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samedi 9 novembre 2024

Cycle Les Charlots: Bons Baisers de Hong-Kong de Yvan Chiffre (1975)



Kidnappée par un certain Marty (l'acteur américain Mickey Rooney), la Reine Elisabeth II risque d'être absente pour sa prochaine apparition en public. Le palais de Buckingham est en émois. James Bond est mort et afin de retrouver la Reine, M fait appel aux services secrets français. Et notamment à son homologue Vannier, chef du SDECE. Forcé de collaborer, celui-ci envoie en mission ses quatre pires agents, Gérard, Jean, Phil et Jean-Guy respectivement connus sous les pseudos Agents 022, 023, 024 et 025. Phil et Jean sont envoyés en Angleterre et Gérard et Jean-Guy en Espagne avant d'être dirigés vers Hong-Kong.

Parmi "l'illustre" filmographie des Charlots, il existe quelques œuvres plutôt réussies, d'autres beaucoup moins. Mais il en est un qui semblait être promis à un bel avenir et qui pourtant demeure l'un des plus décevants : Bon Baisers de Hong-Kong. Parodie de films d'espionnage en général et de James Bond en particulier, le ton est donné dès le générique qui caricature le célèbre personnage créé en 1953 par l'écrivain et ancien espion britannique Ian Flemming.
Réalisé par le cascadeur Yvan Chiffre ayant œuvré dans bon nombre de productions et dans les deux films de cape et d'épée ayant pour principaux interprètes les Charlots, Bon Baisers de Hong-Kong mélange action, espionnage, aventures et comédie avec plus ou moins de bonheur.

Si parmi les quatre catégories, les trois premières s'en sortent plutôt bien, la dernière fait souvent défaut. En effet, le film de Yvan Chiffre est tout sauf amusant. Une bonne partie du casting est assuré par des acteurs américains et britanniques et l'on découvre à leurs côtés quelque seconds rôles hexagonaux comme André Pousse, Jacques Marin ou Philippe Castelli et même la chanteuse américaine Jeane Manson qui a fait le plus gros de sa carrière et de son succès en France où elle a vécu de nombreuses années.

Anecdote amusante : lorsque la secrétaire de M annonce à ce dernier que James est mort trois ans plus tôt, on suppose logiquement qu'il s'agit du célèbre agent secret 007 James Bond. Événement qui n'a rien d'un hasard puisque trois ans plus tôt sortait justement Les Diamants sont Éternels qui voyaient alors l'acteur Sean Connery interpréter le personnage de James Bond pour la dernière fois au cinéma, donnant ainsi le relais à l'acteur Roger Moore. La référence à 007 n'est d'ailleurs pas la seule puisque l'acteur Clifton James qui joue lui aussi dans le film de Yvan Chiffre interprétait déjà le rôle du Shérif J.W. Pepper dans les deux premiers James Bond avec Roger Moore dans le rôle-titre.

Dès l'intro du film, on remarque la prestation d'un sosie du président américain Richard Nixon dont la présence sera récurrente. Mais il ne sera pas le seul sosie a montrer son visage sur les écrans puisq'en outre, celui de la reine Élisabeth elle-même fera partie du casting principal. C'est d'ailleurs l'actrice Huguette Funfrock qui bâtit sa célébrité en raison de sa ressemblance avec la dite-reine qui joue le double rôle de la reine Élisabeth et de la femme de ménage de M, Madame Loubet. Entre autres, on peut apercevoir les sosies de Laurel et Hardy, des frères Marx Harpo et Groucho, et même celui du célèbre dictateur Adolf Hitler !

