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mardi 29 avril 2025

Magdalena, vom Teufel Besessen de Walter Boos (1974) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Évoquons cette fois-ci le cas de Magdalena, vom Teufel Besessen du réalisateur, scénariste et monteur allemand Walter Boos. Un cas très particulier s'agissant de ce film d'horreur sorti sur les écrans un an après L'exorciste de William Friedkin. Cinéaste spécialisé dans le cinéma pour adultes porté sur les comédies érotiques, voilà qu'en 1974 le bonhomme profite du succès outre-atlantique de ce qui deviendra comme l'une des principales références en matière de possession au cinéma pour tourner sa propre vision du phénomène. À la fidèle traduction du titre allemand Madeleine, possédée par le diable, les distributeurs français lui préférèrent le très évocateur Magdalena la Sexorcisée. En à peine un mot, l'on sait déjà à quoi s'attendre. Une version érotisée du long-métrage de William Friedkin mais à la différence duquel, l'héroïne du récit interprétée par l'actrice Dagmar Hedrich n'est pas la victime d'un cas de possession perpétré par un quelconque démon mais par l'esprit de son oncle récemment retrouvé crucifié après qu'il ait été assassiné par un inconnu. Dans le rôle-titre de Magdalena Winter, la jeune actrice se voue corps et âme au principe même du film qui veut que cette très jolie pensionnaire d'un institut pour jeunes filles va très rapidement (et donc sans la moindre finesse psychologique) se muer en une véritable ogresse du sexe. Sautant sur tout ce qui bouge, qu'il s'agisse de ses colocataires, de sa directrice, des inconnus qu'elle croisera au détour d'un chemin ou même du docteur Stone (Michae Hinz) qui plus tard sera chargé d'étudier le cas de Magdalena avant de tomber sous son charme, la jeune femme est, contrairement à la jeune Regan de L'exorciste, libre de ses mouvements. N'étant tout d'abord pas cantonnée aux seuls quatre murs de sa chambre et demeurant véritablement instable en ce sens où on ne sait jamais combien de temps dureront les temps d'accalmie (lesquels vont se révéler assez rares), les scènes durant lesquelles Dagmar Hedrich gesticule en nuisette (quand elle n'est pas tout simplement à poil la plupart du temps) ont semble-t-il l'effet inverse de celui recherché.


En effet, difficile de ne pas sourire dans les premiers instants lorsque l'actrice simule en solo des rapports sexuels avec une entité invisible... Mais ne rêvons pas. Ici, rien de commun avec le chef-d’œuvre The Entity signé de Sidney J. Furie en 1982 dans lequel le réalisateur américain relatait un authentique fait-divers autour duquel une femme avait prétendument été la victime de viols perpétrés par une entité invisible ! Avec Magdalena, vom Teufel Besessen, l'on est beaucoup plus proche du nanar que du classique du cinéma horrifico-fantastique. Pourtant, il reste appréciable de voir l'actrice allemande se démener avec un tel entrain... et sans le moindre complexe puisque Walter Boos va la filmer sous toutes les coutures et dans toutes les positions. Nue comme un ver, aussi blanche qu'un patient atteint d'anémie, transpirant à grosses gouttes et de profondes cernes sous les yeux, le réalisateur parvient malgré tout à rendre sexy son interprète principale. Encore faut-il être en mesure d'accepter ce perpétuel bourdonnement de mouche qui renvoie à la morgue où fut autopsié l'oncle défunt. L'intervention sonore de l'insecte renvoyant ainsi à l'imagerie plutôt sordide de la nécrophilie puisque chaque fois que Magdalena a... le feu au cul, l'on entend le battement d'ailes d'une mouche. Ce même insecte nécrophage que l'on raccorde systématiquement à la présence alentour de cadavres en putréfaction. Bref, si l'on ne se voile pas les yeux à la vue des contours physiques de Dagmar Hedrich lorsque l'actrice s'arrache les vêtements, le propos s'avère parfois relativement déviant. Mais pas au point de choquer un public conquis par l'aspect kitsch de certains environnements qui laissent entendre que le film aurait été tourné entre la Bavière et le Tyrol. Bière et musique du terroir accentuent le statut de nanar de Magdalena, vom Teufel Besessen. Un film pas si dégueulasse que ça même si dans le domaine on a vu beaucoup mieux. Et puis, il y a les scènes d'hystérie de l'héroïne, sa propension à se foutre à poil et quelques séquences inspirées comme celle où Magdalena vomit un serpent (qui fera ensuite malheureusement les frais du script en étant piétiné du talon par l'acteur Michael Hinz). Détail amusant, l'acteur Rudolf Schündler qui tient ici le rôle du Père Conrad incarna un an plus tôt dans L'exorciste le personnage de Karl Engstrom. Oui, oui, il s'agit bien de celui qui interpréta le rôle de l'employé de la famille Ma&cNeil qui lors d'une réception se fit traiter de nazi par un certain Burke Dennings alors pris de boisson...

 

vendredi 2 février 2024

TROMA : Maniac Nurses Find Ecstasy de Léon Paul De Bruyn (1990) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Je veux bien accorder du crédit à tout ce que produit l'industrie du cinéma. Surtout s'il s'agit d'une œuvre sortant des écuries Troma Entertainment... Mais seulement jusqu'à un certain point. D'origine Belge, hongroise et américaine, Maniac Nurses Find Ecstasy fait sans doute partie des pires bousins qu'ait distribué la société de production américaine créée en 1974 par Lloyd Kaufman. Un type adorable d'ailleurs, dès lors qu'il nous propose un cinéma trash ultra festif et irrévérencieux, mais déjà beaucoup moins attachant lorsqu'il impose à ses fans ce type de produit purement Z d'abominable facture. Et c'est un fan de cette cultissime société qui pourtant écrit ça ! Maniac Nurses Find Ecstasy est le premier des deux seuls longs-métrages que réalisera durant tout sa carrière le cinéaste originaire de Bruxelles Léon Paul De Bruyn. Vingt-trois ans sépareront d'ailleurs celui-ci de Parts of the Family, lequel sera à son tour distribué par la Troma en 2003. Progéniture non officielle ou vilain et boiteux petit canard d'une franchise qui ne le reconnaît pas comme l'un de ses enfants, Maniac Nurses Find Ecstasy reprend à son compte les prénoms de deux vedettes d'une séries de films estampillés Nazisploitation qui dans les années soixante-dix donnèrent naissance à quatre longs-métrages appréciés des amateurs de femmes tortionnaires vêtues d'uniformes nazis : Ilsa, la louve des SS et Ilsa gardienne du harem de Don Edmonds,Ilsa, la tigresse du Goulag de Jean Lafleur ainsi que Greta, la tortionnaire de Jesus Franco. Cela n'étonnera personne de découvrir que les interprètes du premier long-métrage du réalisateur et scénariste belge n'auront pas poursuivi leur carrière d'acteur. Majoritairement constitué d'un casting d'interprètes féminines, Maniac Nurses Find Ecstasy situe son action dans une clinique où les patients ne se bousculent pas. Il faut dire qu'à chaque fois ses très chaudes et très perverses infirmières ne leur laissent pas suffisamment de temps pour se remettre de leurs éventuelles blessures ou maladies, lesquels meurent rapidement pour finir enterrés dans un trou creusé dans la forêt avoisinante...


C'est en toute objectivité que l'on affirmera donc que le film est une série Z. Il n'y a qu'à voir avec quelle propension le jeu de ses actrices est poussif et la mise en scène indigente. D'une durée n'excédant pourtant pas les soixante-treize minutes, Maniac Nurses Find Ecstasy va très rapidement devenir un calvaire à poursuivre jusqu'à son terme tant la réalisation de Léon Paul De Bruyn est mollassonne. Sa caméra appuie effectivement trop longuement son regard sur ses actrices qui, certes sont jolies pour la plupart, mais n'apparaissent pas non plus comme d'authentiques gravures de mode sur lesquelles nous pourrions avoir envie de nous laisser aller à la contemplation. D'autant plus que le film, qui au départ promet du sexe et du sang est en la matière assez avare. Surtout lorsqu'il s'agit de la première catégorie. Quelques poitrines ou fesses timidement dénudées ne comblent malheureusement pas le vide abyssal qui joint une séquence à une autre. Pire, au cœur même de celles-ci, les jeunes femmes parmi lesquelles Susanna Makay dans le rôle de Sabrina, Hajni Brown dans celui d'Ilsa ou encore Celia Farago dans la peau de Greta semblent attendre que le réalisateur bruxellois leur donne des directives sur le comportement à adopter lors de telle ou telle scène. Question horreur, là encore c'est la déception. D'autant plus que vers le début le spectateur aura droit à une explosion de tête qui laissera présager un véritable festival gore. Mais de ce côté là, rien de mirobolant. Une autopsie faussement sanguinolente sans doute pratiquée à base d'abats d'animaux prélevés chez l'un des bouchers de la région ou quelques effusions de sang par-ci, par-là. Maniac Nurses Find Ecstasy se traîne et donc est long, très long, tellement long. Rien de véritablement passionnant donc à part, peut-être, quelques toutes petites séquences qui ne peuvent empêcher le rire de s'échapper d'entre nos lèvres. Celle durant laquelle un type perd un pied demeurant sans doute l'un des passages qui auraient pu offrir au long-métrage un statut de nanar s'ils n'avaient pas été malheureusement si rares. Notons que le film est de plus doublé en anglais, ce qui n'améliore absolument rien. Bref, Maniac Nurses Find Ecstasy est un produit de curiosité a réserver en exclusivité aux fans purs et durs de la Troma, lesquels risquent eux-même de déchanter devant l'absence totale d'intérêt et de plaisir...

 

dimanche 7 juin 2020

Nurse Sherri d'Al Adamson (1978) - ★★★★★☆☆☆☆☆


Un immense merci à WARNING ZONE pour le partage


Auteur de Satan's Sadists en 1969, de Horror of the Blood Monsters en 1970 ou de Dracula vs. Frankenstein l'année suivante, Al Adamson fut également celui de Nurse Sherri, connu également sous le titre The Possession of Nurse Sherri. Deux titres pour deux version légèrement différentes d'un même long-métrage. Si dans celle qui nous préoccupe dans cet article concerne la première, plus généreuse en nudité que la seconde, elle est par contre plus courte de quatre minutes environ. Nous reviendrons prochainement sur la seconde version. Mais maintenant, place à l'infirmière Sherri, à son amant le docteur Peter Desmond, à ses collègues Tara Williams et Beth Dillon, au patient Marcus Washington , ainsi qu'au gourou Reanhauer... Al Adamson est le genre d'artisan du septième art capable de pondre un film avec peu de moyens. Et même en général, très, très, très peu de financement. À l'image duquel, Nurse Sherri apparaît comme l'un des porte-drapeaux d'un cinéma de genre fauché comme les blés. Un budget étriqué, des interprètes pas toujours à la hauteur, ne reste plus alors à Al Adamson qu'à compter sur son imagination et son savoir-faire...



L'intrigue démarre au beau milieu de collines arides, sous un soleil de plomb. C'est là qu’apparaît pour la toute première fois Reanhauer, personnage charismatique, gourou d'une secte constituée d'une poignée d'adeptes réunis afin de tenter de ramener à la vie l'un d'entre eux. Mort depuis trois semaines (!!!) pour avoir suivi les conseils de son maître qui lui refusait l'utilisation d'insuline pour son diabète, William est dans un piteux état. Mais alors que ses disciples invoquent le retour de leur compagnon à la vie, Reanhauer est victime d'une crise cardiaque. Les Dieux auraient-ils décidé de punir ce suppôt de Satan ? Toujours est-il que l'homme se retrouve à l’hôpital, allongé sur une table d'opération, entre les mains de plusieurs docteurs chirurgiens dont Peter Desmond. Malheureusement, ni les uns, ni les autres ne parviennent à ramener Reanhauer à la vie. Mais avant de mourir, son esprit quitte son corps et prend possession de celui de l'infirmière Sherri Martin. Dès lors, la jeune femme n'aura de cesse que d'éliminer les patients de l’hôpital ainsi que ses proches...

''En artisan de la nudité ''à prix bradé'', Al Adamson assène des séquences parfois totalement gratuites''



Étrange bobine que ce Nurse Sherri érotico-fantastique miséreux que ne renierait sans doute pas le spécialiste de l’érotisme-mammaire Russ Meyer. Et même si les poitrines sont ici très légèrement moins imposantes que chez l'auteur de Faster Pussycat Kill Kill, cela n'empêche pas ce petit coquin d'Al Adamson d'offrir aux spectateurs quelques scènes de nu dont une grande majorité nous est offerte par l'actrice Jill Jacobson qui débutait presque là son métier d'actrice. Poursuivant sa carrière jusque aujourd'hui puisque le dernier long-métrage auquel elle participe actuellement est en plein tournage (Merrily de Robert McAtee), Jill se désape sans poser de questions. Entre les bras de Geoffrey Land qui incarne ici le rôle du docteur Peter Desmond, l'actrice offre quelques séquences de nu qui ne ''séduiront'' malheureusement que les amateurs purs et durs de chairs blêmes et débordantes. Non pas que la silhouette de Jill Jacobson soit repoussante, mais Al Adamson filme les ébats de son interprète avec autant de vigueur qu'un boucher devant sa pièce de bœuf ! Sachant que cette première version de Nurse Sherri se consacre tout d'abord à ces passages un peu trop longs pour être véritablement appréciables, le thème de l'infirmière possédée par l'esprit d'un adepte de Satan est très légèrement mis en retrait.



Afin de remplir le quota minimum de durée exigé par le format ''long'', Al Adamson convie un joueur de football américain alité victime de cécité dont va tomber amoureuse l'une des infirmières, Tara Williams, campée par Marilyn Joi. Interprète d'un certain nombre de films d'exploitation dans les années soixante-dix et dont la carrière d'actrice a perduré jusqu'à la fin des années quatre-vingt. Elle aussi se désapera pour les amateurs d'imposantes poitrines. Comme le fera également, mais en toute discrétion, Katherine Pass, qui dans le rôle de l'infirmière Beth Dillon sait comment apaiser les craintes des futurs opérés. Concernant l'aspect fantastique de Nurse Sherri, il se résume à un changement inquiétant dans l'humeur de Sherri et quelques effets-spéciaux rudimentaires, telle l'apparition d'un ectoplasme dans la chambre de l'infirmière, Jill Jacobson montrant malheureusement les limites de son jeu d'actrice à ce moment très précis. Rudimentaires sont également les décors. L'illusion que Nurse Sherri ait été tourné dans un véritable hôpital ne tien pas vraiment la route. C'est laid, minimaliste, voire même déprimant. Pourtant, un certain charme agit. En conséquence de quoi, malgré le jeu ''soap opéresque'' de la majorité des interprètes, la mise en scène palote d'Al Adamson, l'érotisme cafardeux et les effets-spéciaux ''bricolés'' (vieille technique consistant à retravailler les images à même la pellicule), Nurse Sherri se laisse tranquillement contempler. Pas de quoi en conserver un souvenir impérissable. Juste de quoi combler un peu moins de quatre-vingt dix minutes de temps libre...

samedi 9 mai 2020

Import/Export d'Ulrich Seidl (2007) - ★★★★★★★★☆☆


Merci à Warning Zone pour le partage

Passé maître dans l'art de décrire le quotidien de ses concitoyens, le réalisateur autrichien Ulrich Seidl abordait en 2009 avec Import/Export celui de deux êtres d'origines différentes. D'un côté, Olga, jeune infirmière ukrainienne éprouvant de grandes difficultés à boucler les fin de mois, et de l'autre, l'autrichien Paul, ancien vigile renvoyé qui doit beaucoup d'argent autour de lui. On ne peut pas dire que l’œuvre du réalisateur autrichien soit des plus optimiste. Et pourtant, cela ne l'empêche pas d'être particulièrement ''rafraîchissante'' pour un cinéma qui se contente souvent de se mordre la queue. Surtout où à une époque, où le septième art valorise d'abord les grosses productions hollywoodiennes, ou au contraire se fait le porte-parole d'un cinéma indépendant et underground se trahissant parfois lui-même en devenant de manière un peu trop récurrente la vedette de certains festivals ivres de changement. Ulrich Seidl, lui, n'aura pas attendu que ce mode de fonctionnement qui privilégie le réalisme aux exubérant effets-spéciaux des blockbusters ne vienne s'imposer sur les écrans de cinéma. Si la Grande Bretagne abrite Ken Loach, Mike Leigh ou Stephen Frears et les États-Unis Lodge Kerrigan ou Harmony Korine, l'Autriche n'est pas en reste avec un Ulrich Seidl accumulant les œuvres absolument remarquables...

Qu'il s'agisse de fictions, comme la trilogie Paradies ou de documentaires comme Sous-Sol, ou même comme Import/Export dont la frontière entre les deux s'avère difficile à définir, la filmographie toute entière du cinéaste autrichien est un hommage à l'humanité dans ce qu'elle révèle de plus sincère mais aussi et surtout, de plus inattendue... Si Import/Export peut se concevoir à son tour comme l'observation et le bilan d'une vie consacrée toute entière à survivre dans un monde des plus morne pour ses ''héros du quotidien'', il faudra cependant que le spectateur soit d'abord en mesure d'en accepter les principes. Car si Import/Export bénéficie forcément d'un véritable scénario co-écrit par le réalisateur lui-même ainsi que par Veronika Franz, le style visuel et narratif d'Ulrich seidl ne s'éloignent jamais vraiment de celui qu'arborent ses documentaires. Ici, on est plus proche de l'émission d'origine franco-belge Strip-Tease que de n'importe quel autre long-métrage indépendant. Au point que différencier le réel du faux est ici pratiquement impossible à estimer. Plans fixes et caméra à l'épaule, économie de moyens (dites adieu à toute notion de musique extradiégétique. 

Les décors restent quant à eux rudimentaires) et surtout, une galerie de portraits que l'on a du mal à imaginer autrement que dans leur... ''milieu naturel''... Mais si Import/Export fait l'économie de moyens, le long-métrage d'Ulrich Seidl ne se montre cependant jamais avare lorsqu'il s'agit d'exposer à l'image des séquences ''chocs''. Comme le prouvent les différentes scènes exposant de jeunes femmes ukrainiennes s'exhibant nues devant des caméras pour de ''généreux donateurs libidineux''. Ou plus tard lorsque Olga est directement confrontée à la misère d'un pays qui enferme dans un hospice les plus âgés et séniles des représentants de la communauté autrichienne. Pessimiste et cauchemardesque, Import/Export n'en oublie cependant pas d'être également terriblement émouvant. Surtout à travers le portrait d'Olga, interprétée avec sensibilité et naturel par l'actrice Ekateryna Rak dont l’œuvre de l'autrichien semble avoir été à ce jour, sa première et dernière apparition sur un écran de cinéma. 

