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dimanche 17 mai 2026

Les hommes préfèrent les grosses de Jean-Marie Poiré (1981) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

C'était les années quatre-vingt et à l'époque certains n'avaient pas peur d'aborder des sujets désormais ''sensibles'' sous l'angle de la comédie sans se faire taxer comme ici, de grossophobie ! Nous sommes en 1981 et Jean-Marie Poiré n'a pas encore signé l'adaptation cinématographique de la pièce de théâtre Le père Noël est une ordure, le génial Mes meilleurs copains ou le premier volet de la trilogie (si l'on ne compte pas la version américaine) Les visiteurs. En ce début de décennie où la liberté d'expression avait encore un sens, Josiane Balasko est tout comme la plupart des membres de la Troupe du Splendid l'une des grandes vedettes de la comédie française. Après les deux premiers volets de la saga Les bronzés, l'actrice enchaîne les rôles et rien qu'en cette année 1981, elle participe aux tournages de Clara et les chic types, Le maître d'école (aux côtés de Coluche), d'Hôtel des Amériques et donc des Hommes préfèrent les grosses qui selon le titre tente à vouloir faire croire que la gente masculine serait davantage attirée par les femmes rondes, dodues et même pourquoi pas, obèses. Pourtant, l'on découvre rapidement que la ''grosse'' de cette sympathique comédie qui connaîtra une rude concurrence puisque la même année sortira La chèvre de Francis Veber, La soupe aux choux de Jean Girault ou la comédie satirique de Bertrand Tavernier, Coup de torchon n'est paradoxalement pas au centre des attentions des hommes qui gravitent autour d'elle puisque c'est après avoir tout fait pour trouver une colocataire encore moins attirante qu'elle (on retiendra d'ailleurs à ce sujet la savoureuse réplique de sa meilleure amie incarnée par Dominique Lavanant) que Lydie (Josiane Balasko, donc) tombe finalement sur Eva, un joli mannequin incarné par l'actrice et... mannequin justement, Ariane Lartéguy. Après s'être faite plaquer par son petit ami et chef du personnel de l'entreprise pour laquelle elle travaille Paul Berthelot (Martin Lamotte) et avec lequel elle avait prévu de s'installer dans un tout nouvel appartement, Lydie Langlois cherche donc désormais à partager le loyer avec une colocataire. C'est là qu'arrive Eva. Jeune femme séduisante sur laquelle s'accrochent les hommes dont Gérard, le frère de Lydie, véritable pot de colle, incarnant le beauf par excellence, ainsi que Ronald, personnage nettement plus charismatique que ce pauvre petit vendeur de poisson incarné par Luis Rego. Les hommes préfèrent les grosses est typique de son époque et ne s'embarrasse pas de la moindre pincette pour traiter son héroïne comme une pauvre fille que les hommes méprisent en raison de son surpoids et d'une apparence générale qui n'en font pas un canon de beauté.


Lydie, c'est la bonne copine. La confidente. Qui débarque en boite de nuit vêtue d'une robe rose ridicule, qui se prend une baffe à la place d'un autre, qui tend gentiment l'oreille et écoute les confidences, mais qui semble aussi et surtout incapable de construire quoi que ce soit avec les hommes. Tous des cons ou presque, d'ailleurs. Entre un Luis Rego qui sous ses allures de beauf trop sûr de lui cultive le malaise, un Martin Lamotte pleutre qui n'hésite pas à balancer Lydie pour faute grave à son supérieur, laquelle se retrouve à la porte de son boulot, un Ronald en dandy de cinquième catégorie ou un Thierry Lhermitte qui dans le rôle du petit ami d'Arlette (Dominique Lavanant) se la joue végétarien pacifiste mais s'avère être en fait un bon gros connard ! On a beau avoir de la tendresse pour le personnage incarné par Josiane Balasko et trouver que les personnages masculins que l'héroïne est contrainte de se farcir ne sont que de sombre crétins mais reconnaissons que Les hommes préfèrent les grosses est franchement très drôle et charrie quelques répliques ou situations relativement cocasses. Lydie cherchant une colocataire : ''Faudrait qu'elle soit beaucoup plus moche que moi. Comme ça, je serai tranquille...'' Arlette lui répondant du tac au tac : '' M'enfin, ne m'dis pas que tu cherche un monstre. Tu trouveras pas, faut pas rêver !''. Notons l'intervention de Daniel Auteuil dans le rôle de l'ex compagnon d'Eva, Jean-Yves. Avec ses faux airs de psychopathe obnubilé par la jeune femme, le personnage n'est qu'un énième pauvre type comme en compte beaucoup la comédie de Jean-Marie Poiré. Du côté des anecdotes, il faut savoir que le rôle qu'interprète Luis Rego devait être joué par Michel Blanc mais celui-ci, inquiet à l'idée d'incarner un personnage trop semblable à celui de Jean-Claude Dusse qu'il incarna dans Les bronzés refusa à seulement quelques semaines du début du tournage. L'ancien membre du Splendid rencontre cette année là un grand succès grâce à la comédie de Patrice Leconte, Viens chez moi, j'habite chez une copine. Premier rôle aux côtés de Bernard Giraudeau, il n'est pas impossible que l'acteur ait également refusé le rôle de Gérard dans Les hommes préfèrent les grosses parce qu'il n'y incarnait pas le personnage central. C'est du moins ce qu'à sans doute imaginé Jean-Marie Poiré qui pour se ''venger'' du désistement de Michel Blanc fit dire à une speakerine présente un court instant dans le film la phrase suivante : ''M.B a la grosse tête''...

 

