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samedi 4 juillet 2026

Cycle Bernard Menez - Le chêne d'Allouville de Serge Pénard (1981) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Au cœur de la bataille qui se joue entre le maire et les adjoints de la commune française d'Allouville, et son curé (autour duquel se sont ligués les villageois), un arbre. Le Chêne d'Allouville. Plus vieux représentant de son espèce, dont l'âge est estimé à 1300 ans, et qui risque de souffrir d'un projet d'élargissement. Une route doit en effet être construite, et passant justement tout prêt de cet ancêtre millénaire, le député Charles Crétois a prévu d'y faire passer ce projet qui divise élus et villageois. Crétois peut compter sur le maire du village auquel il a promit la légion d'honneur. Afin de sauver leur précieux bien, les habitants d'Allouville se réunissent autour du vieil arbre et barricadent le village. Bientôt une compagnie de CRS débarque afin de les en faire déloger...
Voici donc le récit de ce long-métrage réalisé par le cinéaste français Serge Pénard et dans lequel se retrouvent une nouvelle fois Bernard Menez et Henri Guybet qui tournèrent déjà ensemble en 1975 dans Pas de Problème de Georges Lautner et un an après Le Chêne d'Allouville dans Ça va faire mal ! de Jean-François Davy.
Le Chêne d'Allouville n'est pas que le cœur d'une intrigue écrite à quatre mains par Alphonse Boudard et Serge Pénard mais existe réellement. Situé au centre du village d'Allouville-Bellefosse, son âge est estimé entre 800 et 1200 ans. Classé monument historique en 1932, il a été en de multiples occasions le fruit de rénovations consécutives au dégradations perpétrées par le temps et le tourisme.

Concernant l’œuvre de Serge Pénard, il s'agit avant tout d'une petite comédie franchouillarde principalement interprétée par Bernard Menez qui endosse ici l'habit de curé du village. A ses côtés, Jean Lefebvre dans le rôle de son père, Albert Lecourt, Henri Guybet dans celui du frère, ainsi que Pierre Tornade dans le rôle du maire Henri Brainville et Philippe Nicaud dans celui de Charles Crétois, le député. Le Chêne d'Allouville, c'est le combat presque inégal entre les autorités et une poignées d'hommes et de femmes qui vivent par et pour leur terre. Serge Pénard développe l'idée de respect. Envers la nature, l'environnement, et tout ça à travers un village tout entier que le modernisme tente de défigurer. Il décrit avec légèreté et simplicité, des querelles de villages intestines. Bernard Menez , Jean Lefebvre et Henri Guybet campent des paysans forts sympathiques qui ont le naïf sentiment de pouvoir changer l'ordre des choses. D'une certaines manière, le cinéaste se moque ouvertement des autorités ici représentées par la Gendarmerie, la compagnie de CRS et le maire (voir la scène durant laquelle deux CRS urinent devant une grange). Pierre Tornade paraît interpréter le même éternel rôle auquel il nous a souvent habitués. Lui est adjoint le personnage de Roger Dubois, « nerveusement » interprété par l'excellent François Dyrek.

L'aventure, si elle n'est pas vraiment drôle, permet tout de même de passer un agréable moment. Bernard Menez y interprète l'un de ses meilleurs rôles (l'expression demeurant toute relative). Le Chêne d'Allouville mérite mieux que l'étiquette de nanar qu'on lui colle un peu trop facilement...

samedi 26 octobre 2024

Cycle Les Charlots: À nous quatre, Cardinal ! de André Hunebelle (1974)



Afin de montrer son estime au Duc de Buckingham, la Reine de France lui a offert le collier de ferrets, cadeau de son époux le Roi, et que ce dernier aimerait lui voir porter pour leur prochaine apparition en public. Désemparée, elle envoie les mousquetaires d'Artagnan, Athos, Porthos, Aramis et leurs valets Planchet, Bazin, Mousqueton et Grimaud récupérer son bien en Angleterre avant que le Roi ne s'aperçoive de sa disparition et que son épouse ne soit déshonorée.
Ses ennemis, le Cardinal de Rochefort et le Père Joseph apprenant que les huit hommes partent afin de retrouver le collier de ferrets, envoient quant à eux Milady de Winter afin que la jeune femme séduise le Duc de Buckingham et lui dérobe le bijou avant que les amis de la Reine ne puissent mettre la main dessus. Alors que les huit hommes et Milady se retrouvent par hasard devoir passer la nuit dans la même auberge avant leur voyage pour l'Angleterre, les quatre mousquetaires tombent l'un après l'autre dans un piège fomenté par la jeune femme. Le lendemain matin, après avoir retrouvé leur maîtres profondément endormis au pied du lit de Milady, leurs valets s'emparent de leur costume et prennent le bateau en direction de l'Angleterre...

Suite directe des Quatre Charlots Mousquetaires, À nous quatre, Cardinal ! Nous conte donc les pérégrinations des Charlots en Angleterre. Toujours interprété par le célèbre quatuor de comiques, on retrouve une fois de plus le cinéaste André Hunebelle aux commandes de ce film de cape et d'épée humoristique qui n'économise pas sur l'action puisque les combats à l'épée sont assez fréquents et dynamisent un récit relativement simpliste.

André Hunebelle fait un clin d’œil à son propre film Fantômas contre Scotland Yard lors d'une scène qui voit le Cardinal de Rochefort et Milady batailler pour attraper un cheval. Comme le fera plus tard Dany Boon avec Bienvenue chez les Ch'tis, André Hunebelle enb met une couche concernant les clichés relatifs à l'Angleterre avec la non moindre pluie qui tombe dès l'arrivée de nos héros. Le film n'est pas spécialement drôle, plutôt amusant et même assez réussi si l'on tient compte du fait qu'avant André Hunebelle, les cinéastes qui se sont attachés à faire jouer Gérard Rinaldi, Gérard Filippelli, Jean Sarrus et Jean-Guy Fechner l'on fait à travers des œuvres comiques plutôt lourdingues.

André Hunebelle profite donc de l'engouement du public pour faire jouer ces quatre musiciens reconvertis dans le cinéma humoristique, demeurant toujours les auteurs des bandes originales, mais montre un certains respect en leur coltinant des rôles plus fins qu'à leurs habitudes, après avoir tout de même fait jouer d'illustres acteurs de la trempe de Jean Marais et de Louis de Funès. Siu cette suite est moins drôle que le premier round, À nous quatre, Cardinal ! demeure une belle réussite qui allie l'humour et l'aventure. Toujours aussi attachants, les Charlots se lâchent littéralement en fin de bobine. Une forme d'explosion burlesque qui rappellera au public leurs méfaits passés et qui firent leur gloire. Le reste de la production reste égale à elle-même bien que Paul Préboist soit moins visible à l'écran que lors du premier épisode. On y retrouve à nouveau Josephine Chaplin dans le rôle de Constance Bonacieux et qui n'est autre que la propre fille de l'acteur Charles Chaplin. Le film est une complète réussite... 


samedi 19 octobre 2024

Cycle Les Charlots: Les Quatre Charlots mousquetaires de André Hunebelle (1974)



Alors que les célèbres mousquetaires Athos, Porthos, Aramis et d'Artagnan remportent tous les suffrages auprès de leurs concitoyens, leurs valets Grimaud, Mousqueton, Planchet et Bazin rectifient le tir en expliquant que leur maîtres ont fait leur renommée en partie grâce à eux. Alors qu'un certain Alexandre Dumas assiste au témoignage des quatre hommes, ces derniers racontent comment ils ont empêché un complot ourdi par le Cardinal de Rochefort, le père Joseph et Milady de Winter de se mettre en place...

Très librement adapté du roman d'Alexandre Dumas Les Trois Mousquetaires, Les Quatre Charlots Mousquetaires est le sixième long-métrage à mettre à l'honneur le quatuor de comiques. Le tournage a été partagé entre studio et décors naturels, du château de Meillant, dans le département du Cher, tout comme celui de Culan, lui aussi situé dans la même région, et jusqu'aux studios de Billancourt à Paris. Le cinéaste André Hunebelle qui a beaucoup fait jouer l'acteur Jean Marais avec lequel à joué Louis de Funès dans la trilogie Fantômas, offre aux Charlots Jean-Guy Fechner, Gérard Filipelli, Gérard Rinaldi et Jean Sarrus leur premier film de cape et d'épée.

Beaucoup de costumes donc, et des gags moins nombreux et sans doute un peu moins lourds que par le passé. Les quatre comiques vont se voir offrir l'opportunité de porter de nombreux costumes donc, et de devoir par conséquent jouer sur plusieurs registres tout en conservant ce qui fait la particularité de leur personnage. D'abord Valets des célèbres mousquetaires créés par Alexandre Dumas, il vont se fondre au cœur d'une intrigue en revêtant des habits de gouvernantes, d'hommes d'église et même de mousquetaires. 


Les Quatre Charlots Mousquetaires mêle roman historique et comédie, et même si tout cela ne vole jamais très haut, on passe un moment relativement plaisant. Que les fans des Charlots qui n'auraient pas encore vu celui-ci se rassurent : si dans un premier temps, il est vrai qu'on ne les voit que très rarement à l'image, ils deviennent ensuite la pièce centrale du film,épaulés en cela par la très amusante prestation de l'acteur Paul Préboist dans le rôle du Père Joseph et qui illumine les scènes de sa présence et de son parler si particulier.

Outre ce dernier, le film de André Hunebelle compte pas mal d'acteurs connus puisqu'au générique, on peut noter la présence de Daniel Ceccaldi dans le rôle du Roi Louis XIII, Bernard Haller dans celui du Cardinal de Rochefort, Jacques Legras en Alexandre Dumas, Bernard Menez en Gouverneur par Intérim de la Bastille, et une fois encore, Jacques Seiler qui décidément demeure fidèle aux Charlots. De cette œuvre naîtra en cette même année 1974 une suite intitulée À nous quatre, Cardinal ! Toujours interprétée par les Charlots et par la distribution de ce premier film conjoint entre le cinéaste et les comiques...

lundi 15 janvier 2024

Dracula père et fils d'Édouard Molinaro (1976) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Après qu'il ait tourné récemment auprès de Peter Cushing dans le pathétique Tendre Dracula de Pierre Grunstein, l'acteur Bernard Menez retrouve cette fois-ci en cette année 1976 un autre grand interprète britannique spécialisé dans le cinéma d'épouvante. L'une des plus grandes stars de la société de production Hammer Films Christopher Lee accepte effectivement de rendosser une nouvelle fois le costume de celui qui le rendit célèbre de part le monde : Dracula. Il s'agira d'ailleurs pour lui de la dernière occasion de se fondre dans la peau du vampire des Carpates même si de son propre aveu, Christopher Lee ne cessera jamais d'affirmer qu'il ne s'agissait pas à cette dernière occasion d'interpréter l'une des plus fameuses créatures du bestiaire fantastique mais plutôt l'un de ses alter ego. Si l'on se réfère aux différents sites référençant la carrière de l'acteur britannique, il semblerait pourtant que Dracula est bien le nom tout à fait officiel du personnage qu'il interprétera donc à cette ultime occasion. Réalisé par Édouard Molinaro et conjointement écrit aux côtés de Jean-Marie Poiré et d'Alain Godard sur la base d'un roman de Patrick Cauvin d'abord édité sous le titre Paris Vampire en 1970, Dracula père et fils n'est pas le premier long-métrage du genre à mettre en scène un supposé fils du célèbre vampire puisque Robert Siodmak signa en 1943 un Son of Dracula explicite mais quelque peu trompeur tandis qu'entre 1972 et 1979 sera édité chez Marvel et en soixante-dix volumes le Comic Book Tomb of Dracula dans lequel apparaîtra le personnage de Janus, fils de Dracula et de Domini. Dans le cas de Dracula père et fils, pas de Janus ou de Domini mais un certain Ferdinand Poitevin, né de Hermine Poitevin (la réalisatrice et scénariste française Catherine Breillat) et donc de Dracula qui neuf mois après avoir mordu son épouse se voit donc offrir un fils. Les années passent et tandis que Hermine est morte depuis des années, partie en fumée à cause de son propre enfant, le régime communiste s'empare du château du comte Dracula, les forçant lui et Ferdinand à fuir pour rejoindre l'autre côté du Rideau de Fer. Séparés durant un temps, le premier part faire carrière comme vampire au cinéma tandis que Ferdinand va se réfugier en France, pris sous l'aile de Khaleb (Mustapha Dali) qu'il rencontre pour la première fois lors d'une ratonnade !


