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samedi 15 août 2026

Cocorico 2 de Julien Hervé (2026) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

C'est long, très long, tellement long... Et surtout, c'est pénible, vraiment pénible, tellement pénible que l'on pourrait croire que cette purge, cette infamie, ce cancer que l'on dit être une comédie aurait tout aussi bien pu être l’œuvre d'une Michèle Laroque ou d'un David Charhon. Imaginons d'ailleurs durant un court instant que ces deux là décident un jour de mettre en scène ensemble un prochain film en commun, hum ? Ouais, je sais, rien que d'y penser, ça donne le tournis. Mais en attendant, le scénariste et réalisateur français Julien Hervé n'a eu besoin de personne pour signer le nouveau grand navet de cette décennie et des années 2000-2020 en totale perdition sur le territoire hexagonal. Des pseudo-comédies qui semblent surtout faire l'étalage d'un pognon monstre dont les propriétaires paraissent se ficher du devenir puisque tout comme pour le film dont il s'agit ici de faire la critique sans s'énerver, il est des œuvres ayant coûté des millions dont la valeur artistique reste encore à évaluer ! Déjà, pourquoi réaliser la suite d'un film relativement mauvais ? Sans doute parce que Cocorico est rentré dans ses frais en rapportant un peu moins de quinze millions d'euros pour un budget de dix. Rien de mirobolant et pourtant, les sociétés de production SND et White and Yellow Films ont décidé de faire à nouveau confiance à Julien Hervé qui pour la seconde fois s'est chargé lui-même de l'écriture et de la réalisation de sa nouvelle comédie. On prend les mêmes et on recommence. Mais alors que Cocorico était encore ''regardable'' malgré un concept sympathique très mal exploité, sa suite parvient à être encore moins bonne que l'original. Une pâle copie d'une mauvaise comédie, au mieux, ça peut donner une franchouillardise acceptable. Mais là, même pas. Au point qu'il nous semble régulièrement être pris pour des légumes ingérant le même plat à chaque repas. De la direction artistique de Simon Blanjoie aux décors de Laure Lepelley-Monbillard en passant par l'indigente musique de Matei Bratescot qui revient pour la seconde fois nous assommer avec des compositions qui puent l'Intelligence Artificielle même s'il y a bien un compositeur derrière elle, Cocorico 2 a de grandes chances en fin d'année de finir au sommet des flops 10 catégorie ''Comédies Françaises'' !


Évidemment, on n'attend plus rien de Didier Bourdon et de Christian Clavier qui font une fois encore là où on leur demande. Cachetonnant dans des comédie faisandées depuis maintenant une bonne dizaine d'années. Poussant malgré tout des spectateurs assez stupides pour leur accorder encore et encore leur confiance à aller dépenser une dizaine d'euros chaque fois qu'ils passent au cinéma. Si Cocorico 2 est consternant, ça n'est pas simplement parce qu'il nous présente deux vieillissantes vedettes du cinéma français dans les inconfortables rôles de septuagénaires incapables de remettre en question leur ostracisme culturel, social et racial ni même parce que Julien Hervé pille le fond de commerce de Philippe de Chauveron (réalisateur de la trilogie Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu et de à bras ouverts) et encore moins parce qu'il semble espérer que les spectateurs sont assez stupides pour se laisser avoir une seconde fois (la suite n'attirera d'ailleurs qu'environ six-cent soixante milles d'entre eux, soit, un million et trois-cent mille de moins que pour le premier volet) mais bien parce que c'est mauvais ! Face à Didier Bourdon dont la qualité de comédien s'est depuis très longtemps faite la malle, Christian Clavier semble avoir définitivement abandonné l'idée de jouer pour laisser la place à son ''double'' Jacques-Henri Jacquart de la saga Les visiteurs. Nos deux interprètes ont donc abandonné toute ambition. Tout comme la pauvre Sylvie Testud qui est venue se perdre dans deux comédies d'une rare indigence bien longtemps après nous avoir notamment offert une superbe performance dans le formidable Les Blessures assassines de Jean-Pierre Denis au tout début du siècle. On ne citera pas le reste du casting qui de toute manière se partage la partie congrue d'un script rachitique, mal écrit et d'un récit qui accumule tant de fautes de goût en matière de dialogues que le malaise finit par s'imposer face à des interprètes qui rament à contre-courant. Bref, un désastre !

 

lundi 15 juin 2026

Marsupilami de Philippe Lacheau (2026) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

En 1952, le dessinateur belge André Franquin crée le Marsupilami. Créature totalement imaginaire qui selon son auteur n'est pas forcément et directement inspirée par des animaux existant même s'il en a retiré certains traits physiques ou comportementaux. On peu donc imaginer que certains singes l'ont inspiré à travers l'usage de sa queue préhensile tandis que son pelage et les tâches sombres qui le composent se réfèrent plus probablement à certains fauves parmi lesquels, le guépard... Une quarantaine de bandes-dessinées le mettent en scène depuis sa première apparition dans Spirou et les Héritiers l'année de sa création. Comme beaucoup de personnages de bandes-dessinées strictement liés à des créatifs originaires du vieux continent, le Marsupilami eut les honneurs de connaître une adaptation à la télévision sous la forme d'une première série belgo-américaine simplement intitulée Marsupilami, en vingt-huit épisodes et produite par Walt Disney Television Animation. Au tout début du vingtième siècle, une seconde série est produite par Marathon Média et diffusée sur France 3. Enfin, l'année dernière la série Les Marsupilamis produite par Ellipse Animation et Belvision contient cinquante-deux épisodes diffusés sur Gulli... Nous passerons ensuite sur les quelques jeux qui furent créés pour différentes plateformes pour passer au grand format. Le cinéma, porte d'entrée pour des personnages de fiction, imaginés par des dessinateurs de talents, qui trouvent parfois le moyen de ''prendre'' vie dans des longs-métrages live. S'agissant du Marsupilami, de par sa constitution, la créature d'André Franquin est un pur produit issu du talent des concepteurs en images de synthèse et non pas endossé par un acteur caché sous un costume ridicule. En 2012 sort sur les écrans Sur la piste du Marsupilami d'Alain Chabat, dont on connaît le talent s'agissant d'adapter une bande-dessinée en live (Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre). Une comédie mi-figue, mi-raisin bien loin d'égaler les meilleures œuvres de son auteur. Principalement incarné par Jamel Debbouze, par Alain Chabat lui-même ainsi qu'une galerie de personnages pittoresques, le film s'avère relativement dispensable.


