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dimanche 1 février 2026

Bad Girls go to Hell de Doris Wishman (1965) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Figure apparemment emblématique du cinéma d’exploitation indépendant des années 1960, la réalisatrice, scénariste, monteuse, productrice et actrice américaine Doris Wishman a réalisé en quarante-deux ans de carrière une trentaine de longs-métrages donc quelques sympathiques navets, tel le déplorable film de science-fiction Nude on the Moon en 1961. Une œuvre qui sept ans après sa découverte le 2 septembre 2019 hante encore mes nuits les plus agitées. Un Nudie relativement hors-norme dans lequel le scientifique Jeff Huntley et le Professeur Nichols atterrissaient à la surface de la Lune pour y découvrir une espèce extraterrestre humanoïde en tous points semblable aux terriens en dehors du fait que ses représentants de sexe féminins s'y promenaient à moitié nus ! Celui qui n'a jamais entendu parler de Bad Girls go to Hell sait pourtant déjà que ce petit long-métrage d'à peine une heure et cinq minutes a de fortes chances d'être du même tonneau. Un film au titre d'ailleurs légèrement trompeur puisque ''Les filles'' ne sont en réalité qu'une seule et même femme et quant à savoir si celle-ci est ''Mauvaise'', il faudrait se pencher sur son cas très précis. En effet, tout comme Thania (l'actrice Zoë Lund), héroïne de L'Ange de la vengeance que réalisa seize ans plus tard Abel Ferrara, Meg Kelton (Gigi Darlene), une habitante de Boston, est violée par le concierge de son immeuble à deux reprises. Et deux fois, c'est au moins une fois de trop. Alors que l'homme a réussi à l'attirer chez lui, se saisissant d'un dessous de plat en porcelaine, la jeune femme fracasse le crâne de son agresseur avant de prendre la fuite et de se réfugier dans l'appartement qu'elle partage avec son mari. Tandis que ce dernier est parti travaillé, et très inquiète à l'idée de finir ses jours en prison, Meg plie bagages et s'enfuit pour New York. Vadrouillant en ville et ne sachant où elle va pouvoir dormir le soir venu, la jeune femme fait une première rencontre en la personne d'Al Bains. Un très sympathique jeune homme qui l'invite à passer la nuit chez lui en tout bien tout honneur. L'une des plus importantes failles du genre Nudies réapparaît ici une nouvelle fois. Visiblement peu soucieuse au sujet de la crédibilité, Doris Wishman ne voit rien à redire à son propre scénario...


En effet, comment une femme qui a fuit un violeur peut-elle accepter ensuite de monter dans l'appartement d'un inconnu ? L'homme étant un alcoolique qui tente de combattre son addiction, voilà qu'en outre Meg déniche une bouteille sans doute oubliée par son propriétaire dans un placard et auquel elle sert un verre avant qu'il ne se saisisse de la bouteille pour la vider cul-sec. Devenant violent envers la jeune femme, celle-ci profite finalement de l'ivresse de son hôte pour prendre la fuite. Et le reste de Bad Girls go to Hell est construit ainsi, sur diverses rencontres plus ou moins amicales. Après être partie précipitamment de l'appartement d'Al, elle louera une chambre à une certaine Madame Grace (Marlene Starr) dont l'époux incarné par Charles E. Mazin tentera à son tour de la violer. Bref, la pauvre Meg n'aura pas de chance et continuera de faire d'autres rencontres jusqu'à croiser le flic... qui enquête justement sur la mort du concierge... Contrairement à beaucoup de Nudies, celui-ci n'est pas trop mauvais. Et même s'il s'agit d'une petite production que l'on devine plutôt fauchée, un effort a visiblement été consenti au niveau écriture. Et même si certaines invraisemblances viennent s'intercaler lors des errances de notre héroïne, ça va, on a vu pire. Par contre, les amateurs de nudité n'en auront sans doute pas pour leur argent. Étonnamment, Bad Girls go to Hell se montre relativement timide en la matière. Alors que de nombreuses productions du genre ne lésinent pas sur les actrices qui se déshabillent dès que la caméra tourne, ici rien de bien émoustillant. Une toison entraperçue à travers une robe en dentelle, deux ou trois paires de fesses mais pas une seule poitrine, la réalisatrice et ses interprètes se démenant pour que n'apparaisse à l'écran que la silhouette d'un sein à peine dessiné. D'un autre côté, cela empêche Bad Girls go to Hell de trop tourner en rond et autour de séquence de sexe toutes plus mornes les unes que les autres. La cinéaste prend soin de son bébé et lui accorde un script beaucoup plus détaillé que d'habitude et socialement ''engagé''. Bref, un exemple de Nudies qui pour une fois démontre que parfois le ''miracle'' peut avoir lieu...

