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samedi 19 août 2023

La Plus Belle Pour Aller Danser de Victoria Bedos (2023) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Derrière son titre passe-partout, son affiche d'une rare laideur et sa réalisatrice dont on ne savait jusque là encore pas grand chose, le film La Plus Belle Pour Aller Danser de Victoria Bedos avait toutes les chances de finir dans les bacs à un euro des magasins hard-discount. C'est d'ailleurs le sort que certains spectateurs et critiques lui destineront dès sa sortie. Il faut dire que cette comédie a la lourde tâche, une fois encore, de sortir le genre du marasme dans lequel la plupart des longs-métrages le plongent depuis bien des années maintenant. Si beaucoup ont abandonné tout espoir, il en demeure qui comme votre serviteur présument que ce jour arrivera. La Plus Belle Pour Aller Danser est pourtant bien l'un de ces petits miracles qui voient le jour tous les deux ou trois ans, n'en déplaise aux plus anciens qui ne révèrent que les comédies du milieu jusqu'à la fin du siècle dernier. Et pourtant, dans celle-ci, ne retrouvons-nous pas l'une des idoles de l'une de ces décennies perdues ? Trônant moins en évidence sur l'affiche du film que la jeune actrice Brune Moulin qui porte en très grande partie le film sur ses épaules, nous retrouvons en effet l'acteur Pierre Richard dans le rôle d'Albert, l'un des locataires d'une pension de famille où trôneront à ses côtés, quelques vieilles figures du cinéma français. Bien qu'elle porte le même patronyme que ce dernier, Firmine Richard n'a bien entendu aucun lien de parenté avec Pierre Richard mais ne s'est pas moins rendue célèbre grâce à son tout premier rôle au cinéma en 1989 dans l'excellent Romuald et Juliette de Coline Serreau dans lequel elle interprétait une femme de ménage. Parmi la vieille garde, nous retrouvons l'ancien Deschiens Olivier Saladin, Patrick Roux ou encore Guy Marchand. Les personnages qu'ils incarnent sont, au fond, très secondaires au regard de ceux qu’interprètent Loup Pinard et surtout Brune Moulin, laquelle tient efficacement la dragée haute à ses aînés. Certains devront sans doute s'armer de patience pour ne pas se laisser rebuter par des débuts qui fleurent bon l'ostéoporose, l'arthrose ou la polyarthrite rhumatoïde !


''Encore un film avec des vieux'' auront la tentation de d'affirmer certains... avant de revoir leur copie devant cette comédie légère au sujet ultra-rebattu d'une adolescente de quatorze ans amoureuse du nouvel élève qui vient d'arriver dans sa classe. Leur avis se muant alors en un ''Encore des mioches, toujours des mioches et pas un brin d'imagination'' que contrariera fort heureusement une dernière partie beaucoup plus convaincante. Pas sûr, pourtant, que tout le monde tienne jusque là. Ce qui serait dommage. Fille de Guy et sœur de Nicolas, Victoria Bedos signe donc son premier long-métrage et ''réinterprète'' de manière étonnante un sujet qui fait grand bruit bien qu'il ''n'intéresse'' qu'une très petite minorité. L'identité sexuelle des tous jeunes étant devenue l'une des préoccupations majeures de celles et ceux qui ne parviennent pas à remplir sainement leurs journées, Victoria Bedos nous épargne fort heureusement les aspects les plus crapuleux et les plus sordides du sujet en confrontant une adolescente mal dans sa peau qui du jour au lendemain va trouver l'amour au bras d'une très beau jeune garçon malheureusement (pour elle) homosexuel. Bien que La Plus Belle Pour Aller Danser soit le premier film dans lequel elle apparaît, la jeune Brune Moulin parvient sans mal à faire ses preuves dans le double-rôle de Marie-Luce Bison et de Léo. La transformation de la jeune fille en faux adolescent mimant la gestuelle et l'attitude générale des garçons de son âge fait parfaitement illusion. La jeune actrice est attachante jusque dans la démarche de son personnage, sa rébellion caractérisée par de très discrètes marques de rejet vis à vis de son père et des pensionnaires. La présence en tant que ''conseiller'' de Pierre Richard paraît finalement des plus minimes et si l'on devait choisir celui qui réellement se hisse à la hauteur de la jeune actrice, il semble évident que le nom qui viendrait à l'esprit en premier serait celui de Philippe Katerine. Car derrière cette douce attitude et cette naïveté qu'il intègre au personnage de Vincent Bison se cache une profonde blessure qui hante en sourdine le long-métrage jusqu'à cette très émouvante séquence lors de laquelle l'acteur est filmé en gros plan. Ne nous laissons donc pas rebuter par la l'apparente simplicité du l'écriture puisque La Plus Belle Pour Aller Danser est une très jolie surprise. Et croisons les doigts pour retrouver très rapidement Brune Moulin sur grand écran...

