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mercredi 22 avril 2026

Chasse gardée 2 d'Antonin Fourlon et Frédéric Forestier (2025) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

La témérité ne m'ayant pas étouffé et après avoir lâchement offert à ma compagne de découvrir seule les nouvelles aventures de Simon, Adélaïde, Bernard et Olivia, c'est après qu'elle m'ait annoncé que Chasse gardée 2 était largement inférieur au précédent volet déjà réalisé en 2023 par Antonin Fourlon et Frédéric Forestier que j'ai pris la décision de m'y coller. C'est pourtant armé d'un courage qui jusque là me faisait défaut que j'ai lancé la projection de cette séquelle qui tout comme pour le premier long-métrage s'attaque aux différences culturelles qui existent entre la France des métropoles et la France périphérique notamment représentée par les petites localités généralement éparpillées dans les zones rurales de notre beau pays. Tandis que dans Chasse gardée Simon et son épouse Adélaïde (Hakim Jemili et Camille Lou) étaient parvenus à un accord avec Bernard (Didier Bourdon) afin qu'il cesse toute activité dans le domaine de la chasse (ce dernier se voyant même retirer son permis), la suite des aventures va réveiller de vieilles rancœurs qui cette fois-ci n'opposeront plus les deux anciens parisiens à l'habitant du cru mais au fils de ce dernier. De retour après cinq ans d'absence, Stan (Maxime Gasteuil) revient au village avec l'objectif très précis de transformer la vie des habitants en rachetant les terrains forestiers afin d'y pratiquer la chasse à cours. Un objectif qui, comme on le comprendra plus tard, n'a pas comme unique but de vivre à fond sa passion pour la pratique mais témoigne également du sens des affaires du jeune homme. Marié à une Bénédictine (Eden Ducourant) entièrement acquise à sa cause, Stan ne recule devant rien afin d'atteindre ses objectifs. Quitte à se mettre à dos tous ceux qui ne partagent pas sa vision. Et quitte à soudoyer certaines personnalités du village comme le maire (Théo Gross) ou l'agente immobilière, Cordélia (Chantal Ladesou) ! La guerre est désormais déclarée entre le fils de Bernard et Simon. Et contre toute attente, le père de Stan ne va non pas se liguer avec son fils mais bien avec le couple de parisiens installé désormais depuis deux ans au village...


Je m'attendais au pire et, je n'ai pas été déçu. Ou plutôt, aurais-je dû l'être au contraire car malgré la méfiance, l'avis de ma compagne et le souvenir relativement vaporeux que j'eus conservé du précédent volet, Chasse gardée 2 n'est pas l'engeance à laquelle je m'attendais. Une fois faite l'impasse sur tout ce qui touche à la mauvaise comédie française de ces vingt dernières années (visuels, décors, bande musicale, etc...), la nouvelle comédie d'Antonin Fourlon et Frédéric Forestier s'avère étonnamment efficace. Encore faut-il avoir le courage et la persévérance de passer outre les dix ou quinze premières minutes dont la vacuité dépasse de loin tout ce que l'on peut redouter en matière de comédie française. Et puis, soudain, tout par en vrille. Écrit par Antonin Fourlon, le scénario semble avoir été conçu sous l'influence de puissants psychotropes tant Chasse gardée 2 accumule les scènes d'action humoristiques sans jamais ou presque défaillir. On hallucine devant ce qui semble bien évidemment être davantage une comédie franchouillarde qu'un hypothétique film culte. Entre des animaux sauvages en images de synthèse dont le premier est poursuivi par une meute de chiens (le lièvre), dont les seconds déboulent en plein jour de marché pour dévaster la totalité des stands (les cerfs) ou dont un dernier s'invite chez Simon et Adélaïde (le loup) et des séquences qui frisent l'hystérie (le repas au sommet d'une palombière), le film déroule son intrigue à cent à l'heure pour un résultat qui malgré l'accumulation ininterrompue de gags évite l'indigestion. Parfois même très drôle (je n'ai effectivement pas pu m'empêcher de rire à l'évocation de la cassette audio diffusant en boucle des chansons de Carlos, coincée depuis 1982 dans l'auto-radio d'André, le médecin du village (André Penvern)). C'est très con mais efficace ! Notons enfin qu'outre les acteurs déjà cités l'on retrouve à nouveau Julien Pestel dans le rôle de Benjamin, Jean-François Cayrey dans celui de Michel ou encore Guillaume Bouchède dans celui de Boris...

