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dimanche 23 août 2026

Les sœurs Soleil de Jeannot Szwarc (1997) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Décédé l'année dernière à l'âge de quatre-vingt sept ans, le réalisateur français Jeannot Szwarc eut une drôle de trajectoire puisque après avoir démarré sa carrière en France en réalisant des publicités télévisées ainsi que des documentaires, il quitta le pays pour les États-Unis où il débuta une longue carrière sur le territoire américain en tournant dès 1968, deux épisodes de la série L'homme de fer. Enchaînant par la suite par une dizaine d'autres séries dont Le virginien ou Opération danger, il mettra en scène son premier long-métrage pour la télévision en 1972 avec le thriller Night of Terror. Quatre autres suivront puis, entre 1970 et 1973 il réalisera dix-neuf épisodes de l'anthologie fantastique de Rod Serling Night Gallery. Son premier long-métrage cinématographique, Jeannot Szwarc le réalisera juste après, en 1973. Il s'agit du drame Extreme Close-Up. Avant de poursuivre sa carrière au cinéma, il réalisera un épisode de la série policière Columbo (Adorable mais dangereuse) et même un autre de L'homme qui valait trois milliards ! Le français continuera durant plus de vingt ans à jongler entre cinéma et télévision, réalisant d'un côté Les insectes de feu, Les Dents de la mer, 2e partie ou encore Supergirl et de l'autre, des épisodes pour les séries Kojak, Les têtes brûlées, Baretta ou encore La cinquième dimension. On le voit, le plus gros de la carrière de Jeannot Szwarc s'est donc faite outre-atlantique. Ce qui ne l'a pas empêché de revenir dans son pays d'origine, la France, dans les années quatre-vingt dix pour notamment diriger la mini-série italo-franco-allemande en quatre parties La montagne de diamants et surtout trois comédies qui verront le jour sur grand écran. S'il tourne en 1994 La Vengeance d'une blonde sur la base de dialogues écrits par Marie-Anne Chazel et Michel Delgado, lesquels conçoivent également le script aux côtés de Bernard Murat et Valentine Albin, trois ans plus tard, et après avoir réalisé Hercule & Sherlock avec Christopher Lambert, Richard Anconina et Philippine Leroy-Beaulieu, il reprend une partie de l'équipe qu'il réunissait autour de son premier long-métrage tourné dans l'Hexagone en retrouvant pour la seconde fois le scénariste Michel Delgado (qui une fois encore assure l'écriture aux côtés de Marie-Anne Chazel), la costumière Catherine Leterrier (qui se trouve être la sœur aînée du politicien Laurent Fabius), le compositeur Eric Lévi (membre du groupe Era et notamment auteur de la bande originale des Visiteurs de Jean-Marie Poiré en 1993) ainsi qu'une partie non négligeable des interprètes de La vengeance d'une blonde puisque l'on retrouve au générique Marie-Anne Chazel dans le rôle de la ''bourgeoise coincée'' Bénédicte d'Hachicourt et Clémentine Célarié dans celui de la chanteuse Gloria Soleil (nom de scène de Françoise Tricot).


Thierry Lhermitte se présente quant à lui sous les traits de Brice, l'époux de Bénédicte, et l'on peut découvrir de nouveaux venus, tels la jeune et future dramaturge Léonore Confino qui interprète ici du haut de ses douze ans la fille des Hachicourt, Clémence, Didier bénureau (Les visiteurs) dans le rôle de l'abbé Gervais, Bernard Farcy (Taxi, Les trois frères), la toujours aussi charmante Isabelle Carré dont l'importante carrière n'avait débutée que quatre ans en arrière avec le rôle de Valérie dans l'excellent comédie dramatique de Coline Serreau, Romual et Juliette ou encore dans de tout petits rôles, Alain Doutey (La septième compagnie, la série de l'été Orages d'été et sa suite Orages d'été, avis de tempête toutes deux mises en scène par Jean Sagols en 1989 et 1990) et Bruno Solo (les trois premiers volets de la saga La vérité si je mens !, la série télévisée Caméra Café)... Les sœurs Soleil évoque la rencontre entre une mère de famille aisée un peu coincée et une chanteuse sur le retour le jour où la première des deux accompagne sa fille qui a gagné le droit de participer au tournage du clip de la seconde. Contraintes pour diverses raisons de collaborer, la rencontre entre Bénédicte et Gloria va provoquer un véritable choc culturel entre leurs deux univers... Jeannot Szwarc et ses deux scénaristes évoquent la confrontation entre la vie bien lisse, respectable et emprunte de religion de Bénédicte et celle beaucoup plus extravertie et ''rock’n’roll'' de la chanteuse. Tout comme La vengeance d'une blonde, Les sœurs Soleil dénote dans la carrière de leur auteur. Déjà peu habitué à donner dans la comédie, Jeannot Szwarc semble surtout avoir voulu profiter de l'engouement du public pour les comédies de Jean-Marie Poiré période Les visiteurs en reprenant le même principe de comédie survoltée en choisissant même d'employer certains interprètes de cette comédie culte ainsi que son compositeur. Pourtant, bien loin d'intégrer la réussite des Visiteurs, Les sœurs Soleil reste assez pathétique dans son fonctionnement. Déjà que La vengeance d'une blonde n'était pas une grande réussite, Les sœurs Soleil enfonce encore un peu plus le clou de la comédie ringarde. Bref, Jeannot Szwarc a finalement bien fait de retourner ensuite aux États-Unis pour y poursuivre sa carrière à la télévision américaine jusqu'en 2019 et ainsi de nous épargner une éventuelle et nouvelle comédie faisandée tournée sur le territoire national...

