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samedi 7 février 2026

Elle l'Adore de Jeanne Herry (2014) - ★★★★★★★☆☆☆



Premier long-métrage de la réalisatrice française Jeanne Herry (qui n'est autre que la fille de Miou-Miou et Julienc Clerc), offre l'occasion de découvrir un duo formé autour de Sandrine Kiberlain et Laurent Lafitte. Non pas un couple, mais un chanteur populaire et sa plus grande fan. Deux personnages merveilleusement caractérisés. A ce duo, on pourra ajouté celui que forment Pascal Demolon et Olivia Côte. Cette fois-ci, un vrai couple. Flics tous les deux. Lui est capitaine, elle, adjudante. Si Antoine est fidèle, Coline, elle, a le feu au cul. Folle amoureuse de celui qui en plus d'être son compagnon est aussi avec lequel elle forme un duo de policiers, Coline est pourtant incapable de se tenir à carreau et dès que l'occasion se présente, elle trompe Antoine. Ils vont tous les deux se lancer dans une affaire concernant la petite amie de Vincent Lacroix, star de la chanteuse française qui pour sa famille, ses amis, ainsi que pour la police, a mystérieusement disparue. Mais pas pour les spectateurs qui découvrent assez rapidement qu'après une nouvelle crise de jalousie durant laquelle sa compagne meurt accidentellement, la star va tout faire pour se débarrasser du cadavre. Pour cela, il décide de faire appel à sa plus grande fan, Muriel Bayen. Esthéticienne, elle ne loupe jamais un concert. Et même si Vincent ne la connaît pas vraiment, c'est elle qu'il choisit afin de l'aider à se débarrasser du corps. Mais rien ne va se dérouler comme il l'a prévu...

Pour un premier film, la cinéaste Jeanne Herry réalise un thriller efficace, rondement mené, et magistralement incarné par son principal quatuor. La vie rêvée d'une star de la chanson qui va être bouleversée. Et celle de sa plus grande fan également qui voit sous un nouveau jour sa relation avec son idole qui jusque là n'était qu'un fantasme prenant vie lors des concerts et des innombrables documents collectés par la jeune femme dans une chambre entièrement dévouée au chanteur. Une esthéticienne pleine de vie, s'inventant parfois des histoires fausses pour amuser la galerie. Mythomane, Muriel ? Oui, sans doute, un brin. Ce qui lui portera forcément préjudice le moment venu...

Et puis, en parallèle, il y a ce couple qui s'aime et se déchire. Un point de vue assez particulier puisque l'on ne sait jamais vraiment s'il faut rire ou pleurer. Alors, Elle l'Adore, comédie ? Thriller ? Ou les deux ? Je pencherais plutôt pour la deuxième proposition. Peut-être l'humour m'at-il échappé ? Le long-métrage de Jeanne Herry est une proposition intéressante qui évite d'aborder son sujet sous un angle par trop médiatique. La réalisatrice s'attache davantage à démontrer l'ascendance d'une star de la chanson sur sa plus grande fan. Un artiste bien sous tout rapport et dont la vie bascule tout à coup. Un tourbillon qui emportera une Sandrine Kiberlain toujours aussi convaincante et un Laurent Laffite se décomposant au grès d'un récit ingénieux.

Jeanne Herry sème sur la route qu'empruntent ses personnages, de petites graines qui toutes, offrent d'intéressantes situations. En passant d'un couple à l'autre, la réalisatrice tisse un scénario aussi parfaitement pensé que reproduit à l'écran. C'est d'autant plus marquant qu'il s'agit de son premier long-métrage. Sans faire preuve à aucun moment du moindre prosélytisme, Jeanne Herry ne juge jamais ses personnages. L'attitude de Vincent n'est que le fruit de l'immense désarroi qui l'étreint. Du moins pouvons-nous percevoir le personnage ainsi. Formidable, Sandrine Kiberlain a remporté le Valois de la meilleure actrice au Festival du film Francophone d’Angoulême l'année de sa sortie...

mercredi 19 novembre 2025

T'as pas changé de Jérôme Commandeur (2025) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