mardi 3 mars 2026

La tournée de Florian Hessique (2025) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Tandis que pour son sixième long-métrage le réalisateur et scénariste Richard Favard prend contact avec l'agent artistique Grégory Laurent (Richard Berry) afin de trouver l'un des interprètes principaux de son nouveau film intitulé Dialogue avec mon voisin, sachant que l'ancienne gloire du cinéma français Marius De Villeduc (Patrick Chesn ais) rencontre des soucis financier, son agent propose au cinéaste d'engager ce dernier sur le tournage. Bien que relativement exigeant, l'acteur accepte finalement d'interpréter le rôle prévu contre un salaire de soixante-mille euros. Une somme dont il ne touchera l'intégralité qu'à condition qu'il accepte de partir en tournée d'avant-premières dans toute la France. Principalement incarné par Patrick Chesnais, donc, mais aussi par une génération d'acteurs qui n'ont plus grand chose à prouver, La tournée réunit également de jeunes interprètes parmi lesquels nous retrouvons principalement Florian Hessique, réalisateur, scénariste et acteurs qui avec ce cinquième long-métrage se penche sur son propre vécu. En effet, le script du film repose sur son expérience des tournées promotionnelles en incarnant à travers le personnage de Richard Favard son propre avatar. Comédie en forme de road-movie parcourant la province française, La tournée est une mise en abîme du septième art dans laquelle le réalisateur exploite ses connaissances du milieu avec tout ce que cela peut comporter de joie, de bonheur mais aussi de situation nettement plus alambiquées. Florian Hessique incarne l'un des personnages centraux. Acteur-réalisateur, il est dépassé par les événements, par un certain nombre d'imprévus mais prend les choses avec une certaine philosophie. Contrairement au personnage interprété par Patrick Chesnais, dont la longue carrière d'acteur souffre relativement mal des problèmes que l'équipe va rencontrer lors de la tournée. Mais les deux hommes vont pouvoir compter sur le soutien de trois autres membres de l'équipe qui tout comme eux vont prendre les routes de France, à la rencontre de personnages parfois pittoresques. L'on est là face à une comédie qui se rapproche sensiblement du ton des Grands ducs que réalisa Patrice Leconte il y a une trentaine d'années...


Retour sur le devant de la scène d'une vieille star de cinéma dont les nouvelles ''figures'' se souviennent à peine, choc des générations, problèmes techniques et logistiques, bref, les deux heures qui se profilent sont la promesse éventuelle d'une aventure drôle et riche en situations ''folkloriques''. Afin d'accompagner les deux acteurs vedettes, ceux du long-métrage lui-même ainsi que ceux de cette mise en abîme, Florian Hessique convie dans des rôles au moins aussi important que le sien ainsi que celui de Patrick Chesnais, l'acteur Roland Marchisio ainsi que les interprètes féminines Hélène Bizot et Aurore Planas. Quid de ce qui touche réellement au vécu du réalisateur et ce qui tient uniquement de la fantaisie. Car entre des situations que l'on peut objectivement prêter à l'expérience personnelle de Florian Hessique et celles, totalement farfelues, qui mettent en lumière les personnages interprétés au hasard par Thierry Lhermitte, Martin Lamotte ou encore Vincent Desagnat, La tournée est une comédie légère, plutôt rythmée, lumineuse, mais qui malheureusement ne semble pas avoir rencontré son public, ou si peu, et encore moins les critiques qui l'ont généralement assassiné ! Généralement attachants, certains des personnages ajoutent un intérêt certain à cette tournée qui commence tout d'abord assez mal avant que l'engouement du public pour le film de Richard Favard ne s'affiche très clairement. Entre Hélène Bizot qui incarne une Colette ''maternelle'' vrillant parfois en matrone ''S-M'' sous l'effet (ou non) de l'alcool, Roland Marchisio dans la peau de Lucien, un ancien combattant du Kosovo devenu chauffeur de minibus, un ''couteau-suisse'' extrêmement prévenant vis à vis des acteurs du film et puis la très solaire Aurore Planas qui dans le rôle de Fanny Aguilar apporte fraîcheur et spontanéité, le film vaut en réalité bien mieux que la volée de bois vert qu'il s'est pris lors de sa sortie en salle le 18 juin 2025. On ne parle évidemment pas là d'un petit chef-d’œuvre de la comédie française mais d'un petit film fort sympathique et dont la longueur n'est absolument pas rédhibitoire...

 

jeudi 5 juin 2025

Pauline et l'ordinateur de Francis Fehr (1977) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Découvrir Josiane Balasko, Martin Lamotte, Gérard Jugnot, Marie-Anne Chazel ou encore Bruno Moynot avant qu'eux et les autres membres de la Troupe duSplendid ne deviennent célèbres la même année grâce aux Bronzés de Patrice Leconte a de quoi aiguiser la curiosité. D'autant plus que le film dont il est question de parler ici fut intégré dans la section Perspectives du Cinéma français née quatre ans avant sa sortie sur grand écran sous l'impulsion de Président du Festival de Cannes Robert Favre Le Bret et du Délégué général Maurice Bessy qui voulaient l'un et l'autre proposer d'autres catégories de films. Dire que Pauline et l'ordinateur échappe à celles communément proposées par le festival est un euphémisme. Sans être aussi hermétique qu'un Themroc signé en 1973 par Claude Faraldo et dont les dialogues n'étaient qu'une succession d'onomatopées et de rugissements, le premier long-métrage de Francis Fehr a de quoi laisser perplexe. Comédie au ton inhabituel et dont les séquences semblent avoir été majoritairement interprétées de manière improvisée, l'expérience est ardue pour quiconque se réfère à la catégorie dans laquelle le long-métrage semble devoir s'inscrire. Écrit par le réalisateur lui-même, Pauline et l'ordinateur est une comédie dont la subtilité est parfois, pour ne pas dire majoritairement, difficile à saisir. Le soucis principal provenant sans doute de l'implication d'interprètes (et donc de personnages) qui n'ont malheureusement pas le talent suffisant pour tenir les quelques lignes de dialogues qui leur ont été confiées sans que quelques lacunes en matière de diction ne viennent pervertir les échanges entre Josiane Balasko et chacun d'entre eux. Si le principal soucis de l'héroïne paraît avoir un lien direct avec le monde de l'informatique et des ordinateurs (d'où le titre) ainsi qu'un problème de surpoids (ironique lorsque l'on songe que l'actrice n'a sans doute jamais parue si mince à l'écran), le fond de l'histoire est assez délicat à saisir. Pauline et l'ordinateur prend davantage l'allure d'une collection de sketchs permettant à l'héroïne de croiser de nombreux personnages avec lesquels elle échange en général sur le sujet qui l'obsède principalement ! Pour être tout à fait honnête, le long-métrage de Francis Fehr s'avère plutôt pénible à regarder. Après un générique de début plutôt étrange, voire anxiogène et qui ne cadre pas vraiment avec le ton voulu par l'auteur du film, le réalisateur consacre la totalité des plans à sa vedette. Une Josiane Balasko/Pauline qui s'interroge sur le monde qui l'entoure.