Partageant la vedette avec Paul Hofman qui ne fera par la suite que furtivement passer à l'image dans Darum de Harald Sicheritz et Der Fall des Lemming de Nikolaus Leytner avant de disparaître tout à fait des écrans de radars, Ulrich Seidl concentre tout d'abord son attention sur la jeune actrice qui pour donner un peu plus de poids et de crédit à son personnage est prête à faire d'immenses sacrifices. En résulte une incarnation déchirante qui aurait logiquement dû se solder par diverses distinctions. Mais les mystères de la programmation étant ce qu'ils sont... Le film, lui, remportera cependant les prix du meilleur film et meilleur film documentaire au Festival international du film d'Erevan de 2007. Si vous aimez le cinéma-vérité, entre violence et humanité, parfois cru(el) et radical, plongez dans l'univers réaliste mais décalé de l'autrichien Ulrich Seidl. Vous n'en sortirez pas indemne...

mercredi 8 janvier 2020

TROMA : Return to Return to Nuke 'em High Aka vol. 2 de Lloyd Kaufman (2017) - ★★★★★★☆☆☆☆



Au milieu des années quatre-vingt du siècle dernier naissent deux icônes trash de l'écurie cinématographique américaine Troma Entertainment. D'un côté, Toxic Avenger et son super-héros issu de sa mutation à la suite d'une plongée accidentelle dans un fût de produits radioactifs et de l'autre, Class of Nuke 'Em High et les étudiants d'une université, victimes directes d'un accident survenu dans la centrale nucléaire de Tromaville. Au cœur des préoccupations de leurs auteurs Michael Herz et Lloyd Kaufman, la question du nucléaire et de ses répercussions sur l'environnement. En réalité, un prétexte à des débordements visuels uniques en leur genre, les deux hommes repoussant les limites du concept trash qui fait tant honneur à leur société de production cinématographique. Alors que la série de films Toxic Avenger connaît une évolution qui devrait bientôt voir prendre vie sous la forme d'un remake ''hollywoodien'' (après trois séquelles étirant ainsi jusqu'à aujourd'hui la franchise de 1985 à 2000), Class of Nuke 'Em High (sorti en France sous le titre Atomic College) a connu des suites successives au nombre de deux ainsi que deux longs-métrages en forme de reboot dont Return to Return to Nuke 'em High Aka vol. 2 est le dernier en date. Contrairement au film original, le réalisateur culte Lloyd Kaufman est désormais seul aux commandes. En réalité, il l'est depuis le premier volet de ce nouveau diptyque qui n'oublie pas les origines de la franchise et se vautre à son tour dans l'humour le plus gras, le gore le plus craspec et coloré ainsi que les effets-spéciaux parmi les moins dispendieux...

Menacée d'être révélée par le directeur de l'université de tromaville, la relation homosexuelle de Lauren et de Chrissy n'empêche pas les deux héroïnes du volet précédent de s'impliquer à nouveau dans cette nouvelle aventure mettant une fois encore en cause l'entreprise de Tacos fabriqués à partir de boue radioactive Tromarganic Foodstuffs. Débutant comme un pastiche cradingue de Carrie au bal du Diable de Brian De Palma avec sa scène de douche où les menstruations de Lauren se muent en un accouchement dignes des exactions gore de Street Trash de Jim Muro, l'un des derniers nés de Llyod Kaufman (dont on attend avec un empressement mal dissimulé son Shakespeare's Sh*tstorm qui pour l'instant en est à l'état de post-production), Return to Return to Nuke 'em High Aka vol. 2 dépasse sans doute de très loin tout ce qu'avait proposé jusqu'à maintenant le réalisateur, producteur et acteur qui dans le cas présent, incarne également l'infâme Lee Harvey Herzkauf...

Llyod Kaufman y incorpore tout ce que son imaginaire débridé est capable d'engendrer. Si le gore est à la fête, le sexe s'y fait une place encore plus importante que par le passé. Poitrines et minous s'y exposent sans la moindre censure, certains membres de la communauté masculine n'ayant aucun soucis avec l'impudicité de certains actes. Le ventripotent Zac Amico s'exhibe lui-même sans honte, la verge ornée d'un piercing, éructant des dialogues délirant comme tout ceux qui s'adonnent aux festivités punk-trash-gore-sexuelles du grand ordonnateur Lloyd Kaufman. Si les fans de la Troma attendaient très certainement de pied ferme les nouvelles aventures de Lauren et Chrissy, il n'est pas impossible que certains aient été relativement déçus par le contenu. Car si dans une certaine mesure, tout ce qu'ils sont venus chercher s'y trouve effectivement, le réalisateur nous assène une succession de séquences dont le lien n'a souvent ni queue ni tête. Le bordel inhérent aux productions Troma y trouve une quintessence à ce point exagérée qu'au final, Return to Return to Nuke 'em High Aka vol. 2 s'avère un brin ennuyeux. Impossible donc de rester accroché à cette locomotive de l'absurde si ce ne sont quelques scènes qui rappellent parfois ce qu'a pu produire de meilleur la Troma. À titre d'exemple, la parodie du Silence des Agneaux lors de laquelle Lloyd Kaufman se met lui-même en scène dans un ersatz de James « Buffalo Bill » Gumb incarné en 1991 par l'acteur Ted Levine dans le chef-d’œuvre de Jonathan Demme...

