Figure apparemment
emblématique du cinéma d’exploitation indépendant des années
1960, la réalisatrice, scénariste, monteuse, productrice et actrice
américaine Doris Wishman a réalisé en quarante-deux ans de
carrière une trentaine de longs-métrages donc quelques sympathiques
navets, tel le déplorable film de science-fiction Nude on the
Moon
en 1961. Une œuvre qui sept ans après sa découverte le 2 septembre
2019 hante encore mes nuits les plus agitées. Un Nudie
relativement
hors-norme
dans lequel le scientifique Jeff Huntley et le Professeur Nichols
atterrissaient à la surface de la Lune pour y découvrir une espèce
extraterrestre humanoïde en tous points semblable aux terriens en
dehors du fait que ses représentants de sexe féminins s'y
promenaient à moitié nus ! Celui qui n'a jamais entendu parler
de Bad Girls go to Hell
sait pourtant déjà que ce petit long-métrage d'à peine une heure
et cinq minutes a de fortes chances d'être du même tonneau. Un film
au titre d'ailleurs légèrement trompeur puisque ''Les filles'' ne
sont en réalité qu'une seule et même femme et quant à savoir si
celle-ci est ''Mauvaise'', il faudrait se pencher sur son cas très
précis. En effet, tout comme Thania (l'actrice Zoë Lund), héroïne
de L'Ange de la vengeance
que réalisa seize ans plus tard Abel Ferrara, Meg Kelton (Gigi
Darlene), une habitante de Boston, est violée par le concierge de
son immeuble à deux reprises. Et deux fois, c'est au moins une fois
de trop. Alors que l'homme a réussi à l'attirer chez lui, se
saisissant d'un dessous de plat en porcelaine, la jeune femme
fracasse le crâne de son agresseur avant de prendre la fuite et de
se réfugier dans l'appartement qu'elle partage avec son mari. Tandis
que ce dernier est parti travaillé, et très inquiète à l'idée de
finir ses jours en prison, Meg plie bagages et s'enfuit pour New
York. Vadrouillant en ville et ne sachant où elle va pouvoir dormir
le soir venu, la jeune femme fait une première rencontre en la
personne d'Al Bains. Un très sympathique jeune homme qui l'invite à
passer la nuit chez lui en tout bien tout honneur. L'une des plus
importantes failles du genre Nudies
réapparaît ici une nouvelle fois. Visiblement peu soucieuse au
sujet de la crédibilité, Doris Wishman ne voit rien à redire à
son propre scénario...
En
effet, comment une femme qui a fuit un violeur peut-elle accepter
ensuite de monter dans l'appartement d'un inconnu ? L'homme
étant un alcoolique qui tente de combattre son addiction, voilà
qu'en outre Meg déniche une bouteille sans doute oubliée par son
propriétaire dans un placard et auquel elle sert un verre avant
qu'il ne se saisisse de la bouteille pour la vider cul-sec. Devenant
violent envers la jeune femme, celle-ci profite finalement de
l'ivresse de son hôte pour prendre la fuite. Et le reste de Bad
Girls go to Hell
est construit ainsi, sur diverses rencontres plus ou moins amicales.
Après être partie précipitamment de l'appartement d'Al, elle
louera une chambre à une certaine Madame Grace (Marlene Starr) dont
l'époux incarné par Charles E. Mazin tentera à son tour de la
violer. Bref, la pauvre Meg n'aura pas de chance et continuera de
faire d'autres rencontres jusqu'à croiser le flic... qui enquête
justement sur la mort du concierge... Contrairement à beaucoup de
Nudies,
celui-ci n'est pas trop mauvais. Et même s'il s'agit d'une petite
production que l'on devine plutôt fauchée, un effort a visiblement
été consenti au niveau écriture. Et même si certaines
invraisemblances viennent s'intercaler lors des errances de notre
héroïne, ça va, on a vu pire. Par contre, les amateurs de nudité
n'en auront sans doute pas pour leur argent. Étonnamment, Bad
Girls go to Hell
se montre relativement timide en la matière. Alors que de nombreuses
productions du genre ne lésinent pas sur les actrices qui se
déshabillent dès que la caméra tourne, ici rien de bien
émoustillant. Une toison entraperçue à travers une robe en
dentelle, deux ou trois paires de fesses mais pas une seule poitrine,
la réalisatrice et ses interprètes se démenant pour que
n'apparaisse à l'écran que la silhouette d'un sein à peine
dessiné. D'un autre côté, cela empêche Bad
Girls go to Hell
de trop tourner en rond et autour de séquence de sexe toutes plus
mornes les unes que les autres. La cinéaste prend soin de son bébé
et lui accorde un script beaucoup plus détaillé que d'habitude et
socialement ''engagé''. Bref, un exemple de Nudies
qui pour une fois démontre que parfois le ''miracle'' peut avoir
lieu...
.png)
.png)
.png)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire