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jeudi 16 juillet 2026

Voices of Desire de Chuck Vincent (sous le pseudonyme de Mark Ubell) (1972) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Derrière le pseudonyme de Mark Ubell se cache le réalisateur, scénariste, producteur, monteur et acteur américain Chuck Vincent. Décédé à l'âge de cinquante et un ans, il aura tout de même eu le temps de réaliser plus d'une cinquantaine de longs-métrages dont un certain nombre de films pornographiques dans le courant des années soixante-dix avant de se lancer dans la série B dans le milieu des années quatre-vingt. En 1972, il signe le très étrange Voices of Desire que les amateurs bien avisés considèrent comme une version ''adulte'' (puisque érotique), psychédélique et underground du Répulsion de Roman Polanski. En effet, dans le cas de Voices of Desire comme dans celui de Répulsion, les deux longs-métrages mettent en scène une jeune femme psychologiquement fragile. Là où l'un et l'autre prennent des chemins différents concernent leur attitude vis à vis de la sexualité. Si en 1965, Carol (Catherine Deneuve) éprouvait de grandes difficultés de communication avec les hommes en l'enfermant dans une psychose provoquant chez elle une véritable révulsion envers eux, le portrait d'Anna (Sandra Peabody) est déjà beaucoup plus difficile à dépeindre. Mais tout comme chez Roman Polanski, la narration passe chez Chuck Vincent par des phases hallucinatoires qu'il est complexe de dissocier des quelques séquences lors desquelles la jeune femme semble avoir repris ses esprits. Une première chose saute aux yeux : le budget ! Estimé à neuf mille dollars, il rejoint celui de petites productions indépendantes de l'époque parmi lesquelles l'on peut notamment citer le film culte Carnival of Souls de Herk Harvey auquel Voices of Desire est parfois comparé pour son approche surréaliste. Profitons d'ailleurs de cette occasion pour citer l'excellent Messiah of Evil de Willard Huyck et Gloria Katz, autre grand classique de l'horreur psychologique qui faisait également la part belle à un environnement anxiogène, peuplé d'êtres étranges impliqués dans un univers plus ou moins onirique...


S'agissant de Voices of Desire, le film met donc tout d'abord en scène la jeune Anna lors d'un interrogatoire mené par un détective puis un psychiatre pour lesquels Chuck Vincent choisit d'entretenir une certaine ambiguïté en choisissant de ne pas relier ces personnages au nom de leur interprète respectif. Un choix qui semble être directement lié avec cette volonté d'entretenir le doute entre ce qui relève du réel et ce qui tient du fantasme. Si l'on comprend graduellement que l'interrogatoire mené par le psychiatre est directement lié aux événements qui seront ensuite relatés, il est par contre assez difficile de connaître les intentions du détective lorsque à son tour il interroge la jeune femme. Aurait-elle commis un crime ? Toujours est-il que l'on découvre l'un des nœuds du problème : Anna est en effet assaillies en permanence par des voix. Qu'elle se trouve chez elle ou dans la rue, des voix masculines l'enjoignent de les rejoindre. D'évidence, l'intention de Chuck Vincent n'est pas ici de résoudre l'épineux problème qui ronge littéralement son héroïne même si l'on comprendra plus tard l'une de ses origines. À l'issue d'un récit branlant, qui sent très fortement l'amateurisme et le manque de moyens, la situation finale s'avère la même qu'au départ. Et même s'ils s'y mettent à deux pour l'aider, Anna semble condamnée à revivre sans cesse la même situation. D'une durée n'excédant pourtant pas les soixante et onze minutes et malgré qu'il soit considéré comme un film culte par un petit groupe d'individus pour son approche du septième art franchement atypique et underground, Voices of Desire est souvent pénible à regarder. Déjà fort mal maîtrisé par un Chuck Vincent qui hésite entre érotisme, fantastique, épouvante, horreur psychologique et visions surréalistes (des thèmes qui pourtant restent fascinants), le long-métrage est surtout constitué d'une bonne moitié de scènes de nudité lors desquelles l'actrice Sandra Peabody entre en contact physique avec des personnages de sexe masculin et féminin. Une multitude de séquences qui ont énormément de mal à éveiller la libido tant elles sont répétitives et tout sauf aphrodisiaques ! C'est long, très long, trop long et toujours accompagné d'une musique dont la répétitivité finit par taper sur les nerfs ! L'un des rares atouts du film se situe surtout dans cette vision de l'érotisme sur grand écran qui dénote totalement avec ce que l'on a l'habitude de voir. Au final, la promesse de vivre une expérience similaire aux quelques exemples de longs-métrages cités plus haut n'est pas vraiment tenue et Voices of Desire ne reste au fond qu'une curiosité que l'on n'aura pas forcément envie de voir une seconde fois...

 

mercredi 11 mars 2026

Bone Lake de Mercedes Bryce Morgan (2024) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Sage (Maddie Hasson) et Diego (Marco Pigossi) partent en week-end rejoindre une somptueuse demeure isolée et bordée par un lac. En ménage depuis plusieurs années, ils ont la mauvaise surprise de constater qu'un autre couple a réservé lui aussi la même propriété. Choisissant de faire contre mauvaise fortune bon cœur, ils acceptent de partager la maison avec Cin (Andra Nechita) et Will (Alex Roe). Mais alors que les premières heure de la journée se déroulent sans réelles difficultés, au fil du temps qui passe, ces derniers se montrent curieux vis à vis de Sage et de Diego. Voire invasifs et même toxiques. À ce titre, la réalisatrice, scénariste, productrice, directrice de la photographie Mercedes Bryce Morgan a bien du mal à conserver le mystère entourant les personnages de Cin et Will. Deux individus diamétralement opposés à ceux qui vont devoir subir questions et rapprochements physiques dont ils se seraient bien passés... Alors que Diego a l'intention de profiter du week-end pour demander Sage en mariage, un fait relativement courant dans ce genre de production, il est clair que sa compagne n'est pas vraiment prête à se faire passer la bague au doigt. Caricatural jusque dans ses derniers retranchements, Bone Lake se veut un mélange entre film d'horreur, thriller et érotisme. Un jeu auquel se prêtent volontiers les quatre interprètes même si en matière des uns et des autres des genres que la cinéaste s'emploie à injecter au scénario de Joshua Friedlander, l'effet est souvent plus amusant que véritablement angoissant. Relativisant le concept d'érotisme dans une œuvre qui n'en conserve du principe que quelques bribes, les acteurs se montrent par contre relativement timide en terme de nudité. Pas une fesse ni même le moindre téton ou presque ne déborde du cadre. Le sexe n'est ici qu'une question de point de vue servant à tester la fidélité d'un couple confronté à deux individus qui s'aiment d'un amour franc mais aussi déviant comme le démontrera la suite des événements. Rien de véritablement révélateur ici puisque contenu dans un certain nombre de twists dont la plupart se dévoilent bien en amont de leur exposition à l'écran, les effets de surprises tant recherchés par Mercedes Bryce Morgan tombent à l'eau. Mais pas dans celle de ce lac qui malheureusement se veut être un objet de suspens alors même que des plans arrivant bien trop tôt dans l'histoire ne font que confirmer que la cinéaste n'a fait que s'emmêler les pinceaux, trop empressée à dévoiler le contexte réel dans lequel baigne chacun des protagonistes...


