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lundi 6 octobre 2025

Le routard de Philippe Mechelen (2025) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Vieux de plus d'une cinquantaine d'années, Le Guide du Routard est aussi précieux pour les voyageurs qui désirent connaître ''les bonnes adresses'' à travers la planète que le Guide Michelin l'est pour les amateurs de bonne cuisine. Alors, quand débarque sur les écrans de cinéma une comédie apparemment dédiée à ces femmes et ces hommes qui depuis 1973 font tout pour rendre nos déplacements à l'étranger les plus agréables qui soient, il est tentant d'y jeter un œil ! D'autant plus que deux des principaux interprètes en les personnes de Christian Clavier et Michel Blanc nous avaient déjà convié à ce genre d'exercice en 1978 et 1979 avec Les Bronzés et Les bronzés font du ski tous deux réalisés par Patrice Leconte et dans lesquels ils étaient notamment accompagnés par le reste de la Troupe du Splendid. En 2019, Jean Huth réalise Rendez-vous chez les Malawas, autre comédie française également incarnée par Christian Clavier mais également par Ramzy Bedia, Sylvie Testud ou encore Michaël Youn mais qui ne rencontre pas le succès escompté. Là encore, il s'agissait d'une parodie. Non pas celle d'un guide ou d'un célèbre club de vacances (contrairement aux Bronzés qui caricaturait le Club Med) mais celle de l'excellente émission de télévision de Frédéric Lopez, Rendez-vous en terre inconnue... Contrairement à ce que laisse envisager le titre et surtout le personnage incarné à l'écran par Hakim Jemili (lequel débuta sa carrière sur grand écran aux côtés de Michel Blanc dans la comédie Docteur?), Le routard n'est pas ce voyageur qu'idéalise le fameux Guide du Routard et qui à peu de frais voyage à travers le monde avec dans son sac, le guide en question. À dire vrai, le personnage de Yann Tatin est un mélange entre celui qui se définit comme moitié chômeur et moitié intérimaire, rêvant de voyager sans pour autant en avoir les moyens et celui qui par malice va se faire passer pour un fin connaisseur du Maroc et de Marrakech à proprement parler afin de se faire engager à l'essai par l'un des responsables du Guide du Routard, Karol Kowalski (Christian Clavier). L'occasion de faire ses preuves à Marrakech, justement. Lieu principal du tournage où le réalisateur et scénariste Philippe Mechelen a pu compter sur l'équipe de ''Lions Productions & Service''. Originaire du Maroc, Philippe Mechelen témoigne alors du grand professionnalisme dont font preuve ses membres..


Décors somptueux, entre riad situés dans la médina, marchés, ruelles anciennes, autochtones et désert, l'intérêt principal du routard se situe donc en priorité au niveau du cadre magnifique dans lequel évoluent les interprètes et leurs personnages. Pour le reste, le long-métrage du français est on ne peut plus classique. Caricaturant la population locale, celle des souks ou des chauffeurs de taxi dont on tient là un sacré phénomène en la personne de Mounir, incarné par le ''porteur de moumoute'' Medi Sadoun. S'agissant de Philippe Mechelen, nous pouvions craindre le pire. Car en dehors du pas terrible Doudou qu'il réalisa en 2018, il semble surtout s'être fait connaître en participant à l'écriture des cinq opus de la franchise Les Tuche ou celle du navrant Astérix et Obélix : L'Empire du Milieu réalisé et interprété par Guillaume Canet en 2023. Bref, pas de quoi sauter au plafond. Et en effet, côté écriture, Le routard a beau s'inspirer du célèbre guide touristique français, le film est d'un classicisme qui ne le différencie pas des productions habituelles en matières de comédies françaises. Hakim Jemili fait du Hakim Jemili. Autant dire que ceux qui apprécient ce sympathique personnage aimeront le voir évoluer dans le rôle de cet employé à l'essai d'une entreprise dont il ne maîtrise absolument pas les codes tandis que les autres continueront de l'ignorer... Christian Clavier lui-même continue à interpréter toujours le même rôle quelle que soit la situation. Un personnage ici qui semble ne servir que de caution à un long-métrage qui aurait parfaitement pu se passer de lui. Au beau milieu de ce voyage exotique et parfois dépaysant viennent s'incruster l'actrice Manon Azem dans le rôle de Sofia Berrada ainsi qu'un manuscrit appartenant au patrimoine national marocain que Michel Blanc, dans le rôle du docteur en archéologie Charoux tentera de revendre pour la modique somme de cinq millions de dollars après l'avoir fait dérober par un couple de pieds nickelés (Aude Gogny-Goubert et Yann Papin dans les rôles respectifs des époux Frida et Régis). Notons également la présence de Fred Testot (seule moitié demeurée bienveillante de l'ancien duo Omar et Fred) en sympathique organisateur d'événements ou celle d'Alice Taglioni et Philippe Lefebvre dans les rôles de Marie-Nesrine et Marc-Aziz Garnier, deux français reconvertis dans la chambre d'hôtes... Sans être un naufrage, sauvé de justesse par le cadre marocain et par quelques vannes plutôt drôles, Le routard est une petite comédie visiblement sans prétentions, qui se regarde sans réel déplaisir mais qui comme une bonne, et même une très grande parties d'entre elles, s'oublie rapidement...