 

mercredi 28 janvier 2026

The Sex Killer de Barry Mahon (1967) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Nous sommes en 1967, soit trois ans après que le tueur en série américain Albert DeSalvo ait été arrêté. Surnommé ''L'étrangleur de Boston'', ce plombier qui profitait de sa profession pour pénétrer dans l'appartement de ses futures victimes les mettait en confiance avant de les étrangler de ses propres mains ou à l'aide d'objets divers tels les collants que ses proie portaient sur elles. Alors qu'en 1968 les meurtres commis par Albert DeSalvo inspireront le film The Boston Strangler de Richard Fleischer, il est fort possible qu'un an auparavant The Sex Killer de Barry Mahon ait lui-même été inspiré par les atrocités commises par ce célèbre tueur en série. Même méthode s'agissant des meurtres, ici également perpétrés avec les bas des victimes. Même propension à s'introduire chez elles même si le métier du tueur ne sert absolument pas de prétexte à ''s'inviter'' dans leur appartement. Dénué de bande musicale, The Sex Killer examine l'évolution d'un obsédé sexuel qui aux prémices des multiples assassinats qu'il va bientôt commettre travaille au rayon stockage d'une petite entreprise de fabrication et de location de mannequins d'exposition. Fasciné par les femmes mais incapable d'entretenir une relation normale avec elles, l'homme commence tout d'abord par s'acheter une paire de jumelles qu'il utilise afin d'épier de jeunes femmes se faisant bronzer sur la terrasse des immeubles voisins. L'on notera d'ailleurs deux choses au sujet de ces séquences. Tout d'abord que les figurantes sont toutes plus mauvaises les unes que les autres et que le fait qu'elles n'aient pas la moindre petite ligne de dialogue à prononcer est une très bonne chose. Ensuite, Barry Mahon a la curieuse idée de les filmer sous différents angles. Développant ainsi chez le spectateur, plusieurs hypothèses dont deux au moins s'avèrent en tous points fantaisistes. Commençons d'abord par ce qui semble être le plus crédible. Que le réalisateur ait tout simplement choisi d'exploiter le corps de ses figurantes sous tous les angles afin que le spectateur profite de leurs atouts physiques. Et ce, quitte à rendre invraisemblable les perpétuels changements de points de vue ! Maintenant, élaborons un principe aujourd'hui très à la mode mais qui à l'époque, si tant est que Barry Mahon ait pensé ces scène ainsi, auraient pu passer comme étant ''révolutionnaires'' !


