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jeudi 30 juillet 2026

Les K d'or de Jérémy Ferrari (2026) ★★★★★★★☆☆☆

 


 

 

De son vrai nom Jérémy Larzillière,Jérémy Ferrari s'est fait connaître du grand public grâce à l'émission de Laurent Ruquier On n'demande qu'à en rire diffusée entre septembre 2010 et juillet 2014. Il aura sur se démarquer des autres humoristes grâce à sa causticité et un certaine prédisposition pour l'humour noir qu'il exerce à l'époque en traitant de sujets divers, tels l’extrémisme religieux, le handicap, le racisme ou la misogynie. Dès 2002, il enchaîne les spectacles sur scène seul ou à plusieurs, participe à un certain nombre d'émissions télévisées, écrit même pour d'autres humoristes, joue dans plusieurs téléfilms et séries télévisées et réalise son tout premier long-métrage en 2026 avec Les K d'or ! Film qu'il écrit en collaboration avec Saïd Belktibia (Ghettotube en 2015, 365 jours au Mali en 2021) et Clément Peny (Les bracelets rouges en 2020, Les survivants et Maestro en 2022). Après une bande-annonce plutôt moyenne qui décrit relativement mal le potentiel du film, Les K d'or sort en salle le 11 mars 2026. Après avoir réalisé le thriller Roqya dans lequel il confia l'un des principaux rôles à Jérémy Ferrari, Saïd Belktibia émet en compagnie de l'humoriste l'idée d'une comédie mettant en scène un protagoniste dont la mère assure que son père est l'ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi. Tandis que Saïd Belktibia avait au départ conçu l'idée de le mettre lui-même en scène, il propose finalement à Jérémy Ferrari de le réaliser à sa place. Envisageant de faire interpréter à l'humoriste Guillaume Bats l'un des trois principaux personnages, sa mort prématurée force son ami Jérémy Ferrari à revoir le script tout en incluant toujours un protagoniste affublé d'un handicap. Le rôle de Ryan sera finalement proposé à Eric Judor, la moitié du duo qu'il incarna avec Ramzy Bédia au temps de leur collaboration. Quant au personnage féminin de Zoulika, il est confié à l'actrice et humoriste Laura Felpin. Celle-ci incarne une jeune femme imprévisible et spontanée, ancienne radicalisée et qui vient tout juste de sortir d'un centre de réinsertion civique. Le concept de Les K d'or est simple : tandis que Noé (Jérémy Ferrari) compte bien retrouver l'or caché de celui que sa mère affirme être Mouammar Kadhafi, il entre en contact avec Zoulika qui d'après elle connaît un contact en Libye capable de le mettre en relation avec un certain Barberousse (Fred Testot)...


Mais avant de rencontrer l'homme en question, il va s'agir pour Noé et ses deux comparses de passer la douane mauritanienne avec une très forte somme d'argent. D'où la présence au sein du petit groupe de Ryan, jeune influenceur malvoyant auquel il va confier la garde de Tribord, un ''chien d'aveugle'' à trois pattes au dos duquel est fixé un harnais renfermant la somme de cinquante-mille euros ! De plus, Ryan a organisé cette année là un Marathon des Sables se déroulant justement au Sahel. De quoi faciliter le voyage sur place du trio... Considérant le ton habituel de Jérémy Ferrari en matière d'humour, fans et détracteurs continueront de s'écharper devant cette comédie qui reste tout à fait dans l'esprit provocateur de l'humoriste. Certains trouvant sans doute qu'il va encore une fois toujours trop loin tandis que les autres continueront de penser qu'il demeure actuellement l'un des rares à oser s'attaquer dans notre pays à des sujets qui frisent le politiquement incorrect. Alors, s'il est vrai que le premier long-métrage de Jérémy Ferrari n'est pas toujours très fin, Les K d'or est une véritable bouffée d'air frais dans un monde qui de plus en plus enferme la parole pour ne plus laisser s'exprimer que la bien-pensance. Sous ses allures de comédie parfois un peu beauf, l'humoriste, acteur, scénariste et réalisateur crie tout haut ce que certains n'osent même plus ne serait-ce que méditer intérieurement de peur qu'on ne lise dans leur pensées. Jérémy atomise le handicap (à travers Ryan mais également Virginie, la femme sans bras interprétée par Céline Groussard). Les réseaux sociaux (véhicule à mensonges pour influenceurs en mal de reconnaissance). Le terrorisme, la société dans sa globalité ou encore la cupidité... Notons enfin que Jérémy Ferrari a lui-même opté pour le collectif Hip-Hop Chinese Man originaire d'Aix-en-Provence qui pour la toute première fois participait ici à la conception d'une bande originale. En écoutant leur discographie, l'humoriste y a retrouvé tout ce qui lui semblait transpirer l'univers de son film. Matteo Di Stefano ainsi que le compositeur Matteo Locasciulli ont ainsi produit une très intéressante bande-son entre rap et musique orientale...

dimanche 12 janvier 2020

Steak de Quentin Dupieux (2007) - ★★★★★★★☆☆☆



Intègre jusqu'au bout des ongles et de ses idées, Quentin Dupieux aurait pu saborder sa carrière de cinéaste dès son second-long métrage (son premier, Nonfilm existant dans deux formats dont l'un est difficilement ''regardable'' de part sa rareté). Incompris, vomi, écrasé par le poids d'une presse et d'un public qui n'y étaient sans doute pas préparés, Steak demeure pourtant cohérent dans une œuvre toute entière dévolue à une conception de l'humour le plus décalé. Le cinéma, c'est cet immense champ d'investigation que se partagent Blockbusters, Chefs-d’œuvre, films Cultes, Nanars et autres Navets. Mais aussi un nombre de plus en plus croissant de longs-métrages qu'il est devenu commun de nommer sous l'appellation O.F.N.I's. Et dont fait justement partie Steak dont le titre, comme cela n'étonnera plus personne désormais, ne résonne à aucun moment comme l'écho de son contenu. Combien de critiques professionnels ou amateurs, planqués sous des pseudonymes plus ou moins improbables regrettent aujourd'hui leurs propos ? Sans doute ne le saurons-nous jamais. Toujours est-il que le second film de Quentin Dupieux, célèbre pour être également l'homme qui se cache derrière l'artiste musical Mr Oizo, n'est pas le genre de comédies pléthoriques soucieuses de brosser les spectateurs dans le sens du poil. Non, et surtout pas parce que le célèbre duo d'acteurs/humoristes Éric Judor et Ramzy Bedia fait partie de l'aventure...

