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mercredi 19 novembre 2025

T'as pas changé de Jérôme Commandeur (2025) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

L'humoriste, acteur, réalisateur et scénariste français Jérôme Commandeur signe avec T'as pas changé son troisième long-métrage neuf ans après Ma famille t'adore déjà et Irréductible en 2022. Reposant sur la nostalgie des années quatre-vingt dix lors desquelles son personnage ainsi que ceux incarnés par la majorité des interprètes sont parfois plongés, cette nouvelle comédie française disponible dans les salles de cinéma depuis le 5 novembre dernier oscille entre passé et présent. Pourtant, lorsque son scénario exécute un retour en arrière d'une trentaine d'années, ce retour dans le passé n'est visuellement pas très significatif. En effet, la plupart de ces séquences se déroulent lors d'une fête organisée par Hervé, alors adolescent, située dans la propriété de ses parents et à laquelle il a convié la plupart de ses camarades de classe. L'on retrouve ainsi auprès de ce jeune et populaire adolescent ses trois meilleurs amis Jordy, Daniel et Maxime. L'action se situant loin dans le passé, les personnages sont alors incarnés par Baptiste Masseline, Kolia Abiteboul, Alexandre Mas et Théo Andres. Dans le présent, ces quatre là sont ensuite remplacés par Laurent Lafitte, Jérôme Commandeur lui-même, Michaël Abiteboul ainsi que par François Damiens. Le premier est un chanteur de charme dont la carrière et le succès repose essentiellement sur une chanson d'amour dont ses groupies sont folles ! Le second est un agent immobilier en pleine crise existentielle depuis que sa femme est installée chez lui avec son amant et sa belle-mère. Quant au quatrième, lui aussi est en proie à des tourments intérieurs. Brillant avocat, Maxime vit mal le fait de prendre de l'âge et accepte difficilement que son épouse Sofia (l'actrice franco-marocaine Zineb Triki), elle aussi avocate, soit reconnue comme meilleure que lui dans cette discipline... Alors qu'ils viennent de perdre le troisième d'entre eux, leur ami Daniel (Michaël Abiteboul) qui formait avec eux un groupe soudé, ils décident d'organiser une fête à l'attention des anciens élèves de leur classe... Cependant, il y a un hic : en effet, parmi ceux-ci se trouvent certains camarades qu'ils moquaient et méprisaient étant adolescents. Et parmi eux, Anne (Vanessa Paradis) qui depuis est devenue une cardiologue pas vraiment heureuse dans la vie depuis que son mari (qui lui aussi est médecin) la trompe avec une femme beaucoup plus jeune qu'elle.


L'on retiendra d'ailleurs notamment la performance d'actrice plutôt drôlatique de celle-ci s'agissant de la séquence lors de laquelle elle est contrainte de chanter, faux comme on l'imagine, alors qu'elle a elle-même mené une carrière de chanteuse dès l'âge de 14 ans lorsqu'elle apparu pour la première à la télévision dans l'émission Champs-Élysées animée à l'époque par Michel Drucker. Autre personnage qui n'aura pas connu le succès escompté lors de ses années d'études, Marion (Delphine Baril). Ayant conservé une certaine rancœur vis à vis du quatuor, elle décide de contrecarrer le projet de Hervé, Jordy et Maxime en invitant le même jour ses anciens camarades de classe. Malgré un sujet qui semble obliquer vers la comédie pour jeunes spectateurs, Jérôme Commandeur développe un récit beaucoup plus profond qu'il n'y paraît. Y transparaît un certain mal-être commun à la plupart des personnages. Le titre jouant avec malice sur cette habitude qu'ont les gens de rassurer ceux qu'ils n'avaient plus revu depuis des années sur leur état physique général mais joue aussi et surtout sur leur comportement. Trahissant ainsi quelque peu cette idée qui veut que l'on ne change jamais vraiment même si, au fil de l'intrigue, l'on constate que les âmes se sont apaisées et que les discordes du passé peuvent très bien se retrouver aux oubliettes. T'as pas changé est également l'occasion de retrouver d'ancienne vedettes de la télévision, du cinéma ou de la chanson. C'est ainsi que Jérôme Commandeur convie à l'image Catherine Allégret et Rufus dans les rôles de Arlette et Roland, les parents de Hervé, Catherine Hiegel dans celui de Jannick, la belle-mère de l'ex-épouse de Jordy et même quelques anciennes ''vedettes'' de la chanson française et anglo-saxonne qui incarnent toutes leur propre personnage. C'est ainsi que l'on retrouve Patricia Kaas, Lââm, Indra ainsi que trois membres de l'ancien Boys-Band Worlds Apart, Nathan Moore, Steve Hart et Cal Cooper... Entre humour, émotion, légèreté et gravité, Jérôme Commandeur signe une comédie fort sympathique, qui ne laissera sans doute pas de souvenirs impérissables mais qui au regard de la production actuelle n'est pas la pire ''chose'' qui ait vue le jour sur grand écran en matière de comédie française...

