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lundi 13 juin 2022

Frankenstein and the Monster from Hell de Terence Fisher (1974) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Vue la tronche qu'arbore la créature sur l'affiche du septième et dernier long-métrage consacré au mythe de Frankenstein par la Hammer Film Productions, on se dit qu'il était temps de mettre un terme aux exactions du docteur Victor Frankenstein. Après un sixième volet faisant fi de tout ce qui avait été entrepris jusque là (pas de Terence Fisher à la réalisation, pas de Peter Cushing dans le rôle principal et un récit qui s'intéressait aux premiers travaux scientifique du fameux baron alors âgé d'une trentaine d'années seulement), le cycle se clôt par un retour aux fondamentaux avec le retour des deux icônes de la franchise. Frankenstein and the Monster from Hell met en scène le docteur Victor Frankenstein travaillant désormais dans un asile de fous en tant que chirurgien. Si l'on fait l'impasse sur Les Horreurs de Frankenstein de Jimmy Sangster qui en 1970 ignorait totalement le suivi chronologique qui jusque là était plus ou moins respecté, il faut se souvenir que le baron mourait à la toute fin du long-métrage, emporté par sa créature qui le plongeait dans les flammes de sa luxueuse demeure. Sauf qu'ici l'on apprend que Victor Frankenstein s'en est finalement tiré. Ce qui paraît logique même si l'entrée en matière de Frankenstein and the Monster from Hell laisse supposer durant un temps que son personnage ait pu être remplacé par un chirurgien qui comme lui travaille sur la résurrection des cadavres. On sent bien l'esprit de Horror of Frankenstein imprimer cette toute première partie du septième long-métrage mais bientôt sonnera le retour de notre chirurgien préféré. En effet, tout comme le docteur Frankenstein avait subit un procès retentissant dans The Curse of Frankenstein de Terence Fisher en 1957, son émule, le docteur Simon Helder (l'acteur britannique Shane Briant) a lui aussi été arrêté, jugé et condamné à faire un long séjour dans un institut psychiatrique !


C'est là qu'il rencontrera le docteur Victor Frankenstein qui le sortira d'une inconfortable situation. Car dans ce septième long-métrage, ça n'est d'emblée pas tant ce dernier qu'il faut craindre mais plutôt les employés sadiques et pervers de cet hôpital psychiatrique dirigé par le directeur Adolf Klauss (John Stratton). Un individu corrompu que Victor Frankenstein tient sous sa coupe. Tiens, tiens, ça ne vous rappelle rien ? Même pas l'antépénultième volet intitulé Frankenstein must be Destroyed et dans lequel la propriétaire d'une pension familiale et son compagnon étaient eux-même menacés d'être dénoncés par leur nouveau locataire s'ils refusaient de faire absolument tout ce qu'il leur demandait ? Sauf que dans le cas de Frankenstein and the Monster from Hell, le contraste est saisissant. Si en 1969 le docteur s'en prenait à de jeune et sympathique couple, dans le dernier volet le fait que ses ''victimes'' soient toutes d’infâmes individus ne lui prêtent pas trop l'image d'un être épouvantable. En tout cas, bien moins que cinq ans en arrière. C'est une habitude, mais la gente féminine est également (sous-)représentée par un beau brin de fille qui n'est autre que l'actrice anglaise Madeline Smith. Mais ce qui ne change pas davantage, c'est le peu d'intérêt que lui prête le récit. La femme et comme d'habitude traitée au second plan. Ici comme ailleurs, sa présence est quasi anecdotique. Terence Fisher crée un climat anxiogène avec cet hôpital qui ressemble parfois davantage à une prison moyenâgeuse et à ses malades plus ou moins timbrés. Une véritable cours des miracles. Les décors sont parfois superbes. On pense notamment aux cellules ou au laboratoire de Frankenstein...


