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samedi 25 novembre 2023

Un fauteuil pour deux (Trading Places) de John Landis (1983) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Ahhhhh les années quatre-vingt. Riche décennie qui vit émerger chez nous le duo Début de soirée, Jean-Pierre Mader, Rose Laurens, Jeanne Mas, Julie Piétri, Images, Gold et tant d'autres artistes tandis que de l'autre côté de La Manche, Depeche Mode et The Cure commençaient déjà à faire partie de ceux qui allaient révolutionner le monde de la pop-music avec, d'un côté, la New Wave et de l'autre, la Cold Wave. En 1983, tandis que les professeurs de français se succédaient à mon chevet pour tenter de m'imposer la littérature classique française, je découvrais tardivement Stephen King et dévorais presque littéralement Simetierre avant de rattraper mon retard en me procurant tout ce qu'il avait écrit jusque là. Riches, oui, furent les années quatre-vingt. Et peut-être même davantage en matière de cinéma puisque énumérer les œuvres qui depuis sont devenues des classiques ou mieux, des films cultes reviendrait à abandonner sa propre existence pour plusieurs jours le temps de dresser une liste véritablement exhaustive des œuvres qui marquèrent notre jeunesse. Pauvres adolescents d'aujourd'hui, nourris aux Smartphones, aux réseaux sociaux et aux blockbusters super-héroïques... S'il savaient à côté de quoi ils sont passés, ils feraient un procès à leur géniteurs pour ne pas avoir été conçus des décennies en arrière. Parce que les années quatre-vingt, ça ne fut pas qu'une question d'art qu'il s'agisse du quatrième, du cinquième ou du septième évoqués ici. Ce fut aussi et surtout, une ambiance et une philosophie de vie qui sont l'une et l'autre parties depuis en fumée. Si aujourd'hui entrer dans une salle de cinéma ressemble à un voyage dans le désert du Sahara tant l'on se sent dans un cas comme dans l'autre terriblement seul, à l'époque, c'était autre chose. Pas de pouffe explorant les réseaux sociaux durant la projection ou de groupes d'attardés parlant plus fort que les personnages à l'écran mais des salles bien remplies. Et encore fallait-il tout de même bien choisir le cinéma et la séance pour quiconque ne supportait pas le moindre souffle sur sa nuque (Parole de sociopathe!). David Lynch, David Cronenberg, John McTiernan, James Cameron, John Carpenter Arnold Schwarzenegger, Bruce Willis, etc...


Des noms qui d'un côté attiraient ceux qui aimaient qu'on leur triture les méninges et de l'autre, sans doute les plus nombreux, qui vouaient une passion pour l'action, le fantastique, la science-fiction ou l'horreur ! Un cinéma qui à l'époque semblait nettement plus procédurier que de nos jours puisque je me souviendrais toujours qu'au guichet d'un cinéma parisien l'on m'avait interdit l'accès à la salle projetant The Last Horror Film de David Winters avec le mythique couple Caroline Munroe/Joe Spinell que l'on retrouvait deux ans après le film culte de William Lustig, Maniac ! Un cinéma beaucoup moins populaire que ne le fut celui de Steven Spielberg, Joe Dante ou... John Landis dont il est question ici. Ces trois se retrouvèrent d'ailleurs cette même année aux commandes de l'anthologie Twilight Zone: The Movie en compagnie de l'australien George Miller (la franchise Mad Max). John Landis, donc. Le genre de réalisateur à la carrière absolument exemplaire. Mais si j'avoue ne pas connaître sa filmographie par cœur, sont demeurées dans mes souvenirs quelques œuvres parmi les plus formidablement cultes qui soient. The Blues Brothers en 1980, Un prince à New York sept ans plus tard et entre les deux, Trading Places qui chez nous vit le jour sous le titre, Un fauteuil pour deux. Lequel était incarné par au moins trois acteurs parmi les plus ''addictifs'' de cette époque malheureusement révolue. Dan Aykroyd que l'on retrouvera notamment l'année suivante dans le premier volet de la franchise Ghostbusters dans le rôle du Dr Raymond Stantz et acteur fidèle de John Landis puisqu'avant cela il interpréta l'un des deux principaux rôles de The Blues Brothers avant de réapparaître dans Twilight Zone: The Movie ou dans Into the Night (Série noire pour une nuit blanche). À ses côtés, Eddie Murphy que je ne ferai l'insulte à personne de présenter. Véritable star qui enchaîne alors les gros succès en salle, tels 48h de Walter Hill en 1982 ou Le flic de Beverly Hills de Martin Brest en 1984 mais qui fera l'erreur de réaliser lui-même l'épouvantable Les nuits de Harlem (seule occasion qui m'ait été donnée de quitter la séance bien avant la fin).