 

lundi 2 mars 2026

Les Bodin's partent en vrille de Frédéric Forestier (2025) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Sur grand écran, à la télévision et sur scène, Les Bodin's sont partout. Créé en 1994 par Vincent Dubois et Jean-Christian Fraiscinet, le duo fut pourtant tout d'abord un spectacle solo écrit et interprété par le premier. Intitulé Les aventures Solexines de Maria Bodin, c'est donc en 1989 qu’apparaît pour la toute première fois cette vieille dame un brin despotique de quatre-vingt sept ans qui sera rejointe cinq ans plus tard par son fils Christian. De trente-sept ans son cadet, pas très finaud et surtout relativement naïf, il rejoint donc sa mère Marie dans toute une série de spectacles joués sur scène jusqu'à leur première apparition hors planches, au cinéma, dans Mariage chez les Bodin's d'Éric Le Roch en 2008. Suivi deux ans plus tard par Amélie au pays des Bodin's, toujours réalisé par Éric Le Roch, la série de longs-métrages sera complétée par le réalisateur Frédéric Forestier par deux fois lui aussi avec le très réussi Les Bodin's en Thaïlande en 2021 et Les Bodin's partent en vrille l'année dernière... Côté fiction télévisuelle, le duo est apparu dans pas moins de huit téléfilms. Sans compter leur participation à divers événements, tel le jeu télévisé Fort Boyard auquel ils ont participé à quatre reprises en 2018. Bien qu'ayant reçu des critiques plutôt mitigées, Les Bodin's en Thaïlande demeure parmi les meilleures fictions ayant mises en scène Maria Bodin et son fils Christian. Une œuvre plutôt drôle, mouvementée, dépaysante et même parfois très émouvante, oui, oui ! En reprenant le concept de voyage à l'étranger, Frédéric Forestier semble avoir à cœur de reproduire quatre ans plus tard le même type de spectacle avec, toujours dans les rôles principaux, les inénarrables Vincent Dubois et Jean-Christian Fraiscinet. L'un et l'autre arborant toujours leur improbable dentition, Marie demeurant toujours cachée derrière un foulard et des lunettes rondes tandis que Christian arbore encore une fois une subtile couperose, témoignant que chez les Bodin's, boire de l'alcool est un sacerdoce. Dans leurs nouvelles aventures écrites par le duo ainsi que par le réalisateur, Maria et Christian découvrent que le Président Directeur Général de l'entreprise Mondialacta Albert de Beauharnais (interprété par l'acteur Michel Bompoil) a fomenté aux côtés du maire de Pouziou (Michel Vivier) un projet de construction d'une usine de production de fromage de chèvre tout près de leur ferme...