On ne conseillera certainement pas au public de s'ouvrir à l'univers de Quentin Dupieux en se penchant au préalable sur cet objet difficile à catégoriser. Car si certains, parmi les plus ''ouverts'' d'entre eux, y accédèrent immédiatement, d'autres furent sans doute déçus de n'y voire poindre à aucun moment, cet humour qu'il est si aisé d'écrire et de mettre en scène pour certains scénaristes/réalisateurs, déclenchant avec facilité l'hilarité du grand public. L'implication d'Éric Judor et Ramzy Bedia dans un tel projet pourrait paraître comme une hérésie alors que leur présence découle en réalité d'un choix authentiquement judicieux. Ce duo de bouffons, capables de déclencher l'hilarité chez Charles Nemes et sa Tour Montparnasse Infernale ne sont-ils pas autant à l'aise dans leur approche de l'humour chez Quentin Dupieux ? La réponse est évidemment, oui. Comme la présence de Jonathan Lambert y est des plus logique. Maintenant, reste à savoir si la seule présence de ces trois là fut capable d'engendrer suffisamment de rires pour opposer aux critiques négatives, ce sentiment de faire face à une réelle purge cinématographique...

Steak aura eut le temps de mûrir, et le public avec lui. Reconnaissons tout de même à son auteur, une prédisposition pour l'humour le plus noir. Car dans le cas qui nous intéresse ici, Quentin Dupieux ne le ménage pas et inscrit son œuvre dans une critique sociale satirique parfois dangereusement inconfortable. Réalisateur, scénariste et en partie auteur du score aux côtés de Sébastien Tellier (qui nous gratifie de sa présence dans le rôle de Prisme, un homme se déplaçant en fauteuil roulant) et de SebastiAn, Quentin Dupieux s'aventure sur des thèmes vieux comme le monde (le harcèlement à l'école) et plus récents, tels que la reconstruction personnelle, celle-ci passant par une modification presque totale de l'apparence, ainsi que l'insertion dans le monde (si petit soit ce dernier). À travers Steak, Quentin Dupieux semble vouer une fascination pour ce cinéma américain et étudiant des années soixante auquel il imprime un comportement individuel masqué sous l'apparence communautaire défiant tout ce qui la différencie des autres. Les cinéphiles y percevront peut-être également un certain engouement pour le Clockwork Orange de Stanley Kubrick même si à aucun moment, le cinéaste français n'y consacre la moindre prouesse technique. Des sujets graves que le cinéaste fusille d'un humour dominé par l'absurde, à tel point qu'il aura donné l'impression que son projet lui a totalement échappé. Et pourtant, s'il aura gagné ses galons de cinéaste culte des années plus tard, Quentin Dupieux signait déjà l'une des pierres angulaires d'une œuvre incroyablement cohérente...


mardi 29 janvier 2019

Alad'2 de Lionel Steketee (2018) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆



Avant d'aller « savourer » (non, j'déconne) Le Repaire du Vers Blanc de Ken Russell, petit détour vers la comédie française... non pas celle avec un trait d'union mais celle qui absorbe une partie de nos économies quand nous vient l'envie d'aller nous détendre dans les salles obscures. Trois ans après les aventures nanardesques d'Aladin dans Les Nouvelles Aventures d'Aladin, ça n'est pas Arthur Benzaquen qui remet le couvert dans cette suite intitulée Alad'2, mais le Lionel Steketee de triste mémoire qui vomit notamment sur les écrans français les pitoyables Nouvelles Aventures de Cendrillon en 2017. Cela n'étonnera personne (à part les décérébrés qui sont sortis de la salle le sourire aux lèvres, pardon pour eux), mais les dernières aventures du héros d'Aladin ou la lampe Merveilleuse sont à l'image du premier : navrantes, désespérantes, immatures, et indignes de bénéficier d'une sortie en salle.
En même temps, espérer ne jamais voir la suite des péripéties de Kev' Adams en terres marocaines était couru d'avance. Budget du premier Aladin, 16 millions de dollars américains. Soit, approximativement quatorze millions d'euros. Résultat au box office au bout de douze semaines : un peu plus de quatre millions quatre-cent mille entrées. Si l'on multiplie ce nombre en estimant la place à huit euros (ce qui peut varier en fonction de l'heure de passage et la salle de cinéma), le film aurait rapporté trente-cinq millions et deux-cent mille euros. Soit bien plus du double du financement initial. Ce qui ne pouvait évidemment que donner envie au producteur Daniel Tordjman de relancer la mécanique une seconde fois en ne revoyant le financement qu'à une hausse toute relative puisque Alad'2 a été financé à hauteur de dix-neuf millions d'euros « environs » (on va pas chipoter pour cent-mille malheureux euros, hum?).

