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lundi 13 juin 2022

The Horror of Frankenstein de Terence Fisher (1970) - ★★★★★★★☆☆☆



 

Peter Cushing ayant été l'une des grandes stars de la Hammer Film Production, on peut se demander pourquoi il ne fut pas contacté par les producteurs afin de participer à ce qui aurait alors été sa sixième incarnation du Docteur Victor Frankenstein sur grand écran avec The Horror of Frankenstein. Pourtant, la raison est simple : faire de son remplaçant temporaire Ralph Bates, l'une des nouvelles stars de la Hammer. N'ayant tourné jusque là que dans des séries télévisées, en 1970, le jeune acteur débute à la Hammer avec Une messe pour Dracula de Peter Sasdy et poursuivra sa courte carrière pour la célèbre firme la même année avec le film dont il est question dans cet article mais aussi plus tard avec Lust for a Vampire et Fear in the Night de Jimmy Sangster en 1971 et 1972, Dr. Jekyll & Sister Hyde de Roy Ward Baker en 1971 et Evil Baby de Peter Sasdy en 1975. Et puis, c'est tout. À côté de ces quelques incarnations, on verra Ralph Bates dans un certain nombre de séries télévisées comme les cultissimes Thriller (Angoisse) ou Tales of the Unexpected (Bizarre, bizarre). Mais franchement, hein ! Qui se souvient de lui ? Ou même simplement de son nom ? Son passage dans la mythologie de Frankenstein aura donc été de courte durée puisque pour le septième et ultime volet de la franchise britannique, nous aurons le plaisir de retrouver Peter Cushing. Mais d'ici là, évoquons plutôt ces Horreurs de Frankenstein qui ont également abandonné derrière elles le réalisateur Terence Fisher (qui cette fois-ci, n'a fort heureusement pas été victime d'un accident de voiture). On doit The Horror of Frankenstein au réalisateur Jimmy Sangster qui fera de Ralph Bates l'un des acteurs favoris de sa courte carrière de cinéaste puisque le bonhomme ne réalisera en tout et pour tout que quatre longs-métrages dont trois seront interprétés par celui dont la Hammer voulait faire, je le répète, l'une des nouvelles stars de la société...


C'est avec un certain intérêt mâtiné de circonspection que l'on se plongera dans ces nouvelles aventures du docteur Victor Frankenstein malheureusement libérée de ses deux légendes de la Hammer. Dur donc pour Jimmy Sangster et Ralph Bates de prendre la suite et de tenter de faire au moins aussi bien que Terence Fisher et Peter Cushing à défaut de pouvoir les faire oublier. Ce qui paraît en revanche très intéressant lorsque l'on examine le pedigree de Jimmy Sangster est de constater que le bonhomme a produit un nombre important de scripts parmi lesquels plusieurs des Frankenstein abordés dans les récents articles. Le scénariste et réalisateur n'est donc pas un inconnu et ayant écrit lui-même le scénario de The Horror of Frankenstein, c'est avec un certain optimisme que l'on se lancera dans sa projection... Le film débute sous le sceau du jeunisme et ne cessera de l'être d'ailleurs jusqu'à la fin. Vingt-sept années séparent Ralph Bates de Peter Cushing. Il était donc délicat de poursuivre les aventures du baron Frankenstein sans que l'illogisme ne vienne mettre son grain de sel dans le développement du personnage. C'est sans doute pourquoi, et peut-être même par la seule volonté des producteurs, que Jimmy Sangster fait le ménage et décide de tout reprendre à zéro. En effet, il y expose un Victor Frankenstein jeune, étudiant les sciences à l'université. Arrogant, narcissique et psychopathe (il ira jusqu'à provoquer la mort de son propre père qui contrecarrait ses projets scientifiques), on le découvre motivé très jeune par la recherche sur la vie et la mort. Au décès de son père, il quitte l'université et s'installe dans le luxueux manoir familial dans la cave duquel il va installer son laboratoire...


Mais Ralph Bates n'est pas seul au générique et se présentent notamment à ses côtés l'actrice Kate O'Mara dans le rôle de la domestique et maîtresse du jeune homme, Alys, Veronica Carlson dans celui d'Elzabeth Heiss, une ancienne camarade de classe de Frankenstein secrètement amoureuse de lui. quant à Stephen Turner il incarne Stephan, un ancien étudiant devenu cuisinier pour le compte du jeune baron. La liste se rallonge et l'on notera également la présence de Dennis Price dans le rôle du fossoyeur qui fournira à Victor Frankenstein la matière première à ses horribles expériences. Malgré l'absence des deux icônes du fantastiques que sont Peter Cushing et Terence Fisher, The Horror of Frankenstein s'avère être une excellente alternative. Alors que le cycle commençait à tourner en rond, reprendre les choses dès le début s'avère finalement payant et s'il ne parvient pas tout à fait à faire oublier la brillante incarnation du célèbre acteur britannique, Ralph Bates s'en sort parfaitement et interprète un baron immoral délicieusement détestable. La créature est plutôt réussies bien qu'un peu de fond de teint aurait sans doute permis de cacher la différence de coloration entre le latex appliqué sur le front et la peau du visage de l'acteur David Prowse (le futur de Dark Vador dans la trilogie originale Star Wars !) qui l'incarne. Un Frankenstein qui fait peau neuve, de jolies interprètes féminines dotées d'atouts physiques indéniables, des effets-spéciaux rares mais plutôt bien fichus pour l'époque et le charme typique des productions Hammer Film semblent n'avoir cependant pas convaincu le public qui ne s'est malheureusement pas déplacé en masse dans les salles à l'époque de sa sortie. Des qualités qui entrent sans doute moins en jeu qu'une certaine lassitude, à moins que l'absence de Cushing et Fisher ai rendus frileux les amateurs de fantastique, d'horreur et d'épouvante. Il faudra atteindre quatre ans avant que l'un et l'autre ne reprennent leur poste respectifs pour tourner ensemble ce qui allait demeurer le tout dernier long-métrage de la Hammer consacré au mythe de Frankenstein : Frankenstein and the Monster from Hell...

