Nous sommes en 1967, soit
trois ans après que le tueur en série américain Albert DeSalvo ait
été arrêté. Surnommé ''L'étrangleur de Boston'',
ce plombier qui profitait de sa profession pour pénétrer dans
l'appartement de ses futures victimes les mettait en confiance avant
de les étrangler de ses propres mains ou à l'aide d'objets divers
tels les collants que ses proie portaient sur elles. Alors qu'en 1968
les meurtres commis par Albert DeSalvo inspireront le film The
Boston Strangler de Richard
Fleischer, il est fort possible qu'un an auparavant The
Sex Killer
de Barry Mahon ait lui-même été inspiré par les atrocités
commises par ce célèbre tueur en série. Même méthode s'agissant
des meurtres, ici également perpétrés avec les bas des victimes.
Même propension à s'introduire chez elles même si le métier du
tueur ne sert absolument pas de prétexte à ''s'inviter'' dans leur
appartement. Dénué de bande musicale, The Sex
Killer
examine l'évolution d'un obsédé sexuel qui aux prémices des
multiples assassinats qu'il va bientôt commettre travaille au rayon
stockage d'une petite entreprise de fabrication et de location de
mannequins d'exposition. Fasciné par les femmes mais incapable
d'entretenir une relation normale avec elles, l'homme commence tout
d'abord par s'acheter une paire de jumelles qu'il utilise afin
d'épier de jeunes femmes se faisant bronzer sur la terrasse des
immeubles voisins. L'on notera d'ailleurs deux choses au sujet de ces
séquences. Tout d'abord que les figurantes sont toutes plus
mauvaises les unes que les autres et que le fait qu'elles n'aient pas
la moindre petite ligne de dialogue à prononcer est une très bonne
chose. Ensuite, Barry Mahon a la curieuse idée de les filmer sous
différents angles. Développant ainsi chez le spectateur, plusieurs
hypothèses dont deux au moins s'avèrent en tous points
fantaisistes. Commençons d'abord par ce qui semble être le plus
crédible. Que le réalisateur ait tout simplement choisi d'exploiter
le corps de ses figurantes sous tous les angles afin que le
spectateur profite de leurs atouts physiques. Et ce, quitte à rendre
invraisemblable les perpétuels changements de points de vue !
Maintenant, élaborons un principe aujourd'hui très à la mode mais
qui à l'époque, si tant est que Barry Mahon ait pensé ces scène
ainsi, auraient pu passer comme étant ''révolutionnaires'' !
Concevoir
l'idée qu'au sommet de chaque tour, de chaque building, de chaque
terrasse se cache peut-être et même sans doute, un voyeur et un
tueur potentiel. Soit le mouvement #MeToo
à l'échelle du septième art conceptualisé des décennies en
arrière... Enfin, et cela est évidemment à prendre au dixième
degré, peut-être le tueur, prénommé Tony et incarné par Bob
Meyer est-il en mesure de se téléporter instantanément d'un
immeuble à l'autre afin de reluquer les jeunes femmes sous tous les
angles ? Si l'on est en droit de penser qu'Albert DeSalvo fut la
principale source d'inspiration de ce moyen-métrage qui n'excède
pas les cinquante-cinq minutes, l'acteur qui tient le rôle de
l'assassin ressemble par contre étrangement à l'un des tueurs en
série français parmi les plus connus et qui sévit quant à lui
dans les alentours de Nogent-sur-Oise entre le 10 janvier 1969 et le
06 janvier 1976 : Marcel Barbeault ! La ressemblance entre
les deux hommes est effectivement très frappante mais n'est par
contre que le fruit du hasard puisque le tueur français ne perpétra
ses meurtres que deux ans après la sortie de The
Sex Killer.
De là à imaginer qu'il ait pu lui-même tomber par hasard sur une
copie du film l'ayant par la suite inspiré, il y a tout de même peu
de chance que cela soit le cas... Pourtant limitée, une diffusion du
film sur grand écran eut bien lieu, dans de petites salles ou
directement dans les Drive-In américains. Mal joué, surtout par les
actrices, l'on retiendra sans doute la parenté scénaristique qui
existe entre The Sex Killer
et l'un des plus grands classiques du Psychokiller,
un certain Maniac
réalisé treize ans plus tard par William Lustig. Pourtant, ce
dernier n'a jamais proféré le moindre mot s'agissant du
long-métrage de Barry Mahon, ses références étant alors à aller
chercher ailleurs. Dans les méfaits perpétrés par un autre célèbre
tueur en série américain du nom de David Berkowitz, dans le film
d'Alfred Hitchcock Psychose
ou dans certains gialli italiens des années soixante-dix... Quant à
lui, The Sex Killer
reste une curiosité, entre Psychokiller,
drame détaillant le quotidien morne et compulsif d'un désaxé
sexuel taiseux, solitaire, asocial et mal dans sa peau et Nudie
Cutie consacrant
une importante part des séquences à la nudité...
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