Comparé à Tendre Dracula, le long-métrage réalisé par Édouard Molinaro plane très au dessus de l'engeance signée par Pierre Grunstein deux ans auparavant. La partition musicale est l’œuvre du célèbre compositeur franco-roumain Vladimir Cosma dont on ne compte plus les excellentes bandes originales notamment signées à l'époque pour Gérard Oury ou Claude Zidi. Contrairement à ce que l'on aurait pu craindre, le duo formé par Christopher Lee et Bernard Menez fonctionne plutôt bien. L'un incarnant le ''Prince des ténèbres'' avec tout le charisme qu'on lui connaît tandis que le second apparaît sous les traits d'un vampire un peu gauche, timide, mais aussi délicieusement blafard que son père. L'une des bonnes idées du film est d'avoir choisi une temporalité très contemporaine puisqu'elle s'inscrit dans l'époque où fut réalisé le film. Durant une bonne partie du long-métrage, Édouard Molinaro semble s'intéresser davantage à l'acteur français qu'au britannique. Lequel disparaît durant un temps avant de réapparaître sous les traits d'un populaire interprète de films d'horreur auquel sera offert l'opportunité de tourner une publicité pour un dentifrice ! L'occasion de faire la connaissance de Nicole qui sous les traits de la charmante Marie-Hélène Breillat (sœur aînée de Catherine Breillat) séduira involontairement et le père,et le fils avant de tomber sous le ''charme'' de ce dernier. Le concept du sosie de l'épouse disparue sera d'ailleurs repris dans une autre parodie de Dracula signée par Jean-Pierre Desagnat en 1980, Les Charlots contre Dracula. Si l'on pouvait déplorer la présence de Bernard Menez au générique après le calamiteux Tendre Dracula, la présence à la mise en scène du réalisateur Édouard Molinaro change tout. Plutôt brillamment dirigé, l'acteur français s'en sort relativement bien face au monstre sacré du cinéma d'épouvante britannique que représente Christopher Lee. On s'en doute, Dracula père et fils n'est pas le meilleur film dans lequel celui-ci a pu accepter de porter de fausses dents mais le résultat est très honnête et permet de passer un agréable moment. Notons en outre parmi les seconds rôles, l'apparition de Gérard Jugnot dans le rôle du responsable de l'usine employant Ferdinand...

 

vendredi 12 janvier 2024

Tendre Dracula (La grande trouille) de Pierre Grunstein (1974) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