Alors, lorsque sort quatorze ans plus tard Marsupilami, certains détails laissent à penser qu'il pourrait s'agir d'une séquelle alors que les deux adaptations n'entretiennent que peu de rapport en dehors de la présence évidente du Marsupilami et de... Pablito Camaron, qu'incarnait déjà en 2012 Jamel Debbouze et que l'acteur reprend donc quatorze ans plus tard. Cette fois-ci, le film ne tourne pas principalement autour de son personnage ni de celui interprété par Alain Chabat mais davantage autour d'une galerie de protagonistes que les fans de la Bande à Fifi composée de Philippe Lacheau (ici une fois de plus aux manettes de la réalisation, de l'écriture et dans le rôle de David Ticoule), Tarek Boudali, Julien Arruti, Elodie Fontan et Reem Kherici connaissent très bien... Marsupilami est donc d'abord et avant tout une comédie typique de cette bande prête à tout et surtout, à toutes les facéties, quitte même à faire preuve d'une vulgarité très coutumière chez elle avec ces gags redondants placés sous la ceinture et entre les jambes d'un ou deux protagonistes. Une trivialité qui ne doit cependant pas contraindre les parents à voiler le visage de leur progéniture lors de ces rares écarts puisque le film de Philippe Lacheau est d'abord et avant tout une œuvre familiale, plutôt drôle, enchaînant les gags à une vitesse vertigineuse, avec une équipe dont les différents membres se connaissent sur le bout des doigts et traînant à ses côtés quelques sympathiques seconds rôles. Parmi lesquels, Gérard Jugnot en capitaine de paquebot de croisière, Alban Ivanov en douanier, Jean Reno dans le rôle de Jeffrey Malone et même Didier Bourdon dans le rôle du père de Pablito... Au final, Marsupilami est une comédie fraîche, divertissante et nettement plus réjouissante que certaines autres adaptations de l'univers d'André Franquin tels les très mauvais Gaston Lagaffe de Pierre-François Martin-Laval et Les Aventures de Spirou et Fantasio d'Alexandre Coffre tous deux sortis en 2018...

 

mercredi 22 avril 2026

Chasse gardée 2 d'Antonin Fourlon et Frédéric Forestier (2025) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

La témérité ne m'ayant pas étouffé et après avoir lâchement offert à ma compagne de découvrir seule les nouvelles aventures de Simon, Adélaïde, Bernard et Olivia, c'est après qu'elle m'ait annoncé que Chasse gardée 2 était largement inférieur au précédent volet déjà réalisé en 2023 par Antonin Fourlon et Frédéric Forestier que j'ai pris la décision de m'y coller. C'est pourtant armé d'un courage qui jusque là me faisait défaut que j'ai lancé la projection de cette séquelle qui tout comme pour le premier long-métrage s'attaque aux différences culturelles qui existent entre la France des métropoles et la France périphérique notamment représentée par les petites localités généralement éparpillées dans les zones rurales de notre beau pays. Tandis que dans Chasse gardée Simon et son épouse Adélaïde (Hakim Jemili et Camille Lou) étaient parvenus à un accord avec Bernard (Didier Bourdon) afin qu'il cesse toute activité dans le domaine de la chasse (ce dernier se voyant même retirer son permis), la suite des aventures va réveiller de vieilles rancœurs qui cette fois-ci n'opposeront plus les deux anciens parisiens à l'habitant du cru mais au fils de ce dernier. De retour après cinq ans d'absence, Stan (Maxime Gasteuil) revient au village avec l'objectif très précis de transformer la vie des habitants en rachetant les terrains forestiers afin d'y pratiquer la chasse à cours. Un objectif qui, comme on le comprendra plus tard, n'a pas comme unique but de vivre à fond sa passion pour la pratique mais témoigne également du sens des affaires du jeune homme. Marié à une Bénédictine (Eden Ducourant) entièrement acquise à sa cause, Stan ne recule devant rien afin d'atteindre ses objectifs. Quitte à se mettre à dos tous ceux qui ne partagent pas sa vision. Et quitte à soudoyer certaines personnalités du village comme le maire (Théo Gross) ou l'agente immobilière, Cordélia (Chantal Ladesou) ! La guerre est désormais déclarée entre le fils de Bernard et Simon. Et contre toute attente, le père de Stan ne va non pas se liguer avec son fils mais bien avec le couple de parisiens installé désormais depuis deux ans au village...


Je m'attendais au pire et, je n'ai pas été déçu. Ou plutôt, aurais-je dû l'être au contraire car malgré la méfiance, l'avis de ma compagne et le souvenir relativement vaporeux que j'eus conservé du précédent volet, Chasse gardée 2 n'est pas l'engeance à laquelle je m'attendais. Une fois faite l'impasse sur tout ce qui touche à la mauvaise comédie française de ces vingt dernières années (visuels, décors, bande musicale, etc...), la nouvelle comédie d'Antonin Fourlon et Frédéric Forestier s'avère étonnamment efficace. Encore faut-il avoir le courage et la persévérance de passer outre les dix ou quinze premières minutes dont la vacuité dépasse de loin tout ce que l'on peut redouter en matière de comédie française. Et puis, soudain, tout par en vrille. Écrit par Antonin Fourlon, le scénario semble avoir été conçu sous l'influence de puissants psychotropes tant Chasse gardée 2 accumule les scènes d'action humoristiques sans jamais ou presque défaillir. On hallucine devant ce qui semble bien évidemment être davantage une comédie franchouillarde qu'un hypothétique film culte. Entre des animaux sauvages en images de synthèse dont le premier est poursuivi par une meute de chiens (le lièvre), dont les seconds déboulent en plein jour de marché pour dévaster la totalité des stands (les cerfs) ou dont un dernier s'invite chez Simon et Adélaïde (le loup) et des séquences qui frisent l'hystérie (le repas au sommet d'une palombière), le film déroule son intrigue à cent à l'heure pour un résultat qui malgré l'accumulation ininterrompue de gags évite l'indigestion. Parfois même très drôle (je n'ai effectivement pas pu m'empêcher de rire à l'évocation de la cassette audio diffusant en boucle des chansons de Carlos, coincée depuis 1982 dans l'auto-radio d'André, le médecin du village (André Penvern)). C'est très con mais efficace ! Notons enfin qu'outre les acteurs déjà cités l'on retrouve à nouveau Julien Pestel dans le rôle de Benjamin, Jean-François Cayrey dans celui de Michel ou encore Guillaume Bouchède dans celui de Boris...

 

vendredi 27 février 2026

C'était mieux demain de Vinciane Millereau (2025) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Voyage dans le temps, boucles et paradoxes temporels ont pris une place importante dans la science-fiction actuelle. Presque autant que les dystopies et autres catastrophismes préfigurant ce que deviendra peut-être l'humanité dans quelques dizaines d'années. Mais alors que certains auteurs nous offrent une vision de l'avenir plus effrayante que véritablement attrayante, imaginer pouvoir voyager dans le passé ou dans le futur est un concept qui demeure encore difficile à concevoir en tant que science parfaitement maîtrisée par celles et ceux qui y travaillent et y croient dur comme fer ! Ce qui n'empêche pas écrivains, scénaristes et réalisateurs de mettre parfois toutes leurs billes dans un projet qui reste bien entendu de l'ordre de la fiction mais qui, espérons-le, deviendra un jour réalité... En attendant, et à défaut de pouvoir aller tutoyer leurs plus anciens ancêtres ou découvrir ce qui attend l'humanité dans un siècle ou deux, les amateurs de science-fiction peuvent se reposer sur le travail d'artistes qui s'emploient à les faire rêver. Les tentatives hexagonales étant dans ce registre là, relativement rares, on ne boudera pas le premier long-métrage de l'actrice, réalisatrice et scénariste française Vinciane Millereau qui avant C'était mieux demain n'a signé qu'un court-métrage intitulé Barbie Girls en 2009. Consacrant le plus clair de son temps à l'interprétation de rôles au cinéma et à la télévision, Vinciane Millereau adapte son propre scénario. Celui qu'elle a écrit aux côtés de Julien Lambroschini. Et pourtant, ceux qui connaissent Nuestro Tiempos du cinéaste mexicain Chava Cartas ont sans doute pensé durant un court instant que C'était mieux demain avait de fortes chances d'être l'adaptation du script qu'écrivirent Juan Carlos Garzón et Angélica Gudiño peu de temps auparavant. Plus étonnant encore, alors que Nuestro Tiempos a vu le jour sur Netflix le 11 juin 2025, son ''concurrent'' français est sorti en salle quatre mois plus tard seulement. À croire que.... non... hein... On ne va pas parler de plagiat mais plutôt d'un curieux hasard... Bref, C'était mieux demain met en scène Elza Zylberstein et Didier Bourdon dans les rôles de Hélène et Michel Dupuis. Un couple de quinqua/sexagénaires de la fin des années cinquante, parents de deux enfants dont Jeanne (Mathilde Le Borgne) qui attend un enfant ! Dans un monde dominé par le patriarcat, Michel est seul à travailler tandis que Hélène s'occupe des nombreuses tâches ménagères. Vivant sur le seul salaire de son mari, elle est contrainte de vivre avec son temps...


