Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


Affichage des articles dont le libellé est Xavier Saint-Macary. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Xavier Saint-Macary. Afficher tous les articles

dimanche 17 mai 2026

Les hommes préfèrent les grosses de Jean-Marie Poiré (1981) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

C'était les années quatre-vingt et à l'époque certains n'avaient pas peur d'aborder des sujets désormais ''sensibles'' sous l'angle de la comédie sans se faire taxer comme ici, de grossophobie ! Nous sommes en 1981 et Jean-Marie Poiré n'a pas encore signé l'adaptation cinématographique de la pièce de théâtre Le père Noël est une ordure, le génial Mes meilleurs copains ou le premier volet de la trilogie (si l'on ne compte pas la version américaine) Les visiteurs. En ce début de décennie où la liberté d'expression avait encore un sens, Josiane Balasko est tout comme la plupart des membres de la Troupe du Splendid l'une des grandes vedettes de la comédie française. Après les deux premiers volets de la saga Les bronzés, l'actrice enchaîne les rôles et rien qu'en cette année 1981, elle participe aux tournages de Clara et les chic types, Le maître d'école (aux côtés de Coluche), d'Hôtel des Amériques et donc des Hommes préfèrent les grosses qui selon le titre tente à vouloir faire croire que la gente masculine serait davantage attirée par les femmes rondes, dodues et même pourquoi pas, obèses. Pourtant, l'on découvre rapidement que la ''grosse'' de cette sympathique comédie qui connaîtra une rude concurrence puisque la même année sortira La chèvre de Francis Veber, La soupe aux choux de Jean Girault ou la comédie satirique de Bertrand Tavernier, Coup de torchon n'est paradoxalement pas au centre des attentions des hommes qui gravitent autour d'elle puisque c'est après avoir tout fait pour trouver une colocataire encore moins attirante qu'elle (on retiendra d'ailleurs à ce sujet la savoureuse réplique de sa meilleure amie incarnée par Dominique Lavanant) que Lydie (Josiane Balasko, donc) tombe finalement sur Eva, un joli mannequin incarné par l'actrice et... mannequin justement, Ariane Lartéguy. Après s'être faite plaquer par son petit ami et chef du personnel de l'entreprise pour laquelle elle travaille Paul Berthelot (Martin Lamotte) et avec lequel elle avait prévu de s'installer dans un tout nouvel appartement, Lydie Langlois cherche donc désormais à partager le loyer avec une colocataire. C'est là qu'arrive Eva. Jeune femme séduisante sur laquelle s'accrochent les hommes dont Gérard, le frère de Lydie, véritable pot de colle, incarnant le beauf par excellence, ainsi que Ronald, personnage nettement plus charismatique que ce pauvre petit vendeur de poisson incarné par Luis Rego. Les hommes préfèrent les grosses est typique de son époque et ne s'embarrasse pas de la moindre pincette pour traiter son héroïne comme une pauvre fille que les hommes méprisent en raison de son surpoids et d'une apparence générale qui n'en font pas un canon de beauté.


Lydie, c'est la bonne copine. La confidente. Qui débarque en boite de nuit vêtue d'une robe rose ridicule, qui se prend une baffe à la place d'un autre, qui tend gentiment l'oreille et écoute les confidences, mais qui semble aussi et surtout incapable de construire quoi que ce soit avec les hommes. Tous des cons ou presque, d'ailleurs. Entre un Luis Rego qui sous ses allures de beauf trop sûr de lui cultive le malaise, un Martin Lamotte pleutre qui n'hésite pas à balancer Lydie pour faute grave à son supérieur, laquelle se retrouve à la porte de son boulot, un Ronald en dandy de cinquième catégorie ou un Thierry Lhermitte qui dans le rôle du petit ami d'Arlette (Dominique Lavanant) se la joue végétarien pacifiste mais s'avère être en fait un bon gros connard ! On a beau avoir de la tendresse pour le personnage incarné par Josiane Balasko et trouver que les personnages masculins que l'héroïne est contrainte de se farcir ne sont que de sombre crétins mais reconnaissons que Les hommes préfèrent les grosses est franchement très drôle et charrie quelques répliques ou situations relativement cocasses. Lydie cherchant une colocataire : ''Faudrait qu'elle soit beaucoup plus moche que moi. Comme ça, je serai tranquille...'' Arlette lui répondant du tac au tac : '' M'enfin, ne m'dis pas que tu cherche un monstre. Tu trouveras pas, faut pas rêver !''. Notons l'intervention de Daniel Auteuil dans le rôle de l'ex compagnon d'Eva, Jean-Yves. Avec ses faux airs de psychopathe obnubilé par la jeune femme, le personnage n'est qu'un énième pauvre type comme en compte beaucoup la comédie de Jean-Marie Poiré. Du côté des anecdotes, il faut savoir que le rôle qu'interprète Luis Rego devait être joué par Michel Blanc mais celui-ci, inquiet à l'idée d'incarner un personnage trop semblable à celui de Jean-Claude Dusse qu'il incarna dans Les bronzés refusa à seulement quelques semaines du début du tournage. L'ancien membre du Splendid rencontre cette année là un grand succès grâce à la comédie de Patrice Leconte, Viens chez moi, j'habite chez une copine. Premier rôle aux côtés de Bernard Giraudeau, il n'est pas impossible que l'acteur ait également refusé le rôle de Gérard dans Les hommes préfèrent les grosses parce qu'il n'y incarnait pas le personnage central. C'est du moins ce qu'à sans doute imaginé Jean-Marie Poiré qui pour se ''venger'' du désistement de Michel Blanc fit dire à une speakerine présente un court instant dans le film la phrase suivante : ''M.B a la grosse tête''...

