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samedi 15 août 2026

Cocorico 2 de Julien Hervé (2026) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

C'est long, très long, tellement long... Et surtout, c'est pénible, vraiment pénible, tellement pénible que l'on pourrait croire que cette purge, cette infamie, ce cancer que l'on dit être une comédie aurait tout aussi bien pu être l’œuvre d'une Michèle Laroque ou d'un David Charhon. Imaginons d'ailleurs durant un court instant que ces deux là décident un jour de mettre en scène ensemble un prochain film en commun, hum ? Ouais, je sais, rien que d'y penser, ça donne le tournis. Mais en attendant, le scénariste et réalisateur français Julien Hervé n'a eu besoin de personne pour signer le nouveau grand navet de cette décennie et des années 2000-2020 en totale perdition sur le territoire hexagonal. Des pseudo-comédies qui semblent surtout faire l'étalage d'un pognon monstre dont les propriétaires paraissent se ficher du devenir puisque tout comme pour le film dont il s'agit ici de faire la critique sans s'énerver, il est des œuvres ayant coûté des millions dont la valeur artistique reste encore à évaluer ! Déjà, pourquoi réaliser la suite d'un film relativement mauvais ? Sans doute parce que Cocorico est rentré dans ses frais en rapportant un peu moins de quinze millions d'euros pour un budget de dix. Rien de mirobolant et pourtant, les sociétés de production SND et White and Yellow Films ont décidé de faire à nouveau confiance à Julien Hervé qui pour la seconde fois s'est chargé lui-même de l'écriture et de la réalisation de sa nouvelle comédie. On prend les mêmes et on recommence. Mais alors que Cocorico était encore ''regardable'' malgré un concept sympathique très mal exploité, sa suite parvient à être encore moins bonne que l'original. Une pâle copie d'une mauvaise comédie, au mieux, ça peut donner une franchouillardise acceptable. Mais là, même pas. Au point qu'il nous semble régulièrement être pris pour des légumes ingérant le même plat à chaque repas. De la direction artistique de Simon Blanjoie aux décors de Laure Lepelley-Monbillard en passant par l'indigente musique de Matei Bratescot qui revient pour la seconde fois nous assommer avec des compositions qui puent l'Intelligence Artificielle même s'il y a bien un compositeur derrière elle, Cocorico 2 a de grandes chances en fin d'année de finir au sommet des flops 10 catégorie ''Comédies Françaises'' !


Évidemment, on n'attend plus rien de Didier Bourdon et de Christian Clavier qui font une fois encore là où on leur demande. Cachetonnant dans des comédie faisandées depuis maintenant une bonne dizaine d'années. Poussant malgré tout des spectateurs assez stupides pour leur accorder encore et encore leur confiance à aller dépenser une dizaine d'euros chaque fois qu'ils passent au cinéma. Si Cocorico 2 est consternant, ça n'est pas simplement parce qu'il nous présente deux vieillissantes vedettes du cinéma français dans les inconfortables rôles de septuagénaires incapables de remettre en question leur ostracisme culturel, social et racial ni même parce que Julien Hervé pille le fond de commerce de Philippe de Chauveron (réalisateur de la trilogie Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu et de à bras ouverts) et encore moins parce qu'il semble espérer que les spectateurs sont assez stupides pour se laisser avoir une seconde fois (la suite n'attirera d'ailleurs qu'environ six-cent soixante milles d'entre eux, soit, un million et trois-cent mille de moins que pour le premier volet) mais bien parce que c'est mauvais ! Face à Didier Bourdon dont la qualité de comédien s'est depuis très longtemps faite la malle, Christian Clavier semble avoir définitivement abandonné l'idée de jouer pour laisser la place à son ''double'' Jacques-Henri Jacquart de la saga Les visiteurs. Nos deux interprètes ont donc abandonné toute ambition. Tout comme la pauvre Sylvie Testud qui est venue se perdre dans deux comédies d'une rare indigence bien longtemps après nous avoir notamment offert une superbe performance dans le formidable Les Blessures assassines de Jean-Pierre Denis au tout début du siècle. On ne citera pas le reste du casting qui de toute manière se partage la partie congrue d'un script rachitique, mal écrit et d'un récit qui accumule tant de fautes de goût en matière de dialogues que le malaise finit par s'imposer face à des interprètes qui rament à contre-courant. Bref, un désastre !

 

mercredi 5 août 2026

Le grand méchant loup de Nicolas et Bruno (2013) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

