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samedi 18 avril 2026

Organ de Kei Fujiwara (1996) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Sept ans après avoir été l'une des interprètes du cinéaste Shinya Tsukamoto dans le film culte Tetsuo, l'actrice et réalisatrice Kei Fujiwara se place cette fois-ci derrière la caméra pour pondre sa première réalisation en 1996. Organ est une œuvre organique, qui avec Tetsuo partage quelques similitudes, l'hybridation mécanico-organique en moins. De ces deux « matières » qui jusqu'en 1989 apparaissaient incompatibles, la cinéaste japonaise n'en conserve que la seconde. Car si Organ porte un nom qui lui sied à ravir, c'est parce que le film est tout entier un réservoir à viande particulièrement craspec. Dans des quartiers insalubres, les anti-héros du film barbotent dans un mélange assez écœurant de sang et de matières en décomposition.
Le récit de Organ est confus. C'est vrai, difficile de comprendre le spectacle que l'on a sous les yeux. Dès les premiers instants, on a du mal à cerner le parti-pris des personnages. Qui est flic, qui au contraire est un criminel ? Ici, le but étant pour le « héros » (terme à prendre avec des pincettes puisqu'aucun des personnages n'en est vraiment un) de retrouver son ancien collègue qu'il abandonna lors d'une enquête pour sauver sa propre existence. Organ est très gore. A partir du moment où l'on accepte le principe même du montage anarchique, inutile de chercher la moindre cohérence.

Kei Fujiwara filme à l'instinct, sans même se rendre compte des invraisemblances qui émaillent son œuvre. Le montage est nerveux mais échappe à toute logique. Comme certaines situations d'ailleurs, qui rendent totalement caduque toute recherche de point d'accroche. La post-synchronisation est catastrophique et certains bruitages accentuent le dégoût ressenti lors de scènes graphiquement très éprouvantes. Le pire dans Organ n'est pas l'hémoglobine qui coule à flot mais toutes ces substances que le corps sécrète. On a presque le sentiment de sentir les odeurs épouvantables qui se dégagent des organismes en mutation.
La monstruosité telle que l'individu se la représente généralement face aux actes barbares est ici extrapolée par la vision d'organismes qui se dégradent lentement mais sûrement vers des états qui n'ont pratiquement plus rien d'humain. Kei Fujiwara fait preuve d'une grande imagination en matière d'horreur. Le sang disparaît au profit de matières plus inquiétantes lorsque l'organisme n'est plus en mesure de combattre l'infection.

Au delà du spectacle tordu que nous propose la cinéaste viennent s'apposer des images riches de symbole qui faudra sans doute étudier un peu pour en comprendre le sens. Comme cette jeune femme accouchée dans la douleur par un immense cocon-vagin. Organ est une recherche permanente dans le domaine de l'expérimentation. Mais alors que Shinya Tsukamoto parvenait à créer une certaine cohérence dans le récit de Tetsuo, Kei Fujiwara laisse ses interprètes avancer en roue libre avec plus ou moins de bonheur.
Organ fera sans doute date dans le cinéma underground japonais. Du moins pour ceux qui sont friands de ce genre de performance, car les autres, les non-initiés, risquent de rejeter l'objet en bloc ! Vous êtes prévenus...

jeudi 1 janvier 2026

Scared Shitless de Vivieno Caldinelli (2024) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Le second long-métrage du réalisateur canadien Vivieno Caldinelli sorti six ans après Seven Stages to Achieve Eternal Bliss by Passing Through the Gateway Chosen by the Holy Storsh résume plutôt clairement ses qualités et surtout, ses défauts : le contenu de Scared Shitless est donc à l'image de ce que l'on peut généralement s'attendre à découvrir lorsqu'un film est tourné en direct-to-video. Sacrifiant une esthétique dont on n'attend de toute manière pas grand chose, le long-métrage de Vivieno Caldinelli est le genre de production que l'on aurait pu voir trôner parmi la longue liste de films produits ou distribués par la légendaire société Troma Entertainment tant certains de ses traits sont communs à cette entreprise connue pour être à l'origine de nombreuses bandes crapoteuses, entre comédies et films d'horreur gore et trash ! En parallèle à un long-métrage dont nous pourrions énumérer les différentes étapes ainsi : Le Développement, la Préproduction, la Production, La Postproduction, la Distribution et pour finir l'Exploitation, Scared Shitless peut s'envisager comme une leçon sur l'évacuation des matières organiques humaines une fois-ci celles-ci ayant atteint le fond de la cuvette des toilettes : passage par le Siphon, puis par la Canalisation d'évacuation, précédant l'arrivée au niveau des Eaux usées collectées puis transportées vers le réseau public menant aux égouts pour enfin déboucher et être traités par la Station d'épuration. Dire que le film est une merde ou que toutes les étapes de sa conception sont comparables à celles dont ''bénéficie'' tout étron disparaissant de notre vue une fois activée la chasse d'eau serait sans doute exagéré. Car même si l'on ne gardera sans doute que peu de souvenirs de cette aventure dont la majorité des plans se situe entre l'entrée, plusieurs appartements, les couloirs et la loge de la concierge (incarnée par l'actrice Chelsea Clark) tous situés dans l'immeuble Palmer Estates Apartments, ce film dont le titre fait référence à la peur d'un ou de plusieurs des protagonistes est surtout vouée à faire rire son public. L'on a donc là une comédie horrifique un brin scatologique où même si le fruit de nos entrailles n'est pas directement exposé à la vue des spectateurs, le dégoût surgira malgré tout de son évocation et des choses peu appétissantes qui se produisent au fond des cuvettes plutôt de l'horreur qui apparaîtra sous la forme d'une créature issue des recherches scientifique d'un homme que celui-ci aura créé en laboratoire !


Chez nous, l'acteur Steven Ogg est tout d'abord connu pour avoir interprété le rôle de Simon dans la (trop longue et donc interminable) série The Walking Dead entre 2016 et 2018. Dans Scared Shitless il incarne Don, un plombier dont le fils Sonny (Daniel Doheny) est atteint de troubles obsessionnels compulsifs et d'une peur maladive des microbes. Bien que le ton lui soit diamétralement opposé, le film rappelle l'un des premiers longs-métrage d'un autre canadien. Un certain David Cronenberg dont Frissons évoquait près de cinquante ans auparavant l'irruption d'un parasite dans un ensemble résidentiel avant de provoquer chez ses victimes d'importantes pulsions sexuelles les poussant à se comporter de manière particulièrement violente. Si le thème est ici différent, le contexte est par contre similaire. Traité à la légère, Scared Shitless n'est très souvent qu'une pantalonnade qui fait sourire mais dont la surabondance d'effets comiques surjoués empêche de véritablement se bidonner. Visuellement rien de remarquable. Le film de Vivieno Caldinelli est dans la droite lignée de ces longs-métrages voués à directement se retrouver sur les plateformes de streaming gavées de productions horrifiques plus ou moins fauchées. Scared Shitless peut être vu comme une farce agrémentée de répliques pas toujours très subtiles mais surtout portées par un Steven Ogg qui s'amuse follement devant une situation que son métier de plombier professionnel n'arrive pourtant pas toujours à résoudre. Intervient donc le fiston, apeuré et dégoûté par tout ce qui touche aux microbes, virus et autres bactéries ainsi que la charmante concierge Patricia pour une aventure offrant quelques plans gore créés tantôt en images de synthèse, tantôt à l'aide d'effets-spéciaux prosthétiques. Bref, si vous n'avez rien de mieux à regarder, laissez-vous tenter par cette comédie horrifique beaucoup moins jouissive qu'elle n'y paraissait sur le papier...

