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mercredi 22 avril 2026

Chasse gardée 2 d'Antonin Fourlon et Frédéric Forestier (2025) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

La témérité ne m'ayant pas étouffé et après avoir lâchement offert à ma compagne de découvrir seule les nouvelles aventures de Simon, Adélaïde, Bernard et Olivia, c'est après qu'elle m'ait annoncé que Chasse gardée 2 était largement inférieur au précédent volet déjà réalisé en 2023 par Antonin Fourlon et Frédéric Forestier que j'ai pris la décision de m'y coller. C'est pourtant armé d'un courage qui jusque là me faisait défaut que j'ai lancé la projection de cette séquelle qui tout comme pour le premier long-métrage s'attaque aux différences culturelles qui existent entre la France des métropoles et la France périphérique notamment représentée par les petites localités généralement éparpillées dans les zones rurales de notre beau pays. Tandis que dans Chasse gardée Simon et son épouse Adélaïde (Hakim Jemili et Camille Lou) étaient parvenus à un accord avec Bernard (Didier Bourdon) afin qu'il cesse toute activité dans le domaine de la chasse (ce dernier se voyant même retirer son permis), la suite des aventures va réveiller de vieilles rancœurs qui cette fois-ci n'opposeront plus les deux anciens parisiens à l'habitant du cru mais au fils de ce dernier. De retour après cinq ans d'absence, Stan (Maxime Gasteuil) revient au village avec l'objectif très précis de transformer la vie des habitants en rachetant les terrains forestiers afin d'y pratiquer la chasse à cours. Un objectif qui, comme on le comprendra plus tard, n'a pas comme unique but de vivre à fond sa passion pour la pratique mais témoigne également du sens des affaires du jeune homme. Marié à une Bénédictine (Eden Ducourant) entièrement acquise à sa cause, Stan ne recule devant rien afin d'atteindre ses objectifs. Quitte à se mettre à dos tous ceux qui ne partagent pas sa vision. Et quitte à soudoyer certaines personnalités du village comme le maire (Théo Gross) ou l'agente immobilière, Cordélia (Chantal Ladesou) ! La guerre est désormais déclarée entre le fils de Bernard et Simon. Et contre toute attente, le père de Stan ne va non pas se liguer avec son fils mais bien avec le couple de parisiens installé désormais depuis deux ans au village...


Je m'attendais au pire et, je n'ai pas été déçu. Ou plutôt, aurais-je dû l'être au contraire car malgré la méfiance, l'avis de ma compagne et le souvenir relativement vaporeux que j'eus conservé du précédent volet, Chasse gardée 2 n'est pas l'engeance à laquelle je m'attendais. Une fois faite l'impasse sur tout ce qui touche à la mauvaise comédie française de ces vingt dernières années (visuels, décors, bande musicale, etc...), la nouvelle comédie d'Antonin Fourlon et Frédéric Forestier s'avère étonnamment efficace. Encore faut-il avoir le courage et la persévérance de passer outre les dix ou quinze premières minutes dont la vacuité dépasse de loin tout ce que l'on peut redouter en matière de comédie française. Et puis, soudain, tout par en vrille. Écrit par Antonin Fourlon, le scénario semble avoir été conçu sous l'influence de puissants psychotropes tant Chasse gardée 2 accumule les scènes d'action humoristiques sans jamais ou presque défaillir. On hallucine devant ce qui semble bien évidemment être davantage une comédie franchouillarde qu'un hypothétique film culte. Entre des animaux sauvages en images de synthèse dont le premier est poursuivi par une meute de chiens (le lièvre), dont les seconds déboulent en plein jour de marché pour dévaster la totalité des stands (les cerfs) ou dont un dernier s'invite chez Simon et Adélaïde (le loup) et des séquences qui frisent l'hystérie (le repas au sommet d'une palombière), le film déroule son intrigue à cent à l'heure pour un résultat qui malgré l'accumulation ininterrompue de gags évite l'indigestion. Parfois même très drôle (je n'ai effectivement pas pu m'empêcher de rire à l'évocation de la cassette audio diffusant en boucle des chansons de Carlos, coincée depuis 1982 dans l'auto-radio d'André, le médecin du village (André Penvern)). C'est très con mais efficace ! Notons enfin qu'outre les acteurs déjà cités l'on retrouve à nouveau Julien Pestel dans le rôle de Benjamin, Jean-François Cayrey dans celui de Michel ou encore Guillaume Bouchède dans celui de Boris...