Quatre longs-métrages, quelques téléfilms et des épisodes de séries télévisées au compteur n'ont semble-t-il pas entraîné Mercedes Bryce Morgan à perfectionner son art de la mise en scène. Ou bien même celui de la direction d'acteurs. Car si l'on devine un certain potentiel chez ses interprètes, dirigés à la truelle, ils ont l'air tous les quatre de sortir tout juste de leurs études de théâtre, projetés au cœur d'une œuvre qui sur le papier était pourtant prometteuse. Cependant, rien ne va. Réalisation bancale, rythme lymphatique, scénario et mise en scène débilitants. Chaque séquence est prévisible, Mercedes Bryce Morgan prenant en outre le spectateur par la main lorsque le couple Sale/Diego évoque l'hypothétique présence de caméras de surveillance... On se dit, alors, que non, la réalisatrice ne va tout de même pas oser... Qu'elle a bien dû trouver une alternative expliquant certains faits relatés par Will ou Cin et que Sale et Diego devraient être logiquement les seuls à connaître. Mais non, une fois de plus, Mercedes Bryce Morgan tombe dans le panneau et n'offre jamais au spectateur le sentiment d'être surpris par un twist qu'il n'avait pas vu venir. Ah si ! Quand même. Vers la fin. Un événement qui pour le coup pourra surprendre le public ! L'intérêt de ce genre de production étant habituellement de générer un sentiment de malaise face au comportement d'individus psychologiquement instables mettant en péril l'existence d'un autre couple, l'efficacité d'un tel concept vu, revu, rabâché maintes fois peut fonctionner peu ou prou sur certains spectateurs mais certainement pas sur ceux qui sont rompus à ce genre d'exercice... dont on devine en outre la conclusion... plutôt sanglante il est vrai. Au final, Bone Lake ment sur la marchandise. Pas ou peu de sexe, des effusions de sang retranchées vers la fin du récit et un script intéressant mais abordé de manière bancale...

 

jeudi 23 octobre 2025

Snuff killer - La Morte in Diretta de Bruno Mattei (2003) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Cinéaste culte très apprécié des amateurs de séries B, Z et surtout de nanars, le réalisateur, scénariste et monteur italien Bruno Mattei fut l'auteur de plus d'une cinquantaine de longs-métrages, qu'il signa sous son vrai nom mais aussi sous ceux de Jordan B. Matthews, Stefan Oblowsky, George Smith, Gilbert Roussel, Werner Knox, Bob Hunter, Michael Cardoso, Pierre Le Blanc, Frank Klox, Herik Montgomery, William Snyder, Martin Miller, David Hunt mais aussi et surtout sous celui de Vincent Dawn. Homonyme sous lequel il signa quelques œuvres depuis devenues mythiques pour qui sait raisonnablement faire la différence entre un classique du septième art et une œuvre fauchée mais cependant tournée avec toute la générosité et la sincérité du monde ! Parmi elles, Virus Cannibale en 1980 et Les rats de Manhattan en 1984 demeurent sans doute les plus connues et les plus réussies. Reprenant en fin de chemin son fameux pseudonyme, Bruno Mattei mettra un terme à sa carrière en mettant en scène deux films de zombies : L'isola dei Morti Viventi et Zombi: La creazione tous deux réalisés en 2007. Quant à Bruno Mattei lui-même, il nous quittera le 21 mai de cette année-là après nous avoir offert tant et tant de plaisirs coupables... Pourtant, parmi ses cinquante-sept projets qui constituèrent sa carrière de cinéaste, l'italien n'a pas toujours été au rendez-vous lorsqu'il s'agissait de proposer un projet certes bancal mais profondément touchant de part son ouverture d'esprit et son indifférence s'agissant du ''qu'en dira-t-on''... Parmi les quelques exemples qui pourraient être évoqués à ce sujet, Bruno Mattei signa en 2003 un Snuff killer - La Morte in Diretta beaucoup plus proche de la série Z que du nanar auquel les fans du cinéaste préfèrent généralement rapprocher sa carrière. Une œuvre qui mérite cependant d'être découverte en ce sens où elle évoque étrangement le Taken de Pierre Morel qui pourtant ne sortira que cinq ans plus tard. Au point que l'on peut se demander si Luc Besson et Robert Mark Kamen, alors à l'écriture de cet excellent thriller d'action ne se seraient pas inspirés du long-métrage de Bruno Mattei lors de la conception de leur script. Une boutade, bien entendu puisque en réalité, dans le domaine de l'hypothétique plagiat, c'est bien Snuff killer - La Morte in Diretta que l'on pourrait accuser d'avoir osé pompé le scénario d'une œuvre beaucoup plus ancienne réalisée et écrite en 1978 par l'américain Paul Schrader sous le titre Hardcore...


Dans celui-ci, l'acteur George C. Scott incarnait le rôle du calviniste Jake CanDorn. Un individu qui découvrait avec effroi que sa fille tournait dans des films pornographiques avant de se lancer à sa recherche. S'agissant de Snuff killer - La Morte in Diretta, Bruno Mattei met en scène l'actrice Carla Solaro (Paprika de Tinto Brass) dans le rôle de Michelle, épouse d'un politicien et mère d'une jeune femme kidnappée par un réseau de pornographie extrême dans lequel les victimes sont violées, torturées puis assassinées. Alors qu'à l'époque le concept de Snuff Movie n'est encore qu'une légende, Bruno Mattei met donc en scène une mère désespérée qui entre Paris et Hambourg se lance à la recherche de sa fille disparue. Mariée à un homme qui n'est que le beau-père de celle-ci et qui ne veut surtout pas sacrifier sa carrière et refuse donc que les autorités soient mises au courant de sa disparition, Michelle va devoir enquêter seule jusqu'à trouver l'organisation criminelle qui détient sa fille. Une organisation à la tête de laquelle se trouve le Docteur Hadès qu'incarne à l'écran l'actrice Anita Auer dont la carrière se résumera à ce seul long-métrage ainsi qu'à douze épisode de la série Capri créée en 2003 par l'italien Carlo Rossella et produite par la Rai Fiction. En comparaison des deux longs-métrages cités plus haut, comme on s'en doute, Snuff killer - La Morte in Diretta jette ses personnages et ses interprètes dans une œuvre plus bas que terre. D'une indigence artistique qui renvoie l'ensemble dans ce qui aurait pu être le pire de la production pornographique si seulement Bruno Mattei avait choisit de tourner un film X plutôt que ce drame dans lequel l'interprète principale se déplace à la vitesse d'un paresseux. Montage approximatif (un plan montre Michelle se précipiter du haut d'un escalier tandis que le suivant la voit descendre les marches à l'allure d'un escargot), photographie désastreuse, interprétation calamiteuse, Snuff killer - La Morte in Diretta n'a vraiment rien pour attirer le chaland en dehors de quelques maladives séquences de tortures peu crédibles empruntant le concept du Torture-Porn. Bref, l'on tient là sans doute l'un des pires films de Bruno Mattei. Celui que l'on gardera au mieux sous le coude en cas d'état de manque.... Un film que l'on réservera donc aux plus courageux ou aux fans purs et durs du cinéaste italien...