 

samedi 28 mars 2020

Christ(off) de Pierre Dudan (2017) - ★★★★☆☆☆☆☆☆


 
Dix mois après Coexister de Fabrice Eboué sortait sur les écrans de cinéma Christ(off) de Pierre Dudan. De là à dire que le réalisateur et scénariste a pompé l'excellente comédie de l'humoriste français auteur de trois one man show dont un premier Faites entrer Fabrice Éboué agréablement irrévérencieux, il n'y a qu'un pas. Il ne suffit pas toujours de changer quelques notes à une composition pour tromper le mélomane comme il ne suffit pas davantage de modifier quelques lignes de dialogue ou une partie d'un scénario pour éviter d'être taxé de plagiaire. Le long-métrage de Fabrice Éboué nous contait l'histoire d'un producteur de musique créant un groupe constitué d'un prêtre, d'un rabbin et d'un faux imam. Celui de Pierre Dudan tourne autour du père Marc, lequel forme un groupe de musique chrétienne composé du Père Bernard, du Père Luc, du Frère Julien et du Frère Christophe, ce dernier n'appartenant en réalité, pas du tout au clergé. L'objectif des héros de Coexister était de monter à Paris pour donner un concert à l'Olympia. Celui de Christ(off) est quant à lui pour ses personnages de remporter un concours afin de récolter des fonds suffisants afin de faire construire un hôpital pour enfants à Haïti...

Au générique, Michael Youn (Le Morning Live, Fatal, Carbone), Lucien Jean-Baptiste (Caméra Café, Turf, Fonzy, La Deuxième Étoile), l'humoriste Jarry (Entre fous émois), le demi-frère d'Alexandre Astier, Simon (Kaamelott, Denis, L'Embarras du choix) et Bernard Le Coq qui demeurera muet une grande partie du film. Autour de ce quintet, l'actrice Victoria Bedos, fille du célèbre humoriste Guy Bedos, incarne Jeanne, la régisseuse du groupe. Le réalisateur offre en outre un petit rôle à l'acteur/rappeur Joey Starr. Entre répétitions, concerts dans les chapelles de petits villages, et conflits entre membres, Christ(off) propose un schéma relativement classique qui fait très peu de vagues en comparaison des nombreuses tentatives du réalisateur et de ses interprètes de nous arracher des rires. Et pourtant, force est de reconnaître qu'entre Christ(off) et Coexister, la comparaison s'arrête à la frontière des faits évoqués au dessus puisque le premier ne parvient jamais à reproduire ce qui faisait le charme du second.

Pierre Dudan a beau tenter d'inclure quelques références sexuelles et autant d'obscénités, le résultat est d'une telle vacuité qu'il ne parvient même pas à entacher la robe de bure de ses interprètes (aurait-il osé s'attaquer à l'Islam comme il s'amuse des stéréotypes entourant l’Église? Pas certain...). Et lorsqu'il tente un clin d’œil facile vers l'Intouchables d'Éric Toledano et Olivier Nakache, l'effet passe sur le spectateur comme un voile d'indifférence. De quoi demeurer circonspect devant l'inefficience crasse de gags éculés que le vulgaire ne parvient jamais à rehausser. C'est donc sans effets probants que le réalisateur et scénariste réalise une comédie qui se laisse contempler sans pour autant dérider le spectateur. Les gags à deux balles déroulent leur séquence sans avoir jamais aucune conséquence sur son humeur (la Cène, le chemin de croix). Tout juste pourra-t-on accorder à défaut d'autre chose, le soin apporté aux quelques chansons écrites et interprétées par le groupe Les Apôtre, plutôt entraînantes. Pour le reste, Christ(off) ressemble à ce qu'aurait pu être Coexister s'il sa réalisation avait été mise entre les mains d'un réalisateur peu inspiré...

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