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mercredi 22 avril 2026

Chasse gardée 2 d'Antonin Fourlon et Frédéric Forestier (2025) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

La témérité ne m'ayant pas étouffé et après avoir lâchement offert à ma compagne de découvrir seule les nouvelles aventures de Simon, Adélaïde, Bernard et Olivia, c'est après qu'elle m'ait annoncé que Chasse gardée 2 était largement inférieur au précédent volet déjà réalisé en 2023 par Antonin Fourlon et Frédéric Forestier que j'ai pris la décision de m'y coller. C'est pourtant armé d'un courage qui jusque là me faisait défaut que j'ai lancé la projection de cette séquelle qui tout comme pour le premier long-métrage s'attaque aux différences culturelles qui existent entre la France des métropoles et la France périphérique notamment représentée par les petites localités généralement éparpillées dans les zones rurales de notre beau pays. Tandis que dans Chasse gardée Simon et son épouse Adélaïde (Hakim Jemili et Camille Lou) étaient parvenus à un accord avec Bernard (Didier Bourdon) afin qu'il cesse toute activité dans le domaine de la chasse (ce dernier se voyant même retirer son permis), la suite des aventures va réveiller de vieilles rancœurs qui cette fois-ci n'opposeront plus les deux anciens parisiens à l'habitant du cru mais au fils de ce dernier. De retour après cinq ans d'absence, Stan (Maxime Gasteuil) revient au village avec l'objectif très précis de transformer la vie des habitants en rachetant les terrains forestiers afin d'y pratiquer la chasse à cours. Un objectif qui, comme on le comprendra plus tard, n'a pas comme unique but de vivre à fond sa passion pour la pratique mais témoigne également du sens des affaires du jeune homme. Marié à une Bénédictine (Eden Ducourant) entièrement acquise à sa cause, Stan ne recule devant rien afin d'atteindre ses objectifs. Quitte à se mettre à dos tous ceux qui ne partagent pas sa vision. Et quitte à soudoyer certaines personnalités du village comme le maire (Théo Gross) ou l'agente immobilière, Cordélia (Chantal Ladesou) ! La guerre est désormais déclarée entre le fils de Bernard et Simon. Et contre toute attente, le père de Stan ne va non pas se liguer avec son fils mais bien avec le couple de parisiens installé désormais depuis deux ans au village...


Je m'attendais au pire et, je n'ai pas été déçu. Ou plutôt, aurais-je dû l'être au contraire car malgré la méfiance, l'avis de ma compagne et le souvenir relativement vaporeux que j'eus conservé du précédent volet, Chasse gardée 2 n'est pas l'engeance à laquelle je m'attendais. Une fois faite l'impasse sur tout ce qui touche à la mauvaise comédie française de ces vingt dernières années (visuels, décors, bande musicale, etc...), la nouvelle comédie d'Antonin Fourlon et Frédéric Forestier s'avère étonnamment efficace. Encore faut-il avoir le courage et la persévérance de passer outre les dix ou quinze premières minutes dont la vacuité dépasse de loin tout ce que l'on peut redouter en matière de comédie française. Et puis, soudain, tout par en vrille. Écrit par Antonin Fourlon, le scénario semble avoir été conçu sous l'influence de puissants psychotropes tant Chasse gardée 2 accumule les scènes d'action humoristiques sans jamais ou presque défaillir. On hallucine devant ce qui semble bien évidemment être davantage une comédie franchouillarde qu'un hypothétique film culte. Entre des animaux sauvages en images de synthèse dont le premier est poursuivi par une meute de chiens (le lièvre), dont les seconds déboulent en plein jour de marché pour dévaster la totalité des stands (les cerfs) ou dont un dernier s'invite chez Simon et Adélaïde (le loup) et des séquences qui frisent l'hystérie (le repas au sommet d'une palombière), le film déroule son intrigue à cent à l'heure pour un résultat qui malgré l'accumulation ininterrompue de gags évite l'indigestion. Parfois même très drôle (je n'ai effectivement pas pu m'empêcher de rire à l'évocation de la cassette audio diffusant en boucle des chansons de Carlos, coincée depuis 1982 dans l'auto-radio d'André, le médecin du village (André Penvern)). C'est très con mais efficace ! Notons enfin qu'outre les acteurs déjà cités l'on retrouve à nouveau Julien Pestel dans le rôle de Benjamin, Jean-François Cayrey dans celui de Michel ou encore Guillaume Bouchède dans celui de Boris...