Concevoir l'idée qu'au sommet de chaque tour, de chaque building, de chaque terrasse se cache peut-être et même sans doute, un voyeur et un tueur potentiel. Soit le mouvement #MeToo à l'échelle du septième art conceptualisé des décennies en arrière... Enfin, et cela est évidemment à prendre au dixième degré, peut-être le tueur, prénommé Tony et incarné par Bob Meyer est-il en mesure de se téléporter instantanément d'un immeuble à l'autre afin de reluquer les jeunes femmes sous tous les angles ? Si l'on est en droit de penser qu'Albert DeSalvo fut la principale source d'inspiration de ce moyen-métrage qui n'excède pas les cinquante-cinq minutes, l'acteur qui tient le rôle de l'assassin ressemble par contre étrangement à l'un des tueurs en série français parmi les plus connus et qui sévit quant à lui dans les alentours de Nogent-sur-Oise entre le 10 janvier 1969 et le 06 janvier 1976 : Marcel Barbeault ! La ressemblance entre les deux hommes est effectivement très frappante mais n'est par contre que le fruit du hasard puisque le tueur français ne perpétra ses meurtres que deux ans après la sortie de The Sex Killer. De là à imaginer qu'il ait pu lui-même tomber par hasard sur une copie du film l'ayant par la suite inspiré, il y a tout de même peu de chance que cela soit le cas... Pourtant limitée, une diffusion du film sur grand écran eut bien lieu, dans de petites salles ou directement dans les Drive-In américains. Mal joué, surtout par les actrices, l'on retiendra sans doute la parenté scénaristique qui existe entre The Sex Killer et l'un des plus grands classiques du Psychokiller, un certain Maniac réalisé treize ans plus tard par William Lustig. Pourtant, ce dernier n'a jamais proféré le moindre mot s'agissant du long-métrage de Barry Mahon, ses références étant alors à aller chercher ailleurs. Dans les méfaits perpétrés par un autre célèbre tueur en série américain du nom de David Berkowitz, dans le film d'Alfred Hitchcock Psychose ou dans certains gialli italiens des années soixante-dix... Quant à lui, The Sex Killer reste une curiosité, entre Psychokiller, drame détaillant le quotidien morne et compulsif d'un désaxé sexuel taiseux, solitaire, asocial et mal dans sa peau et Nudie Cutie consacrant une importante part des séquences à la nudité...

 

jeudi 1 mai 2025

Jekyll and Hyde Portfolio d'Eric Jeffrey Haims (1971) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Classé X aux États-Unis l'année de sa sortie sur grand écran et considéré comme une pièce de collection s'agissant de la version VHS sous lequel le film fut ensuite distribué au Brésil, Jekyll and Hyde Portfolio d'Eric Jeffrey Haims est l'occasion d'évoquer une fois encore le sujet de la Sexploitation à travers l'adaptation au cinéma du classique de la littérature fantastique écossaise, L'Étrange Cas du Dr Jekyll et de M. Hyde de Robert Louis Stevenson. Le long-métrage entre également dans la catégorie des Video Nasty. Ces films exploités sans avoir été au préalable soumis au British Board of Film Classification et qui appartenaient généralement à des catégories bien spécifiques réunissant certains critères comme la violence ou le sexe. Très librement inspiré du célèbre roman de l'écrivain originaire d’Édimbourg, Jekyll and Hyde Portfolio est donc l'une des très nombreuses adaptations du récit qui sous sa forme originale compta quelques classiques mais aussi un certain nombre de longs-métrages inattendus. À l'image de l'excellent The Nutty Professeur, parodie écrite, réalisée et principalement interprétée par l'acteur américain Jerry Lewis. Ou encore à travers ce Jekyll and Hyde Portfolio, lequel ne conserve du récit initial que quelques vagues éléments. Qu'il soit l'objet d'un véritable culte au Brésil auprès de certains amateurs est une chose. Mais si l'on veut demeurer totalement objectif, le résultat à l'écran est absolument désastreux. Eric Jeffrey Haims semble tant fasciné par la poitrine de ses interprètes féminines qu'il consacre l'essentiel de son œuvre à filmer en gros plans des poitrines libérées de leurs entraves pour le ''bien'' de spectateurs aussi attirés que lui par la mazophilie. Mais ici, rien de commun avec l'obsession d'un Russ Meyer qui consacra une bonne partie de sa filmographie à filmer des actrices plantureuses aux énormes poitrines. Rien de commun avec la série de longs-métrages Vixen, avec Faster, Pussycat! Kill! Kill! ou encore avec Mondo Topless. Celles de ses interprètes sont dans la moyenne. Ni trop petites, ni trop imposantes. Il est important d'insister sur cet aspect du film tant l'essentiel du récit tourne autour de séquence filmant ses actrices et acteurs en position horizontale. Sur la base d'un financement étriqué Jekyll and Hyde Portfolio ne risque pas d'émouvoir celles et ceux qui sont venus s'offrir quelques frissons n'ayant rien à voir avec tout ce qui se situe au dessous de la ceinture. Techniquement et artistiquement, l'on est plus proche de ce que produisait généralement le cinéaste espagnol Jesús Franco que de l'œuvre classieuse que l'on est en droit d'attendre de l'adaptation de l'un des plus remarquables ouvrages de la littérature fantastique mondiale.


