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dimanche 4 août 2019

La Grande Lessive (!) de Jean-Pierre Mocky (1969) - ★★★★★★★☆☆☆



Alors que dans notre réalité, les années soixante furent celles de la révolution sexuelle, celles de la légalisation de la contraception et de l'avortement, le cinéaste français Jean-Pierre Mocky semblait, lui, préoccupé par un tout autre sujet. Un aspect et un comportement humain qui n'a eu de cesse que de progresser dans des proportions dramatiques, lobotomisant ainsi les masses en les faisant intellectuellement régresser. Si à l'époque, la chose pouvait amuser, La Grande Lessive (!) que l'on peut aujourd'hui considérer comme une œuvre visionnaire a laissé la place à une forme de communication autiste, chacun demeurant chez soit et ne s'adressant à l'autre qu'à travers diverses technologies (réseaux sociaux, téléphones mobiles, sites d'hébergement vidéos, etc...). C'est donc à une réalité alternative que nous conviait Jean-Pierre Mocky. Un monde dans lequel un professeur de lettres, Armand Saint-Just, et quelques amis acquis à sa cause allaient oser prendre le taureau par les cornes et affronter le média télé, monstre tentaculaire et Dieu tout puissant réunissant déjà à l'époque, plus de paroissiens que l’Église elle-même. Une France non plus dirigée par un chef d’État mais hypnotisée par le gourou Jean-Michel Lavalette et par ses sbires de la police nationale.

Jean-Pierre Mocky, sous couvert d'une comédie un brin farfelue menée par l'un de ces vieux professeurs de lettres qui n'existent malheureusement plus de nos jours (les jeunes profs d'aujourd'hui ont les dents longues), réalise une satire plus féroce qu'il n'y paraît. Il faut voir ces couples qui une fois leur journée de travail accomplie se laissent bercer par la douce mélodie de leur petite lucarne dont les dimensions à l'époque ne dépassaient pas celles d'une petite rôtissoire. Tellement obnubilés par de bêtifiantes émissions diffusées par les deux seules chaînes de l'ORTF se partageant le monopole des programmes (les deux chaînes abandonneront respectivement leur place au profit de TF1 et Antenne2 le 6 janvier 1975), qu'ils en oublient jusqu'à l'éducation même de leur propre progéniture. C'est donc pour combattre ce véritable cancer, ce fléau contre lequel l'éducation ne peut opposer aucune arme de défense qu'Armand Saint-Just, le docteur Loupiac et le professeur de gymnastique Missenard vont bénéficier des talents du chimiste Benjamin pour brouiller les antennes situées sur les toits parisiens. Mais pas n'importe lesquelles : au nombre de quarante, les trois hommes s'attaqueront à celles qui empêchent les quarante élèves du professeur de lettres d'étudier le soir, à la maison. Une escapade périlleuse car les trois hommes auront dans leur sillage les inspecteurs Toilu et Barbic...

Sympathique mais pas transcendantal, La Grande Lessive (!) vaut d'abord pour son message qui cinquante ans avant notre époque signalait (ou non) sur un mode humoristique, les dangers de la télévision sur le comportement des téléspectateurs. Qui aurait pu deviner que les enfants si sages du long-métrage de Jean-Pierre Mocky allaient laisser place aux zombies ''nouvelle génération'' qui de nos jours passent la tête plongée dans l'écran de leur smartphone ? Le film vaut également pour la présence de l'indétrônable Bourvil, de Francis Blanche dans le rôle du Docteur Loupiac, de Roland Missenard dans celui du prof de gym ou encore du duo de flics formé par Marcel Pérès et Jean-Claude Rémoleux. À noter la présence de Michael Lonsdale dans le tout petit rôle de Monsieur Delaroque et de Jean Poiret dans celui du ''gourou des ondes'', Jean-Michel Lavalette. La Grande Lessive (!) reste plaisant à revoir même s'il a pris un sérieux coup de vieux...

samedi 3 août 2019

Tu es si Jolie ce Soir de Jean-Pierre Mocky (2014) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Deborah Robinson est mariée à Steve, un procureur qui lui a donné deux enfants. Un garçon, Brian, ainsi qu'une fille, Kim. Alors que Steve a pour habitude de régulièrement disparaître le week-end pour convenance personnelle, il n'est pas réapparu depuis sa dernière escapade. Sa femme commence d'abord par s'inquiéter car l'homme qui viola la sœur de Steve voilà des années vient d'être libéré. Puis la jeune femme se met ensuite à avoir des doutes sur son mari. Alors que son entourage tente de la rassurer, d'autres pensent qu'il aurait pu être lui même responsable de l'agression sur sa propre sœur. C'est du moins ce qu'affirme l'homme qui passa des années en prison pour le viol. Alors que la police enquête, Déborah apprend des choses qu'elle ignorait jusque là sur son époux. Toujours introuvable, Steve est même soupçonné d'être l'auteur d'une série de meurtres commis par un individu connu sous le nom de l’étrangleur des ruelles...

Adapté du roman The Way You Look Tonight de Carlene Thompson par André Ruellan et Jean-Pierre Mocky lui-même, Tu es si Jolie ce Soir est la seconde adaptation du cinéaste français d'un roman de l'écrivain américaine dix-neuf ans après Noir comme le Souvenir. Cinquante-neuvième long-métrages des soixante-six réalisés jusqu'à ce jour (le dernier, Tous Flics est encore en tournage), Tu es si Jolie ce Soir n'est ni le meilleur, ni le pire de son auteur. Se situant à l'exact milieu de ce qu'est capable de produire Jean-Pierre Mocky lorsqu'il fait l'effort de ne pas laisser ses interprètes en roue libre, le film est un thriller, entre crimes en série, vengeance et manigances. Un peu à la manière d'un Dario Argento atteint par l'arthrite, Jean-Pierre Mocky semble se filmer lui-même lors des meurtres qui ne laissent entrevoir que la silhouette toute ''giallesque'' de son tueur, le spectateur étant d'entrée de jeu trompé par l'allure de cet assassin qui siffle et murmure une jolie chanson composée par le célèbre Vladimir Cosma. Un air ayant pour titre, celui-là même du cinquante-neuvième long-métrage de l'auteur de Un Drôle de Paroissien en 1963, Le Témoin en 1978, Litan, la Cité des Spectres Verts en 1981, ou encore Les ballets Écarlates en 2005.

Parmi des interprètes pas toujours évidents à reconnaître, on aperçoit tout de même Thierry Neuvic qui débutait sa carrière d'acteur dans Code Inconnu de Michael Haneke en 2000, Delphine Chanéac, que l'on retrouverait deux ans plus tard dans Rouges étaient les Lilas, lui-même réalisé par Jean-Pierre Mocky, Lola Dewaere, chanteuse, actrice, mais aussi fille du célèbre acteur Patrick Dewaere, ou encore Lionel Abelanski que l'on ne présente plus et ici, affublé d'une grotesque perruque ! Quant à Jean-Pierre Mocky, il s'offre le rôle de Charles Willy, un agent de l'IGS (Inspection Générale des Services) ou, plus communément appelé bœuf-carotte. Un rôle insignifiant plus proche du caméo que d'un véritable rôle de composition. Si quelques interprètes s'en sortent honorablement (parmi ceux cités plus haut), d'autres, en revanche, galèrent comme cela est généralement le cas avec un Jean-Pierre Mocky qui ne semble pas ressentir le besoin de retourner une scène, même médiocre. Il est donc parfois difficile d'être complètement happé par une histoire davantage ''récitée'' que véritablement interprétée. Ce que l'on pourrait appeler la ''Mocky's Touch''. Un film moyen au rythme, à l'intensité et au dénouement assez décevants...

dimanche 30 septembre 2018

Le Renard Jaune de Jean-Pierre Mocky (2013)



Charles Senac est un être méprisable et odieux envers tous ceux qui le côtoient. Auteur d'un roman à succès, il n'a depuis plus rien fait éditer. C'est peut-être pourquoi il est si dur avec ceux qu'il retrouve tous les jours au café « Le Renard Jaune ». Là, les langues se délient. Surtout celle de l'écrivain qui s'en prend à un commandant de l'armée française, à une femme d'un certain âge, fière d'être une « cougar », une autre, plus jeune, dont le visage est défiguré par une longue balafre, signature de Charles Senac lui-même. Ici traîne, et boit surtout, un jeune peintre sans talent mais qui se voudrait célèbre. Et puis, évidemment, les serveurs Jean Virmo et Polo, les employés de Léo, le patron du café-restaurant dont la tête a la fâcheuse habitude de pencher vers la gauche.

Tous le monde ici aimerait se débarrasser du détestable écrivain, mais personne n'ose passer à l'acte. Tous le monde ? Pas tout à fait. Le jeune phil, lui, est en admiration devant l'écrivain. Il vient de son pays natal pour rencontrer son idole. Pas de pot ! C'est justement aujourd'hui qu'est retrouvé le corps sans vie de Charle Senac, tué à l'aide d'un tisonnier.

Débarque alors l'inspecteur Giraud, accompagné de son subalterne. L'homme a bien l'intention de mettre la main sur celui ou celle qui s'est rendu coupable du meurtre de l'écrivain...

Tourné en 2013, Le Renard Jaune est un projet qui tient à cœur à Jean-Pierre Mocky puisqu'il avait prévu de le réaliser quarante-six ans plus tôt et avait prévu dans les rôle principaux, Maurice Chevalier, Bourvil, Francis Blanche et Simone Signoret. Un casting de rêve qui en aurait fait baver plus d'un. Ce n'est donc que beaucoup plus tard que le cinéaste mettra en chantier ce film policier qui a surtout le allures d'une pièce de théatre. En place et en lieu des acteurs cités au dessus, on retrouve une nouvelle fois, un parterre de stars françaises qui laissent présager du meilleur : Richard Bohringer, Michael Lonsdale (qui collabore ici pour la neuvième fois à un projet de Jean-Pierre Mocky), Philippe Chevalier (moitié du duo Chevalier-Laspalès), Claude Brasseur, Dominique Lavanant, Béatrice Dalle, Frédéric Diefenthal, les père et fils Jean-François et Robinson Stévenin, etc...

Que dire alors de ce Renard Jaune ? L'esprit de liberté qui transpire des œuvres de Mocky est ici encore bien présent. Tout cela sent l'improvisation. Quelques petites erreurs de « lecture » ne dérangent visiblement pas le cinéaste et ne l'obligent en aucun cas à reprendre certaines répliques. Chacun semble interpréter son rôle à sa manière avec plus ou moins de bonheur. On s'amuse beaucoup devant les invectives de Bohringer qui s'éclate à pourrir la vie de ses concitoyens. Chacun mène sa barque comme il l'entend sans que Jean-Pierre Mocky ne vienne mettre son grain de sel.

Alors, bien sûr, l'enquête sur le meurtre n'est qu'un prétexte. D'ailleurs, y en a-t-il vraiment une ? Elle sert plutôt de faire-valoir à une réunion d'actrices et d'acteurs cabotins qui s'amusent dans ce huis-clos qui ne fera sans doute jamais partie des grands classiques du cinéma français mais qui permet tout de même de passer un moment agréable... et léger... Un jean-Pierre Mocky en mode « Agatha Christie »...

Interview de Michael Lonsdale sur le tournage du film:

samedi 28 juillet 2018

Les Saisons du Plaisir de Jean-Pierre Mocky (1988)



Emmanuelle et Charles ont cent ans chacun et sont bien décidés à profiter de la vie. C'est pourquoi ils ont choisi de partir en voyage de noces. La question qui se pose est de savoir qui va prendre en main la Parfumerie Vanbert en leur absence. Charles qui en a assez décide de profiter du séminaire annuel réunissant les cadres de l'entreprise pour élire celui qui prendra la tête de l'entreprise familiale.

Jacques, Gus, Paul, Bernard et Daniel sont les principaux cadre de la Parfumerie Vanbert et espèrent tous devenir le nouveau patron. Il fait beau au château des Vanbert. Le soleil brille, c'est l'été et les désirs charnels explosent de mille envies. Adolescents et adultes se laissent aller à des ébats tandis que d'autres complotent pour obtenir les grâces du patriarche lorsque celui-ci prendra la décision de nommer son héritier à la tête de la parfumerie.

Mais alors que chacun vaque à ses occupations, Jacqueline, la fille des Vanbert disparaît dans la garrigue. Lancés à sa recherche, un groupe d'hommes et de femmes fouilles les lieux. Contre toute attente, c'est Thierry et son épouse Sophie qui retrouvent Jacqueline et lui évitent de faire une bêtise. Afin de remercier ceux qui ont sauvé leur fille, Emmanuelle et Charles demandent à les voir. Ailleurs, le danger guette. En effet, on signale une fuite de gaz radioactif dans la centrale nucléaire d'à coté...

Datant de 1988, Les Saisons du Plaisirs est surtout connu en raison de son affiche des plus équivoque, plus que de ses qualités en terme d’œuvre cinématographique. Tourner, c'est toute sa vie, à Jean-Pierre Mocky. Troisième film à sortir cette année là après le corrosif Miraculé et Agent Trouble, Les Saisons du Plaisirs fait figure de film léger. On s'y fourvoie à volonté avec ses partenaires, hommes et femmes, homme et homme, femme et femme, Jean-Pierre Mocky n'a pas de tabous.

Le casting est exceptionnel : Stephane Audran, Jean-Pierre Bacri, Roland Blanche, Jean-Luc Bideau, Darry Cowl, Rochard Bohringer, Eva Darlan, Jean Poiret, Fanny Cottençon, Sylvie Joly, Bernadette Lafont, Jacqueline Maillan, Bernard Menez, et même la toute jeune Judith Godrèche tournent en orbite autour des « anciens » Charles Vanel et Denise Grey. 
 

Le pouvoir, l'argent et le sexe sont les vices qui touchent tous les personnages du cinéaste. Son film fait parfois penser à la comédie satirique de Denys Granier-Deferre Que les gros salaires lèvent le doigt, sortie six ans plus tôt. Les Saisons du Plaisirs se laisse regarder, sans plus. C'est bien du Mocky : une idée de départ intéressante mais mal négociée par la suite. Heureusement, l'interprétation est quand à elle assez juste...


vendredi 20 juillet 2018

Une nuit à l'Assemblée nationale de Jean-Pierre Mocky (1988)



Walter Arbeit est naturiste. Il vit en compagnie de sa femme et de leur neuf enfants (un dixième arrive) dans un camp de naturiste bien gardé et abrité des curieux. Parce qu'il a mérité une médaille, il accepte d'accompagner son ami Aimé Dugland jusqu'à l'Assemblée où il doit être décoré de la Légion d'Honneur. Sauf qu'entre-temps, il comprend que la récompense à été achetée par son ami. Scandalisé, il quitte le bureau et hurle à qui veut l'entendre que les médailles, ici, s'achètent.

Pour que l'affaire ne s'ébruite pas, Octave Leroy, un proche du Ministre Agnello promet à Walter de réfléchir à une solution concernant la voie de chemin de fer qui bientôt prendra la place du camp dans lequel vivent ses concitoyens naturistes. Alléché par la proposition de Leroy, Walter se laisse amadouer. Mais très vite, il comprend qu'il s'est fait avoir et se lie avec la gauchiste Henriette Brulard afin de révéler lors d'une réunion à l'Assemblée les magouilles perpétrées par certains politiques...


Une Nuit à l'Asemblée Nationale se veut un brûlot contre la classe politique. Un film en forme de dénonciation contre les responsables de l’État et leur habituelles tendances à magouiller. Mensonges, pots de vin, manipulation, tout y passe et Jean-Pierre Mocky convoque un parterre de célébrités pour donner corps à un sujet sulfureux.

Jean Poiret mène la danse, en homme politique véreux qui n'hésite pas à abuser du mensonge pour obtenir ce qu'il veut. Jacqueline Maillan en pseudo Laguiller, gauchiste et désirant renverser le pouvoir en révélant les trafics en son sein. Bernadette Laffont, Darry Cowl, Roland Blanche, Jean Benguigui, et même Josianne Balasko, lors d'une petite apparition. Mais le gros du pavé, c'est celui que lance l'admirable Michel Blanc qui traîne sa nudité jusque dans les couloirs de l'Assemblée. Une performance rare pour l'époque, d'autant plus que l'acteur ne fait pas que traverser l'écran un court laps de temps mais durant tout le film, ou presque.

Malgré tout, Une nuit à l'Assemblée nationale demeure une œuvre relativement faible. La critique est idiote. Du moins, son traitement l'est. En choisissant l'extravagance comme approche, il annule l'impact que pourrait avoir une telle dénonciation des travers de la classe politique. L'interprétation est pauvre, surtout celle des seconds rôles toujours interprétés par des homme et femmes qui n'ont rien à faire devant une caméra mais auxquels Jean-Pierre Mocky offre une chance d'être immortalisés. Une nuit à l'Assemblée nationale reste cependant une réelle curiosité qu'il est intéressant de découvrir. L'un des points noirs demeure dans l'énoncé du titre : Cette fameuse nuit à l'Assemblée ne nous est montrée que durant une dizaine de minutes, emportant ainsi le film loin du huis-clos auquel on aurait pu s'attendre...

dimanche 24 juin 2018

La Candide Madame Duff de Jean-Pierre Mocky (2000)




Léon Duff a tout pour être heureux. Il est marié à une épouse parfaite qui lui a donné un enfant, et qui l'aime et le chérie. Il possède un superbe domaine avec un magnifique manoir et un splendide parc. Il a sous ses ordres Mademoiselle Cast, qui s'occupe de sa progéniture et un fidèle chauffeur du nom de Nolan.

L'existence de Léon est si bien réglée et si peu entachée que le vieil homme s'ennuie. Sa vie conjugale en compagnie de Régina plus jeune d'une vingtaine d'années est si harmonieuse qu'il ne désire plus qu'une seule chose : s'en séparer. Mais pour cela, il devra prouver à sa tante que Régina le trompe. Léon soupçonne tout d'abord leur chauffeur Nolan. Puis c'est au tour d'un certain William d'être dans le collimateur du riche propriétaire. 


Il va jusqu'à faire suivre son épouse par une agence de détectives privés. Puis c'est aux cotés de Nolan qu'il va monter un stratagème pour prouver l'adultère. Sans jamais se douter qu'il est peut-être la victime de manipulations visant ses biens ainsi que ceux de sa tante bien aimée...

Adaptée d'une série, La Candide Madame Duff est une œuvre d'assez bonne facture. Réalisée en 2006, elle voit le casting revu à la baisse en comparaison de la pléthore de personnages que l'on a l'habitude de voir dans certains films de son auteur. Dans le cinéma de Jean-Pierre Mocky, ce film fait figure de réussite, même si les habituels défaut inhérents à une volonté de produire vite sont légion. La Candide Madame Duff est un petit polar sans prétentions, qui permet une fois de plus à Jean-Pierre Mocky de donner la parole à quelques acteurs peu connu, du moins, rarement aperçus dans le paysage cinématographique français. Pierre Cosso est surtout connu pour avoir tenu la dragée à Mireille Darc dans la série à succès Les Cœurs Brûlés de Jean Sagols. Emilie Hebrard, elle, et après bien des recherches, ne semble avoir joué qu'un seul rôle important, celui de cette candide Madame Duff justement. Enfin, concernant Patricia Barzyk, c'est d'une véritable histoire d'amour cinématographique entre cette ex-miss Jura (en 1979) et Mocky dont il s'agit puisque les deux personnalités se retrouveront sur les tournages de pas moins de treize films, dont un pour la télévision.

La Candide Madame Duff est, à coté d'un certain nombre d'échecs de la part du cinéaste, l'une de ses meilleures performances en tant que cinéaste. On n'atteint pas tout à fait le niveau de ses plus belles réussites mais tout de même, on prend un certain plaisir à suivre cette histoire dont l'intensité du twist final aurait été plus forte si l’œuvre avait été nantie d'un budget plus conséquent et de meilleurs acteurs. A noter la présence amusante d'un Dick Rivers pas vraiment à l'aise. Une bonne petite surprise tout de même...


vendredi 9 décembre 2016

La Bête de Miséricorde de Jean-Pierre Mocky (2001)



En adaptant au cinéma le roman éponyme de Fredric Brown, le cinéaste français Jean-Pierre Mocky, s'il ne revient pas en très grande forme, parvient tout de même à réaliser une œuvre relativement acceptable. Ce film, c'est La Bête de Miséricorde dont il a écrit le scénario en compagnie d'André Ruellan. Pour remettre un peu d'ordre dans ce récit quelque peu alambiqué du fait d'une mise en scène souffrant de nombreux problèmes, disons que l'histoire s'articule autour de Jean Mardet, veuf depuis que sa femme est morte dans un grave accident de voiture. Disons plutôt des mains de son époux puisque ne supportant pas de l'entendre agoniser, il lui donne le coup de grâce en lui écrasant une pierre sur le sommet du crâne. Pour un individu éperdument amoureux de sa femme et anéanti de la découvrir en grande souffrance, sa manière de la libérer est difficile à concevoir. Mais bon, bref.
Dix ans plus tard,, Mardet tue au nom du Seigneur auquel il est entièrement voué. Mais pas n'importe qui. Ceux qui comme lui, dix ans plus tôt, souffrent. Qu'il s'agisse d'un clochard, ou bien d'un homme qui a perdu toute sa famille dans une noyade, tous y passent. Ce dernier justement, Mardet l'a tué mais n'a pas tenté de camoufler le corps. Plus absurde encore, il a téléphoné à la police afin de la prévenir de la présence du cadavre dans son jardin. Moreau et Castan sont les deux inspecteurs chargés de l'enquête. Le premier est très vite convaincu de la culpabilité quand le second, lui, préfère émettre des réserves...

Je n'en dirai pas davantage pour ne pas dévoiler la totalité du contenu de ce récit qui aurait pu, et aurait même dû donner naissance à un bon polar à la française. Mais Jean-Pierre Mocky s'étant chargé de la réalisation et du personnage de Jean Mardet, on se doute bien que son adaptation ne va pas atteindre des sommets en matière de mise en scène et d'interprétation. Il demeure pourtant dans son cinéma, quelque chose d' éminemment touchant. Un détail par-ci, par-là qui nous fait aimer ce personnage unique (ou presque) dans le paysage cinématographique français. On s'indignerait presque que personne ne veuille distribuer ses films. Car en effet, comme pour beaucoup de ses œuvres, La Bête de Miséricorde n'est sorti en France le 17 octobre 2001 que dans une seule et unique salle, la sienne. Celle de Jean-Pierre Mocky, le BRADY. Il est demeuré vingt-six semaines en exclusivité. La première, il a totalisé 608 entrées. Et à la fin, il n'en aura finalement récolté que 6207. C'est peu, et en même temps, pas très étonnant.

Parce que Jean-Pierre Mocky a eu beau tourner avec certains de nos plus grands acteurs (Francis Blanche, Bourvil, Jean Poiret, Fernandel, Michel Serrault, Jacques Dufilho, Michael Lonsdale, etc...) et même des personnalités « travaillant » dans d'autres secteurs artistiques (Charles Aznavour, Eddy Mitchell, etc...), son cinéma arbore un visage assez particulier. Lui qui a pour habitude d'employer des « gueules cassées » fait également régulièrement appel à de véritables amateurs. C'est le cas ici. Ce qui ne l'a pas empêché d'offrir deux des principaux rôles à Jacky Berroyer et Bernard Menez. Si le premier s'en sort avec les honneurs, le seconds est terriblement mauvais. C'est à se demander de quelle manière Bernard Menez est parvenu à se bâtir une filmographie d'environ cent films. Se reprenant à plusieurs reprises, on se demande dans quelle mesure il a appris son texte et quelle est la part d'improvisation des interprètes. D'ailleurs, lorsque gît le cadavre de Moreau à la fin du film (oui, je sais, je spoile), on se dit que Bernard Menez est meilleur lorsqu'il se tait que lorsqu'il tente vainement de donner du corps à son personnage d'inspecteur de police.
A part cela, La Bête de Miséricorde se situe au niveau qualitatif, au beau milieu de la filmographie de son auteur. Ni parmi ses meilleurs longs-métrages, mais heureusement, pas non plus parmi ce qu'il a réalisé de plus mauvais. L'honneur est donc relativement sauf. Ouf !

vendredi 11 mars 2016

La Cité de l'Indicible Peur de Jean-Pierre Mocky (1964)



L'inspecteur Simon Triquet est pétrit de scrupules depuis que le dangereux criminel connu sous le nom de Mickey le Bénédictin a été arrêté et enfermé par ses soins. En effet, la justice l'ayant condamné à mort, l'homme doit être aujourd'hui guillotiné, en présence de Triquet. Mais la guillotine étant enraillée, c'est le bourreau qui perd la tête en tentant de la réparer, Mickey profitant de l’inattention de ses gardes pour prendre la fuite. Le supérieur de Triquet les envoie lui et son collègue Virgus enquêter chacun dans un village différent. Si Virgus a bien l'intention de retrouver le criminel et faussaire afin que sa sentence soit exécutée comme cela était prévue, Triquet, lui, a désormais l'intention de mettre la main sur Mickey afin de lui éviter le pire.

Son enquête le mène jusqu'à Barges, petit village d'Auvergne dans lequel il trouve une preuve de la présence de Mickey : un faux billet de banque. Triquet tente de se fondre dans la population en se faisant passer pour un architecte mais la vérité sur son identité va vite se propager dans cet endroit où tout le monde se connaît et dans lequel une légende veut qu'une bête rode le soir, faisant trembler les habitants de Barges. Triquet fait la connaissance du maire, du pharmacien, du gendarme loupiot ou encore du boucher. Mais alors qu'il questionne autour de lui ceux qu'il soupçonne être au courant de la présence du faussaire, Mr Franqui, qui épie ses voisins à l'aide de jumelles, meurt dans d'étranges circonstances...

Tourné en 1964, La Grande Frousse est le sixième film de Jean-Pierre Mocky. L'année précédente, on découvrait le trio d'acteurs Bourvil, Jean Poiret et Francis Blanche dans l'excellent Un Drôle de Paroissien, et c'est donc avec un immense plaisir que l'on retrouve les trois hommes dans ce qui s'apparente autant à un film fantastique qu'à une comédie policière. Dix-spet ans plus tard, le cinéaste donnera d'ailleurs ses lettres de noblesses au genre fantastique avec l'une des rares réussites du genre pour l'époque, Litan : la Cité des Spectres Verts. Afin de créer une véritable ambiance pour cette Grande Frousse qui en réalité n'effraiera que les personnages eux-mêmes, Jean-Pierre Mocky fait appel aux intempérie et surtout à la légende tournant autour d'une bête, finalement assez ridicule et qui pourtant, demeure la plus grande crainte d'un village dirigé par un maire un peu trop souriant pour être honnête. Mocky joue avec la satire et ridiculise la police à travers le personnage de Loupiot (Jean Poiret), gendarme respectueux des lois mais abusivement protocolaire et qui termine presque toutes ses phrases en prononçant toujours les mêmes trois mots: « Par arrêté municipal ».

Bourvil porte la perruque et campe un inspecteur apparemment pas très malin lancé à la poursuite d'un criminel qu'il identifie chaque fois comme étant chauve, alcoolique et frileux. Se déplaçant en sautillant et poussant de petits cris de bêtes apeurée, c'est un être profondément honnête et pas si naïf qu'on le croire. Face à lui, une galerie de personnages hauts en couleur interprétés par Francis Blanche donc, mais également par Jean-Louis Barrault, Jacques Dufilho, Victore Francen, René-Louis Lafforgue ou encore Véronique Nordey.



