou encore Les Visiteurs) Mes Amis ne risquait pas de faire des étincelles, le film de Michel Hazanavicius se révèle pourtant fort agréable à regarder. Sans doute pour les mêmes raisons qui ont poussé le réalisateur-scénariste à se moquer des sitcoms dont son œuvre s'inspire. C'est bête, parfois méchant, souvent gratuit, et lui-même ne se gêne pas pour égratigner le monde de la télévision. Volontairement kitsch, Mes Amis tentent en dernier recours d'instaurer un suspense en reconvoquant le thème qui ouvrait les hostilités : à savoir, comment se débarrasser du corps plus tout à fait frais de la jeune femme enfermée depuis quelques jours dans le coffre de la voiture d'Eric... Même si le sujet est très léger et qu'en matière de dialogue, on a déjà vu nettement mieux, l'ironie des situations et la caricature permanente sauvent le film de l'indifférence. Un film qui semble porter la marque de son producteur, Dominique Farrugia... Un film à voir en double programme avec Sitcom de François Ozon qui, tiens, tiens, sortait lui aussi en cette année 1998...

lundi 20 mai 2019

La Personne aux deux Personnes de Nicolas Charlet et Bruno Lavaine (2008) - ★★★★★★★☆☆☆



Voilà bien une œuvre totalement déconcertante. Chef-d’œuvre absolu de l'absurde ou nanar intersidéral, le public n'a plus qu'à faire son choix... difficile... à assumer si on lui prête des qualités mais un peu trop facile si on l'enterre sans même y avoir réfléchi un seul instant. Réalisé par le duo Nicolas et Bruno (Nicolas Charlet et Bruno Lavaine). Deux cinéastes aux visions atypiques qui n'ont pas choisi de donner dans la comédie classique. Résultat : rejet d'une partie du public et de la presse. Sorti l'année suivant un autre OFNI, Steak de Quentin Dupieux, La Personne aux deux Personnes est un hommage à l'excellente émission culte Message à caractère informatif diffusée sur Canal+ en 1998 et dont le principe était de détourner de vieux films d'entreprise sur un ton humoristique. Et devinez quoi : les auteurs en étaient déjà le duo formé par Nicolas Charlet et Bruno Lavaine. C'est donc dans ce même esprit que les deux hommes revenaient en 2008, soit dix ans tout rond après leur passage à la télévision, avec cette comédie on ne peut plus étonnante puisque ses deux principaux interprètes n'en forment en réalité qu'un seul...

Daniel Auteuil et Alain Chabat se retrouvent effectivement dans le même corps, celui du premier, après que le second, en chanteur démodé, l'ait percuté de plein fouet avec sa voiture. Gilles Gabriel, dont tout le monde a oublié sa fugitive carrière de chanteur bien qu'il produise un album tous les six ans décède des suites de cet accident mais son esprit est projeté dans le corps de Jean-Claude Ranu, insignifiant comptable de la COGIP, entreprise fictive créée à l'origine à l'attention de l'émission Message à caractère informatif à une différence près : les deux réalisateurs n'usent désormais quasiment plus de documents d'archives (en dehors de quelques rares séquences) mais plongent leurs deux héros dans une reconstitution assez fidèle de leur univers morne, individualiste et démodé. Le pauvre Daniel Auteuil qui dans la peau de Jean-Claude Ranu incarne l'un des employés de la COGIP en fait directement les frais : coiffé et vêtu de la manière la plus ringarde qui soit, son personnage évolue dans un univers trop grand pour lui. Comparé à ceux qui travaillent à ses côtés, il paraît effacé, remisé qu'il est dans un local transformé à l'occasion en bureau. L'arrivée de Gilles Gabriel/Alain Chabat est pour lui l'occasion de changer la donne, se rendre indispensable pour l'entreprise au risque d'être ridicule...