 

mardi 29 avril 2025

Magdalena, vom Teufel Besessen de Walter Boos (1974) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Évoquons cette fois-ci le cas de Magdalena, vom Teufel Besessen du réalisateur, scénariste et monteur allemand Walter Boos. Un cas très particulier s'agissant de ce film d'horreur sorti sur les écrans un an après L'exorciste de William Friedkin. Cinéaste spécialisé dans le cinéma pour adultes porté sur les comédies érotiques, voilà qu'en 1974 le bonhomme profite du succès outre-atlantique de ce qui deviendra comme l'une des principales références en matière de possession au cinéma pour tourner sa propre vision du phénomène. À la fidèle traduction du titre allemand Madeleine, possédée par le diable, les distributeurs français lui préférèrent le très évocateur Magdalena la Sexorcisée. En à peine un mot, l'on sait déjà à quoi s'attendre. Une version érotisée du long-métrage de William Friedkin mais à la différence duquel, l'héroïne du récit interprétée par l'actrice Dagmar Hedrich n'est pas la victime d'un cas de possession perpétré par un quelconque démon mais par l'esprit de son oncle récemment retrouvé crucifié après qu'il ait été assassiné par un inconnu. Dans le rôle-titre de Magdalena Winter, la jeune actrice se voue corps et âme au principe même du film qui veut que cette très jolie pensionnaire d'un institut pour jeunes filles va très rapidement (et donc sans la moindre finesse psychologique) se muer en une véritable ogresse du sexe. Sautant sur tout ce qui bouge, qu'il s'agisse de ses colocataires, de sa directrice, des inconnus qu'elle croisera au détour d'un chemin ou même du docteur Stone (Michae Hinz) qui plus tard sera chargé d'étudier le cas de Magdalena avant de tomber sous son charme, la jeune femme est, contrairement à la jeune Regan de L'exorciste, libre de ses mouvements. N'étant tout d'abord pas cantonnée aux seuls quatre murs de sa chambre et demeurant véritablement instable en ce sens où on ne sait jamais combien de temps dureront les temps d'accalmie (lesquels vont se révéler assez rares), les scènes durant lesquelles Dagmar Hedrich gesticule en nuisette (quand elle n'est pas tout simplement à poil la plupart du temps) ont semble-t-il l'effet inverse de celui recherché.


En effet, difficile de ne pas sourire dans les premiers instants lorsque l'actrice simule en solo des rapports sexuels avec une entité invisible... Mais ne rêvons pas. Ici, rien de commun avec le chef-d’œuvre The Entity signé de Sidney J. Furie en 1982 dans lequel le réalisateur américain relatait un authentique fait-divers autour duquel une femme avait prétendument été la victime de viols perpétrés par une entité invisible ! Avec Magdalena, vom Teufel Besessen, l'on est beaucoup plus proche du nanar que du classique du cinéma horrifico-fantastique. Pourtant, il reste appréciable de voir l'actrice allemande se démener avec un tel entrain... et sans le moindre complexe puisque Walter Boos va la filmer sous toutes les coutures et dans toutes les positions. Nue comme un ver, aussi blanche qu'un patient atteint d'anémie, transpirant à grosses gouttes et de profondes cernes sous les yeux, le réalisateur parvient malgré tout à rendre sexy son interprète principale. Encore faut-il être en mesure d'accepter ce perpétuel bourdonnement de mouche qui renvoie à la morgue où fut autopsié l'oncle défunt. L'intervention sonore de l'insecte renvoyant ainsi à l'imagerie plutôt sordide de la nécrophilie puisque chaque fois que Magdalena a... le feu au cul, l'on entend le battement d'ailes d'une mouche. Ce même insecte nécrophage que l'on raccorde systématiquement à la présence alentour de cadavres en putréfaction. Bref, si l'on ne se voile pas les yeux à la vue des contours physiques de Dagmar Hedrich lorsque l'actrice s'arrache les vêtements, le propos s'avère parfois relativement déviant. Mais pas au point de choquer un public conquis par l'aspect kitsch de certains environnements qui laissent entendre que le film aurait été tourné entre la Bavière et le Tyrol. Bière et musique du terroir accentuent le statut de nanar de Magdalena, vom Teufel Besessen. Un film pas si dégueulasse que ça même si dans le domaine on a vu beaucoup mieux. Et puis, il y a les scènes d'hystérie de l'héroïne, sa propension à se foutre à poil et quelques séquences inspirées comme celle où Magdalena vomit un serpent (qui fera ensuite malheureusement les frais du script en étant piétiné du talon par l'acteur Michael Hinz). Détail amusant, l'acteur Rudolf Schündler qui tient ici le rôle du Père Conrad incarna un an plus tôt dans L'exorciste le personnage de Karl Engstrom. Oui, oui, il s'agit bien de celui qui interpréta le rôle de l'employé de la famille Ma&cNeil qui lors d'une réception se fit traiter de nazi par un certain Burke Dennings alors pris de boisson...

 

jeudi 15 août 2024

Mutants of Nature Cove de Beau Man (2024) - ★☆☆☆☆☆☆☆☆☆



 

 

Dans le monde si précieux du septième art, il y a les Classiques, les chefs-d’œuvre, les films cultes, les séries B, les séries Z, les nanars, les navets et... des cas d'écoles difficiles à catégoriser tant leur existence demeure du domaine du chimérique. Le genre d'objets filmiques non identifiés dont la vision appartient du domaine de l'exploit tant l'expérience s'avère proprement repoussante. Et dire qu'en son temps, Ed Wood fut considéré comme le plus mauvais réalisateur de l'histoire du cinéma. Ou que The Room de Tommy Wiseau fait désormais partie des longs-métrages dont la réputation lui vaut une certaine notoriété auprès des amateurs de nanars. Ou que les six longs-métrages de la série des Sharknado réalisés par Anthony C. Ferrante entre 2013 et 2018 se prévalent d'une indignité crasse... Il y a quelques années j'osais critiquer l'infâme Attack of the Giant Blurry Finger de Cody Clark pour lequel je reçu une volée de bois vert de la part d'un individu planqué sous l'immunité de l'anonymat. J'aurais presque envie de m'excuser auprès de l'auteur de cet étron cinématographique tant il brille de qualités EN COMPARAISON de l'ignoble expérience que se révéla être Mutants of Nature Cove de Beau Man ce jour-ci. Premier et sans doute dernier film pour cet authentique escroc qui ferait passer pour un chef-d’œuvre du cinéma d'épouvante le Paranormal Activity d'Oren Peli en 2007, Mutants of Nature Cove repousse de si loin l'ignominie qu'il me rend finalement plus que jamais fier d'avoir ''vendu'' autour de moi les ''mérites'' insoupçonnés et insoupçonnables que revêtent les deux volets de la franchise Birdemic de James Nguyen (dont j'attends d'ailleurs très impatiemment la troisième itération). Deux films techniquement déplorables mais qui au travers d'un manque de savoir-faire et de professionnalisme les hissèrent très justement au rang de films cultes et nanardesques. Du moins, de mon point de vue. Chose qui n'arrivera sans doute jamais à Mutants of Nature Cove dont l'attrait n'atteint même pas celui d'une séance diapositive projetée par un lointain cousin dont on n'a rien à foutre ! Si visionner un film en accéléré n'est franchement pas dans mes habitudes (Baise-moi de Virginie Despentes n'y échappa cependant pas), vu que le scénario de Mutants of Nature Cove ne repose non pas sur le tranchant d'une feuille de papier à cigarette mais sur la pointe d'une aiguille à coudre, il faut imaginer combien suivre les non-aventures de cette brochette ''d'interprètes'' dénudés a de quoi faire passer Morphée et Hypnos pour des maîtres dans l'art de l'insomnie !


