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lundi 6 octobre 2025

Le routard de Philippe Mechelen (2025) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Vieux de plus d'une cinquantaine d'années, Le Guide du Routard est aussi précieux pour les voyageurs qui désirent connaître ''les bonnes adresses'' à travers la planète que le Guide Michelin l'est pour les amateurs de bonne cuisine. Alors, quand débarque sur les écrans de cinéma une comédie apparemment dédiée à ces femmes et ces hommes qui depuis 1973 font tout pour rendre nos déplacements à l'étranger les plus agréables qui soient, il est tentant d'y jeter un œil ! D'autant plus que deux des principaux interprètes en les personnes de Christian Clavier et Michel Blanc nous avaient déjà convié à ce genre d'exercice en 1978 et 1979 avec Les Bronzés et Les bronzés font du ski tous deux réalisés par Patrice Leconte et dans lesquels ils étaient notamment accompagnés par le reste de la Troupe du Splendid. En 2019, Jean Huth réalise Rendez-vous chez les Malawas, autre comédie française également incarnée par Christian Clavier mais également par Ramzy Bedia, Sylvie Testud ou encore Michaël Youn mais qui ne rencontre pas le succès escompté. Là encore, il s'agissait d'une parodie. Non pas celle d'un guide ou d'un célèbre club de vacances (contrairement aux Bronzés qui caricaturait le Club Med) mais celle de l'excellente émission de télévision de Frédéric Lopez, Rendez-vous en terre inconnue... Contrairement à ce que laisse envisager le titre et surtout le personnage incarné à l'écran par Hakim Jemili (lequel débuta sa carrière sur grand écran aux côtés de Michel Blanc dans la comédie Docteur?), Le routard n'est pas ce voyageur qu'idéalise le fameux Guide du Routard et qui à peu de frais voyage à travers le monde avec dans son sac, le guide en question. À dire vrai, le personnage de Yann Tatin est un mélange entre celui qui se définit comme moitié chômeur et moitié intérimaire, rêvant de voyager sans pour autant en avoir les moyens et celui qui par malice va se faire passer pour un fin connaisseur du Maroc et de Marrakech à proprement parler afin de se faire engager à l'essai par l'un des responsables du Guide du Routard, Karol Kowalski (Christian Clavier). L'occasion de faire ses preuves à Marrakech, justement. Lieu principal du tournage où le réalisateur et scénariste Philippe Mechelen a pu compter sur l'équipe de ''Lions Productions & Service''. Originaire du Maroc, Philippe Mechelen témoigne alors du grand professionnalisme dont font preuve ses membres..