 

samedi 6 septembre 2025

Making-off de Cédric Dupuis (2012)



Cédric Dupuis veut réaliser le plus grand film d'horreur jamais tourné. Pour cela, il fait appel à sa bande de copains, malgré les réprobations de sa petite amie Aline qui désespère de le voir engloutir ce qu'il leur reste de budget dans une caméra. Mais malgré tout, Cédric insiste et en parle à ses amis Arnaud, Jonathan et Matthieu. D'abord réfractaires, ils vont se laisser prendre au jeu. Mais un soucis de taille contrecarrer les ambitions du cinéaste autoproclamé : ses amis, aussi motivés soient-ils, ne sont que des amateurs et le résultat est catastrophique. Même Aline confirme en voyant les images tournées que son petit ami va droit dans le mur.
Excédé par celle qui ne croit pas en lui, Cédric pète un câble et tue sauvagement sa compagne. Afin de ses débarrasser du corps encombrant, il le découpe en morceaux et l'entrepose provisoirement dans son appartement. Malgré toute l'horreur de la situation, Cédric persévère et continue le tournage. Désormais décidé à ne pas tourner un véritable film mais plutôt un making-off de ce qu'aurait pu être son film, il va tuer un à un ses amis, filmant l'intégralité de ses actes...

Difficile de parler de Making-off tout en demeurant d'une totale objectivité. Soit l'on s'attend au renouveau d'un genre maintes fois traité sous l'angle du found-footage, au sérieux de l'entreprise et à une technique irréprochable, et l'on risque d'être déçu. Soit l'on est plutôt du genre à se gausser devant les premières pitreries de Peter Jackson ou le pas vraiment sérieux Street Trash de Jim Muro, et là, on risque de retrouver l'essence même de ce qu'aurait dû demeurer le genre Gore. Avouons-le, ça commence plutôt mal. Même si l'on sent venir le gag, on ne peut être que déçu par une écriture et un jeu qui frise rééllement l'amateurisme. En effet, les acteurs jouant dans cette farce ne semblent pas avoir à trop se forcer pour jouer les amateurs, eux-mêmes étant d'un pathétique. Ou alors je n'ai rien compris et les interprètes sont justement si bons qu'ils en deviennent criant de vérité. Ce dont je doute. Mais bon, passons. Sur les 78 minutes que dure le film, les vingt premières sont relativement ennuyeuses. Il ne s'y pas pas grand chose à part l'intervention du cinéaste lui-même qui semble totalement improviser son texte. Quand aux scènes de tournage proprement dites, elles ne sont même pas amusantes.

En réalité, l'atout principal de Making-off, c'est la surenchère d'horreurs qui va suivre. Puisque ses interprètes sont incapables de jouer convenablement, le cinéaste lui-même va endosser le rôle de tueur mais cette fois-ci, pour de vrai. Si la frilosité de certaines scènes en matière d'horreur est sans doute imputable au faibles moyens engagés dans l'entreprise, Cédric Dupuis, pseudo sous lequel se cache Olivier Bureau, possède assez d'imagination pour nous jeter en pleine « gueule » des scènes qui mêlent l'horreur au trash, allant même jusqu'à la scatophilie. De quoi en dérouter certainement beaucoup qui ne s'attendaient pas à de telles festivités. Je ne dresserai pas ici la liste de ses exactions mais disons qu'entre les décapitations et les démembrements vont s'insinuer quelques éléments scabreux du plus mauvais goût !!! La Belgique et la Suisse étant des pays de bon goût, le film a joui d'une sortie en salle. Pas en France, comme nous ne nous en étonnerons pas. Quelle importance puisque depuis quelques temps déjà, il est disponible à la vente en dvd...


lundi 20 mai 2024

Music Hole de Gaetan Liekens et David Mutzenmacher (2022) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

'' Lui, c'est Francis. Il a quarante-huit ans. Et s'il est en train de chier dans un sachet, hein, c'est pour se venger ''. C'est en ces termes que démarre l'intrigue de Music Hole, premier long-métrage réalisé conjointement par Gaetan Liekens et David Mutzenmacher. Un accent à couper au couteau (celui du narrateur Guy Staumont) accompagnera durant tout le récit les aventures de ce comptable travaillant pour le compte de René (l'acteur Frédéric Imberty), propriétaire d'un cabaret où se donne en spectacle le beau Rudy le Rude (Anthony Lewis) et où travaille Nadia (Hande Kodja), une jolie blonde follement éprise de Francis. Music Hole oscille en permanence entre comédie noire et humour carrément trash. Imaginez donc : éperdument amoureux de sa femme Martine (l'actrice française Vanessa Guide), Francis (le belge flamant Wim Willaert) tente de reconquérir son cœur. La pauvre finira pourtant la tête enfermée dans le congélateur du couple avant de se retrouver dans le coffre d'une voiture appartenant à un tueur à gages extrêmement pointilleux ! Le mari se retrouve forcément soupçonné de la disparition de son épouse et part se réfugier chez son ami Gilbert (Sacha Bourdo), un manouche qui vit dans une caravane. Et avec lequel il a d'ailleurs organisé le vol de la recette du jour enfermée dans le coffre du cabaret où il travaille afin de rembourser l'argent qu'il doit à Rudy. Un beau bordel que ce synopsis issu du script écrit par David Mutzenmacher lui-même mais dont l'étrange organisation à l'image et le montage apparemment désordonné sont tempérés par les commentaires du narrateur. Le sentiment que les feuillets du script ont été réunis dans le désordre après s'être envolés sur un coup de vent n'est pas qu'une impression. Passé récent et présent se confondent, s'amalgament et produisent ce même élan de grand délire foutraque que semblent volontairement mettre en œuvres de leur côté auteurs et interprètes. N'allez donc surtout pas vous vider la vessie ou prendre une autre bière dans le frigo durant la projection, vous risqueriez de vous perdre dans les méandres du scénario. Ensuite, Music Hole est tout simplement jouissif.


