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samedi 14 mars 2026

Les Nouvelles Aventures de Cendrillon de Lionel Steketee (2017) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆



Les mythes ont la vie dure. Tout comme le désastreux diptyque consacré au personnage d'Aladin (Les Nouvelles Aventures d'Aladin d'Arthur Benzaquen en 2017, Alad'2 de Lionel Steketee l'année dernière), Cendrillon, le personnage retranscrit par Charles Perrault à partir de version orales en 1697 a lui aussi connu les misères d'une adaptation calamiteuse. Cette fois-ci, le responsable de cette infamie qui ferait passer la filmographie des Charlots pour de véritables chefs-d’œuvre cinématographiques est... heu... ben... Lionel Steketee. Comme quoi. Pourquoi tenter de faire mieux lorsque l'on peut faire pire ? Le plus fou est d'imaginer que l'on puisse accepter de produire une chose pareille. En même, temps, on ne sait jamais à l'avance à quoi ressemblera le produit. Financé par Daniel Tordjman, lequel a également produit les deux volets d'Aladin, Les Nouvelles Aventures de Cendrillon part d'un principe simple : adapter de façon libre l’œuvre de Charles Perrault en y injectant tous les poncifs à la mode.
Que l'on soit d'accord ou pas avec le principe consistant à aborder des thèmes aussi courants que délicats que le communautarisme, l'homosexualité, ou que sais-je encore, l'oeuvre de Lionel Steketee tente avec humour de s'emparer sans la moindre finesse de quelques-uns de ces sujets que certains considèrent avec démagogie comme de véritables brûlots, alors qu'il ne faudrait point n'y voir d'autre que des tentatives, certes maladroites, d'appropriation de thématiques à la mode. Noyées, bien entendu, dans un récit convenu par avance. Ou comment faire du neuf avec du vieux. Quoique en matière de neuf, Lionel Steketee et son scénariste Daive Cohen (déjà à l'action sur les deux volets d'Aladin, c'est dire si le cinéaste devrait penser à changer de scénariste) ont bien du mal à nous intéresser à ce sujet mainte fois remanié au cinéma, au théâtre, à la télévision ou en littérature.

Pourtant, au départ, tout semblait partir sur de bonnes bases. Malgré un duo réalisateur/scénariste dont la présence au générique pouvait dès le départ inquiéter l'amateur de comédies françaises, le casting suffisait à convaincre certains de faire le premier pas vers les salles obscures le jour de la sortie du film : Marilou Berry et sa mère Josiane Balasko, mais également Arnaud Ducret, Didier Bourdon, Vincent Desagnat et Jérôme Commandeur pour les principaux interprètes. La première dans le double rôle de Julie et Cendrillon, la seconde dans ceux de la voisine de l'héroîne et la belle-mère de Cendrillon, et les suivant incarnant respectivement Marco et Le Prince Marco, le patron de Julie et le Roi, Gilbert et le Prince Gilbert, et le dernier interprétant le rôle unique du Duc. Lionel Steketee n'amuse que lui en intégrant un caméo de Kev Adams en Aladin sous la forme d'une pauvre photo, ou le personnage de Blanche Neige et de sept nains renommés pour l'occasion en Vénère, Relou, Péteur (quelle finesse de l'entendre émettre des flatulences), Feignasse, Boloss, Teubé et Cécoin.

Les Nouvelles Aventures de Cendrillon passe de la vie un brin tristounette de Julie au conte qu'elle adapte pour l'enfant que le fils de son patron lui confie pour la soirée. Une reconstitution haute en couleurs mais pas vraiment convaincante. Tout y étant de carton-pâte, on supposera que le réalisateur prévoyait de concentrer toute son attention sur le jeu de ses interprètes. Sauf qu'ici, tout sonne faux, et de toute manière, le récit est tellement connu et rabâché qu'il faut vraiment avoir des nerfs d'acier pour tenir jusqu'au bout. Pas drôle pour un sou malgré la présence d'un Arnaud Ducret bien dans son élément, Les Nouvelles Aventures de Cendrillon est de surcroît assez vulgaire et désobligeant. Le réalisateur nous assène quelques séquences façon « comédie musicale » parfaitement insipides. Au mépris de ses spectateurs, futurs téléspectateurs et acheteurs éventuel du dvd, Lionel Steketee signe l'une des pires comédies françaises de 2017. Et même l'une des pires tout court... A éviter...

mercredi 19 novembre 2025

T'as pas changé de Jérôme Commandeur (2025) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

L'humoriste, acteur, réalisateur et scénariste français Jérôme Commandeur signe avec T'as pas changé son troisième long-métrage neuf ans après Ma famille t'adore déjà et Irréductible en 2022. Reposant sur la nostalgie des années quatre-vingt dix lors desquelles son personnage ainsi que ceux incarnés par la majorité des interprètes sont parfois plongés, cette nouvelle comédie française disponible dans les salles de cinéma depuis le 5 novembre dernier oscille entre passé et présent. Pourtant, lorsque son scénario exécute un retour en arrière d'une trentaine d'années, ce retour dans le passé n'est visuellement pas très significatif. En effet, la plupart de ces séquences se déroulent lors d'une fête organisée par Hervé, alors adolescent, située dans la propriété de ses parents et à laquelle il a convié la plupart de ses camarades de classe. L'on retrouve ainsi auprès de ce jeune et populaire adolescent ses trois meilleurs amis Jordy, Daniel et Maxime. L'action se situant loin dans le passé, les personnages sont alors incarnés par Baptiste Masseline, Kolia Abiteboul, Alexandre Mas et Théo Andres. Dans le présent, ces quatre là sont ensuite remplacés par Laurent Lafitte, Jérôme Commandeur lui-même, Michaël Abiteboul ainsi que par François Damiens. Le premier est un chanteur de charme dont la carrière et le succès repose essentiellement sur une chanson d'amour dont ses groupies sont folles ! Le second est un agent immobilier en pleine crise existentielle depuis que sa femme est installée chez lui avec son amant et sa belle-mère. Quant au quatrième, lui aussi est en proie à des tourments intérieurs. Brillant avocat, Maxime vit mal le fait de prendre de l'âge et accepte difficilement que son épouse Sofia (l'actrice franco-marocaine Zineb Triki), elle aussi avocate, soit reconnue comme meilleure que lui dans cette discipline... Alors qu'ils viennent de perdre le troisième d'entre eux, leur ami Daniel (Michaël Abiteboul) qui formait avec eux un groupe soudé, ils décident d'organiser une fête à l'attention des anciens élèves de leur classe... Cependant, il y a un hic : en effet, parmi ceux-ci se trouvent certains camarades qu'ils moquaient et méprisaient étant adolescents. Et parmi eux, Anne (Vanessa Paradis) qui depuis est devenue une cardiologue pas vraiment heureuse dans la vie depuis que son mari (qui lui aussi est médecin) la trompe avec une femme beaucoup plus jeune qu'elle.


