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mercredi 22 avril 2026

Chasse gardée 2 d'Antonin Fourlon et Frédéric Forestier (2025) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

La témérité ne m'ayant pas étouffé et après avoir lâchement offert à ma compagne de découvrir seule les nouvelles aventures de Simon, Adélaïde, Bernard et Olivia, c'est après qu'elle m'ait annoncé que Chasse gardée 2 était largement inférieur au précédent volet déjà réalisé en 2023 par Antonin Fourlon et Frédéric Forestier que j'ai pris la décision de m'y coller. C'est pourtant armé d'un courage qui jusque là me faisait défaut que j'ai lancé la projection de cette séquelle qui tout comme pour le premier long-métrage s'attaque aux différences culturelles qui existent entre la France des métropoles et la France périphérique notamment représentée par les petites localités généralement éparpillées dans les zones rurales de notre beau pays. Tandis que dans Chasse gardée Simon et son épouse Adélaïde (Hakim Jemili et Camille Lou) étaient parvenus à un accord avec Bernard (Didier Bourdon) afin qu'il cesse toute activité dans le domaine de la chasse (ce dernier se voyant même retirer son permis), la suite des aventures va réveiller de vieilles rancœurs qui cette fois-ci n'opposeront plus les deux anciens parisiens à l'habitant du cru mais au fils de ce dernier. De retour après cinq ans d'absence, Stan (Maxime Gasteuil) revient au village avec l'objectif très précis de transformer la vie des habitants en rachetant les terrains forestiers afin d'y pratiquer la chasse à cours. Un objectif qui, comme on le comprendra plus tard, n'a pas comme unique but de vivre à fond sa passion pour la pratique mais témoigne également du sens des affaires du jeune homme. Marié à une Bénédictine (Eden Ducourant) entièrement acquise à sa cause, Stan ne recule devant rien afin d'atteindre ses objectifs. Quitte à se mettre à dos tous ceux qui ne partagent pas sa vision. Et quitte à soudoyer certaines personnalités du village comme le maire (Théo Gross) ou l'agente immobilière, Cordélia (Chantal Ladesou) ! La guerre est désormais déclarée entre le fils de Bernard et Simon. Et contre toute attente, le père de Stan ne va non pas se liguer avec son fils mais bien avec le couple de parisiens installé désormais depuis deux ans au village...


Je m'attendais au pire et, je n'ai pas été déçu. Ou plutôt, aurais-je dû l'être au contraire car malgré la méfiance, l'avis de ma compagne et le souvenir relativement vaporeux que j'eus conservé du précédent volet, Chasse gardée 2 n'est pas l'engeance à laquelle je m'attendais. Une fois faite l'impasse sur tout ce qui touche à la mauvaise comédie française de ces vingt dernières années (visuels, décors, bande musicale, etc...), la nouvelle comédie d'Antonin Fourlon et Frédéric Forestier s'avère étonnamment efficace. Encore faut-il avoir le courage et la persévérance de passer outre les dix ou quinze premières minutes dont la vacuité dépasse de loin tout ce que l'on peut redouter en matière de comédie française. Et puis, soudain, tout par en vrille. Écrit par Antonin Fourlon, le scénario semble avoir été conçu sous l'influence de puissants psychotropes tant Chasse gardée 2 accumule les scènes d'action humoristiques sans jamais ou presque défaillir. On hallucine devant ce qui semble bien évidemment être davantage une comédie franchouillarde qu'un hypothétique film culte. Entre des animaux sauvages en images de synthèse dont le premier est poursuivi par une meute de chiens (le lièvre), dont les seconds déboulent en plein jour de marché pour dévaster la totalité des stands (les cerfs) ou dont un dernier s'invite chez Simon et Adélaïde (le loup) et des séquences qui frisent l'hystérie (le repas au sommet d'une palombière), le film déroule son intrigue à cent à l'heure pour un résultat qui malgré l'accumulation ininterrompue de gags évite l'indigestion. Parfois même très drôle (je n'ai effectivement pas pu m'empêcher de rire à l'évocation de la cassette audio diffusant en boucle des chansons de Carlos, coincée depuis 1982 dans l'auto-radio d'André, le médecin du village (André Penvern)). C'est très con mais efficace ! Notons enfin qu'outre les acteurs déjà cités l'on retrouve à nouveau Julien Pestel dans le rôle de Benjamin, Jean-François Cayrey dans celui de Michel ou encore Guillaume Bouchède dans celui de Boris...

 