Pour la touche féminine, nous retrouvons Jamie Lee Curtis, fille des stars du cinéma Janet Leigh et Tony Curtis et que John Carpenter lança en 1978 sur les rails du cinéma avec Halloween après quelques passages à la télévision (et notamment dans l'épisode numéro trois de la sixième saison de Columbo intitulé The Bye-Bye Sky High I.Q. Murder Case (Les surdoués)). Un fauteuil pour deux est la rencontre relativement brutale de deux hommes et de deux univers diamétralement opposés. D'un côté, la rue. Celle du clochard Billy Ray Valentine. Un individu particulièrement prédisposé à la fourberie qui un jour croise la route de Louis Winthorpe III, directeur général de la société de courtage Duke & Duke Commodity Brokers et dont les frères et supérieurs hiérarchiques Mortimer et Randolph Duke vont se servir lors d'un pari parfaitement insensé : en effet, Louis (Dan Aykroyd) va se retrouver déchu de ses fonctions tandis que Billy Ray (Eddie Murphy) prendra sa place au sein de la société. Et ce, pour des raisons clairement invoquées par les deux frères comme les spectateurs auront l'occasion de le découvrir. Un fauteuil pour deux est un concentré de bonheur. Une œuvre à la puissance comique rarement égalée et un concept parfaitement intégré. Sur la base d'un scénario écrit par Timothy Harris et Herschel Weingrod, John Landis signe une œuvre à l'attention du grand public, jamais méchante malgré la cruauté dont est victime l'ancien directeur général de la part des frères Duke. Redécouvrir Un fauteuil pour deux aujourd'hui, c'est constater combien le genre s'est appauvri même si quelques miracles ont parfois lieu. L'action se situant à Philadelphie, le long-métrage de John Landis est une véritable carte postale des lieux tels qu'ils étaient représentés à l'époque. Une véritable fourmilière avec ses commerces, son métro, ses gosses qui jouent dans les rues des quartiers pauvres, ses SDF, mais aussi ses lieux chics et celles et ceux qui font ''tourner la boutique''.