Mais malgré ces quelques points d'intérêt, il ne faut pas oublier que l'essentiel est absent et que même si les cascades sont particulièrement réussies, rappelant ainsi la principale profession de l'auteur de Bon Baisers de Hong-Kong, l'humour lui, fait défaut. Un comble lorsque l'on s'appelle les Charlots. A noter qu'à partir de Et Vive la Liberté, leur prochain film, Jean-Guy Fechner ne fera plus partie de la bande en raison d'un désaccord entre son frère et les trois autres Charlots. Un événement qui aurait pu couler la carrière cinématographique de ses trois compagnons, mais étant des quatre celui qui semblait le moins impliqué, son absence n'aura finalement pas ou peu d'impact.


dimanche 4 août 2019

La Grande Lessive (!) de Jean-Pierre Mocky (1969) - ★★★★★★★☆☆☆



Alors que dans notre réalité, les années soixante furent celles de la révolution sexuelle, celles de la légalisation de la contraception et de l'avortement, le cinéaste français Jean-Pierre Mocky semblait, lui, préoccupé par un tout autre sujet. Un aspect et un comportement humain qui n'a eu de cesse que de progresser dans des proportions dramatiques, lobotomisant ainsi les masses en les faisant intellectuellement régresser. Si à l'époque, la chose pouvait amuser, La Grande Lessive (!) que l'on peut aujourd'hui considérer comme une œuvre visionnaire a laissé la place à une forme de communication autiste, chacun demeurant chez soit et ne s'adressant à l'autre qu'à travers diverses technologies (réseaux sociaux, téléphones mobiles, sites d'hébergement vidéos, etc...). C'est donc à une réalité alternative que nous conviait Jean-Pierre Mocky. Un monde dans lequel un professeur de lettres, Armand Saint-Just, et quelques amis acquis à sa cause allaient oser prendre le taureau par les cornes et affronter le média télé, monstre tentaculaire et Dieu tout puissant réunissant déjà à l'époque, plus de paroissiens que l’Église elle-même. Une France non plus dirigée par un chef d’État mais hypnotisée par le gourou Jean-Michel Lavalette et par ses sbires de la police nationale.

Jean-Pierre Mocky, sous couvert d'une comédie un brin farfelue menée par l'un de ces vieux professeurs de lettres qui n'existent malheureusement plus de nos jours (les jeunes profs d'aujourd'hui ont les dents longues), réalise une satire plus féroce qu'il n'y paraît. Il faut voir ces couples qui une fois leur journée de travail accomplie se laissent bercer par la douce mélodie de leur petite lucarne dont les dimensions à l'époque ne dépassaient pas celles d'une petite rôtissoire. Tellement obnubilés par de bêtifiantes émissions diffusées par les deux seules chaînes de l'ORTF se partageant le monopole des programmes (les deux chaînes abandonneront respectivement leur place au profit de TF1 et Antenne2 le 6 janvier 1975), qu'ils en oublient jusqu'à l'éducation même de leur propre progéniture. C'est donc pour combattre ce véritable cancer, ce fléau contre lequel l'éducation ne peut opposer aucune arme de défense qu'Armand Saint-Just, le docteur Loupiac et le professeur de gymnastique Missenard vont bénéficier des talents du chimiste Benjamin pour brouiller les antennes situées sur les toits parisiens. Mais pas n'importe lesquelles : au nombre de quarante, les trois hommes s'attaqueront à celles qui empêchent les quarante élèves du professeur de lettres d'étudier le soir, à la maison. Une escapade périlleuse car les trois hommes auront dans leur sillage les inspecteurs Toilu et Barbic...

Sympathique mais pas transcendantal, La Grande Lessive (!) vaut d'abord pour son message qui cinquante ans avant notre époque signalait (ou non) sur un mode humoristique, les dangers de la télévision sur le comportement des téléspectateurs. Qui aurait pu deviner que les enfants si sages du long-métrage de Jean-Pierre Mocky allaient laisser place aux zombies ''nouvelle génération'' qui de nos jours passent la tête plongée dans l'écran de leur smartphone ? Le film vaut également pour la présence de l'indétrônable Bourvil, de Francis Blanche dans le rôle du Docteur Loupiac, de Roland Missenard dans celui du prof de gym ou encore du duo de flics formé par Marcel Pérès et Jean-Claude Rémoleux. À noter la présence de Michael Lonsdale dans le tout petit rôle de Monsieur Delaroque et de Jean Poiret dans celui du ''gourou des ondes'', Jean-Michel Lavalette. La Grande Lessive (!) reste plaisant à revoir même s'il a pris un sérieux coup de vieux...

