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lundi 13 juillet 2026

Carnage (Corruption) de Robert Hartford-Davis (1968) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Ce qui saute aux yeux lorsque l'on découvre pour la toute première fois le septième long-métrage du réalisateur, producteur et scénariste britannique Robert Hartford-Davis est la relation qu'entretient son film avec un classique de l'épouvante hexagonale. En effet, même si le traitement infligé à Corruption et aux yeux sans visage de Georges Franju est sensiblement différent, l'un et l'autre s'inscrivent dans une certaine idée de la culpabilité, de la beauté et de la réparation. De manière beaucoup plus frontale et directe, le cinéaste britannique explore l'obsession entourant le personnage central. Et même celle de sa compagne, dont il est fou amoureux et dont il est en partie responsable de l'accident qui l'a défigurée ! Jaloux, le chirurgien plasticien Sir John Rowan, tente de maintenir son emprise sur Lynn Nolan (Sue Lloyd), mannequin de profession qui lors d'une dispute entre son compagnon et un photographe du nom de Mike Orme (l'acteur Anthony Booth) a reçu un projecteur en plein visage. Ruinant ainsi la carrière de la jeune femme, John Rowan n'a alors plus qu'une idée en tête : réparer sa faute en expérimentant un procédé chirurgical basé sur l'emploi d'un laser et de l'hypophyse qu'il prélève tout d'abord sur le cadavre d'une jeune femme reposant à la morgue avant d'être poussé par Lynn à l'extraire directement sur le corps de jeunes femmes qu'il agresse et tue. Car si les résultats se révèlent très positifs, les effets s'avèrent malheureusement temporaires... Quatre ans après The Black Torment, c'est la seconde fois que Robert Hartford-Davis réalise un film d'horreur. Et pour cela, il confie le scénario à Derek et Donald Ford qui semblent donc s'inspirer de l’œuvre du cinéaste français. Qu'ils aient été officiellement ou non sensibles au sujet du long-métrage de Georges Franju, Corruption reste de toute manière considéré comme une réinterprétation de ce chef-d’œuvre de l'épouvante à la française. Dépouillé de toute la poésie qui faisait partie intégrante des Yeux sans visage, le long-métrage de Robert Hartford-Davis s'inscrit ensuite dans une contre-culture typique de l'époque et au sein de laquelle le protagoniste principal à bien du mal à s'intégrer. Dans une Angleterre post soixante-huitarde (le film sort en décembre 1968 au Royaume-Unis), le film confronte un chirurgien établit comme étant l'un des meilleurs de sa profession à un monde alors en pleine mutation. Que l'on pourrait considérer, si l'on se positionne du côté de John Rowan, comme étant dégénérée. Tandis qu'il est le représentant symbolique d'une vieille garde campée sur des valeurs supposément ''rétrogrades'' ou du moins ''traditionnelles'', la séquence situant son action lors de la soirée peut se voir comme une confrontation culturelle et sociale entre l'ancien monde et celui qui à cette époque très précise est en train de bouleverser la société britannique. D'une contenance plutôt rigide, le chirurgien est ainsi confronté à la décadence d'une jeunesse sexuellement libérée, aux coutumes vestimentaires extraverties, plongé ainsi dans un univers qui ne lui appartient pas...


D'où son objection lorsqu'il constate cet esprit de liberté qu'il refuse d'accorder à sa compagne, préférant la maintenir sous une certaine emprise de peur qu'elle ne lui échappe. De ce constat revendiquant d'une part le maintient sous son joug de la jeune femme, une contradiction s'impose pourtant, le chirurgien acceptant alors contre son grès de se lancer dans un périple meurtrier qui, pour l'époque, se révèle relativement graphique en terme de scènes d'horreur. Incarné par un Peter Cushing que l'on avait généralement l'habitude de voir dans des rôles de ''gentils personnages'', l'acteur britannique interprète là un individu troublant. Le représentant d'une certaine morale qui dans le contexte de l'époque fait figure d'anomalie jusqu'à ce que la folie s'empare du personnage. Si certaines séquences s'avèrent relativement pénibles de part leur redondance, les meurtres expriment quant à eux le manque d'objectivité du personnage qui se sait condamné à commettre des meurtres puisque l'efficacité du traitement qu'il applique à Lynn reste de toute manière temporaire. Robert Hartford-Davis dézingue ici l'ordre moral en créant chez le chirurgien un désintérêt progressif pour l'éthique face à une Lynn qui risque de lui échapper. S'agissant des quelques meurtres étalés à l'image, on peut supposer qu'ils furent un choc pour une partie du public, peu habituée à assister à un tel étalage de violence sur grand écran. Robert Hartford-Davis use d'ailleurs de procédés qui accentuent la folie du personnage. Contre-plongée, utilisation d'un objectif grand angle permettant de déformer le visage de l'assassin, les proportions du meurtrier sont ainsi déformées. L'on remarquera la résistance des victimes, prouvant que d'origine, le chirurgien n'est pas ''constitué'' afin de commettre des meurtres. Notons en outre que Robert Hartford-Davis s'amuse à filmer les crimes en vue subjective. Positionnant non pas la caméra dans le dos du tueur mais dans celui des jeunes femmes qu'il assassine. Notons enfin cette conclusion pleine d'interrogations et que l'on a bien du mal à s'expliquer. Tandis que John Rowan semble rendre son dernier souffle, visage face caméra, l'intrigue remonte le fil du récit jusqu'à ce moment très précis précédant le drame qui eut lieu lors de la soirée. Quel est donc le sens de cette fin de récit ? J'attends toujours et encore la réponse...

 

samedi 1 mars 2025

La Maison qui Tue de Peter Duffell (1971) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆



La Maison qui tue de... Tin ! Tin ! Tin ! (onomatopée bien connue des amateurs de petits, moyens, et grands frissons)... l'auteur de Psychose. Comme ne l'indique pas directement cette courte affirmation présente sur l'affiche française de ce film (qui n'a rien de commun avec le visuel présenté ci-dessus) en réalité signé du cinéaste Peter Duffell, The House That Dripped Blood dans sa version originale n'a donc pas été réalisé par Robert Bloch, qui demeure bien, par contre, l'auteur du roman à l'origine du chef-d’œuvre du britannique Alfred Hitchcock. Comme quoi, un simple mot de deux lettres (ici, « de ») peut trahir la volonté de faire du fric sur le nom d'une célébrité. Mais n'enterrons pas tout de suite l’œuvre de Peter Duffell, surtout qu'au générique, outre des interprètes aux patronymes inhabituels (Denholm Elliot, Nyree Dawn Porter, ou encore Jon Pertwee), on retrouve deux immenses acteurs hélas, depuis disparus : les britanniques Christopher Lee et Peter Cushing. Pas le genre de petite monnaie dont on cherche à se débarrasser dans les magasins. Plutôt des pièces d'or dont il vaut mieux respecter la valeur.

Soit dit en passant, La Maison qui tue est quand même un gros navet. Stars de la Hammer ou pas, la Amicus récupère nos deux glorieux interprètes et leur file entre les mains la responsabilité d'incarner des personnages dans une séries de sketches pitoyables qu'ils partageront avec d'autres acteurs nettement moins prestigieux mais dont le faciès parlera sans doute à certains d'entre nous.

Le récit tourne autour d'un inspecteur mandaté par Scotland Yard afin d'enquêter sur la disparition d'un acteur. Les quatre sketches ont pour cadre une demeure qui, on l'apprendra bien plus tard, s'identifie à ses locataires. Pour une anthologie d'épouvante, on reste froid devant l'indigence de la mise en scène, servie par des décors terriblement laids et sommaires noyés dans des lumières crues qui donnent à l'ensemble l'allure d'un théâtre grand-guignol plutôt navrant. Il faut s'armer d'un courage sans borne pour supporter les cent minutes et quelques que dure La Maison qui tue. Un titre alléchant pour un long-métrage qui s'étire à l'infini. Avec un tel patronyme, certains durent fantasmer à l'idée d'observer un ouvrage abordant les mêmes terres angoissantes qu'un Burnt Offerings hautement anxiogène. Mais ici, point de maison dévorant l'âme de ses locataires. Juste des personnages vivant des situations vues mille fois auparavant mais, ici, avec nettement moins de classe et de moyens.

La Amicus propose à ce point une telle accumulation de poncifs éculés que l'on ne peut que raisonnablement penser que la concurrente de la prestigieuse Hammer l'a forcément fait exprès. Comme une version parodique de très mauvais goût et surtout, très ennuyeuse des films à sketches britanniques qui émaillaient la filmographie de la célèbre société de production britannique fondée par William Hinds et Enrique Carreras en 1934. Comment vous expliquer le peu d'intérêt qu'évoque La Maison qui tue sinon qu'il est comparable au vide qui sépare notre planète du prochain système solaire... Le néant absolu en terme de mise en scène pour un cinéaste qui signait en cette année 1971, son second long-métrage dix ans après le premier. Pauvre Christopher Lee, pauvre Peter Cushing... qu'allaient faire dans cette galère ces deux grands Messieurs de l'horreur britannique ? Et dire que sur Amazon le film est vendu à l'hypnotique prix de 20 euros, dans une édition (Bach Films) habituée à proposer d'immondes nanars, chacun pour une poignée de centimes seulement (on comprend la gêne des revendeurs qui n'oseraient tout de même pas revendre ces infamies plus chers que leur valeurs artistique)... Au mieux, la jaquette vous fera hurler de rire. Au pire, ben, si vous l'achetez, vous pourrez toujours caler le pied d'un meuble avec le boitier. Quant à la galette argentée, un bon conseil : Jouez au frisbee avec le cd de cette Maison qui PUE !...



vendredi 12 janvier 2024

Tendre Dracula (La grande trouille) de Pierre Grunstein (1974) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

C'est horrible à dire mais qu'est-ce que l'on aura surtout retenu de la florissante carrière de l'acteur français Bernard Menez ? Cette très fumante séquence du Chaud lapin de Pascal Thomas lors de laquelle il chia, sans le savoir, sur une pelle tenue par deux jeunes garnements près d'un buisson avant d'inspecter les lieux pour découvrir que le fruit de son labeur avait disparu. Sur un C.V, cela peut faire désordre lorsque l'on est un tant soit peu ambitieux mais peut vous ouvrir grandes les portes du temple du Nanar où a un peu trop systématiquement sa place Bernard Menez. Il est des œuvres telles que Tendre Dracula qui font travailler l'imaginaire bien avant qu'elles ne fussent offertes à la boulimie des cinéphages. Si les parodies sont une monnaie courante dans le septième art, il en est certaines qui forcément touchent plus précisément le public hexagonal. Et même si Plus moche que Frankenstein tu meurs d'Armando Crispino est bien originaire d'Italie, la seule présence du très populaire Aldo Maccione dans nos contrées poussa sans doute certains chauvins d'origine française à se l'approprier. Il demeure pourtant quelques exemples de parodies fantastiques bien de chez nous dont Les Charlots contre Dracula de Jean-Pierre Desagnat demeure encore aujourd'hui comme l'un des plus ''brillants'' exemples. Vampirisme encore à l'évocation de Dracula père et fils d'Edouard Molinaro qui deux ans après Tendre Dracula allait confronter l'immense Christopher Lee à Bernard Menez. Mais avant cela, c'est donc à un autre très grand interprète britannique que l'acteur français allait se frotter dans cette chose parfaitement incongrue signée de Pierre Grunstein dont le métier de réalisateur allait stopper à l'issue de ce seul long-métrage pour se consacrer à la production d'un certain nombre d'excellents films (L'aile ou la cuisse, La course à l'échalotte, Uranus ou encore le diptyque Jean de Florette et Manon des sources). Surtout connu pour sa carrière dans le cinéma d'épouvante, l'acteur Peter Cushing interpréta notamment à plusieurs reprises le personnages du professeur Abraham Van Helsing, célèbre chasseur de vampires souvent confronté à son ami, l'acteur Christopher Lee, lequel incarnait de son côté le fameux Dracula ! Tendre Dracula apparaît comme un caillou dans une chaussure dans une carrière souvent exemplaire car si même le film de Pierre Grunstein réunit quelques sympathiques interprètes hexagonaux à l'image de Miou-Miou ou de Julien Guiomar, il n'est pas honteux de reconnaître que de visionner le film jusqu'à son terme n'est pas vraiment une partie de plaisir.


Également exploité en salle sous le titre La grande trouille, Tendre Dracula se permet quelques incartades dans des domaines parfois inattendus qui n'arrangent rien à l'affaire. Comme ces quelques passages qui transforment le film en comédie musicale. La même année, Miou-Miou venait de tourner Les valseuses de Bertrand Blier avec Gérard Depardieu et Patrick Dewaere et auprès desquels la jeune actrice se désapa très facilement. On ne s'étonnera donc pas de la voir ici exhiber sa très belle silhouette dénudée tout au long du long-métrage, suivie de très près par Nathalie Courval qui juste avant avait joué auprès de Claude Brasseur, Guy Marchand et Robert Castel dans Attention les yeux ! de Gérard Pirès et dans lequel elle interprétait la compagne d'un réalisateur contraint d'adapter La chartreuse de Parme en une version pornographique. Julien Guiomar se fait relativement discret (du moins lorsqu'il n'est pas à l'image) dans le rôle d'un producteur contraignant deux de ses employés ainsi que deux jeunes et jolies femmes à se rendre chez un acteur spécialisé dans le cinéma d'horreur afin de le convaincre de bien vouloir continuer sa carrière dans le genre qui le rendit célèbre malgré ses réticences. Écrit par Justin Lenoir et notamment produit par Claude Berri et Christian Fechner, Tendre Dracula est un grand fourre-tout souvent indigeste, entre comédie musicale, érotisme, gore, épouvante et comédie dont nous ne retiendrons qu'un ou deux plans vraiment superbes, un Bernard Menez hurlant de douleur lorsque l'actrice italienne Alida Valli lui grave à la jambe gauche et jusqu'au sang son prénom ou un Peter Cushing doublé en français par le génial Jean Rochefort. Comme dans tout bon ou mauvais film de vampire, nos quatre personnages sont accueillis au sein d'une bâtisse qui possède un certain charme (la salle de bain, les longs couloirs), lesquels vont subir toutes sortes de maltraitances dont certaines auront comme issue quelques plans gore plutôt sympathiques. Mais pas de quoi se pâmer d'admiration devant cette piètre comédie d'épouvante qui n'ameutera au fond que les plus curieux ou les fans absolus de films de vampires qui voudraient compléter leur collection...

 

jeudi 1 décembre 2022

!!! Spéciale Amicus Productions !!!

 



  • Je suis un monstre (I, Monster) de Stephen Weeks


Et si les actes monstrueux perpétrés par Jack l'éventreur n'étaient que la conséquence des expériences menées par le Docteur Jekyll ou comme ici son homologue le Docteur Psychiatre Marlowe ? Car comme nous le savons tous, chaque homme cache en lui une part sombre que seule une infime quantité de l'humanité a choisi de laisser s'exprimer. Première chose à savoir. Si le héros de Je suis un monstre (I, Monster) a changé de nom, ça n'est pas tant pour des questions de droits que par précaution de la part de ses concepteurs qui craignent alors de faire douter les investisseurs. En effet, le sujet reposant sur l'ouvrage The Strange case of Dr Jekyll and Mister Hyde de Robert Louis Stevenson qui fut déjà maintes fois transposé sur grand écran, une certaine lassitude aurait pu faire craindre que le public ne se lasse. Il n'en demeure pas moins que le long-métrage de Stephen Weeks qui signait là son premier film en 1971 s’attelle à retranscrire le plus fidèlement possible cette étrange histoire dans laquelle intervient notamment la théorie du Surmoi chère à Freud, là où s'inscrivent des valeurs morales interdisant les actes immoraux, criminels ou plus simplement répréhensibles. Produit par la société Amicus Productions connue pour être la rivale de la célèbre Hammer Films tout en étant considérée inférieure d'un point de vue créatif, Je suis un monstre n'en est pourtant sans doute pas moins l'une des meilleures adaptations du classique littéraire de l'épouvante britannique. Un joyau, à vrai dire, dans lequel l'on retrouve deux des plus grandes icônes du cinéma fantastique des années 50, 60 et 70 en Angleterre. Christopher Lee et Peter Cushing. Les deux hommes se rencontreront à de nombreuses reprises et notamment sur les tournages du Cauchemar de Dracula, Dracula 73 ou sur celui de Dracula vit toujours à Londres dans lesquels le premier interprétera le plus célèbre des vampires et face auquel le second incarnera le rôle du non moins célèbre chasseur de vampire, le Docteur Abraham Van Helsing. Baignant dans une atmosphère délétère qui ne lâchera pas son emprise avant que le générique de fin n'intervienne, Je suis un monstre décrit l'éprouvante expérience menée par le Docteur Marlowe, lequel étudie la possibilité de soigner ses patients à partir d'un sérum qui permettrait de modifier leur personnalité ainsi que leur comportement.
Testant diverses substances sur des animaux de laboratoire avant de les expérimenter sur plusieurs patients, le Docteur Marlowe décide un jour de s'injecter lui-même le fameux sérum qui le transformera en Monsieur Blake. Un être cynique, violent et physiquement repoussant que le Docteur Marlowe va autoriser à prendre sa place à de nombreuses reprises, jusqu'à ce que le drame survienne : en effet, à force de s'injecter le sérum dans les veines, le psychiatre finit par ne plus arriver à contrôler son alter ego obscure. Malgré l'emploi d'un antidote qui lui permettait jusque là de revenir à sa forme normale, Blake semble devoir prendre de plus en plus régulièrement les contrôles physique et mental de son hôte. Au delà de son approche fantastique,
Je suis un monstre aborde la thématique des drogues, de leur dépendance et des ravages qui déterminent les modifications physiologiques et comportementales des individus qui les consomment. D'où une approche relativement dramatique du personnage du Docteur Marlowe se muant en un être mesquin, agressif et se dé-sociabilisant, qu'aucun de ses proches ne reconnaît derrière le visage effrayant de Blake, ce ''maître-chanteur'' supposé qui apparaît authentiquement avoir pris le dessus sur son hôte. Christopher Lee campe alors une créature repoussante, pourtant dénué de tout maquillage et que seul son macabre sourire et une apparence physique volontairement délabrée parvient à rendre crédible. On appréciera également cette ville de Londres de la fin du dix-neuvième siècle reconstituée, avec ses ruelles sombres, insalubres et embrumées, ses recoins et ses bars sordides, ses prostituées et ses grands amateurs de mauvais alcools. Sa courte durée (à peine plus de soixante-quinze minutes) oblige le réalisateur et le scénario de Milton Subotsky à écourter certains passages du récit en multipliant les ellipses. Un inconfort minime pour une œuvre parfois glaçante et se positionnant comme l'une des meilleures adaptations de l’œuvre de Robert Louis Stevenson...


  • Le mystère de la bête humaine (The Beast must die)


Changement radical de décor avec Le mystère de la bête humaine de Paul Annett. De décor mais aussi de qualité puisque malgré le contexte dans lequel se déroule le récit (la luxueuse demeure d'un riche propriétaire), le film semble avoir l'air fauché comme les blés. Partant cependant d'une idée on ne peut plus originale, ce long-métrage dont on reconnaîtra parmi les interprètes l'acteur Peter Cushing est probablement l'un des plus improbables qu'ait pu produire la Amicus. Dire que le film est une purge est un euphémisme. Surfant sur la vague des Whodunit chers à Agatha Christie, Le mystère de la bête humaine semble également vouloir s'offrir une place bien au chaud parmi les légendes de la Blaxploitation en offrant le rôle principal à l'acteur américano-bahaméen Calvin Lockhart bien que le personnage de Tom Newcliffe devait à l'origine être interprété par Robert Quarry. Un choix qui plus que de donner l'impression que les personnages naviguent effectivement au cœur de ce formidable courant ayant revalorisé l'image des afro-américains dans le cinéma des années soixante-dix, offre un ton vraiment étrange. Surtout pour l'époque. Un black au milieu d'une troupe de personnages tous plus blancs les uns que les autres et parmi lesquels le bonhomme soupçonne l'existence d'un loup-garou ! Le concept du Whodunit étant ce qu'il est, on devine alors que le principe sera autant pour le spectateur que pour Tom Newcliffe de découvrir qui parmi ses convives est celui qui se cache derrière la bête humaine du titre. Malheureusement pour lui, le scénariste Michael Winder n'étant pas Agatha Christie, le résultat à l'écran est désastreux.
Une piteuse version des Chasses du comte Zaroff et de tous ses succédanés dans laquelle l'on s'éloigne donc de l'époque et de l'ambiance fiévreuse de Je suis un monstre pour des années soixante-dix où l'on reconnaît bien là quelques symboles de cette période notamment à travers les rouflaquettes, les coiffures afro, les pattes d'éléphant ou encore les pulls en acryliques et à cols roulés très près du corps ! On comprend très rapidement que l'expérience va s'avérer rude à contempler jusqu'au bout. D'emblée l'on assiste à la chasse d'un homme noir par des soldats commandés à distance par un certain Pavel (l'acteur Anton Diffring) avant de comprendre que tout n'était qu'une épreuve visant à démontrer les moyens mis en jeu pour une future chasse au loup-garou. C'est lourd, long et si peu passionnant que l'envie, déjà, de mettre fin au calvaire se fait ressentir. Mais bon, comme on est un brave gars et que l'on veut bien donner sa chance à Paul Annett, on va aller jusqu'au bout... Mauvais mais aussi parfois touchant de naïveté dans sa manière de vouloir proposer une alternative fantastique des Dix petits nègres ou de tout autre Whodunit du genre, Le mystère de la bête humaine souffre d'être redondant. Des séquences de chasse nocturnes sans grand intérêt. Des soupçons qui reposent un peu trop aisément sur le plus crédible des suspects. Une révélation qui n'étonnera pas grand monde et des effets-spéciaux inexistants puisqu'en lieu et place d'un loup-garou nous avons droit à un authentique loup... tout court ! Post-synchronisation désastreuse, jeux d'acteurs pathétique, scénario et mise en scène bâclés, il n'y a vraiment rien à sauver dans ce naufrage artistique. Pas même les personnages eux-mêmes et dont la caractérisation est simplement inexistante...


  • The Uncanny de Denis Héroux


Pour conclure, évoquons The Uncanny de Denis Héroux. Sous ce patronyme francophone se cache un réalisateur, scénariste et producteur montréalais,, auteur d'une quinzaine de longs-métrages en autant d'années dont une majorité de drames. Il terminera sa carrière de réalisateur avec cette production Amicus parfois traduite sous le titre Les chats du diable ou plus simplement sous celui de Brrr... Comme le titre (français) le précise, ce film à sketchs met en scène nos petites boules à poils. Oui, celles qui font des ravages auprès des amateurs de chats sur la toile. Sauf qu'ici, le concept est moins de s'attendrir en les regardant jouer ou en les écoutant ronronner que d'assister à quelques massacres au grès de péripéties mettant en avant de vils êtres humains. En préambule, le film s'ouvre sur la rencontre entre l'éditeur Frank Richards (Ray Milland) et l'auteur d'un ouvrage relatant des récits fantastiques au centre desquels s'inscrivent nombre de chats (Peter Cushing dans le rôle de Wilbur). Afin de convaincre l'éditeur de publier son roman, le vieil homme (qui craint lui-même les chats) conte à son ôte les récits que l'ouvrage renferme. Au nombre de trois, ceux-ci font donc l'objet d'autant de courts métrages. Dans le premier intitulé London 1912, une vieille dame un brin acariâtre (Joan Greenwood) demande à son notaire de remplacer son testament par un second. Alors qu'elle avait jusque là prévu de tout léguer à son neveu Michael (Simon William), voilà que désormais celle-ci compte bien laisser le tout à ses amours de chats. Sauf que la chose n'est pas tombée dans l'oreille d'une sourde et que la soubrette (Susan Penhaligon dans le rôle de Janet) s'empresse de tout révéler à l'opportuniste neveu. Le second, intitulé Quebec Province 1975, met en scène une gamine prénommée Lucy (Katrina Holden Bronson), martyrisée par sa cousine Angela (Chloe Franks) depuis qu'elle s'est installée chez sa tante et son oncle. Ne supportant pas la présence du chat de sa nièce, Mrs. Blake (Alexandra Steward) mettra tout en œuvre pour s'en débarrasser tandis que sa propre fille fera des misères à sa cousine.
Le troisième segment met quant à lui en scène un certain Valentine De'Ath (Donald Pleasence). Acteur dont l'épouse vient de décéder des suites d'un accident lors du tournage d'un film d'horreur. Un accident ? Pas vraiment. Plutôt un homicide commis pat l'époux infidèle qui s'empresse ensuite de rejoindre sa maîtresse Edina Hamilton (Samantha Eggar). Mais c'était sans compter sur le chat de la morte qui fera payer à son mari et sa maîtresse leurs odieuses manigances... Sachons rester objectifs et reconnaissons que malgré la présence d'une poignée d'interprètes prestigieux, The Uncanny est nettement moins passionnant pour son approche horrifique que pour ses portraits d'une humanité veule, intéressée et criminelle. L'on retiendra du premier sketch la longue attaque de dizaines de chats s'acharnant sur la personne de Janet. Du second, le caractère psychopathique de la cousine et une séquence assez mal fagotée renvoyant à L'homme qui rétrécit de Jack Arnold. Et du troisième... ben en fait, pas grand chose. La réalisation et la direction d'acteurs de Denis Héroux sont franchement piteuses. Les interprètes manquent de naturel et quelle que soit l'époque invoquée, on a toujours l'impression que l'intrigue se déroule à la même période. De plus, il demeure difficile de s'effrayer devant les assauts des chats. Surtout lorsque l'on en est un fervent admirateur et que l'on a appris à maîtriser ou du moins comprendre leur attitude. C'en est même parfois amusant, à nous imaginer des techniciens jeter à bouts de bras ces pauvres félins sur les acteurs qu'ils sont censés agresser...

vendredi 17 juin 2022

The Mummy (La malédiction des pharaons) de Terence Fisher (1959) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Si morts-vivants, vampires, démons et loups-garous sont régulièrement mis en scène au cinéma, la momie, elle, n'a malheureusement pas autant les faveurs des cinéastes. Pourtant mise en scène dans un certain nombre de longs-métrage, elle ne sera en réalité l'héroïne que d'une quinzaine d'entre eux, majoritairement horrifiques, et parmi lesquels l'un des plus importants demeure The Mummy que tourna en 1932 le réalisateur allemand Karl Freund. La créature y était interprétée par l'immense Boris Karloff et fut la première incartade dans l'univers de cette créature du bestiaire fantastique de la part de la société de production et de distribution américaine Universal Pictures ! Celle-ci produisit cinq autres longs-métrages entre 1940 et 1955 dont trois furent interprétés par l'acteur Lon Chaney Jr., tandis que le dernier intitulé Abbott and Costello Meet the Mummy sera une comédie horrifique réalisée par Charles Lamont et interprétée par le célèbre duo de comiques les ''Deux Nigauds'' composé de Bud Abbott et Lou Costello. Quatre ans plus tard, ce sera au tour de la société britannique Hammer Film Productions de s'approprier le mythe avec une série de quatre longs-métrages qui mettra douze années pour se clore avec Blood from the Mummy's Tomb de Seth Holt. À noter que ce dernier sera l'adaptation du roman de Bram Stocker (Dracula), The Jewel of Seven Stars datant de l'année 1903. Mais le premier des quatre films consacrés à la momie auxquel la Hammer accorda son intérêt fut réalisé en 1959 par Terence Fisher et n'est autre qu'un remake de l'original datant de 1932. Le réalisateur prend alors un très gros risque sachant que The Mummy est un classique du fantastique américain. Ce qui ne semble guère le gêner puisque le britannique ira jusqu'à reprendre le titre tel quel alors que dans notre pays, si l'original fut simplement traduit sous le titre de La momie, son remake vit le jour chez nous sous celui de La malédiction des pharaons. Pas d'amalgames possibles, donc...