Ce qui par contre laisse à désirer, c'est la créature de ce nouveau chapitre. On pourrait au départ modestement supposer que le problème vient de celui ou celle qui dessina l'affiche du film. Mais malheureusement, on se rendra assez rapidement compte que la créature est même pire que celle qui s'affichait à l'entrée des cinémas. Pourquoi donc a-t-il fallut que son (ou ses) concepteur(s) prenne(nt) une telle direction artistique ? D'autant plus que deux critères auraient dû convaincre ce (ou ces) dernier(s) de rester dans une même veine que dans le précédent volet Horror of Frankenstein. Non seulement elle demeurait la plus crédible d'entre toutes (même si chacun trouvera dans telle ou telle incarnation ou volet de la franchise, sa créature préférée), mais l'acteur qui se cachait sous le costume de la créature était le même que celui qui l'incarne dans ce Frankenstein and the Monster from Hell. Soit, l'acteur David Prowse. On a droit à quelques séquences gore dans l'esprit de la franchise majoritairement constituées de membres découpés ou d'yeux prélevés sur des cadavres. Non sans une certaine irone, le docteur Frankenstein ira jusqu'à se demander si la couleur des yeux sélectionnés conviendra à sa créature ! Laquelle, oui, oui, entretient bien davantage de rapports physiques avec un primate qu'avec l'homme qu'elle prétend être. Au concours de la créature la plus ridicule, on se demande alors laquelle de celle-ci ou de celle de The Evil of Frankenstein de Freddie Francis est la plus ridicule ! Ceux qui connaissent bien la série de longs-métrages et l'acteur remarqueront que Peter Cushing est dans celui-ci affublé d'une bien curieuse perruque aux cheveux bouclés lui donnant une drôle d'allure. Un détail physique que regrettera d'ailleurs plus tard l'interprète du célèbre docteur. Une seconde faute de goût qui heureusement ne nuit pas au récit lui-même agrémenté de quelques séquences gore plutôt réjouissantes comme celle ou le crâne d'un patient est ouvert en deux, faisant ainsi apparaître le cerveau de la victime, ou le final granbd-guignolesque... Shane Briant apparaît étonnamment féminin, androgyne, dès lors que son personnage porte sur le nez sa paire de lunettes. Frankenstein and the Monster from Hell marque une date importante pour le cinéma fantastique et dans la carrière de son auteur puisqu'il s'agira là du dernier film réalisé par Terence Fisher et donc de sa dernière collaboration avec l'acteur Peter Cushing. Aussi bizarre et curieuse que soit la perruque que porte ce dernier, elle lui offre ce côté humain qui lui faisait généralement défaut jusqu'ici. La franchise se clôt avec une œuvre plutôt réussie mais qui n'innove pas suffisamment pour se détacher des précédentes. Et puis, cette créature, mon Dieu, ça n'est vraiment pas possible. On rit davantage que l'on ne s'effraie devant son apparence. Moins cacophonique qu'à l'habitude, la bande musicale est signée de James Bernard. Un habitué des productions Hammer et du mythe de Frankenstein... C'est ainsi donc que se termine ce cycle consacré à Frankenstein en espérant qu'il vous aura donné le goût de redécouvrir tout ou partie de la franchise Hammer...

 

The Horror of Frankenstein de Terence Fisher (1970) - ★★★★★★★☆☆☆



 

Peter Cushing ayant été l'une des grandes stars de la Hammer Film Production, on peut se demander pourquoi il ne fut pas contacté par les producteurs afin de participer à ce qui aurait alors été sa sixième incarnation du Docteur Victor Frankenstein sur grand écran avec The Horror of Frankenstein. Pourtant, la raison est simple : faire de son remplaçant temporaire Ralph Bates, l'une des nouvelles stars de la Hammer. N'ayant tourné jusque là que dans des séries télévisées, en 1970, le jeune acteur débute à la Hammer avec Une messe pour Dracula de Peter Sasdy et poursuivra sa courte carrière pour la célèbre firme la même année avec le film dont il est question dans cet article mais aussi plus tard avec Lust for a Vampire et Fear in the Night de Jimmy Sangster en 1971 et 1972, Dr. Jekyll & Sister Hyde de Roy Ward Baker en 1971 et Evil Baby de Peter Sasdy en 1975. Et puis, c'est tout. À côté de ces quelques incarnations, on verra Ralph Bates dans un certain nombre de séries télévisées comme les cultissimes Thriller (Angoisse) ou Tales of the Unexpected (Bizarre, bizarre). Mais franchement, hein ! Qui se souvient de lui ? Ou même simplement de son nom ? Son passage dans la mythologie de Frankenstein aura donc été de courte durée puisque pour le septième et ultime volet de la franchise britannique, nous aurons le plaisir de retrouver Peter Cushing. Mais d'ici là, évoquons plutôt ces Horreurs de Frankenstein qui ont également abandonné derrière elles le réalisateur Terence Fisher (qui cette fois-ci, n'a fort heureusement pas été victime d'un accident de voiture). On doit The Horror of Frankenstein au réalisateur Jimmy Sangster qui fera de Ralph Bates l'un des acteurs favoris de sa courte carrière de cinéaste puisque le bonhomme ne réalisera en tout et pour tout que quatre longs-métrages dont trois seront interprétés par celui dont la Hammer voulait faire, je le répète, l'une des nouvelles stars de la société...