L'on retiendra d'ailleurs notamment la performance d'actrice plutôt drôlatique de celle-ci s'agissant de la séquence lors de laquelle elle est contrainte de chanter, faux comme on l'imagine, alors qu'elle a elle-même mené une carrière de chanteuse dès l'âge de 14 ans lorsqu'elle apparu pour la première à la télévision dans l'émission Champs-Élysées animée à l'époque par Michel Drucker. Autre personnage qui n'aura pas connu le succès escompté lors de ses années d'études, Marion (Delphine Baril). Ayant conservé une certaine rancœur vis à vis du quatuor, elle décide de contrecarrer le projet de Hervé, Jordy et Maxime en invitant le même jour ses anciens camarades de classe. Malgré un sujet qui semble obliquer vers la comédie pour jeunes spectateurs, Jérôme Commandeur développe un récit beaucoup plus profond qu'il n'y paraît. Y transparaît un certain mal-être commun à la plupart des personnages. Le titre jouant avec malice sur cette habitude qu'ont les gens de rassurer ceux qu'ils n'avaient plus revu depuis des années sur leur état physique général mais joue aussi et surtout sur leur comportement. Trahissant ainsi quelque peu cette idée qui veut que l'on ne change jamais vraiment même si, au fil de l'intrigue, l'on constate que les âmes se sont apaisées et que les discordes du passé peuvent très bien se retrouver aux oubliettes. T'as pas changé est également l'occasion de retrouver d'ancienne vedettes de la télévision, du cinéma ou de la chanson. C'est ainsi que Jérôme Commandeur convie à l'image Catherine Allégret et Rufus dans les rôles de Arlette et Roland, les parents de Hervé, Catherine Hiegel dans celui de Jannick, la belle-mère de l'ex-épouse de Jordy et même quelques anciennes ''vedettes'' de la chanson française et anglo-saxonne qui incarnent toutes leur propre personnage. C'est ainsi que l'on retrouve Patricia Kaas, Lââm, Indra ainsi que trois membres de l'ancien Boys-Band Worlds Apart, Nathan Moore, Steve Hart et Cal Cooper... Entre humour, émotion, légèreté et gravité, Jérôme Commandeur signe une comédie fort sympathique, qui ne laissera sans doute pas de souvenirs impérissables mais qui au regard de la production actuelle n'est pas la pire ''chose'' qui ait vue le jour sur grand écran en matière de comédie française...

 

jeudi 7 août 2025

L'accident de piano de Quentin Dupieux (2025) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

En un seul plan, celui d'un piano accroché à une grue qui s'écrase au sol, c'est toute l'absurdité du cinéma de Quentin Dupieux qui s'exprime. Nous sommes en terre conquise et ses fans sont déjà aux anges. Ses détracteurs pourraient y voir un bon gros ''foutage de gueule'' comme ils ont l'habitude de considérer son œuvre et pourtant, L'accident de piano est peut-être parmi ses quinze longs-métrages, celui qui donne à voir un film qui dans sa forme demeure parmi les plus ''conventionnels''. Moins délirant qu'à son habitude (quoique) et nettement plus généreux lorsqu'il s'agit de donner la parole à ses interprètes, c'est sans doute aussi avant tout grâce à la présence de l'actrice Adèle Exarchopoulos que L'accident de piano prend toute sa force. Après avoir été couronnée dans de nombreux festivals pour son rôle dans La vie d'Adèle d'Abdellatif Kechiche et après avoir obtenu le rôle de la meilleure actrice aux César 2025 pour celui de Jacqueline dans L'amour ouf de Gilles Lellouche, Adèle Exarchopoulos apparaît pour la troisième fois dans une œuvre signée de Quentin Dupieux après Mandibules en 2020 et Fumer fait tousser en 2022. Aux côtés de Jérôme Commandeur, elle incarne le rôle de Magalie Moreau. Jeune femme visiblement instable, caractérielle et très exigeante vis à vis de son assistant personnel qui la suit partout. Et notamment jusqu'à ce chalet qu'il a acheté sur demande de celle que l'on découvre bientôt comme étant une célèbre influenceuse. Sans cesse suivie par un type en scooter qui rêve d'être pris en photo à ses côtés, Magalie porte une minerve et un plâtre au bras droit. Si l'on devine très rapidement qu'il existe un rapport entre sa nouvelle condition physique et la chute du piano, on ne sait toujours pas dans quelles conditions a eu lieu l'accident. Il en est pourtant une qui sait très exactement comment se sont déroulés les événements : la journaliste Simone Herzog. Qui de l'aveu du pilote d’hélicoptère qui a transporté l'influenceuse après l'accident sait lui aussi comment s'est déroulé l'accident. Magalie, qui n'a jamais accepté la moindre entrevue se voit désormais contrainte d'accueillir Simone et de répondre à ses questions. À défaut de quoi, la journaliste balancera tout ce qu'elle sait de l'accident aux autorités... Dans le rôle de Simone Herzog l'on retrouve l'actrice Sandrine Kiberlain.


Personnage qui de son propre aveu ne cherche pas à faire du mal à Magalie mais rêve d'être la première à l'interviewer ! C'est là tout le paradoxe de L'accident de piano, réalisé, écrit, photographié, monté et mis en musique (avec le soutien de l'auteur, compositeur, interprète et pianiste canadien Chilly Gonzales) par Quentin Dupieux. D'un côté, une star des réseaux sociaux lancée dans une aventure sociale périlleuse la poussant à aller toujours plus loin dans le tournage de petites vidéos où elle se met sans cesse en danger (Magalie est atteinte d'une Insensibilité Congénitale à la Douleur ou ICD) et de l'autre, une journaliste qui semble vivre dans l'anonymat et que l'on soupçonne très rapidement de vouloir faire le buzz grâce à l'interview de l'influenceuse. Quant à Jérôme Commandeur, il interprète Patrick, individu relativement ''coulant'', acceptant tous les caprices de la star qui ne consomme que des yaourts d'une marque bien précise. Pourtant, Quentin Dupieux n'envisage pas sa vedette des réseaux sociaux sous le prisme habituel de ces jeunes femmes superficielles qui les inondent. Bourré d'un humour se fixant parfois comme objectif de faire se poiler le cinéphile de base (comme lorsque notre jeune héroïne demande qui est Steven Spielberg avant se voir répondre de la part de sa coiffeuse (interprétée par l'actrice Clara Choï) : ''Un mec qui faisait des films avant'' !), L'accident de piano maîtrise l'art de l'absurde et de la méchanceté avec une jubilation devenue rare. S'attaquant au phénomène des réseaux sociaux, de ceux qui l'habitent en tant ''qu'ouvrier'' jusqu'à ceux qui s'en nourrissent, Quentin Dupieux signe là l'un de ses meilleurs films. Une œuvre qui forcément nous parle, en cette époque où l'on assiste à toutes les dérives et où la starification n'a absolument plus la même saveur et la même portée qu'en des temps reculés. Si tous les interprètes sont excellents (notons la présence de Karim Leklou dans le rôle de Roméo, le propriétaire de la mobylette, fan de Magalie), L'accident de piano est évidemment porté par une Adèle Exarchopoulos incroyable. Difficile de ne pas garder en mémoire ce look improbable qui la rend méconnaissable ou ce petit rire dément qui précède généralement chacune de ses interventions. Bref, du grand Quentin Dupieux dont on attend le prochain long-métrage intitulé Signaux qui actuellement est dans sa phase de post-production...

