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vendredi 12 décembre 2025

Les boules de Noël d'Alexandra Leclère (2024) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Vite, vite, vite, écrivons un article au sujet du dernier long-métrage d'Alexandra Leclère intitulé Les boules de Noël avant que le titre ne soit interdit et qu'il soit transformé en Boules de fin d'année ! , Mais trêve de plaisanterie... La réalisatrice du Prix à payer en 2007, du Grand partage en 2015 ou encore de Garde Alternée en 2017 a semble-t-il ''pété un plomb'' ! Tandis qu'elle n'a rien fait ou presque depuis la sortie des Boules de Noël le 27 novembre 2024, Alexandra Leclère a commis l'une de ces comédies qui partagent le public. Entre ceux qui rejettent toute forme de vulgarité et ceux qui voient dans de simplistes transgressions, le moyen de faire parler de soit. Les boules de Noël est une comédie française intellectuellement régressive, ''pipi-caca'', et au fond, pas très originale. S'inscrivant dans cette coutume de fin d'année que certains aimeraient sans doute voir disparaître et durant laquelle les familles se réunissent autour d'un bon feu de cheminée et d'un sapin de Noël, la réalisatrice et scénariste française réunit tout un cheptel d'interprètes de diverses générations. A commencer par les plus anciens, Machal Méril et Jackie Berroyer qui incarnent respectivement Simone et André, les parents et grands-parents d'une famille qui va donc se réunir le soir du réveiller de Noël. L'intrigue se déroulant dans la demeure des Leroy, Nathalie (Valérie Bonneton)et Antonin (Kad Merad) convient comme chaque année leurs filles Sandrine et Charlotte (Louise Massin et Rosa Bursztein) et leur fils Stéphane (François de Brauer). Notons que si la plus jeune, Charlotte, assume pleinement d'être végane et célibataire, Sandrine est l'épouse de Jean-Paul (Estéban) avec lequel elle a eu deux fils dont le plus âgé est atteint d'un très fort strabisme. Les boules de Noël démarre alors que Nathalie et Antonin sont en pleine consultation avec leur psychiatre (incarné par Laurent Stocker). Tandis qu'ils évoquent la malédiction dont semble être touchée la famille à chaque fête de fin d'année, Nathalie évoque l'idée de ne pas fêter Noël cette année afin d'éviter toute catastrophe. À l'occasion de cette première partie, Alexandra Leclère filme quelques situations vécues par le couple et par les membres de la famille. Des séquences majoritairement regroupées dans la bande-annonce qui circula sur les réseaux avant la sortie du long-métrage sur grand écran... Nathalie prend finalement la décision d'inviter un marabout (l'acteur franco-sénégalais Bass Dhem dans le rôle de Maître Bangus) qui à la fin de la visite de leur demeure leur conseille de réunir TOUTE la famille.