Tandis que les habitants espèrent que l'implantation de cette nouvelle usine permettra à leur petit village de rester en vie, Marie se révolte contre cette situation nouvelle et le fait clairement savoir au maire ainsi qu'au PDG de l'entreprise ! Mais alors qu'ils se retrouvent tous au Salon de l'Agriculture où le bouc des Bodin's va remporter une médaille d'or, Maria convie Albert de Beauharnais et l'un des cadres de Mondialacta (Guillaume Clérice dans le rôle de Guy Laval) à boire en sa compagnie. Lors du Salon, elle et son fils retrouvent en outre un ancien habitant de Pouziou, Khalid (Kamel Abdelli), qui depuis s'est réinstallé dans son pays d'origine, le Maroc, avec sa fille Leila (Hajar Abourachid). Mais tandis que Maria, Christian, le PDG et son bras droit se sont enivrés plus que de raison, à leur réveil, ils constatent avec désarroi que Khalid les a fait traverser la Méditerranée pour atterrir au Maroc ! Surtout, Marie va rapidement découvrir qu'elle détient grâce à son fils Christian une vidéo compromettante d'Albert de Beauharnais datant de la veille et tournée au beau milieu de la soirée alors qu'ils étaient tout ivres... Le message de Frédéric Forestier, Vincent Dubois et Jean-Christian Fraiscinet est ici très clair. Car au delà des pitreries habituelles amorcées dès l'ouverture du long-métrage par Marie et Christian, Les Bodin's partent en vrille est pour le duo ainsi que le pour le réalisateur l'occasion de dénoncer la désertification des campagnes. Le film situe ainsi son action à Pouziou-les-trois-Galoches, petit village fictif reconstitué au cœur des ruelles de Preuilly-sur-Claise en Touraine. Comme en témoigne d'ailleurs le nombre réduit d'habitants, passant de cinq-mille durant sa plus florissante période, à quelques centaines d'âmes aujourd'hui... Le film est également l'occasion de traiter de l'arrivée d'une concurrence féroce entre l'industrialisation des productions fermières face à l'artisanat dont Maria et Christian semblent être désormais les seuls à se préoccuper. Reste que l'on ne change pas une équipe qui gagne et que tout comme Les Bodin's en Thaïlande, les gags et les bons mots s'enchaînent sans réel temps morts même si d'un point de vue qualitatif Les Bodin's partent en vrille se situe un cran en dessous de son prédécesseur...

mercredi 9 octobre 2024

Les Bodin's en Thaïlande de Frédéric Forestier (2021) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Première question post-projection que nous nous sommes posée, brute, courte et concise : ''Alors ?''. Et aussi surpris que nous aurions pu l'être si la question nous avait été posée avant même d'avoir osé braver l'incertitude de passer un bon début de soirée, nous avons a-do-ré ! Sans déc' et avec le plus grand sérieux, ma compagne et moi avons objectivement pris du plaisir à faire connaissance avec les Bodin's, ce duo de comiques formé autour de Vincent Dubois et Jean-Christian Fraiscinet. Deux comédiens et metteurs en scène qui fêtent cette année les trente ans d'existence du duo. Dans l'idée, les Bodin's sont plus proches des Vamps (dont l'existence leur est antérieure de six années) que de n'importe quel autre comique ou humoriste hexagonal. En une dizaine de spectacles, le duo a su se rendre populaire au sein d'un public de fidèles que Vincent Dubois et Jean-Christian Fraiscinet conduisirent même jusqu'aux petit et grand écrans. Au cinéma, les deux comparses ont jusqu'à maintenant partagé l'affiche à trois reprises et s'apprêtent à réapparaître dans les salles obscures l'année prochaine avec Les Bodin's partent en vrille de Frédéric Forestier. Ce dernier n'en est ici pas à son coup d'essai puisqu'il débuta en 1993 avant de co-réaliser Le boulet auprès d'Alain Berberian en 1997, Astérix aux jeux olympiques ainsi que Stars 80 aux côtés de Thomas Langmann en 2008 et 2012 ou encore, tout seul, comme un grand, Chasse gardée l'année dernière. En 2021, Frédéric Forestier réalise Les Bodin's en Thaïlande dans lequel Vincent Dubois et Jean-Christian Fraiscinet rendossent les costumes respectifs de Maria et Christian Bodin. Une mère et son fils issus du milieu rural qui après la tentative de suicide du second partent pour un voyage vers la Thaïlande afin de redonner le goût de la vie à Christian dont la compagne l'a quitté. L'un des principaux atouts de cette comédie qui nous avait parue d'emblée possiblement lourdingue, c'est le cadre choisi par le réalisateur et ses deux principaux interprètes qui tous trois ont conçu le scénario ensemble. Les amateurs de comédies conviant de grandes et dépaysantes aventures vont être comblés. Entre les boites de strip-tease nocturnes de Bangkok, les ruelles encombrées de vendeurs et d'autochtones motorisés de Phuket mais aussi et surtout les merveilleux archipels de la Thaïlade, le spectateur va voir du pays. Comédie, aventure, action et thriller se conjuguent ici pour le meilleur et rarement pour le pire malgré nos craintes.