 

jeudi 5 juin 2025

Pauline et l'ordinateur de Francis Fehr (1977) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Découvrir Josiane Balasko, Martin Lamotte, Gérard Jugnot, Marie-Anne Chazel ou encore Bruno Moynot avant qu'eux et les autres membres de la Troupe duSplendid ne deviennent célèbres la même année grâce aux Bronzés de Patrice Leconte a de quoi aiguiser la curiosité. D'autant plus que le film dont il est question de parler ici fut intégré dans la section Perspectives du Cinéma français née quatre ans avant sa sortie sur grand écran sous l'impulsion de Président du Festival de Cannes Robert Favre Le Bret et du Délégué général Maurice Bessy qui voulaient l'un et l'autre proposer d'autres catégories de films. Dire que Pauline et l'ordinateur échappe à celles communément proposées par le festival est un euphémisme. Sans être aussi hermétique qu'un Themroc signé en 1973 par Claude Faraldo et dont les dialogues n'étaient qu'une succession d'onomatopées et de rugissements, le premier long-métrage de Francis Fehr a de quoi laisser perplexe. Comédie au ton inhabituel et dont les séquences semblent avoir été majoritairement interprétées de manière improvisée, l'expérience est ardue pour quiconque se réfère à la catégorie dans laquelle le long-métrage semble devoir s'inscrire. Écrit par le réalisateur lui-même, Pauline et l'ordinateur est une comédie dont la subtilité est parfois, pour ne pas dire majoritairement, difficile à saisir. Le soucis principal provenant sans doute de l'implication d'interprètes (et donc de personnages) qui n'ont malheureusement pas le talent suffisant pour tenir les quelques lignes de dialogues qui leur ont été confiées sans que quelques lacunes en matière de diction ne viennent pervertir les échanges entre Josiane Balasko et chacun d'entre eux. Si le principal soucis de l'héroïne paraît avoir un lien direct avec le monde de l'informatique et des ordinateurs (d'où le titre) ainsi qu'un problème de surpoids (ironique lorsque l'on songe que l'actrice n'a sans doute jamais parue si mince à l'écran), le fond de l'histoire est assez délicat à saisir. Pauline et l'ordinateur prend davantage l'allure d'une collection de sketchs permettant à l'héroïne de croiser de nombreux personnages avec lesquels elle échange en général sur le sujet qui l'obsède principalement ! Pour être tout à fait honnête, le long-métrage de Francis Fehr s'avère plutôt pénible à regarder. Après un générique de début plutôt étrange, voire anxiogène et qui ne cadre pas vraiment avec le ton voulu par l'auteur du film, le réalisateur consacre la totalité des plans à sa vedette. Une Josiane Balasko/Pauline qui s'interroge sur le monde qui l'entoure.


Qui s'interroge, oui. Mais qui aussi Interroge les autres. Et parmi eux, des hommes et des femmes que nous n'aurons plus jamais l'occasion de revoir sur grand ou petit écran et d'autres qui verseront dans une carrière bien différente de celle qui les impose ici comme de piètres partenaires. À l'image de Jacques Attali, célébrité ''multi-tâche'' qui pourtant échoue à donner la réplique à Josiane Balasko. Concernant les membres de la Troupe du Splendid qui participent au projet, inutile d'espérer voir autre chose qu'un contenu similaire aux quelques sketchs et fausses publicités de leurs débuts. Même hésitation, même absence de dialogues réellement percutants. Les uns et les autres tâtonnent sans jamais pouvoir nous convaincre que l'expérience méritait que l'on y jette un œil ! Pourtant, il m'est arrivé de me surprendre à rire à deux occasions. La première ? Tout bêtement lorsque Josiane Balasko pose sa jambe sur une barre d'entraînement de danse classique comme le ferait un boucher sur son étal avec une pièce de bœuf. Rire nerveux ou sincère, je ne m'en souviens plus vraiment. Quant au second rire, quand a-t-il eu lieu ? Et dans quelle circonstance ? Là encore, c'est le flou total ! Concernant la bande musicale, elle est l’œuvre du compositeur français Éric Demarsan. Une musique très étrange. Expérimentale et électronique. Un courant musical balbutiant auquel sont ajoutés quelques extraits du groupe culte originaire d'Allemagne, Tangerine Dream. Un groupe formé à l'époque par son fondateur Edgar Froese, alors accompagné par les légendaires Christopher Franke et Peter Baumann. Notons que les trois membres du groupe apparaissent d'ailleurs à l'image lors d'une session d'enregistrement ! Mais en dehors de ce fait relativement marquant pour les fans de ce groupe emblématique de la Kosmische Musik propre aux années 60/70, Pauline et l'ordinateur demeure une œuvre beaucoup trop sourde aux sirènes du grand public. Un long-métrage expérimental voué à échouer dans le cercle très étroit des amateurs d'Objets Filmiques Non Identifiés. Bref, une curiosité assez désagréable à suivre jusqu'à son terme...

 

vendredi 9 août 2024

Les chèvres de Fred Cavayé (2024) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Drôle de carrière que celle du réalisateur français Fred Cavayé qui après avoir réalisé les thrillers Pour elle en 2008, A bout portant en 2010 et Mea Culpa en 2014 a complètement changé de registre pour se lancer dès 2016 dans la comédie avec Radin ! dans lequel il allait pour la première fois avoir l'occasion de diriger Dany Boon et deux ans plus tard avec Le jeu, remake mi-figue, mi-raisin du formidable Perfetti Sconosciuti du réalisateur italien Paolo Genovese. En quinquagénaire parfaitement assumé, j'eus le reflex pourtant désespéré de croire que son tout dernier long-métrage était une sorte de remake de La chèvre de Francis Veber. Démultipliant le concept en le passant au tamis du pluriel, remplaçant Pierre Richard et Gérard Depardieu par Dany Boon et Jérôme Commandeur, mais non, rien de tout cela. Bien que, oui, Fred Cavayé et ses scénaristes Sarah Kaminsky, Nicolas Slomka et Matthieu Rumani aient eu l'idée de reprendre la fameuse séquence du héros qui s'enfonçait inexorablement dans des sables mouvants... ici remplacés par une mare boueuse, et même fangeuse dirons nous, représentation éclairée d'une époque où la crasse dominait sans doute le cadre visuel et l'hygiène de ses habitants. Ici, l'on exprime moins le rejet de ces mauvaises haleines qu'exhalent les bouches d'erres dotés de dentitions gravement détériorées (particularité physique à laquelle échappe heureusement l'actrice Claire Chust qui interprète le rôle de la bergère Camille) par la parole qu'à travers quelques expression faciales de dégoût. Nous sommes au milieu du dix-septième siècle et un homme d'âge mûr alité nous conte le récit d'un procès qui eu lieu une quarantaine d'années auparavant. Opposant l'arrogant Maître Valvert (Jérôme Commandeur) à Maître Pompignac (Dany Boon) dont le palmarès des procès dont il eu la charge d'assurer la défense des accusés ne se solde jusqu'à ce jour que par des défaites, ce dernier est contacté par la jeune bergère Camille dont la chèvre est accusée d'avoir causé la mort du Maréchal de France Grégoire Hubert de Colombe. Si le concept paraît tout à fait farfelu, il faut savoir qu'au Moyen-âge il n'était pas rare que des animaux soient jugés, procès à l'issue desquels ils étaient ensuite condamnés à la potence !


