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vendredi 17 juin 2022

The Mummy (La malédiction des pharaons) de Terence Fisher (1959) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Si morts-vivants, vampires, démons et loups-garous sont régulièrement mis en scène au cinéma, la momie, elle, n'a malheureusement pas autant les faveurs des cinéastes. Pourtant mise en scène dans un certain nombre de longs-métrage, elle ne sera en réalité l'héroïne que d'une quinzaine d'entre eux, majoritairement horrifiques, et parmi lesquels l'un des plus importants demeure The Mummy que tourna en 1932 le réalisateur allemand Karl Freund. La créature y était interprétée par l'immense Boris Karloff et fut la première incartade dans l'univers de cette créature du bestiaire fantastique de la part de la société de production et de distribution américaine Universal Pictures ! Celle-ci produisit cinq autres longs-métrages entre 1940 et 1955 dont trois furent interprétés par l'acteur Lon Chaney Jr., tandis que le dernier intitulé Abbott and Costello Meet the Mummy sera une comédie horrifique réalisée par Charles Lamont et interprétée par le célèbre duo de comiques les ''Deux Nigauds'' composé de Bud Abbott et Lou Costello. Quatre ans plus tard, ce sera au tour de la société britannique Hammer Film Productions de s'approprier le mythe avec une série de quatre longs-métrages qui mettra douze années pour se clore avec Blood from the Mummy's Tomb de Seth Holt. À noter que ce dernier sera l'adaptation du roman de Bram Stocker (Dracula), The Jewel of Seven Stars datant de l'année 1903. Mais le premier des quatre films consacrés à la momie auxquel la Hammer accorda son intérêt fut réalisé en 1959 par Terence Fisher et n'est autre qu'un remake de l'original datant de 1932. Le réalisateur prend alors un très gros risque sachant que The Mummy est un classique du fantastique américain. Ce qui ne semble guère le gêner puisque le britannique ira jusqu'à reprendre le titre tel quel alors que dans notre pays, si l'original fut simplement traduit sous le titre de La momie, son remake vit le jour chez nous sous celui de La malédiction des pharaons. Pas d'amalgames possibles, donc...


Dans cette nouvelle version, pas de Boris Karloff mais un Christopher Lee, forcément méconnaissable dans la peau de la créature mais également dans celle de Kharis, condamné à être momifié pour l'éternité après avoir tenté de ressusciter la femme qu'il aimait, la princesse Ananka (l'actrice Yvonne Furneaux, qui incarne également l'épouse du héros John Banning, Isobel). Kharis, qui n'est pas une personnalité historique de l’Égypte antique mais un personnage de fiction non pas créé à l'occasion du film mais à celle de The Mummy's Hand, le second long-métrage de la période Universal Pictures, lequel réapparaîtra d'ailleurs dans les films à venir, The Mummy version Hammer le voyant intervenir pour la dernière fois. Aux côtés de Christopher Lee, nous retrouvons l'irremplaçable Peter Cushing, fidèle collaborateur du cinéaste britannique qui incarne ici l'archéologue John Banning, mais également Eddie Byrne dans le rôle de l'inspecteur Mulrooney ou Felix Aylmer dans celui du père de l'archéologue, Stephen. Le récit situe son action à la fin du dix-neuvième siècle en Égypte. Là-bas, John Banning, son père et son oncle Joseph Whemple (Raymond Huntley) mettent à jour le tombeau de la princesse Ananka, une prêtresse du temple de Karnak morte depuis quatre millénaires. Malheureusement pour les trois hommes, un individu malveillant (l'acteur George Pastell) va jeter sur eux une malédiction en réveillant la momie Kharis, laquelle aura désormais pour but de tuer ceux qui dérangèrent la Princesse dans son sommeil éternel...


Il y a les pros et les anti. Ceux qui préfèrent l'original (dont votre serviteur fait partie) et ceux qui préfèrent la mise en scène de Terence Fisher à celle de Karl Freund. En réalité, les deux œuvres n'ont rien de vraiment comparables et il faut surtout les traiter avec tout le respect qui leur est dû et prendre compte des époques durant lesquelles l'un et l'autre des deux films furent tournés. Si Chirstopher Lee, affublé de ses bandelettes dont le principal atout visuel est qu'elles sont imprégnées de boue, fut un immense interprète de l'âge d'or du cinéma d'épouvante et de la Hammer en particulier, il semble moins convainquant dans la peau de cette créature (il est d'ailleurs impossible de l’identifier autrement que par son regard) en raison d'une démarche un peu... ridicule... mais fort heureusement rattrapée par quelques irruptions à travers quelques fenêtres plutôt convaincantes. La malédiction des pharaons a le culot d'avoir moins bien vieilli que l'original alors qu'il lui est postérieur de plus d'un quart de siècle ! Le plus significatif demeure ces longues, trop longues séquences situées en Égypte à l'époque où Karhis régnait. Décors qui sonnent faux et ne rendent pas le même faste absolument remarquable que le sublime Cleopatre de Joseph L. Mankiewicz et ses quarante-quatre millions de dollars de budget. En même temps, avec ses cent vingt-cinq mille livres sterling de budget (qui à l'époque équivalaient à environ cent-cinquante mille dollars), le film de Terence Fisher avait peu de chance de nous offrir autre chose que les affreux décors de carton-pâte égyptiens. Une somme cependant plus importante que celle allouée à The Curse of Frankenstein en 1957 (65 000 livres sterling) ou à Horror Of Dracula en 1958 (81 000), deux films réalisés quelques années en arrière par Terence Fisher lui-même. Preuve que la Hammer comptait bien sur ce nouveau personnage du bestiaire fantastique désormais intégré parmi nombre d'autres d'entre elles dans le paysage cinématographique horrifique britannique. Malgré la présence d'illustres interprètes, d'un réalisateur réputé, d'une Yvonne Furnaux au regard envoûtant (sœur de Catherine Deneuve dans l'angoissant Repulsion de Roman Polansi en 1965), du compositeur et pianiste britannique Franz Reizenstein ou des fidèles Bernard Robinson aux décors et Jack Asher à la photographie, The Mummy version 1959 est malheureusement une déception...