mercredi 25 février 2026

Le jour J de Claude Zidi Jr. (2025) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Claude Zidi Jr., auteur des Déguns 1 & 2 ou de Maison de retraite 2 + Kev Adams, humoriste pour jeunes écervelés et interprète d'une pléthores de comédies de seconde zone + Chantal Ladesou, ancienne ''élève'' de la mythique émission de FR3 ''La Classe'' + Didier Bourdon, ancien Inconnu et acteur capable d'avoir incarné près de vingt rôle en cinq années seulement = Le jour J. Une comédie que certains prétendent être la descendante directe de la trilogie La septième compagnie réalisée entre 1973 et 1977. En attendant que le vent se calme et de balayer les feuilles qui risquent de tomber dans la piscine, voilà que je regarde pour la seconde fois le tout dernier long-métrage du fils de Claude Zidi après m'être endormi à plusieurs reprises la veille au soir. Digne héritier de son papa, Junior a donc choisi de se spécialiser dans la comédie. Mais alors que le paternel nous avait habitué à des comédies dont certaines sont depuis sont entrées au panthéon du genre, le fiston a semble-t-il beaucoup de mal à reproduire ce que faisait Papa en son temps ! Et Le jour J en est la plus remarquable représentation. Nous sommes en juin 1944 à la veille du Débarquement en Normandie et Denis Porte (Kev Adams) est chargé de tromper les troupes allemandes en s'occupant de soldats et d'armes lourdes factices. Tandis qu'il fait la connaissance de Sami, un algérien qui rêve de l'indépendance de son pays d'origine, les deux hommes vont directement se retrouver au cœur du Débarquement. Aux interprètes cités plus haut, nous ajouterons Jonathan Lambert, véritable pile électrique et ancien trublion de La Grosse Émission ou sur France 2 dans l'émission de Ruquier On n'est pas couchés dans lesquelles il se grimait à l'effigie des ''stars'' qui étaient invitées sur le plateau. Si Sami est incarné par Brahim Bouhlel, Jonathan Lambert joue le rôle d'un abbé. L'on retrouve aussi Cristiana Reali dans celui de Madeleine Porte, la mère de Denis ainsi que Marie Parisot dans celui de la jolie Margot pour laquelle le jeune héros va faire preuve de courage pour affronter l'ennemi. Au vu du désastre, je commence enfin à comprendre, au bout de près d'un demi-siècle de cinéphilie, pourquoi il m'arrive de m'endormir devant certains films.


Tandis que certains individus s'avèrent capables d'ingurgiter à peu près n'importe quelle merde sans broncher et ce, jusqu'à la dernière seconde, ceux qui ont assez de matière grise pour réfléchir et véritablement ressentir ce qu'ils ont devant les yeux ont cette faculté de régulièrement ''débrancher'' leur cerveau au moment opportun. Il y a donc ceux qui vont dresser leur liste des courses durant telle ou telle séquence ou, donc, ceux qui vont simplement se laisser attirer dans les bras de Morphée. Parce que, hein ! Faut pas se laisser ''impressionner'' à l'idée que OUI, Le jour J pourrait être une variation sur le même thème que La septième compagnie. Et si même la trilogie de Robert Lamoureux était très objectivement nanardesque, elle demeure tout de même très appréciée des amateurs de comédies plus ou moins franchouillardes. Interprétation pathétique, dialogues écrits sans une once d'inspiration, mise en scène plate, le film aura tout de même coûté huit petits millions d'euros. Une petite somme qui au regard du résultat paraît malgré tout trop imposante. Surtout que d'un point de vue technique, la comédie de Claude Zidi Jr. ne fait preuve d'aucune prouesse particulière. Car si le film est en partie tourné dans des villages qui semblent vouloir reproduire l'époque évoquée par le scénario, quelques costumes de soldats nazis ou alliés ne suffisent pas à plonger les personnages dans une reconstitution réaliste. Et puis, mon dieu, ces répliques d'un niveau de cours d'école élémentaire! Ce que tout ceci peut être lourdingue, pas drôle, et auréolé d'une esthétique de téléfilm vraiment navrante ! À quoi de toute manière pouvions-nous nous attendre avec un tel casting ? Mais le pompon reviendra à Chantal Ladesou, capable de jouer le rôle d'une MILF aussi excitante qu'une vendeuse de poisson hurlant à qui veut l'entendre que sa marchandise est fraîche. Poussant en outre le fardeau d'une sur-interprétation en se caricaturant elle-même. Bref, Le jour J est un cancer généralisé dont on ne peut objectivement rien retirer de positif... en dehors de quelques rires plus ou moins nerveux. Pas un nanar donc, mais un navet, un vrai !

 

mardi 9 décembre 2025

Certains l'aiment chauve de Camille Delamarre (2025) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Pour Michael Youn, l'univers de la chanson est comme une seconde nature. Une seconde peau, indissociable de sa carrière d'acteur, de réalisateur et de scénariste, qui l'a vu accoucher d'idées aussi folles et improbables que Fatal, La beuze ou encore le pseudo groupe de musique les Bratisla Boys qu'il fonda auprès de ses anciens compagnons du Morning Live, Vincent Desagnat et Benjamin Morgaine en 2001. Le retrouver en 2025 dans le rôle de Joseph, l'oncle du héro Zacharie incarné par Kev Adams, en ancien leader du groupe de métal Les Mégaveuch dont l'un des titres, ''Comme Samson'' peut être entendu à plusieurs reprises n'a donc rien de surprenant. Ce qui l'est par contre davantage est cette curieuse obsession que son personnage entretient depuis de nombreuses années au sujet de ses cheveux. De cette crinière qu'il arbore fièrement sans oser (s')avouer qu'il ne s'agit en réalité que d'une perruque. Lorsque son neveu débarque à sa porte pour lui demander de l'aide alors que la dermatologue Miele (Chantal Ladesou) vient de lui apprendre qu'il allait irrémédiablement devenir chauve, Joseph décide de lui apporter tout son soutien et toute son aide. Plaqué par sa petite amie, renvoyé de son boulot, Zacharie retrouve un autre emploi grâce à son frère Bastien (Rayane Bensetti) qui travaille pour une boite de boissons énergisantes. Alors qu'il est chargé de s'assurer qu'un surfeur fait bien la promotion de l'une d'entre elles lors d'une exhibition sur une plage, Zacharie croise la route de Lison (Faustine Koziel), une jeune et charmante journaliste avec laquelle il va rapidement se lier d'amitié... Si le titre du dernier long-métrage de Camille Delamarre évoque forcément Certains l'aiment chaud que réalisa Billy Wilder en 1959 et qu'incarnèrent notamment Marilyn Monroe, Tony Curtis et Jack Lemmon, sa comédie n'entretient en fait aucun rapport avec ce classique sorti au milieu du siècle dernier. Il ne s'agit ni plus ni moins que d'un jeu de mots plutôt facile qui décrit la relation à venir entre Zacharie et Lison et sur leur position vis à vis des apparences...


