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mardi 10 février 2026

God Save the Tuche de Jean-Paul Rouve (2025) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

God Save the Tuche de Jean-Paul Rouve serait-il le témoin d'un regain d'intérêt de la part du public hexagonal pour la comédie franchouillarde ? La réponse semble être positive si l'on tient compte des chiffres ''faramineux'' qu'obtint le cinquième volet de la franchise avec ses trois millions d'entrées. Un chiffre rêvé pour nombre de comédies françaises à n'avoir pas même dépassé les cinquante ou cent-mille entrées durant leur diffusion en salle... Nous allons malgré tout commencer par une anecdote tout à fait saisissante : Car n'en déplaise à celles et ceux qui ont détesté les cinquièmes aventures des Tuche, Jean-Paul Rouve a ici réussi le tour de force de convaincre le Roi du Royaume-Uni Charles III, son épouse la Reine Consort Camilla, ainsi que le chanteur britannique Sir Elton John à participer dans leur propre rôle au tournage du film. Un exploit qui balaie évidemment tous les défauts inhérents à l'écriture, à la mise en scène et à l'interprétation......................... T'y a cru, patate crue ? Pour ce cinquième et dernier rattrapage de 2025 (parce qu'après ça, faudra voir à tourner la page), c'est donc avec God Save the Tuche que l'on conclue cette courte série de longs-métrages qui l'année dernière m'avaient échappé. Et pas des meilleurs s'agissant de cette purge qui prouve une fois encore que '' Le Grand Déplacement '' de la comédie française sur le territoire britannique n'est pas la meilleure idée que le cinéma hexagonal ait eu ces vingt ou trente dernières années (Astérix et Obélix : Au service de Sa Majesté de Laurent Tirard demeurant l'un des plus piteux exemples)... God Save the Tuche, c'est un peu l'idée que l'on peut se faire lorsque l'on veut comparer sa projection à la mort par hypothermie. S'enfermer dans une salle de cinéma pour y voir projeter voilà près d'un an sur grand écran ou désormais chez soi, sur support physique ou dématérialisé est un peu comme de se retrouver emprisonné dans une chambre froide à attendre que la température baisse au point que l'on ressente fatigue, confusion, engourdissement pour finir enfin par un arrêt respiratoire...


Notons que dans le cas de God Save the Tuche, la comparaison s'arrête très précisément au moment où le froid cause une certaine désorientation. Laquelle peut être alors éventuellement comparée au désordre, au chaos, au cataclysme déclenché dans notre cerveau par une profusion de vannes sorties probablement tout droit des tiroirs poussiéreux conservant les archives de feux Les Robins des Bois. Devant tant d'indigence, débitées à la vitesse d'une machine à compter les billets dépensés pour l'achat des millions de places, Jean-Paul Rouve ainsi que les scénaristes Philippe Mechelen, Julien Hervé et Nessim Chikhaoui n'ont alors de cesse que d'étouffer les spectateurs sous un flots de blagues et de situations aussi gênantes qu'inefficaces. Mais si la sensation de mourir par le froid n'est paraît-t-il pas la pire façon d'expirer, nous engluer de centaines de phrases jouant pour la plupart sur le concept de ''jeux de mots'' n'est elle, pas non plus la plus mauvaise idée qu'aient eu les auteurs du film. En effet, autant mourir de froid semble être moins rude que de périr noyé ou brûlé, autant accumuler les gags toutes les quatre ou cinq secondes dans l'espoir que certains d'entre eux fonctionnent a des chances, parfois, de fonctionner. Nous retrouvons la clique habituelle, l'acteur, scénariste et réalisateur prenant la suite d'Olivier Baroux et réunissant à son tour Isabelle Nanty, Claire Nadeau, Pierre Lottin, Sarah Stern, Théo Fernandez et dans le rôle du petit-fils Jiji, le jeune Aristote Laios qui après avoir joué dans Yao de Philippe Godeau en 2018 intègre désormais la famille Tuche. Notons enfin, les présences d'Elise Larnicol dans le rôle de la Reine d'Angleterre, Bernard Menez dans celui du Roi ou encore le britannique Ray Johnson dans celui de Sir Elton John...

 

mardi 4 juillet 2023

Juste Ciel ! de Laurent Tirard (2023) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Juste ciel... pourrions-nous nous écrier devant cette indigence dont le titre est d'autant plus proche du ressentiment qu'évoque son contenu qu'il étonne plus ou moins lorsque l'on remonte le fil de la filmographie de son auteur. Car Laurent Tirard, dont les trois derniers longs-métrages étaient franchement très encourageants au regard d'un cinéma humoristique français périclitant, n'a pas toujours été prompt à signer des comédies de qualité. Sans pour autant penser aux deux premières adaptations du Petit Nicolas de René Goscinny et Jean-Jacques Sempé, Laurent Tirard démontra qu'il était capable du pire en signant le piteux Astérix et Obélix : au service de Sa Majesté en 2012. Après Un homme à la hauteur en 2016, Le retour du héros en 2018 et Le discours en 2020, le réalisateur français nous revient avec une comédie franchouillarde que l'on croirait presque sorti de l'esprit démesurément désuet de Michèle Laroque. Alors que jusqu'à présent Laurent Tirard s'était entouré de Grégoire Vigneron à l'écriture des scénarii de ses précédents films (en dehors du Discours qui reposait à l'origine sur le roman éponyme de Fabrice Caro), il confie celui de Juste ciel ! à Cécile Larripa et Philippe Pinel. Une ''chance'' pour ces deux là qui ne réussissent malheureusement pas à la saisir. Avant cela, d'un côté comme de l'autre, ils ne travaillèrent que sur une poignée de courts-métrages. D'emblée, le nouveau long-métrage de Laurent Tirard ne fait absolument pas mystère de son accointance avec le pire de la comédie hexagonale et s'en va rejoindre non plus la pléthorique liste des purges qui sont produites et réalisées depuis des années sur le sol français mais bien ce que l'on avait coutume d'appeler des ''comédies franchouillardes'' dans le courant des années soixante-dix et quatre-vingt. Consciemment ou pas, Laurent Tirard s'en va rejoindre les Max Pécas, Michel Gérard et autre Philippe Clair du cinéma le plus populaire qui soit, signant une excroissance à ce cinéma que l'on pensait perdu et oublié à tout jamais. Un film quasiment cent pour cent féminin où la masculinité n'est représentée que par Jean-Michel Lahmi qui interprète le Père Abbé et François Morel qui lui, interprète monsieur Pierre. On pourrait aussi évoquer Henri Guybet qui à une certaine époque était l'un des parangons de la comédie franchouillarde de qualité (les second et troisième volets de la trilogie La septième compagnie) mais celui-ci ne fait qu'une courte apparition dans le rôle d'un pensionnaire d'Ehpad. Ce mouroir qui depuis la sinistre affaire Orpea semble vouloir se rappeler au bon souvenir des scénaristes qui depuis exploitent ces lieux de fin de vie où patientent jusqu'à la mort nos anciens (Maison de retraite de Thomas Gilou)...