 

vendredi 9 août 2024

Les chèvres de Fred Cavayé (2024) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Drôle de carrière que celle du réalisateur français Fred Cavayé qui après avoir réalisé les thrillers Pour elle en 2008, A bout portant en 2010 et Mea Culpa en 2014 a complètement changé de registre pour se lancer dès 2016 dans la comédie avec Radin ! dans lequel il allait pour la première fois avoir l'occasion de diriger Dany Boon et deux ans plus tard avec Le jeu, remake mi-figue, mi-raisin du formidable Perfetti Sconosciuti du réalisateur italien Paolo Genovese. En quinquagénaire parfaitement assumé, j'eus le reflex pourtant désespéré de croire que son tout dernier long-métrage était une sorte de remake de La chèvre de Francis Veber. Démultipliant le concept en le passant au tamis du pluriel, remplaçant Pierre Richard et Gérard Depardieu par Dany Boon et Jérôme Commandeur, mais non, rien de tout cela. Bien que, oui, Fred Cavayé et ses scénaristes Sarah Kaminsky, Nicolas Slomka et Matthieu Rumani aient eu l'idée de reprendre la fameuse séquence du héros qui s'enfonçait inexorablement dans des sables mouvants... ici remplacés par une mare boueuse, et même fangeuse dirons nous, représentation éclairée d'une époque où la crasse dominait sans doute le cadre visuel et l'hygiène de ses habitants. Ici, l'on exprime moins le rejet de ces mauvaises haleines qu'exhalent les bouches d'erres dotés de dentitions gravement détériorées (particularité physique à laquelle échappe heureusement l'actrice Claire Chust qui interprète le rôle de la bergère Camille) par la parole qu'à travers quelques expression faciales de dégoût. Nous sommes au milieu du dix-septième siècle et un homme d'âge mûr alité nous conte le récit d'un procès qui eu lieu une quarantaine d'années auparavant. Opposant l'arrogant Maître Valvert (Jérôme Commandeur) à Maître Pompignac (Dany Boon) dont le palmarès des procès dont il eu la charge d'assurer la défense des accusés ne se solde jusqu'à ce jour que par des défaites, ce dernier est contacté par la jeune bergère Camille dont la chèvre est accusée d'avoir causé la mort du Maréchal de France Grégoire Hubert de Colombe. Si le concept paraît tout à fait farfelu, il faut savoir qu'au Moyen-âge il n'était pas rare que des animaux soient jugés, procès à l'issue desquels ils étaient ensuite condamnés à la potence !


À la décharge du dernier long-métrage de Fred Cavayé nous louerons la très belle reconstitution de l'époque, pas très éloignée de celle des Visiteurs de Jean-Marie Poiré, le film ayant été en partie tourné au cœur de la somptueuse cité de Plantagenêt également connue sous le nom de Vieux Mans, lequel est situé dans le Grand Ouest français. Pour un budget de dix-neuf millions d'euros, un gros travail a donc été effectué concernant le cadre, le site ayant été orné de vieilles charrues ou la place centrale ayant été recouverte d'une épaisse couche de terre boueuse afin de bien rendre compte de l'aspect que pouvait avoir le terrain à l'époque. Les costumes de Marie-Laure Lasson collent à merveille à cette impression de crasse permanente qui contraste avec cette bourgeoisie décadente ici décrite à travers le personnage de Maître Valvert et ses perruques mauves. En arrière-plan du procès s'inscrit également au sein de l'intrigue une guerre intestine entre les habitants du village et ceux qui au-delà de la rivière qui marque la frontière entre la France et la Savoie ne sont pas les bienvenus. Les Savoisiens, terme de nos jours prôné par les indépendantistes savoyards mais qui à l'époque différenciait les petites gens des nantis en accolant le terme à la grande bourgeoisie. Sorti de ce contexte, Les chèvres demeure malgré tout de piètre qualité. Au sens strict du terme qui voudrait que cette comédie nous arrache un quota minimum de rires, le constat est sans appel : à part deux ou trois sourires involontaires uniquement provoqués par des zygomatiques incontrôlables, le film est en terme de situations comiques relativement puéril. Nos personnages s'agitent à défaut de posséder des dialogues à la hauteur. Quelques micro-séquences laissent espérer un regain d'intérêt mais au fond, Les chèvres est tout simplement raté. L'on retiendra donc davantage les décors, les costumes, mais aussi l'incroyable gueule qu'affiche la plupart des seconds rôles et figurants. Pour le reste, le dernier film de Fred Cavayé et trop long et surtout piètrement écrit...

 