Près de cent minutes de récit pour finalement, très peu de déchets. L'avantage de ces Bodin's en Thaïlande, c'est son rythme et l'incessant spectacle de ces deux ''ploucs'' de la campagne françaises à peine perdus dans un pays aux charmes divers qui va les confronter à l'histoire personnelle de la jeune et jolie danseuse/strip-teaseuse thaïlandaise Malee qu'interprète l'actrice française Bella Boonsang. Pour son troisième rôle au cinéma après être notamment apparue dans le remarquable The Medium de Banjong Pisanthanakun la même année, l'actrice incarne une jeune femme aux prises avec le propriétaire d'une boite de strip-tease qui l'a engagée. Un certain Monsieur Ping (l'acteur tahïlandais Sahajak Boonthanakit), homme excessivement violent qui n'hésite pas à faire tuer tous ceux qui lui mettent des bâtons dans les roues. Si le film ne montre tout d'abord pas la Thaïlande sous ses plus beaux atours, la suite, en revanche, sera d'un tout autre ordre. D'une beauté parfois sidérante et doté d'une superbe photographie, Les Bodin's en Thaïlande est une véritable invitation au voyage qui dans de larges proportions rappelle sensiblement certaines séquences d'Un Indien dans la ville d'Hervé Palud ou Le jaguar de Francis Veber. La communion entre nos deux héros et un peuple dont la gentillesse est formidablement retranscrite à l'image font du long-métrage de Frédéric Forestier la parfaite évocation d'un lieu de retraite rêvé pour quiconque voudrait quitter la France ou sa capitale une fois ses obligations arrivées à terme ! Si les dialogues sont typiques du langage qui sort en général de la bouche des Bodin's et notamment de celle de la très inspirée Maria et s'ils ne sont pas toujours très fins, on rit malgré tout assez régulièrement. Entre la séquence lors de laquelle Christian s'échine à éteindre les lumière de la chambre d'hôtel qu'il partage avec sa mère, la course-poursuite à pied puis en Tuk-Tuk avant le très long passage situé dans le village d'enfance de Malee, le combat dans la cage et tous ces petits moments de complicité que partagent Christian et sa mère, pas le temps de s'ennuyer un seul instant. Bref, Les Bodin's en Thaïlande tient presque du miracle. De la comédie grotesque et peu fine dont nous nous attendions à découvrir le même état d'indigence que Les Municipaux, trop c'est trop !, Les Bodin's en Thaïlande est tout le contraire. Inspiré, drôle, divertissant et dépaysant...

 