 

mardi 14 juin 2022

To the Devil a Daughter de Peter Sykes (1976) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Trois ans après que l'acteur Christopher Lee ait incarné le grand ordonnateur du culte païen du chef-d’œuvre de Robin Hardy The Wicker Man, le britannique accepta d’interpréter le rôle du Père Michael Rayner, un suppôt de Satan qui prévoit d'offrir à son idole la jeune Catherine, fille d'un certain Henry Beddows qui par peur qu'elle lui soit enlevée la confie à son ami John Verney. Ostracisé par l'église, le père Michael Rayner n'en est pas moins suivi par de fidèles adorateurs du culte des Enfants du Seigneur qui pour lui vont tout entreprendre afin de mettre la main sur la jeune fille pour laquelle ils ont un projet insensé en commun : en faire le réceptacle du démon Astaroth, grand-duc et trésorier de l'Enfer... Christopher Lee ayant rencontré des difficultés avec la production à l'issue du tournage de The Wicker Man, on pouvait supposer que le plus célèbre des Dracula avait pris toutes ses précautions pour celui de To the Devil a Daughter de Peter Sykes. Mais quelle ne fut pas la désillusion de l'acteur et de son ami romancier Dennis Wheatley dont le roman éponyme servi de terreau d'origine au long-métrage que de découvrir que le scénario de Christopher Wicking allait prendre de grandes libertés avec l'histoire originale ! Il s'agissait là encore d'une trahison de la part de la production, la Hammer Film (dont il s'agirait de l'avant dernière production) faisant preuve d'une indifférence aussi notable que la British Lion Film Corporation sur le tournage de The Wicker Man. Nous retrouvons donc Christopher Lee dans un rôle sensiblement différent puisqu'il incarne désormais un homme répudié par l’église, adorateur du Diable soutenu par un petit ''comité'' de fidèles adorateurs. To the Devil a Daughter réuni un joli casting parmi lequel nous retrouvons notamment l'acteur américain Richard Widmark, lequel regrettera finalement d'avoir participé au tournage. Il incarne John Verney, le protecteur de Catherine qu'interprète quant à elle la toute jeune actrice allemande Nastassia kinski qui n'est autre que la fille de l'acteur fétiche du cinéaste Werner Herzog, Klaus Kinski...


Quant au père de la jeune fille, il est incarné par l'acteur Denholm Elliott et le personnage d'Anna Fountain par l'actrice Honor Blackman. C'est le second rôle au cinéma de Nastassia Kinski qui physiquement figurerait presque comme l'ancêtre de la regrettée Zoë Lund dans le film culte L'ange de la vengeance que réalisera Abel Ferrara cinq ans plus tard. D'un magnétisme qui ne cessera de se confirmer durant tout le récit (et même durant la carrière de celle qui interpréta l'envoûtante Irena Gallier dans Cat People de Paul Schrader en 1982), la jeune actrice n'a que quatorze ans lorsqu'elle interprète le rôle de Catherine pour lequel elle acceptera de se dénuder, regrettant plus tard ce choix. Un qui par contre n'aura pas à en faire autant est Christopher Lee lors de la séquence de sabbat puisqu'une doublure prendra sa place au moment de se dévêtir. Il est compliqué d'aborder To the Devil a Daughter sans parler des problème que revêtent le scénario et la mise en scène. Malgré le potentiel du récit, on ne retrouve notamment pas cette angoisse permanente qui parasitait pour le grand bonheur des amateurs de frissons, le chef-d’œuvre de Roman Polanski, Rosemary's Baby. En effet, le film de Peter Sykes (co-réalisé par Don Sharp), auteur quatre ans auparavant de Demons of the Mind dans lequel un père séquestrait ses deux enfants avec lesquels il allait entreprendre des actes incestueux et de possession satanique, souffre d'une trop grande légèreté. L'on a le sentiment qu'une fois le script en main, les interprètes ont souffert d'un manque de direction. Il ne se passe effectivement pas grand chose durant la quasi totalité du récit. Nastassia Kinski a beau dégager un charme fou et Christopher Lee être toujours doté d'un charisme inquiétant, l'intrigue ne décolle jamais vraiment. C'est d'autant plus dommage que la jeune actrice allemande y est par contre relativement convaincante, surtout lorsqu'elle est en proie au maléfice jeté par le personnage qu'interprète Christopher Lee. Même l'outrance de la séquence d'orgie semble inefficace est n'être présente que pour augmenter le potentiel d'une œuvre qui malheureusement est loin d'atteindre ses objectifs. On appréciera cependant les plongées/contre-plongée et les déformations de l'image dues à l'emploi de courtes focales. Un procédé couramment utilisé à l'époque qui malgré son archaïsme continue de faire son petit effet...