 

mardi 23 octobre 2018

Le Doudou de Julien Hervé et Philippe Mechelen (2018) - ★★★★★★☆☆☆☆




Laurent Baffie perdait ses Clés de Bagnole quinze ans plus tôt pour finalement les retrouver dans l'une des poches de son pantalon. Aidé par des dizaines de potes dont ses complices Daniel Russo et Pascal Sellem, cet humoriste au caractère bien trempé et à l'incroyable répartie avait accouché d'un long-métrage étonnant, inhabituel, à mille lieues de l'habituelle soupe que le cinéma français nous sert depuis une bonne vingtaine d'années. En 2018, Julien Hervé et Philippe Mechelen, qui auprès de Lionel Dutemple et Benjamin Morgaine écrivirent pour les Guignols de l'Info sur Canal + durant un « quinquennat » prennent à leur tour le chemin du grand écran pour signer un film à deux dont le scénario rappelle sensiblement l’œuvre de Laurent Baffie. Pourtant, Lionel Dutemple et Benjamin Morgaine revoient leur casting à la baisse car à part ses deux principaux interprètes et quelques invités de passage, Le Doudou convoque beaucoup moins d'artistes à la fête. De plus, ça n'est pas parce que les ces deux là ont tout comme Benoît Delépine et Gustave Kervern fait leurs armes sur la quatrième chaîne de télé française que leur film aura la prétention d'être un OFNI de la trempe d'un Avida, d'un Grand Soir ou d'un Saint Amour. Le Doudou est, dans l'ensemble, plutôt classique. Même s'il réserve quelques idées délirantes au rayon desquelles David Salles (Denis, Babysitting) incarne un vigile particulièrement gratiné, le film du duo déroule une intrigue relativement simple quoique émaillée de quelques séquences plutôt amusantes.

Le Doudou tente très modestement d'installer une complicité entre deux individus n'ayant au départ aucune raison de sympathiser ou de se côtoyer (l'un est responsable de la voirie de Poissy tandis que le second n'y est qu'un petit employé à l'aéroport). Si Michel Barré (Kad Merad) et Sofiane (Malik Bentalha) vont partager une poignée d'heures ensemble, c'est parce que le premier a perdu le doudou de sa gamine et que l'autre espère toucher cent-cinquante euros une fois l'objet retrouvé. Afin d'étoffer quelque peu le scénario qu'ils ont eux-mêmes écrit à quatre mains, les deux cinéastes ont inclus une sous-intrigue inintéressante tournant autour du personnage incarné par Malik Bentalha, lequel s'est fait plaquer par sa compagne Léa, qui elle, est interprétée par l'actrice Lou Chauvin. C'est vrai, on se fiche un peu (et même beaucoup, à dire vrai) de leur rupture et de la navrante tentative de Sofiane de récupérer son ex-petite amie. Malik Bentalha est sans doute très amusant lorsqu'il monte sur scène et il appréciable d'assister à sa répartie lorsqu'il participe au désopilant jeu télévisé Burger Quiz, mais dès qu'il s'agit pour lui d'exprimer diverses émotions, c'est à ce moment très précis que l'acteur-humoriste montre ses limites : on n'y croit pas un seul instant, le visage de Malik Bentalha demeurant figé comme l'un des mannequins de cire du Musée Grévin justement cité dans le film. Kad Merad, sans être exceptionnel, assure le minimum syndical comme dans la majeure partie des longs-métrages qu'il interprète.

Le Doudou tient surtout la route et évite de tomber dans le fossé grâce à quelques savoureux décalages humoristiques. Entre un David Salles en mode « vigile amoureux de son (sa) chien(ne) », un Mahdi Alaoui en agent de sécurité costaud mais pas très malin, un Guy Marchand en vieillard faussement sénile amateur de sites pornos, et un Elie Sémoun dont le personnage du père Gouthard ne dépareillerait sans doute pas avec ceux qu'il a créé pour sa série des Petites Annonces d'Élie. Si Julien Hervé et Philippe Mechelen ont de la suite dans les idées, il va cependant leur falloir étoffer quelque peu leurs idées s'ils veulent pouvoir définitivement se démarquer de la concurrence. Le Doudou n'est pas l'ultime alternative entre le cinéma français humoristique plan-plan ayant tendance à se généraliser depuis quelques années et celui beaucoup plus barré du duo Benoît Delépine et Gustave Kervern, ou mieux, d'un Quentin Dupieux, mais de minuscules idées permettent de passer un moment relativement sympathique d'autant plus que, il ne faut pas se le cacher, il arrive que l'on rigole devant certaines scènes...

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