Qui s'interroge, oui. Mais qui aussi Interroge les autres. Et parmi eux, des hommes et des femmes que nous n'aurons plus jamais l'occasion de revoir sur grand ou petit écran et d'autres qui verseront dans une carrière bien différente de celle qui les impose ici comme de piètres partenaires. À l'image de Jacques Attali, célébrité ''multi-tâche'' qui pourtant échoue à donner la réplique à Josiane Balasko. Concernant les membres de la Troupe du Splendid qui participent au projet, inutile d'espérer voir autre chose qu'un contenu similaire aux quelques sketchs et fausses publicités de leurs débuts. Même hésitation, même absence de dialogues réellement percutants. Les uns et les autres tâtonnent sans jamais pouvoir nous convaincre que l'expérience méritait que l'on y jette un œil ! Pourtant, il m'est arrivé de me surprendre à rire à deux occasions. La première ? Tout bêtement lorsque Josiane Balasko pose sa jambe sur une barre d'entraînement de danse classique comme le ferait un boucher sur son étal avec une pièce de bœuf. Rire nerveux ou sincère, je ne m'en souviens plus vraiment. Quant au second rire, quand a-t-il eu lieu ? Et dans quelle circonstance ? Là encore, c'est le flou total ! Concernant la bande musicale, elle est l’œuvre du compositeur français Éric Demarsan. Une musique très étrange. Expérimentale et électronique. Un courant musical balbutiant auquel sont ajoutés quelques extraits du groupe culte originaire d'Allemagne, Tangerine Dream. Un groupe formé à l'époque par son fondateur Edgar Froese, alors accompagné par les légendaires Christopher Franke et Peter Baumann. Notons que les trois membres du groupe apparaissent d'ailleurs à l'image lors d'une session d'enregistrement ! Mais en dehors de ce fait relativement marquant pour les fans de ce groupe emblématique de la Kosmische Musik propre aux années 60/70, Pauline et l'ordinateur demeure une œuvre beaucoup trop sourde aux sirènes du grand public. Un long-métrage expérimental voué à échouer dans le cercle très étroit des amateurs d'Objets Filmiques Non Identifiés. Bref, une curiosité assez désagréable à suivre jusqu'à son terme...

 

mardi 2 janvier 2024

L'aile ou la cuisse de Claude Zidi (1976) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Durant sa longue carrière, le réalisateur Claude Zidi aura fait jouer les Charlots, Pierre Richard, Jean-Paul Belmondo, Daniel Auteuil, Gérard Depardieu ou Thierry Lhermitte mais également Louis de Funès et Coluche. Ces derniers n'auront eu l'occasion de tourner ensemble qu'une seule fois, dans L'aile ou la cuisse, en 1976. Deux ans plus tard, Louis de Funès retrouvera Claude Zidi sur le tournage de La zizanie aux côtés d'Annie Girardot tandis que Coluche était déjà apparu lors d'un tout petit rôle dans Le grand bazar en 1973 avant de réapparaître en 1980 et 1983 dans les rôles principaux de Michel Clément dans Inspecteur Labavure aux côtés de Gérard Depardieu et de Michel Bernardin dans Banzaï aux côtés de Valérie Mairesse. Sans compter sa petite participation au Rois du gag deux ans plus tard dans lequel il interprétera le rôle de Georges Khoprseri. L'aile ou la cuisse est dans la carrière de Louis de Funès et de Coluche l'une des comédies les plus réussies et dont l'efficacité se démontre chaque fois qu'elle est diffusée sur le petit écran. À l'époque, l'un et l'autre sont de véritables stars. Le premier est l'acteur comique le plus apprécié dans notre pays tandis que Coluche est l'humoriste le plus populaire. L'aile ou la cuisse, c'est d'abord pour Claude Zidi, un rêve qui s'exauce enfin. Le réalisateur rêvait en effet de tourner avec l'acteur qui depuis déjà pal mal d'années enchaîne les succès. Et parmi ces derniers, la franchise du Gendarme à Saint-Tropez de Jean Girault, les trois volets de Fantomas d'André Hunebelle, ou encore Le corniaud, La grande vadrouille, La folie des grandeurs et Les aventures de Rabbi Jacob tous les quatre signés de Gérard Oury entre 1965 et 1973. Le film met principalement en scène un critique culinaire particulièrement redouté par les restaurateurs qui craignent de retrouver dans son célèbre guide gastronomique des critiques assassines les concernant. Bien qu'il s'agisse là d'une pure comédie, le réalisateur, ses assistants Hélène Bernardin et Jean-Jacques Beineix ainsi que le scénariste Michel Fabre n'en ont pas moins l'intention d'évoquer des sujets qui à l'époque préoccupent déjà une partie des français. Plus anecdotique puisque ne concernant que les professionnels de la restauration, le fameux guide portant le nom de son propriétaire fait évidemment référence au célèbre Guide Michelin, surnommé Guide Rouge, créé au début du siècle dernier par la société de pneumatiques du même nom, lequel dresse une liste des restaurants et des hôtels en donnant une série d'indications sur leurs qualités, distribuant ainsi les fameuses Étoiles Michelin aux plus méritants.


Plus proche du français moyen se pose ici la question de la malbouffe incarnée par l'industriel Jacques Tricatel, homme qui sans vergogne propose une nourriture industrielle à l'attention des restoroutes. Un combat acharné va donc opposer ce dernier à Charles Duchemin jusqu'à vouloir éliminer le principal dénonciateur d'un procédé de transformation ici, forcément, caricatural. Mais L'aile ou la cuisse, c'est aussi et peut-être avant tout, le portrait d'un homme autoritaire convaincu que son propre fils (Coluche dans le rôle de Gérard Duchemin) reprendra la main lorsque lui-même prendra sa retraite. Comédie jouissive percluse de scènes cultes (les diverses séquences de restaurants dont certaines permirent à l'équipe technique et aux interprètes de tourner dans de luxueux établissement, à l'image du Ritz, notamment), le film de Claude Zidi peut se montrer parfois cruel avec ses personnages. Et notamment lors de la scène montrant le père et le fils s'expliquer sur l'avenir de ce dernier dans l'arène d'un cirque. Car le rêve de Gérard n'est pas de reprendre le flambeau des mains de son père mais bien de travailler au sein d'une équipe d'artistes composées de funambules, de jongleurs, de trapézistes ou comme lui, de clowns. Face à Louis de Funès et Coluche, le formidable Julien Guiomar incarne Jacques Tricatel tandis que la fidèle Claude Gensac qui à de nombreuses reprises incarna l'épouse de Louis de Funès dans un certain nombre de longs-métrages interprète ici sa secrétaire Marguerite. Se blessant après avoir fait une chute, celle-ci sera d'ailleurs remplacée par une autre Marguerite cette fois-ci incarnée par l'actrice suédoise Ann Zacharias. Au fil du récit, d'autres interprètes viendront s'y greffer. Comme Raymond Bussières, acteur à la dantesque carrière et que Claude Zidi avait déjà débauché pour Les sous-doués en 1980. Ou comme l'acteur italien Vittorio Caprioli qui en restaurateur revanchard fera payer à Charles Duchemin le prix du ''papier'' qu'il écrivit à propos de son établissement. Quant aux membres du cirque dont fait partie Gérard, ils se constituent des présences d'Alain Chevestrier (dit Bouboule), de Freddy et Bibi Cantarelli, de Gérard Boucaron , mais également des plus connus Martin Lamotte, Gérard Lanvin et Marie-Anne Chazel. Notons qu’apparaît également dans son propre rôle, l'animateur et journaliste Philippe Bouvard tandis que la présence d'un médecin sur le plateau de tournage sera imposé puisque Louis de Funès venait d'être la victime d'un infarctus. L'on retrouve enfin à la bande originale l'éternel compositeur Vladimir Cosma qui signe une nouvelle fois, une remarquable partition. Bref, L'aile ou la cuisse demeure classique de la comédie française...