Un fauteuil pour deux n'est pas qu'un long échange entre deux formidable acteurs sur la base de dialogues certes finement ciselés (notons en outre la présence de Ralph Bellamy et Don Ameche dans les rôles des frères Randolphe et Mortimer Duke, de Denholm Elliot dans celui du majordome Coleman ainsi que celle de la sexy Jamie Lee Curtis dans celui de la prostituée Ophelia) mais dresse également le portrait de deux mondes plus ou moins retranchés dans leurs fondations. Jusqu'à ce qu'interviennent nos deux scénaristes qui imaginent alors que d'un simple geste le monde peut, d'un côté, littéralement vaciller et de l'autre, donner à un ''invisible'', toutes ses chances de remonter la pente. Alors, fiction ou réalité ? Que l'on soit du côté de l'ancien directeur général ou du nouveau, il est étonnant (amusant?) de voir combien les personnalités des deux héros restent telles qu'elles furent jusque là quelle que soit leur nouvelle condition. John Landis semble vouloir s'en tenir aux personnalités originelles de l'un et de l'autre. Billy Ray personnifiant la bienveillance tandis que Louis, lui, demeure en partie l'être ''hostile'' qu'il semble avoir toujours été. Et pourtant aussi différents que soient l'un et l'autre, Un fauteuil pour deux délivre un message plutôt optimiste selon lequel, dans l'adversité, il est capable de concevoir que deux hommes qui n'ont aucune chance d'être proches peuvent s'allier face à deux vils représentants de la Haute Société afin qu'éclate la vérité. Le film témoigne également d'une certitude : qu'il est bien plus aisé de s'acclimater à sa condition de nouveau riche que de survivre en tant que nouveau mendiant. Le long-métrage de John Landis se positionne lors de sa sortie en bonne place puisqu'il sera le quatrième plus gros succès de l'année 1983 sur le territoire américain, derrière l'épisode 6 de Star Wars, l'excellent Tendres passions et le film musical Flashdance mais également devant Wargames, le James Bond Octopussy, le génial Scarface de Brian De Palma ou les séquelles Superman 3, Les dents de la mer 3 et Psychose 2. Financé à hauteur de quinze millions de dollars, le film en rapportera le sextuple avec pas moins de quatre-vingt dix millions engrangés...

 

mardi 14 juin 2022

To the Devil a Daughter de Peter Sykes (1976) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Trois ans après que l'acteur Christopher Lee ait incarné le grand ordonnateur du culte païen du chef-d’œuvre de Robin Hardy The Wicker Man, le britannique accepta d’interpréter le rôle du Père Michael Rayner, un suppôt de Satan qui prévoit d'offrir à son idole la jeune Catherine, fille d'un certain Henry Beddows qui par peur qu'elle lui soit enlevée la confie à son ami John Verney. Ostracisé par l'église, le père Michael Rayner n'en est pas moins suivi par de fidèles adorateurs du culte des Enfants du Seigneur qui pour lui vont tout entreprendre afin de mettre la main sur la jeune fille pour laquelle ils ont un projet insensé en commun : en faire le réceptacle du démon Astaroth, grand-duc et trésorier de l'Enfer... Christopher Lee ayant rencontré des difficultés avec la production à l'issue du tournage de The Wicker Man, on pouvait supposer que le plus célèbre des Dracula avait pris toutes ses précautions pour celui de To the Devil a Daughter de Peter Sykes. Mais quelle ne fut pas la désillusion de l'acteur et de son ami romancier Dennis Wheatley dont le roman éponyme servi de terreau d'origine au long-métrage que de découvrir que le scénario de Christopher Wicking allait prendre de grandes libertés avec l'histoire originale ! Il s'agissait là encore d'une trahison de la part de la production, la Hammer Film (dont il s'agirait de l'avant dernière production) faisant preuve d'une indifférence aussi notable que la British Lion Film Corporation sur le tournage de The Wicker Man. Nous retrouvons donc Christopher Lee dans un rôle sensiblement différent puisqu'il incarne désormais un homme répudié par l’église, adorateur du Diable soutenu par un petit ''comité'' de fidèles adorateurs. To the Devil a Daughter réuni un joli casting parmi lequel nous retrouvons notamment l'acteur américain Richard Widmark, lequel regrettera finalement d'avoir participé au tournage. Il incarne John Verney, le protecteur de Catherine qu'interprète quant à elle la toute jeune actrice allemande Nastassia kinski qui n'est autre que la fille de l'acteur fétiche du cinéaste Werner Herzog, Klaus Kinski...