Si l'hémoglobine apparaît parfois à l'écran, et dans des teintes orangées, l'essentiel est moins d'évoquer les exactions d'un type pas très sain psychologiquement que ces envahissantes parties fines entre individus de sexe opposé... ou non. Relations hétérogènes et saphisme sont donc au cœur d'une intrigue bancale, interprétée par des acteurs en dessous de tout, qui récitent leur texte sans le moindre engouement. Si redécouvrir aujourd'hui l'œuvre d'un artiste aussi fondamental que put l'être Herschell Gordon Lewis (qui, je le rappelle aux étourdis, est considéré à juste titre comme l'inventeur du Gore sur grand écran) semble être une évidence, Jekyll and Hyde Portfolio accumule les tares avec une telle régularité que sa projection s'inscrit dans cette catégorie de films qui constituent presque une véritable épreuve ! Les effets-spéciaux se limitant à quelques giclées de faux sang (ainsi qu'à une décapitation, je l'avoue), Eric Jeffrey Haims croit sans doute très approprié d'insister par deux fois sur l'authentique dissection d'une grenouille filmée en gros plan ! Si la pratique peut paraître en soit parfaitement anodine (qui n'a pas vécu ce traumatisme sur les bancs d'école?), cette insistance avec laquelle le réalisateur s'amuse avec ce batracien dont le cœur bat encore a de quoi donner la nausée. Quant aux scènes de sexe à proprement parler, elles conservent toutes cette désagréable fadeur que l'on rencontre dans ce genre de productions fauchées auxquelles participent en général des actrices relativement peu motivées ! Bref, l'on ressort de l'expérience sans avoir jamais eu la sensation d'avoir effectivement assisté à la projection d'une œuvre culte ! Jekyll and Hyde Portfolio est aussi triste à regarder que les poitrines de ses interprètes féminines. Les ébats se ressemblent tous et se fixent tous de manière obsessionnelle sur la poitrine des actrices. L'acting est déplorable. Les décors hideux La mise en scène inexistante. Quant au roman de Robert Louis Stevenson, il n'en demeure que quelques monstrations ridicules à travers des visages qui se déforment, sans l'emploi d'effets-spéciaux, devant l'objectif d'une caméra voyeuriste. Même pas un nanar. Juste une série Z sans intérêt...

 

mercredi 30 avril 2025

La louve sanguinaire de Rino Di Silvestro (1976) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Aaaaaah, la sexploitation... Ces délicieuses bobines mêlant parfois sexualité et épouvante pour le plaisir des yeux et des amateurs de frissons en tous genres. De ceux qui accompagnent et précèdent généralement l'orgasme et ceux qui sont l'aboutissement d'une peur intense. Moins de douze heures après avoir découvert Magdalena La Sexorcisée de Walter Boos, voici que je me lançais dans la projection de La louve sanguinaire du réalisateur italien Rino Di Silvestro. Une œuvre assez particulière et que l'on a pour habitude de ''confondre'' avec un genre bien précis : celui de la lycanthropie. Je crois bien qu'aussi lointain que remontent mes souvenirs, j'avais aussi confondu le film avec ce type de longs-métrages qui donna naissance à quelques classiques à la même époque (Le loup-garou de Londres, Hurlements, Wolfen). Mais plus que pour son statut de film de Sexploitation, la projection de La louve sanguinaire fut surtout l'occasion pour moi de redécouvrir l'un des deux tout premiers films que je m'offrit il y a plus de quarante ans au format VHS. Avant d'acquérir celles de Massacre à la tronçonneuse, de Maniac, de Zombie ou de Death Warmed Up toutes publiées sous le sceau René Château présente et accompagnées de la légendaire accroche ''Les films que vous ne verrez jamais à la télévision'', c'est dans une petite boutique culte située à Paris du nom de Movies 2000 où je me rendais régulièrement pour m'approvisionner en magazines spécialisés dans l'horreur et l'épouvante que j'allais mettre la main, le même jour, sur deux cassettes vidéos. Tout d'abord celle de La porte de l'enfer et sa sympathique affiche accompagnée là encore d'une très belle accroche (''Venus de l'enfer pour vous remettre la clé''). Un boîtier VHS qui en réalité renfermait l'incroyable Burnt Offerings de Dan Curtis, retitré pour l'occasion. Autant dire que la surprise fut des plus agréable. Et puis, donc, la cassette vidéo de La louve sanguinaire. Les éditions Super Video Productions proposant pour l'occasion une jaquette abominable, sur fond bleu et doré et affublée tout en bas d'un dessin à l'effigie de Groucho Marx !!! Alors adolescent, j'avais déjà assez peu apprécié le contenu du film, lequel était lourdement chargé en scènes de nudité, l'horreur étant relayée en arrière-plan. Aujourd'hui que l'occasion de le redécouvrir me fut offerte, j'ai donc opté pour une version tronquée du long-métrage de Rino Di Silvestro. Ce qui a pour habitude de généralement m'énerver était cette fois-ci tout ce que j'espérais. D'une œuvre qui selon les versions varie entre 80 et 95 minutes, j'ai donc réussi à mettre la main sur celle qui paraît être la plus courte d'entre toutes. Soixante-quatorze minutes, pas une de plus. Et si on compare cette durée à celle qui semble être la plus longue, cela fait tout de même une différence d'environ vingt minutes.