 

lundi 13 juin 2022

Frankenstein and the Monster from Hell de Terence Fisher (1974) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Vue la tronche qu'arbore la créature sur l'affiche du septième et dernier long-métrage consacré au mythe de Frankenstein par la Hammer Film Productions, on se dit qu'il était temps de mettre un terme aux exactions du docteur Victor Frankenstein. Après un sixième volet faisant fi de tout ce qui avait été entrepris jusque là (pas de Terence Fisher à la réalisation, pas de Peter Cushing dans le rôle principal et un récit qui s'intéressait aux premiers travaux scientifique du fameux baron alors âgé d'une trentaine d'années seulement), le cycle se clôt par un retour aux fondamentaux avec le retour des deux icônes de la franchise. Frankenstein and the Monster from Hell met en scène le docteur Victor Frankenstein travaillant désormais dans un asile de fous en tant que chirurgien. Si l'on fait l'impasse sur Les Horreurs de Frankenstein de Jimmy Sangster qui en 1970 ignorait totalement le suivi chronologique qui jusque là était plus ou moins respecté, il faut se souvenir que le baron mourait à la toute fin du long-métrage, emporté par sa créature qui le plongeait dans les flammes de sa luxueuse demeure. Sauf qu'ici l'on apprend que Victor Frankenstein s'en est finalement tiré. Ce qui paraît logique même si l'entrée en matière de Frankenstein and the Monster from Hell laisse supposer durant un temps que son personnage ait pu être remplacé par un chirurgien qui comme lui travaille sur la résurrection des cadavres. On sent bien l'esprit de Horror of Frankenstein imprimer cette toute première partie du septième long-métrage mais bientôt sonnera le retour de notre chirurgien préféré. En effet, tout comme le docteur Frankenstein avait subit un procès retentissant dans The Curse of Frankenstein de Terence Fisher en 1957, son émule, le docteur Simon Helder (l'acteur britannique Shane Briant) a lui aussi été arrêté, jugé et condamné à faire un long séjour dans un institut psychiatrique !


C'est là qu'il rencontrera le docteur Victor Frankenstein qui le sortira d'une inconfortable situation. Car dans ce septième long-métrage, ça n'est d'emblée pas tant ce dernier qu'il faut craindre mais plutôt les employés sadiques et pervers de cet hôpital psychiatrique dirigé par le directeur Adolf Klauss (John Stratton). Un individu corrompu que Victor Frankenstein tient sous sa coupe. Tiens, tiens, ça ne vous rappelle rien ? Même pas l'antépénultième volet intitulé Frankenstein must be Destroyed et dans lequel la propriétaire d'une pension familiale et son compagnon étaient eux-même menacés d'être dénoncés par leur nouveau locataire s'ils refusaient de faire absolument tout ce qu'il leur demandait ? Sauf que dans le cas de Frankenstein and the Monster from Hell, le contraste est saisissant. Si en 1969 le docteur s'en prenait à de jeune et sympathique couple, dans le dernier volet le fait que ses ''victimes'' soient toutes d’infâmes individus ne lui prêtent pas trop l'image d'un être épouvantable. En tout cas, bien moins que cinq ans en arrière. C'est une habitude, mais la gente féminine est également (sous-)représentée par un beau brin de fille qui n'est autre que l'actrice anglaise Madeline Smith. Mais ce qui ne change pas davantage, c'est le peu d'intérêt que lui prête le récit. La femme et comme d'habitude traitée au second plan. Ici comme ailleurs, sa présence est quasi anecdotique. Terence Fisher crée un climat anxiogène avec cet hôpital qui ressemble parfois davantage à une prison moyenâgeuse et à ses malades plus ou moins timbrés. Une véritable cours des miracles. Les décors sont parfois superbes. On pense notamment aux cellules ou au laboratoire de Frankenstein...


Ce qui par contre laisse à désirer, c'est la créature de ce nouveau chapitre. On pourrait au départ modestement supposer que le problème vient de celui ou celle qui dessina l'affiche du film. Mais malheureusement, on se rendra assez rapidement compte que la créature est même pire que celle qui s'affichait à l'entrée des cinémas. Pourquoi donc a-t-il fallut que son (ou ses) concepteur(s) prenne(nt) une telle direction artistique ? D'autant plus que deux critères auraient dû convaincre ce (ou ces) dernier(s) de rester dans une même veine que dans le précédent volet Horror of Frankenstein. Non seulement elle demeurait la plus crédible d'entre toutes (même si chacun trouvera dans telle ou telle incarnation ou volet de la franchise, sa créature préférée), mais l'acteur qui se cachait sous le costume de la créature était le même que celui qui l'incarne dans ce Frankenstein and the Monster from Hell. Soit, l'acteur David Prowse. On a droit à quelques séquences gore dans l'esprit de la franchise majoritairement constituées de membres découpés ou d'yeux prélevés sur des cadavres. Non sans une certaine irone, le docteur Frankenstein ira jusqu'à se demander si la couleur des yeux sélectionnés conviendra à sa créature ! Laquelle, oui, oui, entretient bien davantage de rapports physiques avec un primate qu'avec l'homme qu'elle prétend être. Au concours de la créature la plus ridicule, on se demande alors laquelle de celle-ci ou de celle de The Evil of Frankenstein de Freddie Francis est la plus ridicule ! Ceux qui connaissent bien la série de longs-métrages et l'acteur remarqueront que Peter Cushing est dans celui-ci affublé d'une bien curieuse perruque aux cheveux bouclés lui donnant une drôle d'allure. Un détail physique que regrettera d'ailleurs plus tard l'interprète du célèbre docteur. Une seconde faute de goût qui heureusement ne nuit pas au récit lui-même agrémenté de quelques séquences gore plutôt réjouissantes comme celle ou le crâne d'un patient est ouvert en deux, faisant ainsi apparaître le cerveau de la victime, ou le final granbd-guignolesque... Shane Briant apparaît étonnamment féminin, androgyne, dès lors que son personnage porte sur le nez sa paire de lunettes. Frankenstein and the Monster from Hell marque une date importante pour le cinéma fantastique et dans la carrière de son auteur puisqu'il s'agira là du dernier film réalisé par Terence Fisher et donc de sa dernière collaboration avec l'acteur Peter Cushing. Aussi bizarre et curieuse que soit la perruque que porte ce dernier, elle lui offre ce côté humain qui lui faisait généralement défaut jusqu'ici. La franchise se clôt avec une œuvre plutôt réussie mais qui n'innove pas suffisamment pour se détacher des précédentes. Et puis, cette créature, mon Dieu, ça n'est vraiment pas possible. On rit davantage que l'on ne s'effraie devant son apparence. Moins cacophonique qu'à l'habitude, la bande musicale est signée de James Bernard. Un habitué des productions Hammer et du mythe de Frankenstein... C'est ainsi donc que se termine ce cycle consacré à Frankenstein en espérant qu'il vous aura donné le goût de redécouvrir tout ou partie de la franchise Hammer...