À la décharge du dernier long-métrage de Fred Cavayé nous louerons la très belle reconstitution de l'époque, pas très éloignée de celle des Visiteurs de Jean-Marie Poiré, le film ayant été en partie tourné au cœur de la somptueuse cité de Plantagenêt également connue sous le nom de Vieux Mans, lequel est situé dans le Grand Ouest français. Pour un budget de dix-neuf millions d'euros, un gros travail a donc été effectué concernant le cadre, le site ayant été orné de vieilles charrues ou la place centrale ayant été recouverte d'une épaisse couche de terre boueuse afin de bien rendre compte de l'aspect que pouvait avoir le terrain à l'époque. Les costumes de Marie-Laure Lasson collent à merveille à cette impression de crasse permanente qui contraste avec cette bourgeoisie décadente ici décrite à travers le personnage de Maître Valvert et ses perruques mauves. En arrière-plan du procès s'inscrit également au sein de l'intrigue une guerre intestine entre les habitants du village et ceux qui au-delà de la rivière qui marque la frontière entre la France et la Savoie ne sont pas les bienvenus. Les Savoisiens, terme de nos jours prôné par les indépendantistes savoyards mais qui à l'époque différenciait les petites gens des nantis en accolant le terme à la grande bourgeoisie. Sorti de ce contexte, Les chèvres demeure malgré tout de piètre qualité. Au sens strict du terme qui voudrait que cette comédie nous arrache un quota minimum de rires, le constat est sans appel : à part deux ou trois sourires involontaires uniquement provoqués par des zygomatiques incontrôlables, le film est en terme de situations comiques relativement puéril. Nos personnages s'agitent à défaut de posséder des dialogues à la hauteur. Quelques micro-séquences laissent espérer un regain d'intérêt mais au fond, Les chèvres est tout simplement raté. L'on retiendra donc davantage les décors, les costumes, mais aussi l'incroyable gueule qu'affiche la plupart des seconds rôles et figurants. Pour le reste, le dernier film de Fred Cavayé et trop long et surtout piètrement écrit...

 

dimanche 31 mars 2024

Grosse fatigue de Michel Blanc (1994) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Mais qu'est-ce qui arrive à Michel Blanc ? En manque d'inspiration depuis dix ans (le film évoque pourtant le fait que seulement sept année séparent son dernier long-métrage en tant que réalisateur de l'époque où se situe l'action de Grosse fatigue), jeté hors de la boite de nuit tenue par Régine, accusé de viol sur la personne de Josiane Balasko, jeté en prison puis libéré et enfin accueilli dans la splendide résidence secondaire de Carole Bouquet dans le Lubéron, l'acteur et réalisateur semble proche de la dépression. En effet, Michel Blanc ne comprend absolument pas ce qui lui arrive. Et nous non plus d'ailleurs. Jusqu'au jour où on lui annonce qu'il va très prochainement dédicacer les cassettes de ses films au rayon ''Sport et plein air'' à l'hypercontinent d'Orange ! Bien décidé à clarifier toute cette affaire, il se rend en compagnie de Carole Bouquet à la séance de signatures... Le concept de film dans lequel tout ou partie des interprètes jouent leur propre rôle est relativement récurrent. En France, l'un des plus représentatifs du genre demeure Les acteurs que réalisera six ans plus tard le réalisateur et scénariste Bertrand Blier. Concernant le second long-métrage de Michel Blanc, parmi la pléthore d'interprètes, certains incarnent des personnages de fictions, tels Philippe du Janerand, François Morel, Jean-Louis Richard, Bruno Moynot ou encore Bernard Farcy. Des dizaines de rôles secondaires autour desquels beaucoup d'autres comédiens apparaissent sous leur véritable identité : Philippe Noiret, Charlotte Gainsbourg, Mathilda May, Dominique Besnehard, Guillaume Durant mais également, les anciens membres de la troupe du Splendid dont faisait lui-même partie Michel Blanc. C'est donc entouré de Josiane Balasko, de Marie-Anne Chazel, de Thierry Lhermitte, de Christian Clavier et de Dominique Lavanant qu'il partage avec les spectateurs cette histoire absolument loufoque et presque invraisemblable dont il a écrit le scénario aux côtés de Josiane Balasko, de Jacques Audiard et de Bertrand Blier.


Si j'ai volontairement ''oublié'' de citer le nom de Gérard Jugnot, c'est pour mieux évoquer le fait qu'en dehors de sa participation en tant qu'interprète de son propre rôle dans le film, l'intrigue repose à l'origine sur un fait-divers dont il fut lui-même la victime. En effet, durant plusieurs années, un hommes partageant les même caractéristiques physiques que lui a usurpé son identité à des fins commerciales. Un individu du nom de Michel Praz qu'avait approché la star française pour le tournage de Pinot simple flic s'est semble-t-il un peu trop prêté au jeu : l'homme signait des autographes, animait le Tour de France dans les boites de nuit et contribuait à la vente de véhicules d'une concession automobile en promettant aux futurs acheteurs une photo d'eux en sa compagnie. Tout cela contre monnaie sonnante et trébuchante, bien entendu... Au final, Gérard Jugnot lui fera un procès et finira par obtenir gain de cause. Pour en revenir au film, on devine désormais les tenants et les aboutissants de cette histoire rondement menée, bien écrite (on reconnaît bien là la verve de l'auteur de Marche à l'ombre) et relativement bien rythmée. Pour Carole Bouquet, Grosse fatigue est l'occasion de changer de registre et de s'essayer à la comédie. L'ombre de Bertrand Blier plane à plusieurs reprises au dessus du récit. Et notamment lors de la séquence située dans la cellule d'une prison où Michel Blanc va être confronté à trois voyous. Aux côtés de François Aragon et d'Antoine Basler, Arno Chevrier campe un détenu à l'éloquence proche de celle du Gérard Depardieu de Tenue de soirée. Le passage en prison rend d'ailleurs très clairement hommages à certains échanges entre Antoine et Bob, deux des trois protagonistes principaux du long-métrage de Bertrand Blier. Sur le ton de l'absurde, à la limite du cauchemar éveillé, Michel Blanc signe une comédie cynique mais très sympathique qui égratigne quelque peu le métier d'acteur en le dévoilant sous un jour nouveau. Bourré indirectement de références cinématographiques, Grosse fatigue peut être envisagé comme un OFNI du fait qu'une bonne moitié des actrices et acteurs y interprètent leur propre rôle. Ce qui n'empêche absolument pas le film d'être parfois très amusant...


lundi 4 mars 2024

3 jours max de Tarek Boudali (2023) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Il y a cinq ans sortait sur les écrans de cinéma, la comédie 30 jours max de Tarek Boudali. Premier long-métrage réalisé par ce membre de La bande à Fifi complétée par Philippe Lacheau, Élodie Fontan, Reem Kherici, Julien Arruti, Pascal Boisson et Patrick Mbeutcha trois ans après Épouse-moi mon pote. Véritable bras-cassé de la police nationale, Rayane Teisseire (Tarek Boudali lui-même) se frottait à un grand trafiquant de drogue surnommé ''Le Rat'' qu'incarnait José Garcia. L'une des spécificités de La bande à Fifi étant de convier au sein de leur œuvre différentes vedettes de la comédie française, nous y retrouvions notamment l'actrice Marie-Anne Chazel dans le rôle de la grand-mère du héros, Chantal Ladesou dans celui d'une prostituée (mère de Pierre, interprété à l'écran par Pierre Arruti) ou Philippe Dusquesne dans la peau du médecin traitant de Rayanne. Un généraliste qui d'emblée annonçait à ce poltron de flic qu'il ne lui restait plus que trente jours à vivre. Le 25 octobre 2023 est sorti sur nos écrans 3 jours max, la ''suite'' des aventures de Rayanne. Sa grand-mère qui, on le sait, participe depuis les premières aventures à des émissions de télé-réalité sous l'impulsion de la très arriviste et ancienne compagne de Rayanne (Reem Kherici dans le rôle de Linda) a été enlevée par le dirigeant d'un cartel qui exige du policier de lui remettre deux émeraudes magiques dans les trois jours. Si 30 jours max ressemblait à une comédie policière plutôt moyenne ou en tout cas, très en deçà des œuvres qui rendirent célèbre La bande à Fifi (Babysitting 1 & 2, Alibi.com), 3 jours max s'inscrit davantage dans un contexte de parodie de film d'espionnage dans lequel l'imagination fait parfois défaut au point que Tarek Boudali paraisse se sentir contraint de piller quelques bonnes idées de comédies étant déjà passées par la case parodie ! On pense bien évidemment au coup de la lance-incendie au sommet d'un immeuble, séquence empruntée à La tour Montparnasse infernale de Charles Nemes même si dans le cas de 3 jours max celle-ci trouve une issue bien différente. On pense également à la franchise américaine Mission Impossible ou à Terminator 3 : Le Soulèvement des machines dans lequel l'actrice américaine Kristanna Loken incarnait un T-X tout de cuir bordeaux vêtue.


Un costume que revêt ici Élodie Fontan en agente des Services Secrets. Et plus encore au Taken de Pierre Morel, excellent thriller d'action à l'époque incarné par l'acteur Liam Neeson et dont 3 jours max reprend la fameuse réplique de Bryan Mills lors de laquelle le héros menaçait le kidnappeur de sa fille de le chercher, de le retrouver et de le tuer...En dehors de ces petits clin d’œil un brin cheap, la dernière comédie de Tarek Boudali dans laquelle l'on retrouve en outre l'actrice espagnole Rossy de Palma dans le rôle d'Alba Suarez, Franck Gastambide dans celui qu'il incarne dans la franchise Fast and Furious ou encore Michèle Laroque en commissaire et le belge Jean-Luc Couchard dans la peau de Marc Cervoni est comme son aîné, relativement médiocre. Pire, le premier volet de ce diptyque que l'on n'espère pas voir se transformer en véritable franchise le surpassait. Et lorsque l'on oublie tout ou presque des mésaventures qui s'y déroulaient déjà seulement cinq ans après, c'est dire si la suite est mauvaise. Le concept, bien que passant de la comédie policière à la parodie d'espionnage, est le même. Des situations rocambolesques, des courses-poursuites, des répliques qui tentent de faire mouche pour une comédie à la durée assez courte (moins de quatre-vingt dix minutes). À vrai dire, l'on est très loin de ce que sont capables d'offrir aux spectateurs les membres de La bande à Fifi. Peu drôle et loin d'atteindre les qualités requises (cascades et rythme survitaminé ne faisant pas tout), 3 jours max est à ranger aux côtés d'une autre comédie du même acabit qui vit le jour il y a plus de vingt ans ! Double zéro de Gérard Pirès avec en vedette Eric Judor et Ramzy Bédia. Bref, on se demande si le groupe formé par Fifi, Juju, Reem, Tarek, Élodie et les autres ont encore de beaux jours devant eux. Leur concept, au départ très intéressant, semble s'être depuis, essoufflé. À moins que le ressent projet intitulé Chien et chat et réalisé par Reem Kherici ne nous prouve le contraire. Quelqu'un a-t-il reçu des échos à son sujet... ?

 

mardi 24 juillet 2018

Les Bronzés 3, Amis pour la Vie de Patrice Leconte (2006) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆



Trois étoiles sur dix, cela peut paraître sévère. Isolé de ses deux prédécesseurs, Les Bronzés 3, Amis pour la Vie aurait sans doute mérité une étoile supplémentaire. Peut-être deux. Mais sortir cette suite tardive vingt-sept ans après l'excellent second opus Les Bronzés font du Ski n'a aucun sens. Tout d'abord parce que la forme d'humour employée dans ce troisième volet diffère drastiquement de celui des deux autres. Ensuite parce que chacun a plus ou moins bien vieilli. Mais surtout parce que l'on a pas le droit de toucher à deux œuvres aussi cultes même si une partie du public devait fantasmer depuis longtemps sur cette arlésienne qui allait pourtant voir le jour plus d'un quart de siècle plus tard sous l'impulsion de la Troupe du Splendid qui devait à l'origine travailler sur le tournage d'un autre long-métrage, Astérix en Hispanie. Une adaptation du quatorzième album d'Astérix et Obélix compromise par Albert Uderzo lui-même, lequel n'avait pas vraiment apprécié Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre qui reste cependant la meilleure des quatre adaptations live de la célèbre bande dessinée.
Dans ce troisième opus nous retrouvons les membres du Splendid déjà présents dans les deux premiers: Michel Blanc, Marie-Anne Chazel, Christian Clavier, Gérard Jugnot, Josiane Balasko, Thierry Lhermitte, Dominique Lavanant, Martin Lamotte (qui était absent du second volet), ainsi que le plus discret Bruno Moynot. Ceux qui les accompagnaient à l'époque ont disparu du casting : Michel Creton (logique puisque dans le premier, le personnage de Bourseault qu'il incarnait mourait noyé après avoir été piqué par une raie), Luis Rego, Guy Laporte, ou encore Maurice Chevit. Deux nouveaux venus ont fait une apparition remarquée. Le premier dans la peau du fils de Nathalie et Bernard Morin. Il s'agit du propre fils de Gérard Jugnot qui jusque là n'avait joué que dans une petite dizaine de films. Le second est UNE... seconde, en la personne d'Ornella Muti.