Le spectateur ivre de ce genre de production ne peut qu'adhérer aux personnages, tous hauts en couleurs, partant du simple agent de sécurité incapable d'assurer sa fonction, jusqu'au propriétaire de cabaret féru de perroquets, en passant bien évidemment par Francis, le mari nouvellement veuf, le duo de tueurs à gages (la dinguerie de Tom Audenaert dans le rôle de Fabianski est totalement communicative), la maîtresse un brin nymphomane ou encore le comédien raté mais néanmoins narcissique... Un clochard dégueule sur le capot d'une voiture avant de voir sa cervelle s'étaler sur le pare-brise. Une tête est retrouvée tranchée parmi les détritus d'une usine de traitement des déchets. Un type meurt d'une overdose lors d'une représentation théâtrale. Un tueur en série caresse la poitrine d'un corps découpé en morceau et enfermé dans le coffre d'une voiture. Y'a pas de doute. Nous sommes bien au Plat Pays que chantait Jacques Brel section ''Comédie noire''. L’œuvre est unificatrice est fait en permanence fi de toute bienséance. Le film est si bien tordu que l'on pourrait imaginer, pourquoi pas, qu'il s'amuse à faire la nique aux néo-féministes lorsque la jolie blonde Nadia se fait sauter sur un coin de table. Emmerde les antispécistes avec son directeur de cabaret consommateur invétéré de perroquets. Envoie chier les pères la morale anti-racistes avec son asiatique incapable d'imiter l'accent chinois. Ne s'insurge jamais face à certaines incohérences ou illogismes du récit. Et le spectateur reprend alors du plat de résistance en l'agrémentant à toutes les sauces, fromages et desserts se consommant au début, au milieu ou ET à la fin du repas ! À une époque où certains s'endorment sur leurs lauriers et où d'autres sont davantage préoccupés par leur sélection au festival des Connes ou aux Esquarres plutôt qu'aux qualités concrètes de leur travail, Music Hole est un cinéma libre de toutes contraintes comme seule ou presque la Belgique est capable et ose en produire. N'en déplaise à certains G%#C&¨£¤§S qui pourtant devraient être les premiers à se ruer sur ce véritable Objet Filmique Non Identifié, le film de Gaetan Liekens et David Mutzenmacher a eu le succès critique qu'il méritait... C'est décidé : la semaine prochaine j'entreprends les démarches pour demander ma naturalisation en Belgique !

mardi 26 mars 2024

The Human Centipede II (Full Sequence) version colorisée de Tom Six (2011)



Alors que les amateurs de bandes horrifiques trash attendent (sans doute) avec impatience la nouvelle perversion du réalisateur néerlandais Tom Six, petit retour sur le volet le plus cru, le plus crade et le plus malsain de la trilogie The Human Centipede. Certains penseront qu'il faut avoir l'esprit franchement tordu pour avoir osé enfanter une œuvre pareille. Isolée des première et troisième sections disons le, plutôt divertissantes, The Human Centipede II (Full Sequence) semble d'abord avoir marqué les esprits pour son côté incroyablement révulsant renforcé par son aspect dérangeant dû à l'emploi du noir et blanc. Jusqu'à ce que l'on puisse enfin mettre la main sur The Onania Club dont le sujet repousse encore d'un cran les limites de la morale (en gros, un club réunissant de puissantes femmes s'y délecterait du malheur des autres), pourquoi ne pas se refaire ce second volet qui depuis est passé du noir et blanc à la couleur ? Ou comment rendre plus crédible encore la merde et le sang en leur redonnant leurs teintes d'origine... Du côté du script, rien n'a changé. L'on retrouve à nouveau le veilleur de nuit Martin qu'incarne l'acteur britannique Laurence R. Harvey. Il fallait oser accepter de tenir le rôle de l'un des personnages de fictions les plus ignobles qu'ait enfanté le septième art. Pour ceux qui ne connaissent pas encore ce petit bonhomme obèse et fasciné par The Human Centipede (Full Sequence) qui chez nous est directement sorti sur support physique et qu'il se repasse sans cesse dans le petit local qui lui sert de poste de surveillance, qu'ils se préparent à vivre une expérience extrême et jusqu'auboutiste. Le film perdra sans doute une partie du public en chemin. Qui s'évanouira devant tant d'abominations, qui filera aux toilettes vomir le contenu de son estomac, qui hurlera sa haine et son dégoût devant cette infâmie. Mais rappelez-vous une chose: ce n'est qu'un film, rien qu'un film... Deux ans après qu'un chirurgien fou ait imaginé l'impensable en créant le premier mille-pattes humain (je vous passe les détails de l'intevention chirurgicale), voilà qu'un fan du long-métrage original décide de reprendre le concept tout en le concevant à une échelle beaucoup plus importante.


Des trois victimes du premier film l'on passe désormais à une dizaine, et même un peu plus. Pour se fournir en victimes, Martin ne va pas aller chercher très loin. La plupart d'entre elles, il va les dénicher à la source même de son travail: dans le parking qu'il a la charge de surveiller. Le rituel ne change pas d'un iota. Un grand coup de barre de fer sur la tête et parfois même une balle dans la jambe histoire de maîtriser au sol ses victimes avant de les emmener jusqu'à un entrepôt sordide et désaffecté où il se prépare à commettre l'impensable. Coudre la bouche des uns à l'anus des autres. Créant ainsi un système digestif unique dont on peut imaginer certaines conséquences! Mais avant cela, Tom Six s'essaie à la caractérisation de son principal protagoniste en décrivant un quotidien qui n'est pas moins sordide que son ignoble projet. Vivant aux côtés de sa vieille maman qui ne rêve que de se débarrasser de lui, voisin d'un nazi qui se plait à faire chier les locataires en mettant à fond le volume d'une musique abrutissante et asthmatique, on peut ''comprendre'' que Martin ait envie de... ''s'évader''... Collectionnant les images les plus marquantes de The Human Centipede (Full Sequence) qu'il récolte et intègre dans un album-photos, Martin est surtout un authentique pervers dont les origines remontent à l'enfance comme nous le découvrirons plus tard... Alors que certains estiment que le public ivre de ce genre de péloche est forcément plus dingue que le ''héros'' lui-même, on peut comprendre que certains imaginent qu'il faut avoir l'esprit un peu dérangé pour aimer voir un tel étalage d'atrocités. The Human Centipede II (Full Sequence), c'est un peu le premier à la puissance mille. Outre l'incroyable incarnation de Laurence R. Harvey qui accepte littéralement de se mettre à nu en dépit d'un physique peu (et même pas du tout) avantageux, Tom Six balance à l'écran des sévices qui repoussent de loin tout ce que l'esprit humain est capable d'engendrer. Dans un ordre d'idée, la séquence lors de laquelle Martin se masturbe avec du papier de verre est la plus ''tranquille'' d'entre toutes. La couleur, quant à elle, accentue l'horreur déjà peu soutenable de la version en noir et blanc. En provocateur, le réalisateur néerlandais joue avec le Caca et asperge l'objectif de la caméra et, par là-même, le spectateur. Véritable catalogue de monstruosités qui ne recule devant rien, The Human Centipede II (Full Sequence) restera comme une expérience ultra-gore et essentielle pour certains, repoussante et inconcevable pour d'autres...

