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vendredi 23 février 2018

Brillantissime de Michèle Laroque (2017) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆



Une étoile pour Kad Merad, une autre pour Gérard Darmon, et surtout, une dernière pour Françoise Fabian. Pas une de plus, et sur dix, ça ne pèse pas lourd. Brillantissime est le premier, et espérons-le, dernier long-métrage de et avec Michèle Laroque. Et un naufrage artistique à l'ampleur abyssale. Rien que le titre est un mensonge éhonté qui trompe sur la marchandise. L'actrice-réalisatrice aura beau avoir convoqué une belle brochette d'acteurs, la sauce ne prend pas. Si sa volonté fut de proposer un catalogue exhaustif de poncifs, de répliques éculées et de clichés, Michèle Laroque a alors parfaitement rempli sa mission. On ne peut concevoir Brillantissime comme l’œuvre d'une cinéaste accomplie. Comment s'expliquer que le long-métrage soit aussi triste ? Que la bande-musicale d'Alex Beaupain soit aussi désolante que la directions d'acteurs ?A ce titre, seul Bénabar semble avoir profité d'un scénario mort dans l’œuf pour composer la belle et mélancolique chanson Cimetière du Midi. Concernant les interprètes, pour revenir aux premiers évoqués, Kad Merad n'est pas le plus mauvais même si on l'a connu en plus grande forme. Gérard Darmon demeure peut-être l'un des rares à tirer son épingle du jeu même si son interprétation est parfois fade. Quant à Françoise Fabian, c'est bien elle qui incarne l'un des rares personnages à demeurer véritablement intéressant. Allez, ajoutons au tableau des quelques toutes petites bonnes idées, la participation de l'espagnole Rossy de Palma en meilleure et originale amie de l'héroïne Angela, interprétée, elle, par Michèle Laroque.

Quant aux autres... Pascal Elbé, Pierre Palmade, Marthe Villalonga ou Jean Benguigui, tous sont sous-exploités. Concernant Michael Youn, cela peut encore se comprendre. Un compagnon d'un soir, d'une nuit... Plutôt que de s'attarder sur quelques idées, Michèle Laroque semble avoir esquissé sur le papier une foule de propositions, sans faire le choix entre certaines d'entre elles, nous les imposant et constituant ainsi un catalogue complet de scènes convenues.
C'en est presque dérangeant. Surtout lorsque l'on apprécie l'artiste qui à plusieurs reprises à partagé la scène avec son complice, l'excellent Pierre Palmade. Puisque l'on ne rit que très rarement, on finit par espérer ce moment de tendresse ou d'émotion qui survient désormais dans la majeure partie des comédies. C'est ainsi qu'abandonnée par son petit ami, la fille d'Angela (Oriane Deschamps, la fille de Michèle Laroque dans la vie), chanteuse dans un petit groupe de rock, se retrouve seule sur scène. Rejointe par sa maman, mère et enfant interprètent ensemble la chanson La Vie au Ras du Sol. C'est mignon, sans plus. Pas de quoi verser sa petite larme ni de supporter les effluves des autres spectateurs, je l'espère, aussi médusés que j'ai pu l'être.

Je disais donc plus haut qu'il m'était arrivé de ressentir une réelle gêne devant certaines scènes. Michèle Laroque, Benjamin Morgaine et Lionel Dutemple semblent avoir eu si peu d'imagination (trois scénaristes et une majorité de scènes empruntées ailleurs, faut le faire !!!) que l'on assiste parfois à un étalage de scènes copiées, collées. Combien de fois avons-nous par exemple effectivement déjà vu ce classique concernant le personnage principal à mettre honteusement les pieds dans un sex-shop planqué sous un imperméable et sous une épaisse paire de lunettes ? Ce passage n'est que l'une des très nombreuses scènes piochant dans l'immense banque cinématographique. Brillantissime transpire la naïveté à plein nez, mais lorsque l'on paye sa place pour voir un film qui mériterait déjà à peine que l'on s'y abandonne devant son propre écran de télévision, on a plus vraiment envie de sourire de tendresse pour cette première et pauvre tentative ratée. On s'apitoie. Ô, non pas pour l'humoriste-actrice-réalisatrice-scénariste. Non pas pour ses interprètes ou pour son équipe technique. Mais plutôt pour soi-même, et pour tous ceux qui tomberont dans le piège. Peut-être l'un des plus mauvais films qu'il m'ait été donné d'aller voir au cinéma. Pas aussi désastreux que le néant absolu que fut Paranormal Activity, mais quand même sacrément décevant...