Comme de laver le linge à la main... jusqu'au jour où elle gagne une machine à laver. Lorsque Michel découvre dans la cave familiale l'appareil que vient d'acquérir son épouse, plutôt que d'adouber l'idée que l'arrivée dans leur foyer d'une machine lavant le linge à sa place lui permettra de réduire sa charge de travail, celui-ci décide de la revendre à bon prix. Un désaccord éclate alors au sein du couple et tandis qu'ils se disputent autour de la nouvelle machine à laver, Hélène et Michel s'électrocutent au contact de l'eau et de l'électricité. Toujours en vie, ils découvrent à leur réveil que bien des choses ont changé autour d'eux. Et pour cause : les voici désormais projetés dans le futur, en 2025. Michel découvre qu'il est désormais homme d’intérieur tandis que Hélène est devenue la responsable du service dont était chargé l'ancien directeur de son mari ! Si le voyage dans le temps se déroule ici de manière relativement absurde, ce qui apparaît tout aussi étonnant se situe au niveau des personnages. Car plutôt que de se retrouver face à deux enfants qui théoriquement devraient avoir vieilli d'une soixantaine d'années au minimum et à des voisins qui ne sont plus les mêmes puisque probablement morts depuis des années, voilà que les personnages, et donc ainsi que les interprètes présents au tout début du récit situant son action dans les années 50 sont exactement les mêmes près de six décennies plus tard. Comme si le temps n'avait eu de prise sur personne. Comme si l'ensemble des protagonistes, plutôt que de vieillir normalement avaient été projetés eux-mêmes dans un futur parallèle dont ils n'auraient pas conscience en dehors du couple formé par Hélène et Michel ! Passée cette originalité qui distingue C'était mieux demain de la plupart des œuvres soutenant la thèse du voyage dans le temps, la comédie de Vinciane Millereau est beaucoup moins lourde que nous pouvions le craindre. Et ce, malgré une approche humoristique du sujet. Confrontant ainsi ce couple à un futur où les technologies et les mœurs ont évolué dans des proportions qu'ils étaient loin d'imaginer. Surtout, le film est également l'occasion de confronter les personnages au racisme ordinaire, au patriarcat et donc à la place des femmes dans la société ayant cours au siècle dernier face à cette évolution qu'aura du mal à digérer Michel... Sympa !

 

mardi 9 septembre 2025

Natacha (presque) hôtesse de l'air de Noémie Saglio (2025) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Et dire que j'ai bien failli passer à côté... Oh, pas à cause de son horrible affiche qui semble être un copier/coller de toutes celles qui se rapportent aux comédies françaises actuelles mais parce que, la pauvre, j'ai cru que l'actrice qui y trône au centre était... Judith Godrèche. Oui, celle qui en mal de reconnaissance et dont la carrière est au point mort s'est affichée dans la presse, les médias et les réseaux sociaux afin de révéler le viol dont elle aurait victime de la part de Jacques Doillon avant de se prendre un retour de bâton sous forme de plainte pour diffamation de la part du cinéaste français. Adios donc à cette pauvre Judith et à son rire de faux-cul et Benvenuto à la charmante Camille Lou dont la carrière au cinéma n'a malheureusement pas été marquée pour l'instant par de grandes œuvres. Habituée des comédies, on l'a notamment découverte dans Pourris gâtés de Nicolas Cuche en 2021, l'infâme Notre tout petit petit mariage de Frédéric Quiring en 2023 ou dans Chasse gardée d'Antonin Fourlon et Frédéric Forestier la même année et dont la suite est prévue pour le 10 décembre prochain. Mis en scène par la réalisatrice et scénariste française Noémie Saglio à laquelle on doit notamment Connasse, princesse des cœurs en 2015 ou Parents d'élèves en 2020, Natacha (presque) hôtesse de l'air est la toute première adaptation sur grand écran de la bande dessinée Natacha du dessinateur belge François Walthéry et du scénariste lui aussi d'origine belge, Gos (de son vrai nom Roland Goossens). Contrairement à la bande dessinée dans laquelle l'héroïne est hôtesse de l'air, le film met en scène une Natacha qui rêve depuis sa plus tendre enfance de voyager à travers le monde et trouve à travers le métier d'hôtesse la possibilité de le concrétiser. Sauf qu'ici, la jeune et charmante femme rate à trois reprises le concours. Notons d'ailleurs que le concours en question n'existe pas du tout et que pour atteindre leur objectifs, les candidates au poste n'ont en réalité d'autre contrainte que celle d'avoir au minimum le Bac ou un diplôme de niveau Bac +2.


Concernant le film de Noémie Saglio, celui-ci est, davantage qu'une comédie, une comédie d'aventures. En effet, alors que par un subterfuge Natacha s'apprête à monter à bord d'un avion réservé à l'attention du Ministre des Affaires culturelles André Molrat (référence évidente à l'ancien écrivain, résistant et homme politique français André Malraux incarné à l'image par l'inépuisable Didier Bourdon), lequel est chargé de veiller sur le transport de la Joconde peinte par Léonard de Vinci entre 1503 et 1506, le célèbre tableau est volé par des malfrats qui prennent en outre en otage Natacha et le steward Walter (Vincent Dedienne). Tandis qu'ils sont jetés hors du véhicule conduit par leurs kidnappeurs en rase campagne, Natacha et Walter se lancent à leur poursuite jusqu'à un petit aérodrome où la jeune femme parvient à reprendre la main sur la Joconde dans le but précis de le rendre au Ministre. Du moins jusqu'à ce qu'elle se rende compte que l'homme est peut-être lui-même au centre du vol du tableau... Dans cette comédie d'aventures bourrées de rebondissements, d'action et de dialogues tantôt drôles, tantôt poussifs, le spectateur aura l'agréable plaisir de découvrir qu'il n'aura pas eu le temps de s'ennuyer. Et ce, grâce au rythme sportif appliqué à l'héroïne interprétée par une Camille Lou craquante, impliquée et non dénuée d'une énergie folle. Accompagnée par un Vincent Dedienne/Walter peu courageux (et c'est peu de le dire), pas très malin et par une galerie de personnages secondaires plutôt sympathique, l'on fait la connaissance des parents de l'héroïne, Madeleine et Roger Malo tout deux respectivement interprétés par Anne Charnier et Philippe Vieux. Et plus tard, de Colette (Elsa Zylberstein), une peintre-faussaire. Le film nous plonge tout d'abord littéralement dans les années 60 grâce à la bande musicale d'Erwann Chandon, des costumes d'isabelle Matthieu ou des décors de Gladys Garot et Stanislas Reydellet pour ensuite téléporter ses héros un quart de siècle plus tard. Noémie Saglio et le scénariste Laurent Turner en profitent pour revenir sur le statut des femmes à l'époque tout en usant de certains anachronismes plutôt amusants et qui trouveront un sens des années, voire des décennies plus tard. Comme l'intervention de l'humoriste et acteur français Baptiste Lecaplain, lequel incarne le personnage de Bernard Fouard-Michel, ou BFM, un complotiste qui vit sur un rafiot et qui évoque notamment la future pilule contraceptive ou les voitures électriques ! Sans être une grande comédie, Natacha (presque) hôtesse de l'air reste un très bon divertissement qui ne souffre d'aucune faiblesse concernant le rythme. Quant aux dialogues, si tous ne font pas forcément mouche l'on se surprend à minima à sourire devant certaines réflexions, ce qui en soit n'est déjà pas si mal face à la sécheresse que représente actuellement la comédie française ! Bref, le long-métrage de Noémie Saglio s'avère être un sympathique divertissement...