 

dimanche 7 janvier 2024

Chasse gardée d'Antonin Fourlon et Frédéric Forestier (2023) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Qu'est-ce que la France d'aujourd'hui sinon la chute d'un Empire mené par un homme d'état qui refuse certaines alliances au prix de voir une loi bénéficiant à son peuple d'origine de souffrir de ne plus être appliquée ? Vivement les J.O, que l'on se ridiculise sur le plan mondial comme si tel n'était pas déjà le cas et qu'en dehors de nos frontières/passoires les peuples du monde entier rigolent de ce qu'est devenu notre pays abandonné à l'indigence. Une disette qui dans les milieux intellectuels n'a jamais autant offert son bout de gras à ces fainéants qui plutôt que de se lever le cul au lever du Soleil pour aller bosser espèrent faire une carrière d'influenceurs et donc du fric sur les réseaux sociaux. Qu'il s'agisse du petit écran sacrifié sur l'autel de la télé-poubelle et dont le gourou est désormais un ancien stagiaire aigri et revanchard de Comédie+, de cette presse-papier qui, au mieux, mérite qu'on se torche les fesses avec une fois celles-ci posées sur le trône, ou de ce cinéma typiquement français qui convie sous le symbole du partage communautaire, ce même appauvrissement artistique, je vous le dis, on est dans la merde ! Stanley Kubrick, Eric Zemmour et Mike Judge ont ceci en commun qu'ils annoncèrent chacun à leur manière et avec plus ou moins de véracité ce qui est en train de se produire chez nous, sur notre sol. Ce pays de la bonne chair ou bouffer gras, boire alcoolisé tout en s'exprimant cru est dans le viseur des bien-pensants. Il reste alors l'espoir de s'évader non plus dans nos campagnes où se propage cette maladie que j'ose à peine nommer ici mais que tout le monde est forcé de reconnaître, mais dans ces salles obscures où là, au moins, le temps d'un film, la lumière s'éteint pour nous faire partager ce petit moment de détente auquel toutes et tous nous pouvons prétendre. Et comme personne ne pourra jamais nous contraindre de foutre les pieds dans une salle faisant la propagande de ces piètres cinéastes et interprètes à peine sortis de leurs couches-culottes et dont les seules qualités seraient de prôner la diversité culturelle ou ce wokisme puant qui malheureusement interpénètre parfois notre esprit, c'est donc une comédie bien française, voire, dans l'esprit, franchouillarde à laquelle nous nous sommes rendus la semaine passée.


Par défaut, on s'imagine attendre que le film soit diffusé à la télé ou partagé illégalement sur certains sites de téléchargement illicites mais le danger de perdre la tête est désormais si présent que l'on est prêt à jeter son argent par la fenêtre pour se changer les idées ne serait-ce qu'une ou deux heures dans la journée. Pour les anciens, ceux qui ne passent pas leur temps le tarin rivé sur leur smartphone à compter les Followers qui se pointent sur leur dernier post, Didier Bourdon et Thierry Lhermitte eurent leur heure de gloire. Le premier au sein des Inconnus, le second, parmi les membres de la Troupe du Splendid. Les jeunes (racailles) d'aujourd'hui ont beau se filmer en train de jeter des caddies par dessus les ponts des autoroutes, ils ne voleront pas la vedette à nos anciennes stars qui malgré leur âge n'ont pas fini de nous faire marrer. Quiconque ne fut jamais en odeur de sainteté vis à vis des chasseurs doit se dire qu'une chasse au gibier des cités ferait sans doute beaucoup de bien aux communautés contraintes de vivre entourées de barbares en culotte courte gagnant en une seule journée ce que certains mettent parfois deux jours à encaisser ! Didier Bourdon ''reprend'' son rôle de chasseur dans le sketch culte éponyme qu'il interpréta dans les années quatre-vingt avec ses compagnon de route Bernard Campan et Pascal Legitimus. De manière évidemment beaucoup moins caricaturale.


Face au couple formé de Camille Lou et Hakim Jemili, le voici défendant son art, entouré et appuyé par un village tout entier lorsque Adélaïde, épouse de Simon avec lequel elle vient de s'installer dans un petit village de campagne et fille de Gaspard, demande à ce dernier d'intervenir pour y faire interdire la chasse. On connaît la suite et de ce point de vue là, rien à dire puisque tout y est scrupuleusement balisé. Oui mais voilà. Tout autant que Chasse gardée puisse être une comédie comme le cinéma français en produit des dizaines chaque année, le film d'Antonin Fourlon transpire la vieille France contre laquelle le jeune couple de parisiens ne pourra finalement pas grand chose. Car en dehors de cet écart moral bien ancré dans certains gènes qui veut que ces derniers auront le dernier mot lors d'une séquence idéologiquement assumée, à force de voir la gueule d'un aymeric caron (sans majuscules, s'il vous plaît) ou d'une Solveig Halloin sous acide hurler en langage antispéciste que de manger de la viande est comparable au génocide juif, on finit par prendre fait et cause pour ces hommes amoureux de leur pays et de la nature qui les entoure. Viennent se greffer à cet univers où se télescopent deux modes et deux visions de la vie, des séquences réellement drôles et parmi lesquelles, un banquet qui s’éternise, sur les tables duquel s’amoncellent bouteilles de pinard et viandes juteuses au son d'un cor de chasse et de chansons paillardes ! Bref, on sort de la salle après avoir bien ri et avec le sentiment de sortir de table, le ventre bien plein et l'esprit temporairement vidé de tous ses tracas. Un grand merci à l'acteur Julien Pestel qui dans le rôle du chasseur amoureux de son marcassin Benjamin nous aura bien fait marrer et à Hakim Jemili qui s'avère toujours impeccable...

 

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