Masochistes, les français ? Pétés de thunes aurais-je envie de hurler. Parce qu'après le succès du premier, qui peut aisément se comprendre, une fois découvert le désastre, on pouvait supposer que le public hexagonal se serait rendu dans les salles obscures en marchant à reculons. Si tel a été le cas pour une partie des français qui s'étaient rués dans les salle trois ans auparavant, deux million trois-cent mille d'entre eux y sont retournés l'année passée. Sans doute les décérébrés évoqués plus haut. Rien n'a changé. Ou plutôt si : c'est pareil, mais en pire. Les fans de blagues Carambar et les gamins qui se chahutent naïvement sous le préau de leur école ont sûrement été aux anges. En effet, Alad'2 ne vole pas bien haut. Et même si bas que la plupart des vannes échouent à faire rire le spectateur un minimum exigeant. On ne demandait pas au film la richesse des dialogues de certaines comédies cultes (au hasard, Le Diner de Cons, Un Air de Famille, Le Père Noël est une Ordure), mais quand même. Kev' Adam est égal à lui-même ; Tout comme Jamel Debbouzze qui n'a toujours pas compris que de reproduire sans cesse le même schéma ne fera jamais de lui un acteur. Les deux têtes d'affiches peuvent bien se ridiculiser, en réalité, on s'en fiche un peu. Mais que Jean-Paul Rouve, Isabelle Nanty, et même Gérard Depardieu viennent s'échouer sur cette île de désolation artistique demeure incompréhensible...

Heureusement de passage, on aura tôt fait d'oublier leur participation au projet. Impossible d'avoir pitié pour un Daniel Tordjman qui malgré des résultats moins importants que pour le premier long-métrage, a largement récupéré sa mise. Non, ce qui demeure navrant, c'est qu'en France, rares soient les cinéastes capables d'honorer un genre qui connut pourtant son heure de gloire à différentes époques. Louis de Funès, Pierre Richard, L’Équipe du Splendid, Jean-Pierre Bacri/Agnès Jaoui, ça vous parle ? Alad'2, c'est le degré zéro de l'humour. Une écriture bâclée qui se fiche allégrement du public. Un scénario tenant en deux ou trois lignes (et encore), un casting en partie basé sur le modèle du caméo dont la routine n'a plus la même saveur que lorsque le principe se révélait ponctuel. Pourtant, ce type de cinéma attire encore le public. Mais pour combien de temps ? Reste de très belles images... Mais ça fait cher la carte postale, non ?

dimanche 25 novembre 2018

Les Nouvelles Aventures d'Aladin d'Arthur Benzaquen (2015) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆



Trois étoiles seulement ? Stock d'ancre illimité vous répondrais-je. Pas de quoi en remplir davantage. Car ce soir, la daube dont je me suis délecté méritait certainement plus d'étoiles pleines que de vides. Une macreuse tendre et goûteuse. Des carottes et échalotes fondantes. Du lard fumé explosant les papilles, et surtout, une sauce dont les subtils ingréd... Pardon ? Je ne suis pas sur Marmiton.org ? Oups ! Veuillez m'excuser. Reprenons dès le début. Je disais donc, que la daube dont je me suis délecté ce soir peut s’enorgueillir des trois étoiles que j'ai accepté de lui accorder. Jamais à défaut d'étoiles blanches dont le stock en réserve en contient suffisamment pour noter encore un bon millier de nanars, il m'est apparu que sept blanches pour trois noires (non, nous ne sommes pas non plus à un cours de musique) était un bon compromis. Les Nouvelles Aventures D'Aladin. Quid du dépaysement Made in France transposé dans la capitale irakienne et la province de Bagdad. Starring, Kev Adams, Jean-Paul Rouve et Vanessa Guide. Featuring, Eric Judor, Michel Blanc, William Lebguil et Audrey Lamy. Sketch de plus d'une heure quarante à la gloire du premier auquel les autres font des courbettes (ou des crocs en jambe, cela dépend de l'humeur de chacun), le film d'Arthur Benzaquen est une jolie coquille vide. Dont la façade et ornée de dorures mais à l'intérieur de laquelle retentit encore l'écho de ceux qui sont tombés dedans. Les Nouvelles Aventures D'Aladin est dans le fond, et dans la forme, un film contemporain, avec tout ce que cela suggère de désagréable à entendre. Une verve mineure à l'attention des générations nouvelles, auréolant un gars qui après de timides pas sur scène, est DEbarqué sur le plateau de On n'demande qu'à en rire, l'émission du jovial Laurent Ruquier avant d'être EMbarqué sur grand écran on ne sait par quel miracle.

Ou plutôt si, on sait comment. Gros succès sur la deuxième chaîne nationale, puis départ pour la sixième avec la série Soda. Puis Kev Adams débarque sur le projet cinématographique Les Profs réalisé par l'ancien Robin des Bois Pierre-François Martin-Laval. Fausse suite du cultissime P.R.O.F.S de Patrick Schulmann mais vrai plagiat du dit film et des Sous-Doués passent le Bac de Claude Zidi. Et surtout, oui, surtout, vrai nanar ! Une quinzaine de longs-métrages (Un Sac de Billes sera sans doute son meilleur fait d'arme) dont cette épine dans le pied, au beau milieu d'une carrière pas franchement glorieuse. Pour autant, Les Nouvelles Aventures D'Aladin mérite-t-il d'être régulièrement passé au pilori d'une critique acerbe et gratuitement taquine (et je reste poli) ? Oui et non... mais oui.