mardi 12 février 2019

Fascination de Jean Rollin (1979) - ★★★★★★★☆☆☆



Jean Rollin, de son vrai nom Jean Michel Rollin Roth Le Gentil, fut sans doute le cinéaste français le plus prolifique en matière de fantastique puisqu'il voua une grande partie de sa carrière de réalisateur au mythe du vampire. Avec ce dixième long-métrage, il aborde le thème du vampirisme sous un angle un peu différent. Ses vampes Eva (Brigitte Lahaie) et Élisabeth (Franca Maï) sont davantage les victimes d'un traitement, à l'époque, révolutionnaire et faisant office de meilleure solution contre l'anémie.
Nous sommes en 1905 et les deux jeunes femmes, comme d'autres après elles, se nourrissent de sang de bœuf récolté dans un abattoir afin de pallier à la carence en globules rouges dont elles sont les victimes. Malheureusement, ce qui demeurait jusque là une nécessité purement médicale s'est transformée en un besoin viscéral.
C'est ainsi que va se retrouver piégé dans l'immense château d'Eva et Élisabeth, le beau Marc (l'acteur Jean-Marie Lemaire), détenteur d'un butin volé, poursuivi par des complices qu'il a osé trahir après avoir commis leur larcin. Réfugié dans le château des deux jeunes et jolies femmes (une blonde, une brune), il prévoit de rester jusqu'à la nuit tombée. Mais malgré les avertissements d'Eva et d’Élisabeth, Marc va rester jusqu'au lendemain soir. Enfin débarrassé de ses anciens complices qui en veulent au butin contenant des dizaines de pièces d'or ainsi qu'à la vie de Marc, celui-ci n'en est pourtant pas sorti d'affaire. Car le soir-même, Eva et Élisabeth reçoivent cinq amies pour une cérémonie qui a lieu une fois par an...

Toujours aussi partagé par le public, le cinéaste Jean Rollin signait en 1979 son dixième long-métrage. Une fois encore, le français aborde le thème du vampirisme. Cette fois-ci, il n'a rien à voir avec la légende telle qu'elle est conçue par les historiens puisqu'on n'y trouve ni les objets de culte l'entourant (pas de miroirs sans reflets, pas de gousses d'ail, encore moins de cercueil et de crucifix repoussant les dits vampires), ni les fameuses dents permettant aux créatures de s'abreuver directement au coup de leurs victimes.
Si le rythme demeure toujours aussi lent et l'interprétation toujours aussi poussive, Fascination exerce malgré tout une certaine... attirance envers les amateurs du cinéaste. Même si l'ensemble transpire l'amateurisme, Brigitte lahaie et Franca Maï parviennent à retenir notre attention. L'ambiance généralement poétique de ce décor dantesque mais étonnamment nu du château nous pousse nous aussi à demeurer jusqu'à cette nuit fatidique où tout nous est délivré avec une économie de moyens parfois déconcertante (Eva, vidée de son sang, ne porte pas la moindre marque de morsure).

La présence de l'ancienne actrice pornographique Brigitte Lahaie (carrière marginale à laquelle elle mettra un terme trois ans plus tard) n'est pas tout à fait innocente puisqu'à plusieurs reprises l'on assiste à des actes de saphisme entre elle et Franca Maï qui elle, débutait sa carrière avec Fascination et s'est contentée par la suite de ne tourner que dans des œuvres dites de cinéma « classique ». Si la première avait débuté sa carrière d'actrice non pornographique avec Les Raisins de la Mort aux côtés, déjà, de Jean Rollin, la seconde a tourné dans ce qui demeure aujourd'hui officiellement le film-testament de son auteur, La Nuit des Horloges. Les anti-Rollin pourront continuer d'ignorer cette affirmation mais Fascination demeure bien l'un des meilleurs longs-métrages de leur auteur...

vendredi 25 janvier 2019

Zonbiasu de Noboru Iguchi (2011) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Alors là ! Je dois dire que je ne m'étais pas préparé à un tel spectacle de mauvais goût. Pourtant habitué, je croyais tomber sur un mauvais film de zombies, mais, un mauvais film de zombies CLASSIQUE ! Sauf que le japonais Noboru Iguchi ne semble pas faire partie de ces cinéastes qui se contentent de verser dans le cinéma conventionnel. La preuve avec Zonbiasu traduit chez nous sous le titre Zombie Ass : Toilet of the Dead. Non, vous ne rêvez pas. Il s'agit bien ici d'une histoire tournant autour de zombies sortis tout droit des chiottes d'un petit village de campagne désormais infesté par des créatures se déplaçant à l'allure d'hommes et de femmes revenus d'entre les morts alors même que leur état semble davantage les rapprocher du phénomène des infectés. Zombie Ass : Toilet of the Dead est vraiment un film tordu, réalisé par un tordu, à l'attention des tordus. Principalement incarné par la très jolie actrice japonaise Arisa Nakamura, qui à cette occasion porte le classique uniforme d'une écolière, le sujet du long-métrage de Noboru Iguchi semble lui servir de prétexte pour assouvir de bien curieux penchants sexuels. 
 
A commencer justement par la tenue de son héroïne qui accouplé à sa juvénilité semble exprimer le goût du cinéaste pour une jeunesse qu'il prend beaucoup de plaisir et de temps à dévêtir. D'abord attiré par l'arrière-train de ses actrices, Noboru Iguchi filme au plus près les fraîches fesses de gamines que l'on espère tout de même avoir atteint l'âge adulte même si leur apparence laisse envisager le contraire. Autour d'Arisa Nakamura qui incarne le personnage de Megumi, anéantie par la mort de sa jeune sœur qui s'est suicidée devant elle à l'école où la jeune fille subissait les mauvais traitements de la part de certaines de ses camarades, Asana Mamoru, Mayu Sugano, Danny et Kentaro Kishi interprètent respectivement les rôles de Maki, Aya, Naoi et Take. Si la première est d'une superficialité crasse, la seconde,elle, est plutôt brillante. Quant aux garçons, entre un Take drogué et un Naoi poltron et affublé d'une coiffure façon « »Mireille Mathieu », les filles ne sont pas sorties de l'auberge.

