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lundi 31 octobre 2022

Plancha d'Eric Lavaine (2022) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Contrairement à quelques réalisateurs qui ''contaminent'' de par leur présence le septième art en général et la comédie française en particulier (à titre d'exemple et pour respecter une certaine parité, citons la totalité des longs-métrages mis en scène par Michèle Laroque et David Charhon), Éric Lavaine est comme certains vins : il se bonifie avec le temps. Alors que le réalisateur a débuté sa carrière par quelques engeances que l'on aimerait oublier (Poltergay en 2006, Protéger et servir en 2010 ou Bienvenue à bord l'année suivante), on ne sait par quel miracle s'est retrouvée en 2014 sur les écrans de cinéma la comédie Barbecue. Un miracle ? Non, sûrement pas. Juste une histoire de gros sous et de budget financé par des producteurs soit inconscients, soit masochistes. Mais le risque payant parfois, l’œuvre de Éric Lavaine s'est avérée de très bonne facture. Depuis, le bonhomme est parvenu à maintenir un certain cap en matière de qualité puisque par la suite on le retrouva aux commandes de Retour chez ma mère, L'embarras du choix, Chamboultout et Un tour chez ma fille. Des comédies plutôt convaincantes et même parfois très touchantes comme celle principalement interprétée par José Garcia en 2019. Cette année 2022 signe le retour des personnages que l'on avait laissé voici maintenant huit ans en arrière. Tous les interprètes de Barbecue se réunissant à nouveau, exceptée Florence Foresti dont l'absence n'aura en la matière, aucune importance ni la moindre conséquence sur la suite des événements. À l'origine, Plancha ne fut pas conçu comme la suite du long-métrage sorti en 2014 mais comme une œuvre indépendante que le réalisateur avait prévu d'intituler 100% Bretagne. Mais au lieu de ce titre ô combien ringard, le scénariste Héctor Cabello Reyes avec lequel il avait déjà signé le script de Barbecue et d'une très grande partie de sa filmographie et lui-même décident finalement de reprendre leurs personnages en leur offrant de nouvelles aventures situées en... Bretagne. Deux semaines de vacances entre amis, sous la pluie, buvant, dévorant, jouant aux jeux de société et parfois, se racontant leurs quatre vérités. Entre aigreur, jalousie, franche amitié et mensonges, Plancha est le digne successeur de Barbecue...


Tout ce qui faisait de la recette de ce dernier un met savoureux et une comédie collégiale entre rire et émotion se retrouve dans ce nouveau long-métrage où, une fois encore, la présence de Jérôme Commandeur apporte une indéniable plus value. Du côté des interprètes masculins l'on retrouve Lambert Wilson en sexagénaire aigri, Franck Dubosc en Baptiste divorcé d'Olivia (Florence Foresti dans Barbecue, donc), Guillaume de Tonquédec dans le rôle d'Yves, le breton, féru de récits légendaires, de traditions et de généalogie, Lionel Abelanski dans celui de Laurent Barthélémy, l'inculte et l'ami jaloux d'Alexandre qui lui semble avoir bien réussi dans la vie et est interprété par Stéphane de Groodt. Et enfin, Jérôme Commandeur qui depuis s'est installé l'étranger où il a rencontré son épouse Valentina. Du côté des interprètes féminines l'on retrouve Sophie Duez dans le rôle de Véronique, l'épouse d'Antoine, Lysiane Meis dans celui d'Yves ou Valérie Crouzet dans celui de Nathalie, la femme de Laurent. Florence Foresti ne faisant plus partie de l'aventure (nous n'en connaissons pas les raisons), c'est donc l'actrice Caroline Anglade qui prend sa place dans les bras de Baptiste/Franck Dubosc dans le rôle d'Ana. Tourné majoritairement dans le Finistère, Plancha enferme ses personnages dans une superbe propriété située en Bretagne où vont se nouer et se dénouer les nœuds de l'amitié. Entre rancœurs, jalousie et mensonges mais également franches rigolades, le film semble avoir bien moins séduit le public que les premières aventures de cette sympathique bande de copains cette fois-ci réunie autour d'un verre de cidre, d'une tranche de Kouign-Amann ou d'une partie de Trivial Pursuit. Sans être déchirant ni larmoyant, le scénario réserve quelque bonnes surprises comme le test ADN dont les résultats dépasseront les espérances de notre dizaine de personnages. S'il est vrai que Plancha est très légèrement inférieur à Barbecue, reconnaissons lui d'indéniables qualités. Tous les personnages s'avèrent toujours aussi attachants et l'on ne s'ennuie pas un seul instant. Il est même possible de trouver du talent à celles et ceux que l'on ne révère habituellement pourtant pas particulièrement (Franck Dubosc). Surtout, Plancha se positionne très au dessus de la production annuelle en matière d'humour sur grand écran. Alors, pourquoi se priver d'une comédie rafraîchissante ?