Si le sujet demeure original et certaines séquences objectivement drôles, l'usage parodique d'un groupe de parole similaire aux Alcooliques Anonymes est si courant que les quelques séquences se déroulant autour d'un cercle de chaises accueillant des hommes atteints de calvitie n'a rien de franchement passionnant. Voire même navrant tant ces scènes manquent cruellement de profondeur en terme d'écriture. Le duo Kev Adams et Faustine Koziel est plutôt charmant. Tony Garcia Lewis incarne un surfeur tellement caricatural qu'on a l'impression qu'il est directement issu de l'un des sketchs du premier spectacle de Jean-François Derec lors de son passage au Palais des Glaces en 2002. Sophie Mounicot et Albert Goldberg interprètent les rôles inutiles des parents de Zacharie, Myriam et Patrick. Parmi les principales sociétés de production l'on trouve Curiosa Films, Estello Films, TF1 Films Production et UGC. Financé à hauteur de dix millions d'euros, Certains l'aiment chauve n'a attiré qu'un peu plus de deux-cent dix mille spectateurs. Ce qui n'est pas pire que le naufrage rencontré par Papamobile mais ne rassure pas malgré tout sur la santé de la comédie française actuelle, qui toujours s'enfonce de plus en plus dans l'indigence. Pourtant, même s'il ne relève pas du ''génie'' que certains se donnent parfois les moyens d'appliquer à leurs propres créations et dont aucune trace ne semble avoir jusque là émergé en cette année 2025 déclinante, le dernier long-métrage de Camille Delamarre s'extraie de la fange grâce à quelques répliques bien senties. Si la plupart des interprètes donnent dans le registre qui est le leur sans jamais chercher à s'en départir, Michael Youn est très certainement celui qui s'en sort finalement le mieux. Il n'est d'ailleurs pas rare que l'on rigole à gorge déployée, même si le niveau des gags ne dépasse parfois pas ceux que l'on entend dans la cours d'une école élémentaire. Bref, pas de la grande œuvre mais lorsque l'on a épuisé toutes les ressources mises à notre disposition et que l'on n'a pas spécialement envie de revoir Rabbi Jabob ou Le Grand blond avec une chaussure noire pour la cinquantième fois, pourquoi pas....

 

mercredi 24 juillet 2024

Maison de retraite 2 de Claude Zidi Jr. (2024) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Avec un premier volet sorti il y a deux ans qui connut un certain succès sur le territoire français avec plus de deux millions de spectateurs dans les salles, Thomas Gilou avait remis au goût du jour le concept de film mettant en scène un établissement accueillant les personnes âgées. Du thriller (Cortex de Nicolas Boukhrief en 2008) à la comédie dramatique (Quand tu seras grand d'Andréa Bescond et Eric Métayer en 2023), nos ''vieux'' sont devenus à la mode dans un nombre important de longs-métrages qui tous ne se déroulent fort heureusement pas systématiquement dans des lieux clos (Joyeuse retraite ! 1 et 2 de Fabrice Bracq, Les vieux fourneaux et Les vieux fourneaux : bons pour l'asile de Christophe Duthuron). Alors que Thomas Gilou n'a plus donné signe de vie depuis la sortie de sa Maison de retraite en 2022, la suite des aventures des pensionnaires du foyer Lino Vartan (du nom que portait l'acteur Gérard Depardieu dans le premier volet et qui dans cette séquelle a disparu) est désormais réalisée par Claude Zidi Jr. qui en dehors de l'honnête Ténor en 2022 a pour le moment signé deux bonnes grosses purges avec Les déguns 1& 2 en 2018 et 2023. Maison de retraite 2 fait donc suite aux précédentes péripéties auxquelles participèrent de vieilles figures du cinéma français. C'est ainsi que l'on retrouve une nouvelle fois Daniel Prévost, Liliane Rovère et Firmine Richard qui tous les trois reprennent les rôles respectifs d'Alfred de Gonzagues, Sylvette Leroux et Fleurette Jean-Marie. Gérard Depardieu, Mylène Demongeot, Jean-Luc Bideau ou Marthe Villalonga ont quant à eux disparu du casting pour être remplacés par Michel Jonasz, Amanda Laer, Chantal Ladesou, Enrico Macias et... Jean Reno dans les principaux rôles des pensionnaires de la luxueuse et paradisiaque maison d'accueil pour personnes âgées, Bel Azur Club dont est le directeur Claude Masson (l'acteur Stéphane Debac). Dans cette séquelle aussi intergénérationnelle qu'avait pu l'être l'opus signé par Thomas Gilou, Claude Zidi Jr. reprend le concept puisque l'on y retrouve les jeunes orphelins qui avaient sur mettre un peu de gaieté au sein du foyer Lino Vartan, lequel risque désormais de fermer ses portes en raison d'une absence de normes sécuritaires.