 

mardi 18 février 2025

Quatre Zéros de Fabien Onteniente (2024) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Vingt-trois ans après avoir réalisé la comédie Trois Zéros, le cinéaste français Fabien Onteniente est revenu en octobre dernier avec la suite des aventures d'Alain Colonna. Désormais écrit par le réalisateur lui-même et Antonin Fourlin, Quatre Zéros confirme d'abord une chose : que Fabien Onteniente vit dans un autre monde, à une époque révolue dans laquelle il semble se complaire au point de perpétuellement vouloir le reproduire chaque fois qu'une idée de scénario lui vient en tête. Quatre Zéros est ainsi le digne héritier de la franchise Camping, de Jet Set, de Disco ou encore de All Inclusive. On aura rarement vu un réalisateur et scénariste demeurer aussi fidèle à son propre style que le cinéaste français. Les États-Unis ont John Waters et nous, en France, nous avons Fabien Onteniente. Ce qui, en soit, n'est pas annonciateur d'une très bonne nouvelle. Mais plutôt d'une très mauvaise. Surtout si l'on est allergique à cette vision passéiste, voire même extrêmement ringarde de la société française. Fabien Onteniente semble être resté bloqué dans les années 2000. Et plus précisément en 2002, année où sort Trois Zéros, lequel attire le public en masse puisque plus d'un million et deux-cents mille spectateurs viendront assister à l'arrivée dans l'équipe de France de l'excellent joueur de football, Tibor Kovacs qu'incarna Lorant Deutsch. De l'ancienne équipe d'interprètes il ne reste ''malheureusement'' pas grand monde. Samuel Le Bihan est aux abonnés absents. Lui qui incarnait le rôle de Manu, l'agent du jeune prodige du football laisse donc désormais la place à Paul Deby. Et comme Fabien Onteniente n'a pas eu l'air de vouloir trop se fouler ou plus simplement rappeler le personnage qu'interprétait à l'époque Samuel Le Bihan, le réalisateur a choisi la simplicité en donnant à ce nouveau caractère le même prénom. Manu (Paul Deby) découvre à son tour un nouveau phénomène du ballon rond. Un certain Kidane qu'interprète le jeune Mamadou Haïdara qui jusque là n'était apparu sur grand écran que dans La vie de ma mère de Julien Carpentier il y a deux ans. De manière si grossière que l'évocation de son arrivée sur notre territoire transpire une certaine idéologie, Fabien Onteniente aborde le sujet des migrants et du périple qu'ils rencontrent lors de leur traversée de leur pays d'origine jusqu'aux frontières hexagonales.


Un prétexte en réalité hautement fallacieux puisque le réalisateur et son scénariste vont assez peu s'intéresser par la suite à ce tout nouveau personnage puisque les séquences qui lui seront consacrées se compteront sur les doigts d'une seule main. Non, ce qui intéresse avant tout Fabien Onteniente et Antonin Fourlon est de décrire ce que semble être devenu depuis longtemps le monde du football. Un univers déjà lucratif à l'époque mais qui désormais attire une faune que l'on présentait il y a longtemps comme retranchée aux stricts abords des cités HLM. Désormais, la ''racaille'' s'invite aux festivités (comment nommer autrement les quelques énergumènes qui pour le compte d'un certain DZ vont jusqu'à intimider les parents de l'agent du nouveau prodige?). Si les types en survêt, le bling-bling et le football vous donnent des aigreurs d'estomac, Quatre Zéros apparaîtra à vos yeux comme une anthologie du mauvais goût. Gérard Lanvin reprend le rôle d'Alain Colonna avec cet air renfrogné qui est devenu sa marque de fabrique tandis qu'Isabelle Nanty rendosse celui de sa sœur Sylvie. Elle est désormais la compagne de José Pinto (Didier Bourdon), le propriétaire d'un restaurant qui marche mal et qui embauche son fils Manu ainsi que Kidane, le prodige du foot en question. Attirant la convoitise de concurrents, tel DZ qu'interprète le rappeur français Kaaris, Sylvie décide de faire appel à son frère qui depuis les événements du précédent long-métrage se la coule douce à Tahiti... Avant même de sortir en salle, Quatre Zéros était déjà totalement largué. Le style '' Fabien Onteniente'' pue aussi fort qu'une fosse septique complètement bouchée. Tous les travers de ses anciens projets transpirent ici. De cette incapacité à moderniser sa démarche au fil de ses comédies, le réalisateur accouche d'une œuvres qui tente d'évoquer des thématiques actuelles sous une forme incroyablement démodée. C'est ainsi qu'apparaissent dans leur propre rôle d'anciennes personnalités du football, tels Rolland Courbis, Guy Roux, Jean-Pierre Papin, Karl Olive ou encore le footballeur brésilien Rai. Mais à moins d'être un passionné du ballon rond, il y a peu de chance pour que les toutes nouvelles générations de supporters reconnaissent certaines de ces figures du foot venues cachetonner ou rendre service à Fabien Onteniente. Bref, Quatre Zéros s'avère plutôt affligeant, pas drôle et totalement déconnecté du monde moderne.

 

