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jeudi 15 octobre 2026

Une famille de bâtards de Mourad Winter (2026) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Dernier film en date pour l'acteur et humoriste franco-marocain Hakim Jemili cette année, Une famille de bâtards de l'humoriste, romancier, réalisateur et scénariste français Mourad Winter met en scène deux frères et une sœur tous issus du même père mais d'une mère différente. En effet, ce qui lie Mohamed, Morgane et Maurice, c'est Mohand (Omar Baha), le propriétaire du bar Chez Momo qui le jour arbore une fonction tout à fait respectable et qui lorsque vient la nuit, se transforme en tripot abritant des machines à sous illégales et un réseau de prostitution dirigée par Sylvie (Florence Foresti). À la tête du trafic, le truand corse Patrick (David Alaya). Un homme de poigne qui avec l'aide de son homme de main Francis (Alexandre Kominek) exerce un contrôle non seulement sur le bar mais aussi sur Morgane (Laura Felpin) qui après avoir perdu une très grosse somme d'argent au poker lui est redevable de trois-cent mille euros. Un soir, Mohand est abattu par deux hommes en scooter à l'entrée de son établissement. Entre la vie et la mort, l'homme est à l'hôpital, plongé dans le coma. C'est là qu'intervient Mohamed (Hakim Jemili), jeune ''producteur de musique'' en devenir ainsi que Maurice (Benjamin Tranié), professeur de techno légèrement ''perché'' qui après avoir appris qu'il était le fils de Mohand décide de quitter son métier pour venir tenir le bar aux côtés de ses demi-frère et sœur... Pour son second long-métrage après la très sympathique comédie romantique sortie l'année passée et intitulée L'amour, c'est surcoté, Mourad Winter retrouve à nouveau Hakim Jemili et Laura Felpin qu'il avait donc déjà réuni autour d'une histoire d'amour réunissant deux personnalités diamétralement opposées. Cette fois-ci, les personnages qu'ils interprètent vont s'unir aux côtés de Maurice afin de prendre leur destin en main et par là même, combattre ceux qui depuis trop longtemps maintenant ont la main mise sur l'établissement de leur père. Avec son allure de beauf assumée dans ce long-métrage où il arbora durant les deux mois de tournage une moustache tout à fait ringarde, Benjamin Tranié dénote dans cet univers de corruption et de violence où son personnage de Maurice apparaît bien fragile en comparaison des voyous qui orbitent autour de nos principaux protagonistes...


On pense bien évidemment à David Alaya, dont la corpulence et le regard de teigneux impressionnent ou encore à celui qui incarne son principal rival en la personne de Kamel (l'acteur franco-algérien Ouassini Embarek qui entre autres longs-métrages était apparu dans la bouse infâme Baise-moi de Virginie Despentes à la fin du siècle dernier). Mourad Winter nous avait rassuré l'année dernière sur sa propension à mettre en scène ses propres projets cinématographiques grâce à l'excellent L'amour, c'est surcoté. Cette année, il revient donc avec une comédie plutôt pétillante, incarnée par un trio d'acteurs fort sympathiques, et ce bien que le sujet ne prête à l'origine, pas forcément à sourire. Car si Une famille de bâtards ne s'inspire pas à proprement parler d'une histoire vraie, dans les années quatre-vingt, l'usage de machines à sous illégales dans les arrières-salles des bars était une réalité. Des individus liés au grand banditisme imposaient les machines en question, lesquelles rapportaient des sommes d'argent colossales que se partageaient ensuite les propriétaires des établissements et les truands... Comme le démontre ensuite la première séquence, cette activité n'était pas sans dangers puisqu'elle pouvait créer dans certains cas des rivalités entre réseaux criminels... Le décor principal du long-métrage reste donc majoritairement celui du bar, lequel n'a pas été créé en studio mais se révèle au contraire parfaitement authentique puisqu'il appartient au père du réalisateur et se situe à Ivry-sur-Seine. Mourad Winter a donc choisi de transposer le récit en 1997, à l'époque où la pratique des machines à sous était prolifique. Notons que parmi les seconds rôles l'on retrouve Kad Merad dans le rôle de Djilali dit ''La Taupe'' (les flics, ici incarnés par Céline Groussard dans le rôle du Commissaire Migné ferment effectivement les yeux sur les activités de Mohand contre des renseignements), personnage énigmatique, aveugle, très proche de Sylvie mais fondamental pour la suite des événements. Au final, Une famille de bâtards est une comédie plutôt sympathique même si elle n'atteint jamais vraiment le niveau de satisfaction que l'on avait pu ressentir devant L'amour, c'est surcoté...