En abandonnant temporairement leur univers, Nicolas et Bruno ( Nicolas Charlet et Bruno Lavaine) n'en n'ont pas pour autant mis de côté certains des choix artistiques qui sont leur marque de fabrique. Ici, pas d'esthétique volontairement ringarde puisée dans les temps anciens. Ceux des années soixante-dix, généralement représentées chez eux à travers l'usage de codes couleurs, vestimentaires ou comportementaux largement dépassés de nos jours. Et pourtant, les deux hommes n'en sont pas moins demeurés capables de produire une œuvre tout à fait originale en cette année 2013 où sort donc leur second long-métrage intitulé Le grand méchant loup, cinq ans après La personne aux deux personnes et treize avant leur dernier, Alter ego sorti quant à lui en 2026... Ils reprennent ici le très célèbre conte des Trois Petits Cochons, cent quarante-ans après qu'ils ne soient apparus pour la première fois en 1842 dans le recueil de comptines, de chansons et de poèmes traditionnels britanniques publié cette année là par l'historien, collectionneur et éditeur anglais James Orchard Halliwell. Un conte dans lequel l'on retrouvait déjà le personnage du loup dont les origines remontent elles à bien plus loin dans le temps puisque l'une des premières traces le présentant daterait de l'époque d’Ésope qui l'aurait évoqué pour la première fois dans ses Fables et remonterait donc à l'Antiquité grecque. Pour autant, Nicolas et Bruno n'en reprennent qu'une partie de la structure narrative telle que la présenta notamment Burt Gillett avec Three Little Pigs produit par la société de production américaine Walt Disney Productions en 1933. Dans le cas du Grand méchant loup, le duo remplace les trois petits cochons par trois frères incarnés par Benoît Poelvoorde, Fred Testot et Kad Merad. Tandis que leur mère (interprétée à l'écran par l'actrice Marie-Christine Barrault) est alitée dans une chambre d'hôpital, Philippe (Benoît Poelvoorde), Henro (Fred Testot) et Louis (Kad Merad) en reviennent à se poser des questions sur leur existence. Eux qui depuis toujours ont su rester fidèles à leurs épouses respectives Nathalie (Valérie Donzelli), Patricia (Léa Drucker) et Victoire (Zabou Breitman) vont-ils se laisser tenter par ces nouvelles aventures féminines qui frappent désormais à la porte de ces trois hommes qui maintenant doutent sur le sens réel de leur existence ? Nicolas et Bruno usent et abusent de métaphores et d'allégories pour décrire la situation de ces trois frères qui vont être approchés par le ''Loup'' du fameux conte...


Ou plutôt DES Loups. Et même mieux : des LOUVES puisque chacun son tour, Philippe, Henri et Louis vont être respectivement approchés par Natacha (Charlotte Le Bon), une jeune actrice attirée par l'idée de s'introduire de nuit dans le château de Versailles où travaille justement le cadet des trois frères. Pourtant marié et père de deux enfants, Philippe se laisse séduire par la jeune femme de vingt-sept ans dont il va rapidement tomber amoureux. Et si vivre une double relation n'est pour l'instant pas vraiment un problème pour lui, tout va se gâter le jour où Natacha va se présenter devant la porte de sa demeure. Lorsque son épouse Nathalie découvre que Philippe voit une autre femme, elle le chasse de chez eux et ce dernier part se réfugier chez son frère Henri. Après une première partie du récit principalement consacrée au personnage interprété par Benoît Poelvoorde, Fred Testot prend donc la relève. Le second acte lui réservant la même surprise que pour son frère avant que les deux hommes ne se retrouvent finalement hébergés par le plus âgé des trois, Louis. Ici, ça n'est plus la demeure elle-même qui est détruite par le loup mais la cellule familiale par l'entremise de femmes belles et attirantes. Et si Henri se laisse séduire par une voisine lointaine qu'il reluque aux jumelles, Éléonore (Cristiana Reali) n'en mènera pas large lorsque cette ancienne connaissance de Louis tentera de conquérir le cœur et le lit de celui-ci, alors très amoureux de sa femme Victoire. Bien que la réappropriation d'un mythe enfantin pour le transformer en comédie romantique métaphorique peut laisser songeur, Nicolas et Bruno tapent juste et offrent une savoureuse étude de mœurs non dénuées d'un certain sens de l'humour qui là encore tape exactement là où on l'attendait. Grâce non seulement à la mise en scène et l'écriture des deux cinéastes mais aussi et surtout à un panel de savoureux interprètes parmi lesquels se trouve également perché dans les très hautes sphères de l'absurde, le toujours excellent Denis Podalydès ! Preuve que Nicolas Charlet et Bruno Lavaine sont capables de s'extraire de leur univers personnel et d'offrir la réplique à des interprètes qui sortent de leur cercle habituel. Bref, un régal...

 

jeudi 30 juillet 2026

Les K d'or de Jérémy Ferrari (2026) ★★★★★★★☆☆☆

 


 

 

De son vrai nom Jérémy Larzillière,Jérémy Ferrari s'est fait connaître du grand public grâce à l'émission de Laurent Ruquier On n'demande qu'à en rire diffusée entre septembre 2010 et juillet 2014. Il aura sur se démarquer des autres humoristes grâce à sa causticité et un certaine prédisposition pour l'humour noir qu'il exerce à l'époque en traitant de sujets divers, tels l’extrémisme religieux, le handicap, le racisme ou la misogynie. Dès 2002, il enchaîne les spectacles sur scène seul ou à plusieurs, participe à un certain nombre d'émissions télévisées, écrit même pour d'autres humoristes, joue dans plusieurs téléfilms et séries télévisées et réalise son tout premier long-métrage en 2026 avec Les K d'or ! Film qu'il écrit en collaboration avec Saïd Belktibia (Ghettotube en 2015, 365 jours au Mali en 2021) et Clément Peny (Les bracelets rouges en 2020, Les survivants et Maestro en 2022). Après une bande-annonce plutôt moyenne qui décrit relativement mal le potentiel du film, Les K d'or sort en salle le 11 mars 2026. Après avoir réalisé le thriller Roqya dans lequel il confia l'un des principaux rôles à Jérémy Ferrari, Saïd Belktibia émet en compagnie de l'humoriste l'idée d'une comédie mettant en scène un protagoniste dont la mère assure que son père est l'ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi. Tandis que Saïd Belktibia avait au départ conçu l'idée de le mettre lui-même en scène, il propose finalement à Jérémy Ferrari de le réaliser à sa place. Envisageant de faire interpréter à l'humoriste Guillaume Bats l'un des trois principaux personnages, sa mort prématurée force son ami Jérémy Ferrari à revoir le script tout en incluant toujours un protagoniste affublé d'un handicap. Le rôle de Ryan sera finalement proposé à Eric Judor, la moitié du duo qu'il incarna avec Ramzy Bédia au temps de leur collaboration. Quant au personnage féminin de Zoulika, il est confié à l'actrice et humoriste Laura Felpin. Celle-ci incarne une jeune femme imprévisible et spontanée, ancienne radicalisée et qui vient tout juste de sortir d'un centre de réinsertion civique. Le concept de Les K d'or est simple : tandis que Noé (Jérémy Ferrari) compte bien retrouver l'or caché de celui que sa mère affirme être Mouammar Kadhafi, il entre en contact avec Zoulika qui d'après elle connaît un contact en Libye capable de le mettre en relation avec un certain Barberousse (Fred Testot)...


Mais avant de rencontrer l'homme en question, il va s'agir pour Noé et ses deux comparses de passer la douane mauritanienne avec une très forte somme d'argent. D'où la présence au sein du petit groupe de Ryan, jeune influenceur malvoyant auquel il va confier la garde de Tribord, un ''chien d'aveugle'' à trois pattes au dos duquel est fixé un harnais renfermant la somme de cinquante-mille euros ! De plus, Ryan a organisé cette année là un Marathon des Sables se déroulant justement au Sahel. De quoi faciliter le voyage sur place du trio... Considérant le ton habituel de Jérémy Ferrari en matière d'humour, fans et détracteurs continueront de s'écharper devant cette comédie qui reste tout à fait dans l'esprit provocateur de l'humoriste. Certains trouvant sans doute qu'il va encore une fois toujours trop loin tandis que les autres continueront de penser qu'il demeure actuellement l'un des rares à oser s'attaquer dans notre pays à des sujets qui frisent le politiquement incorrect. Alors, s'il est vrai que le premier long-métrage de Jérémy Ferrari n'est pas toujours très fin, Les K d'or est une véritable bouffée d'air frais dans un monde qui de plus en plus enferme la parole pour ne plus laisser s'exprimer que la bien-pensance. Sous ses allures de comédie parfois un peu beauf, l'humoriste, acteur, scénariste et réalisateur crie tout haut ce que certains n'osent même plus ne serait-ce que méditer intérieurement de peur qu'on ne lise dans leur pensées. Jérémy atomise le handicap (à travers Ryan mais également Virginie, la femme sans bras interprétée par Céline Groussard). Les réseaux sociaux (véhicule à mensonges pour influenceurs en mal de reconnaissance). Le terrorisme, la société dans sa globalité ou encore la cupidité... Notons enfin que Jérémy Ferrari a lui-même opté pour le collectif Hip-Hop Chinese Man originaire d'Aix-en-Provence qui pour la toute première fois participait ici à la conception d'une bande originale. En écoutant leur discographie, l'humoriste y a retrouvé tout ce qui lui semblait transpirer l'univers de son film. Matteo Di Stefano ainsi que le compositeur Matteo Locasciulli ont ainsi produit une très intéressante bande-son entre rap et musique orientale...

lundi 6 octobre 2025

Le routard de Philippe Mechelen (2025) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Vieux de plus d'une cinquantaine d'années, Le Guide du Routard est aussi précieux pour les voyageurs qui désirent connaître ''les bonnes adresses'' à travers la planète que le Guide Michelin l'est pour les amateurs de bonne cuisine. Alors, quand débarque sur les écrans de cinéma une comédie apparemment dédiée à ces femmes et ces hommes qui depuis 1973 font tout pour rendre nos déplacements à l'étranger les plus agréables qui soient, il est tentant d'y jeter un œil ! D'autant plus que deux des principaux interprètes en les personnes de Christian Clavier et Michel Blanc nous avaient déjà convié à ce genre d'exercice en 1978 et 1979 avec Les Bronzés et Les bronzés font du ski tous deux réalisés par Patrice Leconte et dans lesquels ils étaient notamment accompagnés par le reste de la Troupe du Splendid. En 2019, Jean Huth réalise Rendez-vous chez les Malawas, autre comédie française également incarnée par Christian Clavier mais également par Ramzy Bedia, Sylvie Testud ou encore Michaël Youn mais qui ne rencontre pas le succès escompté. Là encore, il s'agissait d'une parodie. Non pas celle d'un guide ou d'un célèbre club de vacances (contrairement aux Bronzés qui caricaturait le Club Med) mais celle de l'excellente émission de télévision de Frédéric Lopez, Rendez-vous en terre inconnue... Contrairement à ce que laisse envisager le titre et surtout le personnage incarné à l'écran par Hakim Jemili (lequel débuta sa carrière sur grand écran aux côtés de Michel Blanc dans la comédie Docteur?), Le routard n'est pas ce voyageur qu'idéalise le fameux Guide du Routard et qui à peu de frais voyage à travers le monde avec dans son sac, le guide en question. À dire vrai, le personnage de Yann Tatin est un mélange entre celui qui se définit comme moitié chômeur et moitié intérimaire, rêvant de voyager sans pour autant en avoir les moyens et celui qui par malice va se faire passer pour un fin connaisseur du Maroc et de Marrakech à proprement parler afin de se faire engager à l'essai par l'un des responsables du Guide du Routard, Karol Kowalski (Christian Clavier). L'occasion de faire ses preuves à Marrakech, justement. Lieu principal du tournage où le réalisateur et scénariste Philippe Mechelen a pu compter sur l'équipe de ''Lions Productions & Service''. Originaire du Maroc, Philippe Mechelen témoigne alors du grand professionnalisme dont font preuve ses membres..