lundi 31 octobre 2022

Plancha d'Eric Lavaine (2022) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Contrairement à quelques réalisateurs qui ''contaminent'' de par leur présence le septième art en général et la comédie française en particulier (à titre d'exemple et pour respecter une certaine parité, citons la totalité des longs-métrages mis en scène par Michèle Laroque et David Charhon), Éric Lavaine est comme certains vins : il se bonifie avec le temps. Alors que le réalisateur a débuté sa carrière par quelques engeances que l'on aimerait oublier (Poltergay en 2006, Protéger et servir en 2010 ou Bienvenue à bord l'année suivante), on ne sait par quel miracle s'est retrouvée en 2014 sur les écrans de cinéma la comédie Barbecue. Un miracle ? Non, sûrement pas. Juste une histoire de gros sous et de budget financé par des producteurs soit inconscients, soit masochistes. Mais le risque payant parfois, l’œuvre de Éric Lavaine s'est avérée de très bonne facture. Depuis, le bonhomme est parvenu à maintenir un certain cap en matière de qualité puisque par la suite on le retrouva aux commandes de Retour chez ma mère, L'embarras du choix, Chamboultout et Un tour chez ma fille. Des comédies plutôt convaincantes et même parfois très touchantes comme celle principalement interprétée par José Garcia en 2019. Cette année 2022 signe le retour des personnages que l'on avait laissé voici maintenant huit ans en arrière. Tous les interprètes de Barbecue se réunissant à nouveau, exceptée Florence Foresti dont l'absence n'aura en la matière, aucune importance ni la moindre conséquence sur la suite des événements. À l'origine, Plancha ne fut pas conçu comme la suite du long-métrage sorti en 2014 mais comme une œuvre indépendante que le réalisateur avait prévu d'intituler 100% Bretagne. Mais au lieu de ce titre ô combien ringard, le scénariste Héctor Cabello Reyes avec lequel il avait déjà signé le script de Barbecue et d'une très grande partie de sa filmographie et lui-même décident finalement de reprendre leurs personnages en leur offrant de nouvelles aventures situées en... Bretagne. Deux semaines de vacances entre amis, sous la pluie, buvant, dévorant, jouant aux jeux de société et parfois, se racontant leurs quatre vérités. Entre aigreur, jalousie, franche amitié et mensonges, Plancha est le digne successeur de Barbecue...


Tout ce qui faisait de la recette de ce dernier un met savoureux et une comédie collégiale entre rire et émotion se retrouve dans ce nouveau long-métrage où, une fois encore, la présence de Jérôme Commandeur apporte une indéniable plus value. Du côté des interprètes masculins l'on retrouve Lambert Wilson en sexagénaire aigri, Franck Dubosc en Baptiste divorcé d'Olivia (Florence Foresti dans Barbecue, donc), Guillaume de Tonquédec dans le rôle d'Yves, le breton, féru de récits légendaires, de traditions et de généalogie, Lionel Abelanski dans celui de Laurent Barthélémy, l'inculte et l'ami jaloux d'Alexandre qui lui semble avoir bien réussi dans la vie et est interprété par Stéphane de Groodt. Et enfin, Jérôme Commandeur qui depuis s'est installé l'étranger où il a rencontré son épouse Valentina. Du côté des interprètes féminines l'on retrouve Sophie Duez dans le rôle de Véronique, l'épouse d'Antoine, Lysiane Meis dans celui d'Yves ou Valérie Crouzet dans celui de Nathalie, la femme de Laurent. Florence Foresti ne faisant plus partie de l'aventure (nous n'en connaissons pas les raisons), c'est donc l'actrice Caroline Anglade qui prend sa place dans les bras de Baptiste/Franck Dubosc dans le rôle d'Ana. Tourné majoritairement dans le Finistère, Plancha enferme ses personnages dans une superbe propriété située en Bretagne où vont se nouer et se dénouer les nœuds de l'amitié. Entre rancœurs, jalousie et mensonges mais également franches rigolades, le film semble avoir bien moins séduit le public que les premières aventures de cette sympathique bande de copains cette fois-ci réunie autour d'un verre de cidre, d'une tranche de Kouign-Amann ou d'une partie de Trivial Pursuit. Sans être déchirant ni larmoyant, le scénario réserve quelque bonnes surprises comme le test ADN dont les résultats dépasseront les espérances de notre dizaine de personnages. S'il est vrai que Plancha est très légèrement inférieur à Barbecue, reconnaissons lui d'indéniables qualités. Tous les personnages s'avèrent toujours aussi attachants et l'on ne s'ennuie pas un seul instant. Il est même possible de trouver du talent à celles et ceux que l'on ne révère habituellement pourtant pas particulièrement (Franck Dubosc). Surtout, Plancha se positionne très au dessus de la production annuelle en matière d'humour sur grand écran. Alors, pourquoi se priver d'une comédie rafraîchissante ?

 

dimanche 30 octobre 2022

Irréductible de Jérôme Commandeur (2022) - ★★★★★★★☆☆☆




La semaine du 29 juin, pendant que je trimais à ''l'usine à trier les factures et autres courriers plus ou moins prioritaires'' à l'attention de mes concitoyens, ma compagne se payait une tranche de rire en salle obscure. Sans moi !!! Et pour une fois qu'une comédie française avait l'air franchement drôle, il a fallut que mon métier nous sépare. Heureusement, il est des méthodes qui n'ont rien de miraculeux mais qui demandent cependant un effort financier pour pouvoir longtemps après profiter du spectacle sans bouger de chez soi. Renoncer à quelques deniers paraît de moins en moins compliqué. Les services de VOD, Streaming et autres joyeusetés se multipliant au grès des envies. À la question ''trouvez-vous Jérôme Commandeur drôle et sympathique ?'', j'imagine que ceux qui répondront par la négative ne se bousculeront pas au portillon. Car quoi que l'on pense de ses spectacles ou des rôles qu'il a interprété jusqu'ici sur grand et petit écran, cet humoriste, acteur ET réalisateur possède un sacré capital sympathie. Six ans après avoir réalisé le plaisant Ma famille t'adore déjà ! en collaboration avec Alan Corno, Jérôme Commandeur est revenu cette année avec Irréductible. Long-métrage qui sous son nom de bande-dessinée adaptée au cinéma (ce qu'il n'est évidemment pas) est en fait le remake hexagonal de la comédie italienne Quo Vado ? réalisée en 2016 par Gennaro Nunziante. Une œuvre que l'humoriste, acteur et réalisateur s'approprie ici entièrement puisque Irréductible bénéficie de la touche ''Jérôme Commandeur''. Tout ce qui caractérise ce personnage haut en couleur qui débuta sa carrière sur scène en 1997 s'exprime effectivement dans cette comédie légère et situant son action entre l’Équateur, le Pôle Nord, la Suède et... la banlieue parisienne (bien que tourné dans l'hexagone ainsi qu'à La Réunion)...


Vincent Peltier a la Fonction Publique dans la peau. Comme son père avant lui. Ses beaux-parents y sont très attachés. Au cas échéant, Vincent aurait pu être cireur de pompes vu avec quelle application il cire celles de sa belle-mère qu'interprète l'actrice Eva Darlan. L'aventure de ce fonctionnaire traqué par l’inspectrice du ministère de la Fonction Publique Isabelle Bailliencourt qui tente de lui faire signer sa démission contre un chèque de quelques dizaines de milliers d'euros débute en pleine cambrousse. À bord d'un taxi conduit par le toujours désopilant Estéban, Vincent est kidnappé par une dangereuse tribu dont le chef du village, Coca (l'acteur au regard hypnotisant Jean-Louis Loca) exige du jeune homme qu'il lui raconte sa vie afin de savoir s'il mérite ou non d'être épargné ou brûlé vif dans un bûcher. Commence alors un retour en arrière, de la petite enfance de Vincent jusqu'à ses tribulations à travers le globe ! Sous ses allures de comédie légère, Irréductible n'en est pas moins riche en événements conduits par toute une tripotées de seconds rôles parmi lesquels nous retrouvons Lætitia Dosch dans la peau de la suédoise Eva, Christian Clavier dans le rôle du responsable du syndicat des cheminots Michel Gougnat, Gérard Darmon dans le costume étriqué du ministre de la Fonction Publique Roselyn Bacheron (inutile de préciser d'où provient la référence) ainsi que quelques personnages généreusement offerts à Valérie Lemercier, Malik Bentahla, Gérard Depardieu (pour une séquence émouvante où il évoquera comme personne son amour de la France) ou encore l'éternel Michel Crémadès...