Le troisième âge étant ''à la mode'', l'on remarquera tout de même qu'il est difficile d'envisager d'exploiter ses représentants ailleurs que dans des productions qui produisent autant de désagréments que cette inconfortable odeur de rance que dégagent les vielles armoires ! Juste ciel ! ne déroge malheureusement pas à cette règle et la présence au générique de Valérie Bonnetion, de Camille Chamoux, de Claire Nadeau (dont les scénaristes exploitent désormais sa capacité à faire silence ou exprimer sa pensée sous forme de borborygmes comme dans le cas de la franchise Les Tuche) ou de Guilaine Londez (l’irrésistible secrétaire de Richard Berry dans Une journée de merde de Miguel Courtois en 1999) dans le rôle de religieuses n'y changera rien et aura même tendance à appuyer là où ça fait mal. Ici, aucune profondeur. On est dans la comédie d'entrée de gamme que l'on trouvera sans doute bientôt à l'entrée des caisses de supermarchés au format DVD pour une poignée d'euros. Pour sauver l'Ehpad du petit village de campagne où Mère Véronique et ses nonnes sont installées, celles-ci décident de participer à une course de cyclisme lors de laquelle le vainqueur remportera la somme de trente-cinq mille euros et une visite à Rome. De quoi satisfaire le rêve de Mère Véronique dont l'objectif est d'y rencontrer le souverain pontife et d'empocher l'argent qui permettrait de rénover l'Ehpad. Malheureusement pour elle et les sœurs Augustine, Bernadette, Béatrice et la stagiaire Gwendoline, une vieille connaissance débarque et s'installe à l'abbaye (le long-métrage a été tourné à celle de Saint-Pierre de Baume-les-Messieurs) afin de participer elle aussi à la course. Rivale depuis des décennies de Mère Véronique, Mère Joséphine (l'actrice danoise Sidse Babett Knudsen) lui a toujours fait de l'ombre. Ce sera cette fois-ci l'occasion pour la première de prendre sa revanche sur la seconde ! À scénario basique, mise en scène basique. Ce qui ne l'est pas en revanche, c'est l'interprétation abusivement théâtrale des principales intéressées qui en font des tonnes. En France comme en Belgique, le film sort sur les écran le 15 février dernier alors qu'il ne méritait sans doute qu'un passage à la télévision. Juste ciel ! est pathétique. Et même si lors de quelques très courtes occasions le film pourra faire sourire, dans sa globalité, le long-métrage de Laurent Tirard indispose. Sa carence en matière de séquences réellement amusantes et son aspect hautement ringard font de son dernier film l'une des pires comédies de cette première moitié de l'année 2023. Difficile donc d'imaginer derrière Juste ciel ! l'auteur du Discours ou du Retour du Héros...


 

dimanche 9 janvier 2022

Les Tuche 4 d'Olivier Baroux (2021) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

L'année 2022 commence mal. 1Er janvier. Premier jour de l'année. Première comédie ratée. À dire vrai, et pour être tout à fait honnête, un film datant de 2021. Presque du siècle dernier si l'on tient compte du ringard qui mine le récit de la première à la dernière seconde. Fallait pas s'attendre à autre chose de la part d'Olivier Baroux qui avec Les Tuche 4 insiste une fois de plus sur ses personnages ultra-caricaturaux. Jean-Paul Rouve que l'on a connu en meilleure forme durant sa collaboration avec les anciens membres de la troupe Les Robins des Bois ne retrouve pas le génie des personnages qu'il incarnait alors. Elle est loin l'émission Radio Bière-Foot (la radio de la bière et du foot à la télé). Disparu Monsieur Orange... Même le Jeff du premier volet de la franchise que l'on pouvait encore raisonnablement apprécier ne fait plus que se singer lui-même. Et dire que l'on risque de les revoir tous, les membres de la famille originaire de Bouzolles, dans un futur cinquième volet. Mais que les fans (s'il en reste) de Jeff, de Cathy, de Stéphanie, de Wilfried et de Donald se rassurent. Les Tuche 4 n'atteint tout de même pas les tréfonds de l'ignominie dans lesquels se vautrèrent notamment la purge de Michèle Laroque, brillantissime de 2017, Francis Gnibre et Eric Carrière avec leur daubesque Les Municipaux, trop c'est trop ! l'année suivante ou encore Nicolas Benamour et son infâme Mystère à Saint-Tropez en 2021. Ce qui ne justifiera cependant pas pour autant les piètres qualités du long-métrage d'Olivier Baroux pourtant parfois capable de proposer de bonnes surprises comme L'italien en 2010. Il va bien falloir qu'un de ces jours l'acteur-réalisateur pense à mettre un terme à cette trop longue saga familiale qui ne fait malheureusement plus rire grand monde (en dehors de quelques spectateurs s'esclaffant sporadiquement)... 

