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jeudi 20 novembre 2025

Les cadeaux de Raphaële Moussafir et Christophe Offenstein (2024) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Premier long-métrage réalisé en commun par Raphaële Moussafir et Christophe Offenstein, Les cadeaux est une comédie chorale dans laquelle les différents membres d'une même famille sont filmés à quelques jours de se retrouver pour le repas de Noël. Commençons par la tante Rivka (Liliane Rovère), survivante de l'holocauste, son neveu Jérôme (Max Boublil) rêve de la présenter à sa petite amie Océane (Vanessa Guide), chanteuse pour enfants à succès qui vient de sortir son nouvel album. Françoise (Chantal Lauby) et Michel Stein (Gérard Darmon) sont les parents de Jérôme mais également ceux de Julie (Mélanie Doutey) et de Charlotte (Camille Lellouche). La première vit avec Adrien (l'acteur, écrivain et rappeur Gringe) avec lequel elle a eu une fille prénommée Juliette (Charlie Yeramian). La seconde vit seule, n'a pas de compagnon et ne se trouve pas spécialement jolie. Ajoutons à ce casting hétéroclite l'acteur et humoriste Jean-Jacques Vannier que les plus anciens connaissent pour l'avoir notamment découvert dans l'émission La Classe dans les années quatre-vingt et qui ici incarne le rôle du psychiatre Di Ferrazzino. Détaillons maintenant certains personnages. Le père Michel est hypocondriaque. Persuadé qu'il va mourir au même âge et à la même heure que l'un des membres de sa famille disparu à soixante-quatorze ans, il passe le plus clair de son temps à faire des analyses et à acheter des médicaments (ce qui n'est semble-t-il pas pour déplaire à sa pharmacienne qui paraît avoir trouvé en la personne de ce fidèle client un juteux filon financier). Son épouse Françoise prépare les festivités tout en redoutant de recevoir pour la énième fois le même cadeau de la part de sa mère (à côté de laquelle personne ne veut jamais s'asseoir car elle passe son temps à péter). En effet, celle-ci lui offre chaque année un pyjama ! Julie et Adrien rencontrent des difficultés de couples qui dégénèrent lorsque l'un et l'autre ont un point de vue différent s'agissant des caprices de leur fille Juliette. Comme nombre d'enfants, celle-ci est fan de la chanteuse Océane. Une jeune femme blonde fort jolie mais très finaude et qui donc accumule involontairement les gaffes ! Quant à Charlotte, après avoir été ''piégée'' par ses amis qui lui ont fêté par surprise son anniversaire alors qu'elle rentrait chez elle après une journée de travail et après avoir notamment reçu comme cadeau un strip-tease effectué par un certain Dan (interprété par l'acteur, humoriste et chanteur Tom Leeb, lequel n'est autre que le fils de Michel Leeb), la jeune femme va employer ce derier afin qu'il se fasse passer pour son petit ami lors du repas de Noël à venir...


Voilà l'essentiel ou presque de ce qu'il faut savoir sur la plupart des personnages. Maintenant, concernant la mise en scène et l'écriture du scénario dont sont les auteurs Raphaële Moussafir et Stéphane Kazandjian, Les cadeaux est une surprise relativement bonne si l'on tient compte des a priori que pouvaient laisser présager le titre, le sujet (maintes fois vu et remanié en comédie française) et même, oui, le casting... Cependant, l'alchimie fonctionne plutôt bien et les deux scénaristes parviennent à rendre amusantes la plupart des situations. Entre le père hypocondriaque, la vieille tante au fort accent juif et à l'humour parfois corrosif (Liliane Rovère incarnant ici le pendant féminin de l'humoriste Popeck). L'on pouvait notamment craindre la présence de Camille Lellouche, habituellement connue davantage pour sa grande vulgarité que pour son talent. Ce que semblent d'ailleurs confirmer les premières séquences qui la mettent en scène, portant ainsi sur son visage et dans son attitude toute la trivialité qui la caractérise. Mais heureusement, Raphaële Moussafir et Christophe Offenstein réduisent cette forte personnalité à quelques plans avant de lui offrir un rôle qui au final lui ira comme un gant sans pour autant la contraindre à déverser son habituel lot d'insanités. En chanteuse blonde (trait physique ici poussé au dernier retranchement de la caricature), Vanessa Guide incarne une Océane apparemment plus gourde encore qu'un Kakapo (un oiseau originaire de Nouvelle-Zélande) mais qui au fond est assez touchante de part ce mélange entre bévues et désir sincère de vouloir faire le bien autour d'elle. Les cadeaux est forcément caricatural et entre dans cette catégorie de comédies françaises dont certaines comme Un air de famille ou cuisine et dépendances ont imposé un tel niveau d'exigence que toute comparaison est évidemment impossible. Le long-métrage de Raphaële Moussafir et Christophe Offenstein demeure malgré tout une sympathique comédie et au final plutôt drôle...