Décors somptueux, entre riad situés dans la médina, marchés, ruelles anciennes, autochtones et désert, l'intérêt principal du routard se situe donc en priorité au niveau du cadre magnifique dans lequel évoluent les interprètes et leurs personnages. Pour le reste, le long-métrage du français est on ne peut plus classique. Caricaturant la population locale, celle des souks ou des chauffeurs de taxi dont on tient là un sacré phénomène en la personne de Mounir, incarné par le ''porteur de moumoute'' Medi Sadoun. S'agissant de Philippe Mechelen, nous pouvions craindre le pire. Car en dehors du pas terrible Doudou qu'il réalisa en 2018, il semble surtout s'être fait connaître en participant à l'écriture des cinq opus de la franchise Les Tuche ou celle du navrant Astérix et Obélix : L'Empire du Milieu réalisé et interprété par Guillaume Canet en 2023. Bref, pas de quoi sauter au plafond. Et en effet, côté écriture, Le routard a beau s'inspirer du célèbre guide touristique français, le film est d'un classicisme qui ne le différencie pas des productions habituelles en matières de comédies françaises. Hakim Jemili fait du Hakim Jemili. Autant dire que ceux qui apprécient ce sympathique personnage aimeront le voir évoluer dans le rôle de cet employé à l'essai d'une entreprise dont il ne maîtrise absolument pas les codes tandis que les autres continueront de l'ignorer... Christian Clavier lui-même continue à interpréter toujours le même rôle quelle que soit la situation. Un personnage ici qui semble ne servir que de caution à un long-métrage qui aurait parfaitement pu se passer de lui. Au beau milieu de ce voyage exotique et parfois dépaysant viennent s'incruster l'actrice Manon Azem dans le rôle de Sofia Berrada ainsi qu'un manuscrit appartenant au patrimoine national marocain que Michel Blanc, dans le rôle du docteur en archéologie Charoux tentera de revendre pour la modique somme de cinq millions de dollars après l'avoir fait dérober par un couple de pieds nickelés (Aude Gogny-Goubert et Yann Papin dans les rôles respectifs des époux Frida et Régis). Notons également la présence de Fred Testot (seule moitié demeurée bienveillante de l'ancien duo Omar et Fred) en sympathique organisateur d'événements ou celle d'Alice Taglioni et Philippe Lefebvre dans les rôles de Marie-Nesrine et Marc-Aziz Garnier, deux français reconvertis dans la chambre d'hôtes... Sans être un naufrage, sauvé de justesse par le cadre marocain et par quelques vannes plutôt drôles, Le routard est une petite comédie visiblement sans prétentions, qui se regarde sans réel déplaisir mais qui comme une bonne, et même une très grande parties d'entre elles, s'oublie rapidement...

 

jeudi 21 avril 2022

Qu'est-ce qu'on a tous fait au Bon Dieu ? de Philippe de Chauveron (2022) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Dans un univers parallèle, une idiocratie vers laquelle semblent d'ailleurs se diriger nos générations futures, il y a de fortes chances pour que le troisième opus de la franchise Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ? fasse partie de la sélection officielle de l'année 2022. Il y a même, pourquoi pas, des raisons de croire qu'il pourrait remporter le Grand Prix, le Prix du Jury, Les Prix d'interprétation masculine et féminine, celui de la Mise en scène, du Scénario et, allons jusqu'au bout, la tant enviée Palme d'Or. Oui mais voilà... Nous ne vivons pas dans ce monde là mais dans celui qui dans quelques jours va couronner au titre de président(e) de la République, une femme ou un homme qui aura été majoritairement élu par dépit. Ce soir, certains ont choisi de les regarder tous les deux s'écharper à grands coups de vocables plus ou moins bien sentis durant plus de deux heures et trente minutes. D'autres auront sans doute préféré voir vingt-deux multi-millionnaires en short et baskets à crampons courir après un ballon sur une pelouse, se tacler, s'engueuler ou mieux, se taper sur la gueule pour le plaisir des fans de ''foutreball''. En tant que cinéphage, j'ai choisi de m'évader un peu, loin de ces sujets dont certaines chaînes martèlent leurs programmes. Racisme, communautarisme, immigration... en choisissant pourtant, tel un serpent se mordant la queue, d'aller voir Qu'est-ce qu'on a tous fait au Bon Dieu ? Qui est donc le troisième volet de la trilogie comique de Philippe de Chauveron, l'un des chantres de la comédie populaire comme la conçoivent désormais certains. Ou Sociologie du pauvre comme l'on pourrait la définir. De celles qui se servent de certains thèmes très à la mode pour nous faire croire qu'elle abordent leur sujet sous un angle osé, trash, voire irrévérencieux. Forcément, la chose se doit d'être caricaturale. Reprenant la recette des deux premiers épisodes, ce troisième volet est la partie visible d'une saga gigogne qui ne fait qu'ajouter à chaque nouvelle apparition du couple Verneuil (Chantal Lauby et Christian Clavier) et de leur foisonnante famille Benetton, des personnages en plus. Des ''immigrés'' temporaires originaires du Maghreb, de Chine, d’Israël ou d'Afrique Noire venus fêter les quarante ans de mariage d'un couple dont l'époux ressemble de plus en plus à l'un des plus célèbres borgnes du vingtième siècle. Non, je ne parle pas de Peter ''Columbo'' Falk mais bien de Jean-Marie Le Pen dont la fille va peut-être bientôt nous gouverner...