Il est plus facile de conseiller à l'amateur de cinéma d'art et d'essai d'ingurgiter quarante-huit heures d'affilée des dizaines de nanars que de proposer à un fan absolu de séries Z les connaissant tous sur le bout des doigts de cesser toute activité pour s'intéresser au bousin de Beau Man. Tourné en studio (quiconque osera prétendre le contraire sera tondu puis pendu sur la place publique), Mutants of Nature Cove n'a pour seul intérêt que ses jeunes actrices qui après seulement quelques lignes de palabres se foutent à poil avant de s'allonger sur une plage de sable synthétique ! En arrière-plan, des dizaines d'images, tantôt fixes, tantôt animées, figurant ici une falaise ou là, une mer déroulant des vagues parfois houleuses, le tout étant invariablement projeté sur fond vert ou bleu. Autant dire que visuellement, ça pique les yeux. Pires qu'un fond d'écran datant de Windows95, les décors n'arrivent jamais à faire croire au public (celui, crédule, qui paraît être la cible principale du réalisateur) que les personnages sont bien là où ils sont censés être. On les imagine davantage dans un petit studio entouré de murs verts avec pour équipe technique, le réalisateur, un cameraman et un perchiste. Peintures corporelles, massages, utilisation d'écran total, pose-sandwich, nos jeunes actrices ont une foule d'activités à proposer mais qui n'intéresseront malheureusement que les amateurs de fesses légères et de poitrine (parfois) tristes. En effet, malgré leur jeune âge, certaines des interprètes on la tétine molle. Déprimant ! Des culs, des culs, des culs, toujours des culs, rien que des culs, pour le plaisir des lubriques spectateurs qui au sens strict du terme n'en ont rien à faire des qualités scénaristiques ou techniques du long-métrage. Puis interviennent plus tard lors du ''récit'' des créatures mutantes dont les qualités visuelles sont à peine dignes du forum international des nouvelles images qui jusqu'en 1986, année où il changera de nom pour devenir Imagina, récompensa des œuvres créées à partir d'images de synthèse. Bref, Mutants of Nature Cove n'est pas un film. Juste une idiotie totalement et artistiquement désœuvrée qui aura malgré tout permis au réalisateur d'empocher la modique somme de 165 000 dollars. Et comme on imagine que son film n'a pas du coûter plus que quelque centaines ou milliers de billets verts, le calcul suffit à comprendre où se situe pour lui le principal intérêt de son projet... Poubelle...

 


mercredi 8 mai 2024

Les charnelles de Claude Mulot (1974) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Il y a ceux qui passent de la pornographie au cinéma dit classique (Gérard Kikoïne) et ceux qui empruntent le chemin inverse. Claude Mulot fait partie de ceux-ci. Lui qui malgré tout aimait parsemer ses premiers longs-métrages d'un certain nombre de séquences de nudité certes relativement sobres au regard de la tournure que prendra sa carrière dès 1975 allait signer un an auparavant, Les charnelles. Un titre qui sent bon le soft-porn pour amateurs d'érotisme du dimanche soir... Bien avant de réaliser le film culte Le sexe qui parle, découvert un soir, alors que j'étais adolescent, en cachette sur Canal+ et chez ma tante qui dans la famille était seule détentrice du décodeur, ainsi que le très excitant La femme-objet avec LA bombe de l'époque, l'actrice Marilyn Jess, Claude Mulot abordait en 1974 Les charnelles sous un angle assez particulier. Semblant hésiter entre le drame, le thriller et l'érotisme... Et lorsque l'on ne sait pas vraiment sur quel pied danser, le mieux reste sans doute encore de mélanger les genres pour ne pas faire de jaloux. Oisif et officiellement déclaré impuissant par une jeune femme qui tentait de le séduire afin de remporter un concours entre copines sexuellement libérées, Benoît aurait dû paraître beaucoup plus inquiétant que ne l'affiche son apparence physique. Équivalant cinématographique du chanteur français ET homosexuel Hervé Vilard, son interprète Francis Lemonnier fut notamment aperçu dans quatre épisodes de la mythique série télévisée Les chevaliers du ciel en 1968 ou dans quelques bons gros nanars, des comédies franchouillardes aux titres évocateurs tels que Les surdoués de la première compagnie de Michel Gérard ou Le jour se lève et les conneries commencent, lequel permettra à l'acteur et au réalisateur Claude Mulot de se retrouver à nouveau sur un plateau de tournage.


D'ailleurs, si l'on doit comptabiliser les œuvres qu'ils tournèrent ensemble, il serait bon d'ajouter à leur actif La saignée en 1971, Profession: Aventuriers en 1973 ainsi que Le couteau sous la gorge en 1986. Question parité hommes/femmes, le compte, ici, n'y est pas. Six acteurs de sexe masculin pour onze interprètes féminines. Mais au fond, qui s'en plaindrait ? Certainement pas les hommes venus découvrir sur grand écran dès le 20 février 1974 des actrices prêtes à sacrifier leur pudeur en se foutant à poil face caméra ! Plutôt jolies d'ailleurs. Pas un bout de gras qui ne dépasse de silhouettes longilignes. Des poitrines fermes et pas encore gonflées au silicone. Des toisons pubiennes fournies, à une époque où la chasse au moindre poil n'était pas encore l'un des exercices préférés des amateurs ''d'études gynécologiques horizontales''... Patrick Penn (qui de son côté incarne un ersatz de Bernard Campan à moumoute frisée) interprète quant à lui le rôle de Jean-Pierre, jeune voyou qui tentait de lui voler sa voiture mais que le premier prendra étrangement sous son aile. Puis débarque ensuite un contingent... enfin, une section devrais-je écrire, de jolies naïades. Comme l'actrice belge Anne Libert (bien plus jolie ici en brune que lors de ses apparitions peroxydées), la française Barbara Sommers (un nom qui fleure bon le pseudo de film porno et qui pourtant, ben non, est son véritable nom), la chanteuse, comédienne et enseignante artistique Mireille Rivat, la très jolie Karin Meier ou encore la déjà nettement plus connue Katia Tchenko, actrice franco-ukrainienne et l'une des reines du nanar à la française (Mon Curé Chez les Nudistes de Robert Thomas, Les bidasses au pensionnat de Michel Vocoret ou encore Le bahut va craquer de Michel Nerval).