 

dimanche 3 novembre 2024

A l'ancienne de Hervé Mimran (2024) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Ce mois-ci, si l'envie vous prend d'aller faire un tour en Bretagne tout en demeurant cloîtré chez vous, deux occasions se présentent à vous. Soit vous choisissez d'aller voir l'opportuniste et démagogue Les barbares de Julie Delpy, laquelle aurait mieux fait de rester bien au chaud dans sa confortable demeure de West Hollywood plutôt que de revenir en France nous faire la morale. Soit vous préférez vous détendre devant la dernière comédie de Hervé Mimran dont il ne faut probablement pas attendre grand chose. Votre serviteur étant relativement fébrile lorsque l'on évoque le racisme quasiment atavique et pratiquement généralisé dont sont accusés ses concitoyens, il a donc choisi cette dernière. Comme si la fin du monde s'approchait à grands pas, Didier Bourdon tourne et tourne encore jusqu'à plus soif. Cinq longs-métrages l'année dernière et déjà trois en 2024. Un véritable boulimique que l'on pourrait soupçonner de vouloir se mettre au régime en remplaçant la bonne chère par des tournages en continu, histoire de le divertir de sa gourmandise. Mais que celles (et peut-être ceux) qui fantasment de le découvrir nu dans son apparat le plus simple se rassurent, c'est bien nanti de ses kilos en trop que notre Didier national osera braver le moindre complexe en passant à deux ou trois occasions devant la caméra, sur une moto et nu comme un ver. À ses côtés, l'acteur franco-marocain, Gérard Darmon. De l'homme de main de Farès dans la comédie culte de Gérard Oury en 1973 Les aventures de Rabbi Jacob jusqu'à aujourd'hui, cet acteur au timbre presque caverneux et auprès duquel la gente féminine semble avoir décelé un certain charme est le compagnon d'aventure de cette nouvelle comédie sortie sur les écrans français le 4 septembre dernier. Sur un scénario de Igor et William Gotesman ainsi que Carine Prevot, la légèreté de l'écriture est telle que l'on devine par avance tout ce qui va se produire lors du récit. Sans vraiment gâcher la surprise puisqu'au fond, le fait même qu'il ne s'agisse ''que'' d'une comédie n'est en soit pas un problème, la faiblesse de l'écriture est un soucis permanent que rencontre le cinéma français humoristique. Pour accompagner nos deux acteurs, l'on retrouve Chantal Lauby, ancienne Nuls, laquelle incarne Nadège, l'épouse de Henri qu'interprète quant à lui Gérard Darmon.


