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dimanche 5 octobre 2025

Anges & cie de Vladimir Rodionov (2025) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Influencé par certaines critiques découvertes ça et là et moins par le récit de personnages accompagnés de leur ange gardien respectif, nous nous sommes lancés dans la projection d'Anges & cie du réalisateur, scénariste et producteur Vladimir Rodionov qui pour son premier coup d'essai sur grand écran signe l'une des meilleures comédies françaises d'une année relativement peu riche en la matière. Car à moins que l'on aime voir évoluer des actrices et acteurs qui n'en ont que le nom dans des œuvres d'une bêtise et d'une médiocrité qui sont désormais la marque de fabrique d'un certain cinéma hexagonal depuis quelques années, 2025 n'aura malheureusement pas marqué le retour de la comédie telle qu'elle fut appréciée durant de longues décennies. Probablement que Anges & cie ne pourra pas compter parmi les futurs classiques du genre mais alors que l'on demande à ce genre de long-métrage de nous divertir et au pire, de nous faire rire ne serait-ce qu'à deux ou trois occasions, le film de Vladimir Rodionov remplit parfaitement son contrat. Certains vous diront que le coup de la romance réunissant deux protagonistes qui a priori ne devaient pas se rencontrer ni encore moins s'aimer pour finalement finir ensemble n'est pas tout neuf, et c'est vrai. Que l'idée de les faire suivre par leurs anges gardiens aurait pu avoir pour résultat d'être aussi stupide que Les anges gardiens que réalisa Jean-Marie Poiré en 1995 et pourtant, derrière cette comédie légère se caches un script savamment orchestré par le réalisateur lui-même ainsi que par Romain Lancry et Navo. Le film tenterait à démontrer que nous ne sommes jamais vraiment maîtres de nos pensées et de nos actions. Mais sans doute existe-t-il certains paramètres qui permettraient de passer outre cette petite voix qui trotte dans nos tête et qui guide nos pas sans que nous en ayons vraiment conscience. Anges & cie tourne principalement autour de quatre personnages. À commencer par Léa (Shirine Boutella) et Paul (Julien Pestel). L'un et l'autre se croisent un jour dans un ascenseur qui va tomber en panne. On ne sait pas s'ils vont être à ce moment là véritablement victimes du fameux coup de foudre mais la première va proposer au second de lui donner son numéro de téléphone. Une rencontre inopinée, imprévue, qui va contrecarrer les ambitions de Raphaëlle (Élodie Fontan), l'ange-gardien de Paul qui selon l'archange Nathanaël (Simon Astier) doit bénéficier d'une promotion pour devenir elle-même très prochainement le nouvel archange...



Un événement qui n'arrive qu'une fois tous les cent ans et que la jeune femme n'a pas l'intention de laisser passer. Alors qu'elle a toujours parfaitement accompli sa mission, Raphaëlle rencontre quelques difficultés s'agissant de Paul. En effet, dix ans ont passé depuis la rencontre entre Léa et Paul qui depuis ne se sont plus revus (vous saurez d'ailleurs pourquoi). Alors que celui-ci doit rejoindre à Rome sa future femme Chloé (Joséphine Draï) pour l'épouser, Raphaëlle va avoir dans les pattes Gabriel (Romain Lancry), l'ange-gardien de Léa. La jeune femme elle aussi doit rejoindre Rome pour faire la connaissance de son père qu'elle n'a pas connu avant que celui-ci ne meurt d'une grave maladie. L'urgence pour Léa et Paul étant donc de rejoindre Rome le plus rapidement possible et tandis que les réseaux aériens et de chemins de fer se sont mis en grève, voici que par le plus grand des hasards, les deux jeunes gens se retrouvent coincés au même endroit. Les retrouvailles sont chaleureuses et l'un et l'autre se proposent de partir ensemble pour Rome à bord d'une voiture de location. Au grand dam de Raphaëlle et au plaisir de Gabriel qui tout deux vont les accompagner... Sorte de road-movie humorstico-fantastique, Anges & cie est une comédie fraîche, drôle et divertissante. Une œuvre qui jamais ne se moque des croyances qu'elle invoque. Comme l'existence réelle ou non de Cupidon (rôle qui va à merveille à François Berléand) ou de Séraphin, l'ange connu comme étant le plus digne d'entre tous et qui dans ce cas précis est féminisé puisque incarné par Zabou Breitman. Notons en outre la présence de l'acteur Loup-Denis Elion dans le rôle d'Amiel, l'ange-gardien de Chloé. Anges & cie, c'est aussi un peu l'angélologie pour les nuls. Ou comment comprendre la différence entre anges, déchus ou non, et archanges. Où l'usage du terme ''incarnation'' nous est enfin explicité ! L'on apprend même quel peut avoir pour raison précise la plongée d'hommes et de femmes dans le coma. Une vision de la chose aussi drôle qu'intelligente. Émotion également lorsque Léa retrouve enfin son père avant que celui-ci n'aille rejoindre ce long couloir qui mène à une lumière aveuglante... Bref, Anges & cie est une très bonne surprise, bien écrite, très drôle, parfois émouvante et accompagnée par l'excellente musique électronique de Baptiste Lagrave. Ceux qui connaissent Rone peuvent d'ors et déjà se faire une idée de sa qualité...