dimanche 28 juillet 2024

Les infaillibles de Frédéric Forestier (2024) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Inès Reg, c'est quoi ? Après qu'une discussion endiablée ait été engagée entre mes cortex gauche, temporal et pariétal, laquelle a abouti à un match nul, je suis allé voir ce qu'avait pu faire dans sa courte carrière la jeune femme pour mériter d'être sur l'affiche de la dernière comédie réalisée par Frédéric Forestier. Une punition, diront certain, au regard d'une cinématographie qui ne brilla pas jusqu'à maintenant pour ses qualités artistiques ! Il paraît qu'Inès Reg est devenue populaire après la diffusion sur Tik Tok d'une vidéo qui serait devenue virale. J'espère m'être trompé en cliquant sur le mauvais lien parmi ceux qui me furent proposés car si vraiment l'engouement d'un certain public s'est construit autour de celle qui fut intitulée ''Des paillettes dans ma vie'', je crois bien que la France est foutue. Du moins, sa culture... Ensuite, et au regard du résultat qu'affiche à l'écran Les infaillibles, lire ici ou là que la jeune ''humoriste'' se sent plus à l'aise dans la comédie que dans la tragédie, c'est dire si le fossé qui l'aurait séparée d'une artiste de talent évoluant dans l'art dramatique aurait été pour elle parfaitement infranchissable. Quoique dans le domaine de la tragédie, après avoir découvert tout récemment que la demoiselle s'était épanchée sur le conflit l'opposant à la chanteuse québécoise Natasha St-Pier lors des enregistrements de l’émission ''Danse avec les stars'' en affirmant que la seule et unique victime, c'était elle, Inès Reg peut s'enorgueillir d'avoir un certain talent dans le domaine... de la ''comédie'', justement ! D'emblée, Les infaillibles pue ! Le titre évoque cette vague infâme de comédies françaises dont les pires représentants sont sans doute sortis ces dix dernières années. Parmi lesquels l'on retrouve Le dernier Mercenaire de David Charhon, Les Municipaux, Trop c'est Trop d'Eric Carrière et Francis Ginibre, Les SEGPAS de Ali Boughéraba et Hakim Boughéraba, Sentinelle de Hugo Benamozig et David Caviglioli, 38°5 quai des orfèvres de Benjamin Leher ou encore l'immonde Brutus vs César de Kheiron...


Mais ne nous arrêtons pas à ces quelques clichés qui voudraient que quelques jeunes ayant débuté sur les réseaux sociaux n'ont pas leur place sur les écrans de cinéma. Après avoir signé, au hasard, Le boulet en 2002, Les parrains en 2004, Astérix aux Jeux Olympiques en 2008 ou Chasse gardée il y a trois ans, Frédéric Forestier semble avoir choisi d'adopter le concept de certaines comédies assez bas du front voyant surgir dans la capitale des personnalités qui au demeurant auraient tout fait pour ne pas y être mutées. Paris n'étant d'ailleurs pas la seule ville de France que certains redoutent comme pu le démontrer en son temps Dany Boon avec Bienvenue chez les Ch'tis dans lequel le personnage incarné par Kad Merad, en homme du sud, était muté dans le Nord-Pas-De-Calais. Loin de moi l'idée de comparer l'un des plus gros succès du cinéma français avec le dernier long-métrage de Frédéric Forestier qui, quoi qu'on en dise, n'est pas non plus le pire cinéaste de l’hexagone ! Le problème provient surtout ici justement de la présence d'Inès Reg dans le rôle principal de la fliquette, Alia Samani. Prouvant qu'une seule année au Cours Florent au lieu des trois ans de formation exigés ne suffit pas à transformer un individu en acteur ou comédien de talent ! Pour une fois, commençons par la fin. J'ai faillit verser ma petite larme. Ces retrouvailles ou plutôt, cette rencontre entre l'héroïne et ce père qu'elle n'a jamais connu. Ouais, j'ai faillit couiner comme un chiard qui vient de sortir des entrailles de sa mère. Si seulement Inès Reg avait eu à ce moment très précis ne serait-ce qu'une once de talent, j'aurais sans doute mouillé une paire de Kleenex...


