Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

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Affichage des articles dont le libellé est Michael Youn. Afficher tous les articles
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vendredi 3 mars 2023

BDE de Michael Youn (2023) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Michael Youn, c'est pour commencer, une carrière de pitre pleinement assumée entre 2000 et 2002 avec l'émission Le Morning Live sur M6. Deux années qui lui permettront de se faire un nom malgré des contradicteurs qui envers lui ne seront pas toujours très tendres. Mais Michael Youn, c'est aussi et surtout une carrière devant et derrière la caméra. Confié aux bons soins de certains réalisateurs de talent qui voient en lui un certain potentiel dramatique, on le découvrira dans des œuvres parfois très sombres comme dans La traversée de Jérôme Cornuau, Carbone d'Olivier Marchal ou encore Brillantissime de Michèle Lar... Oups! Mais d'une manière générale, Michael Youn a dans la peau, la fibre de la déconnade, de la déconstruction intellectuelle et ne peut donc s'empêcher de nous rappeler de façon métronomique au (plus ou moins) bon souvenir de ses débuts de carrière à la télévision. D'abord, notamment auprès de François Desagnat 'le frère de son ami de toujours, Vincent Desagnat) qui le met alors en scène dans La beuze ou dans Les onze commandements (co-réalisé avec Thomas Soriaux) avant de s'offrir le premier rôle dans plusieurs longs-métrages qu'il réalisera lui-même. Quatre films dont au moins un coup de ''génie'' (Fatal, qui sort en 2010), une comédie plus ou moins regardable (Vive la France en 2013), une purge (Divorce Club en 2020) et cette année, son dernier né intitulé BDE, titre signifiant Bureau Des Étudiants, sorte de club authentique réunissant donc des étudiants qui organisent des soirées et font la fête. Proposé par la plateforme Amazon Prime dès aujourd'hui, Michael Youn réunit une flopée d'interprètes dont l'éternel Vincent Desagnat, Héléna Noguerra, Lucien Jean-Baptiste, Judith El Zein, Michèle Laroque, Gilbert Melki, Tomer Sisley ou encore le rugbyman Sébastien Chabal ! BDE est un retour régressif vers un cinéma et un humour particulièrement lourdingues...


Marié à Morgane (l'actrice Judith El Zein), Bob est l'élément méprisé d'une famille juive qui lors de la Pessa'h (fête se déroulant chaque année au mois d'Avril), préfère retrouver ses anciens camarades d'une école de commerce pour un week-end explosif. Trompant son beau-père (Gilbert Melki) sur les véritables intentions qui le poussent à se rendre dans le chalet lui appartenant, il s'y rend en compagnie de Romane (Héléna Noguerra), Max (Lucien Jean-Baptiste) et Vinz (Vincent Desagnat) mais constate à leur arrivée que la toute dernière promotion de leur ancienne école de commerce s'est rendue sur place pour faire la fête ! Après qu'un litige ait opposé les quatre quadragénaires aux nouveaux étudiants, Bob accepte d'accueillir dans le chalet de son beau-père les cent-cinquante nouveaux membres du BDE. S'ensuit alors un séjour de folie qui sera cependant contrecarré par la présence de la maire du village (Virginie Hocq dans le rôle de Marielle Pichu) et par des autochtones venus en découdre avec Bob et ses compagnons... Voilà pour le pitch ! Concernant l'intérêt que peut avoir BDE, il n'est pas impossible que les fans de Michael Youn et de son ancienne clique de pseudo-comiques s'y retrouvent. Pour les autres, et notamment ses détracteurs, le dernier long-métrage du réalisateur et interprète s'avérera d'une confondante bêtise, multipliant ainsi les gags gras et vulgaires. C'est lourd, très lourd, et au final, peu amusant même si Michael Youn et ses acolytes mettent toute leur énergie au service d'un récit qui file à cent à l'heure. On aura beau rire (mais tout de même en de rares occasions), le film s'avère relativement affligeant et se montre typique de ce cinéma dit ''comique'' qui tente de faire passer la pilule en convoquant un cortège d'interprètes secondaires. J'avoue avoir ri, une fois, lors de la parodie de Terminator ! Sans doute pas fibre nostalgique ou par (com)passion pour cette machine de mort immortalisée ici de façon absurde mais tout de même amusante par Vincent Desagnat. Beaucoup de bruits, de cris, de ''musique'' et de gesticulations pour au final, pas grand chose à se mettre sous la dent. Pour amateurs avertis uniquement...


 

vendredi 4 décembre 2020

Connectés de Romuald Boulanger (2020) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Il fallait bien que cela arrive un jour, et ce jour là est arrivé. Connectés de Romuald Boulanger est le premier film portant officiellement et en partie son sujet sur le confinement. Mais à vrai dire, à part quelques allusions au début du film, Connectés évoque en premier lieu un autre long-métrage qui fit beaucoup parler de lui bien avant que l'épidémie de Covid ne cloue les gens chez eux. Ce film, c'est Unfriended du soviétique Levan Gabriadze. Le concept des deux films est le même. Un groupe d'amis se réunit chacun devant son ordinateur pour discuter de choses et d'autres avant que n'intervienne ce qui s'apparente à un hacker. Un pirate informatique qui s'incruste dans la conversation sans pour autant y avoir été invité. Mais alors que Unfriended pouvait se vanter d'apporter une touche d'originalité à l'époque (2014), le film de Romuald Boulanger se plante, lui, dans les grandes largeurs. Mélange de thriller et de comédie, Connectés convie neuf amis à se retrouver afin de partager un apéro virtuel lorsque l'un d'eux est sauvagement agressé par un inconnu qui s'introduit dans l'appartement qu'il occupe. Inquiets, ses amis tentent de reprendre contact avec lui lorsque devant l'écran d'ordinateur de la victime désormais inanimée, surgit son agresseur. L'homme porte un masque noir, des lunettes noires une casquette noire ainsi qu'un poncho rouge !