 

Dans cette nouvelle séquelle, Jeff et sa famille vont accueillir la sœur de sa bien-aimée. Une Maguy qu'interprétera Isabelle Nanty désormais dans un double-rôle. Nouveau venu, l'acteur Michel Blanc dans le rôle de son époux Jean-Yves qui plutôt que de relever une sauce plutôt fade apparaît plutôt inconsistant. Presque aussi peu disposé à apparaître à l'image que son personnage semble être gêné de vivre. Jeff et ce dernier ne s'entendant plus vraiment depuis que le second a osé couper l'herbe sous le pied du premier lors d'une vente aux enchères dix ans auparavant, on se retrouve devant l'un de ces films confrontant deux individus se détestant copieusement traité sous le ton de l'humour. Enfin........ en théorie. Car concernant les rires, comme déjà décrit au dessus, ceux-ci sont aux abonnés absents. Se déroulant l'approche des fêtes de fin d'année, Tuche 4 n'apporte rien. N'innove jamais. Le film évoque la confrontation entre une grosse entreprise de vente et de distribution (l'ombre d'Amazon n'est pas loin) et une petite boite reconvertie dans la fabrication de jouets de Noël. Si l'idée est bonne bien qu'éculée, son exécution est par contre totalement bâclée. Ce moment terriblement jouissif lors duquel le petit dévorait le géant entre Eddie Vuibert/Richard Anconina et Denis Vierhouten/Daniel Prévost dans La vérité si je mens 2 est ici résumé à très peu de chose. Comme un cahier des charges qui aurait été imposé et que le réalisateur et ses quatre scénaristes (!!!) se seraient chargés de mettre en scène de la manière la plus insignifiante qui soit... 

 

Si en théorie Michel Blanc aurait dû apporter une valeur ajoutée au film, il n'en est rien. Presque effacé, il interprète un personnage odieux et opportuniste comme le cinéma en a charrié tant avant lui. Une resucée sans saveur. Un humour, des répliques et des attitudes qui tournent désormais en boucle et vide depuis les origines de la franchises remontant tout de même douze ans en arrière. Olivier Baroux profite de la période pour nous pondre un conte de Noël pour beaufs (ceux qui aiment danser sur La danse des Canards ou sur les chansons de La Compagnie Créöle risquent d'apprécier) dans lequel apparaît également François Berléand dans le rôle de Pierre Noël (Je sais, je sais...) qui au mieux enchantera les plus jeunes d'entre nous. Mais à choisir, si vous voulez vraiment prendre votre pied devant une comédie familiale sur le thème de Noël, préférez redécouvrir l'excellent Santa & Cie de (et avec) Alain Chabat... Bon allez, j'avoue... J'ai rigolé... Une fois... Et très franchement. Lors de la séquence qui, fruit du hasard, sort totalement du contexte du film pour nous replonger dans ces fausses pubs qu'étaient capables de mettre en scène les Nuls et Les Inconnus il y a longtemps de cela. Mais trente seconde de rire sur un peu plus de cent minutes, ça fait quand même mal au porte-monnaie...

mercredi 22 décembre 2021

Apnée de Jean-Christophe Meurisse (2016) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Céline, Maxence et Thomas s'aiment et veulent se marier. Déboulant tous les trois en robe blanche à la mairie, ils se voient refusée l'opportunité de s'unir. Parce qu'en France, se marier à trois est encore interdit. Sans le sou, les trois amants doivent composer avec des choix de vie qui collent assez mal avec la réalité de tous les jours. Ils rêvent d'avoir leur appartement mais ''logent'' dans une boutique de vente de baignoires. Ils veulent des enfants mais préfèrent choisir parmi ceux qui jouent dans un parc. Ils veulent des parents et s'introduisent chez un couple qui ne les a jamais vu. Ils ont dans la tête des projets fous qui ne convainquent malheureusement personne. Alors, Céline, Maxence et Thomas braquent une banque, mais pas la bonne personne. Sont poursuivis par deux flics mais finissent par pique-niquer en leur compagnie. Croisent leurs nouveau parents (Claire Nadeau et Olivier Saladin lors d'une séquence si longue qu'elle confine cependant à l'ennui) puis reprennent la route. Rencontrent un prêtre au bord de la crise de nerf et même un Christ ensanglanté qu'ils délivrent de sa croix. Une autruche dans une supérette plus tard, les voilà qui vont peut-être enfin pouvoir concrétiser leur rêve : se marier tous les trois ensemble... Apnée est le second long-métrage du réalisateur et scénariste français Jean-Christophe Meurisse qui cette année nous a offert l'excellent Oranges sanguines. Dans ce second film après Il est des nôtres, le réalisateur signe une œuvre saignante à point dans laquelle trois pieds nickelés partent en vadrouille dans l'hexagone et y font des rencontres pittoresques. Incapables de s'assimiler aux us et coutumes ou à certaines ''valeurs de la République'' de notre pays, ils sont les nouveaux Jean-Claude, Pierrot et Marie-Ange des Valseuses que Bertrand Blier réalisa en 1973 et qui vit le jour sur les écrans français l'année suivante...