Zombie Ass : Toilet of the Dead est aussi grotesque que jubilatoire. Mieux vaut être ouvert d'esprit et assez peu délicat de l'estomac car l'horreur que donne à voir le cinéaste se situe avant tout au niveau du colon de ses interprètes qui se lancent alors dans un véritable festival de flatulences agrémenté de séances de caca-vomi de très mauvais goût. Noboru Iguchi repousse le concept du parasite intestinal dans une mixture broyant des idées évoquées bien des années en arrière par David Cronenberg (Shivers), Eli Roth (Cabin Fever), et même, bien entendu, George Romero (Night of the Living Dead). Ses personnages expulsent de grandes quantités de gaz nauséabonds de couleur jaune signifiant leur haute teneur en toxicité. Il les confronte à un scientifique déployant des moyens étonnants pour que survive sa fille à l'étrange mal qui l'habite, et à des zombies dont la seule apparence mène le cœur au bord des lèvres. Avec pour preuve, ce zombie, le premier, à sortir du trou puant d'un chiotte de campagne dans lequel personne de censé n'oserait faire ses besoins. Une créature incarnée par Demo Tanaka et très justement surnommé « The Shit Zombie ». Zombie Ass : Toilet of the Dead est la preuve que l'on peut réussir à produire un film sans gros moyens mais avec un sens de l'imagination surdéveloppé. Alors oui, c'est gratuit. Oui, c'est vulgaire. Oui, c'est crade. Oui, c'est mal joué. Mais rien que d'imaginer dans la version traduite en français les doubleurs réciter leur texte suffit à faire sourire. Zombie Ass : Toilet of the Dead peut être ranger dans divers catégories : trash, horreur, gore, comédie et... érotisme ! Pour public averti uniquement !

mercredi 21 novembre 2018

Satan's Slave de Norman J. Warren (1976)



Catherine Yorke et ses parents Malcolm et Elisabeth font route pour rejoindre la demeure d'Alexandre, son oncle, lorsque à l'approche de celle-ci, la voiture fait une embardée et s'écrase contre un arbre. Alors que sa mère est à demi consciente et le visage en sang, Malcolm demande à sa fille de se précipiter vers la demeure de son oncle, non loin de là, pour avertir les urgences. Mais alors qu'elle n'a fait que quelques mètres, Catherine assiste au drame : la voiture explose avec à son bord ses deux parents. Rattrapée in extremis par son oncle alors qu'elle s'apprêtait à courir vers la voiture en flammes, la jeune femme est mise à l'abri dans la demeure d'Alexandre où on lui donne un sédatif.
Catherine y fait la connaissance de Stephen Yorke, son cousin, ainsi que de Frances. Cette dernière est très vite embarrassée par la présence de Catherine entre les murs de la maison car très attachée par Stephen, elle sent bien que celui-ci n'est pas indifférent aux charmes de sa cousine. Alors que Catherine se remet peu à peu des événements, elle est victimes d'étranges hallucinations dans lesquelles elle assiste à d'horribles scènes de torture...

Après avoir tourné quelques films érotiques, le cinéaste Norman J. Warren revient dès 1976 avec une série de films d'horreur se fourvoyant parfois avec la science-fiction (Prey, Inseminoid). Sa nouvelle carrière débute avec Satan's Slave. Celui-ci comme d'autre semble avoir conservé quelques séquelles de ses œuvres passées puisqu'il y injecte quelques éléments érotiques comme lors de la nuit d'amour entre Catherine et Stephen (Candace Kellerman connue pour avoir joué aux côtés de Roger Moore dans Le Commando de sa Majesté ou dans Cosmos 1999, et Martin Potter qui lui a fait des apparition dans plusieurs longs-métrages dont Le Grand Sommeil et Lady Oscar). Dans le rôle de l'oncle, on retrouve le célèbre acteur britannique originaire de Kuala Lumpur en Malaisie, Michael Gough, qui débuta sa carrière au cinéma en 1947, joua dans quatre longs-métrages consacrant le personnage de Batman, et retrouva le cinéaste Tim Burton pour son dernier rôle en 2010, en prêtant sa voix au Dodo du film Alice au Pays des Merveilles.

Satan's Slave est une relativement bonne surprise. On y retrouve le charme de la campagne anglaise, mais surtout la patte du cinéaste Norman J. Warren qui signe là, l'un de ses meilleurs longs-métrages. C'est dire si le reste de son œuvre demeure d'une qualité toute relative car Satan's Slave, malgré son charme, ne demeure tout de même pas un étalon de choix. Bourré d’invraisemblances jusqu'à la gueule, son film se veut une intrigue tournant autour d'un individu (l'oncle de Catherine) s'adonnant à la sorcellerie. On ne saura jamais les raisons des hallucinations de la jeune femme ni vraiment celles qui voient Frances virer à trois-cent soixante degrés (quoique l'on puisse se douter que cela ait un rapport avec son envie de voir disparaître sa concurrente), toujours est-il que le film se laisse regarder sans vraiment nous leurrer : nous sommes bien ici face à un Warren. Un peu de nudité, une scène d'amour plutôt violente (le type d'accouplement que l'on retrouvera d'ailleurs deux ans plus tard dans Prey), un récit qui tourne un peu en rond, un acteur vampirien plutôt charismatique (Martin Potter), une demeure un peu coupée du monde, et quelques scènes horrifiques qui, si elles ne sont pas des plus réussies, demeurent plutôt gratinées. De quoi passer un peu moins d'une heure trente devant un petit film d'horreur de série B...

vendredi 1 juin 2018

Ces actrices et acteurs qui ont commencé leur carrière dans l'érotisme ou le porno !



Avant de devenir dans les années quatre-vingt parmi les plus populaires des humoristes et des caricaturistes français, Michel Leeb, de son vrai nom Michel Edouard Nicolas Leeb, rendu célèbre grâce à ses imitations des chinois ou des africains, a d'abord débuté sa carrière au cinéma. Et pas dans n'importe quel courant puisqu'il participa effectivement au tournage de Godefinger ou certaines chattes n'aiment pas le mou (vous remarquerez toute la finesse qui englobe le titre) de Jean-Pierre Fougéa, film érotique dont il existerait, paraît-il, une version hard...

La sublime Anne Parillaud qui à quelques occasions a pu émoustiller la libido de la gente masculine dans des longs-métrages qui n'avaient cependant pas pour autre vocation que de présenter un Alain Delon dans son éternel rôle de flic (Pour la Peau d'un Flic et Le Battant que l'acteur-producteur réalisa et interpréta lui-même), a elle aussi tourné dans une œuvre érotique signée Hubert Frank : Patricia, un voyage pour l'amour. Pas de quoi véritablement rougir et plus proche de cinéma de David Hamilton que des films hardcore qui malheureusement aujourd'hui, pullulent à la vue de toutes et tous sur la toile.