 

Il ne faudra pas avoir honte de reconnaître les quelques rires qui dans la salle auront propagé devant, derrière et sur les côtés, un virus donnant lieu à des hoquets de satisfaction de la part même du spectateur le plus enclin à vomir le concept. De la comédie rabâchée à en avoir des maux de tête et des crampes d'estomac. Imaginez : un couple, leur quatre filles et leurs conjoints ainsi que les parents de ces derniers. Additionnez le tout, offrez à chacun sa part de répliques et il y a bien un moment où, comme un sphincter se relâchant sous la pression d'un gaz, un rire vous échappera. Le visage figé au point de m'être demandé si je n'avais pas été victime d'une paralysie faciale due à un arrêt vasculaire cérébral durant les premières minutes de projection, celui-ci s'est pourtant peu à peu décontracté. Comme une éructation libérée de son entrave labiale après que l'on se soit assuré qu'il n'y avait personne alentour. On retrouve les interprètes de toujours. Le français de ''souche'', blanc et forcément xénophobe (Christian Clavier, donc), le noir fulminant tel un buffle dans la savane (Pascal Nzonzi), le chinois que l'on sent prêt à dégainer les poings tel un Bruce Lee de Prisunic (Bing Yin), l'arabe qui, ironie du sort, est moins caricatural que prévu puisque amateur exclusif de rock (Abbes Zahmani), mais aussi le juif, radin comme de bien entendu (Daniel Russo). Et puis les couples Ary Abittan/Alice David, Medi Sadoun/Frédérique Bel, Noom Diawara/Élodie Fontan et Frédéric Chau/Émilie Caen. L'ensemble sent quant même bien le réchauffé et même cette odeur rance que sentent les vieux vêtements humides trop longtemps enfermés dans les tiroirs. Il y a d'ailleurs dans les salles, un détail particulièrement significatif : le fait que le public le plus réactif aux gags soient justement les personnes du troisième âge ! Et dire qu'un quatrième volet est envisagé en cas d'excellentes recettes ; Alors, ne faites pas comme moi. Défendez le cinéma, le vrai, en n'allant surtout pas voir celui-ci. Vous économiserez ainsi votre argent pour, je ne sais pas moi, par exemple le prochain Quentin Dupieux...



dimanche 27 septembre 2020

Baby Phone d'Olivier Casas (2017) - ★★★★★★☆☆☆☆

 



Un père atteint de narcolepsie (excellent Michel Jonasz), une mère froide, rigide et très critique (savoureuse Marie-Christine Adam), une épouse quelque peu délaissée (épatante Anne Marivin), un ami d'enfance manager (génial Pascal Demolon) d'une chanteuse à succès (Barbara Schultz) ainsi qu'un addict au sexe (Lannick Gautry)... C'est autour de ses parents, de son épouse, de ses amis et d'une chanteuse qu'il rencontrera pour la première fois que Ben (Medi Sadoun) décide sans avoir d'abord consulté Charlotte, d'organiser un dîner le vendredi à venir. Parents d'un tout jeune bébé, c'est sa mère qui s'en occupe dans une grande majorité des cas puisque le père, lui, est accaparé par son ambition de devenir célèbre grâce à ses compositions musicales. Un sujet au centre de nombreux désaccords non seulement entre les époux, mais également entre Ben et sa mère Monique qui verrait bien son fils prendre la place de son père à l'usine afin de permettre à ce dernier de prendre enfin sa retraite.... Alors que tous les convives (ou presque) sont présents, les amis Simon et Nathan passent voir le bébé endormi dans sa chambre tandis que Monique, son époux Hubert, Ben et Charlotte sont dans le salon. Penchés au dessus du berceau, les deux hommes prennent un ton moqueur et se font des révélations sans savoir qu'un Baby Phone retransmet justement dans le salon tout ce qu'ils disent. Ben et ses parents apprennent notamment que Nathan a couché avec Charlotte. Dès leur retour parmi leurs hôtes, les deux hommes constatent que l'ambiance est devenue glaciale...