Si le principe peut sembler parfois rédhibitoire, ici, le fait que Jérôme Commandeur fasse du Jérôme Commandeur est un atout que ne dénigreront que ceux qui n'apprécient pas particulièrement son style. Pour les autres, le pari est gagné. Lui que l'on retrouvera quelques mois plus tard dans l'excellente suite de Barbecue intitulée Plancha (Non, non, ça n'est pas une plaisanterie) réussi le pari de signer le remake d'une comédie italienne en lui donnant un ton qui lui est propre. Celui qu'imprime en général l'acteur et humoriste où qu'il intervienne. Si Irréductible ne révolutionne évidemment pas le genre, il s'y passe tant de choses que même les plus réfractaires à l'humour de la star trouveront de quoi se sustenter. N'écoutez par les ignares qui osent le comparer aux Chevaliers du Fiel (et leur infâme doublé Les Municipaux, ces héros/Les Municipaux, trop c'est trop). Car si le second long-métrage de Jérôme Commandeur en tant que réalisateur et principal interprète n'est pas toujours irrésistiblement drôle, au regard de la production annuelle française en matière de comédies françaises, il est encore parmi ceux qui s'en sont très honnêtement sortis cette année 2022...


lundi 10 janvier 2022

Attention au départ de Benjamin Euvrard (2021) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Ben voilà, une fois de plus, nous nous sommes laissés embarquer par une bande-annonce qui, si elle ne laissait jamais envisager que l'on allait tomber sur le renouveau de la comédie française, nous a tout de même donné une fois encore l'envie de pousser les portes du cinéma CGR de Narbonne pour aller y découvrir Attention au départ! de Benjamin Euvrard. Non pas pour que s'y révèle qu'en fiction, la SNCF respecte davantage les horaires de trains que dans la vie réelle (et croyez-moi, je sais de quoi je parle!) mais, pourquoi pas, rire un bon coup. En compagnie de l'éternel André Dussollier qui décidément, ne change jamais, de Jérôme Commandeur que j'apprécie un peu moins depuis cette comédie (et son dernier spectacle nettement moins amusant que par le passé) et Jonathan Lambert en roue libre façon contrôleur désaxé. Le pitch ? Oh, rien de plus simple : Benjamin et Antoine ont la charge d'emmener une poignée de gamins en vacances à bord d'un train, devinez-quoi ! Annoncé avec du retard ! Sauf que, ben, je le répète, ici, on est n'est plus vraiment dans la vraie vie mais dans un film et donc, le retard annoncé est rattrapé de telle manière que les gosses, confortablement installés dans leur wagon-couchette, partent sans Benjamin (Jérôme Commandeur) et Antoine (André Dussolier)... lesquels ont gentiment accepté d'aider une ''granny'' à monter ses bagages dans un autre train, voyant ainsi, désespérés, les garnements leur échapper. Ce qui ne semble pas trop démoraliser ces derniers qui vont mener la vie dure à Michaud (Jonathan Lambert), un type un peu spécial ''mis à la retraite'' par la SNCF, obsédé par son ancien métier qui contre toute attente a décidé de rendosser son uniforme de contrôleur...


Si le long-métrage de Benjamin Euvrard démarre plutôt bien, tout l'intérêt de Attention au départ! se gâte assez rapidement. Partagé entre le duo d'acteurs qui n'auront de cesse de multiplier les ''prouesses'' afin de rattraper le train dans lequel les gosses ont pris place et de jeunes interprètes qui très sûrement, se sont bien davantage amusés que les spectateurs enfermés dans la salle de cinéma, le film s’essouffle à une telle vitesse que sans être un calvaire, l'ennui s'impose très rapidement. Au mieux, Attention au départ! est un téléfilm. Au pire, une comédie sans autre intérêt que de nous livrer une succession de séquences qui ont pour principal défaut de toutes se ressembler. Jonathan Lambert que l'on attendait dans ce registre un peu (voire même terriblement) fou des personnages qu'il avait su façonner à l'époque de La Grosse Émission sur la chaîne Comédie (genre, Damien Baizé, Rémi Primeur et Blue Michou) reprend certes le concept sans pour autant jamais aller aussi loin dans la démesure. À croire que le film visant un public familial, Benjamin Euvrard n'ait pas eu le courage de pousser le bouchon trop loin. Quant aux pérégrinations des deux adultes, à part nous rejouer la comédie façon Road Movie humoristique comme tant d'autres l'ont fait avant eux, le film tourne malheureusement en rond et n'est finalement efficace que sur le quai de la gare, au début, ou lorsque Antoine et Benjamin se retrouvent bloqués dans le second train. Avouons que cette courte partie du long-métrage est plutôt drôle, avec cette ''mamie'' qui semble préférer la séduction aux pots de confiture. Pour le reste, Attention au départ! soufre également de faiblesses en terme d'écriture. Les dialogues sont d'une pauvreté parfois affligeante. Quant aux gamins qui font les cons dans le train, avec en point de mire un Jonathan Lambert/ Michaud perdant les pédales, ça peut faire (sou)rire une fois, mais pas deux...

vendredi 13 août 2021

Un tour chez ma fille d'Éric Lavaine (2021) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