Connectés repose sur un concept évidemment assez simple puisque sous la forme d'une intrigue à la Hercule Poirot du pauvre MAIS, d'un nouveau genre, les spectateurs devront se faire une idée sur l'identité du bonhomme dont le cynisme rend l'ensemble aussi peut crédible qu'inquiétant. À défaut de semer le trouble autre part que parmi les personnages et ne parvenant à aucun moment à générer le moindre sentiment de tension, ce long-métrage d'une durée avoisinant les soixante-quinze minutes a le seul mérite de n'être finalement pas trop long. Si le concept est séduisant, surtout qu'il s'agit d'un film français, l’œuvre repose parfois sur du vide que tentent de remplir des interprètes qui ne semblent pourtant pas tous près à s'investir corps et âme dans le projet.


Si l'on compte la présence de Franck Dubosc durant le tout dernier acte qui ne dure qu'une toute petite poignées de minutes, la parité hommes/femmes est respectée. Cinq actrice pour cinq acteurs. D'un côté, Audrey Fleurot, Nadia farès, Vanessa Guide, Claudia Tagbo et Dorothée Pousséo. De l'autre, Pascal Demolon, François-Xavier Demaison, Michael Youn, Stéphane de Groodt et Franck Dubosc, donc. Tous n'ont pas l'air scrupuleusement impliqués, et tous n'ont pas le même temps de présence à l'écran. Un écran d'ailleurs splitté en deux, trois, quatre ou même cinq écrans., pour un rendu visuel étonnamment laid. Ce qui n'empêche pas la lisibilité puisque contrairement au long-métrage de Levan Gabriadze, celui de Romuald Boulanger ne requiert à aucun moment l'utilisation des claviers des personnages. Tout ne nous est donc retranscrit qu'à travers la vidéo et la parole des personnages. Parmi les interprètes, Stéphane de Groodt paraît être celui pour qui le procédé semble le plus compliqué à mettre en place. Hésitant souvent, nous mettrons ça sur la personnalité de son personnage. Scénario quasi inexistant, interprétation parfois hésitante (ici, pas de vrai live mais plutôt un montage parfois laborieux), humour de très faible intensité... Connectés est vraiment peu satisfaisant. Sans que l'on s'y ennuie, on peut en revanche se demander l'intérêt de développer un tel concept... Effet de mode ? Très certainement...

 

vendredi 28 août 2020

Divorce Club de Michael Youn (2020) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆



Après cinq ans de mariage, Benjamin Catala découvre lors d'une cérémonie commémorant son union avec Vanessa que celle-ci le trompe avec son patron, Blaise. Humilié en public alors qu'un micro diffuse sur de grandes enceintes les ébats amoureux entre les deux amants, Ben est anéanti et se refugie chez son ami Patrick qu'il n'a pas revu depuis de nombreuses années. Installé dans l'immense demeure de son ami d'enfance, Ben est toujours aussi amoureux de Vanessa et ne parvient pas à faire un trait sur leur mariage. Et ce, même si un jour, alors qu'il fait découvrir à une cliente un établissement mis en vente, il tombe sous le charme de Marion Rush, elle-même divorcée. Alors que dans la luxueuse demeure de Patrick tout semble dégénérer avec l'arrivée de nouveaux pensionnaires tous profondément touchés par leur propre problème de couple, Ben émet tout à fait par hasard l'idée de transformer les lieux en club pour divorcés. Une idée que Patrick trouve lumineuse. Le jour où Ben s'aperçoit qu'il fréquente l'ex-épouse de Patrick en la personne de Marion, les choses se compliquent. Incapable d'avouer à l'un et à l'autre qu'il les connaît respectivement, Ben va bientôt découvrir la dure réalité de la vie : qu'il est parfois difficile en effet de mettre en application pour soi les conseils que l'on donne aux autres...

En terme de qualité, qu'il s'agisse d'interprétation ou de mise en scène, l'acteur et réalisateur Michael Youn joue involontairement aux montagnes russes. Et Divorce Club ne semble malheureusement pas là pour nous convaincre du contraire. Capable d'interpréter de petits rôles (dans Carbone d'Olivier Marchal en 2017) comme des plus importants (Chamboultout d'Eric Lavaine en 2019) avec un talent qui peut parfois paraître inattendu (surtout si l'on demeure hostile à ses débuts de carrière à la télévision), capable aussi d'être l'auteur complet d'un authentique ovni cinématographique moyennant un humour qui tâche mais une écriture plus que plausible (Fatal qu'il réalisa en 2009), Michael Youn est parfois victime de cette légèreté qu'il injecte dans son œuvre comme cela pu être le cas avec le très anecdotique Vive la France en 2013 dans lequel il interprétait l'un des deux rôles principaux aux côtés de José Garcia. Son dernier long-métrage en tant que réalisateur est donc Divorce Club. Plutôt que d'élever le débat tout en restant dans le genre ''comédie bouffonne'' qu'il semble chérir depuis le début de sa carrière, l'acteur/réalisateur déçoit...

Non seulement, Divorce Club n'est pas drôle, contrairement à ce que d'une manière générale la presse spécialisée semble s'accorder à dire, mais en plus, il ne bénéficie pas du même soin accordé à l'écriture que Fatal dix ans en arrière. Une déception, effectivement. Car pas même la présence du pourtant excellent Arnaud Ducret, de François-Xavier Demaison, d'Audrey Fleurot (à laquelle les mésaventures du personnage de divorcée qu'elle interprète donne des ailes), de Caroline Anglade, de Youssef Hadji (excellent dans Problemos d'Eric Judor en 2017) ou de Frédérique Biel, Benjamin Biolay et de la transfuge de l'équipe des Babysitting Charlotte Gabris n'y changent rien. C'est plat même si une certaine vigueur dans la mise en scène empêche l'ennui de s'installer définitivement. Pourtant, à bien écouter les dialogues, dans leur ensemble ils n'apportent rien de vraiment frais et semblent avoir déjà été mille fois proposés par le passé. Pas drôle ? Ouais, bon, j'exagère peut-être un peu car parmi des interprètes que l'on apprécie en général, les deux à vraiment sortir du lot sont le lémurien Michel ainsi que la bruyante cafetière. Deux ''interprètes'' qui arrachent littéralement la minuscule poignées de sourires (voir de rires gênés) que Divorce Club parvient au final à générer...