Parce que se foutre du public à ce point là est un manque de respect à la hauteur des nombreuses vannes sans effet qui pullulent dans le film d'Arthur Benzaquen. Une Star (mais le terme a-t-il encore un sens?) bancable, une suite princière dont on se demande encore ce qu'elle est venue foutre dans cette histoire, et un scénario qui planque sa vacuité dans des décors friqués et des effets visuels qui brillent (au sens propre) tel un soap français diffusable après les infos du vingt heures. Flippé, je m'étais juré de ne jamais voir ce film, persuadé que Jamel Debbouze, cet individu surcoté, y incarnait l'un des personnage. Absent du casting, je me suis donc révisé et ai tout de même tenu durant les cent minutes qui me séparaient du générique de fin. Preuve que Les Nouvelles Aventures D'Aladin mérite réellement ses trois étoiles. Au pays du dépaysement, des voiles, des contes des mille et une nuits, de Shéhérazade, et donc d'Aladin, résonne une douce musique orientale quand surgissent parfois, des standards brutaux qui vous ramènent un peu trop violemment à la réalité. Du rap, du R'N'B, enrobés par les compositions grandiloquentes de Michael Tordjman et Maxime Desprez. Le film d'Arthur Benzaquen a le parfum d'une série télé humoristique avec rires en fond, approvisionné en clips surgissant tels d'indésirables spots publicitaires. Les Nouvelles Aventures D'Aladin ne peut ravir en fin de compte que les plus jeunes d'entre nous, pas encore sevrés aux classiques du genres qu'ils devront, beaucoup plus tard, dénicher parmi les trésors collectés par leurs plus lointains ancêtres. La comédie française tente malheureusement à prouver jour après jour qu'elle est morte, du moins, produite sans saveur. Le cinéma français aurait-il installé ses studios à Almeria... ?

samedi 24 novembre 2018

Roulez Jeunesse de Julien Guetta (2018) - ★★★★★★★☆☆☆



Premier long-métrage de Julien Guetta (je vous rassure tout de suite, rien à voir avec l'infâme DJ électronique David Guetta), Roulez Jeunesse offre à Eric Judor un rôle qui dénote quelque peu avec ceux qu'on lui connaissait jusqu'à aujourd'hui. Et pourtant, on retrouve bien l'acteur et acolyte de Ramzy Bédia même si désormais, il faudra parfois compter sur une interprétation moins légère. Alors, pour amener l'acteur vers un courant moins emprunt de bouffonnerie (un terme à ne surtout pas considérer de péjoratif), Julien Guetta aborde son œuvre sous différents aspects. Débutant sous le signe de la comédie, Roulez Jeunesse verse par la suite dans un registre beaucoup plus dramatique mais sans jamais oublier le divertissement que le film est à l'origine. Eric Judor incarne un quadragénaire qui n'a pas vraiment quitté le monde de l'adolescence. Alex Dagostino a beau avoir dépassé la quarantaine et être dépanneur dans le garage tenu par sa propre mère (excellente Brigitte Roüan qu tourne depuis le début des années soixante-dix), il a effectivement gardé son âme d'enfant. Un problème pour Antoinette qui aimerait que son fils prenne prochainement la relève. Elle a beau mettre en garde son fils, ce dernier n'en fait qu'à sa tête. La rencontre fortuite entre Alex et Prune, une jeune femme tombée en panne au beau milieu d'une route de campagne ne va pas arranger les choses. En effet, après avoir passé la nuit chez elle, Alex se réveille dans une maison habitée par trois enfants dont celle qu'il croit être la mère a disparu. S'improvisant chef de famille le temps de remettre la main sur Prune, Alex est dans l'impossibilité d’honorer les dépannage qu'Antoinette lui demande d'effectuer...

Loin d'être un chef-d’œuvre, Roulez Jeunesse n'en est pas pour autant aussi imbuvable que la majorité des comédies françaises qui sortent à tour de bras depuis quelques années dans les salles de cinéma. La participation d'Eric Judor y étant certainement pour quelque chose, le film de Julien Guetta se révèle une fort sympathique comédie à laquelle son auteur injecte un soupçon d'émotion. De quoi laisser à son interprète principal le temps de montrer davantage que son don pour les pitreries. On espère qu'avec Roulez Jeunesse, c'est d'un tournant dans la carrière de l'acteur-humoriste qu'il s'agit tout en espérant qu'il continuera à nous faire rire. Non accompagné par son fidèle binôme Ramzy Bédia, Eric Judor partage la vedette avec celle qui incarne sa mère à l'écran, mais également avec la très fraîche Laure Calamy, ainsi que les attachants, et parfois agaçants, Louise Labeque et Ilan Debrabant dans le rôle des enfants Dalmerac, ce dernier étant promis, espérons-le, à une belle carrière d'interprète.

Roulez Jeunesse traite sur un ton léger de l'emprise d'une mère sur sa progéniture (à quarante trois ans, Alex doit encore rendre des comptes à Antoinette), et sur un autre, plus grave, de l'abandon d'enfants partant à la dérive (le comportement de Tina Dalmerac est parfois très inquiétant), Marie kremer (rien à voir, là aussi, avec le regretté Bruno Cremer!!!) incarnant quant à elle une Prune victime d'une addiction aux drogues. De bonnes idées dont certaines sont très succintement évoquées mais au final, une comédie attachante. Sans doute pas la meilleure sortie cette année sur nos écrans, mais de très loin, meilleure que la majorité d'entre elles... A noter la présence du toujours excellent Philippe Duquesne dans le rôle d'un employé d'Antoinette. A voir.

lundi 11 septembre 2017

Problemos de Eric Judor (2017) - ★★★★★★☆☆☆☆



Qu'il est dur de vivre en communauté. Victor, son épouse Jeanne et leur gamine vont très vite s'en rendre compte. Sur le chemin du retour des vacances, ils s'arrêtent en bord de route pour rendre visite à jean-Paul, ancien professeur de yoga et vieil ami de Jeanne. En compagnie de Gaya, Philippine, Patrice, François et bien d'autres, celui-ci a créé une communauté dont la principale cause est de manifester contre le projet de construction d'un parc aquatique en pleine nature. Bien que Victor aie du mal à se faire aux habitudes érigées par Jean-Paul, et surtout Gaya qui malgré ses principes, se comporte parfois en véritable despote ne souffrant d'aucune forme d'opposition, il accepte de rester quelques jours sur demande de Jeanne. Alors que la communauté reçoit régulièrement la visite d'une compagnie de CRS chargée de les chasser, un événement dont la portée est mondiale va venir bousculer l'ordre établi. La jeune Maéva, fille de Jean-Paul, reçoit l'une des toutes dernières informations reléguées par les réseaux sociaux : le monde vit un véritable fléau : Une pandémie a décimé la totalité de l'humanité, et les membres de la communauté semblent être les derniers survivants. De ce fait tragique vont naître au sein de cette dernière, des conflits qui peut-être, vont la mener à sa fin...

Problemos, c'est un peu la version moderne des Babas-Cool que François Leterrier réalisa trente-six ans auparavant. Après Seuls Two et La Tour de Contrôle Infernale, c'est le troisième long-métrage que l'acteur-réalisateur Eric Judor interprète et met en scène lui-même. Une communauté paisible, avec des valeurs prônant le retour à la nature, évacuant ainsi toute forme de technologie (tablettes, ordinateurs et téléphones portables sont proscrits à l'intérieur même de la communauté). Douches froides, culture de fruits et légumes, séances de discussion et résistance face à l'oppression des autorités. Mais pas seulement. Car en un peu moins d'une heure trente, Eric Judor dresse une liste (non exhaustive) de critiques. Une vision du communautarisme périmée où les valeurs ne tiennent pas longtemps face à certains manques. De la dualité entre le choix du retour à la nature et le confort que certains entretiennent naît des tensions que le cinéaste et acteur s'amuse à confronter. A ce titre, l'actrice Blanche Gardin campe une Gaya admirable. Elle signe ici une composition digne de celle qu'elle interprétait six ans en arrière dans Low Cost de Maurice Barthélémy.

Bien que le film s'ouvre sur un certains nombre d'ellipses, offrant ainsi de curieux raccourcis, le film, peu à peu prend son rythme de croisière. Les vannes fusent, toutes proportions gardées,  comme au bon vieux temps des Bronzés. La communauté que nous détaille Eric Judor ressemble à une cocotte minute prête à exploser. Youssef Hadji campe le rôle d'un ingénieur inventif, capable de miracles en fouillant la décharge avoisinante. Un génie dans sa catégorie mais, malheureusement, source de problèmes. Bun Hay Mean est le chaman du groupe. Un type zen dont nous découvrirons bientôt les véritables origines. Dorothée Pousséo est à l'image de Michel Nabokoff. Ils portent à eux seuls les véritables intentions de la communauté sans jamais défaillir un seul instant. L'humoriste Marc Fraize nous fait le plaisir de sa présence en incarnant un Patrice dépressif, impuissant mais déterminé. Eddy Leduc, est un ancien jihadiste reconverti en punk (sans chien). Quant à Claire Chust, dans le rôle de Maéva, elle incarne tout ce que représente la jeunesse actuelle. Tellement aveuglée par les télés-réalités qu'elle a choisi de s'y évader pour échapper à la dure réalité du monde qui l'entoure. Au milieu de tout cas, Eric Judor se fait plaisir en écharpant chaque procédé, participant ainsi à une véritable partie de ping-pong avec Blanche Gardin dont le personnage possède également des ressources.
Les fans du duo Eric et Ramzy seront très certainement comblés même si le second est aux abonnés absents. Le film contient suffisamment de gags pour que certains, au moins, fassent mouche. L’œuvre est plaisante à suivre même si l'on est loin d'atteindre les cimes du genre. On aurait peut-être aimé une vision un peu plus étendue du cataclysme qui a renversé l'humanité mais Eric Judor a préféré jusqu'au bout s'en tenir à sa communauté. D'où cette question : y-aura-t-il une suite ?

vendredi 9 juin 2017

Halal Police d’État de Rachid Dhibou (2010) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆



Un article comme celui-ci, ça se prépare. On ne le jette pas en pâture sans un minimum de précautions. Encore que cela puisse vouloir dire qu'on attache au sujet une importance considérable. Et d'une certaine manière, c'est vrai. Non pas qu'il s'agisse d'une œuvre pouvant réconcilier un cinéphage avec son ancienne passion de cinéphile mais plutôt un message d'alerte à l'attention de celles et ceux qui estiment que la vie est bien trop courte pour que l'on ait le temps de perdre quatre-vingt dix minutes devant une purge cinématographique. Lorsque l'on découvre le pedigree de son auteur, il y a de quoi être rassuré. Durant un temps, le bonhomme travaille surtout sur des making-off. Un emploi que lui confie Luc Besson. Deux des épisodes de la saga Arthur et les Minimoys, Banlieue 13 - Ultimatum, ou encore Les Aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec. C'est finalement grâce à un casting de réalisateurs organisé par le même Luc Besson que le futur réalisateur du navet dont il est question dans cet article est choisi. Une œuvre à la suite de laquelle il crée sa propre société de production aux côtés de son épouse Céline Olivaud, Derrière le Futur. S'autoproclamant Directeur Général (un brin mégalo le bonhomme?), il est de plus depuis 2012 intervenant à la Cité du Cinéma située à Saint-Denis au nord de Paris. Un lieu conçu en 2000 par, je vous le donne dans le mille : Monsieur Besson en personne.

Après la lecture d'une telle ascension, on ne peut que se ruer devant le seul et unique film du bonhomme. Surtout si l'on apprécie quelque peu la filmographie de ses deux principaux interprètes qui ne sont autres que Eric Judor et Ramzy Bédia. Mais ce type se cachant derrière le rôle de directeur général de la société Derrière le Futur, qui est-il ? Son nom est Rachid Dhibou. Et s'il n'a aux yeux de son mentor Luc Besson pas besoin de faire ses preuves, il lui faudra beaucoup de persévérance pour nous faire oublier le désastre Halal Police d’État dont le plus amusant demeure dans le titre faisant référence à la célèbre série télévisée Hawaï Police d'État incarnée par l'acteur américain Jack Lord et diffusée entre 1968 et 1980 sur le réseau CBS et pas avant 1973 en France.
C'est bien simple, le film est un ratage intégral. Eric et Ramzy nous avaient habitués à leur jeu mêlant improvisation et gags lourdingues mais alors qu'on les avait plutôt appréciés dans La Tour Montparnasse Infernale, désormais, leur jeu outrancier ne passe absolument pas. Et ce n'est certainement pas à cause de leur manière d'aborder la comédie mais sans doute en raison de l'écriture catastrophique des deux humoristes et d'un humour pas toujours raffiné (pour ne pas dire, jamais). Film de 'rebeu' lançant la mode du film 'avec tout plein d'arabes dedans', Halal Police D’État ne fait malheureusement pas reluire la communauté maghrébine et y laisse même transparaître une certaine moquerie envers le français de souche ainsi qu'envers différentes communautés vivant dans notre pays. Le ton est donné et assez osé (chose dont par contre, je me réjouis assez) mais l'humour vraiment bas du front ne dépasse ici jamais la frontière du simple sourire. Quoique en me remémorant les scènes censées être les plus drôles, je me souviens n'en avoir pas esquissé le moindre.

Halal Police d’État est un désastre total. Le sujet pourtant ne manquait pas d'intérêt. Un serial killer s'en prenant à des épiciers commerçant à Barbès et une victime épouse d'un diplomate algérien. Deux flics sont dépêchés d'Algérie afin d'enquêter sur la série de meurtres. Les inspecteurs Nerh-Nerh et Le Kabyle. Des méthodes non conventionnelles pour une comédie policière loufoque qui rappelle dans une moindre mesure l'excellente Cité de la Peur des Nuls ou Le Téléphone sonne Toujours deux Fois des Inconnus, toutes proportions gardée. A partir du moment où l'élément le plus important (l'humour) est absent, le film de Rachid Dhibou n'a plus le moindre intérêt. Une œuvre de Rebeuxploitation totalement indigeste !!!

samedi 25 juin 2016

La Tour 2 Contrôle Infernale de Eric Judor (2016)



Quinze ans après les aventures rocambolesques d'Eric et Ramzy, La Tour 2 Contrôle Infernale revient sur les origines des défaillances intellectuelles des deux zigotos. Mais contrairement au premier volet, cette fois-ci, les deux personnages principaux ne sont plus les laveurs de carreaux mais leurs géniteurs, pilotes pour l'aviation française, et qui lors d'un test de centrifugeuse à l’École de l'Air de Salon de Provence, vont perdre totalement la boule. Alors qu'ils étaient pressentis pour faire partie d'une mission de la plus haute importance, les voici désormais relégués comme bagagistes à l'aéroport d'Aurly-Ouest.

Ernest Krakenkrick et Bachir Bouzouk, c'est leur nom, vont être les témoins d'un bien curieux événement. En effet, alors que les départs d'avions sont tous retardés ou supprimés, ils constatent avec effroi qu'un groupe de terroristes menés par un certain colonel Janouniou, qui n'est autre qu'un ancien militaire ayant officié sur la base aérienne de Salon de Provence, se sont emparés des commandes de la tour de contrôle de Aurly-Ouest. Alors que le groupe, nommé Moustachious, tente de négocier avec le ministre de l'intérieur, Ernest et Bachir mettent tout en œuvre pour reprendre le contrôle de l'aéroport. Ils pourront compter pour cela, sur l'aide de Jean-Peter McCalloway, qui n'est autre que le futur géniteur de John MacCalloway dont le fils de Bachir, Ramzy, tombera amoureux lors des aventures se déroulant dans La Tour Montparnasse Infernale...

Le cinéaste Charles Nemes, auteur du premier volet, n'étant plus de la partie, c'est cette fois-ci Eric Judor qui est aux commandes de La Tour 2 Contrôle Infernale. Endossant donc en compagnie de Ramzy Bédia les costumes des père respectifs des deux héros du premier volet, les deux acteurs retrouvent pour cette suite quelques-uns des interprètes de La Tour Montparnasse Infernale. Serge Riaboukine, dans le rôle de l'un des hommes de main du chef du gang Moustachious et jumeau de De Fursac, le méchant du premier volet, ainsi que l'actrice Marina Foïs dans celui de la conseillère du Ministre, enceinte et future mère d'un bébé qui sera donc la fille de celle-ci dans le premier volet.


Autant le dire tout de suite, La Tour 2 Contrôle Infernale est bien moins amusant que La Tour Montparnasse Infernale. C'est toujours aussi lourd, mais alors qu'auparavant les gags demeuraient malgré tout plutôt drôles, désormais, on sourit sans jamais vraiment rire aux éclats. Et c'est bien dommage car aux commandes du scénario, les auteurs Éric Judor, Ramzy Bédia et Nicolas Orzeckowski font preuve d'une grande imagination en terme de situations comiques. Sauf que la sauce ne prend pas vraiment. Ça se regarde sans trop d'ennui, mais on assiste plus au spectacle comme à une succession de gags plus ou moins inégaux qu'à un récit. Ce qui dénote le peu d'intérêt qu'offre le film. Plus encore qu'Eric Judor et Ramzy Bédia, c'est surtout le musicien/chanteur et désormais acteur Philippe Katerine qui sort du lot. A tel point que l'on a l'impression que le film a été essentiellement conçu autour de son personnage. En dehors de son personnage, La Tour 2 Contrôle Infernale demeure malheureusement assez plat...