dimanche 1 juillet 2018

Soldat Duroc, ça va être ta Fête de Michel Gérard (1974) - ★★★★☆☆☆☆☆☆



Allez, Philippe Clair, du balais ! On passe aux choses 'sérieuses'. Qui pourra prétendre le contraire puisqu'au générique de Soldat Duroc, ça va être ta Fête de Michel Gérard, nous retrouvons l'irrésistible Pierre Tornade ? Oui, oui, le Capitaine Dumont de la célèbre et cultissime série de trois longs-métrages La Septième Compagnie. Si l'acteur français a perdu quelques galons en incarnant désormais le sergent-chef Lapointe, il a par contre troqué son second-rôle contre celui d'interprète principal. Sorti la même année que On a Retrouvé la Septième Compagnie, Soldat Duroc, ça va être ta Fête situe son intrigue en 1944. Le soldat Bernard Duroc, c'est l'acteur Régis Porte. Et parce que ce troufion s'exprime dans un allemand impeccable, il est la cible du sergent John Lewis, un soldat américain fraîchement débarqué en ville et qui désire avoir des informations concernant les lieux.
Malheureusement pour lui, Duroc a fait le mur afin de rejoindre sa bien-aimée Nicole et se trouve être par conséquent introuvable. Commence alors un périple en terre occupée par les allemands. Une escapades à la tête de laquelle on retrouve le sergent John Lewis (incarné à l'écran par l'acteur américain Robert Webber, notamment vu dans Douze Hommes en Colère de Sydney Lumet en 1957 ou Apportez-moi la Tête d'Alfredo Garcia de Sam Peckinpah en 1974), collé de près par Pierre Tornade dans la peau du sergent-chef Lapointe donc. Un duo fort curieux puisqu'opposant un américain fort peu engageant mais très courageux à un français dont l'audace est loin d'être la première des qualités.

Soldat Duroc, ça va être ta Fête s'inscrit à son tour dans la vague de comédies franchouillardes à la mode dans les années soixante-dix, basant son récit autour du thème de la Seconde Guerre Mondiale avec aussi peu de sérieux que la trilogie réalisée par Robert Lamoureux entre 1973 et 1977, mais avec très nettement moins de talent. Car en effet, si le long-métrage réalisé par Michel Gérard (auquel  on doit également le fameux Les Vacanciers daté de 1974 ou bien Retenez-moi... ou je fais un malheur !) se situe très largement au dessus des navets signés Philippe Clair, le film est encore loin d'atteindre l'une des trois places du podium. Moins lourds, les gags sont aussi et surtout moins nombreux. Soldat Duroc, ça va être ta Fête n'est pas drôle et d'ailleurs, on se demande si vraiment le cinéaste cherche à faire rire les spectateurs. Heureusement que le scénario, dont la teneur manque pourtant de punch, permet à ses interprètes d'éviter de faire du sur-place.

Alors que les deux films de Philippe Clair précédemment chroniqués furent l'occasion pour Richard Anconina de faire ses premières armes au cinéma, c'est avec une certaine surprise que l'on découvre cette fois-ci l'acteur Christophe Malavoy dans le rôle d'un soldat non crédité au générique, et auquel Michel Gérard offre deux ou trois répliques au début du film. L'occasion d'une toute première apparition pour le futur interprète de David Aurphet dans Péril en la Demeure de Michel Deville en 1984, ou de Gérard dans Association de Malfaiteurs de Claude Zidi en 1987.

Outre Pierre Tornade et Christophe Malavoy, le film de Michel Gérard est également l'occasion de retrouver des personnalités typiques de ce genre bien particulier de la comédie française des années soixante-dix : Roger Carel dans le rôle de l'officier allemand Oberst Strumpf, Michel Galabru dans celui du boulanger, Philippe Castelli en Colonel de l'armée française, ou encore Patrick Préjean dans la peau d'un sergent. Un casting en or pour tout amateur de bisserie française, mais un quasi-désastre pour les autres. Car même si l'on a vu bien pire ailleurs, Soldat Duroc, ça va être ta Fête demeure tout de même un sacré nanar. Pierre Tornade n'y aura pas perdu que quelques galons, mais une partie du 'prestige' qu'il incarnait dans la saga de Robert Lamoureux...
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