 

lundi 9 octobre 2023

Golden Boy de Jean-Pierre Vergne (1996) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Qui n'a jamais rêvé de gagner une grosse somme d'argent aux jeux de grattage ou mieux, à l'Euromillion ou comme ici, au Loto ? En dehors de certains grands foutreballeurs qui empochent chaque mois le gros lot, on connaît tous autour de nous des collègues qui plaqueraient leur poste de travail dans l'immédiat pour aller se faire dorer la pilule loin des puces de lit parisiennes ! Il est même possible que soit-même nous choisirions d'en finir avec les cadences infernales, à travailler derrière des machines bruyantes, sous les ordres de supérieurs tyranniques et inhumains, pour des profits dont la majeure partie part dans les poches d'actionnaires peu scrupuleux. Bien avant que la famille Tuche du long-métrage éponyme de Olivier Baroux gagne cent millions d'euros à la loterie nationale et que le héros de Ah ! Si j'étais riche en remporte (tout de même) le dixième, le délégué syndical d'une usine de poupées aux abois allait entreprendre de la sauver grâce aux gains que son épouse et lui venaient de gagner au Loto. Une entreprise à l'agonie, dirigée par Jérôme Tiercelin (Martin Lamotte), lequel prévoit déjà le licenciement d'une vingtaine de ses employés. Bon, reconnaissons que Jean-Pierre Vergne n'est pas Stéphane Brizé (La loi du marché, En guerre, etc...) et que par conséquent, le ton de son quatrième long-métrage intitulé Golden Boy n'est pas celui qu'imprime en général l'ancien technicien de l'audiovisuel qui débuta sa carrière de réalisateur en 1993 avec le court-métrage Bleu dommage qui remporta le Grand Prix du Festival de Cognac. Non, de son vivant, la fibre artistique de Jean-Pierre Vergne se situa physiologiquement au niveau des zygomatiques qu'il titilla dès ses débuts en 1980. Avant de se tourner vers la télévision, laquelle bénéficia de ses talents au sein de séries et de téléfilms (dont Plus belle la vie entre 2012 et 2014, dernier acte d'un artiste qui décéda malheureusement peu après, le 25 août 2014). Si cet ancien assistant de seconde équipe, scénariste et auteur d'un vingtaine d’œuvres n'a jamais fait partie des grands messieurs du septième art, il arrivera un jour où lorsque sous l'emprise d'un quelconque alcool, quelqu'un se lèvera dans une toute aussi quelconque assemblée pour clamer haut et fort tout le génie de cet artiste qui, événement tout à fait notable, aura signé au moins un film culte...


Car s'il ne fut pas crédité au générique des Charlots contre Dracula de Jean-Pierre Desagnat (1980), Jean-Pierre Vergne aura au moins été l'auteur du tout premier long-métrage réunissant l'équipe complète des Inconnus formée à l'origine de Didier Bourdon, Bernard Campan et Pascal Légitimus, mais également de Seymour Brussel et... Smaïn ! J'en profite d'ailleurs pour lancer une bouteille à la mer : si quelqu'un était en mesure de me faire savoir comment me procurer son spectacle '' Mon dernier… avant le prochain'' dans un format dématérialisé, la personne en question aura toute ma reconnaissance. Mais pour en revenir à Jean-Pierre Vergne, il fut donc l'auteur du génial Le téléphone sonne toujours deux fois en 1985. Suivi ensuite neuf ans plus tard, de la comédie Priez pour nous avec sa famille de bourgeois contrainte de s'installer dans une banlieue et dont le concept sera repris mais inversé quinze ans plus tard par le réalisateur Gabriel Julien-Laferrière avec Neuilly sa mère ! Jean-Pierre Vergne n'attendra pas neuf années supplémentaires pour revenir sur grand écran puisque Golden Boy sortira dans les salles françaises le 21 février 1996. Sur un scénario écrit par ses soins ainsi que par Jean-Claude Carrière et Anne Roumanoff sur une idée d'Armant Jammot (journaliste surtout connu pour avoir notamment créé le jeu ''Des chiffres et des lettres' ainsi que l'émission culte, ''Les Dossiers de l'écran''), Golden Boy est une comédie on ne peut plus légère mais sympathique et principalement interprétée par l'attachant Jacques Villeret. C'est donc ce dernier qui incarne Antoine Bonvoisin, époux de Sandrine (l'humoriste Anne Roumanoff), ami de Jérôme Tiercelin et de sa femme Hélène (Virginie Lemoine). À l'usine, Antoine donne à son patron jusqu'au lendemain matin pour faire changer d'avis Jérôme au sujet de la charrette prévue à défaut de quoi, la totalité des employés se portera gréviste ! Lors d'une soirée avec son banquier Jean-Dominique (Christian Bujeau), Jérôme se voit refuser le prêt qui lui aurait permis de sauver ses emplois et son entreprise. Mais hasard du calendrier, ce soir-là, Antoine apprend de la bouche de Sandrine qu'ils viennent de remporter le jackpot au Loto. Le cœur grand, le délégué pense tout d'abord à rester discret avant de penser à utiliser l'argent afin de sauver l'usine de poupées...