Pourtant, on ne sait pour quelle raison, la méthode fonctionne. Et c'est là, en partie, que l’œuvre de Nicolas Charlet et Bruno Lavaine se permet un écart avec la plupart des comédies. Faire bénéficier à leurs personnages d'une aura absolument peu crédible dans un contexte professionnel moribond. La Personne aux deux Personnes est amusant, et même parfois très drôle, mais peut se révéler aussi de temps en temps déprimant. Voire dérangeant, Daniel Auteuil incarnant un individu absolument ringard, Alain Chabat demeurant en outre un chanteur lui aussi obsolète. C'est pourtant ce duo d'une autre époque, totalement largué qui va se battre pour conquérir le cœur d'une Marina Foïs dans la peau d'une supérieure hiérarchique revêche que l'actrice tient d'une manière très particulière. Je le répète, La Personne aux deux Personnes est une œuvre atypique. Bizarre, surprenante, drôle et cafardeuse, tout à fait dans l'esprit des travaux passés de ses auteurs. A voir !

samedi 18 mai 2019

Prête-Moi ta Main d'Eric Lartigau (2006) - ★★★★★★★☆☆☆



Acteur, puis réalisateur, le cinéaste français Eric Lartigau a véritablement débuté sa carrière sur grand écran en 2003 avec le film Mais qui a tué Pamela Rose ?, adaptation de la série humoristique éponyme créée par le duo de comiques Kad et Olivier (Kad Merad et Olivier Baroux). Il a ensuite enchaîné avec Un Ticket pour l'Espace, toujours écrit et interprété par le duo avant de connaître huit ans plus tard le succès avec La Famille Bélier. Mais avant cela, il a dirigé en 2006 Charlotte Gainsbourg (fille de l'immense Serge) et Alain Chabat (ancien membre des Nuls) dans la comédie romantique Prête-Moi ta Main, qui obtient le très intéressant score de plus de trois millions six-cent milles entrées sur grand écran, ce qui en fait un beau succès cette année là. Il faut dire que le duo, entouré d'un casting en or est absolument délicieux.
Alain Chabat incarne Luis Costa, profession : ''Nez''. Un concepteur de parfum donc que la famille exclusivement constituée de femmes aimerait bien voir enfin se marier. Car à quarante-trois ans, cet éternel célibataire se complaît dans sa situation tandis que ses sœurs se chargent de laver son linge et de lui passer tous ses caprices. Mais alors qu'un vent de révolte gronde et que ses sœurs décident de le prendre en charge afin de lui trouver sa future femme, c'est auprès d'Emma, sœur de son ami et collègue Pierre-Yves que Luis va trouver une solution pour se débarrasser des contraintes que lui imposent ses sœurs et sa mère Geneviève (excellente Bernadette Lafont).

Emma, c'est Charlotte Gainsbourg. Célibataire elle aussi. Séparée de son ancien compagnon et logée chez son radin de frère Pierre-Yves (Grégoire Oestermann), elle attend d'obtenir le droit d'adopter le petit Sandro, un tout jeune enfant originaire du Brésil. Elle signe un contrat en compagnie de Luis qui stipule qu'elle accepte de se faire passer pour sa compagne. Le stratagème est simple : Luis la présente à sa famille, doit l'épouser deux mois plus tard, et une fois à la marie, il devra faire sans Emma qui refusera au dernier moment de l'épouser. L'objectif est simple. Contraindre ensuite sa mère et ses sœurs de laisser tomber l'idée de lui trouver sa future épouse. Mais bien entendu, rien ou presque ne va se dérouler comme prévu...