C'est avec un certain intérêt mâtiné de circonspection que l'on se plongera dans ces nouvelles aventures du docteur Victor Frankenstein malheureusement libérée de ses deux légendes de la Hammer. Dur donc pour Jimmy Sangster et Ralph Bates de prendre la suite et de tenter de faire au moins aussi bien que Terence Fisher et Peter Cushing à défaut de pouvoir les faire oublier. Ce qui paraît en revanche très intéressant lorsque l'on examine le pedigree de Jimmy Sangster est de constater que le bonhomme a produit un nombre important de scripts parmi lesquels plusieurs des Frankenstein abordés dans les récents articles. Le scénariste et réalisateur n'est donc pas un inconnu et ayant écrit lui-même le scénario de The Horror of Frankenstein, c'est avec un certain optimisme que l'on se lancera dans sa projection... Le film débute sous le sceau du jeunisme et ne cessera de l'être d'ailleurs jusqu'à la fin. Vingt-sept années séparent Ralph Bates de Peter Cushing. Il était donc délicat de poursuivre les aventures du baron Frankenstein sans que l'illogisme ne vienne mettre son grain de sel dans le développement du personnage. C'est sans doute pourquoi, et peut-être même par la seule volonté des producteurs, que Jimmy Sangster fait le ménage et décide de tout reprendre à zéro. En effet, il y expose un Victor Frankenstein jeune, étudiant les sciences à l'université. Arrogant, narcissique et psychopathe (il ira jusqu'à provoquer la mort de son propre père qui contrecarrait ses projets scientifiques), on le découvre motivé très jeune par la recherche sur la vie et la mort. Au décès de son père, il quitte l'université et s'installe dans le luxueux manoir familial dans la cave duquel il va installer son laboratoire...


Mais Ralph Bates n'est pas seul au générique et se présentent notamment à ses côtés l'actrice Kate O'Mara dans le rôle de la domestique et maîtresse du jeune homme, Alys, Veronica Carlson dans celui d'Elzabeth Heiss, une ancienne camarade de classe de Frankenstein secrètement amoureuse de lui. quant à Stephen Turner il incarne Stephan, un ancien étudiant devenu cuisinier pour le compte du jeune baron. La liste se rallonge et l'on notera également la présence de Dennis Price dans le rôle du fossoyeur qui fournira à Victor Frankenstein la matière première à ses horribles expériences. Malgré l'absence des deux icônes du fantastiques que sont Peter Cushing et Terence Fisher, The Horror of Frankenstein s'avère être une excellente alternative. Alors que le cycle commençait à tourner en rond, reprendre les choses dès le début s'avère finalement payant et s'il ne parvient pas tout à fait à faire oublier la brillante incarnation du célèbre acteur britannique, Ralph Bates s'en sort parfaitement et interprète un baron immoral délicieusement détestable. La créature est plutôt réussies bien qu'un peu de fond de teint aurait sans doute permis de cacher la différence de coloration entre le latex appliqué sur le front et la peau du visage de l'acteur David Prowse (le futur de Dark Vador dans la trilogie originale Star Wars !) qui l'incarne. Un Frankenstein qui fait peau neuve, de jolies interprètes féminines dotées d'atouts physiques indéniables, des effets-spéciaux rares mais plutôt bien fichus pour l'époque et le charme typique des productions Hammer Film semblent n'avoir cependant pas convaincu le public qui ne s'est malheureusement pas déplacé en masse dans les salles à l'époque de sa sortie. Des qualités qui entrent sans doute moins en jeu qu'une certaine lassitude, à moins que l'absence de Cushing et Fisher ai rendus frileux les amateurs de fantastique, d'horreur et d'épouvante. Il faudra atteindre quatre ans avant que l'un et l'autre ne reprennent leur poste respectifs pour tourner ensemble ce qui allait demeurer le tout dernier long-métrage de la Hammer consacré au mythe de Frankenstein : Frankenstein and the Monster from Hell...

 

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