Les Bronzés 3, Amis pour la Vie a rencontré le succès dans notre pays avec pas moins de 10 300 000 entrées. C'est bien plus que les deux premiers volets réunis, mais cela peut s'expliquer par l'engouement d'un public qui était loin, alors, de supposer que cette seconde séquelle aux Bronzés serait aussi médiocre. Tout y est effectivement très lourd. Voire vulgaire. Gisèle débarque avec une nouvelle et énorme poitrine en silicone, Jean-Claude Dusse, désormais prénommé Jessy, a totalement abandonné son look de ringard pour un autre beaucoup plus branché... et finalement tout aussi cheap. Popeye est toujours accroc au sexe bien qu'il vive désormais avec Graziella (Ornella Muti), Jérôme est toujours amoureux de Gigi bien qu'ils soient en instance de divorce, Nathalie et Bernard sont toujours en couple, quant à Christiane (ratée chirurgicalement par Jérôme), elle vit désormais en compagnie de Miguel, le couple ayant adopté une attitude des plus... zen. Enfin, Benjamin Morin, il débarque pour annoncer à ses parents qu'il vit en couple...

Terminées les répliques cultes qui s'enchaînaient sur un rythme d'enfer. Les gags sont rarement drôles et les personnages vieillissants sont déprimants. Comme s'ils rappelaient aux plus anciens d'entre nous que les années passent inexorablement. Patrice Leconte l'a annoncé : il n'y aura pas de quatrième volet. Un avis partagé par Michel Blanc qui considère qu'ils en ont fait le tour. Par contre, Thierry Lhermitte et Gérard Jugnot sont d'un avis différent et ne s'opposent pas fermement à l'idée qu'un nouveau chapitre apparaisse un jour sur les écrans. En attendant, que l'on ait aimé ou pas ce troisième épisode, d'ici l'hypothétique sortie d'une suite aux Bronzés 3, Amis pour la Vie, les spectateurs pourront au choix prier pour que le projet se concrétise ou bien qu'il reste dans les tiroirs...

jeudi 22 février 2018

Au Secours, J'ai 30 ans ! de Marie-Anne Chazel (2004) - ★★★★★★☆☆☆☆



Au Secours, J'ai 30 ans !... de... de... de... ? Marie-Anne Chazel ! Alors bien entendu, on imagine la membre de la cultissime troupe du Splendid demeurer à sa place d'actrice. On a du mal à l'imaginer derrière une caméra, dirigeant d'autres interprètes, basant sa mise en scène sur un script écrit de ses propres mains ainsi que celles de l'écrivain Benjamin Legrand, sur la base d'un ouvrage dont le titre est Le Club de la dernière chance et l'auteur l'écrivainE irlandaise Marian Keyes. Certes, le premier et seul long-métrage en tant que réalisatrice de la compagne de l'acteur Christian Clavier ressemble davantage à un téléfilm programmable sur le réseau de chaînes France Télévisions qu'à une œuvre produite pour les salles obscures. Mais de là à le mépriser au point d'en faire un point de comparaison avec certaines émissions télévisées (Aden) ou d'arguer qu'il n'est que naïveté, proche de l'amateurisme, caricatural, et alors ? Quel est donc le problème ? Sans doute que Marie-Anne Chazel a-t-elle voulu troquer son uniforme d'actrice pour celui de réalisatrice. Alors oui, pour ne reprendre que les propos du Monde ou des Inrockuptibles, Au Secours, J'ai 30 ans ! est naïf, et caricatural. Sans doute amateur, je l'accorde. Mais certaines de ces remarques ne sont-elles pas le lien commun de beaucoup d'autres comédies ? Prenons comme exemple ce pauvre Franck Dubosc qui jusqu'à maintenant (et à part en quelques rares occasions) ne nous a offert que des rôles à la hauteur des personnages qu'il incarne sur scène. Cela n'a pourtant pas gêné certains d'encenser une œuvre telle que l’infâme Camping lors de sa sortie alors que dans le genre comédie ringarde et dépassée, on a rarement fait mieux.

Oui, Au Secours, J'ai 30 ans ! est léger. Oui les situations décrites l'ont déjà été mille fois auparavant. Bien entendu, Marie-Anne Chazel ne convoque pas les spectateurs à une conférence intellectuelles sur les affres de l'existence et sur le positionnement à adopter face aux obstacles que chacun pourrait rencontrer. Mais merde, quoi. Qu'ils se décoincent un peu, ces journaleux qui ont la prétention de détenir la vérité en torchant des articles qui serviront davantage de papier hygiénique que de Bible à celles et ceux qui comme moi ont apprécié ce tout petit film qu'est Au Secours, J'ai 30 ans !

Pierre Palmade n'étant pas connu pour avoir fait une immense carrière au cinéma (une grosse dizaine de longs-métrages, ce qui n'est tout de même pas mal), il était donc intéressant de le découvrir dans le rôle de Yann, ami depuis l'enfance de Khaty (l'actrice italienne Giovanna Mezzogiorno) et Tara (Nathalie Corré). Un trio qui s'est promis de toujours s'entraider. Et l'occasion va se présenter lorsque le jeune homme annonce à ses deux amies qu'il est atteint d'un cancer. Mais alors qu'aux côtés de son compagnon Alfredo, Yann va se battre contre la maladie, le jeune homme va tout faire pour pousser Khaty et Tara à améliorer leur existence. Car en effet, la première s'acharne à vivre seule et refuse catégoriquement tout rapport avec les hommes. Quant à Tara, elle vit en compagnie de Thomas avec lequel, malgré ses affirmations, la jeune femme n'est pas vraiment épanouie...

Si l'on doit faire un reproche au long-métrage de Marie-Anne Chazel, c'est d'avoir quelque peu zappé le personnage incarné par Pierre Palmade qui du coup, devient secondaire alors que le portrait de cet homme s'accrochant à la vie tout en faisant face à toutes les étapes comportementales liées à la maladie (le combat, la résignation, l'acceptation) était des plus intéressant. Non, Marie-Anne Chazel s'intéresse davantage au personnage de Khaty et dans une moindre mesure, à celui de Tara. Ce qui ne réduit pas l'intérêt puisqu'entre le charme de l'une et le désordre affectif de l'autre, le spectateur n'a pas le temps de s'ennuyer. La cinéaste convoque pour l'occasion Marthe Villalonga pour un rôle qui tient plus de l'hommage puisque son personnage, en demeure fort peu développé, n'est pas vraiment intéressant. Le beau Arnaud Giovaninetti participe également à l'aventure dans la peau de Romain, séducteur et collègue de Khaty. Plusieurs petits clins d'oeil viennent émailler le récit, comme l'apparition de Thierry Lhermitte dans son propre rôle ou Alain Doutey en prêtre.