Véritable Objet Filmique Non Identifié, Apnée est un long-métrage riche en événements qui ne cache pas la relative improvisation de ses interprètes. Jean-Christophe Meurisse retrouve pour la seconde fois ses trois principaux interprètes qui étaient déjà présent dans son premier long-métrage. Les trois acteurs se lâchent totalement dans une succession de séquences absolument délirantes lors desquelles leurs personnages respectifs expriment leur mal être et leur incompréhension des contingences établies par notre société. Sur la tangente, nos trois hurluberlus croisent donc la route d'une autruche pour un moment de réelle poésie et d'accalmie dans un contexte où les chamailleries le disputent à des hurlements de colère. Le film évoque paperasserie et administration. Finances et poches trouées. Amour et religion. Tout cela étant mixé et ressortant sous la forme d'un long-métrage surréaliste complètement halluciné mais assumé par son auteur et ses interprètes. Apnée trouvera son acmé non pas lors du conflit qui opposera l'ambitieux projet (quoique totalement hors de propos) réalisé par Céline et Maxence de parc d'attraction accueillant les enfants à travers une figure stalinienne (!?!), ni même lorsque Jean-Christophe Meurisse filmera Ad Nauseam Thomas lors d'une formation ayant pour but la recherche d'un emploi. Tout se précipite en fait lors du final, lorsque enfin les trois jeunes gens parviennent enfin à se marier lors d'une cérémonie singulière, véritable cours des miracles où géants de deux mètre-vingt, nain ou ténor fêteront l'événement avec Céline, Maxence et Thomas sur fond de musique de La Compagnie Créole. Seule faiblesse du récit : certains dialogues qui parviennent difficilement à tenir la route. Malgré cela, Apnée demeure on ne peut plus original. Comme si Bertrand Blier et le chilien Alejandro Jodorowsky (ou même l'espagnol Fernando Arrabal) avaient ensemble accouché d'un script hybride...

dimanche 16 mai 2021

Les Tuche d'Olivier Baroux (2011) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Grosse comédie de potache, la première d'une lignée dont le troisième avatar devrait logiquement sortir cette année, Les Tuche d'Olivier Baroux porte en elle toute la légèreté de la savoureuse bande de guignols, Les Robins des Bois. Et ça n'est d'ailleurs pas un hasard si l'on retrouve en tête de gondole Jean-Paul Rouve qui malgré une carrière sur grand écran beaucoup plus honorable que celle de la plupart de ses acolytes du passé (excepté pour Marina Foïs qui elle aussi a su se prendre en main avec infiniment plus de rigueur que les autres membres de la troupe) sait parfois se relâcher, comme dans le cas présent. Car avec le personnage de Jeff Tuche, ce patriarche aux commandes d'une famille originaire de la ville imaginaire de Bouzolles (Salin-de-Giraud ayant en réalité servi de décor pour les besoins du film) ressemble à s'y méprendre à l'animateur de l'émission Radio Bière-Foot à laquelle était également rattaché Maurice Barthélémy. Celui qui incarna également sur scène un certain Monsieur Orange dont la particularité était de se fondre dans le décor interprète ici le rôle d'un père de famille au fort accent provenant de ce qu'il est de coutume d'appeler désormais les Hauts de France. Apparemment pas très finaud mais très attaché à certaines valeurs et surtout à sa famille constituée de son épouse Cathy (attachante et touchante Isabelle Nanty), fan absolue de Stéphanie de Monaco (elle rêve de la rencontrer), de Donald (Théo Fernandez, le surdoué de la famille), de Stéphanie (Sarah Stern), caricature même de la blonde pas très maline, idolâtrant au passage une certaine Paris Hilton, de Wilfried (Pierre Lottin), fan de rap et de voitures customisées et de Mamie Suze (Claire Nadeau), laquelle est particulièrement portée sur l'alcool et notamment sur la Suze, la chose ayant de lourdes conséquences sur son parler...


Tout ce petit monde se retrouve millionnaire et descend alors à Monaco se frotter aux habitants de cette petite principauté indépendante avec tout ce que cela peut sous-entendre de problèmes d'intégration. Car si ce quatrième long-métrage d'Olivier Baroux co-scénarisé en compagnie de Philippe Mechelen n'a l'air que de n'enclencher qu'une succession de vannes pas toujours très subtiles, il faudra malgré tout (et surtout au delà de l'avis pratiquement général des critiques) penser le film comme une certaine critique sociale, si petite soit celle-ci. Laquelle démontre fort heureusement dans le cas présent que même les coutumes et les comportements les plus ''archaïques'' peuvent donner naissance à une véritable relation entre individus de milieux sociaux radicalement différents. Et c'est même cette différence qui va tout d'abord nourrir ici l'amitié entre les Tuche et leurs voisins constitués essentiellement de Mouna (Fadila Belkebla), Salma (Karina Testa) et Jean-Wa (Sami Outalbali), d'abord réticents à rencontrer leurs nouveaux voisins avant de devenir de réels amis et confidents...


Les vannes fusent à peu près toutes les cinq ou six secondes, Jean-Paul Rouve/Jeff Tuche détenant sans doute le record parmi tous les interprètes. Pour ne pas trop alourdir son sujet par des blagues déjà très nombreuses, Olivier Baroux convie Isabelle Nanty/Cathy Tuche à apaiser le rythme telle une soupape de sécurité. Dans des décors signés Perine Barre et des costumes conçus par Sandra Gutierrez parfois absolument délirants, Les Tuche apparaît parfois comme une bande-dessinée live, joyeuse et surtout très colorée. Surtout, le film joue sur le contraste entre les habitudes un peu ''ringardes'' de cette famille originaire ''din Ch'Nord'' et le comportement éminemment précieux de la bourgeoisie sise à Monaco. Outre les interprètes déjà cités l'on retrouve également Guy Lecluse que l'on a l'habitude de retrouver chez cet autre acteur/humoriste qu'est Dany Boon, Jérôme Commandeur dans le rôle savoureux de Hermann du Country Club ou encore la regrettée Valérie Benguigui en snob de ce même Country Club. Olivier Baroux qui ici offre également une toute petite apparition à son fidèle compagnon de toujours Kad Merad (dans le rôle d'un poissonnier) apparaît lui-même à l'écran dans la peau du voisin irascible, Monnier. On pourrait citer encore Pierre Menès, Alain Doutey, Pierre Bellemare, Pascal Vincent (des Robins des Bois) et bien d'autres. Des guest en nombre pour une comédie certes, ultra légère mais qui rencontrera un grand succès en salle avec plus d'un million et demi d'entrée en onze semaines d'exploitation. Depuis, on connaît la suite : deux séquelles en 2016 et 2018 et un quatrième volet qui ne devrait logiquement pas tarder à voir le jour...