Actrice pour qui montrer ses jolis nénés sur grand écran a toujours été comment dire... un sacerdoce... Ça n'a rien à voir mais de son vrai nom Catherine Kraftschenko et désormais âgée de soixante-seize ans, Katia Tchenko ressemble de plus en plus à l'actrice Anna Gaylor... Mais siiiiiii, c'est elle qui jouait notamment le rôle de la maman ''légèrement'' envahissante de Joëlle Mazart dans la série culte, Pause Café en 1981. Bon, bref, Les charnelles, c'est une bonne grosse dose d'érotisme qui de nos jours ne peut guère plus choquer que ceux que certains jugent d'arriérés de contraindre leur(s) épouse(s) ) à porter le voile ! Francis Lemonnier interprète un Benoît qui durant les quarante-cinq premières minutes observe une attitude de légumineux attendant que l'on vienne le déterrer ! Que ça peut être mou. Cette violence, ce côté sombre et morbide que promet le synopsis tente à se faire désirer plus que de raison. Du moins jusqu'à ce passage où un violeur (qui mérite certainement son sort) se fait rouer de coups par nos deux protagonistes masculins. Putain de changement d'ambiance. Trop longue, la séquence mène immanquablement vers le malaise. Et ensuite ? Re-cul, pour celles mais surtout pour ceux (vu que les mecs ne se désapent jamais) qui n'en auraient jamais assez de voir pointer vers eux les tétons de nos charmantes ''jouvencelles''. Sans le savoir, et plus de vingt ans avant que le phénomène ne prenne de l'ampleur de l'autre côté de l'Atlantique, Claude Mulot inventait le gang-bang avec cette salope...fille qui s'envoie des mecs à la chaîne comme un vrai distributeur de banque dans lequel des types habillés comme des adeptes de Charles Manson attendent de pouvoir à leur tour introduire leur ''carte bancaire'' dans la fente de la jeune femme l'appareil... Si vous voyez ce que je veux dire... mais vous voyez ce que je veux dire, j'en suis certain ! La belle-mère de Benoît est une sacrée vicieuse qui aimait se montrer nue devant son beau-fils. Résultat, les montées de sèves sont quasi impossible chez notre protagoniste qui s'en va donc se défouler d'une toute autre manière. Tourné la même année que le film culte de Dusan Makavejev Sweet Movie (et dans lequel la sensuelle et troublante Carole Laure se faisait un ''gommage du visage'' à l'aide d'un zguègue mou comme une huître avant de plonger dans une bassine remplie de chocolat liquide, miam!) Certains considèrent Les Charnelles comme une œuvre culte et essentielle dans le domaine de l'érotisme ? Ils en ont bien le droit. Mais bon, question scénar', on reste malgré tout sur sa faim. Car à part se ''faire la main'' sur les nombreuses scènes de sexe, y'a quand même pas grand chose à se mettre sous la dent. Érotisme, psychédélisme, j'm'enfoutisme,C'est donc à peu près tout... Ce qui n'est déjà pas si mal au fond...

 

vendredi 2 février 2024

TROMA : Maniac Nurses Find Ecstasy de Léon Paul De Bruyn (1990) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Je veux bien accorder du crédit à tout ce que produit l'industrie du cinéma. Surtout s'il s'agit d'une œuvre sortant des écuries Troma Entertainment... Mais seulement jusqu'à un certain point. D'origine Belge, hongroise et américaine, Maniac Nurses Find Ecstasy fait sans doute partie des pires bousins qu'ait distribué la société de production américaine créée en 1974 par Lloyd Kaufman. Un type adorable d'ailleurs, dès lors qu'il nous propose un cinéma trash ultra festif et irrévérencieux, mais déjà beaucoup moins attachant lorsqu'il impose à ses fans ce type de produit purement Z d'abominable facture. Et c'est un fan de cette cultissime société qui pourtant écrit ça ! Maniac Nurses Find Ecstasy est le premier des deux seuls longs-métrages que réalisera durant tout sa carrière le cinéaste originaire de Bruxelles Léon Paul De Bruyn. Vingt-trois ans sépareront d'ailleurs celui-ci de Parts of the Family, lequel sera à son tour distribué par la Troma en 2003. Progéniture non officielle ou vilain et boiteux petit canard d'une franchise qui ne le reconnaît pas comme l'un de ses enfants, Maniac Nurses Find Ecstasy reprend à son compte les prénoms de deux vedettes d'une séries de films estampillés Nazisploitation qui dans les années soixante-dix donnèrent naissance à quatre longs-métrages appréciés des amateurs de femmes tortionnaires vêtues d'uniformes nazis : Ilsa, la louve des SS et Ilsa gardienne du harem de Don Edmonds,Ilsa, la tigresse du Goulag de Jean Lafleur ainsi que Greta, la tortionnaire de Jesus Franco. Cela n'étonnera personne de découvrir que les interprètes du premier long-métrage du réalisateur et scénariste belge n'auront pas poursuivi leur carrière d'acteur. Majoritairement constitué d'un casting d'interprètes féminines, Maniac Nurses Find Ecstasy situe son action dans une clinique où les patients ne se bousculent pas. Il faut dire qu'à chaque fois ses très chaudes et très perverses infirmières ne leur laissent pas suffisamment de temps pour se remettre de leurs éventuelles blessures ou maladies, lesquels meurent rapidement pour finir enterrés dans un trou creusé dans la forêt avoisinante...


C'est en toute objectivité que l'on affirmera donc que le film est une série Z. Il n'y a qu'à voir avec quelle propension le jeu de ses actrices est poussif et la mise en scène indigente. D'une durée n'excédant pourtant pas les soixante-treize minutes, Maniac Nurses Find Ecstasy va très rapidement devenir un calvaire à poursuivre jusqu'à son terme tant la réalisation de Léon Paul De Bruyn est mollassonne. Sa caméra appuie effectivement trop longuement son regard sur ses actrices qui, certes sont jolies pour la plupart, mais n'apparaissent pas non plus comme d'authentiques gravures de mode sur lesquelles nous pourrions avoir envie de nous laisser aller à la contemplation. D'autant plus que le film, qui au départ promet du sexe et du sang est en la matière assez avare. Surtout lorsqu'il s'agit de la première catégorie. Quelques poitrines ou fesses timidement dénudées ne comblent malheureusement pas le vide abyssal qui joint une séquence à une autre. Pire, au cœur même de celles-ci, les jeunes femmes parmi lesquelles Susanna Makay dans le rôle de Sabrina, Hajni Brown dans celui d'Ilsa ou encore Celia Farago dans la peau de Greta semblent attendre que le réalisateur bruxellois leur donne des directives sur le comportement à adopter lors de telle ou telle scène. Question horreur, là encore c'est la déception. D'autant plus que vers le début le spectateur aura droit à une explosion de tête qui laissera présager un véritable festival gore. Mais de ce côté là, rien de mirobolant. Une autopsie faussement sanguinolente sans doute pratiquée à base d'abats d'animaux prélevés chez l'un des bouchers de la région ou quelques effusions de sang par-ci, par-là. Maniac Nurses Find Ecstasy se traîne et donc est long, très long, tellement long. Rien de véritablement passionnant donc à part, peut-être, quelques toutes petites séquences qui ne peuvent empêcher le rire de s'échapper d'entre nos lèvres. Celle durant laquelle un type perd un pied demeurant sans doute l'un des passages qui auraient pu offrir au long-métrage un statut de nanar s'ils n'avaient pas été malheureusement si rares. Notons que le film est de plus doublé en anglais, ce qui n'améliore absolument rien. Bref, Maniac Nurses Find Ecstasy est un produit de curiosité a réserver en exclusivité aux fans purs et durs de la Troma, lesquels risquent eux-même de déchanter devant l'absence totale d'intérêt et de plaisir...