L'humoriste, acteur, réalisateur et scénariste français Jérôme Commandeur signe avec T'as pas changé son troisième long-métrage neuf ans après Ma famille t'adore déjà et Irréductible en 2022. Reposant sur la nostalgie des années quatre-vingt dix lors desquelles son personnage ainsi que ceux incarnés par la majorité des interprètes sont parfois plongés, cette nouvelle comédie française disponible dans les salles de cinéma depuis le 5 novembre dernier oscille entre passé et présent. Pourtant, lorsque son scénario exécute un retour en arrière d'une trentaine d'années, ce retour dans le passé n'est visuellement pas très significatif. En effet, la plupart de ces séquences se déroulent lors d'une fête organisée par Hervé, alors adolescent, située dans la propriété de ses parents et à laquelle il a convié la plupart de ses camarades de classe. L'on retrouve ainsi auprès de ce jeune et populaire adolescent ses trois meilleurs amis Jordy, Daniel et Maxime. L'action se situant loin dans le passé, les personnages sont alors incarnés par Baptiste Masseline, Kolia Abiteboul, Alexandre Mas et Théo Andres. Dans le présent, ces quatre là sont ensuite remplacés par Laurent Lafitte, Jérôme Commandeur lui-même, Michaël Abiteboul ainsi que par François Damiens. Le premier est un chanteur de charme dont la carrière et le succès repose essentiellement sur une chanson d'amour dont ses groupies sont folles ! Le second est un agent immobilier en pleine crise existentielle depuis que sa femme est installée chez lui avec son amant et sa belle-mère. Quant au quatrième, lui aussi est en proie à des tourments intérieurs. Brillant avocat, Maxime vit mal le fait de prendre de l'âge et accepte difficilement que son épouse Sofia (l'actrice franco-marocaine Zineb Triki), elle aussi avocate, soit reconnue comme meilleure que lui dans cette discipline... Alors qu'ils viennent de perdre le troisième d'entre eux, leur ami Daniel (Michaël Abiteboul) qui formait avec eux un groupe soudé, ils décident d'organiser une fête à l'attention des anciens élèves de leur classe... Cependant, il y a un hic : en effet, parmi ceux-ci se trouvent certains camarades qu'ils moquaient et méprisaient étant adolescents. Et parmi eux, Anne (Vanessa Paradis) qui depuis est devenue une cardiologue pas vraiment heureuse dans la vie depuis que son mari (qui lui aussi est médecin) la trompe avec une femme beaucoup plus jeune qu'elle.


L'on retiendra d'ailleurs notamment la performance d'actrice plutôt drôlatique de celle-ci s'agissant de la séquence lors de laquelle elle est contrainte de chanter, faux comme on l'imagine, alors qu'elle a elle-même mené une carrière de chanteuse dès l'âge de 14 ans lorsqu'elle apparu pour la première à la télévision dans l'émission Champs-Élysées animée à l'époque par Michel Drucker. Autre personnage qui n'aura pas connu le succès escompté lors de ses années d'études, Marion (Delphine Baril). Ayant conservé une certaine rancœur vis à vis du quatuor, elle décide de contrecarrer le projet de Hervé, Jordy et Maxime en invitant le même jour ses anciens camarades de classe. Malgré un sujet qui semble obliquer vers la comédie pour jeunes spectateurs, Jérôme Commandeur développe un récit beaucoup plus profond qu'il n'y paraît. Y transparaît un certain mal-être commun à la plupart des personnages. Le titre jouant avec malice sur cette habitude qu'ont les gens de rassurer ceux qu'ils n'avaient plus revu depuis des années sur leur état physique général mais joue aussi et surtout sur leur comportement. Trahissant ainsi quelque peu cette idée qui veut que l'on ne change jamais vraiment même si, au fil de l'intrigue, l'on constate que les âmes se sont apaisées et que les discordes du passé peuvent très bien se retrouver aux oubliettes. T'as pas changé est également l'occasion de retrouver d'ancienne vedettes de la télévision, du cinéma ou de la chanson. C'est ainsi que Jérôme Commandeur convie à l'image Catherine Allégret et Rufus dans les rôles de Arlette et Roland, les parents de Hervé, Catherine Hiegel dans celui de Jannick, la belle-mère de l'ex-épouse de Jordy et même quelques anciennes ''vedettes'' de la chanson française et anglo-saxonne qui incarnent toutes leur propre personnage. C'est ainsi que l'on retrouve Patricia Kaas, Lââm, Indra ainsi que trois membres de l'ancien Boys-Band Worlds Apart, Nathan Moore, Steve Hart et Cal Cooper... Entre humour, émotion, légèreté et gravité, Jérôme Commandeur signe une comédie fort sympathique, qui ne laissera sans doute pas de souvenirs impérissables mais qui au regard de la production actuelle n'est pas la pire ''chose'' qui ait vue le jour sur grand écran en matière de comédie française...

 