samedi 28 mars 2020

Christ(off) de Pierre Dudan (2017) - ★★★★☆☆☆☆☆☆


 
Dix mois après Coexister de Fabrice Eboué sortait sur les écrans de cinéma Christ(off) de Pierre Dudan. De là à dire que le réalisateur et scénariste a pompé l'excellente comédie de l'humoriste français auteur de trois one man show dont un premier Faites entrer Fabrice Éboué agréablement irrévérencieux, il n'y a qu'un pas. Il ne suffit pas toujours de changer quelques notes à une composition pour tromper le mélomane comme il ne suffit pas davantage de modifier quelques lignes de dialogue ou une partie d'un scénario pour éviter d'être taxé de plagiaire. Le long-métrage de Fabrice Éboué nous contait l'histoire d'un producteur de musique créant un groupe constitué d'un prêtre, d'un rabbin et d'un faux imam. Celui de Pierre Dudan tourne autour du père Marc, lequel forme un groupe de musique chrétienne composé du Père Bernard, du Père Luc, du Frère Julien et du Frère Christophe, ce dernier n'appartenant en réalité, pas du tout au clergé. L'objectif des héros de Coexister était de monter à Paris pour donner un concert à l'Olympia. Celui de Christ(off) est quant à lui pour ses personnages de remporter un concours afin de récolter des fonds suffisants afin de faire construire un hôpital pour enfants à Haïti...

Au générique, Michael Youn (Le Morning Live, Fatal, Carbone), Lucien Jean-Baptiste (Caméra Café, Turf, Fonzy, La Deuxième Étoile), l'humoriste Jarry (Entre fous émois), le demi-frère d'Alexandre Astier, Simon (Kaamelott, Denis, L'Embarras du choix) et Bernard Le Coq qui demeurera muet une grande partie du film. Autour de ce quintet, l'actrice Victoria Bedos, fille du célèbre humoriste Guy Bedos, incarne Jeanne, la régisseuse du groupe. Le réalisateur offre en outre un petit rôle à l'acteur/rappeur Joey Starr. Entre répétitions, concerts dans les chapelles de petits villages, et conflits entre membres, Christ(off) propose un schéma relativement classique qui fait très peu de vagues en comparaison des nombreuses tentatives du réalisateur et de ses interprètes de nous arracher des rires. Et pourtant, force est de reconnaître qu'entre Christ(off) et Coexister, la comparaison s'arrête à la frontière des faits évoqués au dessus puisque le premier ne parvient jamais à reproduire ce qui faisait le charme du second.

Pierre Dudan a beau tenter d'inclure quelques références sexuelles et autant d'obscénités, le résultat est d'une telle vacuité qu'il ne parvient même pas à entacher la robe de bure de ses interprètes (aurait-il osé s'attaquer à l'Islam comme il s'amuse des stéréotypes entourant l’Église? Pas certain...). Et lorsqu'il tente un clin d’œil facile vers l'Intouchables d'Éric Toledano et Olivier Nakache, l'effet passe sur le spectateur comme un voile d'indifférence. De quoi demeurer circonspect devant l'inefficience crasse de gags éculés que le vulgaire ne parvient jamais à rehausser. C'est donc sans effets probants que le réalisateur et scénariste réalise une comédie qui se laisse contempler sans pour autant dérider le spectateur. Les gags à deux balles déroulent leur séquence sans avoir jamais aucune conséquence sur son humeur (la Cène, le chemin de croix). Tout juste pourra-t-on accorder à défaut d'autre chose, le soin apporté aux quelques chansons écrites et interprétées par le groupe Les Apôtre, plutôt entraînantes. Pour le reste, Christ(off) ressemble à ce qu'aurait pu être Coexister s'il sa réalisation avait été mise entre les mains d'un réalisateur peu inspiré...

Coursier de Hervé Renoh (2010) - ★★★★★★☆☆☆☆



Dans la catégorie ''comédies ultra-légères'', Coursier de Hervé Renoh s'impose en référence absolue. Vous avez physiquement cinquante ans mais en avez intellectuellement douze et êtes doté d'une fonction ''off'' vous permettant de mettre en berne toute capacité de réflexion, alors ce film est fait pour vous. On ne s'étonnera pas d'y voir apparaître dans le rôle principal l'ancien ''bouffon'' de service Michael Youn même s'il faut reconnaître que depuis, il s'est assagi en modelant un personnage beaucoup moins exubérant que par le passé. Le long-métrage de Hervé Renoh nous conte les aventures de Sam Skjqurilngskwicz, coursier à Paris, fiancé à Nadia (l'actrice Géralidne Nacache) et dont l'ambition est de proposer le premier service de livraison écologique. Mais pour cela, il lui faut de l'argent, beaucoup d'argent. Son patron refuse de lui octroyer une augmentation de cent euros et ses rapports avec sa compagne se délitent. Alors qu'ils doivent se rendre en fin de journée au mariage de la sœur de Nadia, Sam accepte le matin-même une course très spéciale. Une course qui va bousculer son quotidien et bouleverser sa vie, remettant sans cesse en question ses rapports avec Nadia et mettant la vie de son entourage en péril. En effet, le paquet qu'il doit confier à un certain Loki (Jimmy Jean-Louis) semble intéresser beaucoup de monde dont une certaine Iris ainsi que Sharas et Anton, deux motards. Poursuivi dans les rues de Paris, cette très longue journée sera l'occasion pour Sam de remettre un peu d'ordre dans sa vie et notamment dans ses rapports avec son père Maurice (Didier Flamand)...