dimanche 18 février 2024

A Dirty Shame de John Waters (2004) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Après avoir abordé l'univers de la Troma dans un cycle nettement moins trash que prévu, nous restons dans le domaine en évoquant ici le dernier long-métrage du réalisateur américain John Waters. Mais par dernier, il ne faut pas s'attendre à une œuvre qui soit sortie cette année ou les précédentes mais il y a vingt ans tout rond. Car depuis, l'auteur de Pink Flamingos, de Female Trouble, de Desperate Living et de toute une série d’œuvres cultes n'a depuis rien signé de vraiment neuf. Enfin, pour être tout à fait honnête, John Waters réalisa en 2015 une étonnante version pour enfants de son plus célèbre long-métrage sous le titre Kiddie Flamingos. Quant à évoquer A Dirty Shame qu'il signa donc en 2004, il s'agissait donc officiellement de sa dernière incartade trash dans l'univers de Baltimore dans le Maryland qu'il connaît bien pour y avoir vu le jour et tourné la totalité de ses films. Dans son dernier long-métrage, John Waters répète inlassablement ses thématiques préférées dans l'espoir d'y établir une nouvelle fois l'une des références en matière de cinéma provocateur et blasphématoire. Divine nous ayant quitté depuis seize ans à l'époque du tournage de A Dirty Shame, le réalisateur, scénariste dû régulièrement remplacer sa vedette par d'autres artistes pourtant nettement moins... ''charismatiques''... Ricky Lake, Kathleen Turner ou Tracy Lords ayant beaucoup moins de ''poids'' que la vedette travestie d'une petite dizaine d’œuvres signées de John waters, pour son dernier long-métrage il engagera dans le rôle principal de Sylivia Stickles, l'actrice Tracey Ullman d'origine britannique mais naturalisée américaine. Multipliant les étiquettes d'actrice, productrice, réalisatrice, scénariste, chanteuse ou animatrice de télévision, celle-ci se lâche véritablement à l'occasion de ce rôle qu'elle incarne tout d'abord avec la ferveur d'une grenouille de bénitier avant d'afficher à l'écran une sexualité totalement débridée. Un miracle qui survient à la suite d'un choc à la tête provoqué par le contact avec la carlingue d'un véhicule conduit par un certain Ray-Ray Perkins (l'acteur Johnny Knoxville).


Dès lors, la jeune femme prude, mariée à Vaughn Stikles (le chanteur Chris Isaak) et mère d'une Caprice à l'énooOoorme poitrine (Selma Blair) va être le point d'encrage d'une libération des mœurs dont sera à l'origine Ray-Ray Perkins. Un gourou du sexe qui va transformer les habitants de Baltimore en bêtes de sexe libérant leurs pulsions les plus ignobles... A Dirty Shame est une nouvelle fois pour John Waters l'occasion de confronter la bien-pensance aux adeptes du sexe le plus débridé. Quitte à en faire des tonnes et à transformer un sujet hautement corrosif pour les esprits étriqués en farce parfois indigeste. Car bien que le réalisateur et scénariste multiplie les propos graveleux et que ses interprètes s'agitent devant sa caméra comme des possédés du sexe, le spectateur se retrouve moins choqué qu'il n'est affligé devant un spectacle dont la saveur n'est plus celle des précédents travaux de l'un des rois du cinéma trash mondial ! Les actrices et acteurs sont lâchés dans la nature comme des fauves épris de sexe à tel point que A Dirty Shame ressemble très souvent à une alternative sexualisée de film de contamination où les infectés sont moins intéressés par la propagation d'un virus par morsure que par le désir de copuler avec le premier venu. Un concept qui d'ailleurs va bien au delà des seuls concitoyens de ce petit quartier de Baltimore puisque même les animaux (deux écureuils en l'occurrence) et les végétaux s'en donnent à cœur-joie. Le dernier acte semble d'ailleurs échapper au contrôle de John Waters qui ne semble plus avoir à cœur de diriger une foule d'interprètes qui paraissent hypnotisés à la seule idée de forniquer avec leurs compatriotes sans distinction d'âge ou de sexe. Restent quelques séquences relativement drôles, comme ce shérif grimé en bambin tout de rose vêtu ou une Tracey Ullman/Sylvia Stickles (dont la ressemblance avec l'acteur Joe Pesci est parfois troublante) passant de la paroissienne parfaitement propre sur elle à la nymphomane la plus délurée... Mais au final, A Dirty Shame demeure sans doute le film le plus faible de son auteur. Car à trop vouloir en faire, John Waters rate le coche de ce qui fit le sel de sa filmographie durant toute sa carrière.Faussement trash, son dernier long-métrage n'est donc au final qu'une inoffensive farce...

 

dimanche 21 janvier 2024

Melancholie der Engel de Marian Dora (2009) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Difficile d'aborder Melancholie der Engel de Marian Dora sans évoquer le fait que l’œuvre est d'abord et avant tout le produit d'une folle ambition combattant à armes égales avec l'évident amateurisme de l'auteur et de son groupe d'interprètes. Avec ses cent-cinquante huit minutes, ce projet très étrange risque d'en faire défaillir certains avant son terme. Qui de sommeil ou qui de dégoût. Mais dans un cas comme dans l'autre, nul autre que celui qui aura vécu l'expérience jusqu'au bout pourra donner un avis éclairé sur ce véritable objet filmique (presque) non identifié. Au crédit de Marian Dora, une accumulation de plans qui démontre le gargantuesque travail d'archivage d'un réalisateur qui filme à peu près tout ce qui passe devant l'objectif-Oeil de sa caméra en mode voyeurisme. Deux-heures et trente-huit minutes au départ desquelles et surtout, au delà de l'inconséquence de la plupart des actions perpétrées par les protagonistes, Marian Dora nous présente cinq personnages. D'un côté, deux hommes et une femme. De l'autre, deux adolescentes jouant au Ball-trap dans une fête foraine. Le premier des deux hommes est un entreprenant individu tandis que le second, lui, est tout le contraire. Distant, méfiant, mais sans cesse décrit comme fasciné par celle qui les accompagne. Quant aux deux jeunes femmes qu'ils viennent d'aborder, elles ne se doutent pas de ce que les deux hommes leur réservent pour la soirée et les jours à venir. Avec sa profusion d'images à connotation morbide (gros plans sur des carcasses surmontées de têtes de poupées grouillants de vers lors du générique ou mannequins de foires inquiétant lors de la toute première partie du long-métrage), Marian Dora instaure d'emblée une ambiance lourde, chargée, malsaine et ambiguë. Une épaisse chape de plomb renforcée par un grain plus poisseux encore que le 16mm. Une musique naïve jouée au piano tente bien de forcer l'attention sur le côté poétique que le réalisateur essaie d'instaurer mais la réputation de Melancholie der Engel précédant sa projection, le spectateur est déjà prévenu que l'expérience risque d'être très inconfortable.