dimanche 22 juin 2025

Un monde Violent de Maxime Caperan (2025) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Avec son affiche dans le plus pur style du cinéaste britannique Ken Loach, Un monde violent entre de plain-pied dans cet exercice du cinéma qui consiste à examiner un fait de société sous l'angle le plus crédible qui soit. Et même si son auteur, le scénariste et réalisateur français Maxime Caperan, ne pousse pas le curseur du vérisme dans ses derniers retranchements, l'on est pourtant beaucoup plus proche du docu-fiction que du blockbuster américain. Quoique le terme de docu-fiction ne se prête en réalité pas vraiment à ce long-métrage, le premier de fiction pour son auteur qui jusque là n'avait tourné que trois courts-métrages ainsi que le documentaire Les enfants de la patrie en collaboration avec Eva Sehet. Dans celui-ci, les deux cinéastes se penchèrent en 2019 sur les tortures qu'infligèrent des militaires français sur le peuple kanak en 1988. On peut donc supposer que Maxime Caperan est un cinéaste engagé et qu'Un monde violent sera une nouvelle fois pour lui, l'occasion d'aborder l'une des thématiques qui lui sont chères. Écrit aux côtés de Thomas Finkielkraut, le scénario repose sur l'histoire de deux frères, Sam et Paul. Deux employés d'une entreprise de vente de matériel divers par correspondance qui n'ont pas l'intention d'y faire de vieux os et qui avec la complicité de leur collègue Suzanne s'apprêtent à braquer l'un des semi-remorques de leur entreprise qui renferme des palettes de iPhone. Après que Sam ait endormi le chauffeur à l'aide d'un gaz, Thomas prend le volant du camion et suit son frère installé à l'avant d'un véhicule utilitaire. En chemin, le chauffeur du camion se réveille. Pris de panique, Thomas le frappe à plusieurs reprises. Une fois isolés, les deux véhicules s'arrêtent et les deux frères s'emparent de la marchandise... Le lendemain, la police est sur le lieu de travail des deux hommes. Si le vol des téléphones est déjà en soit un acte grave, Sam et Thomas apprennent surtout que le chauffeur n'a pas survécu aux coups qu'il a reçu. Très rapidement interrogés par la police, les deux frères se retrouvent plus ou moins soupçonnés. En cause : la récente libération de Thomas de prison après qu'il ait purgé une peine pour coups et blessures...


Ce qui ne devait être qu'une histoire de braquage ne faisant intervenir que des biens matériels se transforme donc en un mélange de drame et de thriller policier qui malgré ce que l'on pouvait en attendre n'est au final qu'un film certes sympathique, mais pas vraiment maîtrisé de bout en bout. Dans le rôle de Suzanne l'on retrouve l'actrice Olivia Côte qui comme à son habitude est impeccable. Seul soucis : l'implication de son personnage va se révéler relativement secondaire. Tout comme celui de celle qui va incarner sa fille à l'écran, l'actrice Bonnie Duvauchelle. Née de l'union des acteurs Nicolas Duvauchelle et Ludivine Sagnier, celle-ci et celle qui joue donc le rôle de sa mère se retrouvent à l'arrière-plan de la relation qui unit les deux frangins. Deux personnages interprétés par le franco-suisse Kacey Mottet-Klein et le français Félix Maritaud. Les deux acteurs incarnent donc deux frères dont le premier a tenté d'aider le second à se réinsérer dans la société en l'imposant dans l'entreprise qui l'emploie. Si Sam s'impose théoriquement comme le plus ''prudent'' des deux garçons, Thomas s'avère quant à lui être un électron libre difficilement gérable ! Véritable descente aux enfers sans possibilité de trouver une issue heureuse, Un monde violent se focalise donc essentiellement autour de ces deux personnages tandis que l'on aurait sans doute préféré que soit étoffé l'aspect social entourant les activités des deux frères ou du couple formé par la mère et la fille Suzanne et Justine, propriétaires d'une ferme dont la mère rêve tout comme les deux frères, de changer de vie. Sans abuser de dialogues inutiles, Maxime Caperan offre à son acteur Kacey Mottet-Klein l'occasion de transmettre par la seule force de son regard toute la culpabilité dans la mort du chauffeur même si c'est bien son frère qui est le seul responsable ! Au final, Un monde violent est une jolie tentative de la part d'un réalisateur qui pour son premier vrai long-métrage de fiction nous raconte les galères de la vie à travers le prisme de deux frères pleins d'idéaux (certes plutôt mal retranscrits à l'écran) et qui en amateurs vont commettre l’irréparable. L'occasion surtout de se remémorer l'extraordinaire Série noire que réalisa Alain Corneau en 1979 et dans lequel l'incroyable Patrick Dewaere devait faire face à toute une série de situations plus désespérées les unes que les autres. Une comparaison fort rude pour Un monde violent qui en comparaison ne fait pourtant (et évidemment) pas le poids...

 

mardi 5 septembre 2023

Antoinette dans les Cévennes de Caroline Vignal (2020) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Antoinette dans les Cévennes, c'est tout d'abord une histoire originale contée par l'écrivain écossais Robert Louis Stevenson dans son ouvrage Voyage avec un âne dans les Cévenneset que la scénariste et réalisatrice française Caroline Vignal (qui réalise ici son deuxième long-métrage vingt ans après Les Autres Filles en 2000) décide de mettre en scène plus de cent-quarante ans après sa première parution en juin 1879. Antoinette dans les Cévennes, c'est ensuite l'actrice Laure Calamy, qui depuis cinq ou six ans se montre de plus en plus présente dans les salles de cinéma avec, pour le moment, pas moins de trois projets de films pour cette seule année 2021. Et si les titres à eux seuls de Être en mouvement d'Eric Gravel, Une femme du monde de Cécile Ducrocq et L'Origine du mal de Sébastien Marnier semblent la promesse d'une continuité dans l'hétéroclite pour cette charmante actrice capable de jouer dans l'incroyable thriller de Dominik Moll Seules les Bêtes tout en persévérant dans la comédie façon Une Belle Équipe de Mohamed Hamidi, ce sera sans doute désormais ne serait-ce pour sa seule présence que les foules se déplaceront vers les salles de cinéma. Du moins, lorsque celles-ci rouvriront grandes leurs portes...


Ceux qui reprochent à la comédie française de se reposer un peu trop souvent sur ses lauriers vont enfin pouvoir se calmer. Voire se taire religieusement devant cette petite comédie dont le terme de légèreté n'est pour une fois pas à prendre au sens péjoratif. Antoinette dans les Cévennes nous conte l'histoire d'Antoinette (Laure Calamy, donc), institutrice folle amoureuse de Vladimir (Benjamin Lavernhe), son amant, lui-même marié à Eléonore (Olivia Côte) et père de l'une de ses élèves. Alors qu'ils avaient prévu de se retrouver régulièrement en cachette lors de la première semaine des grandes vacances, Vladimir annonce à Antoinette que son épouse a bouleversé leur projets : en effet, il a été décidé que la petite famille partirait dans les Cevennes pour une dizaine de jours sur les traces de Robert Louis Stevenson et de son livre Voyage avec un âne dans les Cévennes. Déçue mais pas complètement abattue pour autant, la jeune institutrice décide d'en faire autant et, sans prévenir Vladimir, la voilà qui réserve une chambre dans un gîte dans l'espoir d'y retrouver Vladimir. Le début d'une aventure hors du commun, entre rencontres, amitiés et déceptions...


Aventure hors du commun en effet puisque Antoinette dans les Cévennes peut s'envisager comme une sorte de road movie campagnard, une randonnée cévenol aux paysages aussi majestueux que féeriques. La photographie de Simon Beaufils insiste d'ailleurs sur ce point en rendant toute leur beauté à certains paysages qui se nimbent alors d'une lumière parfois surréaliste. L’œuvre de Caroline Vignal se base essentiellement sur des rencontres mais aussi sur de grandes séquences lors desquelles le scénario est porté aux nues par une Laure Calamy exemplaire. Si l'on a au départ beaucoup de mal à imaginer la teneur de ce qui va suivre, il faut savoir prendre patience et surtout se laisser aller à ce conte pour grands et petits enfants qui transforme parfois son histoire en jeu de piste amoureux illusoire d'où va naître un étrange mais irrésistible rapport entre l'héroïne et son âne prénommé Patrick. Antoinette dans les Cévennes offre donc de bien belles images et même une certaine forme de poésie que l'on ne rencontre en général que dans les contes. Lorsqu'Antoinette se réveille en pleine nature par exemple, un renard, une chouette ainsi que l'âne Patrick attendant sagement auprès d'elle que la jeune femme se réveille. Laure Calamy a parfaitement su incarner son personnage de jeune femme pétillante et amoureuse. Antoinette dans les Cévennes est une œuvre chaleureuse qui en ces temps troublés fait un bien fou...


 

mardi 22 novembre 2022

Pétaouchnock d'Édouard Deluc (2022) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Pas sûr que nous y aurions gagné au change, mais c'est dans l'espoir d'aller découvrir au cinéma CGR de Narbonne Jack Mimoun et les secrets de Val Verde de Malik Bentalha et Ludovic Colbeau-Justin que ma compagne et moi nous sommes retrouvés devant Pétaouchnok d'Édouard Deluc. L'un comme l'autre professant de par leur seul titre d'hypothétiques aventures exotiques, nous nous sommes donc pris en pleine figure ce genre de quiproquos dont nous nous serions bien passés. Du moins, dans les premiers instants et ce générique qui nous a très rapidement fait comprendre que l’œuvre à laquelle nous nous apprêtions à assister n'était pas celle espérée. Exit donc le Val Verde, ce pays imaginaire qui fut notamment évoqué ou fut le théâtre de nombres de longs-métrages d'actions tels que Commando de Mark L. Lester, L'arme fatale de Richard Donner ou encore du génial Predator de John McTiernan. Nous restons donc en France pour un voyage ''au cœur des Pyrénées'', là où deux amis ont décidé d'organiser des randonnées à cheval afin de subvenir à leurs besoins. Ludo (Pio Marmaï) espère surtout récupérer celle qu'il aime. Ou plutôt, CELLES qu'il aime puisque il ne perd pas l'espoir de renouer avec son épouse ainsi que sa fille. Pour cela, une seule méthode : se prendre en main. Après avoir effectué les démarches nécessaires et s'être procuré un car afin de transporter leurs premiers touristes, Ludo et Richard (Philippe Reboot) accueillent ces derniers à la gare et leur proposent un séjour en montagne. Un retour à la nature qui va de très loin dépasser l'espérance de tous. Parmi les touristes, Camille Chamoux dans le rôle de l'actrice Agnès. La chieuse de service. Olivia Côte dans celui de Sophie, la dépressive, accompagnée de Moussa Mansaly dans la peau de son époux Ali et de leur fille. Délia Espinat-Dief et Pablo Pauly campent le couple Valentine/Jonas tandis que Sami Ameziane (également connu sous le nom de scène ''Comte de Bouderbala'') interprète Fred, le père d'un adolescent mal dans sa peau. Sans oublier Emilio Zurano, dans le rôle du cassos de service, Kevin qui, selon ses propres termes, a tué ses parents !