Quant au père de la jeune fille, il est incarné par l'acteur Denholm Elliott et le personnage d'Anna Fountain par l'actrice Honor Blackman. C'est le second rôle au cinéma de Nastassia Kinski qui physiquement figurerait presque comme l'ancêtre de la regrettée Zoë Lund dans le film culte L'ange de la vengeance que réalisera Abel Ferrara cinq ans plus tard. D'un magnétisme qui ne cessera de se confirmer durant tout le récit (et même durant la carrière de celle qui interpréta l'envoûtante Irena Gallier dans Cat People de Paul Schrader en 1982), la jeune actrice n'a que quatorze ans lorsqu'elle interprète le rôle de Catherine pour lequel elle acceptera de se dénuder, regrettant plus tard ce choix. Un qui par contre n'aura pas à en faire autant est Christopher Lee lors de la séquence de sabbat puisqu'une doublure prendra sa place au moment de se dévêtir. Il est compliqué d'aborder To the Devil a Daughter sans parler des problème que revêtent le scénario et la mise en scène. Malgré le potentiel du récit, on ne retrouve notamment pas cette angoisse permanente qui parasitait pour le grand bonheur des amateurs de frissons, le chef-d’œuvre de Roman Polanski, Rosemary's Baby. En effet, le film de Peter Sykes (co-réalisé par Don Sharp), auteur quatre ans auparavant de Demons of the Mind dans lequel un père séquestrait ses deux enfants avec lesquels il allait entreprendre des actes incestueux et de possession satanique, souffre d'une trop grande légèreté. L'on a le sentiment qu'une fois le script en main, les interprètes ont souffert d'un manque de direction. Il ne se passe effectivement pas grand chose durant la quasi totalité du récit. Nastassia Kinski a beau dégager un charme fou et Christopher Lee être toujours doté d'un charisme inquiétant, l'intrigue ne décolle jamais vraiment. C'est d'autant plus dommage que la jeune actrice allemande y est par contre relativement convaincante, surtout lorsqu'elle est en proie au maléfice jeté par le personnage qu'interprète Christopher Lee. Même l'outrance de la séquence d'orgie semble inefficace est n'être présente que pour augmenter le potentiel d'une œuvre qui malheureusement est loin d'atteindre ses objectifs. On appréciera cependant les plongées/contre-plongée et les déformations de l'image dues à l'emploi de courtes focales. Un procédé couramment utilisé à l'époque qui malgré son archaïsme continue de faire son petit effet...

 

lundi 31 août 2020

Indiana Jones et la Dernière Croisade de Steven Spielberg (1989) - ★★★★★★★★★☆



Après le Caire et l'Arche d'Alliance, après l'Inde et son temple maudit abritant la secte des Thugs à la gloire de la déesse Kâlî, Indiana Jones revenait sur les écrans de cinéma en 1989 avec Indiana Jones et la Dernière Croisade. Bien que le second volet sorti cinq ans auparavant sous le titre Indiana Jones et le Temple Maudit ait connu un énorme succès en salle, il faut reconnaître qu'en comparaison avec l'excellent Les Aventuriers de l'Arche Perdue, il demeurait relativement décevant. Mais qu'allait donc entreprendre Steven Spielberg pour retrouver la grâce du premier volet de cette saga d'aventure qui jusqu'à aujourd'hui compte quatre épisodes ? Et bien, tout simplement, revenir aux fondamentaux. Tout d'abord, en abandonnant l'esprit un peu trop cartoonesque du second épisode qui nuisait au personnage d'Indiana Jones. Car en forçant trop le trait de cet archéologue aventurier, le réalisateur américain avait finit par n'en faire qu'une caricature grotesque. Autre aspect fondamental : le retour de quelques-uns des personnages les plus emblématiques du premier épisode ayant sans doute concouru au succès de l’œuvre séminale. À commencer par le Docteur Marcus Brody, toujours interprété par l'acteur britannique Denholm Elliott. On assiste également au retour de Sallah Faisel el-Kahir qu'incarne lui aussi pour la seconde fois l'acteur anglais John Rhys-Davies qui depuis le succès des Aventuriers de l'Arche Perdue n'a pas attendu que Steven Spielberg fasse à nouveau appel à lui pour retourner vivre de folles aventures puisqu'on le reverra notamment dans Allan Quatermain et les Mines du Roi Salomon en 1985 et Le Temple d'Or l'année suivante, les deux longs-métrages ayant été tous deux réalisés par J. Lee Thompson...