 

mardi 7 avril 2026

Gérald le conquérant de Fabrice Eboué (2025) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


  

Humoriste, scénariste, acteur et réalisateur, Fabrice Eboué est connu pour son approche critique et particulièrement cynique de la société. Démarrant sa carrière de cinéaste en 2011 avec Case départ qu'il co-réalise alors aux côtés de Thomas Ngijol et Lionel Steketee et la poursuivant avec Le Crocodile du Botswanga qu'il met en scène en compagnie du second mais sans le premier et qu'il écrit avec Blanche Gardin, Fabrice Eboué a dès 2017 débuté une carrière cinématographique en solo puisqu'on lui doit cette année là la comédie Coexister ainsi que Barbaque quatre ans plus tard. Il revient ensuite en 2025 avec Gérald le Conquérant dont il conçoit cette fois-ci le scénario et les dialogues en compagnie de Thomas Gaudin, acteur et scénariste dont la carrière commença en 2002 avec le court-métrage de Philippe Orreindy, J'attendrai le suivant.... Encore une fois, Fabrice Eboué se lance dans une forme de farce accusatoire contre une France dite raciste et anti-immigration concentrée autour de Gérald, un normand dont l'ambition est de redonner toute sa grandeur à sa région en échafaudant un projet qui malheureusement s'avère beaucoup trop grand pour lui. Moqué par ses amis qu'il retrouve régulièrement au bar où il a ses habitudes, en conflit avec le propriétaire d'un terrain qu'il tente de convaincre de lui vendre afin d'y construire un grand parc d'attraction à la gloire de Guillaume le Conquérant, Gérald va user de tous les artifices afin de mener à bien son projet. Quitte à enfreindre la limites des convenances... Après un Barbaque très saignant dans lequel Fabrice Eboué se moquait avec délice des végans tout en s'attaquant aux tensions existant entre cette forme de végétarisme repoussé dans ses derniers retranchements amenant à certains extrémismes militants et les omnivores, il s'attaque désormais au sujet du racisme, de l'intégration ou de la fierté nationale (ici réduite à la région Normandie) tout en se lançant dans une guerre intestine face aux gens du cru qui se gaussent de sa couleur de peau et face aux indésirables parisiens.


Époux de Madeleine (Alexandra Roth) et beau-père d'Albéric (Logan Lefebvre), en incarnant le rôle-titre de sa nouvelle comédie, Fabrice Eboué intègre une partie importante de sujets de société qui touchent notre pays. L'on a donc ainsi droit sous une approche humoristique très noire qui rappelle donc Barbaque mais également le cinéma de Jean-Christophe Meurisse (Oranges sanguines et Les pistolets en plastique), à une comédie qui ne fait bien évidemment pas dans la dentelle, tournée caméra à l'épaule sous forme de pseudo-documentaire où Gérald apparaît telle une bête de foire comme à l'époque de la mythique émission Strip-tease. La France d'un personnage qui se cherche au fond une identité propre, s'intégrant au paysage français en aspirant à créer un parc d'attraction pour des raisons qui en réalité restent relativement floues. Sans doute une manière de prouver sa filiation avec la région et ses habitants ? Versant parfois radicalement dans le politiquement incorrect avec ce beau-fils ''djihadiste'' qui construit des bombes pour faire exploser des vaches autres que normandes, à travers sa version de l'histoire ou avec ses références qui convoquent Jean-Marie Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon (histoire que les bords les plus extrêmes en prennent tous pour leur grade), Gérald le Conquérant se laisse aller à toutes les facilités. Surtout dans sa dernière partie. Comme si après le succès de Barbaque et tout en palliant à un manque évident d'inspiration, Fabrice Eboué avait la certitude que suffiraient des débordements gore. Ceux-là mêmes qui dans son précédent long-métrage s'intégraient harmonieusement mais qui dans le cas de Gérald le Conquérant se substituent à son habituelle finesse d'écriture. Au final, la dernière comédie de Fabrice Eboué n'est pas déplaisante à regarder mais en comparaison de ce qu'il est habituellement capable de produire en terme d'écriture, ce dernier ''jet'' s'avère relativement décevant...