 

The Horror of Frankenstein de Terence Fisher (1970) - ★★★★★★★☆☆☆



 

Peter Cushing ayant été l'une des grandes stars de la Hammer Film Production, on peut se demander pourquoi il ne fut pas contacté par les producteurs afin de participer à ce qui aurait alors été sa sixième incarnation du Docteur Victor Frankenstein sur grand écran avec The Horror of Frankenstein. Pourtant, la raison est simple : faire de son remplaçant temporaire Ralph Bates, l'une des nouvelles stars de la Hammer. N'ayant tourné jusque là que dans des séries télévisées, en 1970, le jeune acteur débute à la Hammer avec Une messe pour Dracula de Peter Sasdy et poursuivra sa courte carrière pour la célèbre firme la même année avec le film dont il est question dans cet article mais aussi plus tard avec Lust for a Vampire et Fear in the Night de Jimmy Sangster en 1971 et 1972, Dr. Jekyll & Sister Hyde de Roy Ward Baker en 1971 et Evil Baby de Peter Sasdy en 1975. Et puis, c'est tout. À côté de ces quelques incarnations, on verra Ralph Bates dans un certain nombre de séries télévisées comme les cultissimes Thriller (Angoisse) ou Tales of the Unexpected (Bizarre, bizarre). Mais franchement, hein ! Qui se souvient de lui ? Ou même simplement de son nom ? Son passage dans la mythologie de Frankenstein aura donc été de courte durée puisque pour le septième et ultime volet de la franchise britannique, nous aurons le plaisir de retrouver Peter Cushing. Mais d'ici là, évoquons plutôt ces Horreurs de Frankenstein qui ont également abandonné derrière elles le réalisateur Terence Fisher (qui cette fois-ci, n'a fort heureusement pas été victime d'un accident de voiture). On doit The Horror of Frankenstein au réalisateur Jimmy Sangster qui fera de Ralph Bates l'un des acteurs favoris de sa courte carrière de cinéaste puisque le bonhomme ne réalisera en tout et pour tout que quatre longs-métrages dont trois seront interprétés par celui dont la Hammer voulait faire, je le répète, l'une des nouvelles stars de la société...


C'est avec un certain intérêt mâtiné de circonspection que l'on se plongera dans ces nouvelles aventures du docteur Victor Frankenstein malheureusement libérée de ses deux légendes de la Hammer. Dur donc pour Jimmy Sangster et Ralph Bates de prendre la suite et de tenter de faire au moins aussi bien que Terence Fisher et Peter Cushing à défaut de pouvoir les faire oublier. Ce qui paraît en revanche très intéressant lorsque l'on examine le pedigree de Jimmy Sangster est de constater que le bonhomme a produit un nombre important de scripts parmi lesquels plusieurs des Frankenstein abordés dans les récents articles. Le scénariste et réalisateur n'est donc pas un inconnu et ayant écrit lui-même le scénario de The Horror of Frankenstein, c'est avec un certain optimisme que l'on se lancera dans sa projection... Le film débute sous le sceau du jeunisme et ne cessera de l'être d'ailleurs jusqu'à la fin. Vingt-sept années séparent Ralph Bates de Peter Cushing. Il était donc délicat de poursuivre les aventures du baron Frankenstein sans que l'illogisme ne vienne mettre son grain de sel dans le développement du personnage. C'est sans doute pourquoi, et peut-être même par la seule volonté des producteurs, que Jimmy Sangster fait le ménage et décide de tout reprendre à zéro. En effet, il y expose un Victor Frankenstein jeune, étudiant les sciences à l'université. Arrogant, narcissique et psychopathe (il ira jusqu'à provoquer la mort de son propre père qui contrecarrait ses projets scientifiques), on le découvre motivé très jeune par la recherche sur la vie et la mort. Au décès de son père, il quitte l'université et s'installe dans le luxueux manoir familial dans la cave duquel il va installer son laboratoire...