 

dimanche 12 juin 2016

Retour Chez Ma Mère d'Éric Lavaine (2016)



Stéphanie, jeune femme divorcée et mère d'un enfant, vient de tout perdre. Son logement, son travail, et ses économies. Elle n'a plus un sou en poche mais une mère qui accepte volontiers de l'héberger chez elle. Jacqueline vit seule depuis que son époux est mort un an en arrière mais entretient une relation demeurée secrète avec Jean, un voisin de l'immeuble que Stéphanie et ses frère et sœur Nicolas et Carole connaissent pourtant déjà depuis plusieurs années.
Diplômée en architecture, Stéphanie désespère de retrouver un travail à la hauteur de ses ambitions. Elle doit jusque là composer avec les habitudes de sa mère : celle-ci en effet à l'habitude d'écouter Francis Cabrel en boucle, de jouer au scrabble par téléphone et de mettre le chauffage à fond. La vieille dame a prévu pour vendredi un repas familiale qui réunira autour d'elle Stéphanie, Nicolas, Carole, mais également Alain, l'époux de cette dernière. Ce sera surtout pour Jacqueline, l'occasion de leur présenter à tous l'homme qu'elle aime en secret. Mais rien ne va se passer comme prévu...

Retour chez ma Mère... Le titre, je l'avoue, m'a d'abord laissé perplexe. Je m'suis dis qu'une fois de plus j'allais voir une comédie française au sujet maintes fois rabattu. D'ailleurs, le début laisse présager non pas le pire, du moins des situations vues et revues. Le premier quart d'heure est assez plat, trop classique, sans folie ni imagination. Josiane Balasko et Alexandra Lamy sont bonnes, sans plus, et les dialogues pas franchement révolutionnaires.
Et puis, peu à peu, la scène s'installe. Enrichie par les présences convaincantes de Philippe Lefebvre en frère qui a réussi, Jérôme Commandeur en beau-frère attachant, dont le rôle contrebalance totalement avec celui interprété par l'actrice Mathilde Seigner, la sœur de Stéphanie. Une vraie chieuse. Toujours le bon mot pour mettre plus bas que terre celle qui a tout perdu.

N'oublions pas qu'il s'agit d'abord ici d'une comédie. On n'en voudra donc pas au cinéaste Éric Lavaine de ne pas avoir cherché à trop approfondir la psychologie de ses personnages. Le minimum y est, c'est l'essentiel. Étrange que la carrière de ce réalisateur et scénariste français. Capable du meilleur (Incognito en 2009, Barbecue en 2014), comme du pire (Poltergay en 2006, Bienvenue à Bord en 2011). Heureusement, Retour chez ma Mère fait partie de la première catégorie. On passe un vrai bon moment de cinéma humoristique. D'abord timides, les rires s'accentuent à mesure que le film déroule son intrigue. N'oublions pas non plus la présence de l'acteur Didier Flamand qui aux côtés de Josiane Balasko forment un couple fort sympathique.