Tout neurone éteint, Coursier se révèle être une excellente surprise si l'on est en mesure d'accepter le concept d'une journée entièrement consacrée autour de Michael Youn. Pourtant réticent, le spectateur qui boit généralement assez mal à la source de ce comédien adepte de la bouffonnerie risque d'être surpris de le découvrir plus posé qu'à son habitude. Faisant même parfois de Sam un type agaçant au regard des ''baffes'' qu'il se prend sans réagir de la part de son boss (Jean-Marie Lamour) ou de son collègue Ice incarné par l'acteur franco-italien Gianni Giardinelli totalement transformé en cette occasion en coursier plus bête que méchant. Accompagné de la charmante Géraldine Nacache en compagne tantôt hystérique, tantôt ivre et de la sublime actrice franco-colombienne Catalina Denis dans le rôle de Louise, Michael Youn et Hervé Renoh nous offrent une sympathique balade dans les rues de Paris. Une promenade de santé souvent dangereuse et contrecarrée par tout un tas de bandits parmi lesquels on retrouve la bulgare Natalia Dontcheva dans le rôle d'Iris ainsi que Patrick Médioni et Carlos Bonelli dans ceux des tueurs de la compagnie ''Sphère''.

Autour de Michael Youn, une galerie de personnages hauts en couleurs. Tels Frédéric Chau, surtout connu au cinéma pour avoir interprété le rôle de Chao Ling dans Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ? de Philippe de Chauveron en 2014 et sa suite en 2019, l'acteur et kickboxer Jo Prestia (Irréversible de Gaspar Noé en 2002, Les Rivières pourpres 2 d'Olivier Dahan en 2004...) et surtout Éric Naggar qui excelle dans le rôle du réceptionniste de l'hôtel dépité par les hurlements qu’émettent de la suite impériale, Sam et Louise. On notera également les courtes mais sympathiques apparitions de Claire Maurier (Un air de famille de Cédric Klapisch en 1996) et de Claude Gensac (qui sera l'épouse fictive de Louis de Funès à sept occasions dont Oscar d’Édouard Molinaro) dans les rôles respectifs de l'Experte et de la Hollandaise. Si au départ Coursier peut se concevoir comme une version ''deux roues'' encore plus indigente que l'infâme série de longs-métrage Taxi eux aussi produits par la société de Luc Besson EuropaCorps, on en ressort au final soulagés d'avoir pris du bon temps sans avoir eu à réfléchir à une quelconque occasion. De quoi se détendre en cette période trouble...

vendredi 27 mars 2020

Lucky d'Olivier Van Hoofstadt (2020) - ★★★★★★★☆☆☆



Inutile de jeter un œil sur la fiche technique de Lucky pour se douter que le réalisateur et scénariste belge Olivier Van Hoofstadt se cache derrière. À dire vrai, avec son dernier long-métrage, le cinéaste propose une sorte de mixture entre son insurpassable comédie culte Dikkenek de 2006 et le film d'action Go Fast qu'il réalisa deux ans plus tard. En réalité, Olivier Van Hoofstadt n'emprunte à ce dernier que quelques rares éléments mais balance à la gueule des spectateurs une comédie absurde et délirante mais malheureusement pas tout aussi convaincante que son premier long-métrage. Ce qui n'empêche pas Lucky d'être relativement ambitieux en se penchant sur le cas de Willy et de son pote Tony. Le premier a perdu son chien et vient d'être licencié. Effet boule de neige : il risque de surcroît de perdre son logement. Tony est père d'un jeune adolescent mais divorcé de son ex, il lui doit plusieurs mois de pension alimentaire. Étant comme son meilleur ami sans le sou, les deux hommes sont dans la galère. Un jour, une idée lumineuse brille dans l'esprit de Willy. Lors d'une exhibition canine lui vient celle de voler un chien de détection appartenant à la brigade des stupéfiants. Persuadé de pouvoir grâce à son aide détecter des planques de drogue dans leur quartier, Willy appelle son nouveau compagnon Lucky. Mais alors que les deux amis s'attendaient à tomber sur de petites marchandises de cannabis, il mettent à jour plus d'une tonne de résine enfermée dans un garage. C'est là qu'intervient Caroline Jamar, flic ripoux et ambitieuse qui espère prendre prochainement la place du commissaire Daran qui a prévu de bientôt prendre sa retraite. Mais afin de l'appuyer pour qu'elle puisse passer commissaire, Daran exige la somme de trois-cent mille euros...

Ambitieux, le dernier long-métrage d'Olivier Van Hoofstadt l'est, puisque constitué d'un casting aussi hétéroclite qu'impressionnant dans le nombre de vedettes. C'est ainsi que l'on retrouve au générique de Lucky l'acteur Michael Youn qui depuis le début de l'année a tourné dans deux films dont Divorce Club qu'il a lui-même réalisé. Un rôle à la hauteur du personnage qui l'a rendu célèbre entre la fin du vingtième siècle et le début du suivant. Abandonnant pour un temps les rôles plus sérieux qu'on lui a vu interpréter ces dernières années il incarne dans le cas présent le rôle de Tony, un pauvre benêt travaillant dans un garage pour le compte de Monsieur Roger (l'irrésistible et éternel Daniel Prévost) qui a bien du mal à ''intégrer'' tout ce qu'on lui dit. Alban Ivanov, qui depuis le milieu de la décennie précédente fait décidément partie du paysage français (pas moins de dix longs-métrages en quatre ans dont Le Grand Bain de Gilles Lellouche en 2018, Hors Normes de Olivier Nakache et Éric Toledano en 2019 ou encore Une Belle Équipe de Mohamed Hamidi cette année) incarne quant à lui le rôle un peu plus modeste de Willy. L'actrice et humoriste Florence Foresti interprète le personnage de Caroline Jamar tandis que Sarah Suco (Les Invisibles de Louis-Julien Petit), qui au même titre qu'Alban Ivanov s'avère très présente sur grand écran depuis quelques années.

Si les gags de Lucky ne décollent pas toujours et s'avèrent amusants sans être véritablement drôles, Olivier Van Hoofstadt peut tout de même également compter sur quelques secondes rôles et incarnations relativement réjouissantes. On pense bien évidemment à Daniel Prévost dont le visage, idée fort amusante, s'étale sur le côté de sa camionnette, à François Berléand qui campe le personnage de Daran, ce commissaire aussi corrompu que Caroline Jamar, à l'acteur franco-suisse Yoann Blanc qui excelle dans le rôle de l'inspecteur de l'IGS obsédé par la gente féminine (les photos que renferme son portable en sont une preuve flagrante) et notamment par Jamar qu'il tente de faire ''tomber'', à l'excellente Corinne Masiero (que Sarah Suco croisa d'ailleurs sur le tournage des Invisibles) dans son rôle de bisexuelle sadomasochiste, ou encore le toujours impayable Estéban que l'on retrouve dans la peau de Narcos, le nom de son personnage ne laissant alors pas la place à la moindre ambiguïté. Lucky est surtout parcouru d'une foule de petits détails amusants (le patron du bar proxénète) qui viennent ponctuer une comédie ayant malheureusement parfois du mal à convaincre. L'humour belge y transpire cependant à chaque réplique et c'est aux amateurs de comédies (légèrement) trash que le film semble dédié. Ne boudons pas notre plaisir et notre bonheur...

dimanche 7 avril 2019

Chamboultout d'Eric Lavaine (2019) - note d'Anna et moi : ★★★★★★★★☆☆




Si l'on avait dû parier sur la pérennité du cinéaste Eric Lavaine dans le paysage cinématographique français après la sortie de son désastreux Poltergay en 2006, ceux qui l'avaient peut-être d'ors et déjà enterré lui auraient sans doute ri au nez s'il leur avait lui-même prédit qu'il changerait son fusil d'épaule en se laissant glisser de la comédie vulgaire, bourrée de clichés et surtout pas drôle, à celle un peu plus profonde et surtout, beaucoup mieux écrite, treize ans plus tard. C'est donc le cas en cette année 2019 avec Chamboultout qui derrière son titre qui n'éclaire pas vraiment sur ses intentions (Humour dévastateur ou émotion portée à son paroxysme?) change carrément son fusil d'épaule, mais sans brutalité puisqu'au fil de sa filmographie, Eric Lavaine est parvenu à adoucir son approche de la comédie. Du plutôt convainquant Incognito, en passant par le médiocre Protéger et Servir, jusqu'aux sympathiques Barbecue (qui réconcilie Florence Foresti et Franck Dubosc avec leurs détracteurs), Retour Chez ma Mère (les débuts d'Alexandra Lamy chez le cinéaste) et L'Embarras du Choix, Eric Lavaine est parvenu à se rendre de plus en plus indispensable dans un pays où la comédie se veut de plus en plus formatée...

Chamboultout, effectivement, chamboule... tout... Ou presque puisque le réalisateur choisit davantage d'appuyer là où ça fait du bien plutôt que d'insister trop lourdement là où ça fait mal. Pourtant, le sujet écrit à six mains par le cinéaste lui-même aidé par Bruno Lavaine et Barbara Halary-Lafond aurait pu donner lieu à un authentique drame mais les dialogues et les différentes situations donnent surtout lieu à une succession de séquences savoureusement drôles. Il faut dire qu'Eric Lavaine est accompagné en cela par un casting des plus remarquable : à commencer par Alexandra Lamy et José Garcia qui, touchés par un drame (le second incarne Frédéric qui après un grave accident de la route et un coma de quatre mois environs est demeuré aveugle et victime de troubles cognitifs) tentent de surmonter cette épreuve depuis maintenant cinq années. C'est ainsi que Béatrice décide de faire publier « La Grande Traversée », un ouvrage qu'elle a décidé de consacrer à l'histoire qu'elle partage auprès de Frédéric mais à laquelle a participé leur entourage. Un livre dont le contenu ne plaira malheureusement pas à tout le monde puisqu'elle y a inscrit des anecdotes plus ou moins élogieuses envers ses proches. Un ouvrage qui sera au centre de discussions bruyantes et houleuses lors d'un week-end organisé par Béatrice...

Il aura donc fallut patienter plus d'une décennie pour assister à l'accomplissement d'un cinéaste pas toujours inspiré mais qui aura peu à peu réussit à convaincre son auditoire au point de signer sinon un chef-d’œuvre, du moins son meilleur film cette année. Difficile de trouver le moindre défaut à ce Chamboultout très amusant qui délivre un message très optimiste tout en étant très clairvoyant sur le comportement adopté par un panel d'individus aux traits de caractère parfois diamétralement opposés. Même les plus rigoristes et les plus vertueux ne pourront être que touchés par la sensibilité et le soin apporté jusque dans la description des personnages les moins impliqués (on pense notamment à l'actrice Claudine Vincent qui incarne la mère de Frédéric, Mamoune ou à l'amant de Béatrice interprété par l'acteur protugais Nuno Lopes). Mais après avoir assisté à cet émouvant déballage de sentiments, de rancœurs et de pardons où le rire s'offre une place de choix, il demeure quasiment impossible de dissocier nos deux principaux interprètes des remarquables Michaël Youn (oui, oui), Anne Marivin, Medi Sadoun, Michel Vuillermoz, Olivia Côte, Anne Girouard, Jean-François Cayrey, Ludivine de Chastenet, Guilaine Londez, et Nuno Lopes... Chamboultout est (et demeurera très certainement) l'une des meilleures comédies de cette première moitié de l'année 2019. A voir absolument...

dimanche 12 août 2018

Fatal de Michael Youn (2009) - ★★★★★★★☆☆☆



Alors làààààà !!!! je m'attendais à tout mais surtout pas à aimer çaaaaaa !!!! non, sans déc'. Michael Youn. Celui que je considérais encore il n'y a pas si longtemps comme l'une des engeances de la sous-culture Made in France sevrant la jeunesse du début du vingt et unième siècle à grand coups de Morning Live, et récemment sauvé du naufrage intellectuel grâce à de courageux cinéastes. En effet, depuis quelques années, l'acteur, scénariste, réalisateur et bouffon originaire de Suresnes allait nous prouver qu'il avait autre chose que du crottin sous la semelle de ses chaussures. Fatal est la preuve en musique et en images que les vieux cons comme moi peuvent être réconciliés avec cette forme d'art régressif dont les masses se délectent incompréhensiblement . A la seule condition, pourtant, que le produit fini nous soit présenté sous une forme parodique n'ayant pas la prétention de se prendre au sérieux. C'est en cela que le film de et avec Michael Youn est une réussite et surtout la preuve que le bonhomme est capable de se moquer de lui-même. Il ne faudra cependant pas considérer Fatal comme une simple pochade mais comme le constat réaliste et parfois amer du niveau culturel et intellectuel d'une partie de nos concitoyens.