 

jeudi 2 mai 2019

L'Ami du Jardin de Jean-Louis Bouchaud (1999) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆




Un collectionneur de nains de jardin retrouvé pendu à l'une des poutres de son grenier. Une sœur convaincue que le coupable est l'un d'entre eux. Un nain tout ce qu'il y a de plus normal, en chair et en os qui débarque et s'installe dans le village. Une secte dont les disciples vénèrent les nains de jardin... cela fait peut-être beaucoup de nains au final mais le synopsis donne furieusement envie d'en savoir un peu plus sur ce long-métrage signé par un parfait inconnu (en tout cas, en ce qui me concerne). Sans vouloir être particulièrement caricatural et eut égard à sa famille, le nom de Jean-Louis Bouchaud sonne davantage comme celui d'un éleveur de bovins du Pays de la Loire que celui du cinéaste qu'il semble être même si les informations qui circulent à son sujet sont assez difficiles à dénicher. Directeur de seconde équipes à trois occasions, acteur d'un unique film (Chute Libre... non, ne rêvez pas, rien à voir avec le long-métrage éponyme du cinéaste américain Joel Schumacher interprété par Michael Douglas) et réalisateur d'un court-métrage et du film qui nous intéresse ici, Jean-Louis Bouchaud est également scénariste de L'Ami du Jardin, titre qui ne fait absolument pas référence à un certain Jean, ancien compagnon d'Alexandra Lamy (Un gars, une Fille) mais davantage de rapport avec ces drôles de petites sculptures qui poussent dans les jardins des ''nanihortensiophile'' que l'on connaît sous l'appellation de collectionneurs de nains de jardin.

Trop de noir, tue le noir

Un casting royal qui s'apparente parfois à des participations uniques et relativement courtes au titre desquels on remarquera notamment la présence de Gérard Jugnot, Yolande Moreau, Sylvie Joly, Christophe Alévêque, Claire Nadeau, Hubert Saint-Macary, ou encore Chick Ortega, perdus au beau milieu d'une faune étrange dans laquelle s'agite quelques individus peu recommandables. Inutile d'espérer voir une comédie irrésistiblement drôle. Jean-Louis Bouchaud réalise une œuvre sombre, voire sinistre, jamais amusante, et sans doute encore moins divertissante. S'il n'a réalisé que ce seul long-métrage et n'a donc pas davantage pris de temps afin de prouver ses facultés de metteur en scène, le cinéaste a dès les premiers instants, choisi de plomber l'ambiance. Il jette l'acteur Jean-Yves Tual dans un contexte auquel même le spectateur a très vite envie d'échapper. Sans finesse aucune et sans jamais tempérer le caractère odieux d'une partie des personnages, Jean-Louis Bouchaud réussit à rendre antipathiques ses interprètes au beau milieu desquels l'acteur-nain fait figure de chair à canon. Sirupeux, fragile, (trop) poli et physiquement désavantagé, le personnage de Jérôme est de ces individus que l'on n'appréciait jamais de voir souffrir des remarques des ''plus grands'' au collège tout en leur offrant notre plus vil mépris de les voir incapables de se défendre.

Pire que la pratique du lancer de nains : L'Ami du Jardin

Jean-Yves Tual n'incarne donc pas le héros idéal de cette histoire bancale repoussant les limites de la noirceur jusqu'à en écœurer même son plus fervent défenseur. Et la participation de Gérard Jugnot et consorts, même minime, n'y change rien. Pas drôle, parfois chiant à mourir (en réalité, du début à la fin), scénario qui se disperse, et toujours ce nain dont on ne sait s'il faut s'y attacher ou s'en inquiéter. Même cette supposée romance que l'on devine pointer le bout de son nez (et que l'on espère être l'exutoire à toute cette noirceur) ne viendra jamais. Un film à déconseiller aux dépressifs mais à conseiller aux insomniaques qui aimeraient enfin pouvoir s'offrir quelques heures de sommeil. En imposant une noirceur de tous les instants, Jean-Louis Bouchaud croyait sans doute bien faire et s'imaginait probablement marquer d'une pierre blanche, ou plutôt noire, le genre auquel il s'attaque ici. Pour le coup, si la sinistrose guette véritablement le spectateur, le cinéaste a oublié de rendre L'Ami du Jardin divertissant. Sans exagérer, on peut affirmer que ce film qui pourtant ne dépasse pas les soixante-dix sept minutes est un calvaire à suivre jusqu'à son terme. Un cauchemar dont on aimerait s'éveiller avant que ne survienne le générique de fin. Vous êtes prévenus...