Meilleur ami de Jean-Jean (Didier Bourdon), les deux hommes vivent sur une petite île de Bretagne avec pour l'un plus que pour l'autre, des rêves pleins la tête (du moins ceux qu'essaie de lui enfoncer dans le crâne son épouse Nadège). Adaptation française de Waking Ned Devine que mis en scène le réalisateur et scénariste britannique Kirk Jones en 1998, A l'ancienne est une comédie plutôt sympathique qui dérangera davantage le transit intestinal de ceux qui ne souffrent plus de voir sortir chaque année sur les écrans, des films clonés sur les pires expériences cinématographiques françaises. L'un des principaux atouts du long-métrage de Hervé Mimran, ce sont ses splendides décors. Filmé en cinémascope, A l'ancienne propose aux spectateurs de savourer notamment les très beaux environnements de Landévennec dont les habitants se sont laissés prêter au jeu de la figuration. Un cadre vis à vis duquel Didier Bourdon et Gérard Darmon sont d'ailleurs tombés sous le charme. Concernant le récit lui-même, A l'ancienne nous conte les péripéties de deux amis qui vont s'emparer du ticket de loto gagnant d'un voisin peu apprécié mais mort chez lui lors de la présentation télévisée des résultats. Lorsque j'écrivais plus haut que l'on pouvait à coup sûr deviner la plupart ou la totalité des séquences avant même qu'elles ne se présentent à l'écran, ça n'est pas tout à fait vrai. En effet, de manière très curieuse, Hervé Mimran expose à l'image un certain nombre d'indices qui auraient dû permettre au film de prendre un virage quelque peu différent. Car lorsque Jean-Jean et son meilleur ami s'introduisent par effraction chez le détenteur du billet gagnant afin de s'en emparer, le second se blesse, son sang maculant le sol de la demeure tandis que Jean-Jean lui donne un chiffon trouvé à quelques pas de là et orné du nom de son propriétaire. Mise en place de quelques éléments de preuves servant à une hypothétique enquête policière, cet aspect du récit semble finalement avoir été abandonné au profit d'une comédie pure. S'il arrive que certaines séquences provoquent le rire, A l'ancienne n'en est pas moins une comédie assez fade en ce sens où elle n'apporte rien de véritablement nouveau. C'est donc sans déplaisir mais avec la furieuse impression que le film aurait mérité d'attendre un passage à la télévision que l'on quitte la projection. Sympa, sans plus...

 

jeudi 17 août 2023

Les souvenirs de Jean-Paul Rouve (2015) - ★★★★★★★☆☆☆

 



 

Alors qu'il s'apprête à prendre la relève d'Olivier Baroux en réalisant le cinquième opus de l'interminable saga de la famille Tuche, Jean-Paul Rouve à depuis maintes années prouvé son éclectisme en matière d'artiste. Qu'il s'agisse des diverses bouffonneries dont il fut l'un des initiateurs au sein de la troupe des Robins des bois, de ses diverses apparitions sur grand écran entre drames et comédies, l'homme ne cesse d'étonner. Comme en 2014, justement. Entre le téléfilm de Pierre Aknine '' Ce soir je vais tuer l'assassin de mon fils '' et la comédie '' Les nouvelles aventures d'Aladin '' d'Arthur Benzaquen, l'ancien '' Monsieur Orange '' allait nous servir un met de choix à travers l'émouvante histoire de Madeleine, de son fils Michel et de son petit-fils Romain (auxquels nous ajouterons dans une moindre mesure l'épouse du second, Nathalie, interprétée par Chantal Lauby ou Karim, incarné par William Lebghil). '' Les souvenirs '' mêle divers états d'âme. Ceux des héros, justement. D'abord celui de Michel, tout jeune retraité de la fonction publique qui vit mal sa nouvelle situation. Celle de Madeleine ensuite, qui sur décision générale de ses trois fils va découvrir qu'ils ont décidé de la placer en maison de retraite et de mettre en vente son appartement. Enfin, celle du petit dernier de la famille qui désespère de trouver l'élue de son cœur. Ajoutons un colocataire addict aux jeux vidéos qui tente lui aussi par tous les moyens (même les plus improbables) de trouver chaussure à son pied ou une épouse qui, au contact d'un Michel apparemment indifférent, s'ennuie au point de monter un subterfuge contre lui consistant à le faire réagir !


Autant la joie s'exprime-t-elle à travers l'éternelle positivité de la géniale actrice et chanteuse belge Annie Cordy, autant Michel Blanc semble ici capable d'une hypocrisie démesurée tout en décrivant de manière forcément caricaturale, tout ce qui est de près ou de loin en rapport avec un hypothétique burnout à venir. Michel le mal aimé, qui se croit responsable de tous les maux tout en étant objectivement responsable d'une majeure partie d'entre eux. Madeleine, sans être véritablement le personnage central du récit puisque la quasi totalité des séquences sont surtout majoritairement accompagnées par la présence à l'image du très convaincant Mathieu Spinosi, reste cependant celle dont les spectateurs se souviendront le plus longuement. Sans être tout à fait au crépuscule de son existence, Annie Cordy interprète une Madeleine bouleversante, aidée en cela par une mise en scène et une direction d'acteurs toutes en nuance et en sincérité de la part d'un Jean-Paul Rouve qui délaisse son ton parfois absurde pour nous offrir une très belle tranche de vie entre divers représentants d'une même famille. S'il s'offre le tout petit rôle de Philippe, c'est d'ailleurs pour mieux laisser la place à ses interprètes de s'exprimer. Doux et sans véritable amertume, '' Les souvenirs '' est un beau film qui prend soin de chaque personnage et donc de chacun de leurs interprètes. Même lorsque le réalisateur et scénariste qui adapte en sa compagnie, l'ouvrage éponyme de David Foenkinos, se laisse aller à quelques idées d'écriture absurdes comme à travers le personnage de la directrice de la maison de retraite interprétée par Audrey Lamy. Un grand OUI...