En nous contant le récit du rappeur Fatal Bazooka (incarné par Michael Youn lui-même), de sa réussite médiatique jusqu'à sa déchéance, l'acteur-réalisateur en profite pour égratigner toutes les formes d'institutions devant lesquelles se pâment d'admiration et d'envie des milliers (millions ?) d'admirateurs et de groupies en chaleur. Producteurs, animateurs, journalistes, magazines, émissions de télévisions, et artistes s'en prennent plein... la gueule. Et avant tous les autres, Fatal Bazooka lui-même. Qui sous ce pseudo ronflant se cache le savoyard Robert Lafondue. Une star du rap bling-bling, numéro un des charts, produit par le producteur Tony Tarba, ami du compositeur Pedro Summer, du manager Bruce Keita, du prof de remise en fotme Hervé Willard, et marié à Athena Novotel. Lorsque débarque un jour Chris Prolls, la nouvelle star de l'electro-pop, la concurrence est dure pour Fatal Bazooka qui connaît alors une chute vertigineuse, lâché par ses fans, la presse (qui ne cessera de le harceler pour ses travers), son épouse, et son producteur. Le jeune rappeur n'aura d'autre solution que de retourner dans son pays natal, là où il choisit un jour d'abandonner les siens pour monter à Paris et connaître le succès que l'on sait.

Pour son premier film en tant que réalisateur, Michael Youn a mis les bouchées doubles. Dire que Fatal est une comédie explosive est un euphémisme. C'est surtout l'occasion pour l'acteur de mettre en avant son talent d'artiste comique, de scénariste et de metteur en scène. En effet, sur un scénario écrit en compagnie de Dominique Gauriaud, Jurij Prette et Isabelle Funano (qui incarne à l'écran le rôle de l'épouse de Fatal), il réalise une œuvre excentrique, parfois pipi-caca-vomi, assez vulgaire, mais ne souffrant quasiment pas de temps morts. Alors même qu'en terme général le type de bande-son proposée ici aurait fait hurler les vrais amateurs de musique, les compositions de X-Cell Ent. et de Mickaël Zibi font de véritables ravages. On rit à gorge déployée à l'écoute de textes incroyablement débiles, Michael Youn et Stéphane Rousseau (Chris Prolls dans le film) s'en donnant à cœur joie et ne dépareillant finalement pas du tout avec la production musicale actuellement proposée sur les grandes chaînes télévisées et les radios. Fatal multiplie les caricatures pour le bonheur des 'anti' et des 'Pro'. L'acteur-réalisateur emploie à cette occasions les gros moyens. Décors, costumes et casting sont au rendez-vous d'une fête à neuneu jouissive. Michael Youn se moque de la 'Biatch' attitude magistralement incarnée par Isabelle Funano, de la mode de 'l'auto-tune', ce logiciel correcteur de tonalité qui ne rend certainement pas hommage au vocoder de nos ancêtres, de la télé-poubelle et autre musique fast-food dont se délectent un temps le public avant de passer à autre chose.
Michael Youn tape dans le mille et convoque pour l'occasion une belle brochette d'interprètes : outre le canadien Stéphane Rousseau et Isabelle Funano, Fatal est l'occasion de retrouver le fidèle compagnon de route Vincent Desagnat, mais aussi Fabrice Eboué, Armelle, Ary Abittan, Jean Benguigui, Catherine Allégret, ainsi que le kick-boxeur Jérôme Le Banner qui excelle dans la peau de Hervé Willard. Un casting hétéroclite pour un long-métrage appelé à devenir culte... si cela n'est pas déjà fait...

vendredi 16 mars 2018

Sélection de 3 films à voir, à revoir... ou à éviter (6)

Retourner en arrière, remonter dans le passé, de quelques années. Une grosse dizaine à vrai dire, et passer des postérieurs Héros, La Traversée et Carbone au plus ancien Incontrôlable, c'est un peu comme de déguster un met raffiné avant de manger une vulgaire tambouille. Sur les conseils (mal)avisés d'un ami (désolé Christophe), j'ai donc opté pour une œuvre antérieure. Une comédie balourde, loin des rôles dramatiques qu'ont désormais l'habitude d'offrir les cinéastes à un Michael Youn, ma foi, pas aussi mauvais interprète que je l'aurai cru. C'est ainsi donc que l'on reprochera à l'ancien animateur du Morning Live d'avoir assez mal débuté sa carrière d'acteur en enchaînant des œuvres désarmantes de niaiseries. Dont cet Incontrôlable échappant justement à toute forme de raison d'être. Débile, oui. Vulgaire, certainement. Drôle... ? En de TRES rares occasions. A vrai dire, surtout au début, lorsque l'on découvre que le personnage de Georges, scénariste de métier, se réveille un matin avec la voix d'Eddy Murphy. Comprendre, la voix FRANCAISE de l'acteur américain. Et plus spécifiquement celle du film d'animation Shrek. Une situation originale qui n'est pas sans rappeler La Personne aux deux Personnes de Nicolas Charlet et Bruno Lavaine, une comédie là encore, assez faible incarnée par Daniel Auteuil et Alain Chabat. Originale, et grotesque, puisque malgré l'assurance dont fait preuve le nouvel et très collant alter ego du héros, sa voix à de quoi décourager n'importe quel spécimen de la gente féminine confronté au scénariste en mal d'inspiration. Même la jolie Hélène de Fougerolles aura bien du mal à garder son calme dans la peau de Manon, plus vieille amie du héros et en secret, très amoureuse de ce bêta de Georges qui va durant une heure trente, accumuler les bourdes.
Incontrôlable, c'est du lourd(ingue), et même, du très lourd(ingue). Allez, j'avoue, j'ai ri très fort. Une fois. Et un peu plus discrètement, à deux autres occasions. La première fois, lors d'un repas partagé entre Georges et son ami dentiste Roger interprété par Hippolyte Girardot dont on se demande encore ce qu'il est venu foutre dans une telle galère. Ne parlons même pas de Patrick Timsit dans la peau d'un David parfaitement insignifiant, de Régis Laspalès en prêtre (pas le pire personnage du film au demeurant), ou bien entendu, Thierry Lhermitte qui incarne sans doute le personnage le moins décourageant de cette comédie vraiment ratée. On s'en doute assez rapidement mais Michael Youn est doublé par la voix française officielle d'Eddy Murphy, l'acteur d'origine mauritanienne, Med Hondo. Bouffi, l'acteur s'est de plus astreint à un régime particulier à base de kebab qui lui a fait prendre plus de quinze kilos. On est cependant loin des trente kilos que pris l'américain Robert de Niro au tout début des années quatre-vingt pour les besoins du tournage de Raging Bull de Martin Scorsese. Toujours est-il que c'est à cause de ce long-métrage et de quelques autres également que la mauvaise réputation de Michael Youn le précède. Et c'est bien dommage car dorénavant, les cinéastes lui font confiance et lui confient des rôles du plus grande envergure. Que les réfractaires lui laissent alors une chance de leur prouver sa valeur, tout en évitant copieusement, bien sûr, ce furoncle cinématographique... ! ❤❤❤💔💔💔💔💔💔💔