mercredi 23 mai 2018

Les Tuche 3 d'Olivier Baroux (2018) - ★★★★★★☆☆☆☆



Après les Tuche à Monaco en 2011 avec Les Tuche, les Tuche aux États-Unis avec Les Tuche 2 : Le Rêve américain en 2016, cette fois-ci, l'équipe au grand complet revenait sur les écrans français fin janvier 2018 pour une aventure les menant tout droit jusqu'à l'Elysée avec Les Tuche 3. Olvier Baroux, l'ancien complice de Kad Merad est toujours aux commandes et la petite famille est toujours interprétée par le même groupe d'actrices et d'acteurs. A savoir, Jean-Paul Rouve dans le rôle de Jeff Tuche, Isabelle Nanty dans celui de son épouse Cathy, Sarah Stern dans la peau de leur fille Stéphanie, Pierre Lotin dans celle de Wilfried, le fils aîné, ainsi que Théo Fernandez qui reprend le rôle du fils cadet Donald, continuant ainsi de dénoter par rapport aux autres membres de la famille bien que l'acteur soit moins présent à l'écran dans ce troisième épisode.Même s'il est moins bien que le premier long-métrage de la saga désormais célèbre de la richissime famille de ch'tis, Les Tuche 3 surpasse pourtant le second qui était quelque peu décevant.On y retrouve également l'actrice Claire Nadeau dans le rôle d'une Mamie Suze toujours autant prise de boisson ainsi que Ralph Amoussou dans le rôle de Georges Diouf, le fiancé de Stéphanie.

Et justement, tout va mal pour la jeune femme : son petit ami refuse d'avoir un enfant avec elle, et c'est le clash. Du côté de Wilfried, c'est la même chose. Divorcé de son époux, il continue de se saper comme un rappeur. Quant à Théo, alors que les portes de Polytechnique lui sont grandes ouvertes, il refuse d'y aller. Comme le dit si bien sa maman, le cadet est en pleine crise d'adolescence. Alors qu'elle-même continue à préparer de bons petits repas à base de frites à sa famille, Jeff, lui est préoccupé par autre chose. Alors qu'il est désormais maire de Bouzolles, il constate avec désarroi que le TGV qui devait selon lui faire un arrêt à la gare de Bouzolles ne fait que passer devant. Le père de famille décide donc de se présenter aux élections présidentielles. Mais alors que peu croient en lui et qu'il est le sujet de moqueries de la part de ses principaux adversaires, tous sont au cœur de scandales qui ruinent leurs chances de passer le premier tour.. Jeff se retrouve finalement au second tour face au président sortant, le sinistre Papin...

Ce troisième volet des aventures des membres de la famille Tuche risque de faire grincer certaines dents quant d'autres se réjouiront de la découvrir au sommet de l'état, à la présidence de la république. On y retrouve le même humour que dans les précédents volets avec un surcroît de causticité dû au portrait peu élogieux qui est fait des hommes d'état, ici souvent jugés d'escrocs. Les gags ne sont pas toujours très fins (et même rarement il faut le reconnaître) mais on s'amuse beaucoup d'autant plus que les répliques s'enchaînent à une vitesse folle. Parmi les nouveaux venus, nous noterons la présence de Scali Deypeyrat dans le rôle de Bichon, Philippe Magnan dans celui de Papin, l'ex-président de la République, et la participation éclaire de Marc Duret dans la peau de Laurent Dupuis, candidat au second tour, s'excusant de l'emploi fictif dont bénéficie son épouse alors même qu'il est accusé de trafic de stupéfiants, de trafic d'organes, de braquage, et de proxénétisme !!!

On pardonnera au film sa grande légèreté de ton. Plus que la critique, c'est l'humour qui tient le haut du pavé et rappelle celui de la troupe des Robins des Bois. Les Tuche 3 n'est certes pas la meilleure comédie d'Olivier Baroux (qui y interprète toujours le rôle de Monnier) mais pas la plus mauvaise non plus. A voir une fois suffira, d'autant plus que l'on risque malheureusement de l'oublier assez rapidement. Mentions spéciales tout de même pour le couple formé par Rouve et Nanty ainsi que l'interprétation de Pierre Lottin qui n'a jamais personnifié de manière aussi convaincante, le personnage hautement caricatural de Wilfried...

samedi 8 juillet 2017

7 Ans de Mariage de Didier Bourdon (2002)



Après sept ans de mariage, le couple formé par Audrey et Alain a fini par s'user. Parents d'une petite fille, ils hébergent Arnaud, le frère d'Audrey, un beau jeune homme qui assume totalement son homosexualité. Tandis qu'elle conseille des clients dans une banque lui, est médecin urgentiste à Paris. Sur les conseils d'un ami et collègue sexologue, Alain va s'employer à raviver la flamme entre son épouse et lui. Il lui propose d'abord de suivre des pornos à la télé en sa compagnie. Puis sur les recommandations de Claude, le sexologue, il l'insulte, la traite de salope durant leurs ébats. Mais la technique ne fonctionne pas. Audrey est outrée par le comportement d'Alain. C'est alors qu'ils sont conviés tous les deux à dîner par Claude et son épouse Viviane dans un club un peu particulier. Si à l'étage, les lieux font office de restaurant, le sous-sol est consacré aux rencontres libertines. Audrey et Alain ne sont pas très chauds et acceptent seulement de dîner.
Pourtant, d'une certaine manière, ils auront ainsi mis le pied dans un univers qui leur est étranger. Dès lors, le couple va fréquenter des sex-shops et s'essayer au voyeurisme et à l’exhibitionnisme. Ils évoquent même l'idée de pratiquer l'échangisme mais lorsque l'on n'est pas vraiment prêt à changer ses habitudes sexuelles, franchir le pas se révèle difficile. Pourtant, peu à peu, à force d'imaginer des jeux inédits pour eux, le miracle va avoir lieu : Audrey et Alain vont retrouver l'amour et l'appétit sexuel des débuts...