Sous ses allure de petite comédie sans prétention, Golden Boy décrit la nature humaine dans ce qu'elle peut avoir parfois de plus mesquine. Du sous-fifre lécheur de bottes du patron de l'usine, en passant par l'attitude hypocrite des banquiers ou de certain(e)s collègue d'Antoine, tout ou presque y passe sur le ton de l'humour vache ! Mais intéressons-nous surtout au casting dont on devine déjà l'ampleur de ce qui aurait pu s'apparenter à une comédie nanardesque. En effet, oser réunir au sein d'un même récit des artistes de divers bords à peine conscients de leur peu de prédisposition en terme d'interprétation était franchement culotté ! D'une certaine manière, on en revient ici au même principe qu'avec Le téléphone sonne toujours deux fois et son gloubi-boulga de personnages qu'interprétaient en majorité des humoristes (Patrick Sébastien, fameux en vrai mendiant mais faux aveugle). On trouve donc au générique l'humoriste Anne Roumanoff qui, il est vrai, s'en sort plutôt bien, mais aussi Virginie Lemoine que l'on connaît surtout pour avoir été auprès de l'imitateur Laurent Gerra dans l'émission Rien à cirer animée par Laurent Ruquier puis dans Studio Gabriel de Michel Drucker. Christian Bujeau a quant à lui marqué les esprits en interprétant le rôle de Jean-Pierre Goulard dans les deux premiers volets des Visiteurs de Jean-Marie Poiré tandis que Ged Marlon, qui interprète le rôle de Bernard, apparu notamment en 1988 dans Palace de Jean-Michel Ribes. Isabelle Ferron qui elle incarne son épouse Sylvie participa au tournage du Pari de Didier Bourdon et Bernard Campan dans celui de Murielle, l'épouse de Bernard, le prof de technologie. Bref, Golden Boy réunit un casting bigarré auquel on pourrait ajouter le nom de celles et ceux qui représentent le ciment de cette petite usine de poupées : les employés. Le film de Jean-Pierre Vergne, malgré tous les efforts, peine à faire rire. Il y a bien quelques passages obligés amusants, comme la séquence se déroulant au siège de la Française des jeux (l'occasion d'y retrouver l'acteur Michel Roux qui fut notamment la remarquable voix française de Tony Curtis), le nouveau train de vie que s'impose Sandrine Bonvoisin et quelques autres petits passages, mais rien de formidablement drôle. Une toute petite comédie sans prétention, voilà ce qu'est Golden Boy...

 

jeudi 2 mai 2019

Bienvenue à Bord de Jean-Louis Leconte (1990) - ★★★★★★☆☆☆☆




Situé dans un contexte beaucoup plus étroit que celui de Bienvenue à Bord d'Eric Lavaine (2011), le film éponyme réalisé onze ans auparavant par le cinéaste français Jean-Louis Leconte se déroule non pas à bord d'un bateau de croisière mais à l'intérieur d'une voiture conduite par Martin Lamotte/Martin Placard, auteur de deux romans. Coincé dans un embouteillage à soixante-kilomètres de son domicile après avoir tenté de refourguer des dictionnaires auprès d'acheteurs potentiels, le voilà condamné à supporter la longue marche des véhicules sur une autoroute encombrée. Alors que sa voiture est à l'arrêt, un inconnu s'invite et s'installe sur le siège passager. Il n'a pas de nom, mais philosophe auprès d'un Martin Placard qui aimerait bien s'en débarrasser. L'étranger va finir par mettre tout un tas d'idées dans la tête du conducteur dont celle que l'épouse de Martin pourrait bien le tromper lorsqu'il est absent. Rentrant chez lui avec trois jours d'absence, l'auto-stoppeur tente de convaincre le romancier/démarcheur que sa femme pourrait être dans les bras d'un autre lorsqu'il arrivera chez lui...

L'auto-stoppeur est ici incarné par un Pierre Richard à contre-emploi. Sa timidité, sa maladresse, sa distraction, il les a rangées dans un tiroir. Celui qui incarna Le Grand Blond... retrouve un peu de cette fausse assurance dont le personnage de François Perrin s'armait afin de faire croire qu'il travaillait pour le compte du Colonel Louis-Marie-Alphonse Toulouse des Services Secrets dans Le Retour du Grand Blond d'Yves Robert sauf que dans le cas présent, le personnage de l'auto-stoppeur ne feint pas cette attitude. Avec un certain étonnement, le spectateur découvrira un Pierre Richard différent, portant lunettes, gants et gabardine noirs et se révélant même menaçant. Du moins, dans un premier temps. Face à lui, un Martin Lamotte agacé, mais prêtant l'oreille. Vu les conditions de tournage, le casting est presque réduit à sa part congrue. Une douzaine d'interprètes dont la présence s'explique généralement par les quelques séquences se déroulant hors véhicule. Pavel Slady, le conducteur d'une voiture en panne dont on connaîtra plus tard l'identité, la relativement rare Évelyne Bouix dans le rôle d’Émilie, la conductrice et amante de passage, Jean-Paul Muel, dans la peau d'un commissaire de police, ou encore l'actrice Catherine Frot dans celle d'une prostituée rencontrée dans une cellule après que le romancier ait volontairement provoqué un agent de police afin de se débarrasser de son encombrant passager...

Bienvenue à Bord a franchement des allures de téléfilm même s'il semble pourtant avoir connu une sortie sur grand écran le 15 août 1990. D'abord déroutant (le cadre nocturne et l’exiguïté du break conduit par Martin Lamotte), le film de Jean-Louis Leconte sait se rendre agréable à regarder grâce à l'étonnant duo que forment Pierre Richard et Martin Lamotte. Le réalisateur, dont on a vite fait le tour de la filmographie (quatre longs-métrages, deux courts et un documentaire) sait y faire même si les moyens employés se révèlent généralement rudimentaires. Posez deux chaises sur la scène d'un théâtre devant un rideau noir et installez-y deux comédiens et vous aurez une idée assez précise du contenu de ce Bienvenue à Bord un brin décalé. Pas forcément connu (je n'en avais personnellement jamais entendu parler), le film de Jean-Louis Leconte est une curiosité à conseiller tout d'abord aux fans de Pierre Richard (qui excelle comme à son habitude) et à tous ceux qui apprécient les comédies qui baignent dans une étrange atmosphère...


mardi 11 décembre 2018

Fréquence Meurtre d'Élisabeth Rappeneau (1988) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Vingt-trois ans après avoir été pourchassée par ses mauvais démons dans le traumatisant Répulsion de Roman Polanski, Catherine Deneuve incarne le personnage de Jeanne Quester, une psychiatre travaillant de jour et animatrice de l'émission radiophonique Nuit de Chine sur Skyrock (bravo pour la pub) traquée par un malade. Une femme forte ? Oui, enfin, si on veut. Car après des années d'expérience, Jeanne, qui accueille chaque soirs les appels téléphoniques d'hommes et de femmes intellectuellement en perdition reçoit celui d'un certain Paul qui peu à peu s'insinue dans l'existence de la psychiatre. Non seulement en tenant des propos qui semblent avoir un rapport avec le passé trouble de Jeanne, mais également en laissant des indices macabres chez elle ainsi que plusieurs cadavres. Plus la tension monte, et plus Jeanne éprouve des difficultés à assurer sa présence à la radio ainsi que sur le terrain. Aidée par son frère Frank qui la confie à la surveillance de l'inspecteur Simon Lieberman, la jeune femme explore toutes les hypothèses afin de découvrir celui ou celle qui la harcèle...

