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mercredi 11 mai 2016

La Tour Montparnasse infernale de Charles Nemes (2000)



Eric et Ramzy sont tout deux laveurs de carreaux. Suspendus à plus de deux cent mètres de hauteurs, s'apprêtent à finir leur journée. Eric croit avoir rendez-vous avec Marie-Joëlle, la nièce d'un riche homme d'affaire dont il est amoureux, quant à Ramzy, il a prévu de suivre une nouvelle séance de remise en forme auprès de l'athlète Peter Mac Calloway.
Malheureusement pour eux, leurs projets vont être contrecarrés par l'apparition d'un groupe de gangsters qui en veulent à l'argent de Lanceval, l'oncle de Marie-Joëlle. Devant cette situation périlleuse, le sang d'Eric ne va faire qu'un tour et il va en compagnie de son poltron d'ami et collègue Ramzy, tout faire pour sauver celle qu'il aime...

Alors que Ramzy Bédia interprète ici son cinquième rôle dans un long-métrage, ça n'est que le second pour son partenaire sur scène Eric Judor. Les deux hommes, qui se sont rencontrés en 1994 et ont débuté la carrière d'humoristes que l'on connaît, retrouvent donc ici le cinéaste Charles Nemes qui tourna avec Daniel Auteuil et Gérard Jugnot le film Les Héros n'ont pas Froid aux Oreilles vingt et un ans plus tôt, et en 2009 Le Séminaire, adaptation de la célèbre série télévisée de Bruno Solo et Yvan Le Bolloc'h Caméra Café.

La Tour Montparnasse Infernale offre un scénario idéale pour le duo de comiques qui en profite alors pour faire les pitres devant la caméra. Dire qu'ils interprètent deux abrutis serait encore loin, très loin de la vérité, et c'est sur des malentendus et d'heureux hasard qu'ils vont parvenir à sauver la fameuse Marie-Joëlle, l'ancien membre de la troupe Les Robins des Bois (on y retrouve également Pierre François Martin Laval de la même troupe), Marina Foïs. A leurs côtés, on retrouve également Serge Riaboukine dans le rôle du chef de la bande de braqueurs, ancien chroniqueurs de Laurent Ruquier et qui s'est surtout fait connaître à ses débuts comme imitateur de Gérard Depardieu avec lequel il partage certains traits de ressemblance physique. Dans deux minuscules rôles on aperçoit également l'acteur Fred Testot qui débuta aux côtés d'Omar Sy, ainsi que le chanteur du groupe rap NTM et acteur JoeyStarr, tout deux interprétant deux policiers en uniforme.

Le choix du titre n'est pas un hasard puisqu'il fait directement référence au célèbre film catastrophe de John Guillermin principalement interprété par Steve McQueen et Paul Newman, La Tour Infernal. Mais l'analogie entre les deux œuvres s'arrête en réalité là puisque le film de Charles Nemes fait surtout référence au premier Die Hard de John Mc Tiernan, Piège de Cristal qui voyait déjà les employés de bureau d'une immense tour aux prises avec un groupe de gangsters ayant prévu de vider les coffres d'une importante société. Plusieurs autres longs-métrages semblent avoir inspiré le cinéaste français dont le film de karaté Le Jeu de la Mort de et avec Bruce Lee lors d'une scène mémorable s'inspirant très clairement d'un combat entre la star américaine née dans le quartier de Chinatown à San Francisco et le joueur de basket new-yorkais de 2m20, Kareem Abdul-Jabbar.


D'un point de vue comique, La Tour Montparnasse Infernale rempli largement son contrat. Encore faut-il adhérer au style particulier d'Eric et Ramzy. Ça n'est jamais très fin, mais heureusement, le film joue sur plusieurs tableaux dont l'action, qui ici est relativement rondement menée. A savoir qu'une suite est sortie le 10 février dernier, La Tour 2 Contrôle Infernale, mais n'a semble-t-il pas vraiment rencontré le succès auprès des fans du premier volet...



lundi 19 janvier 2015

Le Retour des Nanars Du 7ème Art: Les Profs de Pierre François Martin Laval (2013)




Les Profs de Pierre François Martin Laval est une comédie française inspirée de la bande dessinée éponyme de Pica et Erroc.

Un étrange goût de déjà vu se fait ressentir dès les premières minutes du film. Un lycée qui doit faire face à un pourcentage de réussite au bac dramatiquement bas ne peut en effet que mettre en éveil le souvenir d'un film français devenu culte : Les Sous-Doués. Sans avoir jamais lu la bande dessinée d'origine, il est aisé d'imaginer que le film de Claude Zidi réalisé trente deux ans plus tôt à servi de matière première aux scénaristes Pierre François Martin Laval (qui, de plus, interprète l'un des rôles principaux) lui-même ainsi qu'à Mathias Gavarry. On se remémore également avec délice le P.R.O.F.S de Patrick Schulmann qui demeure encore aujourd'hui comme la meilleure référence en matière de comédies françaises se déroulant dans un établissement scolaire.

Malgré toute la bonne volonté et l'investissement des acteurs et des figurants, Les Profs est une terrible désillusion. Un dramatique échec qui ne convertira sans doute pas ceux qui déjà étaient peu enthousiastes devant les autres films cités plus hauts. On pourra comprendre l'engouement de certains (pas si rares que cela malheureusement) qui encensent cet objet superficiel de part leur jeunesse. Un humour qui finalement collera parfaitement avec celle-ci, Kev Adams en étant (sans vouloir être totalement péjoratif) le plus juste représentant. Christian Clavier, Isabelle Nanty, François Morel... De grands noms de l'humour à la française qui viennent se gâcher devant la caméra d'un Martin Laval peut-être pas fait pour la mise en scène après tout. Clavier est mollasson. Et pas seulement dans le personnage qu'il interprète mais surtout dans son jeu. Le pauvre homme a l'air de sortir d'une longue maladie. Isabelle Nanty est inutilement grimée en prof d'anglais myope et boulotte. François Morel quand à lui ne fait que de très courtes apparitions. Bien lui en a pris de ne pas venir trop enfoncer le pied dans ce bousin qui manque cruellement de folie.

On regrette les Bruel, les Luchini, les Gamelon et les Bourseiller. Hier on se régalait des pitreries de Guy Montagné et Charlotte Julian. Aujourd'hui on se coltine Arnaud Ducret (pourtant injustement boudé et remplaçant de Yvan le Bolloc'h dans la série Caméra Café) qui ici campe un prof de sport FORCEMENT caricatural.

En fait, le film Les Profs parvient parfois (c'est à dire en de très rares occasions) à faire sourire. En tout cas, jamais à faire rire à gorge déployée. Il manque de la folie et surtout cet esprit d'anarchie qui régnait dans le film de Schulmann et qui sert ici de référence ultime.

Pierre François Martin Laval aborde un sujet peut-être un peu dépassé, et assurément déjà vu. Avec de telles références que celle de Schulmann et Zidi, ce film de 2012 n'apporte absolument rien de révolutionnaire. L'acteur-scénariste-réalisateur joue lui-même ce rôle qu'il a si bien entretenu durant sa carrière dans la troupe des Robins Des Bois. Une petite cascade et quelques répliques pour nous rappeler à son bon souvenir ne suffisent malheureusement pas pour faire de ces Profs une œuvre marquante. A oublier... très vite.


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