C'est dans ce contexte que partagent beaucoup de longs-métrages que le réalisateur et scénariste Olivier Casas (ici aidé à l'écriture du scénario par Serge Lamadie et Audrey Lanj) réalise son tout premier format long après une série de courts-métrages dont l'un, éponyme, et d'un durée de quinze minutes traitait déjà du même sujet. Ou comment un simple petit appareil censé surveiller à distance les faits et gestes d'un bébé endormi peut avoir de lourdes conséquences sur une soirée. Baby Phone réuni tout un panel d'excellents interprètes eux-même soumis à un cahier des charges plutôt réjouissant : chacun y va en effet de son hypocrisie, certains avec nuance quand d'autres y vont franchement dans la démesure. Dans le domaine de la courtoisie, c'est Michel Jonasz/Hubert qui remporte le trophée de la bienveillance. Caché derrière son personnage atteint de narcolepsie qui passe le plus clair des quatre-vingt quatre minutes que dure le film à dormir, les rares fois où l'acteur/chanteur s'exprime c'est avec prévenance et dans ces moments là, on se tait et on l'écoute. Marie-Christine Adam qui incarne son épouse est l'exact contraire de Hubert. Froide et critique, elle ne se résigne jamais à tenir son rôle de convive mais passe son temps (peut-être avec un malin plaisir d'ailleurs) à remettre en question tout ce que dit et fait sa belle-fille. Charlotte qui elle, bouillonne véritablement. Pascal Demolon, égal à lui-même, est sans doute l'une des pièces maîtresses de ce petit jeu de massacre qui souffre parfois étrangement de silences. Sans doute placés ça et là pour que le spectateur ressente la gêne au sein de ce petit groupe d'amis et de membres d'une même famille qui ont des choses à cacher et donc, autant de choses à révéler...


Pascal Demolon, donc. Dans le rôle outré du manager hypocrite rattrapé (et donc sauvé) par ses émotions lors d'un dernier quart-d'heure qui explose les certitudes concernant l'issue de cette comédie plus légère que vraiment grave tout en se concluant de manière relativement touchante. Chacun y est à sa place, et même si l'on ne vit jamais de grands moments comme cela pu être le cas devant des classiques tels que Un Air de Famille de Cédric Klapisch en 1996, Cuisine et Dépendances de Philippe Muyl en 1992, Le Prénom d'Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte en 2012 ou de manière plus grave comme par exemple dans le cas de Préjudices d'Antoine Cuypers en 2015, on ne s'ennuie pas un seul instant. Medi Sadoun sort un peu de ses rôles de français d'origine maghrébine un peu lourds (Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu de Philippe de Chaveron et sa séquelle) pour celui d'un individu ivre de reconnaissance (faire croire que son père est sur le point de mourir pour parvenir à convaincre Simon de participer au dîner, il fallait oser!). Sans être un chef-d’œuvre ni proposer d'étourdissants dialogues, Baby Phone est cependant divertissant et permet de réunir une brochette d'interprètes attachants. Le film d' Olivier Casas est d'abord une sympathique comédie. Simple et sans prétentions...