Premier long-métrage d’Élisabeth Rappeneau, sœur du réalisateur Jean-Paul Rappeneau, Fréquence Meurtre est le résultat d'un scénario que la réalisatrice a écrit en compagnie de Jacques Audiard d'après le roman de l'écrivain américain Stuart M. Kaminsky, When the Dark Man Calls sorti en 1983. Un premier essai dans le domaine du thriller assez pathétique dans son déroulement. Partant d'un postulat somme toute intéressant faisant évoluer son principal personnage dans le milieu de la radio, le long-métrage d’Élisabeth Rappeneau souffre de longueurs trop fréquentes et de trop rares séquences réellement prenantes pour que Fréquence Meurtre puisse être aussi digne qu'un Mort un Dimanche de Pluie réalisé par Joël Santoni sorti deux ans auparavant. Les deux films cultivent une même approche, mêlant thriller et épouvante. Mais alors que l’œuvre de Joël Santoni avait su digérer les deux genres pour n'en faire plus qu'un et livrer l'un des plus grands polars français des années quatre-vingt (et même de toutes les époques), Élisabeth Rappeneau manque le coche. Et ce ne sont certainement pas les quelques visuels chocs (les parents de Jeanne enfant découverts dans leur chambre, baignant dans leur propre sang) qui inverseront la donne.

Belle à mourir, Catherine Deneuve incarne une psychiatre dont l'un des principaux intérêts est de demeurer d'une fragilité peu commune avec les héroïnes américaines. A fleur de peau, capable de verser dans le registre de la peur viscérale, l'actrice est notamment accompagnée à l'écran par André Dussolier dans le rôle de Frank, Martin Lamotte dans celui de Simon Lieberman, ou encore le très regretté Étienne Chicot (disparu le 7 août dernier à Paris), lequel interprétait déjà le personnage de Christian dans Mort un Dimanche de Pluie. Si Fréquence Meurtre n'est pas totalement raté, il laisse une désagréable impression d'inachevé. Non pas dans sa conclusion, mais dans la caractérisation de ses personnages que le manque de profondeur suffisante laisse les spectateurs indifférents. Comme dans tout bon film du genre, on s'attend à ce que le coupable fasse partie de l'entourage. C'est donc avec une certaine indifférence que l'on accueillera la conclusion quelque peu grotesque (il faut entendre le harceleur s'exprimer avec la même voix que celle entendue à la radio) éclairant l'intrigue lors d'un climax final assez tristement tourné. Reste la beauté de la Star et un casting étonnant. Un premier long-métrage pas vraiment concluant...

mardi 24 juillet 2018

Les Bronzés 3, Amis pour la Vie de Patrice Leconte (2006) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆



Trois étoiles sur dix, cela peut paraître sévère. Isolé de ses deux prédécesseurs, Les Bronzés 3, Amis pour la Vie aurait sans doute mérité une étoile supplémentaire. Peut-être deux. Mais sortir cette suite tardive vingt-sept ans après l'excellent second opus Les Bronzés font du Ski n'a aucun sens. Tout d'abord parce que la forme d'humour employée dans ce troisième volet diffère drastiquement de celui des deux autres. Ensuite parce que chacun a plus ou moins bien vieilli. Mais surtout parce que l'on a pas le droit de toucher à deux œuvres aussi cultes même si une partie du public devait fantasmer depuis longtemps sur cette arlésienne qui allait pourtant voir le jour plus d'un quart de siècle plus tard sous l'impulsion de la Troupe du Splendid qui devait à l'origine travailler sur le tournage d'un autre long-métrage, Astérix en Hispanie. Une adaptation du quatorzième album d'Astérix et Obélix compromise par Albert Uderzo lui-même, lequel n'avait pas vraiment apprécié Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre qui reste cependant la meilleure des quatre adaptations live de la célèbre bande dessinée.
Dans ce troisième opus nous retrouvons les membres du Splendid déjà présents dans les deux premiers: Michel Blanc, Marie-Anne Chazel, Christian Clavier, Gérard Jugnot, Josiane Balasko, Thierry Lhermitte, Dominique Lavanant, Martin Lamotte (qui était absent du second volet), ainsi que le plus discret Bruno Moynot. Ceux qui les accompagnaient à l'époque ont disparu du casting : Michel Creton (logique puisque dans le premier, le personnage de Bourseault qu'il incarnait mourait noyé après avoir été piqué par une raie), Luis Rego, Guy Laporte, ou encore Maurice Chevit. Deux nouveaux venus ont fait une apparition remarquée. Le premier dans la peau du fils de Nathalie et Bernard Morin. Il s'agit du propre fils de Gérard Jugnot qui jusque là n'avait joué que dans une petite dizaine de films. Le second est UNE... seconde, en la personne d'Ornella Muti.

Les Bronzés 3, Amis pour la Vie a rencontré le succès dans notre pays avec pas moins de 10 300 000 entrées. C'est bien plus que les deux premiers volets réunis, mais cela peut s'expliquer par l'engouement d'un public qui était loin, alors, de supposer que cette seconde séquelle aux Bronzés serait aussi médiocre. Tout y est effectivement très lourd. Voire vulgaire. Gisèle débarque avec une nouvelle et énorme poitrine en silicone, Jean-Claude Dusse, désormais prénommé Jessy, a totalement abandonné son look de ringard pour un autre beaucoup plus branché... et finalement tout aussi cheap. Popeye est toujours accroc au sexe bien qu'il vive désormais avec Graziella (Ornella Muti), Jérôme est toujours amoureux de Gigi bien qu'ils soient en instance de divorce, Nathalie et Bernard sont toujours en couple, quant à Christiane (ratée chirurgicalement par Jérôme), elle vit désormais en compagnie de Miguel, le couple ayant adopté une attitude des plus... zen. Enfin, Benjamin Morin, il débarque pour annoncer à ses parents qu'il vit en couple...