A la réalisation, l'acteur, humoriste, scénariste et réalisateur Didier Bourdon. C'est lui-même d'ailleurs qui interprète le rôle d'Alain aux côtés de Catherine Frot dans celui d'Audrey. 7 Ans de Mariage est son cinquième long-métrage en tant que réalisateur mais le premier dans lequel n'apparaissent ni Pascal Légitimus, ni Bernard Campan, ses compagnons de toujours. Il s'agit également du second film qu'il réalise seul après le navrant (quoique) L'extraterrestre, lequel est symptomatique du procès qui à l'époque opposait le producteur Paul Lederman aux Inconnus et qui interdisait à ces derniers de tourner ensemble. Depuis, tout semble être rentré dans l'ordre puisque l'on a retrouvé le trio dans Bancs publics (Versailles Rive-Droite) (mais séparément) de Bruno Podalydès, puis cinq ans plus tard dans Les Trois Frères : Le Retour qu'il réalisèrent ensemble. 7 Ans de Mariage est une comédie légère, pas mauvaise en soit, mais au final trop simpliste au niveau de l'écriture ce qui l'empêche de devenir un classique du genre. On s'amuse des péripéties de ce couple qui vacillait jusqu'à maintenant et qui découvre les plaisirs du libertinage. Didier Bourdon est irrésistible en époux attentionné mais pas véritablement prêt à lâcher son épouse dans la fosse aux lions (lubriques). Catherine Frot en épouse et mère de famille rigide est elle aussi convaincante. 7 Ans de Mariage ménage quelques passages assez amusants (Catherine Frot vêtue d'un costume de féline en latex) et des participations secondaires épatantes. A l'image de Jacques Weber et de Claire Nadeau qui dans le rôle de Claude et Viviane forment un couple détonnant mais finalement pas si libéré que ça. Au casting on retrouve également Yan Duffas dans le rôle d'Arnaud, Véronique Barrault dans celui de l'infirmière, Françoise Lépine en confidente et amie « coincée » d'Audrey, ainsi que Michèle Moretti dans le rôle de la mère de la jeune femme.

Au final, 7 Ans de Mariage est une agréable petite comédie, un peu longuette sur la fin en raison d'une intrigue qui s'effiloche peu à peu. Mais le plaisir de retrouver ce solide casting étant intact, on prend du plaisir à revoir de temps en temps le film de Didier Bourdon. Mais pas plus d'une fois tous les... sept ans !

lundi 8 février 2016

Les Tuche 2 : Le Rêve Américain de Olivier Baroux (2016)



Voilà cinq ans que Jeff Tuche a offert à son épouse Cathy le cadeau de ses rêves : rencontrer Princesse Stéphanie de Monaco. Désormais, la famille mufti-millionaire vit de ses rentes et Jeff, propriétaire d'une entreprise florissante prône le travailler moins pour gagner plus.Mamie Suze boit toujours autant, Stéphanie est fiancée à la star du football Georges Diouf, Wilfrid, fan de tuning, rime sur des paroles rap et Donald a quitté Bouzolles pour Los Angeles afin d'y parfaire son anglais. Là-bas, il y a fait la connaissance de la jolie Jennifer Carrington dont les parents sont très riches. Pour ne pas faire tâche durant un repas organisé par ceux-ci à l'attention de leur fille et de son petit ami Donald, ce dernier fait croire aux Carrington que son père Jeff est un grand chirurgien spécialisé dans la reconstruction faciale, persuadé que de toute manière, les deux familles ne se rencontreront jamais.

Et puis, Donald doit bientôt revenir en France. De plus, Ron Carrington, le père de Jennifer fait comprendre au jeune garçon qu'il préfère qu'il ne voit plus sa fille. Mais après avoir écrasé six fois de suite l'ancien champion d'échec dans sa propre discipline, Donald est finalement accepté par Ron. Malheureusement pour lui, Cathy, Jeff, Stéphanie, Wilfried et mamie Suze débarquent de Bouzolles afin de lui faire une surprise pour son anniversaire...

D'abord connu comme humoriste auprès de son camarade Kad Merad, Olivier Barroux a quelque peu changé son fusil d'épaule et si l'on continue à le voir apparaître dans quelques long-métrages, il semble cependant plus enclin désormais à réaliser qu'à être dirigé par d'autres. Huit films au compteurs en tant que cinéaste, avec parfois peu de réussite (Mais qui a Retué Pamela Rose?) et quelques très bonnes surprises (L'Italien). Il revient donc en 2016 avec la suite des Tuches réalisé en 2011. Cette fois-ci, Olivier Barroux met les petits plats dans les grands et nous offre un voyage au pays du rêve américain. Ayant plutôt apprécié la première apparition cinématographique de la famille de ch'tis (bien plus que celle de Dany Boon et son Bienvenue Chez les Ch'tis) bien qu'il me fut difficile d'en supporter une seconde vision, ma compagne et moi attendions avec ferveur cette suite dont la bande-annonce était pleine de promesses. On retrouve les mêmes interprètes qu'en 2011. L'ancien Robin des Bois Jean-Paul Rouve, à ses côtés la très attachante Isabelle Nanty, l'immortelle Claire Nadeau en mamie Suze (cette femme ne vieillit pas, je vous l'assure), Sarah Stern dans le rôle de Stéphanie, jeune femme un peu superficielle mais au très fort caractère. Théo Fernandez dans le rôle d'un Donald qui, vu son jeune âge, a bien changé depuis le premier opus, et enfin Pierre Lottin, celui qui sans doute tire le mieux son épingle du jeu avec son imitation parfaite du jeune ch'tis.