Décors somptueux, entre riad situés dans la médina, marchés, ruelles anciennes, autochtones et désert, l'intérêt principal du routard se situe donc en priorité au niveau du cadre magnifique dans lequel évoluent les interprètes et leurs personnages. Pour le reste, le long-métrage du français est on ne peut plus classique. Caricaturant la population locale, celle des souks ou des chauffeurs de taxi dont on tient là un sacré phénomène en la personne de Mounir, incarné par le ''porteur de moumoute'' Medi Sadoun. S'agissant de Philippe Mechelen, nous pouvions craindre le pire. Car en dehors du pas terrible Doudou qu'il réalisa en 2018, il semble surtout s'être fait connaître en participant à l'écriture des cinq opus de la franchise Les Tuche ou celle du navrant Astérix et Obélix : L'Empire du Milieu réalisé et interprété par Guillaume Canet en 2023. Bref, pas de quoi sauter au plafond. Et en effet, côté écriture, Le routard a beau s'inspirer du célèbre guide touristique français, le film est d'un classicisme qui ne le différencie pas des productions habituelles en matières de comédies françaises. Hakim Jemili fait du Hakim Jemili. Autant dire que ceux qui apprécient ce sympathique personnage aimeront le voir évoluer dans le rôle de cet employé à l'essai d'une entreprise dont il ne maîtrise absolument pas les codes tandis que les autres continueront de l'ignorer... Christian Clavier lui-même continue à interpréter toujours le même rôle quelle que soit la situation. Un personnage ici qui semble ne servir que de caution à un long-métrage qui aurait parfaitement pu se passer de lui. Au beau milieu de ce voyage exotique et parfois dépaysant viennent s'incruster l'actrice Manon Azem dans le rôle de Sofia Berrada ainsi qu'un manuscrit appartenant au patrimoine national marocain que Michel Blanc, dans le rôle du docteur en archéologie Charoux tentera de revendre pour la modique somme de cinq millions de dollars après l'avoir fait dérober par un couple de pieds nickelés (Aude Gogny-Goubert et Yann Papin dans les rôles respectifs des époux Frida et Régis). Notons également la présence de Fred Testot (seule moitié demeurée bienveillante de l'ancien duo Omar et Fred) en sympathique organisateur d'événements ou celle d'Alice Taglioni et Philippe Lefebvre dans les rôles de Marie-Nesrine et Marc-Aziz Garnier, deux français reconvertis dans la chambre d'hôtes... Sans être un naufrage, sauvé de justesse par le cadre marocain et par quelques vannes plutôt drôles, Le routard est une petite comédie visiblement sans prétentions, qui se regarde sans réel déplaisir mais qui comme une bonne, et même une très grande parties d'entre elles, s'oublie rapidement...

 

mercredi 24 août 2022

Bon rétablissement de Jean Becker (2014) - ★★★★★★☆☆☆☆

 



Réalisateur de L'été meurtrier et de Deux jours à tuer en 2008, le réalisateur Jean Becker n'a durant sa carrière jamais cessé de jongler entre comédies et drame, marquant parfois le septième art et laissant parfois relativement circonspect. Comme avec Bon rétablissement ! justement. Sans doute l'une des comédies les plus légères de sa filmographie mais qui n'est pourtant pas dénuée de quelques qualités. À commencer par son contexte assez inédit puisque la quasi totalité du long-métrage se déroule dans une chambre d’hôpital. Celle qui vient ''d'accueillir'' Pierre Laurent, lequel, après avoir fait une chute d'un pont situé sur la Seine a perdu conscience, s'est fracturé la jambe droite et a été secouru par un jeune inconnu. Pierre Laurent, c'est l'acteur Gérard Lanvin, candidat idéal pour jouer le rôle de cet indomptable personnage relativement grincheux dont la chambre va se transformer en Porte d'Aix. Du monde, Pierre Laurent va en voir débouler en permanence. Du flic qui enquête sur son accident (Fred Testot dans le rôle du capitaine de police Maxime Leroy), en passant par les infirmières (dont Claudia Tagbo dans le rôle de l'infirmière en chef Myriam), un médecin et ses stagiaires (Louis-Do de Lencquesaing), le frangin Hervé (Jean-Pierre Darroussin), le pote Serge (Daniel Guichard qui quarante-deux ans après être apparu dans What a Flash ! de Jean-Michel Barjol réapparaissait donc pour la seconde et dernière fois sur grand écran), la jeune fille enceinte Maëva (Mona Jabeur dans son seul rôle au cinéma jusqu'à maintenant), ou encore Camille, jeune homme qui n'a pas hésité à se jeter dans la Seine pour sauver Pierre lors de son accident. Si Bon rétablissement ! est effectivement une sympathique comédie, celle-ci souffre malheureusement d'un nombre trop important de personnages qui, fort logiquement, manquent en grande partie de profondeur...