 

vendredi 27 mars 2020

Lucky d'Olivier Van Hoofstadt (2020) - ★★★★★★★☆☆☆



Inutile de jeter un œil sur la fiche technique de Lucky pour se douter que le réalisateur et scénariste belge Olivier Van Hoofstadt se cache derrière. À dire vrai, avec son dernier long-métrage, le cinéaste propose une sorte de mixture entre son insurpassable comédie culte Dikkenek de 2006 et le film d'action Go Fast qu'il réalisa deux ans plus tard. En réalité, Olivier Van Hoofstadt n'emprunte à ce dernier que quelques rares éléments mais balance à la gueule des spectateurs une comédie absurde et délirante mais malheureusement pas tout aussi convaincante que son premier long-métrage. Ce qui n'empêche pas Lucky d'être relativement ambitieux en se penchant sur le cas de Willy et de son pote Tony. Le premier a perdu son chien et vient d'être licencié. Effet boule de neige : il risque de surcroît de perdre son logement. Tony est père d'un jeune adolescent mais divorcé de son ex, il lui doit plusieurs mois de pension alimentaire. Étant comme son meilleur ami sans le sou, les deux hommes sont dans la galère. Un jour, une idée lumineuse brille dans l'esprit de Willy. Lors d'une exhibition canine lui vient celle de voler un chien de détection appartenant à la brigade des stupéfiants. Persuadé de pouvoir grâce à son aide détecter des planques de drogue dans leur quartier, Willy appelle son nouveau compagnon Lucky. Mais alors que les deux amis s'attendaient à tomber sur de petites marchandises de cannabis, il mettent à jour plus d'une tonne de résine enfermée dans un garage. C'est là qu'intervient Caroline Jamar, flic ripoux et ambitieuse qui espère prendre prochainement la place du commissaire Daran qui a prévu de bientôt prendre sa retraite. Mais afin de l'appuyer pour qu'elle puisse passer commissaire, Daran exige la somme de trois-cent mille euros...

Ambitieux, le dernier long-métrage d'Olivier Van Hoofstadt l'est, puisque constitué d'un casting aussi hétéroclite qu'impressionnant dans le nombre de vedettes. C'est ainsi que l'on retrouve au générique de Lucky l'acteur Michael Youn qui depuis le début de l'année a tourné dans deux films dont Divorce Club qu'il a lui-même réalisé. Un rôle à la hauteur du personnage qui l'a rendu célèbre entre la fin du vingtième siècle et le début du suivant. Abandonnant pour un temps les rôles plus sérieux qu'on lui a vu interpréter ces dernières années il incarne dans le cas présent le rôle de Tony, un pauvre benêt travaillant dans un garage pour le compte de Monsieur Roger (l'irrésistible et éternel Daniel Prévost) qui a bien du mal à ''intégrer'' tout ce qu'on lui dit. Alban Ivanov, qui depuis le milieu de la décennie précédente fait décidément partie du paysage français (pas moins de dix longs-métrages en quatre ans dont Le Grand Bain de Gilles Lellouche en 2018, Hors Normes de Olivier Nakache et Éric Toledano en 2019 ou encore Une Belle Équipe de Mohamed Hamidi cette année) incarne quant à lui le rôle un peu plus modeste de Willy. L'actrice et humoriste Florence Foresti interprète le personnage de Caroline Jamar tandis que Sarah Suco (Les Invisibles de Louis-Julien Petit), qui au même titre qu'Alban Ivanov s'avère très présente sur grand écran depuis quelques années.