Leurs trois enfants, leurs deux petits-fils, le beau-fils, la nouvelle compagne de Stéphane ainsi que... Nicole, la sœur de Nathalie qui depuis plus de trente ans vit au Brésil et n'a plus jamais donné de nouvelles... Le gros de l'intrigue se déroule ensuite lors des festivités de fin d'année. Toute la famille est donc à nouveau réunie mais ce que Nathalie ne sait pas, c'est qu'Antonin a pris la décision d'inviter sa belle-sœur Nicole afin de briser la malédiction... Se déroulant de manière relativement classique, Les boules de Noël oppose plusieurs générations, nourrissant des querelles internes qui malgré le temps ne se sont pas effacées. Les discordes sont nombreuses, entre les deux sœurs, l'une étant moquée pour ses choix moraux et l'autre pour son embonpoint. Quant au frère,chaque année c'est la même chose.Il débarque à chaque fois avec une nouvelle petite amie. L'arrivée de Nicole va soulever une problématique qui remonte à des décennies et que l'on devine très en amont. Généreux en gags, Les boules de Noël verse même parfois dans une certaine idée de la comédie trash. Le 'pipi-caca'' en question. Imaginons un seul instant quel cerveau ''malade'' a pu accoucher d'une idée aussi peu ragoutante que de faire boire à la grand-mère Simone un verre d'urine directement prélevé à la source par le beau-fils Jean-Paul. Pire, comment envisager que Charlotte ait eu l'idée encore plus dégueulasse de prélever l'étron déposé dans la cuisine familiale par son chien afin de recouvrir la part de la bûche au chocolat qu'elle a réservé à son frère Stéphane ? Si l'on considère que le concept peut en effet faire l'objet d'un gag, on peut tout aussi bien trouver l'idée inappropriée pour une comédie de fin d'année. On l'aura compris, tout cela ne vole pas très haut et pourtant, il arrive que l'on rigole de bon cœur devant une Valérie Bonneton en roue libre et un Kad Merad qui fait tout pour apaiser la situation. Les gags faciles s'enchaînent, comme le fils qui ramène chaque année une nouvelle copine d'origine à chaque fois différente ou lorsque Noémy Lvovsky, dans le rôle de Nicole, tente de s'attirer les faveurs de ses neveu et nièces et d'Antonin tandis que sa sœur commencer à chauffer comme une pile. Bref, c'est léger, parfois crade, de quoi passer un moment sympa... sans plus...

 

lundi 10 janvier 2022

Haters de Stéphane Marelli (2021) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

D'une profondeur inouïe, Haters de Stéphane Marelli s'est pris et continue à se prendre de monumentales gifles de la part de la presse et du public. C'est à se demander si les uns et les autres ont sur relever la portée philosdophique du message qu'à voulu transmettre le réalisateur dont il s'agit ici du premier long-métrage. Véritable phénomène de société, les youtubeurs font désormais partie du paysage médiatique mondial. Avec leurs fanatiques, ces millions de followers qui ne manqueraient pour rien au monde les dernières vidéos mises en ligne par ces idoles d'un nouveau genre qui pullulent sur la toile et gagnent ainsi leur vie. Avec leurs détracteurs également, ces individus dont la fonction est de venir polluer leurs comptes de messages orduriers, avilissants, tout aigris qu'ils sont et parfois incapables de produire eux-même leurs propres vidéos ! C'est pourquoi Haters doit figurer parmi les œuvres essentielles, à l'écriture intelligente, clairvoyante et admirablement interprétées. Fouillant les tréfonds de l'âme humaine pour en extirper ce qu'elle a de plus beau mais aussi de plus vil........................ Voilà ce que j'aurais aimé pouvoir dire du long-métrage de Stéphane Marelli..................... si seulement Haters avait pu être autre chose qu'une énième erreur de parcours dans la filmographie de Kev Adams, cet ''humoriste'' pour adolescent(e)s attardé(e)s qui ne parvient décidément pas à prouver qu'il n'est rien d'autre qu'un concept insignifiant qui d'une certaines manière est peut-être après tout, un génie. Car comment expliquer cette faculté exceptionnelle qui est la sienne lorsqu'il s'agit, film après film, de s'enfoncer un peu plus profondément dans l'indigence ? Un sacerdoce ? Sans doute, oui. Une aptitude à s'entourer de metteurs en scène tout juste capables de l'ériger au rang de piètre acteur comique (Pierre-François Martin-Laval, Arthur Benzaquen, Lionel Steketee, Fabien Onteniente)...