Si l'on ne regrettera pas que certains parmi eux n'aient pas bénéficié d'un peu plus d'attention (l'arrivée de l'animatrice de télévision Anne-Sophie Lapix dans le rôle de Florence, ex de Pierre, tombe comme un cheveu dans la soupe), on désapprouvera en revanche le fait que Jean Becker n'ait pas accorder à l'acteur Swann Arlaud un temps de présence plus important. En effet, son personnage demeure sans doute le plus intéressant du récit et contrebalance avec l'esprit ''festif'' qui règne dans cette chambre où les rencontres seront nombreuses. Au passage, nous noterons la présence du toujours excellent Philippe Rebbot dans le rôle du kinésithérapeute Thierry mais l'on reprochera la manière beaucoup trop légère que le réalisateur aura de traiter la majeure partie des thèmes abordés. À Commencer par l'ancienne relation entre Pierre et Florence dont on se fiche royalement. Si les quelques apparitions de Daniel Guichard sont amusantes, elle ne renforcent en rien le caractère hétéroclite des personnages et de ceux qui les interprètent. Des chanteurs, d'accord. Car Maurane aussi participe à l'aventure dans un rôle qui là encore fait office de remplissage. Mais une animatrice télé ? Non pas qu'Anne-Sophie Lapix soit mauvaise mais la façon qu'a Jean Becker de l'introduire dans le récit a de quoi laisser circonspect ! Le contexte contraignant l'écriture à une renouvellement permanent des situations, le film tourne malheureusement parfois en rond. Les quelques sorties à l’extérieur en forme de long flash-back auquel là encore, le spectateur ne prêtera pas attention ne résolvent rien. Quant à cette fin en queue de poisson qui promettait pourtant les retrouvailles du héros avec son nouveau locataire... Que dire... Jean Becker signe à vrai dire une comédie plutôt mal écrite, parfois attachante, mais dont la plupart des situations sont rapidement congédiées...

 

lundi 10 janvier 2022

Haters de Stéphane Marelli (2021) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

D'une profondeur inouïe, Haters de Stéphane Marelli s'est pris et continue à se prendre de monumentales gifles de la part de la presse et du public. C'est à se demander si les uns et les autres ont sur relever la portée philosdophique du message qu'à voulu transmettre le réalisateur dont il s'agit ici du premier long-métrage. Véritable phénomène de société, les youtubeurs font désormais partie du paysage médiatique mondial. Avec leurs fanatiques, ces millions de followers qui ne manqueraient pour rien au monde les dernières vidéos mises en ligne par ces idoles d'un nouveau genre qui pullulent sur la toile et gagnent ainsi leur vie. Avec leurs détracteurs également, ces individus dont la fonction est de venir polluer leurs comptes de messages orduriers, avilissants, tout aigris qu'ils sont et parfois incapables de produire eux-même leurs propres vidéos ! C'est pourquoi Haters doit figurer parmi les œuvres essentielles, à l'écriture intelligente, clairvoyante et admirablement interprétées. Fouillant les tréfonds de l'âme humaine pour en extirper ce qu'elle a de plus beau mais aussi de plus vil........................ Voilà ce que j'aurais aimé pouvoir dire du long-métrage de Stéphane Marelli..................... si seulement Haters avait pu être autre chose qu'une énième erreur de parcours dans la filmographie de Kev Adams, cet ''humoriste'' pour adolescent(e)s attardé(e)s qui ne parvient décidément pas à prouver qu'il n'est rien d'autre qu'un concept insignifiant qui d'une certaines manière est peut-être après tout, un génie. Car comment expliquer cette faculté exceptionnelle qui est la sienne lorsqu'il s'agit, film après film, de s'enfoncer un peu plus profondément dans l'indigence ? Un sacerdoce ? Sans doute, oui. Une aptitude à s'entourer de metteurs en scène tout juste capables de l'ériger au rang de piètre acteur comique (Pierre-François Martin-Laval, Arthur Benzaquen, Lionel Steketee, Fabien Onteniente)...


Dans Haters, la vedette au chignon est entourée d'une pléthore de seconds rôles qui ne parviennent jamais à élever le curseur comique. Tout ou presque y est indigent. Volontiers caricatural, le film de Stéphane Marelli se veut sans doute comme une étude du phénomène de youtubeur et des haters qui par la voie de l'insulte le poursuivent à travers les réseaux sociaux. On ne peut pas dire que le réalisateur ait choisi le plus intelligent d'entre eux puisque Thomas le Lama (pseudo sous lequel se cache le personnage qu'interprète Kev Adams) propose des vidéos aussi miséreuses que sa propre personnalité (obsédé par son compte youtube, il en oublierait presque sa relation avec sa petite amie) mais qui ont attiré jusque là un millions de fidèles. Du moins, jusqu'à ce que soit révélée une vidéo qui fera chuter son audience et attirera des malveillants (les haters du titre) et sous laquelle ils s'acharneront à l'insulter jusqu'à même souhaiter sa mort. D'où l'idée de Thomas d'aller sonner à la porte de ses détracteurs afin d'obtenir des explications quant à leurs insultes ainsi que des excuses. Accompagné de son seul véritable ami Kualalumpur (l'acteur et chanteur Estéban qui demeure encore celui qui s'en sort le mieux) armé d'une caméra, Thomas fait le tour du pays à la rencontre de personnages tous plus bigarrés les uns que les autres. Si sur le papier, le concept est intéressant, le résultat à l'écran est désastreux. D'abord parce que le film, censé être une comédie, n'est pas drôle, mais aussi et surtout parce qu'y viennent s'y corrompre des actrices et acteurs qui auraient mieux fait de rester couchés chez eux lors du tournage...