Terminées les répliques cultes qui s'enchaînaient sur un rythme d'enfer. Les gags sont rarement drôles et les personnages vieillissants sont déprimants. Comme s'ils rappelaient aux plus anciens d'entre nous que les années passent inexorablement. Patrice Leconte l'a annoncé : il n'y aura pas de quatrième volet. Un avis partagé par Michel Blanc qui considère qu'ils en ont fait le tour. Par contre, Thierry Lhermitte et Gérard Jugnot sont d'un avis différent et ne s'opposent pas fermement à l'idée qu'un nouveau chapitre apparaisse un jour sur les écrans. En attendant, que l'on ait aimé ou pas ce troisième épisode, d'ici l'hypothétique sortie d'une suite aux Bronzés 3, Amis pour la Vie, les spectateurs pourront au choix prier pour que le projet se concrétise ou bien qu'il reste dans les tiroirs...

mardi 13 février 2018

Ça Reste entre Nous de Martin Lamotte (1997) - ★★★★★★★☆☆☆




Martin Lamotte restera pour beaucoup l'un des membres de la célèbre équipe du Splendid fondée en 1974 par Christian Clavier, Michel Blanc, Gérard Jugnot, Thierry Lhermitte, Josiane Balasko, Marie-Anne Chazel, Bruno Moynot et Claire Magnin. A tort car en réalité, et même s'il a participé à un nombre de long-métrages conséquent de la troupe, le scénariste, acteur et réalisateur français n'a fait que les accompagner. Au même titre d'ailleurs que Dominique Lavanant et Anémone. Il y a maintenant vingt ans sortait sur les écrans de cinéma français ce qui allait demeurer jusqu'à aujourd'hui comme l'unique long-métrage de Martin Lamotte au poste de réalisateur, laissant l'écriture du scénario à Carole Brenner et Jean-Carol Larrivé alors même qu'il avait lui-même participé à celle de quelques classiques de la comédie française tels que Les Babas Cool, Papy Fait de la Résistance ou Twist Again à Moscou. On notera en premier l'absence totale du moindre membre de la troupe du Splendid, chacun ayant fait son bonhomme de chemin, tandis que Martin Lamotte s'entourait pour l'occasion d'artistes pas moins reconnus puisqu'au casting, nous découvrions Catherine Frot, Fanny Cottençon, Carole Brenner (l'une des scénariste du film, donc), Isabelle Nanty, Zabou Breitman, et même Michèle Bernier (fille du célèbre Professeur Choron que l'on ne présente plus aux plus anciens) ou encore Séverine Ferrer, l'ancienne animatrice de l'émission Fan de sur M6, pour les partenaires féminines. Une belle brochettes d'actrices accompagnant ces messieurs que sont Sam karmann, Stéphane Freiss, Antoine Duléry, François Morel, et même Martin Lamotte pour un rôle moins important, poste de réalisateur oblige.  


Ça Reste entre Nous (c'est le titre du film), demeure dans la même catégorie qu'un Cuisine et Dépendances réalisé par Philippe Muyl (sur le plateau duquel on retrouvait déjà Sam Karmann et Zabou Breitman) ou Un Air de Famille de Cédric Klapisch, réalisé un an seulement avant l’œuvre qui nous intéresse ici. Toutes proportions gardées bien évidemment car si la comédie de Martin Lamotte fonctionne plutôt bien, en terme d'écriture, on est loin d'atteindre les deux pépites citées ci-dessus.  

L'histoire est des plus simple puisque le récit oppose le personnage de Patrick, incarné par Sam Karmann, à une existence des plus compliquée : l'homme est en effet contraint de mener une double vie avec son épouse et sa maîtresse, la seconde vivant dans la réplique exacte de la demeure familiale. Mais alors que jusqu'à maintenant, Patrick semblait avoir trouvé un certain équilibre, l'arrivée plus qu'imminente de son anniversaire de mariage avec Hélène (Catherine Frot) va tout compliquer. Car en parallèle à la fête organisée le soir même par son épouse et par un certain nombre d'invités, il a promis à sa maîtresse Elisabeth de l'accompagner à une fête organisée en l'honneur du mariage du fils de son voisin Antoine Pichot ( regretté Philippe Brunot mort en 2012). Patrick va donc devoir composer entre les deux événements sans pour autant éveiller les soupçons de l'une ou de l'autre des deux femmes qu'il aime. Sauf que... sauf que la soirée ne va pas se dérouler comme prévu. Et pas seulement à cause du pétrin dans lequel vit l'époux, le père et l'amant, mais bien à cause de la présence d'invités qui vont, chacun à leur manière, semer une joyeuse pagaille.  

Entre l'époux adultère, la femme trompée, l'amante impatiente, une Martine-Isabelle Nanty au bras d'un professeur de yoga déséquilibré (François Morel), une alcoolique (fanny Cottençon) désabusée par un compagnon volage et insupportablement narcissique (Stéphane Freiss), un Antoine Duléry un brin ringard accompagné d'une gamine trop jeune pour lui vouer un amour et une fidélité indéfectible (Séverine Ferrer), une Zabou Breitman atteinte de conjonctivite, épouse d'un gynécologue obstétricien occupé à mettre au monde des triplés, un voisin collant (Philippe Brunot) et quelques gamins à mettre entre les pattes de tout ce beau monde, Martin Lamotte a bien du travail. Et le bonhomme s'en sort plutôt bien et même, avec les honneurs puisqu'on ne voit pas passer le temps. Parfaitement millimétré, Ça Reste entre Nous respire la bonne humeur et les situations concasses sont nombreuses. Le cinéaste nous réserve même un twist final aussi inattendu que bienvenu. Bref, Ça Reste entre Nous n'est certainement pas un chef-d’œuvre mais il mérite d'être vu...

samedi 28 janvier 2017

Viva la vie de Claude Lelouch (1983) - ★★★★★★★☆☆☆



Le réalisateur, producteur, scénariste et cadreur Claude Lelouch réalise et propose en 1983 sa propre vision de l'abduction (enlèvement d'un individu par des extraterrestres, lequel est suivi généralement par une perte de mémoire et des séquelles consécutives à des expériences médicales effectuées sur la victime) ainsi que d'une rencontre du troisième type (contact direct avec des extraterrestres et en présence (ou pas) de leur vaisseau). Pour préserver tout l'intérêt de Viva la Vie et respecter le désir du cinéaste qui au début du film demande aux spectateurs de ne rien livrer de la fin de son œuvre à ceux qui ne l'auraient pas encore vu, je ferai donc en sorte de ne rien révéler qui pourrait gâcher la surprise. Dans le cas contraire, vous serez averti d'un message de spoil !
Sachez juste que Viva la Vie est à peu de chose près ce que l'on pouvait attendre d'un cinéaste pourtant peu (pour ne pas dire pas du tout) habitué à tourner des longs-métrages de science-fiction. Davantage une œuvre d'anticipation d'ailleurs puisque Viva la Vie implique des domaines beaucoup plus vastes que le simple passage d'individus extra-terrestres sur le sol de notre planète. Déjà à l'époque, Claude Lelouch touche un point qui aujourd'hui préoccupe enfin véritablement ceux qui veulent réellement préserver la planète ainsi que notre humanité (sans parler évidemment de la faune et la flore qui y règnent).