Dans Haters, la vedette au chignon est entourée d'une pléthore de seconds rôles qui ne parviennent jamais à élever le curseur comique. Tout ou presque y est indigent. Volontiers caricatural, le film de Stéphane Marelli se veut sans doute comme une étude du phénomène de youtubeur et des haters qui par la voie de l'insulte le poursuivent à travers les réseaux sociaux. On ne peut pas dire que le réalisateur ait choisi le plus intelligent d'entre eux puisque Thomas le Lama (pseudo sous lequel se cache le personnage qu'interprète Kev Adams) propose des vidéos aussi miséreuses que sa propre personnalité (obsédé par son compte youtube, il en oublierait presque sa relation avec sa petite amie) mais qui ont attiré jusque là un millions de fidèles. Du moins, jusqu'à ce que soit révélée une vidéo qui fera chuter son audience et attirera des malveillants (les haters du titre) et sous laquelle ils s'acharneront à l'insulter jusqu'à même souhaiter sa mort. D'où l'idée de Thomas d'aller sonner à la porte de ses détracteurs afin d'obtenir des explications quant à leurs insultes ainsi que des excuses. Accompagné de son seul véritable ami Kualalumpur (l'acteur et chanteur Estéban qui demeure encore celui qui s'en sort le mieux) armé d'une caméra, Thomas fait le tour du pays à la rencontre de personnages tous plus bigarrés les uns que les autres. Si sur le papier, le concept est intéressant, le résultat à l'écran est désastreux. D'abord parce que le film, censé être une comédie, n'est pas drôle, mais aussi et surtout parce qu'y viennent s'y corrompre des actrices et acteurs qui auraient mieux fait de rester couchés chez eux lors du tournage...


Alors que Jean-Claude Van Damme semble peu à peu renaître de ses cendres depuis quelques années, il aura fallut seulement deux réalisateurs et deux films français pour qu'en 2021 on se pose des questions sur la pérennité de sa carrière à venir. Haters donc, dans lequel l'acteur belge est tout bonnement affligeant, mais également l'immonde Le Dernier Mercenaire de David ''tâcheron'' Charhon dans lequel il était déjà douloureux de le voir apparaître. Déjà que l'actrice Nadia Farès est devenue relativement rare sur nos écrans, on se demande ce qui a pu motiver sa présence à l'écran dans le ridicule rôle de la gitane Matcha Mama. Et que dire de Fred Testot, Sara Forestier, Philippe Lacheau, Frank Dubosc, Vincent Desagnat ou bien même de l'acteur américain William Baldwin auxquels sont ''offert'' des lignes de dialogues d'une assourdissante connerie ? Curieusement, ce qui pouvait fonctionner chez le Laurent Baffie des Clés de bagnole est ici anéanti. On comprend mieux lorsqu'est évoqué le nom du scénariste : Romuald Boulanger. L'homme responsable en 2020 du nullissime All Inclusive. Ce sous-Bronzés moins amusant qu'une cérémonie d'enterrement ! Il n'y a donc décidément rien à soutirer à Kev Adam auquel Estéban qui avec son look et son accent a tout de même le culot de lui voler la vedette. Inutile de s'attarder sur ce nouvel échec de la comédie française que l'on conseillera uniquement à une certaine catégorie de youtubeurs. À noter tout de même la présence à l'écran de l'acteur Pascal Demolon qui, sans sauver le film (faut pas rêver), lui évite le naufrage complet dans le rôle de l'ancien graphiste dépressif. À part ça, rien à signaler...

 