 

dimanche 12 août 2018

Fatal de Michael Youn (2009) - ★★★★★★★☆☆☆



Alors làààààà !!!! je m'attendais à tout mais surtout pas à aimer çaaaaaa !!!! non, sans déc'. Michael Youn. Celui que je considérais encore il n'y a pas si longtemps comme l'une des engeances de la sous-culture Made in France sevrant la jeunesse du début du vingt et unième siècle à grand coups de Morning Live, et récemment sauvé du naufrage intellectuel grâce à de courageux cinéastes. En effet, depuis quelques années, l'acteur, scénariste, réalisateur et bouffon originaire de Suresnes allait nous prouver qu'il avait autre chose que du crottin sous la semelle de ses chaussures. Fatal est la preuve en musique et en images que les vieux cons comme moi peuvent être réconciliés avec cette forme d'art régressif dont les masses se délectent incompréhensiblement . A la seule condition, pourtant, que le produit fini nous soit présenté sous une forme parodique n'ayant pas la prétention de se prendre au sérieux. C'est en cela que le film de et avec Michael Youn est une réussite et surtout la preuve que le bonhomme est capable de se moquer de lui-même. Il ne faudra cependant pas considérer Fatal comme une simple pochade mais comme le constat réaliste et parfois amer du niveau culturel et intellectuel d'une partie de nos concitoyens.

En nous contant le récit du rappeur Fatal Bazooka (incarné par Michael Youn lui-même), de sa réussite médiatique jusqu'à sa déchéance, l'acteur-réalisateur en profite pour égratigner toutes les formes d'institutions devant lesquelles se pâment d'admiration et d'envie des milliers (millions ?) d'admirateurs et de groupies en chaleur. Producteurs, animateurs, journalistes, magazines, émissions de télévisions, et artistes s'en prennent plein... la gueule. Et avant tous les autres, Fatal Bazooka lui-même. Qui sous ce pseudo ronflant se cache le savoyard Robert Lafondue. Une star du rap bling-bling, numéro un des charts, produit par le producteur Tony Tarba, ami du compositeur Pedro Summer, du manager Bruce Keita, du prof de remise en fotme Hervé Willard, et marié à Athena Novotel. Lorsque débarque un jour Chris Prolls, la nouvelle star de l'electro-pop, la concurrence est dure pour Fatal Bazooka qui connaît alors une chute vertigineuse, lâché par ses fans, la presse (qui ne cessera de le harceler pour ses travers), son épouse, et son producteur. Le jeune rappeur n'aura d'autre solution que de retourner dans son pays natal, là où il choisit un jour d'abandonner les siens pour monter à Paris et connaître le succès que l'on sait.

Pour son premier film en tant que réalisateur, Michael Youn a mis les bouchées doubles. Dire que Fatal est une comédie explosive est un euphémisme. C'est surtout l'occasion pour l'acteur de mettre en avant son talent d'artiste comique, de scénariste et de metteur en scène. En effet, sur un scénario écrit en compagnie de Dominique Gauriaud, Jurij Prette et Isabelle Funano (qui incarne à l'écran le rôle de l'épouse de Fatal), il réalise une œuvre excentrique, parfois pipi-caca-vomi, assez vulgaire, mais ne souffrant quasiment pas de temps morts. Alors même qu'en terme général le type de bande-son proposée ici aurait fait hurler les vrais amateurs de musique, les compositions de X-Cell Ent. et de Mickaël Zibi font de véritables ravages. On rit à gorge déployée à l'écoute de textes incroyablement débiles, Michael Youn et Stéphane Rousseau (Chris Prolls dans le film) s'en donnant à cœur joie et ne dépareillant finalement pas du tout avec la production musicale actuellement proposée sur les grandes chaînes télévisées et les radios. Fatal multiplie les caricatures pour le bonheur des 'anti' et des 'Pro'. L'acteur-réalisateur emploie à cette occasions les gros moyens. Décors, costumes et casting sont au rendez-vous d'une fête à neuneu jouissive. Michael Youn se moque de la 'Biatch' attitude magistralement incarnée par Isabelle Funano, de la mode de 'l'auto-tune', ce logiciel correcteur de tonalité qui ne rend certainement pas hommage au vocoder de nos ancêtres, de la télé-poubelle et autre musique fast-food dont se délectent un temps le public avant de passer à autre chose.
Michael Youn tape dans le mille et convoque pour l'occasion une belle brochette d'interprètes : outre le canadien Stéphane Rousseau et Isabelle Funano, Fatal est l'occasion de retrouver le fidèle compagnon de route Vincent Desagnat, mais aussi Fabrice Eboué, Armelle, Ary Abittan, Jean Benguigui, Catherine Allégret, ainsi que le kick-boxeur Jérôme Le Banner qui excelle dans la peau de Hervé Willard. Un casting hétéroclite pour un long-métrage appelé à devenir culte... si cela n'est pas déjà fait...