Lorsque l'on s'écrase au sol, l'important, c'est de se remettre en selle. Sur un cheval, une bicyclette. Ou comme ici sur un fauteuil de cinéma. Ne jamais lâcher sa passion pour le cinéma malgré les désagréments que l'on peut rencontrer lorsque l'on est confronté à des contrariétés du même type que le film chroniqué précédemment. Sans Laisser de Trace renoue d'une manière générale avec ce que l'on attend d'un long-métrage en évacuant toute la misère que l'on peut ressentir devant ces heures perdues devant des films qui ne mériteraient même pas que l'on évoque leur titre. Le réalisateur, acteur et scénariste français Grégoire Vigneron mettait en scène en 2010, ce qui devait demeurer jusqu'à aujourd'hui comme son unique long-métrage. Une œuvre qu'il co-écrivit en compagnie d'un autre habitué du septième art, le cinéaste et scénariste Laurent Tirard, auteur dernièrement de l'excellent Le Retour du Héros avec Jean Dujardin et Mélanie Laurent. Sans Laisser de Trace a l'intelligence des thrillers français qui n'essaient jamais de copier leurs homologues américains, scandinaves ou sud-coréens. Valeur sûre du cinéma français, l'immense Benoît Magimel s'implique comme toujours avec force dans le rôle d’Étienne Meunier, PDG d'une entreprise florissante spécialisée dans les produits d'entretien. Un jour, alors qu'il vient de retrouver son ancien ami Patrick Chambon qu'il n'a plus revu depuis vingt ans, Étienne ressent le besoin de lui confier un secret qui le ronge depuis de nombreuses années. En effet, il y a longtemps, Étienne s'est approprié l'invention d'un homme, laquelle a fait depuis sa réussite professionnelle. Sur les conseils de Patrick, et afin de soulager sa conscience, Étienne et celui-ci se rendent chez cet homme bafoué afin de lui avouer l'outrage dont il s'est rendu responsable bien des années auparavant. Mais plutôt que de libérer sa conscience, Étienne va sans le vouloir se retrouver empêtré dans un engrenage dont il aura bien du mal à se sortir...
Un casting impeccable pour un thriller psychologique haletant, dont le scénario écrit avec concision ne souffre d'aucun défaut ni d'aucune sorte de maladresse. Preuve si l'en est que le cinéma français en a sous le coude lorsqu'il s'agit de nous conter des histoires aux multiples ramifications. Sans Laisser de Trace est l'exemple type de long-métrage qui assouvit les pulsions du spectateur avide de récits tout à la fois alambiqués et pourtant parfaitement limpides dans leur constructions. Grégoire Vigneron est un sacré pervers. L'enchaînement d'événements pouvant jouer sur la carrière et la vie privée du héros (un personnage, si l'on réfléchit un instant, qui n'est pourtant pas des plus remarquable moralement), est tel que l'on s'inquiète de la tournure que pourrait prendre son histoire personnelle. D'autant plus que Sans Laisser de Trace accumule les twists avec une régularité diabolique sans jamais empiéter sur le terrain du ridicule. Benoît Magimel y est énorme, comme à son habitude. François-Xavier Demaison incarne un Patrick Chambon inquiétant dans sa manière irraisonnée d'aborder la situation. Si les deux principaux interprètes emportent l'adhésion grâce à leur excellente interprétation, il serait dommage d'oublier Julie Gayet, Jean-Marie Winling, et Dominique Labourier formant à eux trois la compagne et la belle-famille du héros. Ou bien encore Stéphane de Groodt dans le rôle du collant inspecteur Kazinski, Léa Seydoux dans celui de Fleur, fille de François Michelet, incarné lui par l'acteur André Wilms (le très touchant Joseph de l'excellent Ôtez-moi d'un doute de Carine Tardieu). Sans Laisser de Trace n'est pas de ces thriller nerveux reposant sur des courses-poursuites et des séquences de gunfight. Non, le long-métrage de Grégoire Vigneron repose sur un scénario brillant reposant sur le principe des dominos. A voir, donc. Absolument ! ❤❤❤❤❤❤❤💔💔