 

jeudi 21 avril 2022

Qu'est-ce qu'on a tous fait au Bon Dieu ? de Philippe de Chauveron (2022) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Dans un univers parallèle, une idiocratie vers laquelle semblent d'ailleurs se diriger nos générations futures, il y a de fortes chances pour que le troisième opus de la franchise Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ? fasse partie de la sélection officielle de l'année 2022. Il y a même, pourquoi pas, des raisons de croire qu'il pourrait remporter le Grand Prix, le Prix du Jury, Les Prix d'interprétation masculine et féminine, celui de la Mise en scène, du Scénario et, allons jusqu'au bout, la tant enviée Palme d'Or. Oui mais voilà... Nous ne vivons pas dans ce monde là mais dans celui qui dans quelques jours va couronner au titre de président(e) de la République, une femme ou un homme qui aura été majoritairement élu par dépit. Ce soir, certains ont choisi de les regarder tous les deux s'écharper à grands coups de vocables plus ou moins bien sentis durant plus de deux heures et trente minutes. D'autres auront sans doute préféré voir vingt-deux multi-millionnaires en short et baskets à crampons courir après un ballon sur une pelouse, se tacler, s'engueuler ou mieux, se taper sur la gueule pour le plaisir des fans de ''foutreball''. En tant que cinéphage, j'ai choisi de m'évader un peu, loin de ces sujets dont certaines chaînes martèlent leurs programmes. Racisme, communautarisme, immigration... en choisissant pourtant, tel un serpent se mordant la queue, d'aller voir Qu'est-ce qu'on a tous fait au Bon Dieu ? Qui est donc le troisième volet de la trilogie comique de Philippe de Chauveron, l'un des chantres de la comédie populaire comme la conçoivent désormais certains. Ou Sociologie du pauvre comme l'on pourrait la définir. De celles qui se servent de certains thèmes très à la mode pour nous faire croire qu'elle abordent leur sujet sous un angle osé, trash, voire irrévérencieux. Forcément, la chose se doit d'être caricaturale. Reprenant la recette des deux premiers épisodes, ce troisième volet est la partie visible d'une saga gigogne qui ne fait qu'ajouter à chaque nouvelle apparition du couple Verneuil (Chantal Lauby et Christian Clavier) et de leur foisonnante famille Benetton, des personnages en plus. Des ''immigrés'' temporaires originaires du Maghreb, de Chine, d’Israël ou d'Afrique Noire venus fêter les quarante ans de mariage d'un couple dont l'époux ressemble de plus en plus à l'un des plus célèbres borgnes du vingtième siècle. Non, je ne parle pas de Peter ''Columbo'' Falk mais bien de Jean-Marie Le Pen dont la fille va peut-être bientôt nous gouverner...


 