Milann Rousseau (toujours incarné par l'humoriste et acteur Kev Adams), ses deux amis et associés Alban (Jarry) et Driss (Brahim Bouhlel, dont le personnage apparaît pour la toute première fois à l'écran) ainsi que les retraités et les orphelins sont donc contraints de déménager pour venir s'installer au Bel Azur Club où ils seront froidement accueillis par Albert, Barbara, Danielle et Lorenzo mais plutôt chaleureusement par Rico et la fille du directeur, Clémence Masson, qu'interprète la jeune Louna Espinosa. Après la sortie de Maison de retraite en 2022, le concept de comédie intergénérationnelle sera repris l'année suivante dans l'excellent Quand tu seras grand d'Andréa Bescond et Eric Métayer. Claude Zidi Jr., Kev Adams et la scénariste Élodie Hesme ne font logiquement que se réapproprier l'idée originale conçue deux ans auparavant par l'humoriste et la scénariste Catherine Diament sur la base d'une histoire écrite par le réalisateur et scénariste Romain Levy. Au vu du niveau actuel de la comédie Made in France, on ne va pas trop cracher dans la soupe car si Maison de retraite 2 ne fait clairement pas partie des grands représentants dans le domaine de l'humour à la française, on a vu pire. Quoique, le film s'autorise d'incessantes interventions de l'humoriste multi-fonctions Jarry dont le potentiel comique lui octroie d'office le titre de l'un des comiques les plus ringards du siècle. En effet, il est souvent insupportable de le voir gesticuler façon ''folle de service'', sous l'apparat du gay maniéré que le personnage revendique ouvertement. Pas sûr que la totalité de la communauté homosexuelle se sente véritablement représentée par cette caricature efféminée et surtout, pas drôle pour un sou, qui conteste instantanément aux auteurs le droit de contester le côté flétri de certains dialogues. Quant au récit, il ne trompera d'ailleurs personne quant aux quelques références passées sous silence qui semblent avoir quelque peu inspiré les scénaristes. Car comme le découvriront les spectateurs un peu plus tard, le cadre idyllique du Bel Azur Club cachera une machination afin de redorer le blason d'une concurrente incarnée de manière outrageusement parodique par l'actrice Anne Marivin. Lorsque l'heure de la vengeance a sonné, viennent alors immédiatement se rappeler à notre bon souvenir la maison du bonheur de Dany Boon ou La vérité si je mens 2 qui... tiens, tiens, fut réalisé par Thomas Gilou en plus de vingt ans auparavant. Un hommage de la part de Claude Zidi Jr. ? Pas sûr... Bref, une comédie vite vue, vite oubliée...

 

dimanche 5 mai 2024

Comment tuer sa mère de David Diane et Morgan Spillemaecker (2017)) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Dans le plus pur style du Boulevard, le premier long-métrage de Morgan Spillemaecker et de David Diane est donc une comédie remplie de situations qui l'inscrivent dans le contexte de l'humour noir. Deux frères et une sœur vont ainsi durant un peu moins de quatre-vingt minutes, tenter d'assassiner leur mère incarnée à l'écran par l'humoriste et actrice française Chantal Ladesou. En France, elle est rendue célèbre grâce à sa participation à l'émission humoristique La Classe diffusée entre 1983 et 1994 sur FR3. À ses côtés l'on retrouve l'acteur et animateur radio Vincent Desagnat (fils de Jean-Pierre Desagnat et frère de François Desagnat) qui devient populaire aux côtés de Michael Youn sur le plateau de l'émission Morning Live sur M6 entre 2000 et 2003. Julien Arruti, lui, fait partie de la Bande à Fifi auprès de Philippe Lacheau et du reste du groupe et est notamment apparu dans Babysitting et sa suite en 2014 et 2015. Fille du batteur Philippe Draï qui collabora avec le chanteur Alain Bashung, Joséphine Draï est quant à elle majoritairement apparue dans des comédies parmi lesquelles Si j'étais un homme d'Audrey Dana en 2017, le pathétique Les Nouvelles Aventures de Cendrillon de Lionel Steketee la même année ou encore plus récemment, le nullissime BDE de et avec Michael Youn. Ajoutons au quatuor l'acteur franco-algérien Fatsah Bouyahmed, interprète lui aussi d'un grand nombre de comédies dont la plupart méritent de rester sous silence vues leurs piètres qualités (Les Kaïra de Franck Gastambide en 2012, Les Nouvelles Aventures d'Aladin de Arthur Benzaquen en 2015, Le Dernier Mercenaire de David ''Tâcheron'' Charhon en 2021 ou le tout aussi mauvais Le Médecin imaginaire d'Ahmed Hamidi la même année... Autant dire que ça part plutôt mal pour Comment tuer sa mère, comédie écrite par Morgan Spillemaecker et Amanda Sthers (scénariste de près de sept-cent épisodes de la série télévisée Caméra café). Dans un contexte où Nico Mauret (Vincent Desagnat) est financièrement aux abois tandis qu'il entretient son frère Ben (Julien Arruti), dessinateur raté de bandes-dessinées portées sur le sujets des gladiateurs et sa sœur Fanny (Joséphine Draï), lors d'un repas organisé chez le premier et auquel va participer leur mère (Chantal Ladesou), les trois enfants vont fomenter un plan afin de se débarrasser d'elle. Du moins, Nico puisque Fanny et Ben le rejoindront plus ou moins tardivement dans son projet d'assassinat !