dimanche 22 mai 2016

Seuls Two de Éric Judor et Ramzy Bédia (2007)



Gervais est la risée de son service. Petit policier maladroit et incompétent, il n'a de cesse de traquer Curtis, un cambrioleur plein de malice qui en fait voir de toutes les couleurs à Gervais. Un jour, une fois de plus, Gervais croise la route de son pire ennemi. Cette fois-ci, la course-poursuite semble bien engagée, mais dès que le policier met les pieds sur les Champs-Élysées, il se retrouve tout seul. Il n'y a plus âme qui vive dans les rues de la capitale. Enfin, pas tout à fait puisqu'en dehors de Gervais, il demeure également la présence de Curtis qui une fois de plus a fait des siennes en s'emparant d'un véhicule de formule 1. Malgré l'incongruité de la situation, Gervais garde à l'esprit qu'il lui faut à tout pris mettre la main sur Curtis afin de l'enfermer derrière les barreaux d'une prison alors que celui-là même profite justement des circonstances pour se jouer du policier lancé à ses trousses dans un Paris qui leur appartient désormais totalement...

Éric et Ramzy plongés tout deux dans une comédie pseudo-fantastique, cela a de quoi éveiller les sens. On imagine bien évidemment pas les deux hommes changer de registre, d'autant plus qu'ils sont eux-mêmes les réalisateurs ainsi que les scénaristes auprès de Philippe Lefebvre et Lionel Dutemple. De l'incongruité, on en trouve déjà dans le titre : Seuls Two !!! allez savoir ce qu'il a pu leur passer par la tête ce jour-là. Afin d'obtenir un résultat consistant à promener leur personnage respectif dans un Paris totalement vidé de ses habitants, la ville a bloqué durant le tournage, les automobilistes ainsi que les piétons.

Le cadre de jeu de Seuls Two est un immense bac à sable, un terrain de jeu extraordinairement élargi qui a permis à Éric et Ramzy de s'éclater à loisirs, et le film a tout de même coûté quant à lui la modique somme de dix-huit millions d'euros.

Il m'aura fallut tout de même le voir trois fois dont une seule, intégralement. Pourquoi ? Parce qu'à la toute première vision, l'ennui a été tel qu'au bout d'une demi-heure, et ne supportant pas le vide scénaristique de ce long-métrage, j'ai dû, avec un certain mépris, arrêter le film, remettant ainsi à plus tard le projet d'écrire un article dessus. La seconde fois, m'étant endormi approximativement au même moment, je n'ai pu assister aux élucubrations du duo de comiques. Ça n'est donc qu'après quelques années de patience que j'ai enfin décidé d'y revenir et de le visionner, cette fois-ci, jusqu'au bout. Deux comprimés de vitamine C et une heure trente-quatre après le démarrage de Seuls Two, le constat est là : le film n'est pas si mauvais qu'on le dit. Du moins, qu'une partie du public l'affirme en l'assassinant sans autre forme de procès. Forcément, les personnages incarnés par le duo ne transpirent jamais l'intelligence. En même temps, ça n'est pas ce qu'on leur demande.

Le principal soucis de Seuls Two tient dans sa première demi-heure. Un calvaire. D'un ennui rarement égalé, cette première partie a sans doute fait fuir une partie de ceux qui désormais considèrent le film comme un pur navet. Si l'on s'en tient à cette partie uniquement, effectivement, Seuls Two est triste à mourir. Il y a pourtant dans ce cinéma, quelque chose qui rapproche ce film d'un auteur génial qui lui aussi, malheureusement, rencontre parfois des difficultés avec un public pas forcément rallié à sa cause : Quentin Dupieux. Car Seuls Two est absurde, oui. Surréaliste, bien évidemment. Mais s'il est terriblement inefficace dans sa première partie, le film gagne curieusement en intérêt par la suite et se révèle en réalité un très bon divertissement. Comme quoi, il faut savoir parfois se faire violence et aller jusqu'au bout. Les gags sont en nombre et quelques scènes sont irrésistiblement drôles (la scène du commissariat lorsque Gervais demande à son supérieur (l'acteur Benoît Magimel) de lui laisser une dernière chance). A voir donc...


samedi 21 mai 2016

Double Zéro de Gérard Pirès (2003)



Alors que les russes ont dérobé un missile M51, la Direction générale de la Sécurité extérieure, ou DGSE, va se servir de deux pions afin de couvrir les agissements de deux véritables espions. Les pions en personnes sont Benoît Rivière et William le Sauvage. Ben et Will filent jusqu'en Jamaïque afin de mettre la main sur le fameux missile. Ils font là-bas connaissance avec le Mâle, un milliardaire excentrique secondé par une certaine Natty Dreads et par une légion de mannequins toutes vouées à sa causes. Car si le Mâle s'est emparé du M51, c'est principalement pour y introduire et disséminé sur la planète un virus concocté par les sœur Alexandrie et Alexandra, et provoquant la stérilité chez l'homme.

Afin d'être parés à toute éventualité, Ben et Will se rendent dans les locaux où sont fabriqués des gadgets par les soins des collaborateurs d'un dénommé Système D. A la Jamaïque, Will tombe amoureux de la belle Miss Dan qui malheureusement pour elle, va être enlevée par le Mâle. Pour Will, la mission prend donc davantage d'ampleur puisqu'il ne s'agit plus uniquement pour lui de retrouver le missile mais de libérer sa belle des griffes du Mâle. Aidé de son compagnon Ben, les deux hommes vont avoir fort à faire...