vendredi 15 décembre 2017

Hommage à Johnny... A Tout Casser de John Barry (1967)



Pour ce troisième article consacré à Johnny Hallyday, nous remontons encore le temps de quelques années puisque A Tout Casser fut tourné deux ans avant le western-spaghetti Le Spécialiste. Nous sommes en 1967 et cela fait bientôt dix ans que le plus célèbre des rockeurs français a entamé sa carrière de chanteur lorsque le cinéaste américain John Berry (Ça va Barder, Le Voyage à Paimpol) convie Johnny Hallyday dans son dix-septième long-métrage. L'acteur/chanteur y retrouve l'acteur Eddie Constantine qui par deux fois a déjà tourné avec ce réalisateur. En offrant le rôle de Frankie à un Johnny Hallyday qui semble très à l'aise dans la peau du chef d'une bande de blousons noirs, John Barry réalise ici une comédie pleine d'action. De courses-poursuite à moto en bagarres à répétition, A Tout Casser fait preuve d'une belle énergie et permet à notre rockeur national d'assurer le minimum syndical tout en demeurant beaucoup plus crédible que dans le personnage que lui offrira deux ans plus tard le cinéaste Sergio Corbucci.

L'histoire est on ne peut plus simple : Frankie dirige un groupe de jeunes blousons noirs désirant ouvrir une boite de nuit malheureusement située tout près de la planque d'une bande de gangsters menée par un certain Aldo Morelli (l'acteur Michel Serrault). Une situation fâcheuse pour ce bandit qui a mis en place le vol prochain d'une tiare (couronne de forme haute et d'origine persane) d'une très grande valeur. La présence de Frankie et de ses amis risquant de contrecarrer les plans de Morelli, celui-ci tente par tous les moyens de chasser le jeune blouson noir et lui interdire l'accès des lieux qu'il veut transformer en boite de nuit. Mais heureusement pour lui, Frankie peut compter sur l'aide providentielle d'un certain Ric, lequel accepte de débarrasser le plancher et de laisser mener le projet de Morelli sans encombres si celui-ci lui offre une forte somme d'argent.

Johnny Hallyday et sa belle gueule vont s'en prendre plein la poire. De chutes en moto en menaces de mort ponctuées d'une multitude de gifles et de coups de poings, l'acteur s'en donne à cœur joie. La bande originale est assurée par le musicien américain Mickey Jones, le bulgare Eddie Vartan (lequel écrivit beaucoup pour Sylvie Vartan dont il fut d'ailleurs le frère aîné, ainsi que pour Johnny Hallyday) et par la star du rock elle-même puisque le chanteur interprétera deux titres dont un sur la scène de la fameuse boite de nuit que veut ouvrir son personnage, Cheval d'Acier. On peut notamment entendre la chanson-titre A Tout Casser dès l'ouverture du film et durant le générique de fin. D'une manière générale, la bande originale brasse divers courants musicaux comme le rock, le jazz, et même à plusieurs occasions, quelques airs que l'on aurait davantage imaginé dans des longs-métrages signés des Charlots ou de Darry Cowl. Ces derniers donnent à l'ensemble un curieux aspect. L’œuvre de John Berry prend alors des allures de gaudriole pas sérieuse du tout. Sur fond vert (ou bleu), la scène durant laquelle Eddie Constantine, Johnny Hallyday et Catherine Allégret sont poursuivis par les hommes de main de Michel Serrault à bord d'un chariot est très significative.

Il faut cependant s'armer d'un certain courage pour aller jusqu'au bout de cette œuvre typique des années 60 mais qui n'atteint jamais le niveau d'excellence d'un Georges Lautner, d'un Jean-Pierre Melville ou d'un Henri Verneuil. A vrai dire, la première moitié mérite l'indifférence. L'intérêt se fait jour lors de la seconde partie du long-métrage, un peu moins en roue libre et plus amusante. En dehors du fait que les fans de Johnny Hallyday retrouveront leur idole sur grand écran, on a le plaisir de retrouver un Michel Serrault cabotin nous offrant quelques savoureux moments. Il est d'ailleurs amusant de noter que la scène durant laquelle il prépare le hold-up à l'aide de légumes trouvera un écho dans l'excellent film que réalisera huit ans plus tard Jacques Besnard, C'est Pas Parce qu'on n'a Rien à dire qu'il faut Fermer sa Gueule, lequel sera notamment interprété par Michel Serrault lui-même. Au final, A Tout Casser reste une petite comédie sans prétention. Un petit nanar tout de même plaisant à regarder. Mais juste une fois...

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