Pas comme... Truands de Frédéric Schoendoerffer, fils de... Pierre Schoendoerffer. A force de trop vouloir faire dans le glauque, le sexe, la violence et la noirceur, le cinéaste français originaire de Boulogne-Billancourt ridiculise tout ce qu'il entreprend. Benoît Magimel prouve que l'on peut être un excellent acteur et avoir du mal à convaincre sous la direction d'un cinéaste qui, ici présent, paraît s'être laissé pousser des ailes en s'imaginant hypothétiquement être capable de tourner SON King of New-York, mais en réalité, sans jamais avoir dans ses valises cette petite chose que l'on appelle le talent. Du moins, pas cette fois-ci. Truands est grotesque, surenchérissant dans le domaine de l'horreur lorsque son personnage principal surjoué par l'acteur Philippe Caubère pète un câble et torture (avant de tuer) tout ceux qui nuisent à ses projets mégalomaniaques. Si seulement le personnage de Claude Corti s'était contenté de cela. Mais non, car la femme, qui n'aura jamais été aussi peu considérée qu'en la présente occasion, en prend plein le cul comme voudrait être formulée l'expression à la manière des propos orduriers qui parasitent sans cesse le troisième long-métrage de Schoendoerffer fils. L'acteur se croit sur les planches d'un théâtre à l'abandon, évoquant avec férocité quelques personnages de grands films noirs américains sans pour autant convaincre l'amateur de polars. Le scénario de Frédéric Schoendoerffer et Yann Brion croupit sous une montagne de dialogues d'une confondante vulgarité. La voyoucratie sous son aspect le moins 'noble ' pourrait-on envisager...
Aux allures, paraît-il, de docu-fiction (sûrement ces mouvements de caméra imprécis ou ces voix qui parfois disparaissent sous l'épuisante (et donc insupportable) bande-son), Truands déroule une intrigue qui elle, en contrepartie, ne fatiguera certainement pas les amateurs de thrillers psychologiques en recherche de sensations inédites. Schoendoerffer signe une œuvre bas du front. A peine survolée par un Benoît Magimel qui, certainement sans le vouloir, vient avant tout empocher son cachet d'interprète. Une navrante parenthèse avant l'efficace Dealer de Jean Luc Herbulot que je m’apprêtais à regarder juste après. Mais, ça c'est une autre histoire que je vous propose de vous raconter la prochaine fois... ❤❤❤💔💔💔💔💔💔💔

jeudi 8 mars 2018

Carbone d'Olivier Marchal (2017) - ★★★★★★★★☆☆



Après le précédent article consacré à l'excellent polar français de Gela Babluani, Money, le suivant est consacré au dernier long-métrage de l'acteur et réalisateur Olivier Marchal qui jusqu'à maintenant avait réalisé quatre films d'excellente facture dont le très sombre et pessimiste MR 73 avec Daniel Auteuil en 2008 et Les Lyonnais en 2011. Cette fois-ci, aux commandes d'un scénario écrit à quatre mains en compagnie d'Emmanuel Naccache, le cinéaste s'inspire d'une idée d'Ali Hajdi, elle-même inspirée d'un fait-divers ayant eu lieu entre septembre 2008 et juin 2009, lequel pris pour cadre la signature du protocole de Kyoto à l'issu duquel, l'Union Européenne s'engagea à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Un groupe d'escrocs profita alors de cette législation pour monter un réseau d'arnaques de grande ampleur. Longtemps après la French Connexion naissait la Carbone Connexion.

Sobrement intitulé Carbone, le dernier né d'Olivier Marchal est un thriller redoutablement efficace, qui ne fait ni dans la dentelle, ni dans l’œuvre familiale. Ici, tout y transpire la noirceur. L'intrigue tourne tout d'abord autour du personnage incarné par l'excellent Benoît Magimel, déjà présent dans le précédent film chroniqué en ces pages. Antoine Roca, ce PDG d'une entreprise au bord de la faillite, contraint de déposer le bilan. Marié à Dana et beau-fils d'Aron Goldstein, riche et impitoyable homme d'affaire qui le méprise, Antoine doit se refaire s'il veut pouvoir sauver la trentaine d'employés que la fermeture de son usine va mettre sur le carreau. C'est ainsi que son ami et avocat Laurent Melki le met sur une piste qui pourrait lui permettre de se faire beaucoup d'argent : tenter une fraude à la TVA sur les quotas de carbone de grande ampleur. Pour cela, il fait appel à ses deux meilleurs amis, les frères Eric et Simon, les fils de Dolly Wizman, il est aiguillé vers Kamel Dafri, un très dangereux trafiquant de drogue qui accepte de lui prêter cinq millions d'euros, en contrepartie desquels, Antoine et les deux frères devront lui reverser le double dès qu'ils auront réussi leur coût. Mais en choisissant de faire appel à « l'arabe », ils vont plonger tous les trois dans un tourbillon de mort qui fera également des dégâts collatéraux.

Une véritable gifle. Voilà ce qui ressort du dernier long-métrage d'Olivier Marchal. Pas aussi noir que MR 73 mais sans conteste, aussi désespéré, Carbone ne souffre que d'un seul gros défaut qui, fort heureusement, se fera assez vite oublier dès lors que la Broyeuse sera entrée en action. Ce problème qui aurait pu faire chavirer le navire, c'est justement ce coup inspiré de la Carbone Connexion. Les personnages mettent en effet en place tout un réseau bien huilé consistant à profiter de la législation citée plus haut afin de détourner des fonds très importants. Le problème, c'est qu'Olivier Marchal y va un peu trop rapidement, rendant du coup cette phase du récit peu crédible. Un peu trop facile en réalité. Mais dès que la réussite des trois amis intéresse le très gourmand Kamel Dafri (impressionnant Moussa Maaskri), tout est oublié et l'on assiste impuissant à la chute d'Antoine, d'Eric, de Simon et de leurs familles respectives. Gérard Depardieu incarne le monstrueux Aron Goldstein et prouve une fois encore qu'il est non seulement capable d'interpréter des types vraiment affreux, mais qu'il a encore beaucoup de choses à offrir au public.

Le casting est en la matière, tout à fait remarquable. Grâce à la mise en scène concise d'Olivier Marchal et au montage de Julien Perrin et Raphaele Urtin, Laura Smet, Idir Chender, Gringe, la chanteuse Dani et même Michael Youn (qui décidément prouve de plus en plus sa valeur d'interprète) incarnent des personnages déchirés et passionnants. Une fois encore, le paysage cinématographique français peut s’enorgueillir d'avoir en sa possession un véritable joyau du thriller français. Benoït Magimel y est aussi sombre que lumineux. A voir sans modération...

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