dimanche 7 avril 2019

Chamboultout d'Eric Lavaine (2019) - note d'Anna et moi : ★★★★★★★★☆☆




Si l'on avait dû parier sur la pérennité du cinéaste Eric Lavaine dans le paysage cinématographique français après la sortie de son désastreux Poltergay en 2006, ceux qui l'avaient peut-être d'ors et déjà enterré lui auraient sans doute ri au nez s'il leur avait lui-même prédit qu'il changerait son fusil d'épaule en se laissant glisser de la comédie vulgaire, bourrée de clichés et surtout pas drôle, à celle un peu plus profonde et surtout, beaucoup mieux écrite, treize ans plus tard. C'est donc le cas en cette année 2019 avec Chamboultout qui derrière son titre qui n'éclaire pas vraiment sur ses intentions (Humour dévastateur ou émotion portée à son paroxysme?) change carrément son fusil d'épaule, mais sans brutalité puisqu'au fil de sa filmographie, Eric Lavaine est parvenu à adoucir son approche de la comédie. Du plutôt convainquant Incognito, en passant par le médiocre Protéger et Servir, jusqu'aux sympathiques Barbecue (qui réconcilie Florence Foresti et Franck Dubosc avec leurs détracteurs), Retour Chez ma Mère (les débuts d'Alexandra Lamy chez le cinéaste) et L'Embarras du Choix, Eric Lavaine est parvenu à se rendre de plus en plus indispensable dans un pays où la comédie se veut de plus en plus formatée...

Chamboultout, effectivement, chamboule... tout... Ou presque puisque le réalisateur choisit davantage d'appuyer là où ça fait du bien plutôt que d'insister trop lourdement là où ça fait mal. Pourtant, le sujet écrit à six mains par le cinéaste lui-même aidé par Bruno Lavaine et Barbara Halary-Lafond aurait pu donner lieu à un authentique drame mais les dialogues et les différentes situations donnent surtout lieu à une succession de séquences savoureusement drôles. Il faut dire qu'Eric Lavaine est accompagné en cela par un casting des plus remarquable : à commencer par Alexandra Lamy et José Garcia qui, touchés par un drame (le second incarne Frédéric qui après un grave accident de la route et un coma de quatre mois environs est demeuré aveugle et victime de troubles cognitifs) tentent de surmonter cette épreuve depuis maintenant cinq années. C'est ainsi que Béatrice décide de faire publier « La Grande Traversée », un ouvrage qu'elle a décidé de consacrer à l'histoire qu'elle partage auprès de Frédéric mais à laquelle a participé leur entourage. Un livre dont le contenu ne plaira malheureusement pas à tout le monde puisqu'elle y a inscrit des anecdotes plus ou moins élogieuses envers ses proches. Un ouvrage qui sera au centre de discussions bruyantes et houleuses lors d'un week-end organisé par Béatrice...

Il aura donc fallut patienter plus d'une décennie pour assister à l'accomplissement d'un cinéaste pas toujours inspiré mais qui aura peu à peu réussit à convaincre son auditoire au point de signer sinon un chef-d’œuvre, du moins son meilleur film cette année. Difficile de trouver le moindre défaut à ce Chamboultout très amusant qui délivre un message très optimiste tout en étant très clairvoyant sur le comportement adopté par un panel d'individus aux traits de caractère parfois diamétralement opposés. Même les plus rigoristes et les plus vertueux ne pourront être que touchés par la sensibilité et le soin apporté jusque dans la description des personnages les moins impliqués (on pense notamment à l'actrice Claudine Vincent qui incarne la mère de Frédéric, Mamoune ou à l'amant de Béatrice interprété par l'acteur protugais Nuno Lopes). Mais après avoir assisté à cet émouvant déballage de sentiments, de rancœurs et de pardons où le rire s'offre une place de choix, il demeure quasiment impossible de dissocier nos deux principaux interprètes des remarquables Michaël Youn (oui, oui), Anne Marivin, Medi Sadoun, Michel Vuillermoz, Olivia Côte, Anne Girouard, Jean-François Cayrey, Ludivine de Chastenet, Guilaine Londez, et Nuno Lopes... Chamboultout est (et demeurera très certainement) l'une des meilleures comédies de cette première moitié de l'année 2019. A voir absolument...