Alors que Jean-Claude Van Damme semble peu à peu renaître de ses cendres depuis quelques années, il aura fallut seulement deux réalisateurs et deux films français pour qu'en 2021 on se pose des questions sur la pérennité de sa carrière à venir. Haters donc, dans lequel l'acteur belge est tout bonnement affligeant, mais également l'immonde Le Dernier Mercenaire de David ''tâcheron'' Charhon dans lequel il était déjà douloureux de le voir apparaître. Déjà que l'actrice Nadia Farès est devenue relativement rare sur nos écrans, on se demande ce qui a pu motiver sa présence à l'écran dans le ridicule rôle de la gitane Matcha Mama. Et que dire de Fred Testot, Sara Forestier, Philippe Lacheau, Frank Dubosc, Vincent Desagnat ou bien même de l'acteur américain William Baldwin auxquels sont ''offert'' des lignes de dialogues d'une assourdissante connerie ? Curieusement, ce qui pouvait fonctionner chez le Laurent Baffie des Clés de bagnole est ici anéanti. On comprend mieux lorsqu'est évoqué le nom du scénariste : Romuald Boulanger. L'homme responsable en 2020 du nullissime All Inclusive. Ce sous-Bronzés moins amusant qu'une cérémonie d'enterrement ! Il n'y a donc décidément rien à soutirer à Kev Adam auquel Estéban qui avec son look et son accent a tout de même le culot de lui voler la vedette. Inutile de s'attarder sur ce nouvel échec de la comédie française que l'on conseillera uniquement à une certaine catégorie de youtubeurs. À noter tout de même la présence à l'écran de l'acteur Pascal Demolon qui, sans sauver le film (faut pas rêver), lui évite le naufrage complet dans le rôle de l'ancien graphiste dépressif. À part ça, rien à signaler...

 

samedi 14 août 2021

Monsieur Cauchemar de Jean-Pierre Mocky (2015) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

En 1982, le réalisateur Claude Chabrol s'inspirait du roman de Georges Simenon Les Fantômes du chapelier pour réaliser l'un de ces petits chefs-d’œuvre dont il avait le secret. Une histoire au cœur de laquelle un chapelier tuait de vieilles dames pour une raison qui ne serait connue du spectateur que bien plus tard dans le déroulement du récit. Si trente-trois ans plus tard Jean-Pierre Mocky ne s'inspire pas du même ouvrage mais de Monsieur Cauchemar de Pierre Siniac, c'est pour y développer une intrigue pas tout à fait semblable mais possédant quelques caractéristiques qui font immédiatement penser au long-métrage de Claude Chabrol. Mais la comparaison n'ira pas plus loin que cet élément de mystère que les spectateurs prendront la liberté de découvrir par eux-mêmes. Autant dire que résumer à sa plus simple expression Monsieur Cauchemar ne va pas être du gâteau puisque dès les premières minutes, on se doute de quoi va traiter le soixante-troisième long-métrage de l'un des cinéastes français les plus productifs de son époque. Disparu il y a de cela deux ans, le 8 août 2019, il a laissé derrière lui plusieurs dizaines de films en tant que réalisateur (soixante-neuf pour être précis), des projets qui n'ont malheureusement pas pu aboutir, des courts-métrages mais aussi une anthologie en quatre saisons intitulée Myster Mocky présente ainsi que des dizaines d'interprétations dans divers longs-métrages, une partie des siens y compris. Autant dire que Jean-Pierre Mocky n'aura pas chômé durant sa longue carrière qui s'est étendue entre 1942 et l'année de son décès...


Pour le meilleur et parfois pour le rire, Jean-Pierre Mocky a terminé sa carrière par un certain nombre de longs-métrages sinon médiocres, du moins pas à la hauteur de ce qu'il était capable de produire en tant qu'auteur et réalisateur des années en arrière. Pour autant, les fans du cinéaste s'y retrouveront une fois de plus dans ce récit à l'ambiance très particulière et interprété en partie par des amateurs mais aussi par des acteurs confirmés. Jean-Pierre Mocky, c'est un peu l'équivalent de Patrick Sébastien (que j'admire énormément). L'un sur ses plateaux de tournage, le second sur ses plateaux de télévision. Chacun possède son vivier de personnalités qu'il peu à loisir faire participer qui à ses films, qui à ses émissions. Une tribu parmi laquelle on trouve les très fidèles Jean-Pierre Clami et Christian Chauvaud dont on ne compte plus les participations aux tournages de Jean-Pierre Mocky. Et puis, de beaucoup, beaucoup moins courants, comme l'humoriste Jonathan Lambert. Et d'encore plus rares comme l'acteur Fred Testot, cet ancien camarade télévisuel d'Omar Sy qui pour la première et dernière fois jouera pour les besoins du réalisateur. Comme auront pu le reconnaître les spectateurs lorsqu'il l'auront constaté de visu, Monsieur Cauchemar ne semble pas bénéficier de moyens plus importants que les projets qu'il a précédemment mis en boite. Très significatif de ce manque flagrant de financement, ce brouillard épais dont se sert l'étrangleur pour tuer en toute discrétion les membres d'un cirque dans lequel travaillait le héros incarné par Jean-Pierre Mocky lui-même. Et merde ! L'info est lâchée. Enfin, tout ça pour dire que d'un point de vue visuel, c'est assez laid. Vu la petitesse du budget, Jean-Pierre Mocky ne s'est même pas donné la peine d'employer des fumigènes mais use de filtres parfaitement inesthétiques...