Dans cette nouvelle version, pas de Boris Karloff mais un Christopher Lee, forcément méconnaissable dans la peau de la créature mais également dans celle de Kharis, condamné à être momifié pour l'éternité après avoir tenté de ressusciter la femme qu'il aimait, la princesse Ananka (l'actrice Yvonne Furneaux, qui incarne également l'épouse du héros John Banning, Isobel). Kharis, qui n'est pas une personnalité historique de l’Égypte antique mais un personnage de fiction non pas créé à l'occasion du film mais à celle de The Mummy's Hand, le second long-métrage de la période Universal Pictures, lequel réapparaîtra d'ailleurs dans les films à venir, The Mummy version Hammer le voyant intervenir pour la dernière fois. Aux côtés de Christopher Lee, nous retrouvons l'irremplaçable Peter Cushing, fidèle collaborateur du cinéaste britannique qui incarne ici l'archéologue John Banning, mais également Eddie Byrne dans le rôle de l'inspecteur Mulrooney ou Felix Aylmer dans celui du père de l'archéologue, Stephen. Le récit situe son action à la fin du dix-neuvième siècle en Égypte. Là-bas, John Banning, son père et son oncle Joseph Whemple (Raymond Huntley) mettent à jour le tombeau de la princesse Ananka, une prêtresse du temple de Karnak morte depuis quatre millénaires. Malheureusement pour les trois hommes, un individu malveillant (l'acteur George Pastell) va jeter sur eux une malédiction en réveillant la momie Kharis, laquelle aura désormais pour but de tuer ceux qui dérangèrent la Princesse dans son sommeil éternel...


Il y a les pros et les anti. Ceux qui préfèrent l'original (dont votre serviteur fait partie) et ceux qui préfèrent la mise en scène de Terence Fisher à celle de Karl Freund. En réalité, les deux œuvres n'ont rien de vraiment comparables et il faut surtout les traiter avec tout le respect qui leur est dû et prendre compte des époques durant lesquelles l'un et l'autre des deux films furent tournés. Si Chirstopher Lee, affublé de ses bandelettes dont le principal atout visuel est qu'elles sont imprégnées de boue, fut un immense interprète de l'âge d'or du cinéma d'épouvante et de la Hammer en particulier, il semble moins convainquant dans la peau de cette créature (il est d'ailleurs impossible de l’identifier autrement que par son regard) en raison d'une démarche un peu... ridicule... mais fort heureusement rattrapée par quelques irruptions à travers quelques fenêtres plutôt convaincantes. La malédiction des pharaons a le culot d'avoir moins bien vieilli que l'original alors qu'il lui est postérieur de plus d'un quart de siècle ! Le plus significatif demeure ces longues, trop longues séquences situées en Égypte à l'époque où Karhis régnait. Décors qui sonnent faux et ne rendent pas le même faste absolument remarquable que le sublime Cleopatre de Joseph L. Mankiewicz et ses quarante-quatre millions de dollars de budget. En même temps, avec ses cent vingt-cinq mille livres sterling de budget (qui à l'époque équivalaient à environ cent-cinquante mille dollars), le film de Terence Fisher avait peu de chance de nous offrir autre chose que les affreux décors de carton-pâte égyptiens. Une somme cependant plus importante que celle allouée à The Curse of Frankenstein en 1957 (65 000 livres sterling) ou à Horror Of Dracula en 1958 (81 000), deux films réalisés quelques années en arrière par Terence Fisher lui-même. Preuve que la Hammer comptait bien sur ce nouveau personnage du bestiaire fantastique désormais intégré parmi nombre d'autres d'entre elles dans le paysage cinématographique horrifique britannique. Malgré la présence d'illustres interprètes, d'un réalisateur réputé, d'une Yvonne Furnaux au regard envoûtant (sœur de Catherine Deneuve dans l'angoissant Repulsion de Roman Polansi en 1965), du compositeur et pianiste britannique Franz Reizenstein ou des fidèles Bernard Robinson aux décors et Jack Asher à la photographie, The Mummy version 1959 est malheureusement une déception...

 

lundi 13 juin 2022

Frankenstein and the Monster from Hell de Terence Fisher (1974) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Vue la tronche qu'arbore la créature sur l'affiche du septième et dernier long-métrage consacré au mythe de Frankenstein par la Hammer Film Productions, on se dit qu'il était temps de mettre un terme aux exactions du docteur Victor Frankenstein. Après un sixième volet faisant fi de tout ce qui avait été entrepris jusque là (pas de Terence Fisher à la réalisation, pas de Peter Cushing dans le rôle principal et un récit qui s'intéressait aux premiers travaux scientifique du fameux baron alors âgé d'une trentaine d'années seulement), le cycle se clôt par un retour aux fondamentaux avec le retour des deux icônes de la franchise. Frankenstein and the Monster from Hell met en scène le docteur Victor Frankenstein travaillant désormais dans un asile de fous en tant que chirurgien. Si l'on fait l'impasse sur Les Horreurs de Frankenstein de Jimmy Sangster qui en 1970 ignorait totalement le suivi chronologique qui jusque là était plus ou moins respecté, il faut se souvenir que le baron mourait à la toute fin du long-métrage, emporté par sa créature qui le plongeait dans les flammes de sa luxueuse demeure. Sauf qu'ici l'on apprend que Victor Frankenstein s'en est finalement tiré. Ce qui paraît logique même si l'entrée en matière de Frankenstein and the Monster from Hell laisse supposer durant un temps que son personnage ait pu être remplacé par un chirurgien qui comme lui travaille sur la résurrection des cadavres. On sent bien l'esprit de Horror of Frankenstein imprimer cette toute première partie du septième long-métrage mais bientôt sonnera le retour de notre chirurgien préféré. En effet, tout comme le docteur Frankenstein avait subit un procès retentissant dans The Curse of Frankenstein de Terence Fisher en 1957, son émule, le docteur Simon Helder (l'acteur britannique Shane Briant) a lui aussi été arrêté, jugé et condamné à faire un long séjour dans un institut psychiatrique !


C'est là qu'il rencontrera le docteur Victor Frankenstein qui le sortira d'une inconfortable situation. Car dans ce septième long-métrage, ça n'est d'emblée pas tant ce dernier qu'il faut craindre mais plutôt les employés sadiques et pervers de cet hôpital psychiatrique dirigé par le directeur Adolf Klauss (John Stratton). Un individu corrompu que Victor Frankenstein tient sous sa coupe. Tiens, tiens, ça ne vous rappelle rien ? Même pas l'antépénultième volet intitulé Frankenstein must be Destroyed et dans lequel la propriétaire d'une pension familiale et son compagnon étaient eux-même menacés d'être dénoncés par leur nouveau locataire s'ils refusaient de faire absolument tout ce qu'il leur demandait ? Sauf que dans le cas de Frankenstein and the Monster from Hell, le contraste est saisissant. Si en 1969 le docteur s'en prenait à de jeune et sympathique couple, dans le dernier volet le fait que ses ''victimes'' soient toutes d’infâmes individus ne lui prêtent pas trop l'image d'un être épouvantable. En tout cas, bien moins que cinq ans en arrière. C'est une habitude, mais la gente féminine est également (sous-)représentée par un beau brin de fille qui n'est autre que l'actrice anglaise Madeline Smith. Mais ce qui ne change pas davantage, c'est le peu d'intérêt que lui prête le récit. La femme et comme d'habitude traitée au second plan. Ici comme ailleurs, sa présence est quasi anecdotique. Terence Fisher crée un climat anxiogène avec cet hôpital qui ressemble parfois davantage à une prison moyenâgeuse et à ses malades plus ou moins timbrés. Une véritable cours des miracles. Les décors sont parfois superbes. On pense notamment aux cellules ou au laboratoire de Frankenstein...