Adaptation du roman de Jean Ray, "La cité de l'indicible peur", La Grande Frousse se vit expurgé de plusieurs scènes. Alors que l'oeuvre littéraire et le long-métrage portaient à l'origine le même titre, les distributeurs de l'époque en imposèrent donc un autre. Lorsque Jean-Pierre Mocky récupéra les droits de son œuvre, il racheta l'intégralité des bandes et remonta le film dans son montage d'origine et lui redonna le titre du roman de Jean Ray. La Grande Frousse demeure un Mocky de grand cru...


jeudi 10 mars 2016

Le Témoin de Jean-Pierre Mocky (1978)



Sur invitation de son vieil ami, le riche industriel et puissant banquier Robert Maurisson, le restaurateur de tableaux italien Antonio Berti accepte de quitter l'Italie pour quelques temps afin de restaurer plusieurs œuvres de la cathédrale de Reims. Afin de lui servir de modèle, Antonio fait appel à la jeune Cathy qui jusqu'à maintenant faisait partie de la chorale. Plutôt délurée, la jeune enfant n'hésite pas à se montrer fort entreprenante envers les hommes.
Un jour, son cadavre est découvert près de l'une des propriétés appartement à Maurisson. Alors que ce dernier affirme ne pas avoir quitté le stade de football où il présidait une importante rencontre, son ami Antonio est convaincu d'avoir vu le notable près des lieux du crime. Maurisson a beau affirmer le contraire, son ami ne peut s'empêcher de penser qu'il est peut-être coupable du meurtre de la jeune fille.
Le commissaire Guérin et l'inspecteur Henri Marquet sont chargés d'enquêter sur la mort de Cathy. Ils ont promis au père de la jeune fille qu'ils arrêteront l'homme qui l'a tué. Un certain Moignard, connu des services de police pour avoir déjà perpertré des sevices sur des adolescentes, est interrogé par le commissaire Guérin mais ayant un solide alibi, il est très vite relâché.

Antonio est rongé par les scrupules. Ne cessant pas un seul instant d'affirmer à Maurisson qu'il l'a vu le soir de la disparition de Cathy, l'homme d'affaire décide de se débarrasser de ce témoin gênant...

Jean-Pierre Mocky a toujours été capable de réaliser de bons films, comme il en a pondu de vraiment médiocres. Lorsqu'en 1978 il engage la star italienne Alberto Sordi, c'est seulement après avoir proposé le rôle d'Antonio Berti à l'acteur français Jean Gabin, qui accepta, mais mourut peu de temps après. Le Témoin fait partie des meilleures œuvres de son auteur. Non seulement, Jean-Pierre Mocky propose un scénario solide, mais il peut compter, outre l'acteur italien, sur la présence de l'immense Philippe Noiret.
Le Témoin est un excellent film policier mêlé à une féroce critique de la bourgeoisie. Si l'on n'hésite pas longtemps à mettre un nom sur le tueur, le personnage de Robert Maurisson ne cachant pas vraiment ses sentiments au sujet du meurtre, la vraie réussite du film ne tient pas vraiment sur l'enquête menée par le commissaire Guérin (Roland Dubillard) et son assistant l'inspecteur Henri Marquet (Gerard Hoffman), mais plutôt sur les preuves qui vont s'accumuler autour d'un personnage pourtant innocent mais également sur le comportement des proches de Maurisson.

Sans la moindre complaisance, mais sans non plus le moindre remord, les proches du véritable tueur vont lui fournir un alibi. Quand à celui qui finira sous la guillotine, des événements qui au départ nous apparaissaient sans véritable importance vont se révéler cruciaux pour les suites de l'enquête. Noiret et Berti forment un couple sympathique. Le Témoin a les allures d'une comédie à l'italienne dans sa première partie quant l'aspect dramatique prend le relais par la suite. Le film est un écrin de perversités. Entre le notable, assassin d'enfants, son épouse qui ne cille jamais même lorsqu'il s'agit de mentir pour qu'un innocent soit condamné à la place du véritable coupable, une police qui traîne la patte quant il s'agit d'interroger un puissant homme d'affaire mais qui saute bien évidemment sur l'opportunité d'enfermer un homme sur le dos duquel s'accumulent des preuves que l'on sait être de simples coïncidences, et enfin, les comportements ambigus de certains (à commencer par la jeune victime, celle qui prendra sa place comme modèle et celle qui aurait pu sauver la tête du faux coupable en disant simplement la vérité), Le Témoin est une œuvre où la comédie et l'horreur d'un fait divers sordide font bon ménage. L'un des meilleurs Mocky...



mardi 23 décembre 2014

Trois Films Sinon Rien: Noir Comme le Souvenir de Jean-Pierre Mocky (1995), Das letzte Schweigen de Baran bo Odar (2010), Un Assassin Qui Passe de Michel Vianey (1980)



Au programme, un thriller signé Mocky, un policier allemand, et un serial killer français...