Prête-Moi ta Main est vraiment une très bonne surprise. Au milieu d'un casting irréprochable, Alain Chabat s'amuse comme au temps des Nuls. Affublé d'une perruque, le voilà en parfait sosie de Robert Smith (le chanteur de The Cure) du temps de sa jeunesse, ou bien en adepte du fétichisme et du sadomasochisme en compagnie d'une Charlotte Gainsbourg troublante, douce, mais au caractère également bien trempé. Ces deux là forment un couple à l'écran plein de charme, drôle, mais pas seulement. En effet, le film d' Eric Lartigau sait se faire émouvant comme il faut. Tendre et touchant à certains endroits. Comme lorsqu'Emma éprouve des difficultés à convaincre une certaine Francine Lebrun (Tatiana Goussef) en charge de son dossier d'adoption de signer les papiers l'autorisant à partir récupérer le petit Sandro au Brésil pour le ramener chez elle, en France. Touchants également les rapports entre nos deux héros qui après nous avoir fait subir d'authentiques instants de drôlerie partagent ensuite quelque moments d'intimité révélant leur véritables sentiments. Un bel objet filmique que ce Prête-Moi ta Main...

jeudi 29 mars 2018

Sélection de 3 films à voir, à revoir... ou à éviter (9)

Difficile de définir si Une Pure Formalité, le cinquième long-métrage du cinéaste Italien Giuseppe Tornatore, vaut le détour ou non. Si l'on peut le ranger dans la catégorie des bons ou des mauvais films. Tout laisse à croire que le cinéaste a pensé son film comme une œuvre prenant de la distance avec les classiques du genre. On est loin de la Garde à Vue de Claude Miller. D'abord le cadre. En un lieu qui restera difficile à définir, l'intrigue se déroule dans un édifice doucement, mais sûrement, 'dévoré' par une pluie nocturne incessante. C'est là que l'on retrouve Onoff, un drôle de patronyme pour un Gérard Depardieu victimes de cauchemars récurrents dont il faudra faire la lumière sur leur hypothétique lien avec un meurtre dont il va très vite se retrouver soupçonné. Face à lui, un inspecteur, campé par le réalisateur polonais Roman Polanski. Généralement plus à l'aise derrière la caméra que devant (celle des autres). Si le scénario est l’œuvre du cinéaste ainsi que de l'écrivain français Pascal Quignard, le récit d'Une Pure Formalité aurait tout aussi bien pu sortir de l'imaginaire de celui qui hanta l'esprit des spectateurs avec sa trilogie de l'appartement (Répulsion, Rosemary's Baby, Le Locataire), mais Polanski ne fait finalement qu'y participer en tant qu'interprète. Un rôle étrange. Ambigu. Au moins autant que celui campé par Depardieu.
Le spectateur curieux a tout autant intérêt à découvrir ce long-métrage très étrange que le fan d'action à intérêt à aller voir ailleurs. Giuseppe Tornatore n'étant pas du genre à asséner de grandiloquents retournements de situation, le rythme impulsé est celui d'un songe éveillé où rien ne semble véritablement cohérent. Même cette bâtisse qui tombe en ruine n'a pas vraiment l'air d'avoir une existence concrète. Comme si tout n'était qu'un rêve sordide, aboutissement d'un calvaire qui s'est soldé par la mort d'une femme, c'est au fil de ses cent huit minutes d'un interrogatoire pour le moins étonnant que la clé de l'énigme nous sera offerte. Perdu dans des repères qu'il ne saisit pas, le spectateur suit le cours d'un récit alambiqué, dicté par un cinéaste assez finaud pour que son auditoire ne prenne pas la fuite devant une myriade d'incohérences qui trouvent leur explication en fin de course. Quelques éléments d'apparence surnaturelle participent à l'aura d'une œuvre dont l'intrigue ne tient finalement pas sur grand-chose. Cinéaste de génie, Roman Polanski semble avoir beaucoup de mal à rendre crédible ce personnage de premier fan de l'auteur Oloff. C'est peut-être pourtant ce qui rend son personnage si troublant. Cette hésitante manière d'aborder l'incarnation d'un flic auquel on ne sait réellement à quoi s'attendre. Face à un Gérard Depardieu dont le personnage est aussi trouble que le flic qui le questionne, on a parfois l'impression que les deux hommes sont les deux hémisphères d'une seule et même matière grise. Une Pure Formalité est au final une œuvre peu divertissante tout en demeurant ludique de part son approche inédite. Un long-métrage Italo-français qui sort des sentiers battus. Un film à la mise en scène perfectible, mais qui étonnamment continue longtemps après la projection de résonner dans la tête de ceux qui l'ont vu. Une Pure Formalité est-il pour autant un grand film... ? ❤❤❤❤❤❤💔💔💔💔