A leurs côtés, on découvre de nouveaux visages : ceux des parents de Jennifer (Alice Morel Michaud), le français Ken Samuels et la canado-américaine Susie Almgren. Richard Robitaille dans celui de Roger Cerisier, le voisin canadien, et même le cinéaste lui-même dans le rôle de Monnier, voisin à Bouzolles de la famille Tuche. Les Tuche 2 : Le Rêve Américain n'est pas mauvais, mais il laisse un goût un peu amer. Si quelques rires aux éclats ont surgit durant la séance, le reste du temps, le public ne s'est pas vraiment poilé. En tendant l'oreille, on pouvait entendre des critiques pourtant élogieuses et au sortir de la salle les spectateurs arboraient un visage satisfait. De là à dire que le film est drôle, disons que quelques scènes ont pu marquer les esprits, et pas forcément les plus amusantes. Quelques excellentes idées ont fort heureusement émaillé un récit attendu (convenu?) comme celle durant laquelle on découvre les Tuche, fans de La Petite Maison dans la Prairie, réinterpréter le générique à leur façon. Il manque à cette suite ce choc des cultures qui aurait pourtant apporté beaucoup à un scénario qui se contente de gags plutôt lourds, du niveau des Robins des Bois ou des Deschiens, pourtant excellents, mais qui prennent un sacré coup de vieux.

Si Les Tuche 2 : Le Rêve Américain n'est pas si drôle qu'on l'attendait, on passe cependant un moment agréable, mélange de satisfaction (d'où l'intérêt de se vider l'esprit au cinéma) mais de déception aussi (cette suite est bien moins amusante). On n'en voudra cependant pas à Olivier Barroux ni à toute l'équipe du film. Tous sont tellement attachants qu'on leur pardonne les failles de cette suite...


vendredi 3 juillet 2015

Les Visiteurs 2 : Les Couloir du Temps de Jean-Marie Poiré (1998)

 
Maintenant que le Comte Godefroy de Montmirail est parvenu a éviter la mort du Duc de Pouille quelques instants avant le drame il va pouvoir enfin épouser Frénégonde, la fille de ce dernier. Malheureusement pour lui, Jacquouille, en ayant dérobé les bijoux du Duc et en les ayant dissimulé dans la cache secrète d'une église avant de les récupéré dans le vingtième siècle, a empêché que les couloirs du temps ne se referment. De plus, c'est son petit-petit-petit-petit-fillot qui s'est retrouvé projeté neuf cent ans plus tôt à sa place lors du voyage du retour. Le Duc de Pouille se meurt. Jacquard est rattrapé par l'inquisition et risque d'être exécuté sur la place publique. Jacquouille, lui, se trouve toujours en compagnie de sa nouvelle amie, la clocharde Ginette, quand au mariage entre Godefroy et Frénégonde, il ne peut avoir lieu tant que les bijoux n'auront pas retrouvé leur place originelle. C'est ainsi que le Comte retourne voir le magicien Eusebius, celui-là même qui lui donna la potion magique, afin de retourner une fois de plus dans le futur afin de récupérer le biens du Duc de Pouille...

C'est ainsi que débute donc ce second volet des aventures de Godefroy et de son fidèle écuyer Jacquouille. On retrouve les mêmes acteurs que dans le premier volet, certains rôles ayant disparu, Isabelle Nanti et d'autres ne font plus partie du casting. On aurait peut-être aimé voir s'étoffer certains rôles comme celui du Docteur Bovin campé par la savoureux Didier Bénureau. Maire-Anne Chazel, Christian Bujeau et bien évidemment Jean Réno et Christian Clavier font toujours partie du casting, accompagnés cette fois-ci par Claire Nadeau, Philippe Nahon ou encore Jacques François. Clavier campe non seulement les rôles de Jacquard et de Jacquouille mais aussi, désormais, celui de Prosper le purineur. Un nouveau personnage qui aurait mérité d'avoir une plus grande place. Le cinéaste n'a pas oublié l'excellente (mais trop courte) apparition de Jacques François dans Le Père Noël est une Ordure, et lui confie le rôle du mari de Gisèle, interprétée par l'excellente Sylvie Joly. A ce propos, offrir le rôle de Frénégonde/Béatrice à cette immense humoriste aurait sans doute été plus judicieux que de le donner à Muriel Robin, elle aussi très bonne humoriste mais qui ici a bien du mal à nous faire oublier la fameuse Frénégonde interprétée par l'exceptionelle Valérie Lemercier.

Cette dernière d'ailleurs explique son refus de tourner la suite en raison du scénario qu'elle jugeait faible en comparaison de celui du premier épisode. Et comme elle le précisait à juste valeur, il est vrai que Les Visiteurs 2 : Les Couloir du Temps est moins bon. Le rythme y est bien présent et les gags s'enchaînent pourtant très bien. Cependant, ils demeurent plus faibles qu'auparavant. Plus lourds et moins drôles, il accusent le coup. Et l'absence de Valérie Lemercier est un vrai problème. Elle qui interprétait merveilleusement bien les rôles de Frénégonde et surtout celui de Béatrice n'et plus là, donc, et c'est Muriel Robin qui doit relever le défis. Sauf que l'humoriste galère, surjoue et manque de naturel. Elle n'est pas mauvaise, non, disons simplement que son jeu et incomparable à celui de Valérie Lemercier. 


Pour le reste, on retrouve les mêmes ingrédients. Si certains fonctionnent bien ensemble (le choc des cultures et des époques) d'autres tournent un peu en rond (des gags qui ressemblent parfois un peu trop à ceux du premier épisode et un Christian Clavier qui en fait parfois un peu trop). Les Visiteurs 2 : Les Couloir du Temps demeure pourtant une bonne comédie, très bonne même, et à laquelle Jean-Marie fit l'erreur de donner une (fausse) suite, ou plutôt un remake à l'américaine qu'il tourna lui-même avec toujours dans les rôles principaux Jean Réno et Christian Clavier, entourés cette fois-ci d'acteurs et actrices anglo-saxons. Le film fut un bide à tel point que le film faillit cauer la faillite la société de production française Gaumont...
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