La meuf qui durant les quatre-vingt dix minutes qui viennent de passer n'a pas cessé de sortir une grossièreté toutes les deux phrases remporte lors de cette seule séquence de fin la palme de la pire interprétation dans la catégorie émotion. J'ai eu beau ressortir mes petites fiches, celles que je noircissais à l'époque où je ne tapais pas encore sur le clavier de mon ordinateur, et je vous jure qu'en comparant le jeu de l'actrice (un bien grand mot pour une si petite interprète) à celui de toutes celles qui sont passées devant mon regard ces quarante dernières années que je n'avais jamais eu l'occasion d'assister à un tel naufrage. D'ailleurs, dans les bons moments comme dans les galères, son personnage ne semble être doté que d'une seule et même expression. L’œil rond, le sourcil froncé et un léger sourire méprisant pour ses collègues au coin des lèvres ! À côté d'elle, son benêt de partenaire à l'air d'une lumière... Question charisme, Kévin Debonne semble avoir oublié son apparat de séducteur et de dur à cuir au vestiaire et comme lui rétorque si justement l'un de ses collègues lors de l'unique séquence où mes lèvres n'ont pu retenir un sourire : ''On dirait un pauvre sosie complémentent raté de Belmondo...''. Les infaillibles est un Buddy movie dans lequel une marseillaise vulgaire et un parisien un peu niais font équipe afin de faire tomber une équipe de braqueurs qui s'apprête à exécuter leur plus gros coup. Le duo Inès Reg/Kévin Debonne fonctionne mal. On ne croit pas à la complicité des deux interprètes qui logiquement aurait dû éclater au grand jour sachant qu'ils vécurent ensemble pendant six ans. La propension qu'a le scénario à rendre le rôle qu'incarne la jeune femme totalement détestable est assez effarante. Et ça n'est certainement pas les quelques séquences qui tentent d'apporter un peu de profondeur au récit qui arrangeront les choses. Comme on dit souvent, c'est dans les vieux pots que l'on fait les meilleures confitures. Ainsi, Philippe Résimont, Lionnel Astier et Moussa Maaskri sont ceux qui s'en sortent encore le mieux. Quant à ceux qui incarnent les collègues de nos deux (z)héros, si c'est ainsi que le réalisateur se représente les forces de l'ordre, avec leur ''parler'' de quartier, les français ont vraiment du soucis à se faire...

 

dimanche 7 janvier 2024

Chasse gardée d'Antonin Fourlon et Frédéric Forestier (2023) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Qu'est-ce que la France d'aujourd'hui sinon la chute d'un Empire mené par un homme d'état qui refuse certaines alliances au prix de voir une loi bénéficiant à son peuple d'origine de souffrir de ne plus être appliquée ? Vivement les J.O, que l'on se ridiculise sur le plan mondial comme si tel n'était pas déjà le cas et qu'en dehors de nos frontières/passoires les peuples du monde entier rigolent de ce qu'est devenu notre pays abandonné à l'indigence. Une disette qui dans les milieux intellectuels n'a jamais autant offert son bout de gras à ces fainéants qui plutôt que de se lever le cul au lever du Soleil pour aller bosser espèrent faire une carrière d'influenceurs et donc du fric sur les réseaux sociaux. Qu'il s'agisse du petit écran sacrifié sur l'autel de la télé-poubelle et dont le gourou est désormais un ancien stagiaire aigri et revanchard de Comédie+, de cette presse-papier qui, au mieux, mérite qu'on se torche les fesses avec une fois celles-ci posées sur le trône, ou de ce cinéma typiquement français qui convie sous le symbole du partage communautaire, ce même appauvrissement artistique, je vous le dis, on est dans la merde ! Stanley Kubrick, Eric Zemmour et Mike Judge ont ceci en commun qu'ils annoncèrent chacun à leur manière et avec plus ou moins de véracité ce qui est en train de se produire chez nous, sur notre sol. Ce pays de la bonne chair ou bouffer gras, boire alcoolisé tout en s'exprimant cru est dans le viseur des bien-pensants. Il reste alors l'espoir de s'évader non plus dans nos campagnes où se propage cette maladie que j'ose à peine nommer ici mais que tout le monde est forcé de reconnaître, mais dans ces salles obscures où là, au moins, le temps d'un film, la lumière s'éteint pour nous faire partager ce petit moment de détente auquel toutes et tous nous pouvons prétendre. Et comme personne ne pourra jamais nous contraindre de foutre les pieds dans une salle faisant la propagande de ces piètres cinéastes et interprètes à peine sortis de leurs couches-culottes et dont les seules qualités seraient de prôner la diversité culturelle ou ce wokisme puant qui malheureusement interpénètre parfois notre esprit, c'est donc une comédie bien française, voire, dans l'esprit, franchouillarde à laquelle nous nous sommes rendus la semaine passée.