On passe maintenant d'un petit poste de police délabré au cabinet d'un psychiatre interprété par l'acteur Daniel Auteuil. Réalisé en 1996, Passage à l'Acte est le treizième long-métrage du cinéaste Francis Girod qui bien avant celui-ci réalisa notamment Le Trio Infernal en 1974, La Banquière en 1980, ou encore Descente aux Enfers en 1986. On y retrouve les actrices Anne Parillaud, Michèle Laroque et Marianne Denicourt, ainsi que l'humoriste Patrick Timsit dans la peau d'un patient dont le psychiatre Antoine Rivière (Auteuil, donc) tentera de percer le mystère : à savoir si, oui ou non, Édouard Berg a, comme il le prétend, tué sa femme avant de faire disparaître le corps et d'organiser le faux départ de la défunte vers le Brésil. Inspiré de l’œuvre de l'écrivain français Jean-Pierre Gattégno, Neutralité malveillante, Passage à l'Acte se veut une étude psychologique de la pathologie d'un individu dont on ne sait pas encore s'il est un assassin ou s'il n'est qu'un mythomane narcissique. Contrairement aux apparences et à la réputation qu'entretient le personnage incarné par Daniel Auteuil, c'est bien, ici, le patient qui mène la danse. Patrick Timsit s'est pour l'occasion rasé le crâne et observe un comportement hautain auprès de son nouvel analyste. L’œuvre de Francis Girod explore en fait assez maladroitement le personnage de Berg, en proie à ce qui semble être un désir de reconnaissance. Alors que les divers éléments du puzzle prennent leur place respective lors d'un final censé éclairer le spectateur sur les tenants et les aboutissants du récit, le résultat est parfois si confus (et non pas complexe) qu'on se demande où veut vraiment en venir le cinéaste.
Si Daniel Auteuil est relativement convaincant dans la peau du psychiatre, Patrick Timsit, lui, eut égard à son talent, se révèle parfois ridicule. La faute en incombant très certainement à une direction d'acteurs navrante. Le sujet, au demeurant passionnant, est ici gâché par une succession d'événements dont le ridicule l'emporte sur la crédibilité. A titre d'exemple, la relation entre deux des patients du docteur Rivière semble à ce point si peu vraisemblable qu'on a un mal fou à se retenir de pouffer de rire. Le style français, certainement... Anne Parillaud joue son éternel numéro de séduction, Michèle Laroque comble naïvement les vides laissés par le scénario bancal écrit par le cinéaste lui-même, aidé en cela par l'agaçant psychanaliste-chroniqueur Gérard Miller et le romancier, scénariste et journaliste Michel Grisolia. Seule parvient à tirer son épingle du jeu la séduisante Marianne Denicourt, ou encore l'acteur Jean-Michel Noirey dans le rôle du commissaire Guérin.
Passage à l'Acte se révèle donc au départ une excellente idée, confrontant deux solides interprètes entourés d'une poignée d'actrices et d'acteurs habituellement convaincants. Si quelques passages génèrent une certaine anxiété (Berg tournant autour des proches du psychiatre), le résultat final est décevant. Loin des promesses de son synopsis alléchant... ❤❤❤❤❤❤💔💔💔💔