Josiane Balasko justement, à laquelle le cinéaste parvient à rendre tout son charme tandis que d'autres ont accentué son physique de chauffeur poids lourd. Elle n'a peut-être jamais autant déployé de charmes que dans ce film. Drôle, émouvante, lumineuse. Aux côtés des autres interprètes, elle fait figure de Soleil (Mathilde Seigner est si convaincante dans son rôle de CONNE qu'on la déteste très vite). Dans une moindre mesure, Retour chez ma Mèrecontentera tous ceux qui aiment les règlements de compte en famille, et même si les dialogues n'atteignent pas toujours le niveau des meilleurs œuvres du genre, le talent des interprètes parvient à lui seul à nous séduire. Un très bon cru d' Éric Lavaine...

vendredi 9 mai 2014

Barbecue de Eric Lavaine (2014)



Alors qu'il effectue une course à pieds en compagnie de quelques amis, Antoine tombe à terre, foudroyé par un infarctus. Il se réveille à l’hôpital après une période de coma. A son chevet, Yves, Baptiste, Laurent, Olivia, Laure et Jean-Michel ses amis de trente ans. Antoine réalise qu'il s'emmerde dans la vie. Il ne fume pas, ne boit pas, fait du sport et pourtant, cela ne l'a pas empêché de faire un arrêt cardiaque. Il décide alors de changer son mode de vie. Il quitte d'abord l'entreprise familiale dans laquelle il travaille depuis des années. Il fume un peu. Boit beaucoup. Il jette tout ce qui le rattachait à son ancienne vie, une existence faites de privations. Son épouse Véronique veille au bien être d'Antoine et s'assure qu'il évite les excès. Mais Antoine n'en fait qu'à sa tête.

Alors que ses amis et lui se retrouvent pour deux semaines de vacances, Antoine vit avec détachement ce qui lui est arrivé. Au détriment de son entourage, il va s'employer à prendre tout ce qui vient de façon la plus zen possible. Malheureusement, ces changements vont engendrer des conflits qui auront des répercussions sur tout le monde...

Barbecue, la comédie signée Eric Lavaigne ressemble à la trilogie de Marc Esposito, Le Coeur Des Hommes. Bien que le film de Lavaigne leur soit inférieur, le film repose sur des dialogues un peu plus fin que ceux auxquels le cinéma comique français nous habitue généralement ces derniers temps. Beaucoup des situations proposées ici sont téléphonées, mais c'est bien grâce à l'interprétation des différents acteurs et actrices que le spectateur passe un excellent moment. Contrairement à ce que pense une certaines presse, le choix d'introduire des acteurs qui ont l'habitude d'interpréter des rôles dans des registres qui différent les uns des autres n'a rien de contradictoire avec une possible amitié de trente ans.

Ce qui semble avoir façonné cette amitié, c'est justement cette diversité dans les modes de vie et les comportements de chacun. Ces différences qui créent des failles dans lesquelles s'engouffre Antoine et qui finit par incommoder ceux qui l'entourent.

Alors bien sûr, des personnages comme ceux contés dans le film, on en a déjà vu à la pelle. Des situations similaires aussi. C'est peut-être ce qu'attend le public aussi. Dans la salle de cinéma, il suffit d'entendre les rires du public pour reconnaître que l'effet recherché est réussi.

Et pourquoi critiquer l'absence d'explication quand à la raison d'une telle amitié, aussi vieille soit-elle lorsque le sujet est ailleurs. Si Eric Lavaigne avait voulu écrire un film sur la nostalgie d'une vieille amitié entre quelques copains, il aurait saupoudré son film de quelques flash-back bien sentis.

Aucun thème n'est vraiment abouti, c'est vrai. Eric lavaigne introduit quelques ellipses qui permettent d'éviter certains écueils et ainsi éviter la rupture entre les scènes humoristiques qui, ainsi, se succèdent pour la plus grande joie du public. On appréciera le jeu des acteurs et surtout celui de Florence Foresti (qui peut se révéler parfois agaçante) et de Franck Dubosc qui évite, pour une fois, d'endosser le rôle d'un personnage un peu trop similaire à celui que l'on découvre généralement sur scène. Rien que pour découvrir ce dernier dans un rôle qu'il interprète de manière aussi juste, le film vaut le coup d'être découvert. Et puis, Barbecue remplie le rôle qui lui est confié : celui de faire rire petits et grands. C'est bien là tout ce qu'on lui demande...
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