Avec un tel sujet, forcément, nous pouvions nous attendre à une comédie noire, féroce, une tentative de matricide passant par toutes une séries de tentatives de meurtres avortées et pourtant, la faiblesse de l'écriture se distingue certes non seulement au niveau des dialogues mais certainement plus encore concernant la manière d'aborder l'acte en lui-même. Avec tout ce que recèle d'armes par destination une maison, qu'il s'agisse du simple couteau de cuisine ou de la paire de ciseaux, en passant par certains outils de bricolage ou pour ceux qui possèdent un jardin, une tronçonneuse, une hache ou une serpe, il y avait de quoi nous concocter un catalogue, sans doute non exhaustif, mais du moins beaucoup plus large que le seul emploi d'un ''cocktail'' empoisonné au dératisant ! À l'origine de Comment tuer sa mère l'on trouve la pièce de théâtre d'Amanda Sthers et Morgan Spillemaecker., Conseil de famille. Une origine qui se ressent très clairement à travers le long-métrage qui en très grande partie situe donc son action dans la propriété de Nico, lequel est très fier de présenter son nouvel espace détente entièrement construit de ses propres mains dont on sait qu'il aura plus tard son importance. L'autre importance est donc celle qui normalement contraint ce genre de production limitée dans ses choix environnementaux à contrebalancer la présence d'un décor unique par des dialogues savoureux. Ceux-là même qui manquent ici cruellement. Si le long-métrage de David Diane et Morgan Spillemaecker n'est pas fondamentalement déplaisant à regarder, on a vu BEAUCOUP mieux ailleurs. N'est pas Francis Veber, Alexandre de La Patellière, Matthieu Delaporte ou Albert Dupontel qui veut. Les dialogues sont malheureusement assez pauvres et le spectateur ne devra compter que sur la gueule stupéfaite et enfarinée des uns et l'habituel timbre de Chantal Ladesou pour extraire du concept quelques scènes plutôt insolentes. Dans le genre, on se tournera donc davantage vers le cinéma de l'espagnol Alex De La Iglesia qui dans le genre reste l'un des maîtres-étalons...

 

lundi 4 mars 2024

3 jours max de Tarek Boudali (2023) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Il y a cinq ans sortait sur les écrans de cinéma, la comédie 30 jours max de Tarek Boudali. Premier long-métrage réalisé par ce membre de La bande à Fifi complétée par Philippe Lacheau, Élodie Fontan, Reem Kherici, Julien Arruti, Pascal Boisson et Patrick Mbeutcha trois ans après Épouse-moi mon pote. Véritable bras-cassé de la police nationale, Rayane Teisseire (Tarek Boudali lui-même) se frottait à un grand trafiquant de drogue surnommé ''Le Rat'' qu'incarnait José Garcia. L'une des spécificités de La bande à Fifi étant de convier au sein de leur œuvre différentes vedettes de la comédie française, nous y retrouvions notamment l'actrice Marie-Anne Chazel dans le rôle de la grand-mère du héros, Chantal Ladesou dans celui d'une prostituée (mère de Pierre, interprété à l'écran par Pierre Arruti) ou Philippe Dusquesne dans la peau du médecin traitant de Rayanne. Un généraliste qui d'emblée annonçait à ce poltron de flic qu'il ne lui restait plus que trente jours à vivre. Le 25 octobre 2023 est sorti sur nos écrans 3 jours max, la ''suite'' des aventures de Rayanne. Sa grand-mère qui, on le sait, participe depuis les premières aventures à des émissions de télé-réalité sous l'impulsion de la très arriviste et ancienne compagne de Rayanne (Reem Kherici dans le rôle de Linda) a été enlevée par le dirigeant d'un cartel qui exige du policier de lui remettre deux émeraudes magiques dans les trois jours. Si 30 jours max ressemblait à une comédie policière plutôt moyenne ou en tout cas, très en deçà des œuvres qui rendirent célèbre La bande à Fifi (Babysitting 1 & 2, Alibi.com), 3 jours max s'inscrit davantage dans un contexte de parodie de film d'espionnage dans lequel l'imagination fait parfois défaut au point que Tarek Boudali paraisse se sentir contraint de piller quelques bonnes idées de comédies étant déjà passées par la case parodie ! On pense bien évidemment au coup de la lance-incendie au sommet d'un immeuble, séquence empruntée à La tour Montparnasse infernale de Charles Nemes même si dans le cas de 3 jours max celle-ci trouve une issue bien différente. On pense également à la franchise américaine Mission Impossible ou à Terminator 3 : Le Soulèvement des machines dans lequel l'actrice américaine Kristanna Loken incarnait un T-X tout de cuir bordeaux vêtue.


Un costume que revêt ici Élodie Fontan en agente des Services Secrets. Et plus encore au Taken de Pierre Morel, excellent thriller d'action à l'époque incarné par l'acteur Liam Neeson et dont 3 jours max reprend la fameuse réplique de Bryan Mills lors de laquelle le héros menaçait le kidnappeur de sa fille de le chercher, de le retrouver et de le tuer...En dehors de ces petits clin d’œil un brin cheap, la dernière comédie de Tarek Boudali dans laquelle l'on retrouve en outre l'actrice espagnole Rossy de Palma dans le rôle d'Alba Suarez, Franck Gastambide dans celui qu'il incarne dans la franchise Fast and Furious ou encore Michèle Laroque en commissaire et le belge Jean-Luc Couchard dans la peau de Marc Cervoni est comme son aîné, relativement médiocre. Pire, le premier volet de ce diptyque que l'on n'espère pas voir se transformer en véritable franchise le surpassait. Et lorsque l'on oublie tout ou presque des mésaventures qui s'y déroulaient déjà seulement cinq ans après, c'est dire si la suite est mauvaise. Le concept, bien que passant de la comédie policière à la parodie d'espionnage, est le même. Des situations rocambolesques, des courses-poursuites, des répliques qui tentent de faire mouche pour une comédie à la durée assez courte (moins de quatre-vingt dix minutes). À vrai dire, l'on est très loin de ce que sont capables d'offrir aux spectateurs les membres de La bande à Fifi. Peu drôle et loin d'atteindre les qualités requises (cascades et rythme survitaminé ne faisant pas tout), 3 jours max est à ranger aux côtés d'une autre comédie du même acabit qui vit le jour il y a plus de vingt ans ! Double zéro de Gérard Pirès avec en vedette Eric Judor et Ramzy Bédia. Bref, on se demande si le groupe formé par Fifi, Juju, Reem, Tarek, Élodie et les autres ont encore de beaux jours devant eux. Leur concept, au départ très intéressant, semble s'être depuis, essoufflé. À moins que le ressent projet intitulé Chien et chat et réalisé par Reem Kherici ne nous prouve le contraire. Quelqu'un a-t-il reçu des échos à son sujet... ?