Autant dire que la galerie de portraits qui nous est présentée ici a de quoi alimenter la base du scénario écrit à quatre mains par Édouard Deluc et Nathalie Najem. Mais ça, c'est sur le papier. Car si Pétaouchnok n'est pas la mauvaise comédie à laquelle nous habitue de manière un peu trop récurrente le cinéma français depuis des années, on ne peut pas dire que le film soit savoureusement drôle. En fait, tout l'intérêt du long-métrage repose sur les épaules du duo formé par Pio Marmaï et Philippe Reboot. Le stoïcisme et l'humanisme de l'un et de l'autre ménageant des séquences fort divertissantes même si là encore, le rire n'est que très rarement au rendez-vous. Retrouver le premier est toujours un authentique plaisir de par ses choix de carrière généralement bienvenus tandis que le second continue son petit bonhomme de chemin dans l'incarnation de personnages mêlant fantaisie et marginalisation. Philippe Reboot semble en effet s'être donné comme ligne de conduite de reprendre la relève du Michel Blanc de Viens chez moi j'habite chez une copine de Patrice Leconte en 1981 ou du Denis de Marche à l'ombre que l'ancien membre du Splendid réalisa et interpréta lui-même trois ans plus tard. Avec cette dégaine de semi-clochard aviné plein d'optimisme en sus ! Pétaouchnok, c'est un peu Les randonneurs de Philippe Harel en mode 2.0. Une mise à jour moins burlesque mais tout aussi grinçante et éprise de caricature, avec ses personnalités bigarrées de milieux sociaux apparemment divergeant. Si l'aventure n'est pas aussi rafraîchissante qu'elle paraissait sur le papier, c'est sans doute parce que le réalisateur a choisi de la traiter sur un ton plus proche de la mélancolie que de l'humour. Tous les poncifs rattachés à ce style d'exercice sont bien présents mais à contrario, la grande variété de personnalités empêche le réalisateur de s'intéresser à chacun à part égale. D'où le sentiment d'assister à un spectacle où tous n'ont pas les mêmes chances de pouvoir s'exprimer de manère équivalente. Des situations souvent rapidement évacuées pour ne concentrer l'essentiel que sur les bévues que rencontreront les deux organisateurs et leurs touristes. Quant au spectateur, il profitera moins des paysages que prévu, totalement absorbé dans la contemplation d'une épreuve longue à amorcer et rude à maintenir jusqu'à son terme. Pétaouchnok est donc une sympathique comédie, moins burlesque que la majorité de la concurrence mais en revanche, nettement plus convaincante...

 

samedi 9 juillet 2022

Or de lui - Zaï Zaï Zaï Zaï - Incroyable mais vrai

 


 

Alors que nous nous apprêtons à aller découvrir le dernier long-métrage de Quentin Dupieux, petit retour non pas sur la filmographie de celui qui se cache sous le pseudo de Mr Oizo lorsque l'inspiration musicale lui vient mais sur deux étranges et passionnantes alternatives à ce cinéma de l'absurde dont il nous abreuve depuis ses débuts en 2001 avec Nonfilm. Exit donc Quentin Dupieux. Nous accueillons au sein d'un curieux univers parallèle l'acteur Ramzy Bédia auquel le réalisateur français avait d'ailleurs offert l'un des deux principaux rôles de son décalé Steak en 2007. Mais cette fois-ci, c'est sur François Desagnat et Baptiste Lorber qu'il lui aura fallu compter. Le premier n'a cependant pas confié à Ramzy le rôle principal de sa dernière comédie Zaï Zaï Zaï Zaï. Mais découverte conjointement à la mini-série Or de lui dans lequel l'humoriste et acteur tient cette fois-ci la vedette, le rapport qu'entretiennent l'un et l'autre de ces programmes me contraint à les lier au même article. L'auteur de La beuze en 2003, de Le jeu de la vérité en 2014 ou de Le gendre de ma vie quatre ans plus tard semble avoir choisi d'offrir à sa carrière de réalisateur un virage plus absurde que jamais. Et même inédit puisqu'en dehors des Onze commandements, on ne peut pas dire que la filmographie de Vincent Desagnat fut jusque là, incroyablement originale. Alors que l'on frétille d'impatience de découvrir son prochain projet Raoul et les raouliens, Zaï Zaï Zaï Zaï développe un certain nombre d'idées qui font souvent l'unanimité lorsque l'on évoque le futur proche sous une forme dystopique. Dans un univers où n'existe qu'un seul modèle de véhicule et où Fabrice (Jean-Paul Rouve) va se retrouver traqué par la police, les médias et les réseaux sociaux parce qu'il a oublié sa carte de fidélité au moment de payer ses achats en magasin, François Desagnat se fait le critique d'une société qui n'a jamais été aussi moribonde que ces dernières années. Non dénué d'un certain humour Zaï Zaï Zaï Zaï aborde la chose sous un angle qui ne diffère pas vraiment de ce que l'on a pu découvrir jusque là au cinéma. Il décrit un monde aseptisé, dans lequel être acteur comique ou faire preuve d'un certain humour est pratiquement considéré comme une tare. François Desagnat examine notre société à la loupe et décrit avec justesse les dérives qui découlent de tous les supports médiatiques qui jugent non plus les gens sur ce qu'ils sont réellement mais sur leurs apparences. En découle une œuvre cynique, qui bat l'humour à froid, et dans laquelle Ramzy Bédia incarne l'image de l'époux et du père de substitution tandis que Jean-Paul Rouve le fuyard va de rencontres en rencontres.
 