Parmi les acteurs connus, outre le réalisateur, Fred Testot ou bien Jonathan Lambert, les spectateur reconnaîtront Philippe Vieux, surtout connu pour avoir interprété le rôle de Loïc Müller dans la série télévisée Caméra Café 2 : La Boîte du dessus aux côtés d'Arnaud Ducret ainsi que pour être apparu dans un certain nombre de comédies sur grand écran. Les plus observateurs pourront également se rincer l’œil devant cette interprète qui (sans doute pour l'intérêt du récit ???) pratique la varap en salle, TORSE NU (!?!). Ou quand l'improbable copule avec l'indigeste...Indigeste puisque Monsieur Cauchemar, malgré un postulat de départ assez prenant s'enlise très rapidement dans un amalgame de séquences sans queue ni tête qui n'apporte rien au récit et ne font que ralentir un rythme déjà beaucoup trop lent. Les personnages interprétés par Fred Testot et Jonathan Lambert (deux flics en grève qui passent leur temps à boire) ne servent pratiquement à rien, comme d'ailleurs la quasi totalité des seconds rôles. Le film se traîne péniblement à tel point que l'on a le sentiment qu'il ne se passe absolument rien. De plus on regrette que Jean-Pierre Mocky dont l'interprétation est à l'avenant de sa mise en scène, n'ai finalement pas choisi Philippe Vieux pour interpréter l'étrangleur car avec son crâne chauve et son regard sombre, il aurait sans doute été beaucoup plus crédible dans le costume de ce Monsieur Cauchemar qui finalement s'avère l'un des plus gros ratés de la carrière du réalisateur. Laid, scénaristiquement rachitique et d'une manière quasi-générale, relativement mal joué (les deux jeunes interprètes Martin Daquin et Charles-Antoine Heuillet étant les seuls à s'en sortir honorablement), on oubliera très vite cette sortie de route de la part de Jean-Pierre Mocky qui avec Monsieur Cauchemar, ne devrait même pas rencontrer son public...

 

jeudi 1 décembre 2016

Arrête ton Cinéma de Diane Kurys (2016)



Mince, Diane Kurys est passée de La Leçon de Piano à Arrête Ton Cinéma ! Une véritable dégringolade, non ? Enfin, j'dis ça, j'en sais rien, j'ai pas vu le premier. GRAVE ERREUR ! On me signifie dans l'oreillette qu'il a, de plus, été réalisé par Jane Campion, et pas Diane Kurys. ALORS ! Diane Kurys... poum poum... Diane... Kurys... Tralala ! Ah ouais ! Effectivement ! On joue là dans une catégorie sensiblement différente. Donc, pour remettre les choses dans l'ordre, Diane Kurys, c'est celle qui a tourné à l'aube de sa carrière de réalisatrice le célèbre Diabolo Menthe. Véritable œuvre générationnelle à laquelle, il me semble, elle donnera une suite trois ans plus tard en 1980, avec Cocktail Molotov. La Baule-les-Pins, c'est elle également. En 1990. Puis d'autres que je me suis pas encore donné la peine de regarder.

Arrête Ton Cinéma ! est plus autobiographique encore qu'il n'y paraît. Car plus encore que le simple « portage » d'un roman au cinéma, le film semble connaître en parallèle quelques désagréments qui, s'ils sont différents de ceux décrits dans l'intrigue, pourrait avoir de quoi dérouter celle qui en est à l'origine : Sylvie Testud, l'actrice, mais également, Sylvie Testud la scénariste. Car Arrête Ton Cinéma ! est l'adaptation de son roman C'est le Métier qui Rentre dans lequel elle ne ménage pas la « Profession », sans pour autant viser tel ou tel producteur en particulier. Du moins, pas ouvertement. Il n'est nul besoin de bosser dans le milieu pour avoir déjà entendu tel ou tel cinéaste se plaindre d'avoir eu les mains liées ou de ne pas avoir pu réaliser son œuvre telle qu'il l'avait imaginée au départ. Des producteurs qui mènent la danse, on connaît. Vive donc les fameuses « director's cut» qui rendent grâce à des œuvres cinématographiques « génétiquement » (pelliculairement ? Numériquement?) modifiées.

Arrête Ton Cinéma ! n'est pas un mauvais film, non. Mais pas non plus un chef-d’œuvre. Pas le genre impérissable. A consommer rapidement donc, avant qu'il ne se gâte. Le problème de Diane Kurys, c'est qu'elle nous pond là un film qui semble d'une autre époque. Et malgré un sujet passionnant (pour qui est... passionné de cinéma), le résultat, s'il n'est pas affligeant, donne quand même des sueurs froides. Comprenez qu'en parcourant le casting, avec à sa tête l'excellente Sylvie Testud et les non moins remarquables Josiane Balasko et Zabou Breitman, on pouvait s'attendre à mieux. Cacher des stars derrière une mise en scène tristounette ne rapporte rien et Arrête Ton Cinéma ! en est l'exemple parfait. Ça n'est pas que l'on s'ennuie, loin de là, mais les gags prennent immédiatement de l'âge. On retrouve la Balasko de Arlette et de Nuit d'Ivresse (comprendre la désastreuse adaptation cinématographique et non pas l'excellente pièce de théâtre).