dimanche 3 novembre 2024

A l'ancienne de Hervé Mimran (2024) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Ce mois-ci, si l'envie vous prend d'aller faire un tour en Bretagne tout en demeurant cloîtré chez vous, deux occasions se présentent à vous. Soit vous choisissez d'aller voir l'opportuniste et démagogue Les barbares de Julie Delpy, laquelle aurait mieux fait de rester bien au chaud dans sa confortable demeure de West Hollywood plutôt que de revenir en France nous faire la morale. Soit vous préférez vous détendre devant la dernière comédie de Hervé Mimran dont il ne faut probablement pas attendre grand chose. Votre serviteur étant relativement fébrile lorsque l'on évoque le racisme quasiment atavique et pratiquement généralisé dont sont accusés ses concitoyens, il a donc choisi cette dernière. Comme si la fin du monde s'approchait à grands pas, Didier Bourdon tourne et tourne encore jusqu'à plus soif. Cinq longs-métrages l'année dernière et déjà trois en 2024. Un véritable boulimique que l'on pourrait soupçonner de vouloir se mettre au régime en remplaçant la bonne chère par des tournages en continu, histoire de le divertir de sa gourmandise. Mais que celles (et peut-être ceux) qui fantasment de le découvrir nu dans son apparat le plus simple se rassurent, c'est bien nanti de ses kilos en trop que notre Didier national osera braver le moindre complexe en passant à deux ou trois occasions devant la caméra, sur une moto et nu comme un ver. À ses côtés, l'acteur franco-marocain, Gérard Darmon. De l'homme de main de Farès dans la comédie culte de Gérard Oury en 1973 Les aventures de Rabbi Jacob jusqu'à aujourd'hui, cet acteur au timbre presque caverneux et auprès duquel la gente féminine semble avoir décelé un certain charme est le compagnon d'aventure de cette nouvelle comédie sortie sur les écrans français le 4 septembre dernier. Sur un scénario de Igor et William Gotesman ainsi que Carine Prevot, la légèreté de l'écriture est telle que l'on devine par avance tout ce qui va se produire lors du récit. Sans vraiment gâcher la surprise puisqu'au fond, le fait même qu'il ne s'agisse ''que'' d'une comédie n'est en soit pas un problème, la faiblesse de l'écriture est un soucis permanent que rencontre le cinéma français humoristique. Pour accompagner nos deux acteurs, l'on retrouve Chantal Lauby, ancienne Nuls, laquelle incarne Nadège, l'épouse de Henri qu'interprète quant à lui Gérard Darmon.


Meilleur ami de Jean-Jean (Didier Bourdon), les deux hommes vivent sur une petite île de Bretagne avec pour l'un plus que pour l'autre, des rêves pleins la tête (du moins ceux qu'essaie de lui enfoncer dans le crâne son épouse Nadège). Adaptation française de Waking Ned Devine que mis en scène le réalisateur et scénariste britannique Kirk Jones en 1998, A l'ancienne est une comédie plutôt sympathique qui dérangera davantage le transit intestinal de ceux qui ne souffrent plus de voir sortir chaque année sur les écrans, des films clonés sur les pires expériences cinématographiques françaises. L'un des principaux atouts du long-métrage de Hervé Mimran, ce sont ses splendides décors. Filmé en cinémascope, A l'ancienne propose aux spectateurs de savourer notamment les très beaux environnements de Landévennec dont les habitants se sont laissés prêter au jeu de la figuration. Un cadre vis à vis duquel Didier Bourdon et Gérard Darmon sont d'ailleurs tombés sous le charme. Concernant le récit lui-même, A l'ancienne nous conte les péripéties de deux amis qui vont s'emparer du ticket de loto gagnant d'un voisin peu apprécié mais mort chez lui lors de la présentation télévisée des résultats. Lorsque j'écrivais plus haut que l'on pouvait à coup sûr deviner la plupart ou la totalité des séquences avant même qu'elles ne se présentent à l'écran, ça n'est pas tout à fait vrai. En effet, de manière très curieuse, Hervé Mimran expose à l'image un certain nombre d'indices qui auraient dû permettre au film de prendre un virage quelque peu différent. Car lorsque Jean-Jean et son meilleur ami s'introduisent par effraction chez le détenteur du billet gagnant afin de s'en emparer, le second se blesse, son sang maculant le sol de la demeure tandis que Jean-Jean lui donne un chiffon trouvé à quelques pas de là et orné du nom de son propriétaire. Mise en place de quelques éléments de preuves servant à une hypothétique enquête policière, cet aspect du récit semble finalement avoir été abandonné au profit d'une comédie pure. S'il arrive que certaines séquences provoquent le rire, A l'ancienne n'en est pas moins une comédie assez fade en ce sens où elle n'apporte rien de véritablement nouveau. C'est donc sans déplaisir mais avec la furieuse impression que le film aurait mérité d'attendre un passage à la télévision que l'on quitte la projection. Sympa, sans plus...

 

jeudi 25 avril 2024

Les chômeurs en folie de Georges Cachoux (1982) - ★☆☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Avant toute chose, je voudrais remercier notre ami Otto Rivers pour m'avoir fait parvenir ce VHS-Rip d'un film dont je n'avais jamais entendu parler jusqu'à ce qu'il l'évoque dans l'un de ses posts... Bon, ça commence plutôt pas mal puisque le film est semble-t-il distribué par ''Winner'', une maison d'édition dont je n'ai là encore jamais entendu parler mais qui avec un tel patronyme est plutôt encourageant. Ce qui l'est par contre déjà moins, c'est son titre : Chômeurs en folie... C'est étrange car bien avant d'avoir lancé la lecture, j'ai comme le sentiment que ce long-métrage réalisé par un certain Georges Cachoux va davantage ressembler au Führer en folie de Philippe Clair (légendaire cinéaste français pourvoyeur d'étrons) qu'à un drame mettant en scène notre Vincent Lindon national. Mais bon, sait-on jamais, dont acte... On se revoit pile dans une heure trente pour en parler...............................................................................................................................

Je vous le dis, Georges Cachoux est un génie. Le David Lynch de la comédie franchouillarde à tendance ''Pouet Pouet''. Le Patrick Schulman de la comédie Z. Capable de gratter encore plus profondément sous l'écorce de l'ignominie, Otto avait donc bien raison à son sujet. Vue la gueule de ses interprètes, il n'est pas improbable que le réalisateur, scénariste, compositeur et interprète se soit fourni en matière première à l'ANPE ou au PMU du coin. Une chose est par contre certaine. Parmi ces tronches de derniers de la classe plus enclins à boire des litres de Villageoise en remplissant leur grille de tiercé que de s'enfiler une bonne bouteille de Château Mouton Rothschild à une excellente tablée, les plus anciens d'entre nous reconnaîtront quelques anciennes ''gloires'' du Théâtre de Bouvard. Émission animée par Philippe Bouvard entre 1982 et 1985 qui depuis fait sans doute partie de celles qui ont le plus mal vieillies, des comiques qui montèrent sur sa scène, nous retrouvons Tchee, Smaïn et, parait-il, Didier Bourdon (sans doute au moment où je plongeais dans un sommeil très profond). Mais aussi et surtout des ''gueules'' qu'un Jean-Pierre Mocky n'aurait sans doute pas renié. À commencer par ce patron d'entreprise interprété par un parfait inconnu, sans doute trop bourré pour tenir debout sans se raccrocher aux éléments du décor et marchant comme s'il avait du verre pillé enfoncé dans le fion. Quand je pense que très récemment j'osais cracher sur l'infâme série Terminal d'AZ, Giulio Callegari et Andréas Georgiou, j'aurais mieux fait de regarder Chômeurs en folie avant de me lancer dans les pathétiques aventures de Jack, Armell ou Nabil. Cela m'aurait sans doute permis d'être moins critique envers leurs interprètes !