Mais Ralph Bates n'est pas seul au générique et se présentent notamment à ses côtés l'actrice Kate O'Mara dans le rôle de la domestique et maîtresse du jeune homme, Alys, Veronica Carlson dans celui d'Elzabeth Heiss, une ancienne camarade de classe de Frankenstein secrètement amoureuse de lui. quant à Stephen Turner il incarne Stephan, un ancien étudiant devenu cuisinier pour le compte du jeune baron. La liste se rallonge et l'on notera également la présence de Dennis Price dans le rôle du fossoyeur qui fournira à Victor Frankenstein la matière première à ses horribles expériences. Malgré l'absence des deux icônes du fantastiques que sont Peter Cushing et Terence Fisher, The Horror of Frankenstein s'avère être une excellente alternative. Alors que le cycle commençait à tourner en rond, reprendre les choses dès le début s'avère finalement payant et s'il ne parvient pas tout à fait à faire oublier la brillante incarnation du célèbre acteur britannique, Ralph Bates s'en sort parfaitement et interprète un baron immoral délicieusement détestable. La créature est plutôt réussies bien qu'un peu de fond de teint aurait sans doute permis de cacher la différence de coloration entre le latex appliqué sur le front et la peau du visage de l'acteur David Prowse (le futur de Dark Vador dans la trilogie originale Star Wars !) qui l'incarne. Un Frankenstein qui fait peau neuve, de jolies interprètes féminines dotées d'atouts physiques indéniables, des effets-spéciaux rares mais plutôt bien fichus pour l'époque et le charme typique des productions Hammer Film semblent n'avoir cependant pas convaincu le public qui ne s'est malheureusement pas déplacé en masse dans les salles à l'époque de sa sortie. Des qualités qui entrent sans doute moins en jeu qu'une certaine lassitude, à moins que l'absence de Cushing et Fisher ai rendus frileux les amateurs de fantastique, d'horreur et d'épouvante. Il faudra atteindre quatre ans avant que l'un et l'autre ne reprennent leur poste respectifs pour tourner ensemble ce qui allait demeurer le tout dernier long-métrage de la Hammer consacré au mythe de Frankenstein : Frankenstein and the Monster from Hell...

 

Frankenstein must be Destroyed de Terence Fisher (1969) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Frankenstein must be Destroyed... C'est le titre du cinquième long-métrage qu'a consacré la société de production britannique Hammer Films Productions au mythe de Frankenstein. Un film traduit en France sous le titre, Le retour de Frankenstein. Une traduction pas vraiment fidèle du titre original qui signifie quant à lui : ''Frankenstein doit mourir''. Quelque peu violent, non ? Et peut-être sans doute beaucoup moins vendeur que la promesse de retrouver la célèbre créature décharnée qui fut absente du précédent long-métrage réalisé en 1967 par Terence Fisher même si une fois de plus il est nécessaire de préciser que le nom de Frankenstein se rapporte non pas au monstre mais bien à son créateur. On ne change pas un concept qui fonctionne à plein régime et une fois encore, le docteur Victor Frankenstein est à nouveau contraint de fuir et se réfugie cette fois-ci dans une pension familiale tenue par Anna Splengler (l'actrice Veronica Carlson), laquelle est fiancée à Karl (Simon Ward) qui pour subvenir aux besoins médicaux de sa belle-mère vient de dérober des stupéfiants. Malheureusement pour lui et sa petite amie, le docteur Frankenstein s'est aperçu du larcin et décide de faire chanter le jeune homme afin qu'il accepte de l'aider à faire sortir le docteur Frederick Brandt de l’hôpital psychiatrique dans lequel il est retenu prisonnier. En effet, ce dernier étant devenu fou, il s'est retrouvé interné sans aucun espoir de guérir. Mais c'était sans compter sur Victor Frankenstein qui, ne sachant plus où donner de la tête (à moins que le problème ne vienne plus simplement des scénaristes Bert Batt et Anthony Nelson Key), et après être passé par différentes étapes entre reconstitutions de puzzles humains et transferts d'âmes d'un corps à un autre a cette fois-ci décidé de transplanter le cerveau de son ami et assistant dans le corps d'un autre homme...


Pris au piège par un Victor Frankenstein qui n'aura jamais paru aussi méprisable (et méprisant) que dans ce retour de Frankenstein, Karl va commettre l'irréparable en poignardant un garde de l’hôpital psychiatrique et collaborer avec le scientifique sur ses expériences de transplantation. Terence Fisher durcit le ton et la caractérisation. Si malgré ses agissements, le docteur Frankenstein était tout de même apparu jusqu'ici comme relativement ''sympathique'' (quoique particulièrement orgueilleux), dans ce cinquième long-métrage qu'incarne encore et toujours Peter Cushing, son personnage se montre particulièrement odieux. Des premiers signes de radicalisation transpirent à travers les menaces faites à l'encontre de ses hôtes mais deviennent pires encore lorsque celui-ci se met à commettre l'irréparable au moment de violer la pauvre et innocente Anna. Victor Frankenstein aurait-il une vie sexuelle ? Aurait-il dans son existence d'autres préoccupations que ses expériences ? Mais ne nous emballons pas. La séquence demeure ''anecdotique'' et ne se répétera plus. Non, l'essentiel est toujours bien présent et les actes de chirurgie (boucherie?) toujours au rendez-vous. On a droit à quelques têtes coupées et à une intervention qui s’achèvera par une trépanation peu sanglante mais néanmoins inconfortable (l'on devenir la longue tige de métal s'enfonçant dans le cerveau de ce pauvre Frederick Brandt. Un personnage interprété par l'acteur George Pravda qui jusque là n'était intervenu dans aucun des autres récits inspirés par l’œuvre de la romancière Mary Shelley...


La séquence d'ouverture s'avère quant à elle très étonnante et semble s'inspirer d'un autre mythe du cinéma d'épouvante ayant pourtant réellement existé : Jack l'éventreur. Ruelles insalubres, obscurité menaçantes, on se croirait à Withechappel à la fin du dix-neuvième siècle. Une entrée en matière qui s'explique peut-être par la sortie quelques années en arrière de Sherlock Holmes contre Jack l'Éventreur, l'une des itérations du fait-divers s'hybridant avec le personnage créé par l'écrivain britannique Arthur Conan Doyle un an environ avant que ne soient perpétrés cinq meurtres atroces sur de pauvres prostituée de l'un des plus infâmes districts de Londres. Les créatures de Frankenstein semblent désormais avoir abandonné toute idée de laideur (ici, l'acteur qui incarne la créature porte une cicatrice tout autour du crâne et rien d'autre), ce qui n'empêche pas le film de revenir quelque peu à l'esprit d'origine même si ici, les éclairs et les machines ''infernales'' semblent surtout avoir laissé la place aux instruments chirurgicaux. Le retour de Frankenstein est une bonne surprise, tournant autour d'un trio principal, entre drame, horreur, épouvante et fantastique. À noter que le prochain volet intitulé The Horror of Frankenstein ne sera pas réalisé par Terence Fisher mais par Jimmy Sangler. Le public n'aura d'ailleurs pas à patienter bien longtemps puisqu'il sortira un an seulement après Le retour de Frankenstein... Une autre différence d'ampleur par rapport aux autres volets de la franchise est à d'ailleurs à noter. Patience, patience, vous saurez laquelle dans le prochain article du cycle consacré aux Frankenstein de la Hammer...