Si les gags de Lucky ne décollent pas toujours et s'avèrent amusants sans être véritablement drôles, Olivier Van Hoofstadt peut tout de même également compter sur quelques secondes rôles et incarnations relativement réjouissantes. On pense bien évidemment à Daniel Prévost dont le visage, idée fort amusante, s'étale sur le côté de sa camionnette, à François Berléand qui campe le personnage de Daran, ce commissaire aussi corrompu que Caroline Jamar, à l'acteur franco-suisse Yoann Blanc qui excelle dans le rôle de l'inspecteur de l'IGS obsédé par la gente féminine (les photos que renferme son portable en sont une preuve flagrante) et notamment par Jamar qu'il tente de faire ''tomber'', à l'excellente Corinne Masiero (que Sarah Suco croisa d'ailleurs sur le tournage des Invisibles) dans son rôle de bisexuelle sadomasochiste, ou encore le toujours impayable Estéban que l'on retrouve dans la peau de Narcos, le nom de son personnage ne laissant alors pas la place à la moindre ambiguïté. Lucky est surtout parcouru d'une foule de petits détails amusants (le patron du bar proxénète) qui viennent ponctuer une comédie ayant malheureusement parfois du mal à convaincre. L'humour belge y transpire cependant à chaque réplique et c'est aux amateurs de comédies (légèrement) trash que le film semble dédié. Ne boudons pas notre plaisir et notre bonheur...

vendredi 9 mai 2014

Barbecue de Eric Lavaine (2014)



Alors qu'il effectue une course à pieds en compagnie de quelques amis, Antoine tombe à terre, foudroyé par un infarctus. Il se réveille à l’hôpital après une période de coma. A son chevet, Yves, Baptiste, Laurent, Olivia, Laure et Jean-Michel ses amis de trente ans. Antoine réalise qu'il s'emmerde dans la vie. Il ne fume pas, ne boit pas, fait du sport et pourtant, cela ne l'a pas empêché de faire un arrêt cardiaque. Il décide alors de changer son mode de vie. Il quitte d'abord l'entreprise familiale dans laquelle il travaille depuis des années. Il fume un peu. Boit beaucoup. Il jette tout ce qui le rattachait à son ancienne vie, une existence faites de privations. Son épouse Véronique veille au bien être d'Antoine et s'assure qu'il évite les excès. Mais Antoine n'en fait qu'à sa tête.

Alors que ses amis et lui se retrouvent pour deux semaines de vacances, Antoine vit avec détachement ce qui lui est arrivé. Au détriment de son entourage, il va s'employer à prendre tout ce qui vient de façon la plus zen possible. Malheureusement, ces changements vont engendrer des conflits qui auront des répercussions sur tout le monde...

Barbecue, la comédie signée Eric Lavaigne ressemble à la trilogie de Marc Esposito, Le Coeur Des Hommes. Bien que le film de Lavaigne leur soit inférieur, le film repose sur des dialogues un peu plus fin que ceux auxquels le cinéma comique français nous habitue généralement ces derniers temps. Beaucoup des situations proposées ici sont téléphonées, mais c'est bien grâce à l'interprétation des différents acteurs et actrices que le spectateur passe un excellent moment. Contrairement à ce que pense une certaines presse, le choix d'introduire des acteurs qui ont l'habitude d'interpréter des rôles dans des registres qui différent les uns des autres n'a rien de contradictoire avec une possible amitié de trente ans.

Ce qui semble avoir façonné cette amitié, c'est justement cette diversité dans les modes de vie et les comportements de chacun. Ces différences qui créent des failles dans lesquelles s'engouffre Antoine et qui finit par incommoder ceux qui l'entourent.

Alors bien sûr, des personnages comme ceux contés dans le film, on en a déjà vu à la pelle. Des situations similaires aussi. C'est peut-être ce qu'attend le public aussi. Dans la salle de cinéma, il suffit d'entendre les rires du public pour reconnaître que l'effet recherché est réussi.

Et pourquoi critiquer l'absence d'explication quand à la raison d'une telle amitié, aussi vieille soit-elle lorsque le sujet est ailleurs. Si Eric Lavaigne avait voulu écrire un film sur la nostalgie d'une vieille amitié entre quelques copains, il aurait saupoudré son film de quelques flash-back bien sentis.

Aucun thème n'est vraiment abouti, c'est vrai. Eric lavaigne introduit quelques ellipses qui permettent d'éviter certains écueils et ainsi éviter la rupture entre les scènes humoristiques qui, ainsi, se succèdent pour la plus grande joie du public. On appréciera le jeu des acteurs et surtout celui de Florence Foresti (qui peut se révéler parfois agaçante) et de Franck Dubosc qui évite, pour une fois, d'endosser le rôle d'un personnage un peu trop similaire à celui que l'on découvre généralement sur scène. Rien que pour découvrir ce dernier dans un rôle qu'il interprète de manière aussi juste, le film vaut le coup d'être découvert. Et puis, Barbecue remplie le rôle qui lui est confié : celui de faire rire petits et grands. C'est bien là tout ce qu'on lui demande...
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