dimanche 9 juillet 2017

Alibi.com de Philippe Lacheau (2017) - ★★★★★★★☆☆☆



Lorsqu'une équipe fonctionne, on n'en change pas. Celle (presque au complet) des deux volets de Babysitting se retrouve donc sur le tournage de Alibi.com, toujours réalisé par l'acteur, réalisateur et scénariste Philippe Lacheau (qui tient ici également le rôle principal) mais cette fois-ci sans son complice Nicolas Benamou qui lui semble avoir préféré adapter un scénario écrit à quatre mains par les scénaristes Fabrice Roger-Lacan et Frédéric jardin, et réaliser ainsi le film A Fond qui est sorti le 21 décembre 2016. A deux mois d'intervalle avec Alibi.com qui lui est sorti dans les salles le 15 février 2017. Si les deux cinéastes ont pris un chemin différents, leur s films respectif démontrent qu'ils n'ont rien perdu de la source d'inspiration dont il usèrent au moment de tourner Babysitting 1 & 2. Il n'y a en effet guère de différence dans leur manière d'aborder l'humour: des gags explosifs, un rythme qui prend parfois des allures de course folle et un style qui leur appartient et dont certains semble s'être inspirés (l'excellent Five du cinéaste Igor Gotesman). Alibi.com part d'une idée toute bête: un jeune homme ambitieux (mais pas très heureux en amour) crée une entreprise (Alibi.com, donc) dont la spécialité est de proposer des alibis aux infidèles, ou à celles et ceux qui veulent échapper à leur quotidien sans que leur(s) proche(s) soi(en)t au courant. Une entreprise bien rôdée dirigée par Greg (Philippe Lacheau), avec lequel collabore Augustin ( Julien Arruti) et leur nouvel employé, Mehdi (interprété par l'acteur Tarek Boudali), lequel est victime de narcolepsie, ce qui donnera lieu à une scène irrésistiblement drôle filmée à bord d'une voiture. Un décor qui semble convenir à l'univers délirant développé par Philippe Lacheau et Nicolas Benamou depuis leurs débuts sur Babysitting et que le second aura su exploiter jusqu'au bout avec A Fond.
Le trio Lacheau, Boudali, Arruti reformé, ne reste donc plus qu'à trouver le reste du casting. Philippe Lacheau est cette fois-ci parvenu à embaucher celui auquel il avait pensé à l'époque de Babysitting mais qui n'avait pu accepter le rôle de Marc Schaudel puisqu'il tournait déjà Les Trois Frères: le retour: Didier Bourdon. Alors que Gérard Jugnot "récupérait" le rôle à son compte, jouant ainsi aux côtés de Clotilde Courau dans le rôle de Claire, l'épouse de Marc, Didier Bourdon fait cette fois-ci partie du casting pour notre plus grand bonheur, prenant ainsi la relève de Christian Clavier qui, lui, participait au tournage de babysitting 2. Car l'une des spécificités des œuvres de Philippe Lacheau est effectivement d'engager sur le tournage de ses différents longs-métrages, de grands noms du cinéma français, lesquels donnent la réplique à bon nombre d'interprètes peu connus dans le paysage cinématographique français.
Le résultat est détonnant, frais, et finalement homogène. Il n'y a aucun conflit de génération et tous semblent passer un très agréable moment. Alibi.com fait preuve d'un savant savoir-faire dans la mise en place des gags, souvent inédits bien que se rapprochant très nettement de ce que l'on avait l'habitude de voir chez Philippe Lacheau. C'est peut-être d'ailleurs la raison pour laquelle ce dernier long-métrage est un tout petit peu moins amusant que les précédents. Car à force d'user des mêmes cordes, elles risquent de finir par s'user. Par chance, l'univers déployé par le cinéaste demeure encore assez frais pour que l'on se gausse des péripéties de ses personnages. Outre les interprètes principaux (n'oublions surtout pas les présences de Nathalie Baye et d'Elodie Fontan), on a droit à quelques guests fort sympathiques:
On y croise le deuxième prix de Comédie du Conservatoire national supérieur d'art dramatique, Christian Bujeau, le "Youtubeur" Norman Thavaud, l'excellentissime Medi Sadoun, (Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ?, Débarquement Immédiat, tout deux réalisés par Philippe de Chaveron), l'humoriste totalement barrée Chantal (La Classe) Ladesou, le génial Philippe (Deschiens) Duquesne, l'actrice-humoriste Michèle Laroque, Kad Merad (que l'on ne présente plus), ainsi que les deux rappeurs La Fouine, et surtout Joey Starr, qui après avoir interprété des rôles de flic, s'amuse à titiller son image de rappeur viril en interprétant cette fois-ci le rôle d'un... mais vous le découvrirez vous-même...!
Enfin, petite mention spéciale pour l'actrice et humoriste belge Nawell Madani qui dans le rôle de la chanteuse pouffe rêvant de célébrité est irrésistible. Au final, Alibi.com est une bonne surprise, dans la veine des œuvres citées plus haut. Ceux qui furent conquis par Babysitting et compagnie aimeront, c'est certain...


