Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


Affichage des articles dont le libellé est Marie-Christine Barrault. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Marie-Christine Barrault. Afficher tous les articles

mercredi 5 août 2026

Le grand méchant loup de Nicolas et Bruno (2013) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

En abandonnant temporairement leur univers, Nicolas et Bruno ( Nicolas Charlet et Bruno Lavaine) n'en n'ont pas pour autant mis de côté certains des choix artistiques qui sont leur marque de fabrique. Ici, pas d'esthétique volontairement ringarde puisée dans les temps anciens. Ceux des années soixante-dix, généralement représentées chez eux à travers l'usage de codes couleurs, vestimentaires ou comportementaux largement dépassés de nos jours. Et pourtant, les deux hommes n'en sont pas moins demeurés capables de produire une œuvre tout à fait originale en cette année 2013 où sort donc leur second long-métrage intitulé Le grand méchant loup, cinq ans après La personne aux deux personnes et treize avant leur dernier, Alter ego sorti quant à lui en 2026... Ils reprennent ici le très célèbre conte des Trois Petits Cochons, cent quarante-ans après qu'ils ne soient apparus pour la première fois en 1842 dans le recueil de comptines, de chansons et de poèmes traditionnels britanniques publié cette année là par l'historien, collectionneur et éditeur anglais James Orchard Halliwell. Un conte dans lequel l'on retrouvait déjà le personnage du loup dont les origines remontent elles à bien plus loin dans le temps puisque l'une des premières traces le présentant daterait de l'époque d’Ésope qui l'aurait évoqué pour la première fois dans ses Fables et remonterait donc à l'Antiquité grecque. Pour autant, Nicolas et Bruno n'en reprennent qu'une partie de la structure narrative telle que la présenta notamment Burt Gillett avec Three Little Pigs produit par la société de production américaine Walt Disney Productions en 1933. Dans le cas du Grand méchant loup, le duo remplace les trois petits cochons par trois frères incarnés par Benoît Poelvoorde, Fred Testot et Kad Merad. Tandis que leur mère (interprétée à l'écran par l'actrice Marie-Christine Barrault) est alitée dans une chambre d'hôpital, Philippe (Benoît Poelvoorde), Henro (Fred Testot) et Louis (Kad Merad) en reviennent à se poser des questions sur leur existence. Eux qui depuis toujours ont su rester fidèles à leurs épouses respectives Nathalie (Valérie Donzelli), Patricia (Léa Drucker) et Victoire (Zabou Breitman) vont-ils se laisser tenter par ces nouvelles aventures féminines qui frappent désormais à la porte de ces trois hommes qui maintenant doutent sur le sens réel de leur existence ? Nicolas et Bruno usent et abusent de métaphores et d'allégories pour décrire la situation de ces trois frères qui vont être approchés par le ''Loup'' du fameux conte...


Ou plutôt DES Loups. Et même mieux : des LOUVES puisque chacun son tour, Philippe, Henri et Louis vont être respectivement approchés par Natacha (Charlotte Le Bon), une jeune actrice attirée par l'idée de s'introduire de nuit dans le château de Versailles où travaille justement le cadet des trois frères. Pourtant marié et père de deux enfants, Philippe se laisse séduire par la jeune femme de vingt-sept ans dont il va rapidement tomber amoureux. Et si vivre une double relation n'est pour l'instant pas vraiment un problème pour lui, tout va se gâter le jour où Natacha va se présenter devant la porte de sa demeure. Lorsque son épouse Nathalie découvre que Philippe voit une autre femme, elle le chasse de chez eux et ce dernier part se réfugier chez son frère Henri. Après une première partie du récit principalement consacrée au personnage interprété par Benoît Poelvoorde, Fred Testot prend donc la relève. Le second acte lui réservant la même surprise que pour son frère avant que les deux hommes ne se retrouvent finalement hébergés par le plus âgé des trois, Louis. Ici, ça n'est plus la demeure elle-même qui est détruite par le loup mais la cellule familiale par l'entremise de femmes belles et attirantes. Et si Henri se laisse séduire par une voisine lointaine qu'il reluque aux jumelles, Éléonore (Cristiana Reali) n'en mènera pas large lorsque cette ancienne connaissance de Louis tentera de conquérir le cœur et le lit de celui-ci, alors très amoureux de sa femme Victoire. Bien que la réappropriation d'un mythe enfantin pour le transformer en comédie romantique métaphorique peut laisser songeur, Nicolas et Bruno tapent juste et offrent une savoureuse étude de mœurs non dénuées d'un certain sens de l'humour qui là encore tape exactement là où on l'attendait. Grâce non seulement à la mise en scène et l'écriture des deux cinéastes mais aussi et surtout à un panel de savoureux interprètes parmi lesquels se trouve également perché dans les très hautes sphères de l'absurde, le toujours excellent Denis Podalydès ! Preuve que Nicolas Charlet et Bruno Lavaine sont capables de s'extraire de leur univers personnel et d'offrir la réplique à des interprètes qui sortent de leur cercle habituel. Bref, un régal...