Et parce que le contexte dans lequel baignaient les premières aventures d'Indiana Jones était beaucoup plus revigorant que celles, parfois sans doute trop sombres du second épisode, retour à l'Allemagne Nazie. Deux ans après qu'Adolf Hitler ait missionné un contingent de soldats allemands lancés à la recherche de l'Arche d'Alliance avec les conséquences que l'on connaît, le voici désireux d'acquérir (par tous les moyens), le mythique Graal, objet de quête des Chevaliers de la Table Ronde afin d'asseoir sa suprématie mondiale. Mais avant cela, Indiana Jones et la Dernière Croisade nous plonge dans le passé d'Indiana Jones à l'époque où il n'était encore qu'un scout dérobant à des pilleurs de tombes, la croix de Coronado. Le film débute donc en 1912 alors qu'il n'est qu'un jeune adolescent. Indiana Jones et la Dernière Croisade s'ouvre sur une séquence absolument formidable qui laisse présager le meilleur. Une course-poursuite dans l'Utah à bord d'un train convoyant les animaux d'un cirque lors d'une incroyable séquence. Vingt-six ans plus tard, nous retrouvons notre héros à bord d'un navire portugais afin de récupérer la Croix qui lui avait échappée presque trois décennies plus tôt. Là encore, la mise en scène se veut d'une inventivité folle. De retour aux États-Unis à l'université où il enseigne l'archéologie à ses élèves, il fait la connaissance de Walter Donovan qui l'informe au sujet de son père, le Professeur Henry Jones lequel a consacré toute sa vie entière au Graal. En voyage à Venise, il fait la connaissance de l'autrichienne Elsa Schneider, ancienne collaboratrice de son père avec laquelle il va se lancer à sa recherche et tenter ensuite de découvrir où se trouve le Graal...

Si l'on est en terrain conquis, le scénario de Jeffrey Boam ne fait heureusement pas l'économie d'idées nouvelles. En effet, Indiana Jones et la Dernière Croisade a beau voguer dans un contexte similaire aux Aventuriers de l'Arche Perdue, ces troisièmes aventures d'Indiana Jones fait la part belle à des séquences originales qui ne laissent au spectateur, aucun répit. Outre la séquence d'ouverture chorégraphiée de main de maître, Indiana Jones parcourra une somptueuse bibliothèque, des catacombes infestées de milliers de rats, longera une rivière de pétrole, sera poursuivi par bateau sur la lagune de Venise par des gardiens de la confrérie de l'épée cruciforme veillant au secret du Graal, délivrera son père d'un château autrichien dans lequel celui-ci est retenu prisonnier par les Nazis, prendra la fuite à bord d'un ballon-dirigeable, puis à bord d'un avion, parcourra Alexandrette au Hatay en compagnie de son père et enfin, pénétrera le temple qui renferme le Graal. Plutôt que de tourner une partie de son long-métrage en studios, Steven Spielberg se décide enfin à tourner en décors naturels. En effet, la séquence d'ouverture fut réalisée au parc national des Arches dans l'Utah, celle de la bibliothèque à l'Église San Barnaba de Venise. Plus loin, de nombreux passages se situèrent dans le désert de Tabernas en Andalousie, quant à la séquence finale, on peut y reconnaître le magnifique site de Pétra en Jordanie, là où se situe l'extraordinaire et célèbre monument de cette cité antique, Khazneh...