C'est horrible à dire mais qu'est-ce que l'on aura surtout retenu de la florissante carrière de l'acteur français Bernard Menez ? Cette très fumante séquence du Chaud lapin de Pascal Thomas lors de laquelle il chia, sans le savoir, sur une pelle tenue par deux jeunes garnements près d'un buisson avant d'inspecter les lieux pour découvrir que le fruit de son labeur avait disparu. Sur un C.V, cela peut faire désordre lorsque l'on est un tant soit peu ambitieux mais peut vous ouvrir grandes les portes du temple du Nanar où a un peu trop systématiquement sa place Bernard Menez. Il est des œuvres telles que Tendre Dracula qui font travailler l'imaginaire bien avant qu'elles ne fussent offertes à la boulimie des cinéphages. Si les parodies sont une monnaie courante dans le septième art, il en est certaines qui forcément touchent plus précisément le public hexagonal. Et même si Plus moche que Frankenstein tu meurs d'Armando Crispino est bien originaire d'Italie, la seule présence du très populaire Aldo Maccione dans nos contrées poussa sans doute certains chauvins d'origine française à se l'approprier. Il demeure pourtant quelques exemples de parodies fantastiques bien de chez nous dont Les Charlots contre Dracula de Jean-Pierre Desagnat demeure encore aujourd'hui comme l'un des plus ''brillants'' exemples. Vampirisme encore à l'évocation de Dracula père et fils d'Edouard Molinaro qui deux ans après Tendre Dracula allait confronter l'immense Christopher Lee à Bernard Menez. Mais avant cela, c'est donc à un autre très grand interprète britannique que l'acteur français allait se frotter dans cette chose parfaitement incongrue signée de Pierre Grunstein dont le métier de réalisateur allait stopper à l'issue de ce seul long-métrage pour se consacrer à la production d'un certain nombre d'excellents films (L'aile ou la cuisse, La course à l'échalotte, Uranus ou encore le diptyque Jean de Florette et Manon des sources). Surtout connu pour sa carrière dans le cinéma d'épouvante, l'acteur Peter Cushing interpréta notamment à plusieurs reprises le personnages du professeur Abraham Van Helsing, célèbre chasseur de vampires souvent confronté à son ami, l'acteur Christopher Lee, lequel incarnait de son côté le fameux Dracula ! Tendre Dracula apparaît comme un caillou dans une chaussure dans une carrière souvent exemplaire car si même le film de Pierre Grunstein réunit quelques sympathiques interprètes hexagonaux à l'image de Miou-Miou ou de Julien Guiomar, il n'est pas honteux de reconnaître que de visionner le film jusqu'à son terme n'est pas vraiment une partie de plaisir.


Également exploité en salle sous le titre La grande trouille, Tendre Dracula se permet quelques incartades dans des domaines parfois inattendus qui n'arrangent rien à l'affaire. Comme ces quelques passages qui transforment le film en comédie musicale. La même année, Miou-Miou venait de tourner Les valseuses de Bertrand Blier avec Gérard Depardieu et Patrick Dewaere et auprès desquels la jeune actrice se désapa très facilement. On ne s'étonnera donc pas de la voir ici exhiber sa très belle silhouette dénudée tout au long du long-métrage, suivie de très près par Nathalie Courval qui juste avant avait joué auprès de Claude Brasseur, Guy Marchand et Robert Castel dans Attention les yeux ! de Gérard Pirès et dans lequel elle interprétait la compagne d'un réalisateur contraint d'adapter La chartreuse de Parme en une version pornographique. Julien Guiomar se fait relativement discret (du moins lorsqu'il n'est pas à l'image) dans le rôle d'un producteur contraignant deux de ses employés ainsi que deux jeunes et jolies femmes à se rendre chez un acteur spécialisé dans le cinéma d'horreur afin de le convaincre de bien vouloir continuer sa carrière dans le genre qui le rendit célèbre malgré ses réticences. Écrit par Justin Lenoir et notamment produit par Claude Berri et Christian Fechner, Tendre Dracula est un grand fourre-tout souvent indigeste, entre comédie musicale, érotisme, gore, épouvante et comédie dont nous ne retiendrons qu'un ou deux plans vraiment superbes, un Bernard Menez hurlant de douleur lorsque l'actrice italienne Alida Valli lui grave à la jambe gauche et jusqu'au sang son prénom ou un Peter Cushing doublé en français par le génial Jean Rochefort. Comme dans tout bon ou mauvais film de vampire, nos quatre personnages sont accueillis au sein d'une bâtisse qui possède un certain charme (la salle de bain, les longs couloirs), lesquels vont subir toutes sortes de maltraitances dont certaines auront comme issue quelques plans gore plutôt sympathiques. Mais pas de quoi se pâmer d'admiration devant cette piètre comédie d'épouvante qui n'ameutera au fond que les plus curieux ou les fans absolus de films de vampires qui voudraient compléter leur collection...