Ce qui par contre laisse à désirer, c'est la créature de ce nouveau chapitre. On pourrait au départ modestement supposer que le problème vient de celui ou celle qui dessina l'affiche du film. Mais malheureusement, on se rendra assez rapidement compte que la créature est même pire que celle qui s'affichait à l'entrée des cinémas. Pourquoi donc a-t-il fallut que son (ou ses) concepteur(s) prenne(nt) une telle direction artistique ? D'autant plus que deux critères auraient dû convaincre ce (ou ces) dernier(s) de rester dans une même veine que dans le précédent volet Horror of Frankenstein. Non seulement elle demeurait la plus crédible d'entre toutes (même si chacun trouvera dans telle ou telle incarnation ou volet de la franchise, sa créature préférée), mais l'acteur qui se cachait sous le costume de la créature était le même que celui qui l'incarne dans ce Frankenstein and the Monster from Hell. Soit, l'acteur David Prowse. On a droit à quelques séquences gore dans l'esprit de la franchise majoritairement constituées de membres découpés ou d'yeux prélevés sur des cadavres. Non sans une certaine irone, le docteur Frankenstein ira jusqu'à se demander si la couleur des yeux sélectionnés conviendra à sa créature ! Laquelle, oui, oui, entretient bien davantage de rapports physiques avec un primate qu'avec l'homme qu'elle prétend être. Au concours de la créature la plus ridicule, on se demande alors laquelle de celle-ci ou de celle de The Evil of Frankenstein de Freddie Francis est la plus ridicule ! Ceux qui connaissent bien la série de longs-métrages et l'acteur remarqueront que Peter Cushing est dans celui-ci affublé d'une bien curieuse perruque aux cheveux bouclés lui donnant une drôle d'allure. Un détail physique que regrettera d'ailleurs plus tard l'interprète du célèbre docteur. Une seconde faute de goût qui heureusement ne nuit pas au récit lui-même agrémenté de quelques séquences gore plutôt réjouissantes comme celle ou le crâne d'un patient est ouvert en deux, faisant ainsi apparaître le cerveau de la victime, ou le final granbd-guignolesque... Shane Briant apparaît étonnamment féminin, androgyne, dès lors que son personnage porte sur le nez sa paire de lunettes. Frankenstein and the Monster from Hell marque une date importante pour le cinéma fantastique et dans la carrière de son auteur puisqu'il s'agira là du dernier film réalisé par Terence Fisher et donc de sa dernière collaboration avec l'acteur Peter Cushing. Aussi bizarre et curieuse que soit la perruque que porte ce dernier, elle lui offre ce côté humain qui lui faisait généralement défaut jusqu'ici. La franchise se clôt avec une œuvre plutôt réussie mais qui n'innove pas suffisamment pour se détacher des précédentes. Et puis, cette créature, mon Dieu, ça n'est vraiment pas possible. On rit davantage que l'on ne s'effraie devant son apparence. Moins cacophonique qu'à l'habitude, la bande musicale est signée de James Bernard. Un habitué des productions Hammer et du mythe de Frankenstein... C'est ainsi donc que se termine ce cycle consacré à Frankenstein en espérant qu'il vous aura donné le goût de redécouvrir tout ou partie de la franchise Hammer...

 

The Horror of Frankenstein de Terence Fisher (1970) - ★★★★★★★☆☆☆



 

Peter Cushing ayant été l'une des grandes stars de la Hammer Film Production, on peut se demander pourquoi il ne fut pas contacté par les producteurs afin de participer à ce qui aurait alors été sa sixième incarnation du Docteur Victor Frankenstein sur grand écran avec The Horror of Frankenstein. Pourtant, la raison est simple : faire de son remplaçant temporaire Ralph Bates, l'une des nouvelles stars de la Hammer. N'ayant tourné jusque là que dans des séries télévisées, en 1970, le jeune acteur débute à la Hammer avec Une messe pour Dracula de Peter Sasdy et poursuivra sa courte carrière pour la célèbre firme la même année avec le film dont il est question dans cet article mais aussi plus tard avec Lust for a Vampire et Fear in the Night de Jimmy Sangster en 1971 et 1972, Dr. Jekyll & Sister Hyde de Roy Ward Baker en 1971 et Evil Baby de Peter Sasdy en 1975. Et puis, c'est tout. À côté de ces quelques incarnations, on verra Ralph Bates dans un certain nombre de séries télévisées comme les cultissimes Thriller (Angoisse) ou Tales of the Unexpected (Bizarre, bizarre). Mais franchement, hein ! Qui se souvient de lui ? Ou même simplement de son nom ? Son passage dans la mythologie de Frankenstein aura donc été de courte durée puisque pour le septième et ultime volet de la franchise britannique, nous aurons le plaisir de retrouver Peter Cushing. Mais d'ici là, évoquons plutôt ces Horreurs de Frankenstein qui ont également abandonné derrière elles le réalisateur Terence Fisher (qui cette fois-ci, n'a fort heureusement pas été victime d'un accident de voiture). On doit The Horror of Frankenstein au réalisateur Jimmy Sangster qui fera de Ralph Bates l'un des acteurs favoris de sa courte carrière de cinéaste puisque le bonhomme ne réalisera en tout et pour tout que quatre longs-métrages dont trois seront interprétés par celui dont la Hammer voulait faire, je le répète, l'une des nouvelles stars de la société...


C'est avec un certain intérêt mâtiné de circonspection que l'on se plongera dans ces nouvelles aventures du docteur Victor Frankenstein malheureusement libérée de ses deux légendes de la Hammer. Dur donc pour Jimmy Sangster et Ralph Bates de prendre la suite et de tenter de faire au moins aussi bien que Terence Fisher et Peter Cushing à défaut de pouvoir les faire oublier. Ce qui paraît en revanche très intéressant lorsque l'on examine le pedigree de Jimmy Sangster est de constater que le bonhomme a produit un nombre important de scripts parmi lesquels plusieurs des Frankenstein abordés dans les récents articles. Le scénariste et réalisateur n'est donc pas un inconnu et ayant écrit lui-même le scénario de The Horror of Frankenstein, c'est avec un certain optimisme que l'on se lancera dans sa projection... Le film débute sous le sceau du jeunisme et ne cessera de l'être d'ailleurs jusqu'à la fin. Vingt-sept années séparent Ralph Bates de Peter Cushing. Il était donc délicat de poursuivre les aventures du baron Frankenstein sans que l'illogisme ne vienne mettre son grain de sel dans le développement du personnage. C'est sans doute pourquoi, et peut-être même par la seule volonté des producteurs, que Jimmy Sangster fait le ménage et décide de tout reprendre à zéro. En effet, il y expose un Victor Frankenstein jeune, étudiant les sciences à l'université. Arrogant, narcissique et psychopathe (il ira jusqu'à provoquer la mort de son propre père qui contrecarrait ses projets scientifiques), on le découvre motivé très jeune par la recherche sur la vie et la mort. Au décès de son père, il quitte l'université et s'installe dans le luxueux manoir familial dans la cave duquel il va installer son laboratoire...


