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dimanche 1 février 2026

Bad Girls go to Hell de Doris Wishman (1965) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Figure apparemment emblématique du cinéma d’exploitation indépendant des années 1960, la réalisatrice, scénariste, monteuse, productrice et actrice américaine Doris Wishman a réalisé en quarante-deux ans de carrière une trentaine de longs-métrages donc quelques sympathiques navets, tel le déplorable film de science-fiction Nude on the Moon en 1961. Une œuvre qui sept ans après sa découverte le 2 septembre 2019 hante encore mes nuits les plus agitées. Un Nudie relativement hors-norme dans lequel le scientifique Jeff Huntley et le Professeur Nichols atterrissaient à la surface de la Lune pour y découvrir une espèce extraterrestre humanoïde en tous points semblable aux terriens en dehors du fait que ses représentants de sexe féminins s'y promenaient à moitié nus ! Celui qui n'a jamais entendu parler de Bad Girls go to Hell sait pourtant déjà que ce petit long-métrage d'à peine une heure et cinq minutes a de fortes chances d'être du même tonneau. Un film au titre d'ailleurs légèrement trompeur puisque ''Les filles'' ne sont en réalité qu'une seule et même femme et quant à savoir si celle-ci est ''Mauvaise'', il faudrait se pencher sur son cas très précis. En effet, tout comme Thania (l'actrice Zoë Lund), héroïne de L'Ange de la vengeance que réalisa seize ans plus tard Abel Ferrara, Meg Kelton (Gigi Darlene), une habitante de Boston, est violée par le concierge de son immeuble à deux reprises. Et deux fois, c'est au moins une fois de trop. Alors que l'homme a réussi à l'attirer chez lui, se saisissant d'un dessous de plat en porcelaine, la jeune femme fracasse le crâne de son agresseur avant de prendre la fuite et de se réfugier dans l'appartement qu'elle partage avec son mari. Tandis que ce dernier est parti travaillé, et très inquiète à l'idée de finir ses jours en prison, Meg plie bagages et s'enfuit pour New York. Vadrouillant en ville et ne sachant où elle va pouvoir dormir le soir venu, la jeune femme fait une première rencontre en la personne d'Al Bains. Un très sympathique jeune homme qui l'invite à passer la nuit chez lui en tout bien tout honneur. L'une des plus importantes failles du genre Nudies réapparaît ici une nouvelle fois. Visiblement peu soucieuse au sujet de la crédibilité, Doris Wishman ne voit rien à redire à son propre scénario...


En effet, comment une femme qui a fuit un violeur peut-elle accepter ensuite de monter dans l'appartement d'un inconnu ? L'homme étant un alcoolique qui tente de combattre son addiction, voilà qu'en outre Meg déniche une bouteille sans doute oubliée par son propriétaire dans un placard et auquel elle sert un verre avant qu'il ne se saisisse de la bouteille pour la vider cul-sec. Devenant violent envers la jeune femme, celle-ci profite finalement de l'ivresse de son hôte pour prendre la fuite. Et le reste de Bad Girls go to Hell est construit ainsi, sur diverses rencontres plus ou moins amicales. Après être partie précipitamment de l'appartement d'Al, elle louera une chambre à une certaine Madame Grace (Marlene Starr) dont l'époux incarné par Charles E. Mazin tentera à son tour de la violer. Bref, la pauvre Meg n'aura pas de chance et continuera de faire d'autres rencontres jusqu'à croiser le flic... qui enquête justement sur la mort du concierge... Contrairement à beaucoup de Nudies, celui-ci n'est pas trop mauvais. Et même s'il s'agit d'une petite production que l'on devine plutôt fauchée, un effort a visiblement été consenti au niveau écriture. Et même si certaines invraisemblances viennent s'intercaler lors des errances de notre héroïne, ça va, on a vu pire. Par contre, les amateurs de nudité n'en auront sans doute pas pour leur argent. Étonnamment, Bad Girls go to Hell se montre relativement timide en la matière. Alors que de nombreuses productions du genre ne lésinent pas sur les actrices qui se déshabillent dès que la caméra tourne, ici rien de bien émoustillant. Une toison entraperçue à travers une robe en dentelle, deux ou trois paires de fesses mais pas une seule poitrine, la réalisatrice et ses interprètes se démenant pour que n'apparaisse à l'écran que la silhouette d'un sein à peine dessiné. D'un autre côté, cela empêche Bad Girls go to Hell de trop tourner en rond et autour de séquence de sexe toutes plus mornes les unes que les autres. La cinéaste prend soin de son bébé et lui accorde un script beaucoup plus détaillé que d'habitude et socialement ''engagé''. Bref, un exemple de Nudies qui pour une fois démontre que parfois le ''miracle'' peut avoir lieu...

 

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