jeudi 22 février 2018

Au Secours, J'ai 30 ans ! de Marie-Anne Chazel (2004) - ★★★★★★☆☆☆☆



Au Secours, J'ai 30 ans !... de... de... de... ? Marie-Anne Chazel ! Alors bien entendu, on imagine la membre de la cultissime troupe du Splendid demeurer à sa place d'actrice. On a du mal à l'imaginer derrière une caméra, dirigeant d'autres interprètes, basant sa mise en scène sur un script écrit de ses propres mains ainsi que celles de l'écrivain Benjamin Legrand, sur la base d'un ouvrage dont le titre est Le Club de la dernière chance et l'auteur l'écrivainE irlandaise Marian Keyes. Certes, le premier et seul long-métrage en tant que réalisatrice de la compagne de l'acteur Christian Clavier ressemble davantage à un téléfilm programmable sur le réseau de chaînes France Télévisions qu'à une œuvre produite pour les salles obscures. Mais de là à le mépriser au point d'en faire un point de comparaison avec certaines émissions télévisées (Aden) ou d'arguer qu'il n'est que naïveté, proche de l'amateurisme, caricatural, et alors ? Quel est donc le problème ? Sans doute que Marie-Anne Chazel a-t-elle voulu troquer son uniforme d'actrice pour celui de réalisatrice. Alors oui, pour ne reprendre que les propos du Monde ou des Inrockuptibles, Au Secours, J'ai 30 ans ! est naïf, et caricatural. Sans doute amateur, je l'accorde. Mais certaines de ces remarques ne sont-elles pas le lien commun de beaucoup d'autres comédies ? Prenons comme exemple ce pauvre Franck Dubosc qui jusqu'à maintenant (et à part en quelques rares occasions) ne nous a offert que des rôles à la hauteur des personnages qu'il incarne sur scène. Cela n'a pourtant pas gêné certains d'encenser une œuvre telle que l’infâme Camping lors de sa sortie alors que dans le genre comédie ringarde et dépassée, on a rarement fait mieux.

Oui, Au Secours, J'ai 30 ans ! est léger. Oui les situations décrites l'ont déjà été mille fois auparavant. Bien entendu, Marie-Anne Chazel ne convoque pas les spectateurs à une conférence intellectuelles sur les affres de l'existence et sur le positionnement à adopter face aux obstacles que chacun pourrait rencontrer. Mais merde, quoi. Qu'ils se décoincent un peu, ces journaleux qui ont la prétention de détenir la vérité en torchant des articles qui serviront davantage de papier hygiénique que de Bible à celles et ceux qui comme moi ont apprécié ce tout petit film qu'est Au Secours, J'ai 30 ans !

Pierre Palmade n'étant pas connu pour avoir fait une immense carrière au cinéma (une grosse dizaine de longs-métrages, ce qui n'est tout de même pas mal), il était donc intéressant de le découvrir dans le rôle de Yann, ami depuis l'enfance de Khaty (l'actrice italienne Giovanna Mezzogiorno) et Tara (Nathalie Corré). Un trio qui s'est promis de toujours s'entraider. Et l'occasion va se présenter lorsque le jeune homme annonce à ses deux amies qu'il est atteint d'un cancer. Mais alors qu'aux côtés de son compagnon Alfredo, Yann va se battre contre la maladie, le jeune homme va tout faire pour pousser Khaty et Tara à améliorer leur existence. Car en effet, la première s'acharne à vivre seule et refuse catégoriquement tout rapport avec les hommes. Quant à Tara, elle vit en compagnie de Thomas avec lequel, malgré ses affirmations, la jeune femme n'est pas vraiment épanouie...

Si l'on doit faire un reproche au long-métrage de Marie-Anne Chazel, c'est d'avoir quelque peu zappé le personnage incarné par Pierre Palmade qui du coup, devient secondaire alors que le portrait de cet homme s'accrochant à la vie tout en faisant face à toutes les étapes comportementales liées à la maladie (le combat, la résignation, l'acceptation) était des plus intéressant. Non, Marie-Anne Chazel s'intéresse davantage au personnage de Khaty et dans une moindre mesure, à celui de Tara. Ce qui ne réduit pas l'intérêt puisqu'entre le charme de l'une et le désordre affectif de l'autre, le spectateur n'a pas le temps de s'ennuyer. La cinéaste convoque pour l'occasion Marthe Villalonga pour un rôle qui tient plus de l'hommage puisque son personnage, en demeure fort peu développé, n'est pas vraiment intéressant. Le beau Arnaud Giovaninetti participe également à l'aventure dans la peau de Romain, séducteur et collègue de Khaty. Plusieurs petits clins d'oeil viennent émailler le récit, comme l'apparition de Thierry Lhermitte dans son propre rôle ou Alain Doutey en prêtre.