 

dimanche 12 juin 2022

Frankenstein Created Woman de Terence Fisher (1967) - ★★★★★★★☆☆☆

 

 


 

Après avoir été contraint de s'éloigner du mythe de Frankenstein à la suite d'un accident de voiture au profit de son ancien assistant Freddie Francis, le réalisateur britannique Terence Fisher a durant la dizaine d'années qui a suivi la sortie de The Revenge of Frankenstein eut le temps de réaliser une quinzaine de longs-métrages pratiquement tous dévolus aux genres fantastique, horreur et épouvante. En 1967, il reprend les rennes du cycle consacré à l'une des plus célèbres créatures du bestiaire fantastique et met une nouvelle fois en scène l'acteur Peter Cushing dans le rôle du docteur Victor Frankenstein dans Frankenstein Created Woman. Si les trois précédents longs-métrages avaient fait la preuve par l'image qu'il n'est pas toujours aisé d'être créatif en terme d'écriture et de renouveler ainsi une thématique aussi vieille que le cinéma puisse l'être, ce quatrième film d'une série qui en comptera sept au final est sans doute l'une des propositions les plus intéressantes et originales d'entre toutes. L'usage du nom de Frankenstein reposant logiquement sur le personnage du fameux docteur et non pas sur celui de la créature comme nombre de personnes semblent continuer de faire l'erreur, c'est avec plus ou moins de complaisance que son nom est rattaché à telle ou telle œuvre n'ayant plus autant d’accointances avec le matériau d'origine, soit le roman Frankenstein ou le Prométhée moderne écrit au dix-neuvième siècle par la britannique Mary Shelley. Écrit par le fidèle scénariste de Terence Fisher, Anthony Hinds, le scénario de Frankenstein Created Woman apporte un certain renouveau puisque la présence de la fameuse créature accompagnant généralement le docteur Victor Frankenstein est désormais plus ou moins évoquée à travers le personnage de Christina Kleve, fille d'aubergiste défigurée et handicapée par une paralysie du bras droit et par un pied bot. De quoi alimenter les discussions de trois jeunes nantis qui viennent régulièrement se saouler à l'auberge et harceler la jeune femme. Incarnés par Peter Blythe, Barry Warren et Derek Fowlds, Anton, Karl et Johann vont bientôt être au centre d'une vengeance orchestrée par une créature d'un nouveau type...


Non plus dotée d'un monstrueux faciès et d'une démarche de momie (Comme cela était notamment d'usage dans le précédent long-métrage The Evil of Frankenstein), mais d'une beauté remarquable due à la magnifique actrice allemande Susan Denberg. Laquelle fera une carrière au cinéma étonnamment courte puisqu'en dehors du film de Terence Fisher et du thriller de Robert Gist An American Dream l'année précédente, la jeune femme ne tournera que dans une minuscule poignée de séries télévisées dont un épisode de la série originale Star Trek en 1966 ! Exit donc l'horrible créature de Frankenstein. Ce qui ne manque par contre pas dans ce nouveau récit est la présence d'individus particulièrement veules et immoraux. Victor Frankenstein est désormais assisté du docteur Hertz (l'acteur Thorley Walters) avec lequel il vient de mettre au point une expérience dans laquelle il a mis sa propre existence en jeu. Également assisté par le jeune Hans (interprété par Robert Morris), lequel n'a rien à voir avec le Hans des deux précédents longs-métrages, ce dernier va se retrouver accusé du meurtre de l'aubergiste Kleve. Le père de Christina dont il est amoureux et qu'il avait menacé de mort lors d'un conflit entre lui, Anton et ses deux amis. Bien entendu innocent (l'aubergiste sera en réalité battu à mort part les trois jeunes gens), Hans sera exécuté par décapitation (comme son père), engendrant ainsi des commentaires selon lesquels l'hérédité criminelle du père et du fils serait entrée en jeu. Par désespoir amoureux, Christina se jettera ensuite dans une rivière tumultueuse pour y mourir noyée. C'est alors qu'interviennent les docteurs Frankenstein et Hertz. Après avoir récupéré la tête tranchée de Hans et le corps encore trempé de Christina, les deux hommes peuvent enfin se lancer dans le projet qu'ils ont mis au point quelques temps auparavant...