Mais Ralph Bates n'est pas seul au générique et se présentent notamment à ses côtés l'actrice Kate O'Mara dans le rôle de la domestique et maîtresse du jeune homme, Alys, Veronica Carlson dans celui d'Elzabeth Heiss, une ancienne camarade de classe de Frankenstein secrètement amoureuse de lui. quant à Stephen Turner il incarne Stephan, un ancien étudiant devenu cuisinier pour le compte du jeune baron. La liste se rallonge et l'on notera également la présence de Dennis Price dans le rôle du fossoyeur qui fournira à Victor Frankenstein la matière première à ses horribles expériences. Malgré l'absence des deux icônes du fantastiques que sont Peter Cushing et Terence Fisher, The Horror of Frankenstein s'avère être une excellente alternative. Alors que le cycle commençait à tourner en rond, reprendre les choses dès le début s'avère finalement payant et s'il ne parvient pas tout à fait à faire oublier la brillante incarnation du célèbre acteur britannique, Ralph Bates s'en sort parfaitement et interprète un baron immoral délicieusement détestable. La créature est plutôt réussies bien qu'un peu de fond de teint aurait sans doute permis de cacher la différence de coloration entre le latex appliqué sur le front et la peau du visage de l'acteur David Prowse (le futur de Dark Vador dans la trilogie originale Star Wars !) qui l'incarne. Un Frankenstein qui fait peau neuve, de jolies interprètes féminines dotées d'atouts physiques indéniables, des effets-spéciaux rares mais plutôt bien fichus pour l'époque et le charme typique des productions Hammer Film semblent n'avoir cependant pas convaincu le public qui ne s'est malheureusement pas déplacé en masse dans les salles à l'époque de sa sortie. Des qualités qui entrent sans doute moins en jeu qu'une certaine lassitude, à moins que l'absence de Cushing et Fisher ai rendus frileux les amateurs de fantastique, d'horreur et d'épouvante. Il faudra atteindre quatre ans avant que l'un et l'autre ne reprennent leur poste respectifs pour tourner ensemble ce qui allait demeurer le tout dernier long-métrage de la Hammer consacré au mythe de Frankenstein : Frankenstein and the Monster from Hell...

 

Frankenstein must be Destroyed de Terence Fisher (1969) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Frankenstein must be Destroyed... C'est le titre du cinquième long-métrage qu'a consacré la société de production britannique Hammer Films Productions au mythe de Frankenstein. Un film traduit en France sous le titre, Le retour de Frankenstein. Une traduction pas vraiment fidèle du titre original qui signifie quant à lui : ''Frankenstein doit mourir''. Quelque peu violent, non ? Et peut-être sans doute beaucoup moins vendeur que la promesse de retrouver la célèbre créature décharnée qui fut absente du précédent long-métrage réalisé en 1967 par Terence Fisher même si une fois de plus il est nécessaire de préciser que le nom de Frankenstein se rapporte non pas au monstre mais bien à son créateur. On ne change pas un concept qui fonctionne à plein régime et une fois encore, le docteur Victor Frankenstein est à nouveau contraint de fuir et se réfugie cette fois-ci dans une pension familiale tenue par Anna Splengler (l'actrice Veronica Carlson), laquelle est fiancée à Karl (Simon Ward) qui pour subvenir aux besoins médicaux de sa belle-mère vient de dérober des stupéfiants. Malheureusement pour lui et sa petite amie, le docteur Frankenstein s'est aperçu du larcin et décide de faire chanter le jeune homme afin qu'il accepte de l'aider à faire sortir le docteur Frederick Brandt de l’hôpital psychiatrique dans lequel il est retenu prisonnier. En effet, ce dernier étant devenu fou, il s'est retrouvé interné sans aucun espoir de guérir. Mais c'était sans compter sur Victor Frankenstein qui, ne sachant plus où donner de la tête (à moins que le problème ne vienne plus simplement des scénaristes Bert Batt et Anthony Nelson Key), et après être passé par différentes étapes entre reconstitutions de puzzles humains et transferts d'âmes d'un corps à un autre a cette fois-ci décidé de transplanter le cerveau de son ami et assistant dans le corps d'un autre homme...


Pris au piège par un Victor Frankenstein qui n'aura jamais paru aussi méprisable (et méprisant) que dans ce retour de Frankenstein, Karl va commettre l'irréparable en poignardant un garde de l’hôpital psychiatrique et collaborer avec le scientifique sur ses expériences de transplantation. Terence Fisher durcit le ton et la caractérisation. Si malgré ses agissements, le docteur Frankenstein était tout de même apparu jusqu'ici comme relativement ''sympathique'' (quoique particulièrement orgueilleux), dans ce cinquième long-métrage qu'incarne encore et toujours Peter Cushing, son personnage se montre particulièrement odieux. Des premiers signes de radicalisation transpirent à travers les menaces faites à l'encontre de ses hôtes mais deviennent pires encore lorsque celui-ci se met à commettre l'irréparable au moment de violer la pauvre et innocente Anna. Victor Frankenstein aurait-il une vie sexuelle ? Aurait-il dans son existence d'autres préoccupations que ses expériences ? Mais ne nous emballons pas. La séquence demeure ''anecdotique'' et ne se répétera plus. Non, l'essentiel est toujours bien présent et les actes de chirurgie (boucherie?) toujours au rendez-vous. On a droit à quelques têtes coupées et à une intervention qui s’achèvera par une trépanation peu sanglante mais néanmoins inconfortable (l'on devenir la longue tige de métal s'enfonçant dans le cerveau de ce pauvre Frederick Brandt. Un personnage interprété par l'acteur George Pravda qui jusque là n'était intervenu dans aucun des autres récits inspirés par l’œuvre de la romancière Mary Shelley...


La séquence d'ouverture s'avère quant à elle très étonnante et semble s'inspirer d'un autre mythe du cinéma d'épouvante ayant pourtant réellement existé : Jack l'éventreur. Ruelles insalubres, obscurité menaçantes, on se croirait à Withechappel à la fin du dix-neuvième siècle. Une entrée en matière qui s'explique peut-être par la sortie quelques années en arrière de Sherlock Holmes contre Jack l'Éventreur, l'une des itérations du fait-divers s'hybridant avec le personnage créé par l'écrivain britannique Arthur Conan Doyle un an environ avant que ne soient perpétrés cinq meurtres atroces sur de pauvres prostituée de l'un des plus infâmes districts de Londres. Les créatures de Frankenstein semblent désormais avoir abandonné toute idée de laideur (ici, l'acteur qui incarne la créature porte une cicatrice tout autour du crâne et rien d'autre), ce qui n'empêche pas le film de revenir quelque peu à l'esprit d'origine même si ici, les éclairs et les machines ''infernales'' semblent surtout avoir laissé la place aux instruments chirurgicaux. Le retour de Frankenstein est une bonne surprise, tournant autour d'un trio principal, entre drame, horreur, épouvante et fantastique. À noter que le prochain volet intitulé The Horror of Frankenstein ne sera pas réalisé par Terence Fisher mais par Jimmy Sangler. Le public n'aura d'ailleurs pas à patienter bien longtemps puisqu'il sortira un an seulement après Le retour de Frankenstein... Une autre différence d'ampleur par rapport aux autres volets de la franchise est à d'ailleurs à noter. Patience, patience, vous saurez laquelle dans le prochain article du cycle consacré aux Frankenstein de la Hammer...