La petite Garance est attirée par un clown dans un fourré, persuadée que son père a l'intention de lui faire une surprise. La gamine a en réalité été enlevée et la seule témoin de cette scène est l'une de ses camarades, qui, jalouse de voir que Garance a osé porter la même robe qu'elle, va se taire.
Dix-sept ans jour pour jour, c'est l'anniversaire de la disparition de Garance pour sa mère Caroline qui n'a toujours pas accepté la réalité de faits. Elle et Chris ont depuis divorcé, ce dernier ayant plongé dans l'alcool, persuadé de voir pas fait ce qu'il fallait pour sauver leur fille. C'est ce jour très précis qu'un curieux événement se produit. Dix-sept ans plus tard, tout semble vouloir rappeler à Caroline le terrible événement qui s'est produit des années en arrière. De plus, des meurtres sont commis au village. Tous ceux qui sont liés de près ou de loin au drame sont éliminés les uns après les autres.
Sabine Azéma, Jane Birkin, Benoit Régent, Jean-François Stévenin et Matthis Habich sont les principaux acteurs et actrice de Noir Comme le Souvenir, une œuvre signée par Jean-Pierre Mocky. Un thriller dans la plus pure tradition qui souffre de l’éternel manque de moyens du cinéaste. Si l'ambiance toute particulière de l’œuvre donne réellement envie de connaître le dénouement de l'histoire, le rythme mollasson que lui insuffle Mocky ruine quelque peu le potentiel de cette histoire de vengeance...

Été 86. Peer Sommer et Timo Friedrich roulent sur une route de campagne lorsqu'ils croisent la route d'une gamine de onze ans à vélà. Ne pouvant refréner ses pulsions, Peer rattrape la fillette, la viole et la tue dans un champs de blé, tout ça sous le regard horrifié de Timo. Bouleversé, ce dernier décide de quitter la région et de changer d'existence. Vingt-trois ans plus tard, jour pour jour et alors que le coupable n'a jamais été arrêté, une jeune fille disparaît dans les mêmes circonstances et sur le lieu même où la première victime à été retrouvée morte.
Voici donc comment débute Das letzte Schweigen, un thriller allemand signé Baran Bo Odar. En réalité, sans doute l'un des meilleurs films policiers de ces dix dernières années. Le cinéaste ne se contente pas simplement de « mener » l'enquête sur les deux meurtres mais met en parallèle la tragédie qui touche les deux familles, celle qui empoisonne l'existence du flic chargé de l'enquête, ainsi que les remords qui pourrissent la vie de Timo (l'excellent Wotan Wilke Mörhing). Das letzte Schweigen est un petit bijou, merveilleusement bien construit, et qui, en l'espace de deux heures seulement parvient à construire un scénario implacable, cohérent et magnifiquement interprété.

On reconnaîtra une certaine mollesse, qui ne nuit fort heureusement pas à l’intérêt général du film. Chaque acteur est à sa place et la mise en scène, sobre, n'exploite aucune technique de surenchère pour attirer son public. Il était une fois un meurtre est donc un excellent thriller qui s'attarde de manière plutôt réaliste sur un fait-divers sordide. Une très belle surprise...



Une série de meurtres est perpétrée à Paris. Ravic est chargé de l'enquête mais n'a pas encore mis la main sur le tueur qui s'en prend exclusivement aux jeunes femmes brunes. Le responsable de cette série de meurtre, c'est Jacques, un petit employé de banque qui vit seul dans un minuscule appartement et qui en secret, est amoureux de Pauline, une actrice célèbre, et inaccessible. Un Assassin qui Passe est l'une des rares excursions du cinéma français de l'époque dans le domaine du « serial killer ». Produit la même année que l'inusable classique de William Lustig Maniac, le film de Michel Vianey partait déjà avec un sérieux handicape et n'avait pas la moindre chance de lui faire de l'ombre. L’œuvre du français manque un peu trop de vigueur et de dialogues radicaux pour vraiment marquer les esprits.
Pas assez dur dans son propos, le film figure un personnage que la solitude a transformé en un monstre froid et sans émotions. La solitude, et même la peur des femme que l'inaccessibilité de celle qu'il aime accentue davantage. Face à lui, un flic cynique épaulé par un inspecteur au tempérament soupçonneux. Les meurtres sont d'une tristesse à pleurer. La faute à une mise en scène léthargique et à au visible détachement des acteurs qui semblent ne pas y croire.
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