Quant à Franck Dubosc, Marie-Anna Chazel l'emploie dans le registre qui l'a fait connaître : celui du beauf intégral. Situation qu'il partage d'ailleurs avec le toujours excellent François Morel qui dans le rôle de Thomas n'a rien à envier à son acolyte. D'un côté, l'acteur raté. De l'autre, le professeur des collèges. Comme quoi, la ringardise n'est pas l’apanage d'un seul et unique milieu social et peut toucher toutes les couches. Au Secours, J'ai 30 ans ! n'est pas un grand film, loin de là. Pas le genre de long-métrage à remporter le moindre prix ni à bouleverser la ménagère de plus de quarante ans. Tout ce même, le spectateur relèvera sans doute l'interprétation toute en justesse d'un Pierre Palmade-Yann épuisé par la maladie mais conservant sa bonne humeur (du moins, jusqu'à un certain point), la beauté magnétisante (toute italienne) et l'incarnation touchante de Giovanna Mezzogiorno, ainsi que l'incarnation « marilou-berrienne » de l'excellente Nathalie Corré...

samedi 26 août 2017

Sous le Même Toit de Dominique Farrugia (2016) - ★★★★★★★☆☆☆



Lentement, mais très sûrement, l'acteur, réalisateur, producteur et ancien humoriste Dominique Farrugia qui se distingua brillamment dès 1986 en cofondant le quatuor culte Les Nuls auprès d'Alain Chabat, Bruno Carette et Chantal Lauby réussit à se foger une belle carrière en tant que cinéaste. Des prémices un peu timides mais néanmoins fort sympathiques que furent Delphine 1 -Yvan 0 (à consacrer tout de même aux les fans purs et durs) et Trafic d'Influence, vingt ans tout rond ont passé. Une Stratégie de l’échec étonnante, une comédie romantique (L'Amour c'est mieux à deux), un Marquis qui ne convainc pas tout le monde et un Bis, il y a deux ans, réunissait Franck Dubosc, Kad Merad, Alexandra Lamy et Gérard Darmon dans un même film. Cette fois-ci, on change complètement d'interprètes mais pas de genre. Sous le Même Toit est une comédie, qui dans la lignée des œuvres passées de Dominique Farrugia se donne tout d'abord des airs de redite.
Des couples qui s'engueulent, qui s'aiment et finissent par se haïr, on en a déjà vu des tonnes, Papa ou Maman 2, sorti quelques mois plus tôt, jouant dans le même registre. Première impression : mitigée. Et même inquiète. Le film de l'ancien Nuls commence assez mal. Une ouverture pauvre, passéiste, pas vraiment innovante. D'ailleurs, Sous le Même Toit ne le sera jamais vraiment. Une femme (Louise Bourgoin) et son époux (Gilles Lellouche) divorcent. C'est la rupture et l’obligation pour Yvan, de quitter la chaleur du cocon familial. Delphine, compte bien refaire sa vie. Sortir, se « faire baiser », découvrir l'orgasme multiple. Elle s'achète de nouvelles robes, des dessous sexy et sort avec des amis avec à la clé, pourquoi pas, faire des rencontres. Tout ça alors qu'Yvan, lui, est à la rue. Lorsqu'il demande de l'aide à ses amis il fait fasse au refus. A la rue, sans argent, il retourne voir Delphine avec laquelle les rapports ne se sont pas arrangés depuis qu'ils ont divorcé. Il lui rappelle que lors de l'achat de l'appartement, il avait participé à son financement à hauteur de vingt pour cent. Une raison suffisante selon lui pour prétendre pouvoir revenir y vivre. A moins que Delphine accepte de lui racheter sa part. Mais comme elle n'en a pas les moyens, elle est forcée d'accepter le retour de son ex-mari chez elle. Les enfants sont moyennement heureux d'apprendre que leur père revient à la maison. Surtout Violette (Adèle Castillon), qui va devoir partager sa chambre avec son frère Lucas (Kolia Abiteboul) tandis que celui-ci est contraint d'abandonner la sienne à leur père. Mais le retour d'Yvan ne pas va pas être de tout repos. Ni pour lui, ni pour Delphine, ni pour leur enfants et pas davantage pour leurs amis...

Alors que dans un premier temps l'interprétation de Gilles Lellouche sonne faux, comme si l'acteur ne se sentait pas vraiment à l'aise dans le registre de la comédie, et alors que Louise Bourgoin paraît elle, fatiguée, pas vraiment impliquée, un peu... ternie (?), quelques événements viennent déclencher le sourire. Puis le rire. Sous le Même Toit n'est peut-être jamais d'une extrême finesse, mais l'on y retrouve ce débit, cette cadence, cette accumulation de gags que l'on aime dans le cinéma humoristique français. Le sujet abordé n'est peut-être pas tout neuf, mais le couple formé par Gilles Lellouche et Louise Bourgoin a suffisamment de charme et d'énergie pour qu'à aucun moment on ne s'ennuie. Le dernier long-métrage de Dominique Farrugia agit comme un diesel. Plutôt lent à démarrer, il trouve cependant son rythme de croisière assez rapidement. Les situations comiques se comptent par dizaines, avec parfois de jolies trouvailles et c'est avec un large sourire barrant notre visage que l'on sort de la projection. Le casting tout entier assure le spectacle. Des interprètes déjà cités, jusqu'aux seconds rôles. De Nicole Calfan dans le rôle de la mère de Delphine, jusqu'aux excellents Julien Boisselier dans celui de l'amant un peu gauche, en passant par Lionel Abelanski (lors d'une très courte apparition) et Marie-Anne Chazel. Sans oublier évidemment l'un des plus importants, l'acteur Manu Payet, impeccable dans le rôle de Nico, meilleur ami du couple formé par Gilles Lellouche et Louise Bourgoin. Une très belle surprise...