 

dimanche 12 juin 2022

Frankenstein Created Woman de Terence Fisher (1967) - ★★★★★★★☆☆☆

 

 


 

Après avoir été contraint de s'éloigner du mythe de Frankenstein à la suite d'un accident de voiture au profit de son ancien assistant Freddie Francis, le réalisateur britannique Terence Fisher a durant la dizaine d'années qui a suivi la sortie de The Revenge of Frankenstein eut le temps de réaliser une quinzaine de longs-métrages pratiquement tous dévolus aux genres fantastique, horreur et épouvante. En 1967, il reprend les rennes du cycle consacré à l'une des plus célèbres créatures du bestiaire fantastique et met une nouvelle fois en scène l'acteur Peter Cushing dans le rôle du docteur Victor Frankenstein dans Frankenstein Created Woman. Si les trois précédents longs-métrages avaient fait la preuve par l'image qu'il n'est pas toujours aisé d'être créatif en terme d'écriture et de renouveler ainsi une thématique aussi vieille que le cinéma puisse l'être, ce quatrième film d'une série qui en comptera sept au final est sans doute l'une des propositions les plus intéressantes et originales d'entre toutes. L'usage du nom de Frankenstein reposant logiquement sur le personnage du fameux docteur et non pas sur celui de la créature comme nombre de personnes semblent continuer de faire l'erreur, c'est avec plus ou moins de complaisance que son nom est rattaché à telle ou telle œuvre n'ayant plus autant d’accointances avec le matériau d'origine, soit le roman Frankenstein ou le Prométhée moderne écrit au dix-neuvième siècle par la britannique Mary Shelley. Écrit par le fidèle scénariste de Terence Fisher, Anthony Hinds, le scénario de Frankenstein Created Woman apporte un certain renouveau puisque la présence de la fameuse créature accompagnant généralement le docteur Victor Frankenstein est désormais plus ou moins évoquée à travers le personnage de Christina Kleve, fille d'aubergiste défigurée et handicapée par une paralysie du bras droit et par un pied bot. De quoi alimenter les discussions de trois jeunes nantis qui viennent régulièrement se saouler à l'auberge et harceler la jeune femme. Incarnés par Peter Blythe, Barry Warren et Derek Fowlds, Anton, Karl et Johann vont bientôt être au centre d'une vengeance orchestrée par une créature d'un nouveau type...


Non plus dotée d'un monstrueux faciès et d'une démarche de momie (Comme cela était notamment d'usage dans le précédent long-métrage The Evil of Frankenstein), mais d'une beauté remarquable due à la magnifique actrice allemande Susan Denberg. Laquelle fera une carrière au cinéma étonnamment courte puisqu'en dehors du film de Terence Fisher et du thriller de Robert Gist An American Dream l'année précédente, la jeune femme ne tournera que dans une minuscule poignée de séries télévisées dont un épisode de la série originale Star Trek en 1966 ! Exit donc l'horrible créature de Frankenstein. Ce qui ne manque par contre pas dans ce nouveau récit est la présence d'individus particulièrement veules et immoraux. Victor Frankenstein est désormais assisté du docteur Hertz (l'acteur Thorley Walters) avec lequel il vient de mettre au point une expérience dans laquelle il a mis sa propre existence en jeu. Également assisté par le jeune Hans (interprété par Robert Morris), lequel n'a rien à voir avec le Hans des deux précédents longs-métrages, ce dernier va se retrouver accusé du meurtre de l'aubergiste Kleve. Le père de Christina dont il est amoureux et qu'il avait menacé de mort lors d'un conflit entre lui, Anton et ses deux amis. Bien entendu innocent (l'aubergiste sera en réalité battu à mort part les trois jeunes gens), Hans sera exécuté par décapitation (comme son père), engendrant ainsi des commentaires selon lesquels l'hérédité criminelle du père et du fils serait entrée en jeu. Par désespoir amoureux, Christina se jettera ensuite dans une rivière tumultueuse pour y mourir noyée. C'est alors qu'interviennent les docteurs Frankenstein et Hertz. Après avoir récupéré la tête tranchée de Hans et le corps encore trempé de Christina, les deux hommes peuvent enfin se lancer dans le projet qu'ils ont mis au point quelques temps auparavant...


C'est donc ainsi que l'on découvre dans ce nouvel opus que Frankenstein est moins intéressé par l'ambition de donner vie à un être reconstitué à partir des membres de différents individus que par l'idée de transférer l'esprit d'un mort dans le corps d'un second. Sans le vouloir (à moins que...), Terence Fisher et son scénariste mettent au point en 1967, ce qui demeure sans doute le tout premier cas de transsexualité, ou plutôt de transidentité sur grand écran. En effet, car si la créature revêt la beauté de Susan Denberg, son crâne, lui, semble être le foyer d'une double personnalité. La sienne, mais également celle de Hans qui à la suite de l'opération effectuée par les deux docteurs va commander à la jeune femme le triple meurtre de ceux qui ont causé la mort de l'aubergiste et la condamnation du jeune assistant à l’échafaud. Frankenstein Created Woman est une excellente surprise. Le cadre est pratiquement identique à ce que l'on a l'habitude de voir, entre auberge (ou le monde se bouscule par contre beaucoup moins que dans les épisodes précédents) et laboratoire où ont lieu les différentes expériences du docteur Frankenstein. Le film se montre parfois très cruel et à ce titre, deux séquences retiendront l'attention. Celle qui ouvre les hostilités et qui montre Hans, alors tout jeune, assistant à la décapitation de son père. Ou plus tard, lorsque dans et autour de l'auberge, Terence Fisher multiplie les séquences d'humiliation envers la jeune Christina qui, il est vrai, est affublée de tares multiples. Mais c'est avant que la jeune ne s'éveille de la mort pour arborer une beauté qui attirera dans ses griffes, les trois vrais monstres de ce récit. Bien que changeant radicalement d'approche, Frankenstein Created Woman reste une très bonne surprise. Et même s'il fait des infidélités au roman d'origine, on appréciera cette incartade plus ''cérébrale'' que ''viandarde'' qui renouvelle la thématique du mythe. Après La Nuit de la grande chaleur en 1967 et Les vierges de Satan l'année suivante, Terence Fisher reviendra en 1969 avec le cinquième opus de la saga, Frankenstein Must Be Destroyed...

 

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