mardi 9 décembre 2025

Certains l'aiment chauve de Camille Delamarre (2025) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Pour Michael Youn, l'univers de la chanson est comme une seconde nature. Une seconde peau, indissociable de sa carrière d'acteur, de réalisateur et de scénariste, qui l'a vu accoucher d'idées aussi folles et improbables que Fatal, La beuze ou encore le pseudo groupe de musique les Bratisla Boys qu'il fonda auprès de ses anciens compagnons du Morning Live, Vincent Desagnat et Benjamin Morgaine en 2001. Le retrouver en 2025 dans le rôle de Joseph, l'oncle du héro Zacharie incarné par Kev Adams, en ancien leader du groupe de métal Les Mégaveuch dont l'un des titres, ''Comme Samson'' peut être entendu à plusieurs reprises n'a donc rien de surprenant. Ce qui l'est par contre davantage est cette curieuse obsession que son personnage entretient depuis de nombreuses années au sujet de ses cheveux. De cette crinière qu'il arbore fièrement sans oser (s')avouer qu'il ne s'agit en réalité que d'une perruque. Lorsque son neveu débarque à sa porte pour lui demander de l'aide alors que la dermatologue Miele (Chantal Ladesou) vient de lui apprendre qu'il allait irrémédiablement devenir chauve, Joseph décide de lui apporter tout son soutien et toute son aide. Plaqué par sa petite amie, renvoyé de son boulot, Zacharie retrouve un autre emploi grâce à son frère Bastien (Rayane Bensetti) qui travaille pour une boite de boissons énergisantes. Alors qu'il est chargé de s'assurer qu'un surfeur fait bien la promotion de l'une d'entre elles lors d'une exhibition sur une plage, Zacharie croise la route de Lison (Faustine Koziel), une jeune et charmante journaliste avec laquelle il va rapidement se lier d'amitié... Si le titre du dernier long-métrage de Camille Delamarre évoque forcément Certains l'aiment chaud que réalisa Billy Wilder en 1959 et qu'incarnèrent notamment Marilyn Monroe, Tony Curtis et Jack Lemmon, sa comédie n'entretient en fait aucun rapport avec ce classique sorti au milieu du siècle dernier. Il ne s'agit ni plus ni moins que d'un jeu de mots plutôt facile qui décrit la relation à venir entre Zacharie et Lison et sur leur position vis à vis des apparences...