Sur l'instant, on se dit, mince, quel chouette petit film. Un rythme d'enfer, des situations qui s'enchaînent sans jamais nous laisser véritablement le temps de nous reposer (les tympans surtout), deux productrices barrées, euphoriques, survoltées (mais en même temps, fort dangereuses pour la carrière de Sybille (Sylvie Testud), des seconds rôles intéressants (Fred Testot, Claire Keim, Florence Tomassin ou encore François-Xavier Demaison, mais malheureusement un soufflet qui retombe très vite. Si l'on fait le bilan, que l'on sépare l'énergie déployée des moments de franche rigolade, on constate que ces derniers sont rares. On sourit plutôt qu'on ne rit. En fait, Arrête Ton Cinéma ! se révèle parfois aussi grotesque que la situation qui plonge son personnage principale entre les griffes d'un duo de productrices trop haut perchées pour être crédibles. Diane Kurys réalise donc une œuvre qui, si sur le papier était séduisante, se révèle au final une petite comédie qui ne vaut que pour le jeu outré de Josiane Balasko et Zabou Breitman. Pauvre Sylvie Testud...

dimanche 22 mai 2016

Seuls Two de Éric Judor et Ramzy Bédia (2007)



Gervais est la risée de son service. Petit policier maladroit et incompétent, il n'a de cesse de traquer Curtis, un cambrioleur plein de malice qui en fait voir de toutes les couleurs à Gervais. Un jour, une fois de plus, Gervais croise la route de son pire ennemi. Cette fois-ci, la course-poursuite semble bien engagée, mais dès que le policier met les pieds sur les Champs-Élysées, il se retrouve tout seul. Il n'y a plus âme qui vive dans les rues de la capitale. Enfin, pas tout à fait puisqu'en dehors de Gervais, il demeure également la présence de Curtis qui une fois de plus a fait des siennes en s'emparant d'un véhicule de formule 1. Malgré l'incongruité de la situation, Gervais garde à l'esprit qu'il lui faut à tout pris mettre la main sur Curtis afin de l'enfermer derrière les barreaux d'une prison alors que celui-là même profite justement des circonstances pour se jouer du policier lancé à ses trousses dans un Paris qui leur appartient désormais totalement...

Éric et Ramzy plongés tout deux dans une comédie pseudo-fantastique, cela a de quoi éveiller les sens. On imagine bien évidemment pas les deux hommes changer de registre, d'autant plus qu'ils sont eux-mêmes les réalisateurs ainsi que les scénaristes auprès de Philippe Lefebvre et Lionel Dutemple. De l'incongruité, on en trouve déjà dans le titre : Seuls Two !!! allez savoir ce qu'il a pu leur passer par la tête ce jour-là. Afin d'obtenir un résultat consistant à promener leur personnage respectif dans un Paris totalement vidé de ses habitants, la ville a bloqué durant le tournage, les automobilistes ainsi que les piétons.

Le cadre de jeu de Seuls Two est un immense bac à sable, un terrain de jeu extraordinairement élargi qui a permis à Éric et Ramzy de s'éclater à loisirs, et le film a tout de même coûté quant à lui la modique somme de dix-huit millions d'euros.

Il m'aura fallut tout de même le voir trois fois dont une seule, intégralement. Pourquoi ? Parce qu'à la toute première vision, l'ennui a été tel qu'au bout d'une demi-heure, et ne supportant pas le vide scénaristique de ce long-métrage, j'ai dû, avec un certain mépris, arrêter le film, remettant ainsi à plus tard le projet d'écrire un article dessus. La seconde fois, m'étant endormi approximativement au même moment, je n'ai pu assister aux élucubrations du duo de comiques. Ça n'est donc qu'après quelques années de patience que j'ai enfin décidé d'y revenir et de le visionner, cette fois-ci, jusqu'au bout. Deux comprimés de vitamine C et une heure trente-quatre après le démarrage de Seuls Two, le constat est là : le film n'est pas si mauvais qu'on le dit. Du moins, qu'une partie du public l'affirme en l'assassinant sans autre forme de procès. Forcément, les personnages incarnés par le duo ne transpirent jamais l'intelligence. En même temps, ça n'est pas ce qu'on leur demande.

Le principal soucis de Seuls Two tient dans sa première demi-heure. Un calvaire. D'un ennui rarement égalé, cette première partie a sans doute fait fuir une partie de ceux qui désormais considèrent le film comme un pur navet. Si l'on s'en tient à cette partie uniquement, effectivement, Seuls Two est triste à mourir. Il y a pourtant dans ce cinéma, quelque chose qui rapproche ce film d'un auteur génial qui lui aussi, malheureusement, rencontre parfois des difficultés avec un public pas forcément rallié à sa cause : Quentin Dupieux. Car Seuls Two est absurde, oui. Surréaliste, bien évidemment. Mais s'il est terriblement inefficace dans sa première partie, le film gagne curieusement en intérêt par la suite et se révèle en réalité un très bon divertissement. Comme quoi, il faut savoir parfois se faire violence et aller jusqu'au bout. Les gags sont en nombre et quelques scènes sont irrésistiblement drôles (la scène du commissariat lorsque Gervais demande à son supérieur (l'acteur Benoît Magimel) de lui laisser une dernière chance). A voir donc...


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