À lui seul, Tatie Danielle d’Étienne Chatiliez avait déjà posé les bases du genre dès 1990. Créé et imposé avec cette vieille dame odieuse et tyrannique (extraordinaire Tsilla Chelton) des fondations qui se tiennent encore aujourd'hui fièrement debout, bien au dessus de toute concurrence. Dans un autre style, ce même Étienne Chatiliez était venu nous proposer onze ans plus tard, une alternative moins grinçante mais tout aussi réjouissante avec Tanguy. D'un côté, une arrière grand-mère acariâtre faisait vivre l'enfer à ses petits-neveux interprétés par Catherine Jacob et Eric Prat ainsi qu'à sa ''nounou'' en la personne d'Isabelle Nanty. Beaucoup moins agressif mais néanmoins tout aussi crispant, nous avions droit à Tanguy dans lequel nous assistions à la tentative désespérée de ses parents de décourager leur fils qui prenait racines chez eux. Après ces deux cas d'école, ces classiques de la comédie française, beaucoup s'y sont essayés, mais la majorité d'entre eux s'y sont cassés les dents. Même Étienne Chatiliez n'est jamais parvenu à retrouver la grâce par la suite. Ni avec L'oncle Charles, ni avec Tanguy, le retour, cette purge sortie sur les écrans de cinéma il y a deux ans. Depuis un certain nombre d'années, on le sait, la comédie française bat de l'aile, creusant de plus en plus son déficit en terme d'humour et d'inspiration. Et lorsque l'on n'a pas le moindre échantillon d'imagination sur soi, forcément, qu'est-ce qu'il nous reste d'autre que d'aller piller dans des réserves déjà vides ? En 2016, le réalisateur Éric Lavaine reprend le concept avec cette fille (Alexandra Lamy) qui retourne vivre chez sa mère dans Retour chez ma mère. Passe encore, cette comédie plutôt sympathique même si jamais vraiment irrésistiblement drôle. En 2020, c'est au tour de Michèle Laroque de vouloir proposer sa vision du concept avec Chacun chez soi. Malgré la Covid-19. Mais surtout, malgré son nullissime premier long-métrage Brillantissime sorti trois ans auparavant...


Une lubie, un caprice de ''star'' qui n'atteindra malheureusement que la dernière place d'un classement avec Chacun chez soi, tout juste au dessus de son premier méfait... Cinq ans après Retour chez ma mère, le réalisateur Eric Lavaine revient avec la suite et surtout à l'esprit, l'idée de reprendre le concept en inversant les rôles. Cette fois-ci, ça n'est plus la fille qui s'incruste chez sa mère mais l'inverse. On reprend PRESQUE tous les mêmes interprètes, à part Alexandra Lamy qui aura eu ''la bonne idée'' de n'apparaître qu'à travers sa voix, l'actrice ayant elle-même averti Eric Lavaine que le film risquait d'être trop proche du précédent volet si une fois de plus étaient confrontés les personnages de Jacqueline et Stéphanie Mazerin. En lieu et place de l'actrice, c'est donc Mathilde Seigner qui incarnait sa sœur à l'écran dans Retour chez ma mère qui se retrouve désormais sur le devant de la scène avec en prime, une Josiane Balasko terriblement étouffante. On parle évidemment de son personnage et non pas de l'interprète elle-même. Également fidèle au rôle qu'il a déjà tenu dans le premier volet, l'acteur et humoriste Jérôme Commandeur reprend le rôle d'Alain Bordier, le compagnon de Carole. Une présence qui logiquement devrait être synonyme de fous rires puisque sa seule présence sauve en général des œuvres qui flirtent avec le naufrage artistique et qui devrait donc suffire à offrir à Un tour chez ma fille, son comptant de séquences drôles. Sauf que de vouloir en faire une généralité n'est pas vraiment conseillé. Surtout lorsque l'on a subi sur grand écran, cette purge absolue de la comédie française sortie le 14 juillet dernier dans laquelle jouait justement Jérome Commandeur, un navet intitulé Mystère à Saint Tropez.


Une daube monumentale signée de Nicolas Benamou dont le seul intérêt aura permis à Brillantissime de monter d'un cran dans le classements des pires comédies hexagonales et d'apaiser le dégoût de ses plus virulents détracteurs... En guest, on a droit à la présence de Line Renaud dans le rôle de Mamoune, la mère de Josiane ou de Jean-François Cayrey en artisan-plombier et électricien d'origine polonaise. Un personnage qui cache mal son rapport avec le duo qu'interprétèrent en leur temps Zinedine Soualem et Laurent Gamelon dans La maison du bonheur de Dany Boon et que le scénario d'Éric et Bruno Lavaine et d'Hector Cabello Reyes pompe ''joyeusement''. Ici, en moins drôle, bien évidemment... C'est d'ailleurs une constante dans Un tour chez ma fille. Malgré la présence et le talent de Josiane Balasko, de Mathilde Seigner ou de Jérome Commandeur auxquels on sert des dialogues relativement plats qui ne réinventent rien et puisent dans le passé. Le pire, c'est que vu le niveau de qualité drastiquement bas de la comédie française actuelle, on se contentera malgré tout d'Un tour chez ma fille. Encore faudra-t-il considérer vaut le coup de payer le prix d'une place de cinéma. Divertissant, sans plus...

 

dimanche 16 mai 2021

Les Tuche d'Olivier Baroux (2011) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Grosse comédie de potache, la première d'une lignée dont le troisième avatar devrait logiquement sortir cette année, Les Tuche d'Olivier Baroux porte en elle toute la légèreté de la savoureuse bande de guignols, Les Robins des Bois. Et ça n'est d'ailleurs pas un hasard si l'on retrouve en tête de gondole Jean-Paul Rouve qui malgré une carrière sur grand écran beaucoup plus honorable que celle de la plupart de ses acolytes du passé (excepté pour Marina Foïs qui elle aussi a su se prendre en main avec infiniment plus de rigueur que les autres membres de la troupe) sait parfois se relâcher, comme dans le cas présent. Car avec le personnage de Jeff Tuche, ce patriarche aux commandes d'une famille originaire de la ville imaginaire de Bouzolles (Salin-de-Giraud ayant en réalité servi de décor pour les besoins du film) ressemble à s'y méprendre à l'animateur de l'émission Radio Bière-Foot à laquelle était également rattaché Maurice Barthélémy. Celui qui incarna également sur scène un certain Monsieur Orange dont la particularité était de se fondre dans le décor interprète ici le rôle d'un père de famille au fort accent provenant de ce qu'il est de coutume d'appeler désormais les Hauts de France. Apparemment pas très finaud mais très attaché à certaines valeurs et surtout à sa famille constituée de son épouse Cathy (attachante et touchante Isabelle Nanty), fan absolue de Stéphanie de Monaco (elle rêve de la rencontrer), de Donald (Théo Fernandez, le surdoué de la famille), de Stéphanie (Sarah Stern), caricature même de la blonde pas très maline, idolâtrant au passage une certaine Paris Hilton, de Wilfried (Pierre Lottin), fan de rap et de voitures customisées et de Mamie Suze (Claire Nadeau), laquelle est particulièrement portée sur l'alcool et notamment sur la Suze, la chose ayant de lourdes conséquences sur son parler...