Georges Cachoux signe avec le sixième des huit longs-métrages qu'il réalisa durant sa carrière un authentique.... navet. Nanar ? Difficile de savoir dans quelle catégorie ranger la chose tant son exploration se révèle éprouvante. Jamais ô grand jamais je n'avais ressenti autant de difficulté à tenir jusqu'au bout. Si j'évoquais plus haut le nom de Patrick Schulman, c'est parce que tout comme à son sujet, le cinéma de Georges Cachoux est emprunt d'une liberté de ton typique de l'époque. À la seule différence que le premier signa quelques œuvres demeurées fort mémorables quand le second s'est contenté de pondre des films intellectuellement inabordables. Faisant appel à une section du cerveau dont les hommes et les femmes de bon goût sont apparemment dispensés, Chômeurs en folie est effectivement l'une des pires expériences cinématographiques que l'hexagone nous ait offert. Un foutoir sans nom, une cascade de situations désordonnées qui sans doute donnèrent du fil à retordre au monteur. Une post-synchronisation qui ferait presque passer le sketch des Inconnus Ça te Barbera pour du Soap Opera de première classe. Du nibard triste comme une journée d'automne pluvieuse. Techniquement, le film de Georges Cachoux est un désastre qui ferait passer le naufrage du Titanic pour un fait-divers tout à fait anodin. Visuellement, c'est pareil. Car au delà du support VHS aussi fatigué qu'une bande porno qui aurait été usée à force de projections répétées, on devine derrière le parasitage continuel de la vidéo un sens artistique tout relatif. Chômeurs en folie est mal cadré tandis que les... ''interprètes'' semblent avoir eu comme mot d'ordre de faire à peu près tout ce qu'ils désiraient sauf ''jouer'' ! Cette pseudo-comédie qui ne parviendra sans doute à faire rire que les déficients mentaux de l’hôpital psychiatrique du coin, c'est un peu le Sweet Movie du pauvre. Pour finir, évoquons la bande-musicale signée du réalisateur lui-même. Apparemment peu inspiré, Georges Cachoux nous inflige littéralement durant quatre-vingt dix minutes les deux seules mêmes chansons. Une répétitivité qui très rapidement teste la résistance du spectateur au delà même de l'insondable connerie que reflète le contenu du long-métrage...

 

mardi 27 février 2024

Cocorico de Julien Hervé (2024) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 



Cocorico.... Toute le message et la portée philosophico-franchouillarde ne tient qu'à ce seul terme dont le chauvinisme n'a sans doute aucun équivalent sur le territoire français. Il m'est avis que le réalisateur et scénariste Julien Hervé dû un soir d'hiver, projeter au coin d'un feu animé au sein du foyer d'une cheminée multicentenaire, le Plancha d'Eric Lavaine. L’appropriation d'une idée plutôt amusante ainsi effectuée, le bonhomme se retrouva avec sur les bras un début de scénario qui de l'avis de n'importe quel cinéphile ne pouvait constituer l'unique substrat d'une vraie bonne comédie hexagonale. À cela il lui fallait donc travailler sur le matériau de base afin de l'étoffer et, pourquoi pas, offrir en ce mois de février 2024, une œuvre suffisamment riche pour nous faire oublier la quantité hautement toxique de purges qui furent produites l'année dernière. En double Lucky Luke de la farce ''à la française'' tournant plus vite que leur ombre, l'ex membre du Splendid, Christian Clavier et l'ex Inconnu Didier Bourdon s'y battent lors d'un duel verbal que l'on aurait tant aimé à la hauteur de ces quelques classiques de la comédie française regroupant une brochette d'interprètes prêts à se battre à grands coups de dialogues bien sentis. Le concept de test ADN permettant de connaître ses origines est en soit une idée de scénario plutôt séduisante. Surtout lorsqu'elle confronte une famille de français moyens (celle qu'incarnent Didier Bourdon et Sylvie Testud) à un couple d'aristocrates (formé par Christian Clavier et Marianne Denicourt)... Accompagné par l'habituel cortège de clichés, Cocorico commence plutôt bien, les uns et les autres figurant plutôt clairement leur position dans la société. Lors d'une réunion se déroulant dans l'immense et luxueuse demeure des Bouvier-Sauvage (le long-métrage fut tourné au château de Montaigne à Saint-Michel-de-Montaigne en Dordogne), la fille des richissimes viticulteurs (Chloé Coulloud dans le rôle d'Alice) et le fils des Martin (Julien Pestel dans celui de François) annoncent qu'ils vont se marier. Une nouvelle qui n'enthousiasme pas les Bouvier-Sauvage contrairement aux Martin. Le jeune couple en profite pour faire une surprise à leurs parents respectifs : En douce, Alice et François ont récupéré l'ADN de leurs parents, ont fait faire le test dans le laboratoire où travaille la jeune femme et tendent désormais à chacun de leurs parents l'enveloppe à son nom. Comme on s'en doute bien avant avoir posé nos fesses sur les sièges bordeaux de notre salle de cinéma préférée, les résultats vont avoir des effets inattendus sur les membres des deux familles...


Autant le dire tout de suite, Cocorico ne réchauffera le cœur que des fans de comédies françaises estampillées ''années 2000-2010'' qui dans leur grande majorité n'ont d'autre intérêt que de leur faire jeter leur argent par les fenêtres. Six ans après son premier long-métrage Le doudou, le scénariste des volets 2, 3 et 4 des Tuche ou du déplorable Astérix & Obélix: L'Empire du Milieu de Guillaume Canet est à l'image d'un train qui poursuit son chemin sur la même voie ferrée : Habitué à nous livrer des dialogues poussifs, la donne ne change ici absolument pas. Les diverses révélations sont à la hauteur de la déception. La première partie se concentrant très exactement sur les résultats des tests et sur les conséquences en terme de rapports entre les deux familles, il semble que Julien Hervé ne se soit pas donné trop de peine pour trouver les origines permettant de remettre en question les acquis des uns et des autres. En cela, LE sujet central du récit est on ne peut plus défaillant. Et pourtant, oui, le pire reste à venir. Entre une Marianne Denicourt qui fait le poirier afin de reprendre ses esprits, un Christian Clavier qui relance sans cesse le personnage incarné par Didier Bourdon sur ses origines allemandes ou une Sylvie Testud s'accoutrant pathétiquement en descendante de la reine Élisabeth II, Cocorico a presque cinquante ans de retard. Ce que l'on aurait pu prendre pour des railleries émises par les deux ou trois couples du troisième âge qui assistaient à la séance furent d'authentiques rires diffusés dans une salle dramatiquement vide ! Je lançais ça et là quelques regards dépités vers ma compagne qui de son côté semblait avoir abandonné tout espoir de passer du bon temps. J'osais même sortir et allumer mon smartphone en pleine séance dans l'espoir que le plus gros du film était déjà derrière nous... Les acteurs ont beau en faire des tonnes, il n'y aurait eu guère que la distribution à l'entrée de la salle d'un comprimé de Viagra pour rendre l'expérience réellement excitante. Sans être totalement affligeant (projetez-vous Notre tout petit petit mariage de je sais plus qui pour vous en convaincre), Cocorico ne mérite ni le déplacement en salle et encore moins que l'on débourse un peu plus de vingt euros pour assister à sa projection...