Il ne faudra pas avoir honte de reconnaître les quelques rires qui dans la salle auront propagé devant, derrière et sur les côtés, un virus donnant lieu à des hoquets de satisfaction de la part même du spectateur le plus enclin à vomir le concept. De la comédie rabâchée à en avoir des maux de tête et des crampes d'estomac. Imaginez : un couple, leur quatre filles et leurs conjoints ainsi que les parents de ces derniers. Additionnez le tout, offrez à chacun sa part de répliques et il y a bien un moment où, comme un sphincter se relâchant sous la pression d'un gaz, un rire vous échappera. Le visage figé au point de m'être demandé si je n'avais pas été victime d'une paralysie faciale due à un arrêt vasculaire cérébral durant les premières minutes de projection, celui-ci s'est pourtant peu à peu décontracté. Comme une éructation libérée de son entrave labiale après que l'on se soit assuré qu'il n'y avait personne alentour. On retrouve les interprètes de toujours. Le français de ''souche'', blanc et forcément xénophobe (Christian Clavier, donc), le noir fulminant tel un buffle dans la savane (Pascal Nzonzi), le chinois que l'on sent prêt à dégainer les poings tel un Bruce Lee de Prisunic (Bing Yin), l'arabe qui, ironie du sort, est moins caricatural que prévu puisque amateur exclusif de rock (Abbes Zahmani), mais aussi le juif, radin comme de bien entendu (Daniel Russo). Et puis les couples Ary Abittan/Alice David, Medi Sadoun/Frédérique Bel, Noom Diawara/Élodie Fontan et Frédéric Chau/Émilie Caen. L'ensemble sent quant même bien le réchauffé et même cette odeur rance que sentent les vieux vêtements humides trop longtemps enfermés dans les tiroirs. Il y a d'ailleurs dans les salles, un détail particulièrement significatif : le fait que le public le plus réactif aux gags soient justement les personnes du troisième âge ! Et dire qu'un quatrième volet est envisagé en cas d'excellentes recettes ; Alors, ne faites pas comme moi. Défendez le cinéma, le vrai, en n'allant surtout pas voir celui-ci. Vous économiserez ainsi votre argent pour, je ne sais pas moi, par exemple le prochain Quentin Dupieux...



dimanche 10 septembre 2017

La Cité De La Peur de Alain Berberian (1994)



Red Is Dead, un petit film d'horreur minable est projeté dans une salle de cinéma lors du tout premier jour du festival de Cannes. A la recherche de critiques élogieuses, l'attachée de presse Odile de Ray est bien obligée d'accepter l'inévitable : Red Is Dead est un très mauvais film. Le projectionniste du filmest tué dans la salle de projection par un homme en possession des mêmes armes que le tueur du film, un marteau et une faucille. Odile Deray voit dans ce meurtre, une source de profit pour le film et la jeune femme décide de faire venir au festival de Cannes l’interprète principal, Simon Jérémi. Et puisqu'il faut assurer la sécurité du comédien, elle décide d'embaucher le garde du corps Serge Karamazov.

Lors du deuxième jour du festival, un nouveau projectionniste est retrouvé mort dans la salle de projection. Le commissaire Bialès est en charge de l'affaire et étudie les éléments laissés par le tueur. Deux lettres : Un O et un D.
Le troisième jour, une conférence de presse est donnée, suite à une nouvelle projection de Red Is Dead. Serge Karamazov demeure aux cotés du projectionniste, mais alors que le garde du corps quitte la salle en raison d'un sérieux problème digestif, le tueur en profite pour se faufiler dans la salle et tuer l'homme qui est aux commandes de la projection du film...

A la réalisation de La Cité De La Peur, Claude Berri fut le premier à être pressenti mais devant son refus, c'est Alain Berberian qui prit les commandes du film. Il faut dire que Berri demeura frileux devant un synopsis qu'il jugea grotesque. Berberian, qui réalisa de nombreuses fausses pubs et parodies pour le compte du groupe Les Nuls s'en sort très honorablement avec ce film qui demeure aujourd'hui comme l'une des grandes réussites du cinéma comique français.

En effet, si l'humour et l'interprétation apparaissent tout d'abord assez faibles au regard des grands classiques interprétés par des acteurs de la trempe de Pierre Richard et Louis de Funès, c'est justement son aspect léger et potache qui fonctionne et rappelle aux fans des Nuls les grands moments télévisuels du groupe. On notera la courte (et posthume) apparition de l'excellent Bruno Carette, quatrième membre de la troupe, mort à trente-deux ans d'une leucoencéphalopathie multifocale progressive.

Outre l'apparition de stars du petit et grand écran (Rosanna Arquette, Pierre Lescure, Patrice Laffont et James Cameron pour ne citer qu'eux), le film s'offre de savoureux moments, parodiant sans gène quelques classiques du septième art tels que Terminator, Basic Instinct ou encore Pretty Woman.