Tout ce petit monde se retrouve millionnaire et descend alors à Monaco se frotter aux habitants de cette petite principauté indépendante avec tout ce que cela peut sous-entendre de problèmes d'intégration. Car si ce quatrième long-métrage d'Olivier Baroux co-scénarisé en compagnie de Philippe Mechelen n'a l'air que de n'enclencher qu'une succession de vannes pas toujours très subtiles, il faudra malgré tout (et surtout au delà de l'avis pratiquement général des critiques) penser le film comme une certaine critique sociale, si petite soit celle-ci. Laquelle démontre fort heureusement dans le cas présent que même les coutumes et les comportements les plus ''archaïques'' peuvent donner naissance à une véritable relation entre individus de milieux sociaux radicalement différents. Et c'est même cette différence qui va tout d'abord nourrir ici l'amitié entre les Tuche et leurs voisins constitués essentiellement de Mouna (Fadila Belkebla), Salma (Karina Testa) et Jean-Wa (Sami Outalbali), d'abord réticents à rencontrer leurs nouveaux voisins avant de devenir de réels amis et confidents...


Les vannes fusent à peu près toutes les cinq ou six secondes, Jean-Paul Rouve/Jeff Tuche détenant sans doute le record parmi tous les interprètes. Pour ne pas trop alourdir son sujet par des blagues déjà très nombreuses, Olivier Baroux convie Isabelle Nanty/Cathy Tuche à apaiser le rythme telle une soupape de sécurité. Dans des décors signés Perine Barre et des costumes conçus par Sandra Gutierrez parfois absolument délirants, Les Tuche apparaît parfois comme une bande-dessinée live, joyeuse et surtout très colorée. Surtout, le film joue sur le contraste entre les habitudes un peu ''ringardes'' de cette famille originaire ''din Ch'Nord'' et le comportement éminemment précieux de la bourgeoisie sise à Monaco. Outre les interprètes déjà cités l'on retrouve également Guy Lecluse que l'on a l'habitude de retrouver chez cet autre acteur/humoriste qu'est Dany Boon, Jérôme Commandeur dans le rôle savoureux de Hermann du Country Club ou encore la regrettée Valérie Benguigui en snob de ce même Country Club. Olivier Baroux qui ici offre également une toute petite apparition à son fidèle compagnon de toujours Kad Merad (dans le rôle d'un poissonnier) apparaît lui-même à l'écran dans la peau du voisin irascible, Monnier. On pourrait citer encore Pierre Menès, Alain Doutey, Pierre Bellemare, Pascal Vincent (des Robins des Bois) et bien d'autres. Des guest en nombre pour une comédie certes, ultra légère mais qui rencontrera un grand succès en salle avec plus d'un million et demi d'entrée en onze semaines d'exploitation. Depuis, on connaît la suite : deux séquelles en 2016 et 2018 et un quatrième volet qui ne devrait logiquement pas tarder à voir le jour...

 

jeudi 2 avril 2020

Toute Ressemblance... de Michel Denisot (2019) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆



J'évite en général scrupuleusement de m'adonner à ce genre de pratique mais une fois n'est pas coutume, je suis allé me rendre compte sur différents médias de la curée dont a été victime le premier long-métrage de Michel Denisot avant de le visionner. Une habitude pour ces animateurs, ces chanteurs ou ces comédiens qui choisissent d'investir les plateaux de cinéma pour donner vie à un fantasme : Devenir réalisateur. En son temps, l'unique long-métrage de Patrick Sébastien, T'Aime, ne fut-il pas lui-même victime de quolibets parfois injustifiés ? Aujourd'hui, c'est au tour du journaliste et animateur Michel Denisot de faire les frais d'une presse qui semble avoir beaucoup de mal à accepter qu'une personnalité sorte de sa zone de confort. Toute Ressemblance… est une œuvre hybride. Entre comédie et drame. Une comédie dramatique comme nous pourrions l'évoquer mais la frontière est dans ce cas précis si difficile à appréhender que l'on ne sait plus vraiment sur quel pied danse le récit. Ce qui depuis quelques années sauve la comédie française, c'est lorsqu'elle parvient ponctuellement à apporter une émotion que l'on ne trouvait jusque là que dans le genre dramatique. La comédie en tant que telle ne produisant qu'une infime production de qualité chaque année (un ou deux longs-métrages, pas davantage), c'est le cœur que doit toucher le cinéaste, et plus uniquement les zygomatiques. Et en général, cela fonctionne. Sauf qu'avec Toute Ressemblance…, Michel Denisot rate absolument tout ce qu'il entreprend.

D'abord, le contexte : présentateur vedette du journal de 20 heures de La Grande Chaîne, Cédric Saint Guérande est LA star qui depuis dix-huit ans bat des records d'audience. Ses adversaires ont les dents longues mais les siennes rayent le parquet depuis tellement d'années qu'il connaît tous les rouages, toutes les manœuvres, tous les coups fourrés lui permettant de conserver son poste de présentateur. Même l'arrivée du nouveau directeur Julien Demaistre dont le rôle est de tout réorganiser au sein de La Grande Chaîne n'y changera rien. Seule faiblesse de CSG : Elisa. Sa compagne dont il est fou amoureux... Toute Ressemblance… démarre alors que Cédric Saint Guérande est poursuivi en voiture par une meute de paparazzis. Ce démarrage en trombe étant la résultante d'une vie pleine d'orgueil et de mépris, Michel Denisot se propose de développer sous la forme d'un flash-back en voix-off, le succès et la chute de l'empereur du journal de 20h.
Sauf que...

Sauf que Michel Denisot en signant Toute Ressemblance… n'a rien d'un précurseur. Le sujet de son film semble avoir été déjà mis en scène des dizaines de fois auparavant. Surtout, le titre laisse transparaître un sentiment d'aigreur face à cette description peu élogieuse qu'il fait du petit monde de la télévision. Une sensation que semble confirmer la toute fin du long-métrage lorsque au classique ''Toute ressemblance avec des personnes […] ne saurait être que fortuite'', Michel Denisot adjoint un point d'interrogation accusateur. Si dans le fond, le sujet peut attiser la curiosité, voire une certaine forme d'indiscrétion, le résultat est pitoyable. Le réalisateur et scénariste (scénario co-écrit avec Karine Angeli) pond une œuvre qui hésite tant entre humour et comédie dramatique qu'au final, elle n'est ni drôle, ni émouvante. Franck Dubosc est assez peu convainquant même si l'on pourra tout de même apprécier son approche d'un genre qu'il na pas si souvent l'occasion d'interpréter sur grand écran. Jérôme Commandeur est toujours aussi savoureux même si l'insistance de son personnage à évoquer ses appétences homosexuelle finissent par se révéler lourdement redondantes. Sylvie Testud assure son rôle de concierge/bonne à tout faire, Caterina Murino campe une très séduisante Elisa, quant à Denis Podalydès, il demeure sans doute le seul qui tire véritablement son épingle du jeu même s'il s'avère insuffisamment employé. Et ne parlons même pas des éphémères présences d'Alain Delon, de Michel Drucker, de Laurence Ferrari, de Patrick Poivre D'Arvor ou de Claire Chazal en mode ''j'invite mes vieux amis de la télé'' qui vieillissent prématurément un film qui déjà, n'en avait pourtant pas besoin. Caricatural jusqu'à la nausée et finalement assez malhonnête de la part d'un homme qui s'est nourri toute son existence du média télé, Toute Ressemblance… est raté !