S'il n'a pas débuté sa carrière d'acteur dans l'érotisme, notre fameux Fabrice Luchini national a pourtant par la suite fait une apparition dans les quatrième aventures de la célèbre Emmanuelle. En effet, il y joue le rôle d'Oswaldo le magicien. Outre l'actrice Sylvia Kristel, rendue célèbre pour son interprétation du personnage éponyme, on peut remarquer à l'écran de ce film érotique, l'une des grandes et des plus séduisantes actrices porno des années soixante-dix et quatre-vingt, Marilyn Jess de son vrai nom Dominique Troyes.

Bon, elle, est un cas à part. Catherine Ringer ne pouvant être véritablement considérée comme une actrice à part entière (je parle évidemment en terme de circuit traditionnel) puisqu'elle est d'abord connue pour être la chanteuse du célèbre groupe de rock français Les Rita Mitsouko. On l'aura tout de même vue dans son propre rôle en 1987 dans Soigne ta Droite de Jean-Luc Godard, mais sa filmographie est pour l'essentiel, contenue dans le circuit pornographique. Et là, on n'évoque plus simplement l'érotisme, mais bien le hard. Ceux qui regardaient déjà Canal Plus à l'époque se souviennent sans doute qu'en 1986, sur le plateau de Mon Zénith à Moi, Michel Denisot avait accueilli la chanteuse ainsi que l'immense Serge Gainsbourg qui n'était pas réputé pour avoir la langue dans sa poche et avait notamment traîté Catherine Ringer de pute !

Nous parlions justement du photographe et réalisateur David Hamilton dont la réputation est des plus sulfureuse puisqu'accusé d'avoir violé Flavie Flament (l'animatrice oubliée), lequel tourna plusieurs longs-métrages érotiques parmi lesquels, Premiers Désirs dans lequel nous pouvions découvrir la délicieuse Emmanuelle Béart avant que la chirurgie ne gâche son immense beauté. Au titre du cinéaste, spécialisé dans les flous artistiques et l'érotisme chiant, d'autres vedettes du cinéma français firent leur apparition dans plusieurs de ses longs-métrages. Le regretté Bernard Giraudeau dans Bilitis, ou bien encore Élisa Servier, Macha Méril, Fanny Bastien, Catherine Rouvel ou encore Jean Rougerie, tous les cinq aperçus dans Tendres Cousines. Il n'y a là tout de même pas de quoi avoir le palpitant qui s'affole. Bien au contraire, le cinéma de David Hamilton est bien moins scabreux que sa désastreuse réputation...

Pourquoi je n'aime pas particulièrement Arielle Dombasle ? Peut-être parce que l'épouse de Bernard-Henri Levy s'est montrée un peu trop virulente la fois où, invitée de l'émission 40° à l'Ombre (veuillez rectifier si je me trompe), elle a fait part de son mécontentement lors d'une chronique présentée par une jeune animatrice en maillot de bain, laquelle fut renvoyée sur le champ par la chaîne !!! N'oublions-pas tout de même de rappeler que... l'actrice (évitez de pouffer de rire derrière mon dos, je vous prie) fut l'interprète des Fruits de la Passion du cinéaste japonais Shuji Terayama, et dans lequel cette sainte nitouche se faisait prendre par derrière par le cultissime (et déjanté) acteur allemand, Klaus Kinski.

Pour finir, petite émotion personnelle en évoquant la troublante Carole laure, qui outre sa participation à des œuvres signées de Bertrand Blier, Denis Amar, Alain Corneau, John Huston, Jean-Pierre Mocky, ou encore Jean-Charles Tacchella allait apparaître en 1974 dans le très libre et parfois hallucinant Sweet Movie du cinéaste yougoslave Dušan Makavejev. Hallucinant, et assez choquant dans le sens où le cinéaste allait passer un cap dans la sexualité déviante en proposant des thèmes à l'époque, relativement rares, et loin des débordements actuels. Pipi, caca, vomi... heureusement contrebalancés par une Carole Laure nue, se recouvrant de chocolat fondu...

à suivre... ? Peut-être pas, non.

jeudi 24 mai 2018

Akai Misshitsu - Red Room de Daisuke Yamanouchi (1999) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆



La 'J-Horror' a enfanté des merveilles que se sont empressé de 'remakiser' les américains. Qui a en effet oublié les Honogurai Mizu No Soko Kara et Ringu de Hjideo Nakata, ou Ju-on de Takashi Shimizu ? Il demeure cependant un cinéma d'horreur parallèle, moins connu, laissant libre court à certains des fantasmes réputés propres au pays invoqué ici. L'un des exemples les plus probant se nomme Akai Misshitsu. Réalisé par le cinéaste Daisuke Yamanouchi, ce long-métrage d'une très courte durée d'une heure et huit minutes seulement (de ce que j'ai pu en déduire dans la version que j'ai découverte il y a peu) ressemble à ces nombreux films n'axant leur intrigue que sur une succession de tortures plus ou moins réussies graphiquement. Malheureusement pour lui, et donc pour les spectateurs, Akai Misshitsu est si mal fichu et d'un intérêt si peu convaincant qu'on l'oubliera aussi rapidement qu'on l'aura vu. Pas le genre d’œuvre marquante et qui vous hante pendant de longues heures (voire des jours) après la projection. Juste des scènes s'enchaînant avec la régularité d'un métronome. Le film de Daisuke Yamanouch empile les uns derrière les autres, des actes de sadisme qui feront davantage sourire que provoquer le dégout. C'est laid, mal joué, mal éclairé (comme le veut la traduction anglaise Red Room, le film est baigné d'une lueur rouge sang permanente), et les scènes de torture à proprement parler son franchement ennuyeuses (certaines se traînant sur de trop longues minutes)

Question scénario, rien à craindre de ce côté là puisque le film en est dépourvu. Tout juste apprenons-nous que quatre candidats au 'Jeu du Roi' acceptent de subir les pires outrages contre la somme de dix millions de yen (ce qui, converti dans notre monnaie, ne correspondant finalement qu'à la modique somme de quatre-vingt mille euros). Et accepter le risque de mourir pour un si petit nombre de billets, ça n'est très franchement pas crédible. Mais passons.