 

samedi 28 mars 2020

Christ(off) de Pierre Dudan (2017) - ★★★★☆☆☆☆☆☆


 
Dix mois après Coexister de Fabrice Eboué sortait sur les écrans de cinéma Christ(off) de Pierre Dudan. De là à dire que le réalisateur et scénariste a pompé l'excellente comédie de l'humoriste français auteur de trois one man show dont un premier Faites entrer Fabrice Éboué agréablement irrévérencieux, il n'y a qu'un pas. Il ne suffit pas toujours de changer quelques notes à une composition pour tromper le mélomane comme il ne suffit pas davantage de modifier quelques lignes de dialogue ou une partie d'un scénario pour éviter d'être taxé de plagiaire. Le long-métrage de Fabrice Éboué nous contait l'histoire d'un producteur de musique créant un groupe constitué d'un prêtre, d'un rabbin et d'un faux imam. Celui de Pierre Dudan tourne autour du père Marc, lequel forme un groupe de musique chrétienne composé du Père Bernard, du Père Luc, du Frère Julien et du Frère Christophe, ce dernier n'appartenant en réalité, pas du tout au clergé. L'objectif des héros de Coexister était de monter à Paris pour donner un concert à l'Olympia. Celui de Christ(off) est quant à lui pour ses personnages de remporter un concours afin de récolter des fonds suffisants afin de faire construire un hôpital pour enfants à Haïti...

Au générique, Michael Youn (Le Morning Live, Fatal, Carbone), Lucien Jean-Baptiste (Caméra Café, Turf, Fonzy, La Deuxième Étoile), l'humoriste Jarry (Entre fous émois), le demi-frère d'Alexandre Astier, Simon (Kaamelott, Denis, L'Embarras du choix) et Bernard Le Coq qui demeurera muet une grande partie du film. Autour de ce quintet, l'actrice Victoria Bedos, fille du célèbre humoriste Guy Bedos, incarne Jeanne, la régisseuse du groupe. Le réalisateur offre en outre un petit rôle à l'acteur/rappeur Joey Starr. Entre répétitions, concerts dans les chapelles de petits villages, et conflits entre membres, Christ(off) propose un schéma relativement classique qui fait très peu de vagues en comparaison des nombreuses tentatives du réalisateur et de ses interprètes de nous arracher des rires. Et pourtant, force est de reconnaître qu'entre Christ(off) et Coexister, la comparaison s'arrête à la frontière des faits évoqués au dessus puisque le premier ne parvient jamais à reproduire ce qui faisait le charme du second.

Pierre Dudan a beau tenter d'inclure quelques références sexuelles et autant d'obscénités, le résultat est d'une telle vacuité qu'il ne parvient même pas à entacher la robe de bure de ses interprètes (aurait-il osé s'attaquer à l'Islam comme il s'amuse des stéréotypes entourant l’Église? Pas certain...). Et lorsqu'il tente un clin d’œil facile vers l'Intouchables d'Éric Toledano et Olivier Nakache, l'effet passe sur le spectateur comme un voile d'indifférence. De quoi demeurer circonspect devant l'inefficience crasse de gags éculés que le vulgaire ne parvient jamais à rehausser. C'est donc sans effets probants que le réalisateur et scénariste réalise une comédie qui se laisse contempler sans pour autant dérider le spectateur. Les gags à deux balles déroulent leur séquence sans avoir jamais aucune conséquence sur son humeur (la Cène, le chemin de croix). Tout juste pourra-t-on accorder à défaut d'autre chose, le soin apporté aux quelques chansons écrites et interprétées par le groupe Les Apôtre, plutôt entraînantes. Pour le reste, Christ(off) ressemble à ce qu'aurait pu être Coexister s'il sa réalisation avait été mise entre les mains d'un réalisateur peu inspiré...

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