Pour finir, on termine avec Le Cousin d'Alain Corneau. Un cinéaste qui s'est souvent illustré dans le polar avec des œuvres fort convaincantes. Police Python 357, La Menace, Le Choix des Armes, ou encore le redoutable Série Noire avec l’irremplaçable Patrick Dewaere. Pour le long-métrage qui nous intéresse ici, Alain Corneau a fait appel à un duo plutôt étonnant puisque Patrick Timsit et Alain Chabat étaient jusque là, surtout connus pour verser dans l'humour et non pas dans le polar comme c'est le cas ici. Le cinéaste fait donc à l'époque le pari risqué de confier le rôle d'un flic à celui auquel il offrit un minuscule rôle de figurant dans Série Noire en 1979 (l'un des Hell's Angels du bar, c'est Alain Chabat), et celui d'un indicateur à celui qui incarnera sous la houlette de ce même réalisateur, l'un des personnages principaux du Prince du Pacifique trois ans plus tard. Alain Corneau traite son sujet sous un angle particulièrement sombre même si la présence de ses deux principaux interprètes désamorce quelque peu certaines situations. Car à l'époque, sans doute davantage qu'aujourd'hui, l'étiquette que portent les deux hommes est difficile à séparer de cette nouvelle approche de leur métier d''acteurs désirant sans doute s'offrir une certaine forme de respectabilité, ou du moins, de reconnaissance en se jetant corps et âme dans un film policier tendu où l'humour n'a pas vraiment droit de cité.
Alain Chabat y incarne donc Gérard Delvaux, flic à la criminelle prenant 'sous son aile' un certain Nounours, incarné, lui, par Patrick Timsit, lequel était indicateur à la solde de Philippe, flic lui aussi et qui, inquiété par la police, s'est suicidé récemment. Balance, Indicateur, ou comme ici, Cousin. Rien ne différencie ici ces patronymes alloués à des criminels de petites envergures travaillant dans l'ombre pour les services de police. Dans leur propre intérêt également puisque en fournissant des informations aux flics, c'est avec impunité qu'ils peuvent continuer à mener leur propre trafic. Le personnage incarné par Patrick Timsit est à ce titre un petit trafiquant de drogue qui profite de son statut de balance pour récupérer dix pour cent du butin que les policiers récupèrent lors des perquisitions menées sur des lieux de trafics indiqués par Nounours. L’œuvre d'Alain Corneau s'attarde sur les liens qui unissent deux hommes qui ont pourtant choisi d'emprunter des chemins différents. Il démontre également que parfois, la frontière entre légalité et criminalité est ténue. Même si le personnage campé par Alain Chabat conserve son intégrité, Le Cousin démontre que certains peuvent se laisser griser par l'argent facile. Autour du duo, le cinéaste intègre un casting solide à la tête duquel on retrouve un Samuel Le Bihan qui aurait sans doute mérité plus encore que le pourtant très bon Alain Chabat, le rôle principal de Gérard Delvaux. Plus naturellement charismatique dans la peau du flic incorruptible, il sert la soupe à un interprète qui heureusement, s'en sort plutôt bien. Comme s'en sort également très largement Patrick Timsit en indic instable et parfois violent, mais dont le charisme a été revu à la baisse (il faut le voir se dandiner lorsqu'il se déplace à vive allure). Outre Le Bihan, Alain Corneau confie deux des principaux rôles féminins aux actrices Marie Trintignant (malheureusement pas assez exploitée dans le rôle du juge Lambert) et à Agnès Jaoui, dans celui de Claudine, l'épouse (timidement) alcoolique de Gérard Delvaux. Au final, Le Cousin est un petit polar sympathique qui demeure pourtant loin, très loin d'égaler le meilleur du genre. Et l'on ne parle pas ici de l'internationale mais simplement des tentatives françaises qui dans le domaine ont, fort heureusement, fait beaucoup de progrès depuis un certain nombre d'années. A voir pour Alain Chabat et Patrick Timsit dans leur premier vrai rôle dramatique... ❤❤❤❤❤❤💔💔💔💔
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