Surtout connu pour avoir été l'auteur du premier volet de la saga Taxi, le cinéaste Gérard Pirès profite à son tour lui aussi (après Charles Nemes trois ans plus tôt avec sa Tour Montparnasse Infernale) de l'engouement du public pour le duo de comiques Eric et Ramzy pour en faire les héros de son long-métrage Double Zéro. Une référence évidente aux films d'espionnage et remake du film américain de John Landis Drôles d'Espions avec avec Chevy Chase et Dan Aykroyd.

Aux côtés de Ramzy Bédia et Eric Judor dans le rôle de ces espions amateurs au Q.I finalement très proche de celui qu'avaient leurs personnages de laveurs de carreaux dans l’œuvre de Charles Nemes (Double Zéro aurait pu d'ailleurs s'envisager comme une suite de ce dernier), on retrouve l'animateur télé et radio, le réalisateur, producteur et scénariste, et l'auteur de pièces de théâtre Edouard Baer dans celui du Mâle. Un look kitch pour cet artiste profondément barré. Autour de lui, une tripotée de jolies femmes à la plastique irréprochable dont la mannequin et actrice jamaïcaine Georgianna Robertson dans le rôle de Natty Dreads.

Si Double Zéro est plus proche de la comédie franchouillarde, de la série Z ou du nanar que des classiques du genre Comédie, il risque bien d'être populaire auprès des fans d'Eric et Razmy tant l'on retrouve le côté absurde de ces deux personnages attachants. On n'en sortira sans doute pas plus intelligent et culturellement satisfaits qu'avant de l'avoir vu mais le contrat est rempli. Le rythme est enlevé et les gags (quoi que parfois très lourds) sont nombreux. Maintenant, fallait-il nécessairement investir un tel budget (19 000 000) dans une œuvre qui n'en méritait pas tant ? La question reste en suspens...

mercredi 11 mai 2016

La Tour Montparnasse infernale de Charles Nemes (2000)



Eric et Ramzy sont tout deux laveurs de carreaux. Suspendus à plus de deux cent mètres de hauteurs, s'apprêtent à finir leur journée. Eric croit avoir rendez-vous avec Marie-Joëlle, la nièce d'un riche homme d'affaire dont il est amoureux, quant à Ramzy, il a prévu de suivre une nouvelle séance de remise en forme auprès de l'athlète Peter Mac Calloway.
Malheureusement pour eux, leurs projets vont être contrecarrés par l'apparition d'un groupe de gangsters qui en veulent à l'argent de Lanceval, l'oncle de Marie-Joëlle. Devant cette situation périlleuse, le sang d'Eric ne va faire qu'un tour et il va en compagnie de son poltron d'ami et collègue Ramzy, tout faire pour sauver celle qu'il aime...

Alors que Ramzy Bédia interprète ici son cinquième rôle dans un long-métrage, ça n'est que le second pour son partenaire sur scène Eric Judor. Les deux hommes, qui se sont rencontrés en 1994 et ont débuté la carrière d'humoristes que l'on connaît, retrouvent donc ici le cinéaste Charles Nemes qui tourna avec Daniel Auteuil et Gérard Jugnot le film Les Héros n'ont pas Froid aux Oreilles vingt et un ans plus tôt, et en 2009 Le Séminaire, adaptation de la célèbre série télévisée de Bruno Solo et Yvan Le Bolloc'h Caméra Café.

La Tour Montparnasse Infernale offre un scénario idéale pour le duo de comiques qui en profite alors pour faire les pitres devant la caméra. Dire qu'ils interprètent deux abrutis serait encore loin, très loin de la vérité, et c'est sur des malentendus et d'heureux hasard qu'ils vont parvenir à sauver la fameuse Marie-Joëlle, l'ancien membre de la troupe Les Robins des Bois (on y retrouve également Pierre François Martin Laval de la même troupe), Marina Foïs. A leurs côtés, on retrouve également Serge Riaboukine dans le rôle du chef de la bande de braqueurs, ancien chroniqueurs de Laurent Ruquier et qui s'est surtout fait connaître à ses débuts comme imitateur de Gérard Depardieu avec lequel il partage certains traits de ressemblance physique. Dans deux minuscules rôles on aperçoit également l'acteur Fred Testot qui débuta aux côtés d'Omar Sy, ainsi que le chanteur du groupe rap NTM et acteur JoeyStarr, tout deux interprétant deux policiers en uniforme.

Le choix du titre n'est pas un hasard puisqu'il fait directement référence au célèbre film catastrophe de John Guillermin principalement interprété par Steve McQueen et Paul Newman, La Tour Infernal. Mais l'analogie entre les deux œuvres s'arrête en réalité là puisque le film de Charles Nemes fait surtout référence au premier Die Hard de John Mc Tiernan, Piège de Cristal qui voyait déjà les employés de bureau d'une immense tour aux prises avec un groupe de gangsters ayant prévu de vider les coffres d'une importante société. Plusieurs autres longs-métrages semblent avoir inspiré le cinéaste français dont le film de karaté Le Jeu de la Mort de et avec Bruce Lee lors d'une scène mémorable s'inspirant très clairement d'un combat entre la star américaine née dans le quartier de Chinatown à San Francisco et le joueur de basket new-yorkais de 2m20, Kareem Abdul-Jabbar.


D'un point de vue comique, La Tour Montparnasse Infernale rempli largement son contrat. Encore faut-il adhérer au style particulier d'Eric et Ramzy. Ça n'est jamais très fin, mais heureusement, le film joue sur plusieurs tableaux dont l'action, qui ici est relativement rondement menée. A savoir qu'une suite est sortie le 10 février dernier, La Tour 2 Contrôle Infernale, mais n'a semble-t-il pas vraiment rencontré le succès auprès des fans du premier volet...



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