 

lundi 15 janvier 2024

Permis de construire d'Eric Fraticelli (2022) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

En France, il existe une catégorie de comédies qui n'a pas forcément bonne presse auprès du public et des gratte-papier en général. Celles qui abordent sous un angle humoristique et caricatural (un terme qui donne parfois mal à la tête) certaines communautés ou ''traditions'' régionales de notre beau pays. Si à travers sa trilogie Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu et A bras ouverts le réalisateur Philippe de Chauveron semble avoir trouvé un abondant filon qu'il semble bien décidé à exploiter jusqu'à son épuisement, Dany Boon s'est amusé de son côté à gentiment et ponctuellement caricaturer nos amis du Nord Pas de Calais à travers Bienvenue chez les Ch'tis et La Ch'tite famille. On ne va pas revenir sur les drames sociaux traités au quotidien sous le couvert de l'humour (la liste serait trop longue) mais plutôt évoquer la première comédie de l'acteur Eric Fraticelli qui elle, se déroule en Corse. On entendit grincer les dents de certains qui évaluèrent bien avant sa sortie sur les écrans français le 9 mars dernier, le taux de clichés qui devaient encombrer la chose. Réalisé par un habitant même de l'Île de Beauté, originaire de Bastia, on serait tentés d'affirmer que Permis de construire trouve là, sa légitimité. Interprété par un nombre impressionnant de seconds rôles et de figurants eux aussi originaires de Corse, on pourrait même envisager le film comme une alternative à la Blaxploitation que l'on pourrait alors évoquer sous le terme de Corseploitation. Comme le fut d'ailleurs bien avant lui L'enquête Corse d'Alain Berbérian. L'acteur/réalisateur se met en vedette aux côtés du prolifique Didier Bourdon qui dans le rôle du dentiste parisien vient s'installer en Corse afin d'y faire construire une demeure sur le terrain de son père récemment décédé et qu'il n'a pas revu depuis des années. Un père qui l'a abandonné alors qu'il n'avait que sept ans et pour lequel, Romain à conservé un certain ressentiment. Débarquant sur l'Île de Beauté en compagnie de son épouse Cécile (l'actrice Anne Consigny), Romain va se frotter aux habitants d'un charmant petit village et faire notamment la connaissance de Santu (Eric Fraticelli) et de son épouse Columbia, la maire du village...


Alors oui, de la caricature, Permis de construire en regorge, disséminée par couches successives se planquant sous les oripeaux d'un humour typique du coin. C'est du moins ce que nous affirme le réalisateur ainsi que quelques personnages secondaires, faisant passer ainsi sans doute plus facilement la pilule pour celles et ceux qui auraient la prétention de porter haut et fier, le drapeaux de la démagogie. Car qu'il soit caricatural ou non, le film d'Eric Fraticelli prouve surtout que nos amis corses sont capables de faire preuve d'auto-dérision. D'autant plus que le film ne s'acharne pas à les rendre plus stéréotypés qu'il ne faut et choisi même de les montrer tels qu'ils sont en réalité : des femmes et des hommes chaleureux, droits, respectueux, qui ne demandent au fond qu'une chose : Que l'on respecte leur terre, leurs traditions ainsi que leur mode de vie. Une fois que le spectateur aigri se sera ôté de l'esprit que le film ne fait que se moquer de l'attitude un peu froide et méfiante des corses, il se laissera alors peut-être bercé par les magnifiques paysages et ce village extraordinairement beau qui sert de cadre à Permis de construire. On retrouve Didier Bourdon tel qu'on l'aime. Un peu bougon mais profondément humain. Ecrit par l'acteur/réalisateur lui-même, assisté de Didier Bourdon, le film dresse une galerie de portraits certes parfois outranciers (Simon Abkarian interprète notamment l'architecte Müller, une caricature poussée à son paroxysme qui évoque immédiatement le styliste et couturier allemand Karl Lagerfeld) mais qui s'avéreront tous très attachants. On pense notamment à Jean-François Perrone qui d'emblée n'est pourtant pas commode. Permis de construire est souvent drôle et s'octroie même quelques séquences émouvantes en général concentrées sur la fin du long-métrage. Quelques passages s'avèrent cependant relativement lourdingues comme l'évocation de la femme de ménage de l'hôtel-relais où vient poser ses bagages le couple Cécile/Romain. Un gag dans lequel celle-ci impose certaines règles afin d'avoir à en faire le moins possible au moment d'exécuter ses tâches ménagères. Ces quelques séquences répétitives s'avèrent assez peu amusantes voire pas du tout. Mais pour le reste, Eric Fraticelli est parvenu à réaliser une comédie amusante et attachante. Et si le scénario n'a vraiment rien de rafraîchissant, les décors et MÊME ses habitants suffisent à donner l'envie de se transporter jusqu'à cette magnifique île qu'est la Corse. Notons enfin la participation de Laurent Gamelon et de Frédérique Bel dans le couple d'amis qui se déchirent gentiment ainsi qu'Élise Luguern, Nicolas Zimako et Jean-Pierre Marcellesi qui à eux trois ont composé la bande-originale de Permis de construire. Une partition musicale accompagnée en outre par le superbe Corsica de Petru Guelfucci..

 

dimanche 7 janvier 2024

Chasse gardée d'Antonin Fourlon et Frédéric Forestier (2023) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Qu'est-ce que la France d'aujourd'hui sinon la chute d'un Empire mené par un homme d'état qui refuse certaines alliances au prix de voir une loi bénéficiant à son peuple d'origine de souffrir de ne plus être appliquée ? Vivement les J.O, que l'on se ridiculise sur le plan mondial comme si tel n'était pas déjà le cas et qu'en dehors de nos frontières/passoires les peuples du monde entier rigolent de ce qu'est devenu notre pays abandonné à l'indigence. Une disette qui dans les milieux intellectuels n'a jamais autant offert son bout de gras à ces fainéants qui plutôt que de se lever le cul au lever du Soleil pour aller bosser espèrent faire une carrière d'influenceurs et donc du fric sur les réseaux sociaux. Qu'il s'agisse du petit écran sacrifié sur l'autel de la télé-poubelle et dont le gourou est désormais un ancien stagiaire aigri et revanchard de Comédie+, de cette presse-papier qui, au mieux, mérite qu'on se torche les fesses avec une fois celles-ci posées sur le trône, ou de ce cinéma typiquement français qui convie sous le symbole du partage communautaire, ce même appauvrissement artistique, je vous le dis, on est dans la merde ! Stanley Kubrick, Eric Zemmour et Mike Judge ont ceci en commun qu'ils annoncèrent chacun à leur manière et avec plus ou moins de véracité ce qui est en train de se produire chez nous, sur notre sol. Ce pays de la bonne chair ou bouffer gras, boire alcoolisé tout en s'exprimant cru est dans le viseur des bien-pensants. Il reste alors l'espoir de s'évader non plus dans nos campagnes où se propage cette maladie que j'ose à peine nommer ici mais que tout le monde est forcé de reconnaître, mais dans ces salles obscures où là, au moins, le temps d'un film, la lumière s'éteint pour nous faire partager ce petit moment de détente auquel toutes et tous nous pouvons prétendre. Et comme personne ne pourra jamais nous contraindre de foutre les pieds dans une salle faisant la propagande de ces piètres cinéastes et interprètes à peine sortis de leurs couches-culottes et dont les seules qualités seraient de prôner la diversité culturelle ou ce wokisme puant qui malheureusement interpénètre parfois notre esprit, c'est donc une comédie bien française, voire, dans l'esprit, franchouillarde à laquelle nous nous sommes rendus la semaine passée.


