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mercredi 10 octobre 2018

Ma Femme s'appelle Reviens de Patrice Leconte (1982) - ★★★★★★★☆☆☆



Bernard Fizet s'est fait plaquer par sa femme. Nadine par son mec. Lui est médecin, elle photographe et tous les deux sont voisins. Unis dans un même chagrin, ils vont apprendre à se connaître et à s'apprécier. Lui est incarné par Michel Blanc et elle par Anémone. La même année, ils tourneront ensemble Viens chez Moi, j'habite chez une Copine, réalisé lui aussi par Patrice Leconte, lequel participera en grande partie au succès de l'équipe du Splendid en les faisant tourner dans l'adaptation de leur propre pièce de théâtre Amour, Coquillages et Crustacés en 1978. Pour l'heure, le cinéaste tourne une comédie sympathique aussi drôle que tendre qui verra un écho l'année suivante avec Le Quart d'Heure Américain dans lequel Anémone connaîtra une histoire compliquée avec le personnage de Ferdinand, incarné cette fois-ci par Gérard Jugnot, l'un des fondateurs de l'équipe du Splendid.
Inutile de dire que les spectateurs sont en terrain connu. Difficile de ne pas adhérer au style de Patrice Leconte qui à l'époque et d'une certaine manière, produisait à peu de chose près le même type de long-métrage à chaque fois. Les dialogues de Michel Blanc font mouche à chaque fois et Anémone est amusante dans le rôle de cette jeune femme délaissée par un jeune musicien prénommé Terry et interprété par le tout jeune Christophe Malavoy. En dehors de ce dernier et des deux principaux interprètes, l'occasion est donnée d'apercevoir à l'écran l'acteur Xavier Saint-Macary (Les Hommes Préfèrent les Grosses, avec Josiane Balasko), qui dans la peau de Philippe, le meilleur ami de Bernard, doit supporter son ami dépressif. Un mal-être qui d'ailleurs s'exprime relativement rarement au vu de sa situation, contrairement à une Anémone qui passe de l'anorexie à la boulimie avec une certaine aisance... suivie de crampes d'estomacs !

C'est toujours avec un réel plaisir que l'on retrouve nos deux acteurs. Les dialogues finement ciselés de Michel Blanc collent parfaitement au dialogue qu'il a écrit en compagnie de Patrice Leconte sur la base d'un scénario original écrit par Joseph Morhaim. La bande musicale est l’œuvre du chanteur et compositeur William Sheller tandis que la chanson "C'est peut-être aussi bien comme ça" est interprétée par la chanteuse Marie-Paule Belle.


Ma Femme s'appelle Reviens remplit parfaitement son contrat en instaurant une belle complicité entre les deux comédiens qui nous livrent une comédie qui ne fait jamais vraiment l'impasse sur l'émotion même si tout est évidemment à prendre au second degré. Au détour de quelques scènes, Patrice Leconte convoque des têtes bien connues des cinéphiles et autres amateurs de comédies puisqu'apparaissent à l'écran l'acteur-chanteur Patrick Bruel, l'actrice-réalisatrice et humoriste Charlotte de Turckheim, le fidèle Guy Laporte, ou encore le metteur en scène, scénariste et réalisateur Jean-Michel Ribes. On y découvre même la jeune Pascale Rocard que les amateurs de séries de l'été auront pu voir six ans plus tard dans le rôle de Nicole Châtel dans l'excellent feuilleton Le Vent des Moissons de Jean Sagols. On pourra noter que pour l'une des premières fois de sa carrière (et là, j'évoque seuls les films dans lesquels il tient un rôle important), Michel Blanc n'incarne non pas le beauf tant attendu mais un personnage au contraire, plutôt responsable de ses actes, véritable ange protecteur auprès d'une Anémone complètement perdue. Malgré les années qui séparent Ma Femme s'appelle Reviens de sa sortie sur les écrans français le 27 janvier 1982, l'oeuvre de Patrice Leconte a su conserver toutes ses qualités. Un film que l'on prend toujours autant de plaisir à redécouvrir...