Si le sujet demeure original et certaines séquences objectivement drôles, l'usage parodique d'un groupe de parole similaire aux Alcooliques Anonymes est si courant que les quelques séquences se déroulant autour d'un cercle de chaises accueillant des hommes atteints de calvitie n'a rien de franchement passionnant. Voire même navrant tant ces scènes manquent cruellement de profondeur en terme d'écriture. Le duo Kev Adams et Faustine Koziel est plutôt charmant. Tony Garcia Lewis incarne un surfeur tellement caricatural qu'on a l'impression qu'il est directement issu de l'un des sketchs du premier spectacle de Jean-François Derec lors de son passage au Palais des Glaces en 2002. Sophie Mounicot et Albert Goldberg interprètent les rôles inutiles des parents de Zacharie, Myriam et Patrick. Parmi les principales sociétés de production l'on trouve Curiosa Films, Estello Films, TF1 Films Production et UGC. Financé à hauteur de dix millions d'euros, Certains l'aiment chauve n'a attiré qu'un peu plus de deux-cent dix mille spectateurs. Ce qui n'est pas pire que le naufrage rencontré par Papamobile mais ne rassure pas malgré tout sur la santé de la comédie française actuelle, qui toujours s'enfonce de plus en plus dans l'indigence. Pourtant, même s'il ne relève pas du ''génie'' que certains se donnent parfois les moyens d'appliquer à leurs propres créations et dont aucune trace ne semble avoir jusque là émergé en cette année 2025 déclinante, le dernier long-métrage de Camille Delamarre s'extraie de la fange grâce à quelques répliques bien senties. Si la plupart des interprètes donnent dans le registre qui est le leur sans jamais chercher à s'en départir, Michael Youn est très certainement celui qui s'en sort finalement le mieux. Il n'est d'ailleurs pas rare que l'on rigole à gorge déployée, même si le niveau des gags ne dépasse parfois pas ceux que l'on entend dans la cours d'une école élémentaire. Bref, pas de la grande œuvre mais lorsque l'on a épuisé toutes les ressources mises à notre disposition et que l'on n'a pas spécialement envie de revoir Rabbi Jabob ou Le Grand blond avec une chaussure noire pour la cinquantième fois, pourquoi pas....

 

dimanche 9 mars 2025

Jamais sans mon psy d'Arnaud Lemort (2024) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Il y  a quelques semaines est sorti sur Netflix Lune de miel avec ma mère de Nicolas Cuche. Et comme le film est principalement interprété par la nouvelle icône française des comédies à destination des Ehpads et autres maisons de retraite Michèle Laroque, c'est par différentes phases que j'ai choisi de passer avant de me lancer dans cette nouvelle aventure de celle qui au fil du temps est devenue l'une des pires représentantes de l'humour hexagonal. Quelques nanars italiens et puis, avant de me jeter une bonne fois pour toutes dans le bain de ce que je suppose être par avance l'une des pires comédies françaises de ce début d'année 2025, le dernier film d'Arnaud Lemort qui avant Jamais sans mon psy fut notamment l'auteur du sympathique Dépression et des Potes en 2012 mais aussi et surtout du très gênant Ibiza en 2018. Il aura donc fallut au réalisateur et scénariste français cinq bonnes années pour se remettre de l'échec critique et commercial de cette bouse infâme à laquelle, déjà, l'acteur Christian Clavier était convié. Vous savez, cet acteur qui joue plus vite et plus régulièrement que son ombre et qui rien que ces quinze dernières années est apparu dans une bonne grosse vingtaine de longs-métrage dont beaucoup ont comme point commun d'être des comédies généralement de piètre qualité ! Jamais sans mon psy entre dans la catégorie des films mettant en scène un futur couple dont l'un de ses deux représentants est confronté aux parents du second alors qu'ils ont prochainement prévu de se marier. Dans le genre, on évoquera au moins une dizaine de comédies ayant pour cadre ce même type de personnages. Il n'y a donc dans le scénario d'Arnaud Lemort, rien de très spécifique à attendre si ce ne sont tous les stéréotypes qui se rattachent à un tel événement. Car bien entendu, le film ne fait pas que réunir simplement un homme et sa fiancée chez les parents de celle-ci alors que ceux-ci s'apprêtent à fêter leur anniversaire de mariage. Non. Damien Leroy (Baptiste Lecaplain) espère pouvoir annoncer prochainement à ses futurs beaux-parents son intention d'épouser Alice (Claire Chust), fille de Paloma Béranger (Cristiana Reali) mais aussi et surtout d'Olivier, docteur en psychiatrie incarné par Christian Clavier. Lequel n'est autre que le spécialiste qui depuis cinq ans suit le jeune homme pour ses troubles psychiatriques et ses diverses phobies. Lorsqu'Olivier comprend que le jeune homme qu'aime sa fille Alice est l'un de ses patients parmi les plus ''récalcitrants'', le père de famille va tout entreprendre pour faire exploser leur couple et ainsi se débarrasser de celui qui s'attend à être son futur gendre...