 

vendredi 10 février 2017

Bernard Menez



En préambule au cycle que je vais bientôt lui consacrer, j'ai décidé de commencer par dresser une filmographie distincte et dispersée du comédien, acteur, réalisateur, auteur, metteur en scène, chanteur, et, ne l'oublions pas (mais d'ailleurs, qui pourrait l'oublier ?) homme politique (il créa TRES SERIEUSEMENT le mouvement DIVERS - 'Démocrates indépendants voulant ensemble le renouveau de la société' en 2002) Bernard Menez. Si j'en entends qui rigolent au fond de la salle, sachez que j'avais le choix entre lui et Aldo Maccione et que ma compagne a eu le dernier mot. Et puis, sait-on jamais. Peut-être mon esprit aura retrouvé d'ici là toute sa raison ? Étant donné que l'interprète de Jolie Poupée en 1984 a joué dans une cinquantaine de longs-métrages, je ne résumerai succinctement que ceux que j'ai vu, OU, entraperçus. Il ne sera donc pas question de télévision, ni de théâtre. Encore moins de politique, tous ceux qui me connaissent sachant à quel point le sujet m'ennuie.
Croyez-le ou non, mais c'est sans savoir que Bernard Menez est le fils d'un ancien postier que j'ai décidé de me lancer dans l'aventure pittoresque de cet acteur culte et nanardesque, travaillant moi-même dans cette branche. Seul acteur parmi un fratrie composée de quatre frangins, c'est après avoir été admis à l'école normale supérieure de l'enseignement technique en 1964 qu'il décide de mettre un frein à ses études et faire son service militaire. Il devient moniteur de colonie, puis, finalement, instituteur et professeur de mathématiques, et de sciences physiques. Bien décidé à faire du cinéma et du théâtre, Bernard Menez débute en 1973 dans Du Côté d'Orouet de Jacques Rozier. La même année, il est engagé par François Truffaut sur La Nuit Américaine, et on le retrouve dans La Grande Bouffe de Marco Ferreri, ou Les Quatre Charlots Mousquetaires d'André Hunebelle.

Mais comment prendre au sérieux un tel acteur. Cette voix nasillarde, son visage si particulier orné d'un regard aussi triste que parfois peu engageant. Si je vous racontait qu'un jour ma compagne a déjeuné en sa compagnie... mais chut !!! c'est un secret...et puis, des rôles qui ne lui permettront pas de grandir comme a pu le faire l'immense Louis de Funès, longtemps cantonné à de petits rôles. Le cinéaste Pascal Thomas semble en avoir pourtant fait son chouchou puisque entre 1973 et 1980, il a engagé l'acteur sur six des onze longs-métrages qu'il tourna durant cette période. Au hasard, Pleure pas la Bouche Pleine (leur première collaboration), Le Chaud lapin, ou Celles qu'on n'a pas Eues. Les deux hommes se sont même retrouvé trente ans plus tard, en 2010, sur le plateau de Ensemble nous allons vivre une très, très grande histoire d'amour.

Bernard Menez a tourné auprès de Thomas, Truffaut, Rozier, Ferreri et Hunebelle, donc, mais également pour Didier Kaminka (Trop c'est Trop), Georges Lautner (pour l'un des meilleurs films de Menez, Pas de Problème), Robert Lamoureux (Opération Lady Marlène), Edouard Molinaro (dans un improbable rôle de vampire dans Dracula père et fils aux côtés du Grand Christopher Lee, tout de même !), Louis de Funès (L'Avare), Jean-Pierre Mocky (Les Saisons du Plaisir, et plus récemment le Cabanon Rose), ou encore Laurent Baffie pour Les Clefs de Bagnole. S'il demeure un long-métrage considéré par beaucoup de cinéphiles comme un chef-d’œuvre, c'est le Maine-Ocean de Jacques Rozier que tourna Bernard Menez en 1986. Peut-être d'ailleurs commencerai-je le cycle qui lui sera consacré par ce film...

vendredi 9 décembre 2016

La Bête de Miséricorde de Jean-Pierre Mocky (2001)