À commencer par la vermine du générique, justement, dont on sentirait presque l'odeur du cadavre en décomposition dont elle se repaît. Vient ensuite cette séquence inattendue lorsque l'étrange femme en noir accompagnant les deux hommes urine debout sans que la caméra ne voile le moindre détail de cette scène qui prêterait presque à sourire. Plus tard, celui que l'on croyait tour à tour timide et réservé puis totalement sous l'emprise de cette curieuse ''femme-maîtresse'' ira se branler au bord d'un lac tandis qu'elle fera du cheval, nue comme un ver. C'est ainsi que se présente la poésie chez Marian Dora. Quelques notes de piano ''Claydermaniennes'', un rayon de soleil éblouissant le champ de vision de la caméra, puis des actes qui mettraient le rouges aux joues des non-initiés. Bref, pour l'instant, rien que de très timide en matière de subversion... Nous aurait-on menti sur la sulfureuse réputation du long-métrage ? Réponse : non ! Car effectivement, celle-ci est tout à fait justifiée, surtout dans sa seconde moitié, laquelle fait l'étalage d'actes réunis en un catalogue d'atrocités que même les plus endurcis auront peut-être parfois du mal à soutenir du regard. Maintenant, tout est question de point de vue. Deux catégories s'opposent très nettement : fascination et révulsion. Et chacune d'entre elles pourra accueillir en son sein diverses tendances. Concernant la première, celle-ci pourra aussi bien retenir l'attention de ceux qui recherchent avant tout une certaine applique visuelle esthétique. Et dans le cas de Melancholie der Engel, le contrat est parfaitement rempli même s'il ne sera pas du goût de tout le monde. Ensuite, tous les dépravés de la planète risquent de trouver à leur goût les exactions auxquelles s'adonneront les protagonistes et ainsi donc leurs interprètes respectifs puisque tout n'y est pas scrupuleusement contrefait. Il se trouve ça et là et en très grand nombre des séquences lors desquelles les actrices et acteurs donnent physiquement de leur personne. Pour le néophyte, le rejet sera presque immédiat. Et si par malheur certains osent s'enfoncer un peu plus loin et même jusqu'à la fin du récit, c'est bien l'horreur et le dégoût qui se lira sur leur visage. Pour les autres, même constat, bien que diminué du fait de leur expérience dans le domaine. Mais toujours est-il que Melancholie der Engel demeure l'une des expériences les plus éprouvantes et les plus dingues qui aient été créée jusqu'à ce jour.


Un salmigondis de séquences lors desquelles se mêlent la sexualité la plus bestiale, la plus brutale, avec la religion ainsi que la Mort, thématique apparemment chère au cœur du cinéaste qui s'éternise longuement et à de très nombreuses reprises sur le sujet. Maintenant, pour bien comprendre l'état de sidération dans lequel nous plonge le long-métrage de Marian Dora, évoquons pour démarrer les personnages masculins et notamment Brauth et Katze qu'incarnent respectivement Zenza Raggi et Carsten Frank. Si vous vous demandiez ce qu'est devenu le chanteur GG Allin depuis sa mort par overdose le 28 juin 1993, il semblerait qu'il se soit réincarné dans la peau de Katze. Même propension à se foutre à poil et à se branler devant la caméra ou à déféquer où bon lui semble. Quant à Brauth, il arrive sans mal à faire de l'ombre au gourou Charles Manson dont il semble être un suppôt ayant trèèèèèèèèèèèès largement dépassé les compétences de son maître ! Tortures, viols et autres sévices surgissent subitement de la part de celui qui jusque là apparaissait comme le plus sain d'esprit. Tu parles ! Arrive ensuite en troisième position, l'actrice Patrizia Johann qui dans le rôle d'Anja S. semble prête à tous les excès pour satisfaire la passion nécrophilique de Katze. Car oui, j'oubliais de préciser qu'ici, l'amour est bien différent de celui que pratiquent la plupart d'entre nous. C'est bien simple, en dehors de la zoophilie, Marian Dora ne nous épargne absolument rien. Question rejet, le film ne se pose pas d'emblée à travers ces points de vue crapoteux mais au sujet de l’Église que le réalisateur et ses interprètes s'amusent à blasphémer. Autre raison de se sentir choqué sauf pour ceux que le sujet de la religion laisse totalement indifférents. Troisième raison de tourner de l’œil ou les talons devant les horreurs perpétrées face caméra : le traitement accordé aux animaux. Melancholie der Engel rappelle en effet l'un des aspects les plus sombres et inacceptables du cinéma bis transalpin des années quatre-vingt lors desquels étaient sacrifiés ''pour le bien'' du récit dans certains ''fameux'' longs-métrages à commencer par le plus célèbre d'entre eux : Cannibal Holocaust de Ruggero Deodato. Cela commence par une grenouille mais c'est ensuite un cochon qui est égorgé et pire, un chat. Tout ceci justifiant apparemment le récit ! Mouais, ça reste tout de même très limite, voire inconcevable ! Au final, que retenir de Melancholie der Engel ? Sans doute qu'il s'agit de l'une des expériences cinématographiques parmi les plus extrêmes qui soient. La manière avec laquelle le réalisateur insiste sur la fascination pour la mort donne la nausée sur le long terme. Après, et malgré les très nombreuses atrocités visibles à l'image, il est évidemment que Marian Dora a une vraie vision du cinéma. Personnelle, trash, subversive et choquante. Mais aussi, esthétique, visuelle, sensorielle et parfois auteurisante. Bref, on ne sort pas de l'expérience tout à fait serein. Après ça, rien de mieux qu'une comédie légère, genre La tour Montparnasse infernale pour se nettoyer l'esprit de toutes les horreurs auxquelles l'on vient d'assister...

 

vendredi 22 décembre 2023

Entrails of a Virgin (Shojo no Harawata) de Kazuo 'Gaira' Komizu (1986) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Bon, ''gros'', j'imagine qu'avec une telle affiche, j'ai pas besoin de te faire un dessins, hein ? Surtout que l'artiste qui s'est sexuellement épanché à grands coups de feutres de couleur rouge et bleue a choisi, comme par hasard, de nous dénicher l'une de ces séquences typiquement japonaises relevant de l'art du Bondage ! Non mais... t'as vu la gueule du type en arrière-plan ? Le genre à faire la sortie des écoles pour offrir son sucre d'orge à des gamin(e)s dont les parents n'auraient pas fait la leçon au sujet des pervers qui traînent en fin de journée devant les établissements scolaires. En même temps, qui s'attendrait à ce qu'une gamine de six ou huit ans passe sa journée avec sous sa jupe un collant transparent cachant à peine une culotte en dentelle ? Entrails of a Virgin (ou Shojo no Harawata dans sa langue d'origine et Entrailles d'une vierge traduit dans notre langue) est le premier volet d'une trilogie initiée en 1986. Et comme l'affiche laisse supposer un minimum de sexe, les entrailles du titre évoquent quant à elles l'idée que ce film signé de Kazuo 'Gaira' Komizu pourrait également avoir la saveur du sang. Menstruel ou non, on s'en tape vu que ce que l'on désire avant tout voir ici, c'est un peu (et pourquoi pas beaucoup) d'hémoglobine et de fesse légère... Bienvenue au Japon. Ce pays aux traditions ancestrales, où s'incliner pour saluer un individu est une marque de respect mais où parfois, émergent, à l'extrême opposé, des œuvres cinématographiques plutôt singulières. Trash, érotigores, libérées de toutes sortes de contraintes. Qu'il s'agisse du talent des interprètes, de celui du metteur en scène ou même de la qualité de l'écriture... Les plus connues d'entre toutes ? La série des Guinea Pig, sans doute. Mais rassurez-vous, aucun miracle n'aura lieu ici, même si l'on est tout de même très loin de l'approche ultra-rudimentaire de cette fameuse franchise adepte de tortures hyper-réalistes !


