Sur grand écran, à la télévision et sur scène, Les Bodin's sont partout. Créé en 1994 par Vincent Dubois et Jean-Christian Fraiscinet, le duo fut pourtant tout d'abord un spectacle solo écrit et interprété par le premier. Intitulé Les aventures Solexines de Maria Bodin, c'est donc en 1989 qu’apparaît pour la toute première fois cette vieille dame un brin despotique de quatre-vingt sept ans qui sera rejointe cinq ans plus tard par son fils Christian. De trente-sept ans son cadet, pas très finaud et surtout relativement naïf, il rejoint donc sa mère Marie dans toute une série de spectacles joués sur scène jusqu'à leur première apparition hors planches, au cinéma, dans Mariage chez les Bodin's d'Éric Le Roch en 2008. Suivi deux ans plus tard par Amélie au pays des Bodin's, toujours réalisé par Éric Le Roch, la série de longs-métrages sera complétée par le réalisateur Frédéric Forestier par deux fois lui aussi avec le très réussi Les Bodin's en Thaïlande en 2021 et Les Bodin's partent en vrille l'année dernière... Côté fiction télévisuelle, le duo est apparu dans pas moins de huit téléfilms. Sans compter leur participation à divers événements, tel le jeu télévisé Fort Boyard auquel ils ont participé à quatre reprises en 2018. Bien qu'ayant reçu des critiques plutôt mitigées, Les Bodin's en Thaïlande demeure parmi les meilleures fictions ayant mises en scène Maria Bodin et son fils Christian. Une œuvre plutôt drôle, mouvementée, dépaysante et même parfois très émouvante, oui, oui ! En reprenant le concept de voyage à l'étranger, Frédéric Forestier semble avoir à cœur de reproduire quatre ans plus tard le même type de spectacle avec, toujours dans les rôles principaux, les inénarrables Vincent Dubois et Jean-Christian Fraiscinet. L'un et l'autre arborant toujours leur improbable dentition, Marie demeurant toujours cachée derrière un foulard et des lunettes rondes tandis que Christian arbore encore une fois une subtile couperose, témoignant que chez les Bodin's, boire de l'alcool est un sacerdoce. Dans leurs nouvelles aventures écrites par le duo ainsi que par le réalisateur, Maria et Christian découvrent que le Président Directeur Général de l'entreprise Mondialacta Albert de Beauharnais (interprété par l'acteur Michel Bompoil) a fomenté aux côtés du maire de Pouziou (Michel Vivier) un projet de construction d'une usine de production de fromage de chèvre tout près de leur ferme...
Tandis que les habitants espèrent que l'implantation de cette nouvelle usine permettra à leur petit village de rester en vie, Marie se révolte contre cette situation nouvelle et le fait clairement savoir au maire ainsi qu'au PDG de l'entreprise ! Mais alors qu'ils se retrouvent tous au Salon de l'Agriculture où le bouc des Bodin's va remporter une médaille d'or, Maria convie Albert de Beauharnais et l'un des cadres de Mondialacta (Guillaume Clérice dans le rôle de Guy Laval) à boire en sa compagnie. Lors du Salon, elle et son fils retrouvent en outre un ancien habitant de Pouziou, Khalid (Kamel Abdelli), qui depuis s'est réinstallé dans son pays d'origine, le Maroc, avec sa fille Leila (Hajar Abourachid). Mais tandis que Maria, Christian, le PDG et son bras droit se sont enivrés plus que de raison, à leur réveil, ils constatent avec désarroi que Khalid les a fait traverser la Méditerranée pour atterrir au Maroc ! Surtout, Marie va rapidement découvrir qu'elle détient grâce à son fils Christian une vidéo compromettante d'Albert de Beauharnais datant de la veille et tournée au beau milieu de la soirée alors qu'ils étaient tout ivres... Le message de Frédéric Forestier, Vincent Dubois et Jean-Christian Fraiscinet est ici très clair. Car au delà des pitreries habituelles amorcées dès l'ouverture du long-métrage par Marie et Christian, Les Bodin's partent en vrille est pour le duo ainsi que le pour le réalisateur l'occasion de dénoncer la désertification des campagnes. Le film situe ainsi son action à Pouziou-les-trois-Galoches, petit village fictif reconstitué au cœur des ruelles de Preuilly-sur-Claise en Touraine. Comme en témoigne d'ailleurs le nombre réduit d'habitants, passant de cinq-mille durant sa plus florissante période, à quelques centaines d'âmes aujourd'hui... Le film est également l'occasion de traiter de l'arrivée d'une concurrence féroce entre l'industrialisation des productions fermières face à l'artisanat dont Maria et Christian semblent être désormais les seuls à se préoccuper. Reste que l'on ne change pas une équipe qui gagne et que tout comme Les Bodin's en Thaïlande, les gags et les bons mots s'enchaînent sans réel temps morts même si d'un point de vue qualitatif Les Bodin's partent en vrille se situe un cran en dessous de son prédécesseur...



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