 

vendredi 12 janvier 2024

Tendre Dracula (La grande trouille) de Pierre Grunstein (1974) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

C'est horrible à dire mais qu'est-ce que l'on aura surtout retenu de la florissante carrière de l'acteur français Bernard Menez ? Cette très fumante séquence du Chaud lapin de Pascal Thomas lors de laquelle il chia, sans le savoir, sur une pelle tenue par deux jeunes garnements près d'un buisson avant d'inspecter les lieux pour découvrir que le fruit de son labeur avait disparu. Sur un C.V, cela peut faire désordre lorsque l'on est un tant soit peu ambitieux mais peut vous ouvrir grandes les portes du temple du Nanar où a un peu trop systématiquement sa place Bernard Menez. Il est des œuvres telles que Tendre Dracula qui font travailler l'imaginaire bien avant qu'elles ne fussent offertes à la boulimie des cinéphages. Si les parodies sont une monnaie courante dans le septième art, il en est certaines qui forcément touchent plus précisément le public hexagonal. Et même si Plus moche que Frankenstein tu meurs d'Armando Crispino est bien originaire d'Italie, la seule présence du très populaire Aldo Maccione dans nos contrées poussa sans doute certains chauvins d'origine française à se l'approprier. Il demeure pourtant quelques exemples de parodies fantastiques bien de chez nous dont Les Charlots contre Dracula de Jean-Pierre Desagnat demeure encore aujourd'hui comme l'un des plus ''brillants'' exemples. Vampirisme encore à l'évocation de Dracula père et fils d'Edouard Molinaro qui deux ans après Tendre Dracula allait confronter l'immense Christopher Lee à Bernard Menez. Mais avant cela, c'est donc à un autre très grand interprète britannique que l'acteur français allait se frotter dans cette chose parfaitement incongrue signée de Pierre Grunstein dont le métier de réalisateur allait stopper à l'issue de ce seul long-métrage pour se consacrer à la production d'un certain nombre d'excellents films (L'aile ou la cuisse, La course à l'échalotte, Uranus ou encore le diptyque Jean de Florette et Manon des sources). Surtout connu pour sa carrière dans le cinéma d'épouvante, l'acteur Peter Cushing interpréta notamment à plusieurs reprises le personnages du professeur Abraham Van Helsing, célèbre chasseur de vampires souvent confronté à son ami, l'acteur Christopher Lee, lequel incarnait de son côté le fameux Dracula ! Tendre Dracula apparaît comme un caillou dans une chaussure dans une carrière souvent exemplaire car si même le film de Pierre Grunstein réunit quelques sympathiques interprètes hexagonaux à l'image de Miou-Miou ou de Julien Guiomar, il n'est pas honteux de reconnaître que de visionner le film jusqu'à son terme n'est pas vraiment une partie de plaisir.


Également exploité en salle sous le titre La grande trouille, Tendre Dracula se permet quelques incartades dans des domaines parfois inattendus qui n'arrangent rien à l'affaire. Comme ces quelques passages qui transforment le film en comédie musicale. La même année, Miou-Miou venait de tourner Les valseuses de Bertrand Blier avec Gérard Depardieu et Patrick Dewaere et auprès desquels la jeune actrice se désapa très facilement. On ne s'étonnera donc pas de la voir ici exhiber sa très belle silhouette dénudée tout au long du long-métrage, suivie de très près par Nathalie Courval qui juste avant avait joué auprès de Claude Brasseur, Guy Marchand et Robert Castel dans Attention les yeux ! de Gérard Pirès et dans lequel elle interprétait la compagne d'un réalisateur contraint d'adapter La chartreuse de Parme en une version pornographique. Julien Guiomar se fait relativement discret (du moins lorsqu'il n'est pas à l'image) dans le rôle d'un producteur contraignant deux de ses employés ainsi que deux jeunes et jolies femmes à se rendre chez un acteur spécialisé dans le cinéma d'horreur afin de le convaincre de bien vouloir continuer sa carrière dans le genre qui le rendit célèbre malgré ses réticences. Écrit par Justin Lenoir et notamment produit par Claude Berri et Christian Fechner, Tendre Dracula est un grand fourre-tout souvent indigeste, entre comédie musicale, érotisme, gore, épouvante et comédie dont nous ne retiendrons qu'un ou deux plans vraiment superbes, un Bernard Menez hurlant de douleur lorsque l'actrice italienne Alida Valli lui grave à la jambe gauche et jusqu'au sang son prénom ou un Peter Cushing doublé en français par le génial Jean Rochefort. Comme dans tout bon ou mauvais film de vampire, nos quatre personnages sont accueillis au sein d'une bâtisse qui possède un certain charme (la salle de bain, les longs couloirs), lesquels vont subir toutes sortes de maltraitances dont certaines auront comme issue quelques plans gore plutôt sympathiques. Mais pas de quoi se pâmer d'admiration devant cette piètre comédie d'épouvante qui n'ameutera au fond que les plus curieux ou les fans absolus de films de vampires qui voudraient compléter leur collection...

 

samedi 23 décembre 2023

Entrails of a Beautiful Woman (Bijo no Harawata) de Kazuo 'Gaira' Komizu (1986) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Le réalisateur japonais Kazuo 'Gaira' Komizu n'aura pas attendu bien longtemps avant de remettre le couvert suites aux événements se situant au sein de Shoro no Harawata et dans lequel l'équipe de tournage d'un long-métrage était aux prises avec un démon violeur et assassin. Dans cette séquelle qui n'en est pas vraiment une puisque l'on ne retrouve aucun des interprètes ni aucun des personnages du premier, Bijo no Harawata abandonne donc totalement la petite équipe de six personnes qui se retrouvait alors enfermée de nuit dans une étrange demeure située en forêt et au dehors de laquelle rôdait un bien curieux individu. Aussi libidineux que pouvaient l'être d'ailleurs les trois cinéastes en herbe qui profitaient de la fraîcheur nocturne pour se réchauffer auprès de jeunes femmes pas tout à fait consentantes. Du sexe et du gore pour un final relativement trash constitué d'ébats sexuels et sanguinolents du plus vomitif effet (le fist-fucking!). Pour cette fausse suite, donc, Kazuo 'Gaira' Komizu réinvestit des territoires qu'il connaît bien puisqu'une fois de plus, c'est bien l'intimité de ses principales interprètes féminines qui va intéresser le réalisateur qui s'en donne à cœur joie en exploitant cette fois-ci le thème de la traite des blanches au sein d'un clan de yakuzas particulièrement violent. De jeune femmes sont en effet kidnappées après avoir été endormies à l'aide de somnifères. ''Testées'' sur leur capacités sexuelles, elles sont ensuite droguées puis envoyées en Afrique afin d'être vendues à de riches ''négociants'' ! Cependant, parmi les victimes de ces odieux individus, une jeune psychologue va se charger de faire payer à ces derniers leur attitude envers la gente féminine d'une manière tout à fait inattendue. Car la jeune femme, piégée, kidnappée et violée à son tour va développer un drôle de...''don'' après que le boss du clan des yakuzas lui ait administré une forte dose de drogue. La jeune femme va en effet se transformer en une créature monstrueuse, rougeoyante, la chair à vif et... hermaphrodite! Dotée d'un pénis aux dimensions impressionnantes et au bout duquel se trouve en lieu et place du gland, une horrible petite tête pourvue d'yeux aveugles et dents acérées. Bref, nous sommes bien là devant du Kazuo 'Gaira' Komizu pur jus. Un artiste sans concession mais qui dans le cas de Bijo no Harawata se permet finalement moins de transgressions sexuelles que dans Shoro no Harawata qui dans sa dernière partie osait l'impensable avec l'une de ses héroïnes pratiquant plusieurs actes de nécrophilie.