Question sexe, j'en connais qui vont être contents de savoir que le film est peuplé de monts voluptueux, de collines couvertes de sueur, de vallées chauffées à blanc et de grottes humides. Pas un seul poil cependant... Non pas que nos jolies demoiselles se soient faites épilées avant de s'exhiber devant la caméra mais tradition et tabou japonais oblige, les zones érogènes les plus chaudes sont malheureusement floutées pour que n'apparaisse jamais à l'image le moindre poil ! Le montage ? Chaotique ! La veuve Poignée n' étant apparemment pas des plus aisée à exécuter lorsque l'on monte un film, le responsable de cette tâche a dû faire avec les moyens du bord et contre mauvaise fortune, bon cœur: une main sur sa turgescence, l'autre à coller des bouts de pellicule les uns derrière les autres. Pas facile, je l'avoue... Le scénario ? Autant de pages noircies qu'une cabine téléphonique est capable de contenir d'éléphants. Car à moins que la cartouche d'encre utilisée pour établir le plan du film ait été vide de moitié dès le départ, il semble que le scénariste ait justement choisi le jour du tournage pour prendre des vacances à l'étranger avec, dans ses bagages, le précieux manuscrit ! Et dans ce cas là, que faire ? Ben comme dans tout bon film de Q : demander aux ''interprètes'' de simuler leur plaisir avec à la clé, pour nos jolies jeunes femmes, des couinements typiques du cinéma érotique nippon genre, ''teckels en période de rut''. Et c'est vrai qu'elles sont band..... heu, jolies ! Mais alors pourquoi Popol est-il resté couché bien au fond de son nid ? La réponse tient moins dans la gracieuse silhouette souvent dénudée des interprètes féminines que dans ces petits cris permanents et surtout très mal gérés en post-synchronisation.


Autant dire que l'on s'excite autant devant ces poupées que dans mon cas personnel, lorsque je me trouve devant cette pantagruélique pintade qui vit dans la même résidence que moi et qui pollue mon champ de vision depuis maintenant presque trente ans ! Bref, vous l'aurez compris : Entrails of a Virgin est pour le moment aussi (sexuellement) stimulant que d'imaginer Raquel Garrido faire une fellation à Alexis Corbière ! Surtout que pour l'instant, ça ne raconte pas grand chose. Maintenant que le public est chaud comme les braises, voilà que le film prend une tournure différente. Mettant en scène trois jeunes hommes et autant de jeunes femmes, tous voués au tournage d'un film en pleine nature, nous les retrouvons plus tard alors qu'il fait nuit, dans une bâtisse que nous n'oserions même pas conseiller à notre pire ennemi. Et pourtant, c'est bien en ce lieu que le récit va se poursuivre. Cette fois-ci, le montage est nettement plus cohérent. Nos six protagonistes sont réunis autour d'une table, partageant riz et saké. Jusqu'à ce que l'un des garçons humilie l'une des filles devant le reste du groupe avant de quitter les lieux. Dehors, brouillard et froid intense n'empêchent pas un drôle d'individu de débarquer dans les parages avec comme seule parure, une épaisse couche de boue ! Premier interlude sanglant : L'humiliant personnage dont le rêve à court terme serait de ficher le camp si seulement il avait son permis de conduire se fait défoncer le crâne par cet étrange individu.


Enfin un peu de gore pour une séquence d’énucléation plus drôle qu'effrayante. Mais alors que le groupe de six est désormais réduit à cinq, voici qu'après une pause nutritive bien méritée, nos jeunes gens reprennent leurs précédentes activités! Du sexe, du sexe et encore du sexe. Gros plans sur les culottes, caresses intimes, cuisses largement ouvertes, le cameraman n'en perd pas une miette, le salaud ! Et il aurait tort de se priver vu que Rei, Kazuyo et Kei, respectivement interprétées par Saeko Kizuki, Naomi Hagio et Megumi Kawashima ne font rien pour repousser les assauts de nos libidineux interprètes masculins. Non mais sérieux, quelle bande de cochons. C'est qu'ils en oublieraient presque la présence de la caméra. Cunnilingus, pipi (involontaire), lutte gréco-romano-érotique, poirier, tripotage sur toutes les surfaces mises à dispositions par nos jolies interprètes, Entrails of a Virgin accapare tellement le potentiel sexuel de ses interprètes féminines qu'il en oublie généralement de jouer le répertoire de l'épouvante et de l'horreur qu'il est en partie prévu d'assurer ! Bon, je ne vais pas vous raconter tout le film vu que l'on en a déjà atteint la moitié. Contrairement aux pornos-soft ultra chiants que tout spécimen de la gente masculine a forcément découvert du temps de son adolescence, le film de Kazuo 'Gaira' Komizu se révèle étonnamment attrayant malgré le vide abyssal de son scénario. Mais alors que tout espoir d'y voir verser la moindre nouvelle goutte de sang, lors du dernier tiers les choses s'accélèrent subitement. Du simple film polisson l'on passe à une expérience largement plus hardcore puisque Entrails of a Virgin finit enfin par nous proposer quelques séquences particulièrement gratinées parmi lesquelles deux ou trois actes de nécrophilie et surtout, une gerbante scène lors de laquelle l'une des héroïnes est victime d'un effroyable fist-fucking ! Récompensant ainsi les spectateurs les plus téméraires qui auront tenu jusqu'ici, le film se clôt sur une vision qui promet de grandes choses pour l'avenir de l'unique survivante...

 

vendredi 15 décembre 2023

The Green Elephant (Zelyonyy slonik) de Svetlana Baskova (1999)

 


 

Vous n'entendrez sans doute jamais parler de la réalisatrice, scénariste et peintre russe Svetlana Baskova. Car si derrière sa féminité devrait théoriquement se cacher une certaine sensibilité, celle-ci semble si bien enfouie qu'elle ne put retenir les excès graphiques de l'une des œuvres cinématographiques parmi les plus repoussantes qui aient jamais vu le jour. Autant dire qu'après ça, la prochaine étape n'est nulle autre que le Snuff ! Autant dire également que le Visitor Q de Takashi Miike, le Sweet Movie de Dusan Makavejev, le Martyrs de Pascal Laugier, le A Serbian Film de Srdjan Spasojevic ou le Snuff 102 de Mariano Peralta seront, en comparaison, d'authentiques promenades de santé. L'ancien roi du trash John Waters n'a quant à lui plus qu'à raccrocher son veston à la penderie. Ce qu'il semble d'ailleurs avoir fait depuis un certain nombre d'années. Même les abominations émétophiles du canadien Lucifer Valentine semblent être du menu fretin en comparaison de... The Green Elephant  (traduction littérale de Zelyonyy slonik)! Car contrairement aux apparence et derrière l'hypothèse selon laquelle l’éléphant en question serait atteint de morbus virgineus se cache une ''œuvre'' parfaitement crapuleuse mettant en scène non pas le plus grand des mammifères terrestres mais deux ex-soldats de l'armée russe enfermés dans la cellule d'un goulag. Croire que parce qu'elle est une femme Svetlana Baskova serait incapable d'être la responsable d'une telle horreur reviendrait à dire que les hommes sont seuls à pouvoir faire preuve de cruauté ! Ce qui, on le sait, est souvent faux et même parfois carrément contraire aux idées reçues. Svetlana Baskova n'a ni le nez crochu, ni une verrue au bout du tarin. Les poils de la vieillesse ne frisent pas au dessus de sa lèvre supérieure et aucune corne ne pointe au sommet de son crâne. La jeune femme n'est donc pas l'horrible sorcière qu'évoque l’œuvre qu'elle mit au monde à la fin du siècle dernier.