Tous les moyens sont bons. Comme d'accueillir durant le week-end, Stéphane. L'ex-petit ami d'Alice avec laquelle tout deux ne s'étaient pas quittés en bons termes mais dont Olivier espère pouvoir se servir pour que sa fille rompt avec son fiancé. Interprété par l'acteur Rayane Bensetti, Arnaud Lemort l'emploie tout d'abord pour son charme, influant ainsi directement sur le script. Un physique que le réalisateur met à contribution de manière assez inattendue puisqu'il le placera dans un fauteuil roulant. Mais si les Béranger et leurs proches tombent des nues en découvrant que l'ancien petit ami d'Alice est désormais handicapé, le public, lui, sait que le jeune homme a conservé toute son intégrité physique et qu'il ne fait que chercher à apitoyer la fiancée de Damien afin qu'elle retombe dans ses bras. Dénuée de toute originalité, la scène évoque forcément Bienvenue chez les ch'tis de Dany Boon lorsque Kad Merad tentait de son côté d'apitoyer un employé de l'administration avant de se lever par reflex de son fauteuil roulant. On s'attend donc à ce qu'à travers sa nouvelle comédie Arnaud Lemort reproduise la scène et effectivement, c'est ce qui arrive au bout d'un certain temps. Attendue, la séquence tombe malheureusement ici complètement à plat. Le principal soucis de Jamais sans mon psy se situe justement au niveau des gags qui sont tellement téléphonés que le spectateur les envisage bien avant qu'ils se produisent à l'image. Et pourtant, relativement laborieux dans ses premiers instants, il n'est malgré tout pas rare que l'on esquisse un sourire ou que par un fait inexplicable et donc extraordinaire l'on se mette à rire devant certaines séquences. Que cela soit nerveux ou qu'il s'agisse de la résurgences de vieux souvenirs cinéphiliques datant d'une empirique époque où les comédies savaient être drôles, il nous faut malgré tout reconnaître que l'on n'a pas vraiment le temps de s'ennuyer. Les vannes s'enchaînent avec plus ou moins de bonheur. Jamais sans mon psy n'est à vrai dire qu'un nouveau copier/coller de comédies qui chaque année atterrissent en nombre dans les salles de cinéma. Comme en témoigne par exemple la partition musicale assez peu inspirée et surtout interchangeable de Dominique Jonny. Bref, la nouvelle comédie d'Arnaud Lemort se regarde sans véritable indifférence mais risque surtout de s'oublier très rapidement...

 

dimanche 7 janvier 2024

Chasse gardée d'Antonin Fourlon et Frédéric Forestier (2023) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Qu'est-ce que la France d'aujourd'hui sinon la chute d'un Empire mené par un homme d'état qui refuse certaines alliances au prix de voir une loi bénéficiant à son peuple d'origine de souffrir de ne plus être appliquée ? Vivement les J.O, que l'on se ridiculise sur le plan mondial comme si tel n'était pas déjà le cas et qu'en dehors de nos frontières/passoires les peuples du monde entier rigolent de ce qu'est devenu notre pays abandonné à l'indigence. Une disette qui dans les milieux intellectuels n'a jamais autant offert son bout de gras à ces fainéants qui plutôt que de se lever le cul au lever du Soleil pour aller bosser espèrent faire une carrière d'influenceurs et donc du fric sur les réseaux sociaux. Qu'il s'agisse du petit écran sacrifié sur l'autel de la télé-poubelle et dont le gourou est désormais un ancien stagiaire aigri et revanchard de Comédie+, de cette presse-papier qui, au mieux, mérite qu'on se torche les fesses avec une fois celles-ci posées sur le trône, ou de ce cinéma typiquement français qui convie sous le symbole du partage communautaire, ce même appauvrissement artistique, je vous le dis, on est dans la merde ! Stanley Kubrick, Eric Zemmour et Mike Judge ont ceci en commun qu'ils annoncèrent chacun à leur manière et avec plus ou moins de véracité ce qui est en train de se produire chez nous, sur notre sol. Ce pays de la bonne chair ou bouffer gras, boire alcoolisé tout en s'exprimant cru est dans le viseur des bien-pensants. Il reste alors l'espoir de s'évader non plus dans nos campagnes où se propage cette maladie que j'ose à peine nommer ici mais que tout le monde est forcé de reconnaître, mais dans ces salles obscures où là, au moins, le temps d'un film, la lumière s'éteint pour nous faire partager ce petit moment de détente auquel toutes et tous nous pouvons prétendre. Et comme personne ne pourra jamais nous contraindre de foutre les pieds dans une salle faisant la propagande de ces piètres cinéastes et interprètes à peine sortis de leurs couches-culottes et dont les seules qualités seraient de prôner la diversité culturelle ou ce wokisme puant qui malheureusement interpénètre parfois notre esprit, c'est donc une comédie bien française, voire, dans l'esprit, franchouillarde à laquelle nous nous sommes rendus la semaine passée.