Autant dire que dans celle-ci, toute trace de sexe y est bannie. Ce qui en soit n'est pas un problème pour ceux qui s’intéressent précisément moins au stupre qu'à l'hémoglobine. Mieux : le film étant d'une piètre qualité, cette courte version aura l'avantage de ne pas vous retenir trop longtemps. Mon seul regret : la disparition d'une scène situant son action au début du film et lors de laquelle l'héroïne incarnée par l'actrice française Annik Borel dansait nue autour d'un brasier avant de se transformer en louve-garou ! Pour le reste des scènes de nudité, leur disparition permet à ce petit film insignifiant et finalement chiche en matière d'horreur d'être plutôt dynamique tout en arborant un montage parfois forcément bancal. Le choix de l'actrice française peut s'avérer étonnant. Surtout que face au personnage de Daniela Neseri qu'elle incarne, le réalisateur impose à cette dernière une sœur prénommée Elena qui en tout point lui est supérieur en terme de beauté. L'allemande Dagmar Lassander serait demeurée frileuse à l'idée de se dévêtir devant la caméra que l'on comprendrait le choix du réalisateur italien de s'être tourné vers l'actrice française mais imaginez qu'en lieu et place de la sublime Elizabeth Taylor, le réalisateur américain Joseph L. Mankiewicz ait préféré faire jouer le rôle-titre du magnifique Cléopâtre à Sondra Locke (si les deux actrices avaient été de la même générations, s'entend). Hein ? Non, hein ? On est d'accord ! Pour ce qui constitue le fond du récit de La louve sanguinaire, le film n'est en réalité pas tout à fait un film d'horreur sur le sujet de la lycanthropie. Car si dans les premiers instants il est fait référence à cette malédiction, le sujet central du long-métrage tourne surtout autour de la schizophrénie de l'héroïne et de sa misandrie envers les représentants du sexe opposé. À ce titre, Annik Borel s'avère relativement efficace lorsqu'il s'agit de s'en prendre aux hommes, tous ou presque plus obsédés les uns que les autres à l'idée de la mettre dans leur lit. La jeune femme les tue donc les uns après les autres, les mordant à pleines dents, surtout lors des Pleines Lunes alors même que la jeune femme ne se transforme pas en bête poilue ! Bref, La louve sanguinaire est une œuvre hybride pas vraiment folichonne, entre épouvante, folie et sexualité. Un film qui déjà à son époque paraissait totalement largué mais qui, avec le temps, aura peut-être l'assentiment des amoureux du cinéma d'horreur transalpin dans sa globalité...