Un long-métrage d'un peu moins de quatre-vingt dix minutes n'ayant coûté que l'équivalent de deux-cent euros. Soit, seulement cinquante euros de plus que Donoma de Djinn Carrenard dont la thématiques, les qualités et la virtuosité n'ont évidemment rien de commun avec cette cuve remplie de merde et de stupre que représente The Green Elephant. Autres détails intéressants concernant ce dernier : le film n'a été projeté sur grand écran qu'à une seule occasion et ce, lors du festival de Rotterdam en 2005 avant d'être interdit partout dans le monde. Ensuite, il est de notoriété pour celles et ceux qui suivent la carrière cinématographiquement chaotique de certains cinéastes que Svetlana Baskova fut par la suite bannie de son propre pays. Vrai ou faux, cela nous donne une idée assez précise de l'aventure à laquelle nous nous apprêtons à assister ! Mais avant d'entrer plus profondément dans le détail de ce que contient le film, une question s'impose : Comment peut-on tourner un long-métrage si médiocre soit-il avec seulement deux-cent euros en poche ? De la manière la plus simple qui soit : Filmer avec sa propre caméra numérique tout en faisant appel au généreux bénévolat de quelques amis rêvant de faire du cinéma ! Maintenant qu'un certain nombre d'informations de la plus haute importance viennent de vous être communiquées, passons aux choses sérieuses. N'oubliez cependant pas votre sac à vomi ou mieux, une bâche en plastique à installer sous vos fesses car l'expérience risque en théorie de solliciter le contenu de votre estomac. Vous êtes prêts ? Alors allons-y......


Pour commencer, le récit se situe dans une cellule qui ferait passer les pires lieux de détention de la planète pour des sites de villégiature. Ensuite, deux prisonniers y cohabitent avec la plus grande difficulté. Tandis que l'un soliloque de manière inébranlable, le second tente de résister à l'envie de l'étrangler. Alors, comme pour mieux se faire accepter par son compagnon, le premier chie dans une assiette et présente comme une offrande à son compagnon de cellule un étron tout juste expédié par le colon ! Et là, ben ça part totalement en vrille. Vladimir Epifantsev  incarne un second officier perdant son sang froid devant un Sergey Pakhomov qui dans le rôle du premier officier n'a plus toute sa tête. Viennent se greffer à cet embryon de récit l'acteur Aleksandr Maslaev dans le rôle du gardien ainsi qu'Anatoliy Osmolovskiy dans celui du directeur de la prison.... Ne tournons pas autour du pot. Malgré la promesse d'une œuvre estimée comme l'une des plus immondes qui soient, The Green Elephant est finalement beaucoup moins inconfortable qu'il n'y paraît. Car en dehors de cette séquence lors de laquelle un acte de scatologie est visiblement simulé, le film est surtout extrêmement bavard tandis que la violence des coups ponctuellement portés sur l'un des ''pauvres'' prisonniers y sont en outre trop visiblement retenus. Techniquement, le film de Svetlana Baskova est on ne peut plus laid. Et l'on ne parle évidemment pas du grain et de la colorimétrie qui accentuent le contexte malsain de l'œuvre mais plutôt de l'incapacité systématique pour la réalisatrice de maintenir correctement ses interprètes au sein du cadre. Si l'on additionne les dizaines de plans que compte le film, pas un seul d'entre eux ne bénéficie en effet du moindre soin en terme de cadrage. Sans parler des quelques zooms flous ou du bordélique montage faisant fi de tout sens esthétique. À vrai dire, seul le dernier acte pourra véritablement déranger en raison de son outrance. Viol, éviscération, nécrophilie, cannibalisme.... Ceux qui se posent des questions au sujet de la signification du titre trouveront d'ailleurs la réponse durant le dernier quart-d'heure. Au final,on peut se demander pourquoi le film fut interdit et sa réalisatrice chassée de son pays. La réponse se situe peut-être davantage dans le discours des personnages et dans l'image dégradée des institutions russes que dans son étalage d'atrocités. Mention spéciale tout de même pour Sergey Pakhomov, lequel est totalement habité par son personnage...

 

mercredi 8 février 2023

Candy Land de John Swab (2022) & Robbery de Fire Lee (2015)

 


 

Un article cette fois-ci consacré non pas à un long-métrage, mais deux. L'un d'origine américaine et le second de Chine. Candy Land est le dernier film à ce jour du réalisateur John Swab, auteur d'une poignée de longs-métrages qui jusqu'à maintenant ont pratiquement tous été consacrés aux camés, aux délinquants et aux prostituées. Ce sont ces dernières qui justement sont au centre du récit de ce long-métrage situant son action aux abords d'un relais routier où s'adonnent au plaisir de la chair des chauffeurs poids-lourds venus chercher entre les lèvres de quelques jolies pépées, de quoi se vider les bourses en échange de quelques dizaines de dollars. C'est en découvrant une photo du film exhibant l'une de ces jeunes femmes vêtue d'une jupe courte et les cuisses ouvertes de manière relativement vulgaire que ma curiosité fut piquée. Car quoi que puisse avoir désormais de commun de découvrir ce genre de vision au détour d'une scène de sexe, dans le contexte actuel, voir la chose sans y avoir été préparé au préalable offre à priori un point de vue sur l'hypothétique spectacle auquel on va avoir le droit : bref, avec un tel désir de choquer, on se dit qu'à défaut de nous servir un scénario digne de ce nom, le film aura au moins le mérite de titiller notre passion pour le trash et l'irrévérencieux. Sauf que rien ne viendra entériner cet aspect du projet que l'on imagine alors chaud bouillant puisque le long-métrage de John Swab va très rapidement prendre un virage à trois-cent soixante degrés. De ce film aussi étonnant qu'étrange, voire même relativement bancal qu'est Candy Land, l'on retiendra quoi ? La présence de l'acteur William Baldwin dans le rôle d'un flic fatigué, adepte de godes-michets ? Pas vraiment, car si effectivement l'un des frères de cette grande fratrie du cinéma à l'air épuisé, on a surtout l'impression que l'acteur n'y croit pas vraiment et qu'il est surtout venu cachetonner ! Presque exclusivement interprété par des interprètes féminines qui ne se font pas prier pour se foutre à poils, Candy Land démarre comme un drame mâtiné de comédie trash à la John Waters pour s'enfoncer dans le slasher bas de gamme et sans surprise dans lequel l'adepte d'une secte religieuse (l'actrice Olivia Luccardi dans le rôle de Remy) va tenter à sa manière toute personnelle de sortir de l'enfer de la prostitution ces femmes qui accepteront de l’héberger. Le loup étant ainsi installé dans la bergerie et profitant de l'occasion pour accomplir un massacre à peine digne de figurer au tableau de chasse d'une série Z. C'est chiant, bavard, et sans intérêt ou presque...