mercredi 26 juillet 2017

La Vengeance d'une Blonde de Jeannot Szwarc (1994) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Étrange carrière que celle du cinéaste franco-américain Jeannot Szwarc qui débuta dans le métier de réalisateur de cinéma de l'autre côté de l'Atlantique avec deux films d'horreur (Les Insectes de Feu et le second volet des Dents de la Mer), puis à réalisé entre autre, un film fantastique (Quelque part dans le Temps), un film d'espionnage (Enigma), ou encore un autre de super-héros (Supergirl) avant de débarquer chez nous dans les années quatre-vingt dix pour y tourner quelques films dont La Vengeance d'une Blonde mettant en scène le couple Christian Clavier-Marie-Anne Chazel ainsi que Clémentine Célarié. Le cinéaste retrouvera d'ailleurs trois ans plus tard les deux actrices pour son dernier long-métrage Les Sœurs Soleil avant de quitter définitivement les plateaux de cinéma (et la France) pour se consacrer uniquement aux séries télévisées américaines.
Un 'divorce' avec notre pays qu'on ne lui reprochera pas car, reconnaissons-le, ses rares incartades dans le domaine de la comédie française n'ont rien de franchement passionnant. Demeurant tout de même relativement divertissant de part l'énergie véhiculée par ses interprètes, La Vengeance d'une Blonde demeure une comédie sans génie, aux dialogues (écrits par Marie-Anne Chazel) insipides et à la mise en scène beaucoup trop sobre pour qu'elle se dégage du flot continuel de films qui sortent chaque année sur les écrans de cinéma. Outre la présence du trio cité plus haut, on retrouve également sur l'écran le complice de toujours de Clavier et Chazel, Thierry Lhermitte pour une caricature à peine camouflée du Patrick Sabatier des années quatre-vingt, dents parfaitement blanches et ricanement 'professionnel'. Un personnage pathétique, entièrement fabriqué, animant une émission, elle aussi, apparemment inspirée par celles que présentaient à l'époque l'ancien et célèbre animateur télé.

On croise la route d'Antoine Duléry qui, heureusement pour lui, a depuis fait son petit bonhomme de chemin dans la carrière d'acteur au cinéma et à la télévision, ainsi que la toujours épatante Annie Cordy que l'on regrette de ne pas voir plus longuement, son personnage étant à ce sujet, peu exploité. Assez logique tout de même si l'on tient compte du fait que La Vengeance d'une Blonde tourne surtout autour du trio de tête. D'un côté, les époux Bréha, installés chez Jany, la mère de Corine, qui depuis qu'elle, son époux Gérard, et leurs deux enfants, ont quitté la Bretagne pour Paris. Talentueux journaliste pour une chaîne bretonne, Gérard est convié à rejoindre l'équipe d'une grande chaîne privée dont les locaux sont situés dans la capitale. Dès son arrivée à TV8, il y rencontre la directrice de l'information, Marie-Ange de la Baume, laquelle tente très vite de mettre le grappin sur celui qu'elle compte mettre en avant afin de faire remonter l'audimat du JT nocturne. Mais alors que Philippe Vernom, le présentateur du journal de 20h est victime d'un accident, Gérard prend sa place et c'est le succès immédiat. Les chiffres n'ayant jamais été aussi élevés, il devient le présentateur officiel de ce créneau horaire.
Gérard s'attire les faveurs de Marie-Ange qui lui propose alors un week-end au Maroc. Mais pour ne pas effrayer Carole qui n'a pas été conviée à y participer, Gérard lui fait croire qu'il est invité à participer à un séminaire en Province. Sauf que le jour du départ, Carole s'aperçoit que son époux lui a menti. Dès lors, c'est le clash entre les Bréhat. Jusqu'à ce qu'ils soient conviés à participer à l'émission 'people' animée par Gilles Favier, Carole tente de faire bonne figure...

Voilà pour l'histoire. Pour le reste, c'est le calme plat. Pas de gros gags. Aucune espèce d'originalité dans la manière de mettre en scène les différents interprètes. Alors même que sortaient à quelques mois d'intervalle La Cité de la Peur d'Alain Berbérian et Alain Chabat (principalement interprété par Les Nuls), Le Péril jeune de Cédric Klapisch, ou bien Un Indien dans la Ville de Hervé Palud pour ne citer que quelques exemples de réussites dans le domaine de la comédie française, La Vengeance d'une Blonde demeure bien triste. Reste que le film séduira sans doute les nostalgiques purs et durs de l'équipe du Splendid dont trois de ses plus illustres représentants font partie du casting. Pour le reste, mieux vaut se replonger dans les trois exemples cités ci-dessus...

mardi 10 janvier 2017

On n'est pas des Anges... Elles non plus de Michel Lang (1980)



Michel Lang, c'est A Nous les Petites Anglaises en 1975, L'Hôtel de la Plage en 1978, Le Cadeau en 1982, et Club de Rencontres en 1987. Michel Lang, c'est vingt longs-métrages, cinéma et télévision confondus. Michel Lang, c'est aussi On n'est pas des Anges... Elles non plus. Tourné en 1980 et sorti l'année suivante, ce cinquième film du cinéaste français est comme les autres. Léger, certainement pas impérissable, mais suffisamment rythmé pour que l'on ne s'y ennuie pas un instant. Même aujourd'hui, après l'avoir découvert à l'époque. Après l'avoir aimé, avoir espéré le redécouvrir, et avant d'être obligé de reconnaître qu'il me faudrait attendre longtemps. Trop peut-être puisque j'ai fini par baisser les bras.  Et pourtant, des efforts et des recherches, j'en ai fait. Beaucoup. Mais nulle trace de lui. Jusqu'à il y a encore quelques jours. J'ai repris confiance et l'ai enfin trouvé. En fait, On n'est pas des Anges... Elles non plus existe en dvd depuis 2012. Année de fin du monde et année même où j'ai, comme dit plus haut, abandonné tout espoir de le revoir un jour. Une édition minimaliste. Un boîtier au format slim, pas de bonus. Pas même la moindre bande-annonce. Mais si fier d'avoir enfin pu le dénicher, le reste m'importe peu.
La grande question demeurant : « Lui trouverais-je autant de qualités qu'à l'époque de sa sortie ? »

Il y a peu de chances en réalité. Fantasmant longtemps sur les pitreries du trio de mâles gravitant autour de la jolie Sabine Azéma, aujourd'hui le film peut avoir pris un sacré coup de vieux. Et pour ne pas subir les méfaits du temps tout seul, j'invite Anna à le regarder avec moi. Tout commence par cette scène au restaurant. Le coup de la mouche dans les profiteroles, je m'en souviens comme si c'était hier. Georges Beller en réalisateur de Romans-photos également. Tout comme henry Courseaux et Pierre Vernier, troisième et quatrième membres du groupe.