Bourré jusqu'à la lie d'aventures et d'action, Indiana Jones et la Dernière Croisade prône un retour à l'humour parfois foudroyant. Exemple : lorsque Walter Donovan (l'acteur Julian Glover) évoque le fait de mettre la main sur Marcus Brody, Indiana Jones rétorque : '' N'y comptez pas trop. Il a deux jours d'avance sur vous.C'est plus qu'il n'en faut. Brody a des amis dans chaque ville et village d'ici jusqu'au Soudan. Il parle une douzaine de langues, connaît toutes les coutumes locales. Il va se mêler à eux, disparaître, et vous ne le reverrez jamais. Avec un peu de chance, il a déjà retrouvé le Graal''. CUT. Et qu'aperçoit-on juste après ? Un Marcus Brody perdu en pleine ville, ne sachant à qui s'adresser et ne parlant que sa propre langue. Autant dire qu'après le pitch d'Indiana Jones, découvrir Brody dénué de tout repère est irrésistiblement drôle ! Après Karen Allen et Kate Capshaw, c'est désormais l'actrice Alison Doody qui malgré les apparences, n'est pas originaire d'Allemagne mais d'Irlande et qui interprète la ''figure'' féminine de ce troisième opus. Plus froide, elle incarne également un personnage beaucoup plus ambigu que les deux précédentes interprètes. Le jeune et regretté River Phoenix (Explorers de Joe Dante, Stand by Me de Rob Rainer) incarne quant à lui Indiana Jones adolescent. Mais la plus-value de cet Indiana Jones et la Dernière Croisade reste encore sans doute la présence de l'immense acteur britannique Sean Connery dans le rôle du Professeur Henry Jones, le père d'Indy.

Il apporte à ce troisième volet une profondeur supplémentaire qui permet d'en apprendre davantage sur son fils. Et même si Steven Spielberg nous épargne les écueils de souvenirs larmoyants, on ne peut qu'être touchés par la relation qu'entretiennent Indiana Jones et son père. Un Sean Connery dont le statut de star ne l'empêche pas de s'effacer lorsque cela est nécessaire au script. Après un Indiana Jones et le Temple Maudit en demi-teinte, on pouvait craindre que le mythe d'Indiana Jones ne soit définitivement écorné. Mais c'était sans compter sans le scénario de Jeffrey Boam, l'excellence de l'interprétation, des décors absolument fantastiques, une action et une aventure à tambour battant (auxquelles on ajoutera de superbes séquences reposant sur le principe des énigmes) et une remise en question du réalisateur. Maintenant, c'est à chacun de se faire sa propre opinion. Sans nul doute Indiana Jones et la Dernière Croisade est éminemment supérieur au volet précédent. Mais l'est-il aux Aventuriers de l'Arche Perdue ? Personnellement, j'oserai un grand OUI !!!

vendredi 8 mai 2020

The Vault of Horror de Roy Ward Baker (1973) - ★★★★★★☆☆☆☆



Les films d'horreur à sketchs sont légions. Parfois remarquables, comme le Creepshow de George Romero, plusieurs d'entre eux furent produits par la société de production Amicus, principale concurrente de la Hammer et qui compte parmi ses faits d'arme Dr. Terror's House of Horrors, Tales from the Crypt ou The Torture Garden de Freeddie Francis, The House That Dripped Blood de Peter Duffell, ou encore Asylum et The Monster Club de Roy Ward Baker. Ce dernier est également l'auteur d'un autre film d'horreur à sketchs intitulé The Vault of Horror sorti sur les écrans britanniques en mars 1973. il n'y réunit non pas Vincent Price, Peter Cushing ou Christopher Lee, mais des interprètes beaucoup moins connus dans nos contrées. À dire vrai, à part Terry-Thomas qui interpréta notamment le rôle de Sir Reginald dans La Grande Vadrouille de Gérard Oury et Curd Jürgens qui incarna Michel Strogoff dans le film éponyme de Carmine Gallone, la plupart des acteurs nous sont en effet pour la plupart pratiquement inconnus. Dans la grande tradition du genre, The Vault of Horror réunit cinq personnages en un lieu unique où contraints de demeurer, ils vont chacun raconter aux autres une courte histoire qui sera alors mise en images. Ici, chacun y évoque un rêve particulièrement perturbant...