Rien de cela désormais mais les habituelles caresses buccales, étreintes et fellations sont toujours au rendez-vous. Mais ici, rien de très osé puisque le film s'arrête là où la pornographie commence généralement. Rien d'hyper scabreux même si le fait que la quasi totalité des actes sexuels soient perpétrés sous la contrainte demeure tout de même assez dérangeant. Tout comme son aîné de quelques mois, Bijo no Harawata constitue un exemple d'érotisme gore dont semble être friand le cinéma asiatique et le Japon en particulier. Si là encore le scénario n'est semble-t-il pas la principale préoccupation du réalisateur, un très léger effort a malgré tout été entreprit en ce sens. Pour le reste, le long-métrage n'est qu'un amalgame d'invraisemblances dont on se fout finalement. Les actrices sont jolies et leur partenaires masculins relativement inspirés lorsqu'il s'agit de faire payer de sa vie, l'un des membres de l'organisation pour avoir trahit les siens. Même si l'on attend presque la bave aux lèvres le moment où les chiens fous pourront s'attaquer au nœud du problème, voir ce pauvre type se faire littéralement massacrer reste une expérience difficile. Et ce, même si les effets-spéciaux sont parfois ridicules (le visage coupé en deux dans le sens de la hauteur). L'on rencontre également le même type de problème que lors du visionnage de Shoro no Harawata, lequel proposait déjà une post-synchronisation désastreuse. Dans le cas de Bijo no Harawata, c'est pire encore. Entendre crier l'une des victimes alors qu'elle a la bouche fermée, non, vraiment, ça ne le fait pas. Tout comme les actes sexuels que l'on devine bien entendu simulés mais dont la simple expression est gâchée par manque de sérieux évident. À l'image de ce coït lors duquel une jeune vierge perd du sang alors même que l'on voit très clairement à l'image que son agresseur n'a même pas baissé son caleçon ! Bref, ça reste du Kazuo 'Gaira' Komizu, comme on l'aime ou comme on le déteste. Un film que l'on déconseillera aux enfants mais peut-être plus encore aux néo-féministes qui risquent de hurler devant tant d'insanités...

 

vendredi 22 décembre 2023

Entrails of a Virgin (Shojo no Harawata) de Kazuo 'Gaira' Komizu (1986) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Bon, ''gros'', j'imagine qu'avec une telle affiche, j'ai pas besoin de te faire un dessins, hein ? Surtout que l'artiste qui s'est sexuellement épanché à grands coups de feutres de couleur rouge et bleue a choisi, comme par hasard, de nous dénicher l'une de ces séquences typiquement japonaises relevant de l'art du Bondage ! Non mais... t'as vu la gueule du type en arrière-plan ? Le genre à faire la sortie des écoles pour offrir son sucre d'orge à des gamin(e)s dont les parents n'auraient pas fait la leçon au sujet des pervers qui traînent en fin de journée devant les établissements scolaires. En même temps, qui s'attendrait à ce qu'une gamine de six ou huit ans passe sa journée avec sous sa jupe un collant transparent cachant à peine une culotte en dentelle ? Entrails of a Virgin (ou Shojo no Harawata dans sa langue d'origine et Entrailles d'une vierge traduit dans notre langue) est le premier volet d'une trilogie initiée en 1986. Et comme l'affiche laisse supposer un minimum de sexe, les entrailles du titre évoquent quant à elles l'idée que ce film signé de Kazuo 'Gaira' Komizu pourrait également avoir la saveur du sang. Menstruel ou non, on s'en tape vu que ce que l'on désire avant tout voir ici, c'est un peu (et pourquoi pas beaucoup) d'hémoglobine et de fesse légère... Bienvenue au Japon. Ce pays aux traditions ancestrales, où s'incliner pour saluer un individu est une marque de respect mais où parfois, émergent, à l'extrême opposé, des œuvres cinématographiques plutôt singulières. Trash, érotigores, libérées de toutes sortes de contraintes. Qu'il s'agisse du talent des interprètes, de celui du metteur en scène ou même de la qualité de l'écriture... Les plus connues d'entre toutes ? La série des Guinea Pig, sans doute. Mais rassurez-vous, aucun miracle n'aura lieu ici, même si l'on est tout de même très loin de l'approche ultra-rudimentaire de cette fameuse franchise adepte de tortures hyper-réalistes !


Question sexe, j'en connais qui vont être contents de savoir que le film est peuplé de monts voluptueux, de collines couvertes de sueur, de vallées chauffées à blanc et de grottes humides. Pas un seul poil cependant... Non pas que nos jolies demoiselles se soient faites épilées avant de s'exhiber devant la caméra mais tradition et tabou japonais oblige, les zones érogènes les plus chaudes sont malheureusement floutées pour que n'apparaisse jamais à l'image le moindre poil ! Le montage ? Chaotique ! La veuve Poignée n' étant apparemment pas des plus aisée à exécuter lorsque l'on monte un film, le responsable de cette tâche a dû faire avec les moyens du bord et contre mauvaise fortune, bon cœur: une main sur sa turgescence, l'autre à coller des bouts de pellicule les uns derrière les autres. Pas facile, je l'avoue... Le scénario ? Autant de pages noircies qu'une cabine téléphonique est capable de contenir d'éléphants. Car à moins que la cartouche d'encre utilisée pour établir le plan du film ait été vide de moitié dès le départ, il semble que le scénariste ait justement choisi le jour du tournage pour prendre des vacances à l'étranger avec, dans ses bagages, le précieux manuscrit ! Et dans ce cas là, que faire ? Ben comme dans tout bon film de Q : demander aux ''interprètes'' de simuler leur plaisir avec à la clé, pour nos jolies jeunes femmes, des couinements typiques du cinéma érotique nippon genre, ''teckels en période de rut''. Et c'est vrai qu'elles sont band..... heu, jolies ! Mais alors pourquoi Popol est-il resté couché bien au fond de son nid ? La réponse tient moins dans la gracieuse silhouette souvent dénudée des interprètes féminines que dans ces petits cris permanents et surtout très mal gérés en post-synchronisation.


Autant dire que l'on s'excite autant devant ces poupées que dans mon cas personnel, lorsque je me trouve devant cette pantagruélique pintade qui vit dans la même résidence que moi et qui pollue mon champ de vision depuis maintenant presque trente ans ! Bref, vous l'aurez compris : Entrails of a Virgin est pour le moment aussi (sexuellement) stimulant que d'imaginer Raquel Garrido faire une fellation à Alexis Corbière ! Surtout que pour l'instant, ça ne raconte pas grand chose. Maintenant que le public est chaud comme les braises, voilà que le film prend une tournure différente. Mettant en scène trois jeunes hommes et autant de jeunes femmes, tous voués au tournage d'un film en pleine nature, nous les retrouvons plus tard alors qu'il fait nuit, dans une bâtisse que nous n'oserions même pas conseiller à notre pire ennemi. Et pourtant, c'est bien en ce lieu que le récit va se poursuivre. Cette fois-ci, le montage est nettement plus cohérent. Nos six protagonistes sont réunis autour d'une table, partageant riz et saké. Jusqu'à ce que l'un des garçons humilie l'une des filles devant le reste du groupe avant de quitter les lieux. Dehors, brouillard et froid intense n'empêchent pas un drôle d'individu de débarquer dans les parages avec comme seule parure, une épaisse couche de boue ! Premier interlude sanglant : L'humiliant personnage dont le rêve à court terme serait de ficher le camp si seulement il avait son permis de conduire se fait défoncer le crâne par cet étrange individu.