En adaptant au cinéma le roman éponyme de Fredric Brown, le cinéaste français Jean-Pierre Mocky, s'il ne revient pas en très grande forme, parvient tout de même à réaliser une œuvre relativement acceptable. Ce film, c'est La Bête de Miséricorde dont il a écrit le scénario en compagnie d'André Ruellan. Pour remettre un peu d'ordre dans ce récit quelque peu alambiqué du fait d'une mise en scène souffrant de nombreux problèmes, disons que l'histoire s'articule autour de Jean Mardet, veuf depuis que sa femme est morte dans un grave accident de voiture. Disons plutôt des mains de son époux puisque ne supportant pas de l'entendre agoniser, il lui donne le coup de grâce en lui écrasant une pierre sur le sommet du crâne. Pour un individu éperdument amoureux de sa femme et anéanti de la découvrir en grande souffrance, sa manière de la libérer est difficile à concevoir. Mais bon, bref.
Dix ans plus tard,, Mardet tue au nom du Seigneur auquel il est entièrement voué. Mais pas n'importe qui. Ceux qui comme lui, dix ans plus tôt, souffrent. Qu'il s'agisse d'un clochard, ou bien d'un homme qui a perdu toute sa famille dans une noyade, tous y passent. Ce dernier justement, Mardet l'a tué mais n'a pas tenté de camoufler le corps. Plus absurde encore, il a téléphoné à la police afin de la prévenir de la présence du cadavre dans son jardin. Moreau et Castan sont les deux inspecteurs chargés de l'enquête. Le premier est très vite convaincu de la culpabilité quand le second, lui, préfère émettre des réserves...

Je n'en dirai pas davantage pour ne pas dévoiler la totalité du contenu de ce récit qui aurait pu, et aurait même dû donner naissance à un bon polar à la française. Mais Jean-Pierre Mocky s'étant chargé de la réalisation et du personnage de Jean Mardet, on se doute bien que son adaptation ne va pas atteindre des sommets en matière de mise en scène et d'interprétation. Il demeure pourtant dans son cinéma, quelque chose d' éminemment touchant. Un détail par-ci, par-là qui nous fait aimer ce personnage unique (ou presque) dans le paysage cinématographique français. On s'indignerait presque que personne ne veuille distribuer ses films. Car en effet, comme pour beaucoup de ses œuvres, La Bête de Miséricorde n'est sorti en France le 17 octobre 2001 que dans une seule et unique salle, la sienne. Celle de Jean-Pierre Mocky, le BRADY. Il est demeuré vingt-six semaines en exclusivité. La première, il a totalisé 608 entrées. Et à la fin, il n'en aura finalement récolté que 6207. C'est peu, et en même temps, pas très étonnant.

Parce que Jean-Pierre Mocky a eu beau tourner avec certains de nos plus grands acteurs (Francis Blanche, Bourvil, Jean Poiret, Fernandel, Michel Serrault, Jacques Dufilho, Michael Lonsdale, etc...) et même des personnalités « travaillant » dans d'autres secteurs artistiques (Charles Aznavour, Eddy Mitchell, etc...), son cinéma arbore un visage assez particulier. Lui qui a pour habitude d'employer des « gueules cassées » fait également régulièrement appel à de véritables amateurs. C'est le cas ici. Ce qui ne l'a pas empêché d'offrir deux des principaux rôles à Jacky Berroyer et Bernard Menez. Si le premier s'en sort avec les honneurs, le seconds est terriblement mauvais. C'est à se demander de quelle manière Bernard Menez est parvenu à se bâtir une filmographie d'environ cent films. Se reprenant à plusieurs reprises, on se demande dans quelle mesure il a appris son texte et quelle est la part d'improvisation des interprètes. D'ailleurs, lorsque gît le cadavre de Moreau à la fin du film (oui, je sais, je spoile), on se dit que Bernard Menez est meilleur lorsqu'il se tait que lorsqu'il tente vainement de donner du corps à son personnage d'inspecteur de police.
A part cela, La Bête de Miséricorde se situe au niveau qualitatif, au beau milieu de la filmographie de son auteur. Ni parmi ses meilleurs longs-métrages, mais heureusement, pas non plus parmi ce qu'il a réalisé de plus mauvais. L'honneur est donc relativement sauf. Ouf !
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