C'est ainsi que Daniel Massey évoque en premier le sien à travers le sketch intitulé Midnight Mess lors duquel son personnage commet un double meurtre crapuleux. Arrivé dans une étrange petite ville, Harold Rogers se rend directement chez sa sœur Donna afin de la tuer et de s'emparer de l'héritage que lui a entièrement laissé leur père, mort quatre semaines en arrière. C'est avec une certaine ironie que le meurtre intervient puisque Daniel Massey plante un couteau dans le cœur de sa propre sœur, l'actrice Anna Massey ! Puis vient le tour de Terry-Thomas et de Glynis Johns qui dans le sketch The Neat Job forment un couple pas vraiment accordé. Plus jeune que son époux Arthur Critchit, Eleanor reste à la maison et essaie d'apporter sa touche personnelle en réorganisant la place du mobilier et des différents objets accumulés avec le temps par Arthur. Mais ce dernier, maniaque, s'énerve facilement et passe la plupart de son temps à faire des reproches à Eleanor. Toute la question étant alors de savoir combien de temps encore celle-ci supportera cette situation... Ensuite, Curd Jürgens interprète le rôle de Sebastian, un magicien qui lors d'un voyage en Orient croise la route d'une femme ''charmeuse de corde'' dans This Trick'll Kill You. Pour la première fois de sa vie, Sebastian est troublé par la représentation de la jeune femme qui ne semble pas user d'un quelconque artifice. En effet, la corde semble mue d'une vie propre. Sebastian cherche alors à s'en emparer.

Le quatrième sketch Bargain in Death met en scène Michael Craig et Edward Judd dans une histoire visant à toucher une assurance sur la vie. Maitland ayant en effet découvert un moyen de se faire passer pour mort demande à son ami Alex de venir le déterrer le soir où il aura été mis en terre afin qu'ils se partagent tous les deux l'argent de l'assurance. Mais plus escroc que son ami, Alex va ''oublier'' de respecter l'accord et choisir de laisser mourir Maitland dans son cercueil. Mais heureusement, deux étudiants en médecine vont passer par là... C'est ensuite l'acteur Tom Baker qui clôt cette série de sketchs dans le rôle de l'artiste-peintre Moore qui se rend compte que trois hommes ont profité de sa naïveté pour se faire beaucoup d'argent sur la vente de ses toiles. Rendant visite à un sorcier vaudou, le voici désormais capable de donner vie à son désir de vengeance : une vengeance qui sera exécutée sous la forme de peintures représentant le châtiment qu'il a choisi d'accorder à chacune de ses victimes...

L'avantage du concept du film à sketchs demeure dans la diversité des thèmes proposés. Que l'on aime ou pas le principe, le format ou les sujets invoqués, il y a toujours matière à combler le public d'une manière ou d'une autre. Ici, l'horreur n'y est pas l'unique élément constituant le ciment qui unit ces cinq sketchs. Suspens, épouvante, thriller et fantastique y font bon ménage. Pourtant, si The Vault of Horror est agréable à suivre, on est loin d'atteindre des sommets en la matière. Les sketchs ne se différencient en effet pas uniquement par les thèmes abordés mais également par leurs qualités variables. Si le premier, le second, le quatrième ainsi que le dernier sont plutôt convaincants, l'histoire du magicien est relativement inintéressante. Ce qui en terme de moyenne, ne s'avère pas bien grave puisque sur les cinq, quatre valent tout de même le coup d’œil même si visuellement, on est beaucoup plus proche d'une déco typiquement seventies que d'un gothique façon Hammer Films. Suffisamment bien interprété, The Vault of Horror reste une bonne surprise, dans l'esprit de la série culte créée par Brian Clemens Angoisse, le fantastique en sus...
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