C'est sans doute la raison pour laquelle je me précipitais ensuite sur Robbery de l'acteur et réalisateur chinois Fire Lee. Confondant ses origines avec celle du japonais Takashi Miike en raison d'un synopsis plutôt alléchant, la déconvenue n'en fut que plus dure à accepter. En effet, avec son huis-clos installé dans une supérette et ses personnages on ne peut plus hétéroclites évoluant dans un contexte grotesque et gore, il y a avait là de quoi égayer les quatre-vingt dix minutes à venir. Sauf que dans tout ce gloubiboulga se télescopant sans idées apparemment préconçues, le canevas du long-métrage de Fire Lee ressemble à un condensé de propositions réalisé et interprété sous stupéfiants et sans doute, quelque peu improvisé. Se croisent dans cette supérette qui s'apprêtait à baisser le rideau, un patron tyrannique (Lam Suet), deux employés, une bimbo pourvue de généreux ''airbags'' (Anita Tsui), un flic victime de terribles diarrhées (Philip Keung), un client mécontent à tendance psychopathique ou encore un criminel notoire... Sur un ton humoristique qui donne parfois le vertige à l'allure à laquelle se succèdent les événements, Robbery finit par devenir assommant à trop vouloir faire dans le burlesque et l'autodérision. Une histoire de hold-up et de prise d'otages qui pourtant débute sous les meilleures auspices avec ce jeune homme d'une trentaine d'année qui se rêve riche et entouré d'une horde de bimbos. Fire Lee décrit le contexte dans lequel vit une grande partie de la population : précarité, logements exigus et insalubres, le film devient alors un grand fourre-tout dans lequel domine une bande-son tonitruante qui relève une sauce déjà bien épicée. Si l'on ne s'ennuie pas, force est de reconnaître que le long-métrage du réalisateur hongkongais ne tient cependant pas toutes ses promesses. Ultra coloré et forçant le trait jusqu'à la nausée malgré quelques caractérisations fort intéressantes (le patron de la supérette est parfaitement imbuvable et traite ses employés comme de la merde), Robbery se disperse un peu en terme de personnages et de sous-intrigues. Plaisant dix ou quinze minutes mais épuisant le reste du temps...

 

lundi 10 octobre 2022

The Sadness de Berant Zhu (2022) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Conspués, insultés, méprisés, mis au pilori par une partie de la population complotiste, il faudra bien un jour nous excuser et remercier nos dirigeants de nous avoir pris par la main comme des enfants alors qu'une épidémie de Covid-19 allait bouleverser nos habitudes. Oui, grâce à quelques têtes bien remplies, voilà à quoi nous avons échappé ! Un virus qui a muté et a transformé des hommes et des femmes en psychopathes assoiffés de sexe et de sang. À Taïwan, les choses ne semblent pas s'être déroulées dans des conditions aussi salubres qu'en France puisque le virus a dégénéré et les rues se sont transformées en autant de terrains de jeux sanguinaires. Sans que nous l'attendions comme le messie, voilà que débarquait tout récemment en VOD le tout premier long-métrage du réalisateur canadien Rob Jabbaz. Avant cela ? Une poignée de courts qui ne laissèrent pas envisager la tournure qu'allait prendre sa carrière. De petits films d'animation, et, certes, un court-métrage horrifique il y a deux ans (Clearwater) ! En 2022 et en pleine chaleur estivale sortait sur les écrans The Sadness. Long-métrage d'horreur plutôt gore et flirtant parfois avec l’irrévérence la plus jouissive. Des séquences carrément inattendues qui dans le paysage cinématographique mondial font du bien. Il en demeure encore pour nous offrir quelques jolis spectacles où le sang côtoie le stupre de manière totalement débridée (sans mauvais jeu de mots). Pour commencer, que les sinophobes se rassurent : le doublage en français passe relativement bien. Celles et ceux qui ne veulent pas s'abîmer la rétine en lisant les sous-titres n'auront qu'à tendre l'oreille et profiter de la version française...


Si The Sadness n'a l'air de ressembler qu'à l'un de ces innombrables films d'infectés qui chaque année sortent sur les écrans ou directement en vidéo, le film se veut tout d'abord une critique féroce où se libèrent les esprits et les hormones d'une population opprimée. Un virus s'étendant dans la région comme une traînée de poudre et libérant les pulsions de ses habitants. Au centre du récit, un couple formé par Jim et Kat (les acteurs Berant Zhu et Regina Lei). Ils s'aiment et sont heureux même s'ils risquent de ne pas pouvoir partir en vacances comme la jeune femme l'avait pourtant prévu. Transportée par scooter de l'autre côté de la ville par son compagnon, tous les deux vont être séparés au moment même où un inquiétant et très virulent virus va s'étendre dans le coin. Transformant les habitants en infectés, là encore, The Sadness montre son envie de se démarquer de la concurrence puisque ses ''zombies'' semblent avoir conservé toutes leurs perceptions cognitives tout en ayant perdu tout discernement entre le bien et le mal. Si le long-métrage du canadien est un défouloir pour le spectateur, il semble l'être encore plus pour son auteur, ses techniciens et ses interprètes tant le spectacle qui nous est donné à voir fleure bon le cinéma d'horreur outrancier tel que certains pouvaient le concevoir des décennies en arrière. On pense notamment aux premiers efforts de Peter Jackson, bien avant qu'il n'entre dans la cours des grands, au temps des Bad Taste, The Feebles ou Braindead !


Aussi ahurissant et inattendu que cela puisse paraître, The Sadness n'hésite pas à appuyer son propos à grands renforts de dialogues salaces et de séquences de sexe lors desquelles les personnages pataugent dans des mares de sang. Au fond, Rob Jabbaz ne fait que reprendre la recette qu'avait inventé presque cinquante ans en arrière un autre canadien, le plus célèbre d'entre tous, puisque l'on retrouve ici certains ingrédients des cultissimes Frissons et Rage de David Cronenberg respectivement réalisés en 1975 et 1977. Visage brûlé à l'huile de cuisson, énucléation, passage à tabac à coups de battes de base-ball, corps chutant de plusieurs étages, visage écrasé (une scène n'atteignant malheureusement pas le degré d'atrocité de la fameuse séquence située dans le bas gay de Irréversible de Gaspar Noé). The Sadness ne fait pas dans la dentelle. Encore moins lorsque les infectés, sourire aux lèvres, passent de l'homicide au viol. Et là, mes amis, comment dire... Le réalisateur et scénariste s'en est donné à cœur joie et propose quelques passages que le cerveau du plus pervers des obsédés sexuels n'aurait sans doute pas osé concevoir. Pessimiste, trash, gore, et parfois malsain, The Sadness souffre cependant d'un défaut majeur : ses ruptures de rythme permanents qui empêchent de transporter le spectateur jusqu'à l'ivresse ! À part cela, le film du canadien est un bol d'air (pas toujours très) frais...

 

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