Par défaut, on s'imagine attendre que le film soit diffusé à la télé ou partagé illégalement sur certains sites de téléchargement illicites mais le danger de perdre la tête est désormais si présent que l'on est prêt à jeter son argent par la fenêtre pour se changer les idées ne serait-ce qu'une ou deux heures dans la journée. Pour les anciens, ceux qui ne passent pas leur temps le tarin rivé sur leur smartphone à compter les Followers qui se pointent sur leur dernier post, Didier Bourdon et Thierry Lhermitte eurent leur heure de gloire. Le premier au sein des Inconnus, le second, parmi les membres de la Troupe du Splendid. Les jeunes (racailles) d'aujourd'hui ont beau se filmer en train de jeter des caddies par dessus les ponts des autoroutes, ils ne voleront pas la vedette à nos anciennes stars qui malgré leur âge n'ont pas fini de nous faire marrer. Quiconque ne fut jamais en odeur de sainteté vis à vis des chasseurs doit se dire qu'une chasse au gibier des cités ferait sans doute beaucoup de bien aux communautés contraintes de vivre entourées de barbares en culotte courte gagnant en une seule journée ce que certains mettent parfois deux jours à encaisser ! Didier Bourdon ''reprend'' son rôle de chasseur dans le sketch culte éponyme qu'il interpréta dans les années quatre-vingt avec ses compagnon de route Bernard Campan et Pascal Legitimus. De manière évidemment beaucoup moins caricaturale.


Face au couple formé de Camille Lou et Hakim Jemili, le voici défendant son art, entouré et appuyé par un village tout entier lorsque Adélaïde, épouse de Simon avec lequel elle vient de s'installer dans un petit village de campagne et fille de Gaspard, demande à ce dernier d'intervenir pour y faire interdire la chasse. On connaît la suite et de ce point de vue là, rien à dire puisque tout y est scrupuleusement balisé. Oui mais voilà. Tout autant que Chasse gardée puisse être une comédie comme le cinéma français en produit des dizaines chaque année, le film d'Antonin Fourlon transpire la vieille France contre laquelle le jeune couple de parisiens ne pourra finalement pas grand chose. Car en dehors de cet écart moral bien ancré dans certains gènes qui veut que ces derniers auront le dernier mot lors d'une séquence idéologiquement assumée, à force de voir la gueule d'un aymeric caron (sans majuscules, s'il vous plaît) ou d'une Solveig Halloin sous acide hurler en langage antispéciste que de manger de la viande est comparable au génocide juif, on finit par prendre fait et cause pour ces hommes amoureux de leur pays et de la nature qui les entoure. Viennent se greffer à cet univers où se télescopent deux modes et deux visions de la vie, des séquences réellement drôles et parmi lesquelles, un banquet qui s’éternise, sur les tables duquel s’amoncellent bouteilles de pinard et viandes juteuses au son d'un cor de chasse et de chansons paillardes ! Bref, on sort de la salle après avoir bien ri et avec le sentiment de sortir de table, le ventre bien plein et l'esprit temporairement vidé de tous ses tracas. Un grand merci à l'acteur Julien Pestel qui dans le rôle du chasseur amoureux de son marcassin Benjamin nous aura bien fait marrer et à Hakim Jemili qui s'avère toujours impeccable...