 

dimanche 7 janvier 2024

Chasse gardée d'Antonin Fourlon et Frédéric Forestier (2023) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Qu'est-ce que la France d'aujourd'hui sinon la chute d'un Empire mené par un homme d'état qui refuse certaines alliances au prix de voir une loi bénéficiant à son peuple d'origine de souffrir de ne plus être appliquée ? Vivement les J.O, que l'on se ridiculise sur le plan mondial comme si tel n'était pas déjà le cas et qu'en dehors de nos frontières/passoires les peuples du monde entier rigolent de ce qu'est devenu notre pays abandonné à l'indigence. Une disette qui dans les milieux intellectuels n'a jamais autant offert son bout de gras à ces fainéants qui plutôt que de se lever le cul au lever du Soleil pour aller bosser espèrent faire une carrière d'influenceurs et donc du fric sur les réseaux sociaux. Qu'il s'agisse du petit écran sacrifié sur l'autel de la télé-poubelle et dont le gourou est désormais un ancien stagiaire aigri et revanchard de Comédie+, de cette presse-papier qui, au mieux, mérite qu'on se torche les fesses avec une fois celles-ci posées sur le trône, ou de ce cinéma typiquement français qui convie sous le symbole du partage communautaire, ce même appauvrissement artistique, je vous le dis, on est dans la merde ! Stanley Kubrick, Eric Zemmour et Mike Judge ont ceci en commun qu'ils annoncèrent chacun à leur manière et avec plus ou moins de véracité ce qui est en train de se produire chez nous, sur notre sol. Ce pays de la bonne chair ou bouffer gras, boire alcoolisé tout en s'exprimant cru est dans le viseur des bien-pensants. Il reste alors l'espoir de s'évader non plus dans nos campagnes où se propage cette maladie que j'ose à peine nommer ici mais que tout le monde est forcé de reconnaître, mais dans ces salles obscures où là, au moins, le temps d'un film, la lumière s'éteint pour nous faire partager ce petit moment de détente auquel toutes et tous nous pouvons prétendre. Et comme personne ne pourra jamais nous contraindre de foutre les pieds dans une salle faisant la propagande de ces piètres cinéastes et interprètes à peine sortis de leurs couches-culottes et dont les seules qualités seraient de prôner la diversité culturelle ou ce wokisme puant qui malheureusement interpénètre parfois notre esprit, c'est donc une comédie bien française, voire, dans l'esprit, franchouillarde à laquelle nous nous sommes rendus la semaine passée.


Par défaut, on s'imagine attendre que le film soit diffusé à la télé ou partagé illégalement sur certains sites de téléchargement illicites mais le danger de perdre la tête est désormais si présent que l'on est prêt à jeter son argent par la fenêtre pour se changer les idées ne serait-ce qu'une ou deux heures dans la journée. Pour les anciens, ceux qui ne passent pas leur temps le tarin rivé sur leur smartphone à compter les Followers qui se pointent sur leur dernier post, Didier Bourdon et Thierry Lhermitte eurent leur heure de gloire. Le premier au sein des Inconnus, le second, parmi les membres de la Troupe du Splendid. Les jeunes (racailles) d'aujourd'hui ont beau se filmer en train de jeter des caddies par dessus les ponts des autoroutes, ils ne voleront pas la vedette à nos anciennes stars qui malgré leur âge n'ont pas fini de nous faire marrer. Quiconque ne fut jamais en odeur de sainteté vis à vis des chasseurs doit se dire qu'une chasse au gibier des cités ferait sans doute beaucoup de bien aux communautés contraintes de vivre entourées de barbares en culotte courte gagnant en une seule journée ce que certains mettent parfois deux jours à encaisser ! Didier Bourdon ''reprend'' son rôle de chasseur dans le sketch culte éponyme qu'il interpréta dans les années quatre-vingt avec ses compagnon de route Bernard Campan et Pascal Legitimus. De manière évidemment beaucoup moins caricaturale.