Beaucoup d'inventivité au niveau des gags est à noter, la séquence de la poursuite en pleine croisette entre le tueur et le garde du corps demeurant comme l'une des plus belles réussite. La Cité De La Peur, est une comédie, oui, mais aussi et surtout un vibrant (et décalé) hommage au cinéma. Depuis, le film a servi de référence à divers moments dans au moins trois versions françaises de jeux vidéos, ce qui laisse transparaître un héritage qui ne cesse d'inspirer les auteurs de tous bords. Un excellent film devenu un classique depuis sa sortie et les quelques rediffusions télévisées...

jeudi 22 juin 2017

Casablanca Driver de Maurice Barthélemy (2004) - ★★★★★★☆☆☆☆



Pour savoir apprécier Casablanca Driver, sans doute faut-il être rompu à l'art de la troupe formée autour de Pierre-François Martin-Laval, Marina Foïs, Pascal Vincent, Élise Larnicol, Jean-Paul Rouve, ainsi que Maurice Barthélemy dont il s'agit ici du premier long-métrage en tant que réalisateur. Les Robins des Bois, cette troupe à l'humour volontairement ringard et beaucoup moins facile d'accès que celui des Inconnus ou des Nuls pour ne citer que ceux qui me viennent en premier à l'esprit. Un peu à la manière de Laurent Baffie (Les Clés de Bagnole) ou, ai-je raison d'oser, Bertand Blier (Les Acteurs), Maurice Barthélemy forme un impressionnant casting autour du personnage principal qu'il incarne lui-même et dont il nous raconte l'existence de son arrivée parmi le couple Driver formé par Chantal Lauby et Sam Karmann jusqu'au combat de boxe qui l'opposera au boxeur Jimmy La Renta (incarné par l'entraineur et coach sportif Whitfield One). L'une des particularité de Casablanca Driver est de nous présenter le plus mauvais boxeur de tous les temps. L'homme aux douze combats et aux douze défaites. Un sujet dont l'intérêt est donc au départ discutable. Toute la science du Robin des Bois va donc être mise à contribution. A commencer par l'humour si particulier du bonhomme et de ceux qui le suivent maintenant depuis maintenant plus de vingt ans. Casablanca Driver, s'il veut pouvoir retenir son public se doit d'enchaîner les vannes aussi consciencieusement que le firent les membres de l'excellente et cultissime équipe du Splendid dans les années soixante-dix, quatre-vingt.
Une véritable gageure que parvient à obtenir le film avec plus ou moins de succès. Si dans un premier temps, Casablanca Driver semble arriver très vite en bout de course, un événement totalement surréaliste vient redonner l'énergie dont il avait besoin pour aller jusqu'au bout. Malgré un humour qui ne conviendra pas à tout le monde, il faut avouer qu'il arrive à d'avoir des coups de génie. Rien que le passage durant lequel Casablanca est victime d'une tentative de meurtre à l'aide d'un vélo d'appartement ou celui durant lequel on assiste à son interview télévisée par l'animateur Christian Morin justifient la vision du film.

De plus, ce faux biopic est parfaitement reconstitué. Entre images d'archives tronquées (de nombreux stock-shots viennent émailler le récit) et mises en situation sublimées par des décors renvoyant aux années soixante, soixante-dix et quatre-vingt, on peut reconnaître à Casablanca Driver la valeur d'un travail parfaitement accompli. Reste donc toujours cet humour étrange, pas toujours drôle, que certains jugeront probablement et objectivement de pathétique aura autant d'intérêt pour ceux qui en sont coutumiers qu'il rebutera les anti-Robins des Bois.Casablanca Driver peut donc compter sur un impressionnant casting formé autour de Maurice Barthélemy. Outre Christian Morin et les anciens membres des Robins des Bois, le film peut notamment compter sur la présence d'Isabelle Nanty dans le rôle de l'épouse du héros (un bel hommage lorsque l'on sait que les Robins des Bois se rencontrèrent au cours de théâtre de l'actrice en 1989), sur celle de Dieudonné qui dans le rôle de l'entraîneur Bob Wise excelle, ou encore sur la présence de Patrick Chesnais dans celui du journaliste Coll Murray.
On croise également la route d'Alain Chabat dans le rôle d'un psychiatre, d'Elie Semoun dans celui de Monsieur X, de Tom Novembre dans un rôle bien particulier, de Lionel Abelanski lui également dans le rôle d'un journaliste, Dominique Farrugia en bookmaker ou encore l'ancien footballeur Dominique Rocheteau et le chanteur Plastic Bertrand dans leur propre rôle. Quand à Max Schurch, l'agent de La Renta, c'est l'acteur américain Thomas M. Pollard qui l'interprète, celui ayant fait une apparition dans l'excellente comédie Les Frères Pétard de Hervé Palud dix-huit ans plus tôt dans le rôle de Sammy le dealer.