 

samedi 4 avril 2020

Papi Sitter de Philippe Guillard (2020) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Neuf ans après l'excellent Le Fils à Jo et cinq après l'attachant On Voulait tout Casser, le réalisateur français Philippe Guillard revient avec un troisième long-métrage au sujet éculé. Un buddy Movie où s'affrontent deux grands-pères réunis sous le même toit durant un mois. D'un côté, André Morales auquel est confiée la délicate tâche de faire réviser son bac à sa petite-fille Camille. Un ancien capitaine de gendarme à la retraite carrément ''coincé''. De l'autre, Teddy Bardolino dont l'arrivée n'était pas prévue. Un gérant de boite de nuit ''nature'' et quelque peu grossier. La relation entre les deux hommes ne va pas être de tout repos. Ayant une conception de la vie totalement différente, André et Teddy vont avoir beaucoup de mal à se supporter. Alors qu'ils passent leur temps à se quereller, Camille va en profiter pour ne plus aller en cours et profiter de son temps libre pour rejoindre Paco, un jeune surfer dont elle vient de tomber amoureuse...

Malgré le capital sympathie qui entoure Gérard Lanvin et Olivier Marchal qui interprètent le rôle des papys en question, Papi Sitter ne convainc pas tout à fait. Comme il en existe déjà des dizaines, voire même des centaines, la comédie de Philippe Guillard ne fait jamais vraiment preuve d'imagination. C'est donc sans doute en terrain conquis que le réalisateur doit sûrement croire avoir tapé dans le mille alors que son film ne sent souvent que le réchauffé. Pourtant, le pouvoir d'attraction de son duo d'acteurs vieillissant fonctionne parfois à plein régime grâce à des dialogues parfois relevés. Et si l'on ne se roule jamais parterre de rire, Papi Sitter n'est en aucun cas déplaisant à regarder. Tout juste faudra-t-il accepter la minceur d'un récit qui ne repose en grande partie que sur cet antinomique duo que le scénario écrit par Philippe Guillard s'évertue à bourrer de clichés. Entre l'ancien gendarme incapable de se remettre en question et le gérant de boite de nuit parfois irresponsable, forcément, on ne peut s'attendre à rien d'autre qu'à des affrontements...

Papi Sitter est malheureusement l'un des nombreux exemples de ce cinéma comique français qui depuis de trop nombreuses années se laisse aller pour n'être plus qu'un cinéma pépère sans prise de risque. Si le duo entre Gérard Lanvin et Olivier Marchal reste amusant, on se fiche assez rapidement de l'idylle entre Camille (l'actrice Camille Aguilar) et le jeune surfer Paco interprété par Paco Fuster. Ce dernier ayant apparemment beaucoup de mal à incarner son personnage et Philippe Guillard ayant insuffisamment accordé de temps à la relation que Camille et lui entretiennent, tout ce qui découle des mensonges et de la passion de l'adolescente laisse indifférent. On regretterait presque le départ de Karine (Anne Girouard) et Franck (Jean-François Cayrey), les parents de Camille, au fort potentiel comique. Cependant, le réalisateur parvient à éviter à son œuvre de tourner à l'aigre. Mieux, Papi Sitter s'avère de temps en temps relativement frais alors que l'on pouvait craindre qu'il sente le rance. À noter la présence de la trop rare Philippine Leroy-Beaulieu qui interprète ici le rôle de Viviane...