Par défaut, on s'imagine attendre que le film soit diffusé à la télé ou partagé illégalement sur certains sites de téléchargement illicites mais le danger de perdre la tête est désormais si présent que l'on est prêt à jeter son argent par la fenêtre pour se changer les idées ne serait-ce qu'une ou deux heures dans la journée. Pour les anciens, ceux qui ne passent pas leur temps le tarin rivé sur leur smartphone à compter les Followers qui se pointent sur leur dernier post, Didier Bourdon et Thierry Lhermitte eurent leur heure de gloire. Le premier au sein des Inconnus, le second, parmi les membres de la Troupe du Splendid. Les jeunes (racailles) d'aujourd'hui ont beau se filmer en train de jeter des caddies par dessus les ponts des autoroutes, ils ne voleront pas la vedette à nos anciennes stars qui malgré leur âge n'ont pas fini de nous faire marrer. Quiconque ne fut jamais en odeur de sainteté vis à vis des chasseurs doit se dire qu'une chasse au gibier des cités ferait sans doute beaucoup de bien aux communautés contraintes de vivre entourées de barbares en culotte courte gagnant en une seule journée ce que certains mettent parfois deux jours à encaisser ! Didier Bourdon ''reprend'' son rôle de chasseur dans le sketch culte éponyme qu'il interpréta dans les années quatre-vingt avec ses compagnon de route Bernard Campan et Pascal Legitimus. De manière évidemment beaucoup moins caricaturale.


Face au couple formé de Camille Lou et Hakim Jemili, le voici défendant son art, entouré et appuyé par un village tout entier lorsque Adélaïde, épouse de Simon avec lequel elle vient de s'installer dans un petit village de campagne et fille de Gaspard, demande à ce dernier d'intervenir pour y faire interdire la chasse. On connaît la suite et de ce point de vue là, rien à dire puisque tout y est scrupuleusement balisé. Oui mais voilà. Tout autant que Chasse gardée puisse être une comédie comme le cinéma français en produit des dizaines chaque année, le film d'Antonin Fourlon transpire la vieille France contre laquelle le jeune couple de parisiens ne pourra finalement pas grand chose. Car en dehors de cet écart moral bien ancré dans certains gènes qui veut que ces derniers auront le dernier mot lors d'une séquence idéologiquement assumée, à force de voir la gueule d'un aymeric caron (sans majuscules, s'il vous plaît) ou d'une Solveig Halloin sous acide hurler en langage antispéciste que de manger de la viande est comparable au génocide juif, on finit par prendre fait et cause pour ces hommes amoureux de leur pays et de la nature qui les entoure. Viennent se greffer à cet univers où se télescopent deux modes et deux visions de la vie, des séquences réellement drôles et parmi lesquelles, un banquet qui s’éternise, sur les tables duquel s’amoncellent bouteilles de pinard et viandes juteuses au son d'un cor de chasse et de chansons paillardes ! Bref, on sort de la salle après avoir bien ri et avec le sentiment de sortir de table, le ventre bien plein et l'esprit temporairement vidé de tous ses tracas. Un grand merci à l'acteur Julien Pestel qui dans le rôle du chasseur amoureux de son marcassin Benjamin nous aura bien fait marrer et à Hakim Jemili qui s'avère toujours impeccable...

 

samedi 4 novembre 2023

38°5 quai des orfèvres de Benjamin Leher (2023) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Au regard de certaines critiques dites ''spécialisées'', le premier long-métrage de Benjamin Leher mérite le grand prix qu'il remporta au Festival de l'Alpe d'Huez. D'autres évoquent un monument de malaise... Quant à vous, choisissez votre camp... Le plus drôle, c'est d'imaginer que le film ait pu se voir octroyer un tel prix alors même qu'il côtoya des œuvres, certes, pas toujours de grand standing (Sexygénaires de Robin Sykes), mais dont le peu de qualités se situent malgré tout à des années lumières de l'indigence qu'évoque 38°5 quai des orfèvres. Œuvre pourtant outrageusement référencée, on pense aux Inconnus période Le téléphone sonne toujours deux fois ou bien même à leur principaux ''rivaux'' à l'époque, Les Nuls, et leur cultissime La cité de la peur, mais aussi et surtout, bien sûr, aux ZAZ que les moins intimes connaissent sous leur nom complet, David et Jerry Zucker et leur camarade Jim Abrahams. Si 38°5 quai des orfèvres se veut également (et principalement à vrai dire) être une parodie du Silence des agneaux, le chef-d’œuvre de Jonathan Demme, il ressemble davantage à la parodie que le réalisateur italien Ezio Greggio réalisa en 1994 et qui fut intitulée Le silence des jambons. Bref, vous l'aurez compris, la comédie de Benjamin Leher est une parodie de parodie et fait un peu le même effet qu'une photo que l'on retravaille sans cesse et dont la définition finit par être réduite au point de laisser apparaître un certain niveau de pixellisation. Berceau de la comédie franchouillarde, notre beau pays nous rappelle avec une certaine régularité cette remarquable propension qu'a le cinéma français de réduire le niveau d'excellence à quelques rares exceptions. Malheureusement, 38°5 quai des orfèvres se réduit à charrier des répliques dont la profondeur n'atteint parfois même pas le niveau des blagues Carambar. Bon, j'exagère sans doute quelque peu. Ici, le fond étant nettement moins important que la forme, il semble tout d'abord primordial d'y singer le mirifique et ancestral héritage de notre trio outre-atlantique pour en proposer une vision qui ne dépasse pas le seuil de la comédie peu innovante, fainéante, laxiste que l'on retrouve chaque année et ce, de manière métronomique. Des exemples ? Brillantissime de Michèle Laroque (grand prix Formol du festival des Ehpad 2018), Brutus VS César de Kheiron (Palme d'or au festival de l'ancéphalogramme plat de Paris section ''Soins palliatifs'' en 2020), Le dernier mercenaire de David Charhon (Meilleur réalisateur, meilleur scénario, prix du meilleur interprète au festival ''paye ton abonnement Netflix que j'te prenne pour un con'' célébré à Scotts Valley, Californie, en 2021).


Et donc, cette année, dernier venu dans le domaine de la comédie dans la catégorie ''je rentre dans la salle tout sourire et j'en sors avec des envies de meurtre), le grand prix au festival de l'Alpe d'Huez, 38°5 quai des orfèvres. On ne va pas revenir sur le synopsis vu qu'on connaît déjà tous Le silence des agneaux car même si de nettes différences sont en la matière le fond de commerce de l'imbuvable parodie dont il est question ici, leur intérêt se mesure, sur une échelle de 1 à 10, entre 1 et 3 (pour les plus indulgents). Tout débute par une bande-annonce qui avant la sortie du film, avait tout de même le culot de ne pas donner envie de se rendre dans les salles obscures. Ou comment saborder un projet avant même sa date de sortie officielle. Un embarras qui ne fit que se confirmer et grandir au fil d'un récit dont la quasi totalité des gags tomba à l'eau. Seule la présence d'Artus dans le rôle du médecin légiste Philippe Etcheverest su nous arracher un rire authentique lors de sa première apparition à l'image. Après, tout ne fut en sa présence que redondance et running gags drôles la première fois, inefficaces par la suite. Didier Bourdon, le pauvre, fait ce qu'il peut pour sauver les meubles mais sans jamais y parvenir et quant à Caroline Anglade dans le rôle de Clarisse Sterling, l'actrice nous inflige une contre-performance digne de trôner au top dix des plus risibles incarnations sur grand écran. Quant au festival de l'Alpe d'Huez et l'incompréhensible prix qui fut octroyé au film de Benjamin Leher ? Incompréhensible. Autant nous pourrions comprendre ce choix au regard de certaines nominations (l’infâme juste ciel ! de Laurent Tirard) mais en comparaison avec La Plus belle pour aller danser de Victoria Bedos, des Petites victoires de Mélanie Auffret, d'Un homme heureux de Tristan Séguéla ou de A la belle étoile de Sébastien Tulard, ce grand prix remporté par 38°5 quai des orfèvres sent tout de même la corruption...

 

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