 

Frankenstein must be Destroyed de Terence Fisher (1969) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Frankenstein must be Destroyed... C'est le titre du cinquième long-métrage qu'a consacré la société de production britannique Hammer Films Productions au mythe de Frankenstein. Un film traduit en France sous le titre, Le retour de Frankenstein. Une traduction pas vraiment fidèle du titre original qui signifie quant à lui : ''Frankenstein doit mourir''. Quelque peu violent, non ? Et peut-être sans doute beaucoup moins vendeur que la promesse de retrouver la célèbre créature décharnée qui fut absente du précédent long-métrage réalisé en 1967 par Terence Fisher même si une fois de plus il est nécessaire de préciser que le nom de Frankenstein se rapporte non pas au monstre mais bien à son créateur. On ne change pas un concept qui fonctionne à plein régime et une fois encore, le docteur Victor Frankenstein est à nouveau contraint de fuir et se réfugie cette fois-ci dans une pension familiale tenue par Anna Splengler (l'actrice Veronica Carlson), laquelle est fiancée à Karl (Simon Ward) qui pour subvenir aux besoins médicaux de sa belle-mère vient de dérober des stupéfiants. Malheureusement pour lui et sa petite amie, le docteur Frankenstein s'est aperçu du larcin et décide de faire chanter le jeune homme afin qu'il accepte de l'aider à faire sortir le docteur Frederick Brandt de l’hôpital psychiatrique dans lequel il est retenu prisonnier. En effet, ce dernier étant devenu fou, il s'est retrouvé interné sans aucun espoir de guérir. Mais c'était sans compter sur Victor Frankenstein qui, ne sachant plus où donner de la tête (à moins que le problème ne vienne plus simplement des scénaristes Bert Batt et Anthony Nelson Key), et après être passé par différentes étapes entre reconstitutions de puzzles humains et transferts d'âmes d'un corps à un autre a cette fois-ci décidé de transplanter le cerveau de son ami et assistant dans le corps d'un autre homme...


Pris au piège par un Victor Frankenstein qui n'aura jamais paru aussi méprisable (et méprisant) que dans ce retour de Frankenstein, Karl va commettre l'irréparable en poignardant un garde de l’hôpital psychiatrique et collaborer avec le scientifique sur ses expériences de transplantation. Terence Fisher durcit le ton et la caractérisation. Si malgré ses agissements, le docteur Frankenstein était tout de même apparu jusqu'ici comme relativement ''sympathique'' (quoique particulièrement orgueilleux), dans ce cinquième long-métrage qu'incarne encore et toujours Peter Cushing, son personnage se montre particulièrement odieux. Des premiers signes de radicalisation transpirent à travers les menaces faites à l'encontre de ses hôtes mais deviennent pires encore lorsque celui-ci se met à commettre l'irréparable au moment de violer la pauvre et innocente Anna. Victor Frankenstein aurait-il une vie sexuelle ? Aurait-il dans son existence d'autres préoccupations que ses expériences ? Mais ne nous emballons pas. La séquence demeure ''anecdotique'' et ne se répétera plus. Non, l'essentiel est toujours bien présent et les actes de chirurgie (boucherie?) toujours au rendez-vous. On a droit à quelques têtes coupées et à une intervention qui s’achèvera par une trépanation peu sanglante mais néanmoins inconfortable (l'on devenir la longue tige de métal s'enfonçant dans le cerveau de ce pauvre Frederick Brandt. Un personnage interprété par l'acteur George Pravda qui jusque là n'était intervenu dans aucun des autres récits inspirés par l’œuvre de la romancière Mary Shelley...


La séquence d'ouverture s'avère quant à elle très étonnante et semble s'inspirer d'un autre mythe du cinéma d'épouvante ayant pourtant réellement existé : Jack l'éventreur. Ruelles insalubres, obscurité menaçantes, on se croirait à Withechappel à la fin du dix-neuvième siècle. Une entrée en matière qui s'explique peut-être par la sortie quelques années en arrière de Sherlock Holmes contre Jack l'Éventreur, l'une des itérations du fait-divers s'hybridant avec le personnage créé par l'écrivain britannique Arthur Conan Doyle un an environ avant que ne soient perpétrés cinq meurtres atroces sur de pauvres prostituée de l'un des plus infâmes districts de Londres. Les créatures de Frankenstein semblent désormais avoir abandonné toute idée de laideur (ici, l'acteur qui incarne la créature porte une cicatrice tout autour du crâne et rien d'autre), ce qui n'empêche pas le film de revenir quelque peu à l'esprit d'origine même si ici, les éclairs et les machines ''infernales'' semblent surtout avoir laissé la place aux instruments chirurgicaux. Le retour de Frankenstein est une bonne surprise, tournant autour d'un trio principal, entre drame, horreur, épouvante et fantastique. À noter que le prochain volet intitulé The Horror of Frankenstein ne sera pas réalisé par Terence Fisher mais par Jimmy Sangler. Le public n'aura d'ailleurs pas à patienter bien longtemps puisqu'il sortira un an seulement après Le retour de Frankenstein... Une autre différence d'ampleur par rapport aux autres volets de la franchise est à d'ailleurs à noter. Patience, patience, vous saurez laquelle dans le prochain article du cycle consacré aux Frankenstein de la Hammer...

 

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