 

mercredi 10 octobre 2018

Ma Femme s'appelle Reviens de Patrice Leconte (1982) - ★★★★★★★☆☆☆



Bernard Fizet s'est fait plaquer par sa femme. Nadine par son mec. Lui est médecin, elle photographe et tous les deux sont voisins. Unis dans un même chagrin, ils vont apprendre à se connaître et à s'apprécier. Lui est incarné par Michel Blanc et elle par Anémone. La même année, ils tourneront ensemble Viens chez Moi, j'habite chez une Copine, réalisé lui aussi par Patrice Leconte, lequel participera en grande partie au succès de l'équipe du Splendid en les faisant tourner dans l'adaptation de leur propre pièce de théâtre Amour, Coquillages et Crustacés en 1978. Pour l'heure, le cinéaste tourne une comédie sympathique aussi drôle que tendre qui verra un écho l'année suivante avec Le Quart d'Heure Américain dans lequel Anémone connaîtra une histoire compliquée avec le personnage de Ferdinand, incarné cette fois-ci par Gérard Jugnot, l'un des fondateurs de l'équipe du Splendid.
Inutile de dire que les spectateurs sont en terrain connu. Difficile de ne pas adhérer au style de Patrice Leconte qui à l'époque et d'une certaine manière, produisait à peu de chose près le même type de long-métrage à chaque fois. Les dialogues de Michel Blanc font mouche à chaque fois et Anémone est amusante dans le rôle de cette jeune femme délaissée par un jeune musicien prénommé Terry et interprété par le tout jeune Christophe Malavoy. En dehors de ce dernier et des deux principaux interprètes, l'occasion est donnée d'apercevoir à l'écran l'acteur Xavier Saint-Macary (Les Hommes Préfèrent les Grosses, avec Josiane Balasko), qui dans la peau de Philippe, le meilleur ami de Bernard, doit supporter son ami dépressif. Un mal-être qui d'ailleurs s'exprime relativement rarement au vu de sa situation, contrairement à une Anémone qui passe de l'anorexie à la boulimie avec une certaine aisance... suivie de crampes d'estomacs !

C'est toujours avec un réel plaisir que l'on retrouve nos deux acteurs. Les dialogues finement ciselés de Michel Blanc collent parfaitement au dialogue qu'il a écrit en compagnie de Patrice Leconte sur la base d'un scénario original écrit par Joseph Morhaim. La bande musicale est l’œuvre du chanteur et compositeur William Sheller tandis que la chanson "C'est peut-être aussi bien comme ça" est interprétée par la chanteuse Marie-Paule Belle.


Ma Femme s'appelle Reviens remplit parfaitement son contrat en instaurant une belle complicité entre les deux comédiens qui nous livrent une comédie qui ne fait jamais vraiment l'impasse sur l'émotion même si tout est évidemment à prendre au second degré. Au détour de quelques scènes, Patrice Leconte convoque des têtes bien connues des cinéphiles et autres amateurs de comédies puisqu'apparaissent à l'écran l'acteur-chanteur Patrick Bruel, l'actrice-réalisatrice et humoriste Charlotte de Turckheim, le fidèle Guy Laporte, ou encore le metteur en scène, scénariste et réalisateur Jean-Michel Ribes. On y découvre même la jeune Pascale Rocard que les amateurs de séries de l'été auront pu voir six ans plus tard dans le rôle de Nicole Châtel dans l'excellent feuilleton Le Vent des Moissons de Jean Sagols. On pourra noter que pour l'une des premières fois de sa carrière (et là, j'évoque seuls les films dans lesquels il tient un rôle important), Michel Blanc n'incarne non pas le beauf tant attendu mais un personnage au contraire, plutôt responsable de ses actes, véritable ange protecteur auprès d'une Anémone complètement perdue. Malgré les années qui séparent Ma Femme s'appelle Reviens de sa sortie sur les écrans français le 27 janvier 1982, l'oeuvre de Patrice Leconte a su conserver toutes ses qualités. Un film que l'on prend toujours autant de plaisir à redécouvrir...
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...