vendredi 27 mars 2020

Lucky d'Olivier Van Hoofstadt (2020) - ★★★★★★★☆☆☆



Inutile de jeter un œil sur la fiche technique de Lucky pour se douter que le réalisateur et scénariste belge Olivier Van Hoofstadt se cache derrière. À dire vrai, avec son dernier long-métrage, le cinéaste propose une sorte de mixture entre son insurpassable comédie culte Dikkenek de 2006 et le film d'action Go Fast qu'il réalisa deux ans plus tard. En réalité, Olivier Van Hoofstadt n'emprunte à ce dernier que quelques rares éléments mais balance à la gueule des spectateurs une comédie absurde et délirante mais malheureusement pas tout aussi convaincante que son premier long-métrage. Ce qui n'empêche pas Lucky d'être relativement ambitieux en se penchant sur le cas de Willy et de son pote Tony. Le premier a perdu son chien et vient d'être licencié. Effet boule de neige : il risque de surcroît de perdre son logement. Tony est père d'un jeune adolescent mais divorcé de son ex, il lui doit plusieurs mois de pension alimentaire. Étant comme son meilleur ami sans le sou, les deux hommes sont dans la galère. Un jour, une idée lumineuse brille dans l'esprit de Willy. Lors d'une exhibition canine lui vient celle de voler un chien de détection appartenant à la brigade des stupéfiants. Persuadé de pouvoir grâce à son aide détecter des planques de drogue dans leur quartier, Willy appelle son nouveau compagnon Lucky. Mais alors que les deux amis s'attendaient à tomber sur de petites marchandises de cannabis, il mettent à jour plus d'une tonne de résine enfermée dans un garage. C'est là qu'intervient Caroline Jamar, flic ripoux et ambitieuse qui espère prendre prochainement la place du commissaire Daran qui a prévu de bientôt prendre sa retraite. Mais afin de l'appuyer pour qu'elle puisse passer commissaire, Daran exige la somme de trois-cent mille euros...

Ambitieux, le dernier long-métrage d'Olivier Van Hoofstadt l'est, puisque constitué d'un casting aussi hétéroclite qu'impressionnant dans le nombre de vedettes. C'est ainsi que l'on retrouve au générique de Lucky l'acteur Michael Youn qui depuis le début de l'année a tourné dans deux films dont Divorce Club qu'il a lui-même réalisé. Un rôle à la hauteur du personnage qui l'a rendu célèbre entre la fin du vingtième siècle et le début du suivant. Abandonnant pour un temps les rôles plus sérieux qu'on lui a vu interpréter ces dernières années il incarne dans le cas présent le rôle de Tony, un pauvre benêt travaillant dans un garage pour le compte de Monsieur Roger (l'irrésistible et éternel Daniel Prévost) qui a bien du mal à ''intégrer'' tout ce qu'on lui dit. Alban Ivanov, qui depuis le milieu de la décennie précédente fait décidément partie du paysage français (pas moins de dix longs-métrages en quatre ans dont Le Grand Bain de Gilles Lellouche en 2018, Hors Normes de Olivier Nakache et Éric Toledano en 2019 ou encore Une Belle Équipe de Mohamed Hamidi cette année) incarne quant à lui le rôle un peu plus modeste de Willy. L'actrice et humoriste Florence Foresti interprète le personnage de Caroline Jamar tandis que Sarah Suco (Les Invisibles de Louis-Julien Petit), qui au même titre qu'Alban Ivanov s'avère très présente sur grand écran depuis quelques années.

Si les gags de Lucky ne décollent pas toujours et s'avèrent amusants sans être véritablement drôles, Olivier Van Hoofstadt peut tout de même également compter sur quelques secondes rôles et incarnations relativement réjouissantes. On pense bien évidemment à Daniel Prévost dont le visage, idée fort amusante, s'étale sur le côté de sa camionnette, à François Berléand qui campe le personnage de Daran, ce commissaire aussi corrompu que Caroline Jamar, à l'acteur franco-suisse Yoann Blanc qui excelle dans le rôle de l'inspecteur de l'IGS obsédé par la gente féminine (les photos que renferme son portable en sont une preuve flagrante) et notamment par Jamar qu'il tente de faire ''tomber'', à l'excellente Corinne Masiero (que Sarah Suco croisa d'ailleurs sur le tournage des Invisibles) dans son rôle de bisexuelle sadomasochiste, ou encore le toujours impayable Estéban que l'on retrouve dans la peau de Narcos, le nom de son personnage ne laissant alors pas la place à la moindre ambiguïté. Lucky est surtout parcouru d'une foule de petits détails amusants (le patron du bar proxénète) qui viennent ponctuer une comédie ayant malheureusement parfois du mal à convaincre. L'humour belge y transpire cependant à chaque réplique et c'est aux amateurs de comédies (légèrement) trash que le film semble dédié. Ne boudons pas notre plaisir et notre bonheur...
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