dimanche 7 avril 2019

Chamboultout d'Eric Lavaine (2019) - note d'Anna et moi : ★★★★★★★★☆☆




Si l'on avait dû parier sur la pérennité du cinéaste Eric Lavaine dans le paysage cinématographique français après la sortie de son désastreux Poltergay en 2006, ceux qui l'avaient peut-être d'ors et déjà enterré lui auraient sans doute ri au nez s'il leur avait lui-même prédit qu'il changerait son fusil d'épaule en se laissant glisser de la comédie vulgaire, bourrée de clichés et surtout pas drôle, à celle un peu plus profonde et surtout, beaucoup mieux écrite, treize ans plus tard. C'est donc le cas en cette année 2019 avec Chamboultout qui derrière son titre qui n'éclaire pas vraiment sur ses intentions (Humour dévastateur ou émotion portée à son paroxysme?) change carrément son fusil d'épaule, mais sans brutalité puisqu'au fil de sa filmographie, Eric Lavaine est parvenu à adoucir son approche de la comédie. Du plutôt convainquant Incognito, en passant par le médiocre Protéger et Servir, jusqu'aux sympathiques Barbecue (qui réconcilie Florence Foresti et Franck Dubosc avec leurs détracteurs), Retour Chez ma Mère (les débuts d'Alexandra Lamy chez le cinéaste) et L'Embarras du Choix, Eric Lavaine est parvenu à se rendre de plus en plus indispensable dans un pays où la comédie se veut de plus en plus formatée...

Chamboultout, effectivement, chamboule... tout... Ou presque puisque le réalisateur choisit davantage d'appuyer là où ça fait du bien plutôt que d'insister trop lourdement là où ça fait mal. Pourtant, le sujet écrit à six mains par le cinéaste lui-même aidé par Bruno Lavaine et Barbara Halary-Lafond aurait pu donner lieu à un authentique drame mais les dialogues et les différentes situations donnent surtout lieu à une succession de séquences savoureusement drôles. Il faut dire qu'Eric Lavaine est accompagné en cela par un casting des plus remarquable : à commencer par Alexandra Lamy et José Garcia qui, touchés par un drame (le second incarne Frédéric qui après un grave accident de la route et un coma de quatre mois environs est demeuré aveugle et victime de troubles cognitifs) tentent de surmonter cette épreuve depuis maintenant cinq années. C'est ainsi que Béatrice décide de faire publier « La Grande Traversée », un ouvrage qu'elle a décidé de consacrer à l'histoire qu'elle partage auprès de Frédéric mais à laquelle a participé leur entourage. Un livre dont le contenu ne plaira malheureusement pas à tout le monde puisqu'elle y a inscrit des anecdotes plus ou moins élogieuses envers ses proches. Un ouvrage qui sera au centre de discussions bruyantes et houleuses lors d'un week-end organisé par Béatrice...

Il aura donc fallut patienter plus d'une décennie pour assister à l'accomplissement d'un cinéaste pas toujours inspiré mais qui aura peu à peu réussit à convaincre son auditoire au point de signer sinon un chef-d’œuvre, du moins son meilleur film cette année. Difficile de trouver le moindre défaut à ce Chamboultout très amusant qui délivre un message très optimiste tout en étant très clairvoyant sur le comportement adopté par un panel d'individus aux traits de caractère parfois diamétralement opposés. Même les plus rigoristes et les plus vertueux ne pourront être que touchés par la sensibilité et le soin apporté jusque dans la description des personnages les moins impliqués (on pense notamment à l'actrice Claudine Vincent qui incarne la mère de Frédéric, Mamoune ou à l'amant de Béatrice interprété par l'acteur protugais Nuno Lopes). Mais après avoir assisté à cet émouvant déballage de sentiments, de rancœurs et de pardons où le rire s'offre une place de choix, il demeure quasiment impossible de dissocier nos deux principaux interprètes des remarquables Michaël Youn (oui, oui), Anne Marivin, Medi Sadoun, Michel Vuillermoz, Olivia Côte, Anne Girouard, Jean-François Cayrey, Ludivine de Chastenet, Guilaine Londez, et Nuno Lopes... Chamboultout est (et demeurera très certainement) l'une des meilleures comédies de cette première moitié de l'année 2019. A voir absolument...

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