lundi 28 novembre 2016

Débarquement Immédiat de Philippe de Chauveron (2016)



Ary Abitan, c'est José Fernandez, membre de la Police des Frontières. Medi Sadoun, lui, est Karzaoui, un petit escroc sans envergure qui sévit en France mais qui surtout est recherché par la police pour avoir agressé au couteau une vieille dame. Il a beau affirmer avoir volé les papiers d'un autre et ne pas être celui que les autorités ont l'intention de renvoyer dans son pays d'origine, Karzaoui se retrouve malgré tout embarqué à bord d'un avion entouré de José, mais également de Guy Berthier, lui aussi membre de la Police des Frontières.
Lors du vol en direction de Kaboul, l'avion est détourné vers malte en raisons de conditions climatiques désastreuses. Les trois hommes n'ont d'autre solution que de patienter jusqu'au lendemain. Mais rien ne va se dérouler comme prévu et la dernière mission au sein de la Police des Frontières va durer plus de temps que prévu...

Débarquement Immédiat est le dernier long-métrage du cinéaste français Philippe de Chauveron. Alors qu'il avait déjà employé les deux principaux interprètes de son dernier film dans le précédent, Qu'est-ce Qu'on a fait au Bon Dieu ?, on pouvait s'attendre encore à une comédie centrée sur les différences d'origines et pourtant, il n'en est rien. Ou si peu. Cela ne fait malheureusement pas de Débarquement Immédiat une œuvre particulièrement originale. Les gags demeurent même parfois poussifs. Ary Abitan et Medi Sadoun ont beau former un duo sympathique, la sauce prend mais sans jamais être vraiment exceptionnelle. D'abord, quelle idée stupide d'avoir fait prendre un tel accent à Medi Sadoun. Alors même que l'on aurait pu croire au départ qu'il participait au personnage d'escroc qu'il s'était construit pour survivre dans notre pays, voilà qu'en fait il s'agit bien de celui du personnage qu'il campe. Une fausse identité pour un homme qui risque de se retrouver en terre inconnue et surtout, extrêmement dangereux. Une bonne idée sur le papier mais qui au final est assez mal exploitée.

Débarquement Immédiat fait partie de ces longs-métrages aussitôt relégués au rang de comédie familiale un peu ringarde. Une écriture légère (trop peut-être), quelques répliques amusantes, d'autres beaucoup moins drôles, et surtout, le sentiment de s'être fait enfler à la caisse de son marchand de DVD. Le genre du film qui nous inspire la réflexion suivante : « Ça m'aurait embêté de débourser dix euros pour aller voir ça au cinéma ». Alors que penser d'une sortie en DVD qui vous obligera à vous délester d'une quinzaine d'euros ?
Ary Abitan et Medi Sadoun font ce qu'on leur demande et ça n'est déjà pas si mal. On notera à leurs côtés la présence de Cyril Lecomte en séducteur impénitent, celle de Slimane Dazi en transporteur de migrants, la très belle actrice Reem Kherici dans le rôle de Maria ou encore Loïc Legendre dans celui du commandant de bord. A part cela, Débarquement Immédiat demeure une comédie anecdotique...