Face au couple formé de Camille Lou et Hakim Jemili, le voici défendant son art, entouré et appuyé par un village tout entier lorsque Adélaïde, épouse de Simon avec lequel elle vient de s'installer dans un petit village de campagne et fille de Gaspard, demande à ce dernier d'intervenir pour y faire interdire la chasse. On connaît la suite et de ce point de vue là, rien à dire puisque tout y est scrupuleusement balisé. Oui mais voilà. Tout autant que Chasse gardée puisse être une comédie comme le cinéma français en produit des dizaines chaque année, le film d'Antonin Fourlon transpire la vieille France contre laquelle le jeune couple de parisiens ne pourra finalement pas grand chose. Car en dehors de cet écart moral bien ancré dans certains gènes qui veut que ces derniers auront le dernier mot lors d'une séquence idéologiquement assumée, à force de voir la gueule d'un aymeric caron (sans majuscules, s'il vous plaît) ou d'une Solveig Halloin sous acide hurler en langage antispéciste que de manger de la viande est comparable au génocide juif, on finit par prendre fait et cause pour ces hommes amoureux de leur pays et de la nature qui les entoure. Viennent se greffer à cet univers où se télescopent deux modes et deux visions de la vie, des séquences réellement drôles et parmi lesquelles, un banquet qui s’éternise, sur les tables duquel s’amoncellent bouteilles de pinard et viandes juteuses au son d'un cor de chasse et de chansons paillardes ! Bref, on sort de la salle après avoir bien ri et avec le sentiment de sortir de table, le ventre bien plein et l'esprit temporairement vidé de tous ses tracas. Un grand merci à l'acteur Julien Pestel qui dans le rôle du chasseur amoureux de son marcassin Benjamin nous aura bien fait marrer et à Hakim Jemili qui s'avère toujours impeccable...

 

samedi 21 mai 2022

Une époque formidable de Gérard Jugnot (1991) - ★★★★★★★★★☆

 


 

Ancien membre de la Troupe du Splendid, acteur dans plus de cent-vingt épisodes de séries télévisées, courts et longs-métrages, scénariste, producteur et réalisateur, la carrière de cinéaste de Gérard Jugnot est on ne peut plus remplie. Avec douze films en tant que réalisateur dont le dernier, Le petit piaf, est prévu pour décembre prochain, l'ancien compagnon de Michel Blanc, Anémone, Thierry Lhermitte, Marie-Anne Chazel, Christian Clavier et Dominique Lavanant, a souvent su séduire le public français à travers nombre de comédies devenues cultes avec le temps. Passant de la légèreté de ses premiers longs-métrages Pinot simple flic ou Scout toujours à une certaine gravité comme dans Une époque formidable qui demeure sans doute à ce jour, le meilleur d'entre tous. Grave car l'acteur/réalisateur/scénariste y aborde le thème de la marginalisation. De la clochardisation d'un ancien cadre d'entreprise spécialisée dans la vente de matelas. Gérard Jugnot est Michel Berthier, époux d'une femme superbe (l'actrice espagnole Victoria Abril dans le rôle de Juliette), beau-père de Vincent et Émilie (Julien Harlay et Beryl Le Lasseur), qui du jour au lendemain perd son travail et se retrouve à la rue après une dispute avec celle qui partage sa vie. C'est le début de la déchéance. De la galère ! Mais heureusement pour Michel, la rencontre fortuite avec trois SDF va lui permettre de surmonter cette épreuve...


Une époque formidable, c'est avant tout, le portrait plutôt réaliste de ce qui attend quiconque risque de se retrouver à la rue. Avec clairvoyance mais sans complaisance, avec pudeur mais sans misérabilisme, Gérard Jugnot réalise l'une des œuvres les plus sincères sur le sujet. Ce qui n'empêche pas le film d'être parfois émaillé de séquences relativement amusantes. À ses côtés, tout un panel d'interprètes parmi lesquels, les formidables Richard Bohringer et Ticky Holgado auxquels on ajoutera le plus rare, Chick Ortega. Interprétant respectivement les personnages de Toubib, Crayon et Mimosa, ces trois hommes sont dépeints comme des individus plutôt débrouillards, flairant l'hypothétique avantage de se lier à Michel. En effet, celui-ci possède une voiture qui pourrait les abriter tous ensemble. Drôle, touchant, émouvant même parfois,Une époque formidable propose une histoire d'amitié insolite entre un ancien cadre et des individus auxquels sans doute, il n'aurait jamais jeté un seul œil s'il avait conservé sa place dans son entreprise. Gérard Jugnot traite également du chômage. De la honte d'avoir perdu son boulot. Des mensonges qui en découlent et de la difficulté de retrouver un emploi. Mieux, il montre avec quelle vitesse un individu peu passer du statut de Col Blanc à celui de clochard, sans toit, sans chaussures et sans argent...


Parmi les seconds rôles, nous retrouvons Zabou dans le rôle d'une journaliste rudoyée par nos héros à l'entrée d'un centre d'aide sociale. Bâtiment à l'entrée duquel nous reconnaîtrons également Patrick Timsit, un an avant sa superbe autant que drôlatique incarnation de Michou, le SDF de l'excellent film de Coline Serreau, La crise. Roland Blanche interprète le personnage de Copi, un marchand de sommeil, Charlotte de Turckheim celui de la prostituée Rita, Laurent Gamelon s'affiche en propriétaire de voiture victime d'un accrochage et Chantal Ladesou en infirmière. Quant à Michèle Laroque et Guy Laporte (une vielle connaissance de Gérard Jugnot), il incarnent respectivement une employée chargée d'examiner des candidatures aux postes de cadres et le clochard Parfum ! On pourrait comparer Une époque formidable à un véritable choc des civilisations. Car ce sont deux mondes bien distincts qui s'affrontent tout d'abord. Des milieux sociaux qui en général s'évitent, se regardent en chien de faïence ou se méprisent mais qui dans le cas présent font contre fortune bon cœur. L'acteur/scénariste/réalisateur signe une œuvre beaucoup plus profonde que ses précédents longs-métrages et touche le spectateur au cœur. Une manière de désacraliser cette marginalité qui souvent fait peur ou laisse indifférent. Depuis, bien sûr, les choses ont changé pour évoluer vers un contexte plus sombre et dangereux que jamais. Qu'importe qu'aujourd'hui l'image de nos héros ressemble presque davantage à celle d'un Épinal qu'à la réalité violente qui sévit la nuit (et même le jour) dans les rues des grandes villes. On sort de la projection sourire aux lèvres d'avoir assisté à une véritable aventure humaine servie par d'excellents interprètes... À noter que la bande musicale est l’œuvre de Francis Cabrel...