Par défaut, on s'imagine attendre que le film soit diffusé à la télé ou partagé illégalement sur certains sites de téléchargement illicites mais le danger de perdre la tête est désormais si présent que l'on est prêt à jeter son argent par la fenêtre pour se changer les idées ne serait-ce qu'une ou deux heures dans la journée. Pour les anciens, ceux qui ne passent pas leur temps le tarin rivé sur leur smartphone à compter les Followers qui se pointent sur leur dernier post, Didier Bourdon et Thierry Lhermitte eurent leur heure de gloire. Le premier au sein des Inconnus, le second, parmi les membres de la Troupe du Splendid. Les jeunes (racailles) d'aujourd'hui ont beau se filmer en train de jeter des caddies par dessus les ponts des autoroutes, ils ne voleront pas la vedette à nos anciennes stars qui malgré leur âge n'ont pas fini de nous faire marrer. Quiconque ne fut jamais en odeur de sainteté vis à vis des chasseurs doit se dire qu'une chasse au gibier des cités ferait sans doute beaucoup de bien aux communautés contraintes de vivre entourées de barbares en culotte courte gagnant en une seule journée ce que certains mettent parfois deux jours à encaisser ! Didier Bourdon ''reprend'' son rôle de chasseur dans le sketch culte éponyme qu'il interpréta dans les années quatre-vingt avec ses compagnon de route Bernard Campan et Pascal Legitimus. De manière évidemment beaucoup moins caricaturale.


Face au couple formé de Camille Lou et Hakim Jemili, le voici défendant son art, entouré et appuyé par un village tout entier lorsque Adélaïde, épouse de Simon avec lequel elle vient de s'installer dans un petit village de campagne et fille de Gaspard, demande à ce dernier d'intervenir pour y faire interdire la chasse. On connaît la suite et de ce point de vue là, rien à dire puisque tout y est scrupuleusement balisé. Oui mais voilà. Tout autant que Chasse gardée puisse être une comédie comme le cinéma français en produit des dizaines chaque année, le film d'Antonin Fourlon transpire la vieille France contre laquelle le jeune couple de parisiens ne pourra finalement pas grand chose. Car en dehors de cet écart moral bien ancré dans certains gènes qui veut que ces derniers auront le dernier mot lors d'une séquence idéologiquement assumée, à force de voir la gueule d'un aymeric caron (sans majuscules, s'il vous plaît) ou d'une Solveig Halloin sous acide hurler en langage antispéciste que de manger de la viande est comparable au génocide juif, on finit par prendre fait et cause pour ces hommes amoureux de leur pays et de la nature qui les entoure. Viennent se greffer à cet univers où se télescopent deux modes et deux visions de la vie, des séquences réellement drôles et parmi lesquelles, un banquet qui s’éternise, sur les tables duquel s’amoncellent bouteilles de pinard et viandes juteuses au son d'un cor de chasse et de chansons paillardes ! Bref, on sort de la salle après avoir bien ri et avec le sentiment de sortir de table, le ventre bien plein et l'esprit temporairement vidé de tous ses tracas. Un grand merci à l'acteur Julien Pestel qui dans le rôle du chasseur amoureux de son marcassin Benjamin nous aura bien fait marrer et à Hakim Jemili qui s'avère toujours impeccable...

 

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