samedi 3 septembre 2016

La Dream Team de Thomas Sorriaux (2016)



La Dream Team de Thomas Sorriaux. Un inconnu ici, sur Cinémart, mais sans doute pas dans le coeur du public adolescent qui a découvert son oeuvre à travers La Beuze et Les Onze Commandements, deux longs-métrages essentiellement interprétés par l'artisan du “pire”, Michael Youn. Deux films sur lesquels nous ne nous étendrons pas. Comme cela a bien failli être le cas avec le petit dernier de Thomas Sorriaux. En partant d'une copie foireuse digne des tout premiers DVD-rip, tout condamnait le film à la poubelle. Ou plutôt cette fameuse “corbeille” qui trône habituellement sur le bureau des détenteurs de PC (pour les moins riches) ou de Mac.
Le générique de La Dream Team est à lui seul une tragédie. Le genre de contenu qui fait fuir la moitié de la salle ou limite les vente ou les locations de DVDs. Une police de caractère atroce, un résumé très “people” qui en rebutera un certain nombre et une bande-son fort peu appétissante.

Dieu a pourtant posé sa main sur le front de Thomas Sorriaux en lui faisant choisir Gérard Depardieu, Medi Sadoun et Chantal Lauby en têtes d'affiche, parce que sans eux, le film ruinait toutes ses chances de voir un jour ici une critique lui étant consacrée. Et d'ailleurs, qui s'en serait soucié? Pas grand monde... Medi Sadoun est le genre d'individu imbuvable dont on aimerait débarrasser la surface de la planète. Enfin, pas lui mais le personnage qu'il est censé représenté. Un footballeur au sommet de son art et de sa gloire, qui de fait, a chopé une tête si grosse et des chevilles si enflées qu'il semble avoir acqui la certitude d'être intouchable et de pouvoir faire ce que bon lui semble, outrepassant parfois ses droits réels.
Un retour aux sources, voilà ce qu'il lui faut. À Mareuil sur (ou en) “quelque chose”, dans le Berry. Un petit village où vit son père avec lequel les rapports sont restés froid. Là, Maxime Belloc (c'est le nom de notre star nationale) va réapprendre ce qu'est le partage, l'amour et l'amitié. Au fond du Berry, il va entraîner une petite équipe de foot pour tenter de l'emmener jusqu'à la finale d'un championnat de football régional...

Il en est un qui n'a pas encore été cité. Et d'ailleurs, si Patrick Timsit n'apparait que maintenant dans cet article, c'est parce qu'honteusement, l'humoriste et acteur français est insuffisamment exploité à l'écran. On comprend que le sujet de la rivalité entre son personnage de René Borie, président d'un club de football, et la famille Belloc ne contient pas l'essence du film, mais tout de même. Moins de cinq minutes à accorder à ce grand amuseur public, cela fait un peu mince. Tout comme Depardieu qui malgré une présence un peu plus importante n'est pas exploité à la mesure de son immense talent.

Mais tant pis. Faisons sans. Car malgré le poids de ces deux artistes, Medi Sadoun s'en sort très honorablement. Il efface même toute concurrence et marque de son empreinte ce petit film qui aurait pu tout aussi bien n'être qu'un téléfilm. Car en effet, La Dream Team arbore une mise en scène vraiment classique. Tout comme le scénario qui n'invente absolument rien, de la bluette amoureuse entre Maxime et la jolie kinésithérapeute Alice (Barbara Cabrita), ou l'entrainement des enfants du village que le footballeur prépare pour le championnat. La Dream Team n'est pas un mauvais film, mais il ne mérite certainement pas qu'on lui accorde le prix d'une place de cinéma...
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