 

dimanche 9 juillet 2017

Alibi.com de Philippe Lacheau (2017) - ★★★★★★★☆☆☆



Lorsqu'une équipe fonctionne, on n'en change pas. Celle (presque au complet) des deux volets de Babysitting se retrouve donc sur le tournage de Alibi.com, toujours réalisé par l'acteur, réalisateur et scénariste Philippe Lacheau (qui tient ici également le rôle principal) mais cette fois-ci sans son complice Nicolas Benamou qui lui semble avoir préféré adapter un scénario écrit à quatre mains par les scénaristes Fabrice Roger-Lacan et Frédéric jardin, et réaliser ainsi le film A Fond qui est sorti le 21 décembre 2016. A deux mois d'intervalle avec Alibi.com qui lui est sorti dans les salles le 15 février 2017. Si les deux cinéastes ont pris un chemin différents, leur s films respectif démontrent qu'ils n'ont rien perdu de la source d'inspiration dont il usèrent au moment de tourner Babysitting 1 & 2. Il n'y a en effet guère de différence dans leur manière d'aborder l'humour: des gags explosifs, un rythme qui prend parfois des allures de course folle et un style qui leur appartient et dont certains semble s'être inspirés (l'excellent Five du cinéaste Igor Gotesman). Alibi.com part d'une idée toute bête: un jeune homme ambitieux (mais pas très heureux en amour) crée une entreprise (Alibi.com, donc) dont la spécialité est de proposer des alibis aux infidèles, ou à celles et ceux qui veulent échapper à leur quotidien sans que leur(s) proche(s) soi(en)t au courant. Une entreprise bien rôdée dirigée par Greg (Philippe Lacheau), avec lequel collabore Augustin ( Julien Arruti) et leur nouvel employé, Mehdi (interprété par l'acteur Tarek Boudali), lequel est victime de narcolepsie, ce qui donnera lieu à une scène irrésistiblement drôle filmée à bord d'une voiture. Un décor qui semble convenir à l'univers délirant développé par Philippe Lacheau et Nicolas Benamou depuis leurs débuts sur Babysitting et que le second aura su exploiter jusqu'au bout avec A Fond.
Le trio Lacheau, Boudali, Arruti reformé, ne reste donc plus qu'à trouver le reste du casting. Philippe Lacheau est cette fois-ci parvenu à embaucher celui auquel il avait pensé à l'époque de Babysitting mais qui n'avait pu accepter le rôle de Marc Schaudel puisqu'il tournait déjà Les Trois Frères: le retour: Didier Bourdon. Alors que Gérard Jugnot "récupérait" le rôle à son compte, jouant ainsi aux côtés de Clotilde Courau dans le rôle de Claire, l'épouse de Marc, Didier Bourdon fait cette fois-ci partie du casting pour notre plus grand bonheur, prenant ainsi la relève de Christian Clavier qui, lui, participait au tournage de babysitting 2. Car l'une des spécificités des œuvres de Philippe Lacheau est effectivement d'engager sur le tournage de ses différents longs-métrages, de grands noms du cinéma français, lesquels donnent la réplique à bon nombre d'interprètes peu connus dans le paysage cinématographique français.
Le résultat est détonnant, frais, et finalement homogène. Il n'y a aucun conflit de génération et tous semblent passer un très agréable moment. Alibi.com fait preuve d'un savant savoir-faire dans la mise en place des gags, souvent inédits bien que se rapprochant très nettement de ce que l'on avait l'habitude de voir chez Philippe Lacheau. C'est peut-être d'ailleurs la raison pour laquelle ce dernier long-métrage est un tout petit peu moins amusant que les précédents. Car à force d'user des mêmes cordes, elles risquent de finir par s'user. Par chance, l'univers déployé par le cinéaste demeure encore assez frais pour que l'on se gausse des péripéties de ses personnages. Outre les interprètes principaux (n'oublions surtout pas les présences de Nathalie Baye et d'Elodie Fontan), on a droit à quelques guests fort sympathiques:
On y croise le deuxième prix de Comédie du Conservatoire national supérieur d'art dramatique, Christian Bujeau, le "Youtubeur" Norman Thavaud, l'excellentissime Medi Sadoun, (Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ?, Débarquement Immédiat, tout deux réalisés par Philippe de Chaveron), l'humoriste totalement barrée Chantal (La Classe) Ladesou, le génial Philippe (Deschiens) Duquesne, l'actrice-humoriste Michèle Laroque, Kad Merad (que l'on ne présente plus), ainsi que les deux rappeurs La Fouine, et surtout Joey Starr, qui après avoir interprété des rôles de flic, s'amuse à titiller son image de rappeur viril en interprétant cette fois-ci le rôle d'un... mais vous le découvrirez vous-même...!
Enfin, petite mention spéciale pour l'actrice et humoriste belge Nawell Madani qui dans le rôle de la chanteuse pouffe rêvant de célébrité est irrésistible. Au final, Alibi.com est une bonne surprise, dans la veine des œuvres citées plus haut. Ceux qui furent conquis par Babysitting et compagnie aimeront, c'est certain...


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