Zaï Zaï Zaï Zaï
est l'adaptation cinématographique non pas d'un roman, mais de la bande dessinée de Fabcaro, l'auteur du roman Le discours qu'a adapté sur grand écran le réalisateur Laurent Tirard... Zaï Zaï Zaï Zaï est donc proche de l'univers de Quentin Dupieux. Et si j'osais, j'affirmerais que François Desagnat a réussi là où pêche parfois le cinéma de Mr Oizo. Lequel a souvent trop tendance à se reposer sur des scénarii originaux plutôt que sur des mises en scène fainéantes. Zaï Zaï Zaï Zaï réussit le pari de réunir Jean-Paul Rouve, Julie Depardieu, Ramzy Bédia, Yolande Moreau ou Julie Gayet dans une comédie certes absurde, mais ô combien visionnaire. Un casting de sympathiques comédiens parmi lesquels nous retrouvons également Marc Riso (dans le rôle du vigile), lequel interprète justement l'un des personnages principaux de la mini-série Or de lui aux côtés de Ramzy Bédia. Ici, tout semble a priori d'un commun assez terne. Des couples qui s'invitent à dîner, une épouse qui trompe son mari, le VRP d'une petite entreprise humilié par ses collègues et puis, un jour.... la découverte de ce ''pouvoir'' incroyable qui transforme Ramzy Bédia/Joseph en poule aux œufs d'or. Car oui, son personnage se met à chier des étrons d'or ! Des lingots en forme de ''caca''. Le début de la fortune ? Plutôt celui des emmerdes: Certes un nouvel ami (Marc Riso) mais d'abord et surtout, une épouse qui va voir ailleurs (Olivia Côte), découche, le trompe avec Stéphane (Christophe Héraut). Et puis, un marchand d'or pas très net (Vincent Solignac) et son rejeton (Jérome Niel, inquiétant dans le rôle de Gino). C'est donc dans un contexte social relativement classique qu'entre en jeu ce phénomène surprenant : Ramzy Bédia la poule aux œufs d'or ! En 1973, le chilien Alessandro Jodorowsky transformait ses excréments en or. Trois ans plus tard, l'allemand Werner Herzog et ses interprètes sous hypnose tentaient de découvrir le secret du maître verrier Mühlbeck récemment décédé, seul détenteur de la formule de fabrication du verre rubis. Cinquante ans après, Ramzy Bédia endosse le costume de l'alchimiste Joseph qui va découvrir les avantages et les inconvénients de produire des étrons en or. Là encore, le pari est réussi de mêler l'absurde à la réalité. D'autant plus que le ton humoristique est parfois contrebalancé par des séquences dramatiques relativement intenses. […] Deux heures plus tard... 
 