Au final, Casablanca Driver est une comédie sympathique, généreuse, pas toujours très finaude mais qui a le mérite de ne jamais être avare en terme de situations comiques. Maurice Barthélémy réalisera par la suite Papa en 2005, Low Cost en 2011 ou encore Pas très normales activités en 2012...

samedi 3 septembre 2016

La Dream Team de Thomas Sorriaux (2016)



La Dream Team de Thomas Sorriaux. Un inconnu ici, sur Cinémart, mais sans doute pas dans le coeur du public adolescent qui a découvert son oeuvre à travers La Beuze et Les Onze Commandements, deux longs-métrages essentiellement interprétés par l'artisan du “pire”, Michael Youn. Deux films sur lesquels nous ne nous étendrons pas. Comme cela a bien failli être le cas avec le petit dernier de Thomas Sorriaux. En partant d'une copie foireuse digne des tout premiers DVD-rip, tout condamnait le film à la poubelle. Ou plutôt cette fameuse “corbeille” qui trône habituellement sur le bureau des détenteurs de PC (pour les moins riches) ou de Mac.
Le générique de La Dream Team est à lui seul une tragédie. Le genre de contenu qui fait fuir la moitié de la salle ou limite les vente ou les locations de DVDs. Une police de caractère atroce, un résumé très “people” qui en rebutera un certain nombre et une bande-son fort peu appétissante.

Dieu a pourtant posé sa main sur le front de Thomas Sorriaux en lui faisant choisir Gérard Depardieu, Medi Sadoun et Chantal Lauby en têtes d'affiche, parce que sans eux, le film ruinait toutes ses chances de voir un jour ici une critique lui étant consacrée. Et d'ailleurs, qui s'en serait soucié? Pas grand monde... Medi Sadoun est le genre d'individu imbuvable dont on aimerait débarrasser la surface de la planète. Enfin, pas lui mais le personnage qu'il est censé représenté. Un footballeur au sommet de son art et de sa gloire, qui de fait, a chopé une tête si grosse et des chevilles si enflées qu'il semble avoir acqui la certitude d'être intouchable et de pouvoir faire ce que bon lui semble, outrepassant parfois ses droits réels.
Un retour aux sources, voilà ce qu'il lui faut. À Mareuil sur (ou en) “quelque chose”, dans le Berry. Un petit village où vit son père avec lequel les rapports sont restés froid. Là, Maxime Belloc (c'est le nom de notre star nationale) va réapprendre ce qu'est le partage, l'amour et l'amitié. Au fond du Berry, il va entraîner une petite équipe de foot pour tenter de l'emmener jusqu'à la finale d'un championnat de football régional...

Il en est un qui n'a pas encore été cité. Et d'ailleurs, si Patrick Timsit n'apparait que maintenant dans cet article, c'est parce qu'honteusement, l'humoriste et acteur français est insuffisamment exploité à l'écran. On comprend que le sujet de la rivalité entre son personnage de René Borie, président d'un club de football, et la famille Belloc ne contient pas l'essence du film, mais tout de même. Moins de cinq minutes à accorder à ce grand amuseur public, cela fait un peu mince. Tout comme Depardieu qui malgré une présence un peu plus importante n'est pas exploité à la mesure de son immense talent.

Mais tant pis. Faisons sans. Car malgré le poids de ces deux artistes, Medi Sadoun s'en sort très honorablement. Il efface même toute concurrence et marque de son empreinte ce petit film qui aurait pu tout aussi bien n'être qu'un téléfilm. Car en effet, La Dream Team arbore une mise en scène vraiment classique. Tout comme le scénario qui n'invente absolument rien, de la bluette amoureuse entre Maxime et la jolie kinésithérapeute Alice (Barbara Cabrita), ou l'entrainement des enfants du village que le footballeur prépare pour le championnat. La Dream Team n'est pas un mauvais film, mais il ne mérite certainement pas qu'on lui accorde le prix d'une place de cinéma...
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