Quant à Franck Dubosc, Marie-Anna Chazel l'emploie dans le registre qui l'a fait connaître : celui du beauf intégral. Situation qu'il partage d'ailleurs avec le toujours excellent François Morel qui dans le rôle de Thomas n'a rien à envier à son acolyte. D'un côté, l'acteur raté. De l'autre, le professeur des collèges. Comme quoi, la ringardise n'est pas l’apanage d'un seul et unique milieu social et peut toucher toutes les couches. Au Secours, J'ai 30 ans ! n'est pas un grand film, loin de là. Pas le genre de long-métrage à remporter le moindre prix ni à bouleverser la ménagère de plus de quarante ans. Tout ce même, le spectateur relèvera sans doute l'interprétation toute en justesse d'un Pierre Palmade-Yann épuisé par la maladie mais conservant sa bonne humeur (du moins, jusqu'à un certain point), la beauté magnétisante (toute italienne) et l'incarnation touchante de Giovanna Mezzogiorno, ainsi que l'incarnation « marilou-berrienne » de l'excellente Nathalie Corré...

mercredi 2 avril 2014

Astérix Et Obélix Contre César de Claude Zidi (1999)



La Gaule, cinquante ans avant Jésus-Christ. Alors que tout le pays est envahi par les romains, il subsiste un village d'irréductibles gaulois dirigés par par le chef Abraracourcix. Non loin de là, le romain Malosinus vient prélever les impôts à bord d'un chariot transportant un coffre rempli de pièces d'or. Lorsqu'il passe devant un chantier dans lequel travaille Prolix, une pièce tombe au sol. Le pauvre hère recouvre le précieux trésor d'une pelletée de terre et patiente jusqu'à la fin de la journée pour la découvrir et la mettre en poche.

Se doutant que Malosinus va prélever dès le lendemain l'impôt dans le village où vivent Astérix, Obélix et leurs amis, Prolix en profit pour rendre une visite aux gaulois, et, se faisant
passer pour un devin, il leur prédit la venue des romains. Abraracourcix, Panoramix et le rste du village est pendu aux lèvres du faux devin. A par peut-être Aastérix qui voit en la venue de ce petit homme, un mauvais présage.

Chez les romains, l'ambitieux Détritus rêve de s'accaparer le pouvoir et de prendre la place de César. Et pour cela, il a une idée : Chaque année, les druides se réunissent dans la forêt des Carmutes afin d'élire l'inventeur de la meilleure potion magique. C'est ainsi que Détritus se fait passer pour l'un d'eux, et que, accompagné de plusieurs soldats romains déguisés en druides, il fait enlever Panoramix durant la cérémonie afin que celui-ci lui révèle le secret de la potion magique.

Lorsque au village gaulois on apprend la nouvelle, il est décidé qu'Astérix et Obélix devront partir à la recherche de leur druide afin de le ramener parmi les siens. Et pour cela, Obélix se fait passer pour un romain ayant capturé Astérix, pénétrant ainsi le village dans lequel est enfermé et torturé Panoramix...

Première adaptation de la célèbre bande-dessinée Astérix et Obélix, Astérix et Obélix Contre César sort en 1999. Clavier, Depardieu, Benigni, Galabru, Piéplu, Prévost, Palmade, Castaldi et Muller sont de l'aventure. Une histoire que respecte assez bien le contenu de la bande-dessinée dont elle s'inspire. Malgré la présence de très bons acteurs, le résultat est mitigé. Le film n'est ni bon, ni mauvais. Il fait partie de ces œuvres que l'on regarde avec un certain plaisir mais que l'on finit par très vite oublier. On assiste aux pitrerie de tous tout en souriant mais sans jamais vraiment rire aux éclats. Castaldi a le profil idéal, et, avec son visage grossier, il n'a pas besoin de maquillage pour apparaître caricatural. Clavier n'est pas, pour une fois, le personnage redondant qu'il s'est crée avec Jacquouille dans Les Visiteurs. Depardieu est loin, très loin des grands rôles qui l'ont hissé jusqu'au statut de star mais il fait ce qu'il peut et apparaît même attachant dans son rôle d'ours parfois timide (surtout lorsqu'il évoque la délicieuse Falbala), "léger" ou rustre.

Les quelques passages mettant en scènes des acteurs tels que Palmade, Prévost, Piéplu ou encore Muller sont un pur bonheur qui remettent en mémoire l'heure de gloire de chacun d'entre eux. C'est peut-être même ces scénettes que l'on aurait aimé voir se succéder plutôt que cette histoire somme toute convenu puisque déjà célébrée à travers la bande-dessinée. Les décors quand à eux sont relativement peu réalistes, et, bien que leur importance soit à mettre en doute, il aurait été peut-être plus judicieux de nous proposer des structures dantesques plutôt que des façades à la limite du carton-pâte. L'adaptation d'une bande-dessinée expliquant peut-être ce choix...


Astérix et Obélix Contre César demeure une bonne petite comédie à la française, qui se bonifiera peut-être même avec le temps, l'aspect quelque peu ringard de ses effets-spéciaux lui offrant un cachet similaire à quelques œuvres devenues cultes par la suite. Mais un doute subsiste malgré tout quand à cette question. A voir donc. Une fois...
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