Enfin un peu de gore pour une séquence d’énucléation plus drôle qu'effrayante. Mais alors que le groupe de six est désormais réduit à cinq, voici qu'après une pause nutritive bien méritée, nos jeunes gens reprennent leurs précédentes activités! Du sexe, du sexe et encore du sexe. Gros plans sur les culottes, caresses intimes, cuisses largement ouvertes, le cameraman n'en perd pas une miette, le salaud ! Et il aurait tort de se priver vu que Rei, Kazuyo et Kei, respectivement interprétées par Saeko Kizuki, Naomi Hagio et Megumi Kawashima ne font rien pour repousser les assauts de nos libidineux interprètes masculins. Non mais sérieux, quelle bande de cochons. C'est qu'ils en oublieraient presque la présence de la caméra. Cunnilingus, pipi (involontaire), lutte gréco-romano-érotique, poirier, tripotage sur toutes les surfaces mises à dispositions par nos jolies interprètes, Entrails of a Virgin accapare tellement le potentiel sexuel de ses interprètes féminines qu'il en oublie généralement de jouer le répertoire de l'épouvante et de l'horreur qu'il est en partie prévu d'assurer ! Bon, je ne vais pas vous raconter tout le film vu que l'on en a déjà atteint la moitié. Contrairement aux pornos-soft ultra chiants que tout spécimen de la gente masculine a forcément découvert du temps de son adolescence, le film de Kazuo 'Gaira' Komizu se révèle étonnamment attrayant malgré le vide abyssal de son scénario. Mais alors que tout espoir d'y voir verser la moindre nouvelle goutte de sang, lors du dernier tiers les choses s'accélèrent subitement. Du simple film polisson l'on passe à une expérience largement plus hardcore puisque Entrails of a Virgin finit enfin par nous proposer quelques séquences particulièrement gratinées parmi lesquelles deux ou trois actes de nécrophilie et surtout, une gerbante scène lors de laquelle l'une des héroïnes est victime d'un effroyable fist-fucking ! Récompensant ainsi les spectateurs les plus téméraires qui auront tenu jusqu'ici, le film se clôt sur une vision qui promet de grandes choses pour l'avenir de l'unique survivante...

 

mercredi 6 décembre 2023

Crimes sexuels contemporains: les confessions d'un démoniaque (Gendai sei Hanzai Ankokuhen: Aru Torima no Kokuhaku) de Kōji Wakamatsu (1969) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

En 1969, la chanteuse et actrice anglaise Jane Birkin et son compagnon, l'auteur, compositeur et interprète français Serge Gainsbourg sortaient un quarante-cinq tour sur lequel figuraient deux authentiques hymnes à l'amour : Je t'aime moi non plus et 69 année érotique. À des milliers de kilomètres de la France, le jeune réalisateur japonais Kōji Wakamatsu alors âgé de trente-trois traduisait sa passion pour les femmes d'une toute autre manière, que l'on serait encore de nos jours en droit de juger de parfaitement immorale. Auteur de plus de cent-quinze longs-métrage en une cinquantaine d'années de carrière environ, il fut surtout très prolifique entre le début des années soixante et la fin des années soixante-dix. Rien que pour l'année 1969, Kōji Wakamatsu réalisa douze œuvres dont certaines demeurent parmi ses chefs-d’œuvre. C'est ainsi que l'on peut compter parmi elles un certains nombres de longs-métrages portant sur le viol et d'une manière générale, la maltraitance du sexe faible. Une thématique dont le japonais est déjà à l'époque familier depuis un certain nombre d'années et qui pose des questions sur la réalité de son état mental. Car à force d'y voir des femmes violentées, battues, humiliées, c'est à croire que Kōji Wakamatsu exorcise un fantasme et fait un transfert à travers l'usage de sa caméra. Tout comme le spectateur auquel il impose une position de voyeur, c'est ainsi qu'il situe le protagoniste de Crimes sexuels contemporains: les confessions d'un démoniaque (Gendai sei Hanzai Ankokuhen: Aru Torima no Kokuhaku) qui en ouverture de ce court film de soixante-douze minutes à peine se trouve confronté à une vision terrible : l'agression sexuelle d'une jeune femme par un violeur. Pourtant, plutôt que de réagir normalement et aller aider la victime, cet étudiant assiste à la scène en tenant des propos irrationnels. Car plutôt que d'être écœuré par ce qu'il voit, le voici désormais convaincu d'une chose : lui aussi violera des femmes. Avec son physique d'étudiant propre sur lui, ce jeune garçon rencontre surtout un important problème : il n'ose pas aborder les femmes et lorsque enfin il trouve le courage de les affronter, il se montre timide, réservé et gauche. Le viol est donc ici décrit comme une manière différente d'aborder les femmes sans tous les apparats qui précèdent en général une relation intime.


En posant son personnage principal comme le témoin d'un viol, le réalisateur japonais forme dans son esprit une manière peu conventionnelle de faire son éducation sexuelle. La première tentative est infructueuse. On ne s'improvise pas violeur du jour au lendemain. Mais cette première approche avec sa toute première victime est prometteuse. Au moins a-t-il trouvé le courage de lui... sauter dessus ! Et pourtant, Yamazaki, c'est son prénom, n'est pas le simple petit homme fragile qui trouve dans le viol un exutoire mais s'avère être un authentique pervers dont le désir de maltraiter les femmes jusqu'au meurtre couvait sans doute jusqu'à ce qu'il perpète son premier crime . Le couteau que va lui offrir l'une de ses camarades de classe va servir de prolongement pénien sans lequel le plaisir, la jouissance ne sont pas tout à fait les mêmes. Celles et ceux qui connaissent bien l'univers de Kōji Wakamatsu ne s'étonneront pas de découvrir dans Crimes sexuels contemporains: les confessions d'un démoniaque, tant de nudité. Cet aspect très courant à l'époque chez le japonais participe de cette gêne non pas provoquée par la vue d'un sein ou d'une fesse mais par la quasi absence d'écriture scénaristique. En effet, le film est, comme cela arrive parfois chez le réalisateur, pratiquement dénué de tout scénario. On a bien compris qu'ici, outre le message consistant à montrer les femmes sous un jour peu reluisant (toutes des salopes à vrai dire), l'essentiel est dans l'acte sexuel avant tout avec, à la clé, la mort de certaines d'entre elles. Poussant notre personnage à s'adonner à la luxure, quitte à lui proposer de simuler un viol sans savoir que c'est très exactement ce qui le pousse à avoir des rapports sexuels, les femmes sont destinées à connaître un sort tragique. Cru, érotique, filmé en noir et blanc mais aussi parfois en couleur, Crimes sexuels contemporains: les confessions d'un démoniaque est une œuvre très brutale qui définit à sa manière la révolution sexuelle née au début des années soixante et dont l'approche, chez Kōji Wakamatsu, paraît anormale et invariablement obsessionnelle...

 

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