Ce dont je ne me souvenais plus, c'était la présence également d'un certain nombre de seconds rôles tout à fait plaisants : Duilio Del Prete dans le rôle du dragueur italien tour à tour collant et attachant. Maire-Anne Chazel, en jeune professeur fiancée à Roland (Henry Courseaux) et rêvant d'aventure. Ou encore le toujours excellent Jacques François en patron de Grégoire (Pierre Vernier), lequel va entretenir sans le savoir une relation avec l'épouse de celui-ci. Eux, mais d'autres encore : Max Montavon dans son éternel rôle d'homosexuel, Elisa Servier dans celui de la sœur de Marie-Louise (Sabine Azéma), et même Jean Reno dans le minuscule rôle du serveur au tout début du film.

Un Éléphant ça Trompe Énormément-Nous n'irons pas au Paradis auquel On n'est pas des Anges... Elles non plus semble s'identifier, le film de Michel lang fait quelque peu pâle figure devant les monuments que sont les deux œuvres de l'acteur-cinéaste Yves Robert et pourtant, il y a je ne sais quoi dans ce petit long-métrage qui le rend attachant. Sans doute la présence de ces seconds rôles cités plus hauts, la fraîcheur de Sabine Azéma, ou bien les pitreries du trio de tête dont un Georges Beller qui qui cabotine plus encore que ses deux acolytes. 

L'histoire est des plus simple. Quatre amis se connaissent depuis dix ans. Trois hommes et une femme. Entre Gilles, Grégoire et Roland, c'est l'éternelle compétition et Marie-Louise, elle, c'est la confidente, la bonne copine. Celle qui va tomber pour une fois, amoureuse d'un homme. Ses trois amis vont alors tout mettre en œuvre pour que cette relation toute neuve tombe très vite à l'eau. Comparé au dyptique
Au final, si l'impression diffère de celle ressentie par le passé, On n'est pas des Anges... Elles non plus a conservé presque tout ses « qualités ». La liste des œuvres n'ayant pas tenu le poids des années étant impressionnante, le film de Michel Lang s'en sort avec les honneurs dus à son statut de petite comédie française du début des années quatre-vingt. Pas un chef-d’œuvre, certes, mais un bon divertissement tout de même...

vendredi 3 juillet 2015

Les Visiteurs 2 : Les Couloir du Temps de Jean-Marie Poiré (1998)

 
Maintenant que le Comte Godefroy de Montmirail est parvenu a éviter la mort du Duc de Pouille quelques instants avant le drame il va pouvoir enfin épouser Frénégonde, la fille de ce dernier. Malheureusement pour lui, Jacquouille, en ayant dérobé les bijoux du Duc et en les ayant dissimulé dans la cache secrète d'une église avant de les récupéré dans le vingtième siècle, a empêché que les couloirs du temps ne se referment. De plus, c'est son petit-petit-petit-petit-fillot qui s'est retrouvé projeté neuf cent ans plus tôt à sa place lors du voyage du retour. Le Duc de Pouille se meurt. Jacquard est rattrapé par l'inquisition et risque d'être exécuté sur la place publique. Jacquouille, lui, se trouve toujours en compagnie de sa nouvelle amie, la clocharde Ginette, quand au mariage entre Godefroy et Frénégonde, il ne peut avoir lieu tant que les bijoux n'auront pas retrouvé leur place originelle. C'est ainsi que le Comte retourne voir le magicien Eusebius, celui-là même qui lui donna la potion magique, afin de retourner une fois de plus dans le futur afin de récupérer le biens du Duc de Pouille...

C'est ainsi que débute donc ce second volet des aventures de Godefroy et de son fidèle écuyer Jacquouille. On retrouve les mêmes acteurs que dans le premier volet, certains rôles ayant disparu, Isabelle Nanti et d'autres ne font plus partie du casting. On aurait peut-être aimé voir s'étoffer certains rôles comme celui du Docteur Bovin campé par la savoureux Didier Bénureau. Maire-Anne Chazel, Christian Bujeau et bien évidemment Jean Réno et Christian Clavier font toujours partie du casting, accompagnés cette fois-ci par Claire Nadeau, Philippe Nahon ou encore Jacques François. Clavier campe non seulement les rôles de Jacquard et de Jacquouille mais aussi, désormais, celui de Prosper le purineur. Un nouveau personnage qui aurait mérité d'avoir une plus grande place. Le cinéaste n'a pas oublié l'excellente (mais trop courte) apparition de Jacques François dans Le Père Noël est une Ordure, et lui confie le rôle du mari de Gisèle, interprétée par l'excellente Sylvie Joly. A ce propos, offrir le rôle de Frénégonde/Béatrice à cette immense humoriste aurait sans doute été plus judicieux que de le donner à Muriel Robin, elle aussi très bonne humoriste mais qui ici a bien du mal à nous faire oublier la fameuse Frénégonde interprétée par l'exceptionelle Valérie Lemercier.

Cette dernière d'ailleurs explique son refus de tourner la suite en raison du scénario qu'elle jugeait faible en comparaison de celui du premier épisode. Et comme elle le précisait à juste valeur, il est vrai que Les Visiteurs 2 : Les Couloir du Temps est moins bon. Le rythme y est bien présent et les gags s'enchaînent pourtant très bien. Cependant, ils demeurent plus faibles qu'auparavant. Plus lourds et moins drôles, il accusent le coup. Et l'absence de Valérie Lemercier est un vrai problème. Elle qui interprétait merveilleusement bien les rôles de Frénégonde et surtout celui de Béatrice n'et plus là, donc, et c'est Muriel Robin qui doit relever le défis. Sauf que l'humoriste galère, surjoue et manque de naturel. Elle n'est pas mauvaise, non, disons simplement que son jeu et incomparable à celui de Valérie Lemercier. 


Pour le reste, on retrouve les mêmes ingrédients. Si certains fonctionnent bien ensemble (le choc des cultures et des époques) d'autres tournent un peu en rond (des gags qui ressemblent parfois un peu trop à ceux du premier épisode et un Christian Clavier qui en fait parfois un peu trop). Les Visiteurs 2 : Les Couloir du Temps demeure pourtant une bonne comédie, très bonne même, et à laquelle Jean-Marie fit l'erreur de donner une (fausse) suite, ou plutôt un remake à l'américaine qu'il tourna lui-même avec toujours dans les rôles principaux Jean Réno et Christian Clavier, entourés cette fois-ci d'acteurs et actrices anglo-saxons. Le film fut un bide à tel point que le film faillit cauer la faillite la société de production française Gaumont...
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