mercredi 1 novembre 2017

L'Embarras du Choix d'Eric Lavaine (2017) - ★★★★★★★☆☆☆



Le cas Eric Lavaine est un peu particulier. En effet, l'auteur de L'Embarras du Choix, son dernier long-métrage, est capable de réaliser le pire en matière de comédie (Poltergay, son premier long-métrage en 2006, l'assez triste Protéger et Servir et le en 2010 et le ringard Bienvenue à Bord en 2011) tout en ayant réussi l'ahurissant le tour de force de me convaincre que Franck Dubosc et Florence Foresti avaient un réel potentiel. Le premier, dès Incognito, en 2008, et la seconde, en 2014 avec Barbecue. Alors, bien évidemment, l'auteur de Retour Chez ma Mère, lequel était déjà, principalement interprété par l'actrice Alexandra Lamy n'a jamais vraiment donné dans l'originalité. Mais quels que peuvent être les critiques formulées à l'encontre de ses meilleurs films, le cinéaste français y assure le spectacle. Et au fond, c'est tout ce qu'on lui demande.

Pour son dernier long-métrage, Eric Lavaine convoque donc une nouvelle fois l'actrice révélée par la série télévisée Un Gars, une Fille aux côtés de Jean Dujardin. Alexandra Lamy. L'Embarras du Choix est une comédie fraîche, dans l'air du temps, mais qui souffre peut-être de ressembler à beaucoup de films traitant d'un même sujet. Ici, le triangle amoureux. Si ailleurs (Un Profil pour Deux de Stéphane Robelin) d'autres s'en sont sortis à merveille avec quelques bonnes idées originales, Eric Lavaine, lui, n'a d'autre choix que de compter sur une solide interprétation de ses personnages. Ici, l'émotion ne primant malheureusement pas sur le reste, c'est avant tout grâce au judicieux choix qu'a entreprit le réalisateur concernant les actrices et acteurs de son dernier né. Si les personnages incarnés par Anne Marivin et Sabrina Ouazani ne sont clairement pas des plus, originaux et des plus intéressants, ceux qu'interprètent Arnaud Ducret, Jamie Bamber et Lionnel Astier demeurent par contre fort sympathiques. Arnaud Ducret, découvert dans la série télévisée Caméra Café 2 : La Boîte du dessus (un échec retentissant malgré les immenses qualités de ses interprètes qui ne dénotent finalement pas du tout par rapport aux interprètes de la série originale Caméra Café) permet à L'Embarras du Choix de prendre un second souffle alors que le film démarrait sous les pires augures. On retrouve d'ailleurs derrière le personnage d’Étienne, celui qu'Arnaud Ducret campait dans Caméra Café 2. toujours le bon mot, il s'érige cette fois-ci en séducteur au bagout maîtrisé. Jamais lourd. Fin cuisinier et gastronome. Face à son personnage, celui qu'incarne l'acteur britannique Jamie Bamber. Le troisième pion d'un binôme qui aurait dû demeurer à l'état de couple si le personnage central interprété par Alexandra Lamy n'avait la fâcheuse habitude d'être incapable de faire des choix. Le personnage de Paul est l'occasion pour Eric Lavaine de transporter ses personnages hors de France, jusqu'en Écosse. Des paysages magnifiques. Des lacs et des hectares de verdure à perte de vue. Lionnel Astier, père d'un certain... Alexandre, c'est une histoire d'amour avec le cinéma et la télévision qui remonte à presque quarante ans. Un acteur qui durant de nombreuses années se fit discret mais que l'on redécouvre aujourd'hui avec beaucoup de plaisir. Un peu bougon, certes, mais diablement attachant, Richard est le père de Juliette, l'héroïne de cette histoire. Lionnel Astier, Jamie Bamber, Arnaud Ducret. Le trio gagnant d'une petite comédie légère qui offre aux spectateurs les moyens de se vider l'esprit sans trop avoir à se prendre la tête.

Car le récit de L'Embarras du Choix est on ne peut plus simple. Quittée par son compagnon, Juliette déprime. Depuis des mois. Logée chez son amie Joëlle (Anne Marivin), cette dernière ainsi que la très « libre » Sonia (Sabrina Ouazani) décident de l'aider à se trouver un nouveau compagnon. Sur un malentendu, la voici désormais amourachée de Paul. Malheureusement, celui-ci doit bientôt se marier.. Juliette passe donc à autre chose. C'est ainsi que débarque dans le restaurant de son père, Étienne, un jeune homme fort sympathique qu'elle a rencontré la veille lors d'une sortie trop arrosée. C'est le coup de foudre. Malheureusement, Paul débarque à ce moment-là et confie à Juliette qu'il vient d'annuler son mariage et qu'il a quitté celle qui aurait du être sa future épouse. Pourquoi ? Parce qu'il est tombé amoureux de Juliette. Désormais, la jeune femme va devoir faire un choix crucial : choisir entre Paul et Étienne. Mais la décision va, une fois de plus, se révéler difficile à prendre...

L'essentiel étant de passer un agréable moment, l’œuvre d' Eric Lavaine rempli parfaitement son contrat. Alexandra Lamy demeure toujours aussi sympathique, Jamie Bamber est tour à tour séduisant, puis touchant à travers ce personnage d'écossais au français parfois approximatif. Lionnel Astier campe un restaurateur au caractère bien trempé, difficile, mais reste fort attachant, quant à Arnaud Ducret, il continue à grimper dans l'échelle des humoristes qu'il faut suivre. L'Embarras du Choix est donc une réussite. On regrettera cependant quelques petites facilités. Comme celle dont use le cinéaste pour délier l'imbroglio dans lequel est tombée son héroïne en faisant d'un Étienne qui jusque là se révélait passionnant en un individu plutôt lourd (la scène du restaurant chic). Un changement de comportement qui ne peut s'expliquer que par la volonté du cinéaste de résoudre les problèmes de ce triangle amoureux sans vraiment chercher à se prendre la tête. Sinon, c'est un sans fautes... A noter la présence du toujours excellent Jérôme Commandeur et du chat... Carole, et le passage éclair de Franck Dubosc en prêtre écossais...
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