De retour du cinéma en proie à une insupportable céphalée, j'ai envie de gueuler un bon coup sur ce cher vieux Quentin Dupieux qui en lançant Léa Drucker dans une quête personnelle de jeunesse eternelle a fait des choix particulièrement audacieux. Voir inadaptés pour le confort des yeux. Ceux du public, contraint de détourner parfois le regard s'il ne veut pas avoir de terribles maux de tête au sortir de la salle. Que l'image soit surannée au point de nous renvoyer en pleines années soixante-dix comme l'évoque notamment l'imagerie des Boards of Canada, je veux bien. Mais de là à user d'un vieil objectif plus vraiment fiable et nous imposer ainsi durant soixante-quinze minutes une image qui ne parvient jamais à faire le focus sur les personnages ou les décors en arrière plan, c'est à un supplice que nous convie le réalisateur. De même, l'on connaît la prédisposition de Quentin Dupieux à nous offrir sans cesse des univers décalés. Et là encore, le succès de l'entreprise tient tout d'abord de son scénario. Mais à l'image, et quelles que soit sa manière d'aborder le sujet, Incroyable mais vrai apparaît comme le plus sage de ses longs-métrages. Ce qui d'une certaine manière, donne également l'impression qu'il est aussi le plus maitrisé. Celui qui offre aussi le sentiment que pour une fois, l'auteur de Rubber ou de Wrong Cops n'a pas confié son projet aux seules mains de ses interprètes. L'engouement des critiques pour Incroyable mais vrai est presque inimaginable tant le dernier film de Quentin Dupieux semble parfois si éloigné de ses délires habituels. Plus sérieux mais néanmoins parcouru d'idées folles, Incroyable mais vrai mixe voyage dans le temps, le roman d'Oscar Wilde Le portrait de Dorian Gray(ici, un simple miroir), quête de jeunesse éternelle ou de masculinité (Benoît Magimel/Gérard en homme/machine hypersexué) et face à tout ça, impose un Alain Chabat terriblement sobre et bienveillant. On sort de la salle avec le regret d'avoir assisté à cet étonnant récit dans un inconfort visuel total, figé devant l'écran à patienter jusqu'à ce que le film nous délivre ses multiples messages. En attendant Fumer fait tousser, le prochain long-métrage de Quentin Dupieux, on confirmera que le meilleur film ''Dupieuesque'' à être sorti en salle cette année n'est pas le sien mais celui de François Desagnat...

 

mercredi 1 mai 2019

Larguées d'Eloïse Lang (2018) - ★★★★★★★☆☆☆




Larguées ? Avec un S ? C'est sans doute un peu plus tard après le générique d'ouverture que le spectateur comprendra la signification de cette ''plurielification'' d'un terme qui dévoile toute la tristesse du sort accordé à une femme qui s'apprête à fêter ses soixante-ans en compagnie de ses deux filles alors même que son mari est parti avec une autre. ''Une pute'' (c'est pas moi qui le dit mais l'une des deux sœurs) accessoirement infirmière, laquelle attend un bébé de l'époux (et père) adultère. A la réalisation, nous retrouvons la réalisatrice belge Eloïse Lang, ''coupable'' aux côtés de Noémie Saglio d'avoir créé la série télévisée Connasse (2013-2015) et réalisé son adaptation cinématographique en 2015 avec Connasse, Princesse des Coeurs. On ne s'étonnera donc pas de retrouver une fois de plus l'actrice ''sans filtre'' Camille Cottin qui contrairement aux apparences ne semble pas avoir participé à l'écriture du scénario auprès de la réalisatrice qui elle-même s'est inspirée du long-métrage de la réalisatrice, humoriste et actrice danoise Hella Joof, All Inclusive qu'elle réalisa en 2014 (rien à voir avec le film éponyme sorti cette année et réalisé par Fabien Onteniente).

On ne sait pourquoi l'on ressent ce sentiment, mais Larguées transpire la féminité de sa réalisatrice et de ses interprètes. Frais, drôle et parfois outrancier, l’œuvre d'Eloïse Lang rendrait presque coupable la gente masculine de s'immiscer dans un récit n'ayant à l'origine pour but que d'élever la femme au rang de victime/prédatrice de l'homme que l'on aimerait alors voir réduit à celui de chair à canon. Pourtant, rien n'est définitivement établi dès le départ. Certains clichés sont balayés et Larguées est là pour nous démontrer que rien n'est immuable : Thierry (l'excellent acteur belge Johan Heldenbergh) n'est pas l'alter ego du Popeye des Bronzés que l'on s'attend à croiser. Miou Miou abandonnera son comportement de sexagénaire abattue et acceptera de se prêter au jeu ''organisé'' par sa fille Rose. Cette dernière (incarnée par la formidable Camille Cottin) mettra un peu d'eau dans son vin lorsqu'il s'agira de remettre un peu d'ordre dans le bordel qu'elle aura causé. Quant à Alice (Excellente Camille Chamoux), sœur de Rose, elle aussi fera quelques concessions pour passer de la gentille fille à sa maman, de cette mère et épouse à laquelle tout le monde raccroche au nez, à une Alice mimant un peu maladroitement sa sœur, elle, beaucoup moins ''coincée''.

Pourtant, il faudra tout d'abord s'habituer au style. (Parfois un peu trop) léger, musique assourdissante, esprit ''Club Med''. Accepter de remettre la finesse aux calendes grecques. Tout ça pour constater qu'au fil du récit, on finit par s'attacher aux personnages. Pour réaliser également que le pathétique fait place neuve pour accueillir des dialogues et des séquences parfois réellement amusants. Dans l'esprit, c'est vrai, on retrouve un peu de l'humour façon ''punchline'' du classique de Patrice Leconte et de sa suite Les Bronzés font du Ski (toutes proportions gardées bien évidemment). Les répliques s'enchaînent sans discontinuer. Jamais vraiment très fin mais carrément jubilatoire, Larguées offre un panel de personnalités hautes en couleurs dont les trois principales interprètes n'ont pas l'exclusivité. En effet, à côté de Miou Miou, Camille Cottin et Camille Chamoux (sans oublier Johan Heldenbergh), on retrouve les indispensables second-rôles au titre desquels on peut relever la présence d'Olivia Côte (à l'origine de l'une des séquences les plus drôlatiques du film), de Gunther Love (Sylvain Quimène) dans le rôle de Romain, le barman ''barré'', ou encore de Thomas Scimeca et Elliot Daurat qui forme un tandem père/fils attachant.
Le film d'Eloïse Lang (tourné sur l'île de La Réunion) remplit parfaitement son objectif. On rit énormément, on ne s'ennuie pas un seul instant. Le spectateur ne se retrouvera pas forcément face à une grande comédie française mais prendra un pied total devant les élucubrations de ses interprètes. Jouissif !