dimanche 1 juillet 2018

Soldat Duroc, ça va être ta Fête de Michel Gérard (1974) - ★★★★☆☆☆☆☆☆



Allez, Philippe Clair, du balais ! On passe aux choses 'sérieuses'. Qui pourra prétendre le contraire puisqu'au générique de Soldat Duroc, ça va être ta Fête de Michel Gérard, nous retrouvons l'irrésistible Pierre Tornade ? Oui, oui, le Capitaine Dumont de la célèbre et cultissime série de trois longs-métrages La Septième Compagnie. Si l'acteur français a perdu quelques galons en incarnant désormais le sergent-chef Lapointe, il a par contre troqué son second-rôle contre celui d'interprète principal. Sorti la même année que On a Retrouvé la Septième Compagnie, Soldat Duroc, ça va être ta Fête situe son intrigue en 1944. Le soldat Bernard Duroc, c'est l'acteur Régis Porte. Et parce que ce troufion s'exprime dans un allemand impeccable, il est la cible du sergent John Lewis, un soldat américain fraîchement débarqué en ville et qui désire avoir des informations concernant les lieux.
Malheureusement pour lui, Duroc a fait le mur afin de rejoindre sa bien-aimée Nicole et se trouve être par conséquent introuvable. Commence alors un périple en terre occupée par les allemands. Une escapades à la tête de laquelle on retrouve le sergent John Lewis (incarné à l'écran par l'acteur américain Robert Webber, notamment vu dans Douze Hommes en Colère de Sydney Lumet en 1957 ou Apportez-moi la Tête d'Alfredo Garcia de Sam Peckinpah en 1974), collé de près par Pierre Tornade dans la peau du sergent-chef Lapointe donc. Un duo fort curieux puisqu'opposant un américain fort peu engageant mais très courageux à un français dont l'audace est loin d'être la première des qualités.

Soldat Duroc, ça va être ta Fête s'inscrit à son tour dans la vague de comédies franchouillardes à la mode dans les années soixante-dix, basant son récit autour du thème de la Seconde Guerre Mondiale avec aussi peu de sérieux que la trilogie réalisée par Robert Lamoureux entre 1973 et 1977, mais avec très nettement moins de talent. Car en effet, si le long-métrage réalisé par Michel Gérard (auquel  on doit également le fameux Les Vacanciers daté de 1974 ou bien Retenez-moi... ou je fais un malheur !) se situe très largement au dessus des navets signés Philippe Clair, le film est encore loin d'atteindre l'une des trois places du podium. Moins lourds, les gags sont aussi et surtout moins nombreux. Soldat Duroc, ça va être ta Fête n'est pas drôle et d'ailleurs, on se demande si vraiment le cinéaste cherche à faire rire les spectateurs. Heureusement que le scénario, dont la teneur manque pourtant de punch, permet à ses interprètes d'éviter de faire du sur-place.

Alors que les deux films de Philippe Clair précédemment chroniqués furent l'occasion pour Richard Anconina de faire ses premières armes au cinéma, c'est avec une certaine surprise que l'on découvre cette fois-ci l'acteur Christophe Malavoy dans le rôle d'un soldat non crédité au générique, et auquel Michel Gérard offre deux ou trois répliques au début du film. L'occasion d'une toute première apparition pour le futur interprète de David Aurphet dans Péril en la Demeure de Michel Deville en 1984, ou de Gérard dans Association de Malfaiteurs de Claude Zidi en 1987.

Outre Pierre Tornade et Christophe Malavoy, le film de Michel Gérard est également l'occasion de retrouver des personnalités typiques de ce genre bien particulier de la comédie française des années soixante-dix : Roger Carel dans le rôle de l'officier allemand Oberst Strumpf, Michel Galabru dans celui du boulanger, Philippe Castelli en Colonel de l'armée française, ou encore Patrick Préjean dans la peau d'un sergent. Un casting en or pour tout amateur de bisserie française, mais un quasi-désastre pour les autres. Car même si l'on a vu bien pire ailleurs, Soldat Duroc, ça va être ta Fête demeure tout de même un sacré nanar. Pierre Tornade n'y aura pas perdu que quelques galons, mais une partie du 'prestige' qu'il incarnait dans la saga de Robert Lamoureux...
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