 

samedi 21 septembre 2013

Prisonnières de Charlotte Silvera (1988)



Une mère infanticide est emmenée jusqu'à la prison de Rennes où elle est enfermée dans une cellule d'observation. La jeune femme y sera gardée durant trois mois. Le temps pour les gardiennes, et notamment leur chef tant redoutée Dessombes, d'étudier son cas.
Car derrière les murs de sa cellule, des centaines d'autres femmes tentent de survivre dans un univers carcéral qui n'a pas pour habitude d'être tendre avec ses "locataires". Des femmes gardées par d'autres femmes. Des femmes forcées au travail, obligées de composer avec les autre, quelques soient leurs affinités et les raisons pour lesquelles elles sont enfermées. Parmi elles, deux sont parvenues à s'imposer . Il y a d'abord Nelly. Révoltée et insolente, elle est haït par une partie de ses codétenues. Et puis il y a Marthe, que toutes craignent. Non parce qu'elle est plu forte qu'elles, mais parce qu'elle semble proche de Dessombes, la gardienne en chef.

Alors que Nelly est victime d'un "accident", elle est emmenée d'urgence à l'infirmerie. Non loin d'elle, la jeune et fragile Brigitte tente par tous les moyens de convaincre les infirmière de la garder auprès elles. Elle ne veut pas retourner avec les autres détenus. Proche de Marthe, elle doit être bientôt libérée. Durant son absence, les gardiennes ont fouillé la cellule de Nelly et y ont trouvé trois grammes d'héroïne. De quoi l'enfermer pendant quarante-cinq jours en cellule d'isolement. Une enquête est alors menée pour connaître le nom de celles qui participent à ce que certains dénoncent comme un réseau de drogue. D'autres au contraire, aimeraient connaître le nom de celle qui à balancé leur codétenue...

Annie Girardot, Marie-Christine Barrault, Bernadette Lafont, Corinne Touzet, Agnès Soral et Fanny Bastien. Une belle brochette d'actrices pour un scénario plutôt mince mais qui possède suffisamment de ramifications pour que la passion naisse pour ces prisonnières (presque toutes) démunies. Le film démarre sur une scène s'ouvrant sur une gare et sur le rejet des voyageurs confrontés à deux prisonnières. Il y a un détail qui dans cette scène peut se révéler bouleversant si l'on s'y attarde. C'est cette image de la mère qui vient pour la dernière fois voir le visage de sa fille à travers la vitre, et qui persiste alors que le train est déjà lancé à vive allure. Une image à laquelle semble s'être raccrochée celle qui bientôt n'aura comme compagnes que des codétenues du même sexe.

Les principales actrices ont l'immense talent de ne jamais surjouer leur rôle. Elles, mais aussi toutes les autres, celles qu'il ne faudrait surtout pas oublier. Entre les crises de panique de Fanny Bastien, la solitude qui étreint Agnès Soral dans la première partie du film, la froideur et la dignité de Bernadette Lafont et Annie Girardot (qui révélera un visage étonnamment différent vers la toute fin du film), et la troublante relation qui naît entre Corinne Touzet et la superbe Milva Biolcati, le spectateur a de quoi se mettre sous la dent.

On ne reviendra pas sur la légèreté du scénario qui ne tient pas à grand chose mais dont l'intérêt est justement de montrer des visages de femmes différents, capables et même obligées de survivre dans un univers qui reste de toute manière toujours trop exigu.

Prisonnières a aujourd'hui vingt-cinq ans. Un quart de siècle et pourtant, il n'a pas vieilli. Il est le type même de film qui pousse à le revoir régulièrement. Ce confinement crée une sorte de promiscuité entre les personnages et les spectateurs qui confine parfois au voyeurisme mais aussi et surtout à l'attachement. Car quoi que l'on puisse penser de ces femmes qui n'ont tout de même pas été enfermées pour de futiles raisons, un lien réel se crée. C'est l'une des raisons pour lesquelles le film est une vraie réussite...
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...