dimanche 7 avril 2019

Chamboultout d'Eric Lavaine (2019) - note d'Anna et moi : ★★★★★★★★☆☆




Si l'on avait dû parier sur la pérennité du cinéaste Eric Lavaine dans le paysage cinématographique français après la sortie de son désastreux Poltergay en 2006, ceux qui l'avaient peut-être d'ors et déjà enterré lui auraient sans doute ri au nez s'il leur avait lui-même prédit qu'il changerait son fusil d'épaule en se laissant glisser de la comédie vulgaire, bourrée de clichés et surtout pas drôle, à celle un peu plus profonde et surtout, beaucoup mieux écrite, treize ans plus tard. C'est donc le cas en cette année 2019 avec Chamboultout qui derrière son titre qui n'éclaire pas vraiment sur ses intentions (Humour dévastateur ou émotion portée à son paroxysme?) change carrément son fusil d'épaule, mais sans brutalité puisqu'au fil de sa filmographie, Eric Lavaine est parvenu à adoucir son approche de la comédie. Du plutôt convainquant Incognito, en passant par le médiocre Protéger et Servir, jusqu'aux sympathiques Barbecue (qui réconcilie Florence Foresti et Franck Dubosc avec leurs détracteurs), Retour Chez ma Mère (les débuts d'Alexandra Lamy chez le cinéaste) et L'Embarras du Choix, Eric Lavaine est parvenu à se rendre de plus en plus indispensable dans un pays où la comédie se veut de plus en plus formatée...

Chamboultout, effectivement, chamboule... tout... Ou presque puisque le réalisateur choisit davantage d'appuyer là où ça fait du bien plutôt que d'insister trop lourdement là où ça fait mal. Pourtant, le sujet écrit à six mains par le cinéaste lui-même aidé par Bruno Lavaine et Barbara Halary-Lafond aurait pu donner lieu à un authentique drame mais les dialogues et les différentes situations donnent surtout lieu à une succession de séquences savoureusement drôles. Il faut dire qu'Eric Lavaine est accompagné en cela par un casting des plus remarquable : à commencer par Alexandra Lamy et José Garcia qui, touchés par un drame (le second incarne Frédéric qui après un grave accident de la route et un coma de quatre mois environs est demeuré aveugle et victime de troubles cognitifs) tentent de surmonter cette épreuve depuis maintenant cinq années. C'est ainsi que Béatrice décide de faire publier « La Grande Traversée », un ouvrage qu'elle a décidé de consacrer à l'histoire qu'elle partage auprès de Frédéric mais à laquelle a participé leur entourage. Un livre dont le contenu ne plaira malheureusement pas à tout le monde puisqu'elle y a inscrit des anecdotes plus ou moins élogieuses envers ses proches. Un ouvrage qui sera au centre de discussions bruyantes et houleuses lors d'un week-end organisé par Béatrice...

Il aura donc fallut patienter plus d'une décennie pour assister à l'accomplissement d'un cinéaste pas toujours inspiré mais qui aura peu à peu réussit à convaincre son auditoire au point de signer sinon un chef-d’œuvre, du moins son meilleur film cette année. Difficile de trouver le moindre défaut à ce Chamboultout très amusant qui délivre un message très optimiste tout en étant très clairvoyant sur le comportement adopté par un panel d'individus aux traits de caractère parfois diamétralement opposés. Même les plus rigoristes et les plus vertueux ne pourront être que touchés par la sensibilité et le soin apporté jusque dans la description des personnages les moins impliqués (on pense notamment à l'actrice Claudine Vincent qui incarne la mère de Frédéric, Mamoune ou à l'amant de Béatrice interprété par l'acteur protugais Nuno Lopes). Mais après avoir assisté à cet émouvant déballage de sentiments, de rancœurs et de pardons où le rire s'offre une place de choix, il demeure quasiment impossible de dissocier nos deux principaux interprètes des remarquables Michaël Youn (oui, oui), Anne Marivin, Medi Sadoun, Michel Vuillermoz, Olivia Côte, Anne Girouard, Jean-François Cayrey, Ludivine de Chastenet, Guilaine Londez, et Nuno Lopes... Chamboultout est (et demeurera très certainement) l'une des meilleures comédies de cette première moitié de l'année 2019. A voir absolument...

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