C'est donc ainsi que l'on découvre dans ce nouvel opus que Frankenstein est moins intéressé par l'ambition de donner vie à un être reconstitué à partir des membres de différents individus que par l'idée de transférer l'esprit d'un mort dans le corps d'un second. Sans le vouloir (à moins que...), Terence Fisher et son scénariste mettent au point en 1967, ce qui demeure sans doute le tout premier cas de transsexualité, ou plutôt de transidentité sur grand écran. En effet, car si la créature revêt la beauté de Susan Denberg, son crâne, lui, semble être le foyer d'une double personnalité. La sienne, mais également celle de Hans qui à la suite de l'opération effectuée par les deux docteurs va commander à la jeune femme le triple meurtre de ceux qui ont causé la mort de l'aubergiste et la condamnation du jeune assistant à l’échafaud. Frankenstein Created Woman est une excellente surprise. Le cadre est pratiquement identique à ce que l'on a l'habitude de voir, entre auberge (ou le monde se bouscule par contre beaucoup moins que dans les épisodes précédents) et laboratoire où ont lieu les différentes expériences du docteur Frankenstein. Le film se montre parfois très cruel et à ce titre, deux séquences retiendront l'attention. Celle qui ouvre les hostilités et qui montre Hans, alors tout jeune, assistant à la décapitation de son père. Ou plus tard, lorsque dans et autour de l'auberge, Terence Fisher multiplie les séquences d'humiliation envers la jeune Christina qui, il est vrai, est affublée de tares multiples. Mais c'est avant que la jeune ne s'éveille de la mort pour arborer une beauté qui attirera dans ses griffes, les trois vrais monstres de ce récit. Bien que changeant radicalement d'approche, Frankenstein Created Woman reste une très bonne surprise. Et même s'il fait des infidélités au roman d'origine, on appréciera cette incartade plus ''cérébrale'' que ''viandarde'' qui renouvelle la thématique du mythe. Après La Nuit de la grande chaleur en 1967 et Les vierges de Satan l'année suivante, Terence Fisher reviendra en 1969 avec le cinquième opus de la saga, Frankenstein Must Be Destroyed...

 

samedi 11 juin 2022

The Evil of Frankenstein de Freddie Francis (1964) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

On aurait pu croire qu'après l'échec du précédent volet intitulé The Revenge of Frankenstein le réalisateur britannique Terence Fisher avait été mis de côté au profit de son compatriote Freddie Francis (Meurtre par procuration, They Came from Beyond Space, Le jardin des tortures, La chair du Diable) pour la réalisation du troisième film de la Hammer consacré à Frankenstein, mais c'est un accident de voiture qui éloigna durant un moment des plateaux de tournage l'auteur des deux premiers longs-métrages du cycle produits par la Hammer Film Productions ! The Evil of Frankenstein est donc le troisième volet des sept que constituera celui-ci et l'on y retrouve une fois encore l'acteur Peter Cushing dans le rôle principal de ce médecin un peu fou et se prenant pour Dieu en tentant de donner vie à un homme reconstitué à partir des membres de plusieurs individus. Et une fois encore, le voici contraint de fuir la ville pour cette fois-ci se réfugier dans le château qui depuis des générations appartient à sa famille. Accompagné pour la seconde fois par le docteur Hans Kleve (désormais interprété en lieu et place de Francis Matthews par Sandor Eles), quelle n'est pas sa surprise lorsqu'il constate qu'un étranger (le bourgmestre du village) s'y est installé avec son épouse, se servant dans sa penderie, sa boite à bijoux et dormant dans son propre lit ! Découvert par un officier de police qui l'a suivi jusque là, le docteur Frankenstein n'a pas le temps de régler ses comptes avec l'intrus qu'il doit une nouvelle fois prendre ses jambes à son cou pour se réfugier dans une grotte où, miracle, le corps de sa précédente créature est conservé dans un bloc de glace. Là, il y fait la connaissance d'une mendiante sourde et muette. Tout ce petit monde se retrouve ensuite finalement réuni au château où la créature est décongelée puis ramenée une nouvelle fois à la vie...


Dans ce troisième long-métrage consacré aux expériences du docteur Victor Frankenstein, contrairement au principe qui veut que ce dernier améliore à chaque fois sa technique afin de parvenir à donner vie à une créature en parfaite état, celle-ci paraîtra bien mal fagotée en comparaison de celle qui apparaissait dans The Revenge of Frankenstein de Terence Fisher. Sans être un retour aux sources, avec son front démesuré et son teint de cire, elle renvoie au Frankenstein que James Whale réalisa en 1931 et qui voyait le célèbre Boris Karloff interpréter la dite créature. Sauf que depuis, trois décennies se sont écoulées et que l'effet spécial de maquillage appliqué sur le visage de l'acteur Kiwi Kingston (une carrière constituée de trois rôles en tout et pour tout. Trois longs-métrages tous réalisés par Freddie Francis) apparaît totalement raté. Voire nanardesque. Pire encore que le masque que portera l'acteur italien Aldo Maccione dans l'infâme Plus moche que Frankenstein tu meurs d'Armando Crispino onze ans plus tard. Et pourtant, ce ne fut pas faute d'avoir étudié plusieurs centaine de croquis afin de trouver l'apparence ''idéale'' de la créature ! L'action se déroule donc quelques années plus tard après le second volet, entre les murs du château et un petit village où se sont installés des forains parmi lesquels, un certain Zoltan (un drôle de nom qui servira, coïncidence ou non, de titre à Zoltan, le chien sanglant de Dracula d'Albert Band en 1978)...


Un hypnotiseur interprété par l'acteur Peter Woodthorpe qui dans le cas présent incarne un Zoltan parfaitement immonde qui ferait presque de l'ombre à la quasi totalité du reste du casting. L'idée nouvelle et originale dans ce The Evil of Frankenstein est l'utilisation de l'hypnose. Zoltan utilise en effet ses capacités sur la créature en l'envoyant perpétrer des méfaits au village d'à coté. Vols, meurtres, celle-ci commet des pillages et tue le bourgmestre ainsi que le chef de la police. Le film bénéficie d'une assez bonne ambiance, surtout lorsque interviennent diverses intempéries. Le scénario d'Anthony Hinds fait cependant l'impasse sur la dernière partie du précédent long-métrage et The Evil of Frankenstein fait donc figure de fausse séquelle. Malgré tout, et ce sous la pression des producteurs, le film parvient tout de même à s'aligner sur les deux précédents volets et parvient à relancer un concept pourtant usé jusqu'à la corde. Il faudra cependant attendre trois ans et le retour de Terence Fisher aux commandes du quatrième opus presque dix ans après le second (entre temps, il aura lui-même mis en scène une quinzaine de longs-métrages dont Le chien des Baskerville en 1959, Les Deux Visages du Dr Jekyll en 1960 ou The Earth Dies Screaming en 1964) pour découvrir en 1967, Frankenstein Created Woman...