 

mardi 29 avril 2025

Magdalena, vom Teufel Besessen de Walter Boos (1974) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Évoquons cette fois-ci le cas de Magdalena, vom Teufel Besessen du réalisateur, scénariste et monteur allemand Walter Boos. Un cas très particulier s'agissant de ce film d'horreur sorti sur les écrans un an après L'exorciste de William Friedkin. Cinéaste spécialisé dans le cinéma pour adultes porté sur les comédies érotiques, voilà qu'en 1974 le bonhomme profite du succès outre-atlantique de ce qui deviendra comme l'une des principales références en matière de possession au cinéma pour tourner sa propre vision du phénomène. À la fidèle traduction du titre allemand Madeleine, possédée par le diable, les distributeurs français lui préférèrent le très évocateur Magdalena la Sexorcisée. En à peine un mot, l'on sait déjà à quoi s'attendre. Une version érotisée du long-métrage de William Friedkin mais à la différence duquel, l'héroïne du récit interprétée par l'actrice Dagmar Hedrich n'est pas la victime d'un cas de possession perpétré par un quelconque démon mais par l'esprit de son oncle récemment retrouvé crucifié après qu'il ait été assassiné par un inconnu. Dans le rôle-titre de Magdalena Winter, la jeune actrice se voue corps et âme au principe même du film qui veut que cette très jolie pensionnaire d'un institut pour jeunes filles va très rapidement (et donc sans la moindre finesse psychologique) se muer en une véritable ogresse du sexe. Sautant sur tout ce qui bouge, qu'il s'agisse de ses colocataires, de sa directrice, des inconnus qu'elle croisera au détour d'un chemin ou même du docteur Stone (Michae Hinz) qui plus tard sera chargé d'étudier le cas de Magdalena avant de tomber sous son charme, la jeune femme est, contrairement à la jeune Regan de L'exorciste, libre de ses mouvements. N'étant tout d'abord pas cantonnée aux seuls quatre murs de sa chambre et demeurant véritablement instable en ce sens où on ne sait jamais combien de temps dureront les temps d'accalmie (lesquels vont se révéler assez rares), les scènes durant lesquelles Dagmar Hedrich gesticule en nuisette (quand elle n'est pas tout simplement à poil la plupart du temps) ont semble-t-il l'effet inverse de celui recherché.


En effet, difficile de ne pas sourire dans les premiers instants lorsque l'actrice simule en solo des rapports sexuels avec une entité invisible... Mais ne rêvons pas. Ici, rien de commun avec le chef-d’œuvre The Entity signé de Sidney J. Furie en 1982 dans lequel le réalisateur américain relatait un authentique fait-divers autour duquel une femme avait prétendument été la victime de viols perpétrés par une entité invisible ! Avec Magdalena, vom Teufel Besessen, l'on est beaucoup plus proche du nanar que du classique du cinéma horrifico-fantastique. Pourtant, il reste appréciable de voir l'actrice allemande se démener avec un tel entrain... et sans le moindre complexe puisque Walter Boos va la filmer sous toutes les coutures et dans toutes les positions. Nue comme un ver, aussi blanche qu'un patient atteint d'anémie, transpirant à grosses gouttes et de profondes cernes sous les yeux, le réalisateur parvient malgré tout à rendre sexy son interprète principale. Encore faut-il être en mesure d'accepter ce perpétuel bourdonnement de mouche qui renvoie à la morgue où fut autopsié l'oncle défunt. L'intervention sonore de l'insecte renvoyant ainsi à l'imagerie plutôt sordide de la nécrophilie puisque chaque fois que Magdalena a... le feu au cul, l'on entend le battement d'ailes d'une mouche. Ce même insecte nécrophage que l'on raccorde systématiquement à la présence alentour de cadavres en putréfaction. Bref, si l'on ne se voile pas les yeux à la vue des contours physiques de Dagmar Hedrich lorsque l'actrice s'arrache les vêtements, le propos s'avère parfois relativement déviant. Mais pas au point de choquer un public conquis par l'aspect kitsch de certains environnements qui laissent entendre que le film aurait été tourné entre la Bavière et le Tyrol. Bière et musique du terroir accentuent le statut de nanar de Magdalena, vom Teufel Besessen. Un film pas si dégueulasse que ça même si dans le domaine on a vu beaucoup mieux. Et puis, il y a les scènes d'hystérie de l'héroïne, sa propension à se foutre à poil et quelques séquences inspirées comme celle où Magdalena vomit un serpent (qui fera ensuite malheureusement les frais du script en étant piétiné du talon par l'acteur Michael Hinz). Détail amusant, l'acteur Rudolf Schündler qui tient ici le rôle du Père Conrad incarna un an plus tôt dans L'exorciste le personnage de Karl Engstrom. Oui, oui, il s'agit bien de celui qui interpréta le rôle de l'employé de la famille Ma&cNeil qui lors d'une réception se fit traiter de nazi par un certain Burke Dennings alors pris de boisson...