Tout commence comme une œuvre ante-apocalyptique, la radio diffusant un message d'alerte continu dénonçant l'éventuelle catastrophe à venir. Baisse des températures (cinq degré de moins par jour !), bouleversement du climat et conséquences terribles sur l'environnement. Obligeant chacun à se prémunir de la catastrophe à venir en construisant son propre abri souterrain. Comme l'important industriel Michel Perrin (Michel Piccoli) et son épouse Catherine (Charlotte Rampling) auxquels propose un entrepreneur de transformer leur piscine en abri. Pourtant, le projet sera très vite contrecarré par la disparition de Michel, un soir, sa voiture abandonnée sur le bord de la route. Michel, mais également Sarah Gaucher (Évelyne Bouix), la compagne de François (directeur de théâtre ? Metteur en scène ?), interprété par l'acteur Jean-Louis Trintignant, et qui elle aussi disparaît le même jour. Une disparition aussi mystérieuse que leur réapparition trois jours plus tard. Ils n'en conserveront tout les deux pas le moindre souvenir. Seul témoignage de cet événement « extraordinaire » relégué par toute la presse : une large cicatrice à l'arrière du crâne...
Avec des moyens simples, Claude lelouch entretient un véritable mystère autour de ce cas d'abduction. Tout comme il usera de moyens « précaires » pour mettre en images SA rencontre du troisième type. Un sujet servant, outre celui sur l'environnement, des préoccupations beaucoup plus terre à terre encore : le nucléaire en général, et l'armement nucléaire en particulier...

ATTENTION : SPOILER !!!


En réalité, Viva la Vie n'est pas du tout l’œuvre de science-fiction à laquelle elle pouvait prétendre au départ. Si le film conserve son aura de film d'anticipation, c'est dans ce complot fomenté par Michel et son ami restaurateur (mais pas seulement) Édouard Takvorian (Charles Aznavour). Les deux hommes vont effectivement s'engager (et avec eux, d'autres personnes) dans un processus permettant le désarmement des deux plus grandes puissances mondiales en terme d'armement à l'époque : les États-Unis et l'URSS.

FIN DU SPOILER !!!

Claude lelouch propose, après cette révélation incroyable remettant tout en question, un twist final encore plus inattendu mais que je préserverai cette fois-ci de tout résumé. Viva la Vie n'est peut-être pas un immense chef-d’œuvre, mais il demeure dans le paysage fantastique et d'anticipation du cinéma français des années quatre-vingt comme l'un des plus solides représentants. On retrouve comme à son habitude dans l’œuvre du cinéaste, quelques visages bien connus, tel Charles Gérard en chauffeur. Dans le genre, Viva la Vie demeure atypique, étrange, et je le répète, inattendu. En tout cas, un film à découvrir, d'autant plus qu'il ne fait pas partie des œuvres les plus connues de leur auteur...

mardi 6 décembre 2016

Fallait Pas ! de Gérard Jugnot (1996)



De retour d'un stage commando à la montagne, Bernard Leroy perd le contrôle de son véhicule et s'enfonce dans une congère. Sa voiture en panne, il ne lui reste plus qu'à trouver de l'aide. Il la trouve dans un chalet. Suppliant l'homme qui l'accueille de l'autoriser à appeler un garage, ce directeur des ressources humaines constate avec effroi qu'il est tombé au beau milieu du suicide collectif d'une secte dont les principaux responsables, Magic et Aimé Solomuka, ont l'intention, eux, de partir ensuite avec les deux millions de dollars qu'ils ont récolté auprès de leurs disciples. En tentant de trouver un moyen de s'enfuir, Bernard tombe sur Sébastien Couliboeuf qui contrairement aux autres disciples n'a pas eu le courage de boire le breuvage empoisonné leur permettant de se « libérer de leur écorce charnelle ». Tous les deux prennent la fuite à bord du véhicule de Magic et Solomuka sans se douter qu'à l'arrière du véhicule repose une mallette contenant les deux millions de dollars. Poursuivis par les deux hommes, Bernard et Sébastien tentent de quitter la région, le premier étant attendu par sa future femme, ses beaux-parents, ainsi que les siens, venus assister le lendemain à midi à la réception qui doit honorer l'union de Constance et de Bernard...

Sixième long-métrage réalisé et interprété par Gérard Jugnot, Fallait Pas ! se situe très exactement entre Casque Bleu et Meilleur Espoir Féminin. Cette petite comédie familiale n'est sans doute pas ce que l'acteur réalisateur a fait de mieux, elle n'est même pas la plus appréciée de ses œuvres, et pourtant, Fallait Pas ! mérite qu'on lui accorde un minimum d'intérêt ne serait-ce que pour l'agréable moment que ses personnages nous font vivre. Si l’œuvre de Gérard Jugnot ne bouleversera sans doute pas notre existence après que nous l'ayons découverte, à vrai dire, on s'en fiche un peu. Il s'entoure de quelques têtes d'affiches sympathiques comme ses anciens compagnons Martin Lamotte et Thierry Lhermitte. Le premier ayant fait partie du Café de la Gare et le second (tout comme Jugnot lui-même) de l’Équipe du Splendid. Egalement au casting, les acteurs Jean Yanne, Claude Piéplu et François Morel, ainsi que les actrices Michèle Laroque, Micheline Presle ou encore Sophie Desmarets.

Une comédie pleine d'action, dont le rythme enlevé empêche l'ennui de s'installer. Si le scénario est relativement simpliste, du côté des gags, même s'ils ne sont pas toujours très amusants, on en relève quelques sympathiques. Gérard Jugnot invente des situation rocambolesques. Entre son personnage de DRH « lié » au disciple d'une secte un peu poltron, un gourou qui passe son temps à « siffler » de mécontentement suivi par un Martin Lamotte fort drôle, de faux parents excentriques et une belle-mère acariâtre, Fallait Pas ! a de quoi nous divertir durant une bonne heure et demi.
On aurait pu s'attendre à une critique finement ciselée des milieux sectaires mais non. Jugnot délaisse l'aspect de ce sujet sensible (pourtant d'actualité à l'époque où le film a été tourné) pour se concentrer sur deux individus qui n'ont pas grand chose en commun en dehors d'être peu aventureux. Leur aventures, justement, vont les contraindre à prendre sur eux et devenir davantage téméraire que dans leur quotidien. Fallait Pas !n'est définitivement pas un grand film mais accorde à ceux qui le regarderont le privilège de passer un agréable moment de détente. Que demander de plus.. ?
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