 

The Revenge of Frankenstein de Terence Fisher (1958) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 


En 1957 sortait sur les écrans de cinéma The Curse of Frankenstein du réalisateur britannique Terence Fisher, l'un des cinéastes les plus célèbres et productifs de la firme Hammer Film Production pour laquelle il signa d'ailleurs et notamment cinq des sept longs-métrages consacrés au cycle de Frankenstein. The Curse of Frankenstein sera en outre le premier de la firme à être réalisé en couleur. Le film sera un succès et l'année suivante, Terence Fisher mettra à nouveau en scène le célèbre docteur Frankenstein dans une séquelle étonnante intitulée The Revenge of Frankenstein qui par contre, n'attirera pas autant de monde dans les salles obscures britanniques. Le rôle-titre sera à nouveau interprété par l'immense Peter Cuhsing, seul ''survivant'' du premier volet échappant de justesse à la mort lors de sa condamnation à la guillotine. Alors que le bourreau qui devait lui trancher la tête collabore avec l'assistant de Victor Frankenstein prénommé Karl (l'acteur Michael Gwynn) en décapitant un prêtre et en faisant prendre à son cadavre la place qui devait être celle du célèbre docteur dans son cercueil, Frankenstein prend la fuite et nous le retrouvons trois ans plus tard à Carlsbrück sous une nouvelle identité (celle pas très inspirée de Victor Stein). Médecin à succès ayant ''volé'' la moitié de la clientèle de la plupart de ses confrères, ceux-ci se réunissent lors d'un conseil de l'ordre des médecins afin d'agir contre lui. Parmi eux se trouve un certain Hans Kleve (l'acteur Francis Matthews) qui va se charger de se rapprocher du docteur Frankenstein pour finalement collaborer avec lui sur son nouveau projet. Lequel ne diffère pas de ceux qu'il entreprit par le passé puisque Victor Stein profite du vivier d'indigents dont il s'occupe dans un centre d'accueil pour les pauvres afin de les opérer et de prélever sur eux, des parties de corps qui lui serviront de base afin de créer une nouvelle créature...


Dans cette seconde aventure, le réalisateur et les scénaristes Jimmy Sangster, Hurford Janes et George Baxt rebattent les cartes et tentent une mise à jour plutôt risquée. La belle de service Margaret Conrad (interprétée par l'actrice Eunice Gayson) ne prend pas la place d'Elizabeth qui dans le premier volet était fiancée à Victor Frankenstein mais semble bizarrement attirée par la nouvelle créature qui bientôt fera son apparition. Robert Urquhart qui interprétait le rôle de Paul Krempe est donc désormais remplacé par l'acteur Francis Matthews et Michael Gwynn fait son apparition dans celui de Karl, l'assistant du scientifique. Affublé d'une bosse et d'une paralysie du bras droit (un classique dans les productions Hammer Film Productions), celui-ci se portera volontaire pour être le sujet des nouvelles expériences menées par Stein et Hans Kleve. Alors qu'une année en arrière le célèbre acteur britannique Christopher Lee était parvenu à incarner une créature parfaitement hideuse, celle de The Revenge of Frankenstein paraît étonnamment humaine. Visage sain (pour l'instant), ce nouvel exemplaire de ''puzzle'' humain est doté de la parole et se montre plutôt calme et courtois. Le contraste est saisissant si l'on met côte à côte les deux créatures. Cependant, cette seconde mouture apparaît bien faible d'un point de vue scénaristique. Doté de séquences plutôt remarquables comme celle situant son action dans un cimetière où deux fossoyeurs pensent déterrer le cadavre du baron Frankenstein où celles mettant en scène le centre d'accueil et lors desquelles l'on sentirait presque la pestilence se dégager de ces corps affaiblis...


Il manque cependant à The Revenge of Frankenstein l'aspect contradictoire auquel le spectateur pourrait prétendre de la part de telle ou telle tiers personne naviguant dans les eaux troubles des expériences menées par ce survivant de l’échafaud se prenant pour Dieu qu'est le docteur Victor Frankenstein. Tout le potentiel du film, de ses personnages, mais moins de son médiocre scénario, est gâché par une mise en scène faiblarde et surtout indigne de Terence Fisher. Cette séquelle paraît bien triste en comparaison de la précédente. Bien fade malgré quelques fulgurances malheureusement trop rares pour ne pas être noyées sous un flot de séquences inintéressantes. De l'originalité, aussi, qui naît parfois, pour retomber dans le cycle habituel. On pense notamment à cette machine/cerveau plutôt ingénieuse et contrôlant une paire d'yeux et un bras fraîchement coupé. Ou à la révolte des indigents contre leur (mal)saint protecteur. Et que dire du climax final lors duquel.... mais j'en dis trop. Si l'on peut comprendre que le film ait été mal accueilli dans son pays, il n'en demeure pas moins très honorable bien que très en dessous de son prédécesseur. Le mythe mettra quelques années à s'en remettre puisque le troisième volet intitulé The Evil of Frankenstein et cette fois-ci réalisé par Freddie Francis ne verra le jour qu'en 1964, soit six ans plus tard...

 

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