En dehors du figurant qui à la fin du film remettra une mallette remplie de billets au vainqueur du jeu, ne sont présents à l'écran que quatre interprètes : Hiroshi Kitasenju, la jolie Sheena Nagamori, Mayumi Ookawa, et Yuuki Tsukamoto. Les décors quant à eux, se résument à une table, quatre chaises, et une minuscule cellule où seront perpétrés les sévices. A forte connotation sexuelle bien évidemment. Erotico-horrifique est Akai Misshitsu. Mais l'un comme l'autre, aucun des genres abordés dans ce film ne mettra en appétit. Plus suggérés qu'exhibés, les actes sont relativement ennuyeux à suivre, chacun y allant de sa fertile imagination. Imagination que l'auteur de cette série Z a bien du mal à mettre en pratique puisque le sexe, et le sang ne débordent à aucun moment.

Pas de séance de bondage, mais quelques tripotages mammaires de rigueur, quelques caresses intimes, pour débuter. Puis viennent les premiers actes véritablement violents. Gifles, coups de poing, viol à l'aide d'un tournevis, puis d'une ampoule lumineuse que le cinéaste à la sadique idée de faire éclater à l'intérieur du vagin de la victime. La vengeance, derrière, ne se fait pas attendre puisque cette dernière impose lors de la manche suivante que son violeur la 'baise'. On imagine les conséquences pour ce pauvre type qui la queue entre les cuisses tapissées de bris de verre de la jeune femme, risque de s’abîmer l'engin. Voilà le genre de contenu que propose Akai Misshitsu. Mais bon, entre le fantasme qui pourrait éclore dans l'esprit des plus pervers d'entre nous à la lecture de tels sévices, et le résultat à l'écran, le gouffre est infranchissable.
Le film de Daisuke Yamanouch n'offre aucun intérêt. Le sexe est triste et l'horreur quasiment absente. Non seulement l'on risque de passer pour un type pas très net à la simple évocation de ce film, mais les enjeux qui amènent à l'écriture d'un article sont deplus, absents. De quoi réfléchir et se demander : 'à quoi bon perdre son temps devant un film offrant si peu d'intérêt ?'

vendredi 4 mai 2018

Love de Gaspar Noé -2015) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆



C'est triste à dire mais Love de Gaspar Noé, arrive trop tard. Trop tard car après Enter the Void, cette œuvre miraculeuse, sommet inaltérable et insurpassable dans la carrière d'un cinéaste qui aura pénétré l'esprit des spectateurs chaque fois que l'un de ses films aura marqué de son empreinte, les écrans de cinéma. Le plus gros plan du film ? L'affiche. Pas celle présentée ci-dessus, mais celle qui voit deux visages s'embrasser. Deux langues collées l'une à l'autre. Deux bouches se dévorant goulûment. Le titre dégoulinant littéralement de stupre n'est que très partiellement représentatif du contenu. Du symbole qu'évoque ce mot de quatre lettres laissant des coulées blanchâtres, ne subsiste que son aspect scabreux car jamais, ou si peu, les personnages ne nous semblent capables d'exprimer ce qu'est le véritable amour.
Love laisse la dérangeante impression de n'être que ce qu'il semble... être. Un film de cul oscillant entre érotisme hard et porno soft. Gaspar Noé n'aurait-il pas, ici, mérité sa réputation de provocateur ? Pourquoi tant de cul, et pourquoi si peu d'émotion ? Et alors, pourquoi ne pas aller au fond des choses et s’embarrasser de certaines limites ? Du cul, de la sueur, du poil, de la queue, des seins, du stupre, mais bizarrement, des pleurs qui tardent à venir et surtout, un trio d'acteurs qui laisse une impression mitigée sur leur réelle valeur d'interprètes. Visuellement, Love se contente du minimum. Surtout si on le compare au précédent long-métrage de son auteur que le spectateur aura forcément la mauvaise idée d'évoquer.

Difficile, et sans doute, même impossible d'aller plus loin qu'avec Enter the Void, les fans demeurent désormais orphelins. Abandonnés par cette émotion qui ne foulera malheureusement jamais les portes d'un dernier long assurément trop... long. Deux heures et une quinzaine de minutes plus tard, on ressort avec le sentiment d'avoir été floués, et sans jamais éprouver cette impression d'avoir passé plus de deux heures dans le tambour d'une machine à laver en mode essorage. Si le précédent nous avait littéralement retourné le cerveau, s'il avait conquis les quatre-vingt dix pour cent du cerveau qui restent endormis du jour de notre naissance jusqu'à celui de notre mort, par opposition, Love a réussit à éteindre les dix pour cents que l'homme utilise au quotidien, nous endormant invariablement au son des gémissements de son trio.

L'amour chez Gaspar Noé est violent, froid (malgré la beauté de certains plans), sans doute à cause de ses interprètes. Love transpire tout sauf ce qu'il est censé vouloir raconter. A-t-on besoin de se déchirer lorsque l'on s'aime ? A-t-on besoin de paradis artificiels ? Et que penser de cette séquence durant laquelle nos amants traînent leurs fantasmes dans une boite échangiste n'ayant rien à jalouser à la boite homosexuelle ouvrant le bal de Irréversible ? Impossible pour le spectateur lambda de se référer à ce récit. A ce trio de marginaux poudrés, accrocs au sexe plus qu'à l'émotion que le sentiment d'amour devrait exsuder. Merde Gaspar, qu'as-tu donc fait de ton prodigieux talent ? Comme Oscar se perdait au dessus des toits de Tokyo, on aurait aimé que le cinéaste provoque une rupture de ton lorsqu'est évoquée l'expérience 'ayahuasca', mais même là, le cinéaste se révèle pantouflard en sans la moindre imagination. On pourra arguer que le propos n'était pas là, et c'est vrai. On pourra même supposer que le cinéaste n'ait pas désiré empiéter sur les plates-bandes de son ami Jan Kounen, et ce serait alors, là, lui faire honneur.

Choquant, Love ? Non, définitivement, non. Trop poli, parfois trop arty pour réellement troubler jusqu'aux ménagères repassant leur linge devant la télévision, le film de Gaspar Noé manque de ce souffle épique auquel on rêvait d'assister. C'est finalement très plat, et relativement banal à une époque où le sexe explicite a tendance à très largement se démocratiser sur les écrans de cinéma. On pourrait pousser le bouchon de la critique négative en arguant que Love est de plus, une œuvre parfaitement misogyne car alors, comment justifier qu'à l'écran, l'orgasme soit presque exclusivement masculin ? Vierge de toute émotion, aussi bavard et chiant qu'une conférence sur l'histoire du timbre-poste, le dernier film en date de Gaspar Noé est une énorme déception...
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