 

jeudi 28 mars 2019

Evil Come Evil Go de Walt Davis (1972) - ★☆☆☆☆☆☆☆☆☆



Fraîchement débarquée à Los Angeles, sœur Sara Jane Butler prêche la bonne parole dans la rue, un accordéon entre les mains. C'est d'abord là qu'elle rencontre pour la première fois Penny, une jeune femme issue d'une riche famille qui lui fait don d'un billet de dix dollars. Plus tard, Sara Jane et Penny se croiseront à nouveau devant la boutique d'un vendeur de hot dogs. La première est invitée par la seconde à venir s'installer chez elle aussi longtemps qu'elle restera en ville. Sara Jane accepte et en contrepartie initie sa nouvelle amie aux bonnes paroles qu'elle tente d'inculquer à des hommes et des femmes qui ne pensent qu'à forniquer. Bien que les deux jeunes femmes tentent de leur faire admettre que Dieu est amour et déteste le sexe, rien n'y fait. C'est alors que Sara Jane initie cette fois-ci Penny à la méthode qu'elle a l'habitude de mettre en pratique afin de faire payer à celles et ceux (surtout les hommes en réalité) qui ne veulent pas les écouter et pratiquent le sexe en dehors du mariage. Une méthode radicale puisqu'elle consiste à tuer ces individus qui recherchent avant tout le plaisir sexuel. Sara Jane et sa nouvelle adepte se lancent donc dans des expéditions punitives, piégeant des hommes en les invitant à venir passer la soirée chez Penny où, après l'acte sexuel, au moment même où les mâles en rut s’apprêtent à jouir, Sara Jane les assassine de plusieurs coups de couteau...

Vu sous cet angle, ça a l'air alléchant. Sauf que Evil Come Evil Go fait partie de cette vague de films tournés dans les années soixante-dix en pleine période hippie et pour dix francs si sous. Le genre de pellicule crasseuse, au format 16mm possédant un grain si grossier que l'on a l'impression, parfois, d'assister à une projection de films de vacances tournés par un vieux pervers sous acide. Sous acide, d'ailleurs, a semble-t-il été écrit ce résidu de scénario qui sert un propos qui va à l'encontre même des principes de ses deux héroïnes. Alors que Sara Jane (l'actrice Cleo O'Hara) et Penny (Sandra Henderson) prêchent la bonne parole, on constate ensuite combien les deux jeunes femmes sont capables de donner de leur personne afin d'arriver à leurs fins.

En effet, derrière un scénario d'une minceur désespérante, se cache un soft-porn racoleur. Des scènes de sexe qui n'exciteront pas grand monde. À part peut-être quelques rednecks dérangés du bulbe qui en reluquant les deux héroïnes de cette bobine cafardeuse auront l'impression eux-même de leur faire l'amour à travers leur écran de télévision. Pas vraiment hard mais un peu plus poussé que le téléfilm érotique que diffusait à une certaine époque notre sixième chaîne nationale, le film de Walt Davis possède cette propriété extraordinaire d'être plus ennuyeux encore qu'un séminaire sur la culture des huîtres dans le bassin d'Arcachon. Et puisque je vous tiens et que l'on parle d'huîtres, sachez que nos demoiselles ont la fesse molle, la cuisse blafarde et la fève rougeoyante pourvue d'une toison plus riche encore que le pelage d'un puli ! À croire qu'elle y prennent en réalité du plaisir. Et là, on ne parle pas des personnages mais des actrices elles-même.

Ce que ça joue mal. Pourtant, on ne peut pas dire que le film soit d'une exigence scénaristique extraordinaire. Bien au contraire, c'est plat, sans relief, le film n'étant qu'une succession de scènes de cul sans le moindre intérêt, et durant lesquelles les filles se débattent mollement et les mecs ne bandent même pas ! Deux meurtres. Deux tout petits meurtres dont les dégâts ressemblent davantage à ceux perpétrés par le Fuad Ramsès du Blood Feast d'Herschell Gordon Lewis que des exactions du Maniac de William Lustig. Comme une grande partie des films qui semblent avoir été produits sous l'influence de drogues hallucinogènes dans les années 60/70, Evil Come Evil Go est une curiosité. Ce qui n'en fait pas moins l'une des pires expériences en matière de cinéma. Sans aucun intérêt ni valeur artistique. Poubelle !

vendredi 3 mars 2017

The Immoral Mr. Teas de Russ Meyer (1959) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆



Après avoir tourné The French Peep Show en 1950, le cinéaste mammaire Russ Meyer n'est retourné à la réalisation que neuf ans plus tard avec The Immoral Mr. Teas. On peut véritablement établir les débuts de sa carrière avec ce dernier donc, puisqu'ensuite il ne cessera plus de tourner avec une déconcertante régularité jusqu'en 1979, date de sortie du dernier volet des Vixens (Ultra Vixens). Avec cette première incartade dans l'univers assez particulier d'un cinéaste qui s'est fait un devoir de dévoiler au monde entier les poitrines plus qu'avantageuses de jolies poupées enrôlées pour l'occasion dans des rôles souvent insipides, Russ Meyer ne s'est pas foulé. Film quasiment muet (mais en couleur) dont la seule intervention vocale et celle d'un narrateur (donc hors champ), le reste du casting demeurant désespérément silencieux. On peut d'ailleurs se demander dans quelle mesure ce choix bénéficie au film à part d'éventuelles économies en terme de budget puisque on voit bien les acteurs s'exprimer, mais cela dans un silence de tombe qui n'est réveillé que par une bande-musicale uniquement constituée que deux trois ou quatre airs tournant en boucle durant les soixante-sept minutes que dure The Immoral Mr. Teas.

Épuisante, donc. Quant au récit, il va falloir se contenter du strict minimum en terme de scénario puisque Russ Meyer n'a choisi que de nous montrer le quotidien d'un livreur de prothèses dentaire durant une bonne grosse partie de son œuvre. Son héros, c'est le Monsieur Teas du titre. Un type pas très engageant et totalement obnubilé par la plastique aventageuse des femmes qu'il est mené à côtoyé au quotidien. Assistante dentaire, secrétaire, serveuse, elles ont toutes un point commun : une énorme poitrine. Il déambule à la manière d'un Jacques Tati du nichon.
Car Monsieur Teas ne fait pas que livrer aux dentistes des prothèses dentaires mais rêve beaucoup de ces jeunes femmes que sa timidité et son physique peu avantageux empêche d'aborder. Un jour qu'il a mal aux dents, Monsieur Teas s'installe sur le fauteuil du dentiste, lequel lui injecte un anesthésiant qui va avoir un effet inattendu et surtout, prolongé. En effet, notre héros va, par vagues, avoir des visions. Ces femmes qu'il a loisir d'imaginer à demi-nue vont cette fois-ci réellement sez présenter devant lui, entièrement déshabillées. De quoi contenter un Monsieur Teas conquis par tant de chair fraîche à disposition de ses yeux de voyeur.

Voici donc à quoi ressemble The Immoral Mr. Teas. Une œuvre dont l'érotisme soft ne contentera sans doute que les fétichistes des seins, et encore. Le premier véritable long-métrage de Russ Meyer est d'un ennui total. Pas d'histoire, pas de dialogues, seulement le discours inepte d'une voix-off qui nous explique par exemple que le soleil a un effet bénéfique sur le corps humain tandis que trois jeunes femmes s'exhibent devant l'objectif de Russ Meyer. Ou encore que les États-Unis exportent davantage de tonnages par an que n'importe quel autre pays. Bref, ON-S'EN-FOU !!!
The Immoral Mr. Teas, c'est du Z pur et dur. Mais ne l'oublions pas. Il s'agit tout de même du premier témoignage visuel d'un genre (le film mammaire) qui n'appartient qu'à Russ Meyer, sacré roi du trash avant que d'autres ne viennent empiéter avec davantage de mérite sur son propre terrain de la provocation (John Waters pour ne citer que l'un des plus illustres d'entre eux)...
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