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mercredi 15 novembre 2023

Hamburger Film sandwich de John Landis (1977) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Il est parfois intéressant de se pencher sur les débuts de carrière de certains cinéastes pour y découvrir des ''tics'' qui deviendront une constante durant tout ou partie de leur carrière. Chez John Landis l'on a souvent pu sentir poindre une certaine dérision teintée d'ironie même lorsqu'il s'attaquait notamment en 1981 au mythe du loup-garou avec le classique Le loup-garou de Londres (An American Werewolf in London). Film d'horreur aux effets-spéciaux saisissants mais non dénué d'un humour dont son auteur ''saupoudra copieusement'' (quel merveilleux oxymore, n'est-il pas?) un certain nombre de séquences. Il faudra remonter quelques années en arrière et ce, jusqu'en 1973 pour découvrir les tout premiers travaux du réalisateur, scénariste et producteur américain. Avec un tel titre, nul doute que le contenu du premier long-mùétrage de John Landis intitulé Schlock, le tueur à la banane...! fut déjà à l'image de ce qu'il nous prépara par la suite et qui vit le jour sous le titre The Kentucky Fried Movie. Heu... Oui, faut-il le préciser mais sa traduction française, Hamburger Film Sandwich, apparaissant surtout comme une curieuse lubie de la part des distributeurs hexagonaux, John Landis n'a jamais cessé de se demander le pourquoi du comment concernant ce changement de titre ! Invité à s'exprimer devant la caméra lors de la diffusion du film sur Arte, le réalisateur profita de l'occasion qui lui fut accordée pour rappeler que le film ne fut pas seulement écrit par les ZAZ (Jerry Zucker, Jim Abrahams et David Zucker) et Pat Proft puisque lui-même s'attela à l'écriture du scénario bien que cette information n'apparaisse pas à l'écran lors du déroulé de l'un et l'autre des génériques ! Plus qu'un simple film, The Kentucky Fried Movie est d'abord une compilation plus ou moins drôle constituée de fausses réclames, de faux journaux télévisés, de fausses bandes annonces, de fausses émissions éducatives mais de vrais paires de nibards. Pas de silicone en vue mais des poitrines souvent généreuses, parfois un peu tombées en désuétude, mais d'un naturel qui de nos jours se fait bien rare sur grand et petit écran. Des actrices pulpeuses pour des extraits de films pornographiques rendant le contenu de The Kentucky Fried Movie parfois assez osé.


Du moins pour l'époque puisque, je le rappelle, nous sommes alors en 1977. Le spectateur aura le choix entre découvrir des scénettes plus ou moins longues dans leur langue originale, respectant ainsi les dialogues tels qu'ils furent pensés par leurs auteurs, ou dans la notre qui elle, ne se gêne pas pour réinterpréter certaines situations à travers des dialogues qui n'ont parfois plus rien de commun avec les originaux. Constitué de vingt-six sketchs allant de quatre secondes pour le plus court à un peu plus d'une demi-heure pour le plus étendu dans le temps, The Kentucky Fried Movie est surtout un festival d'idées plus folles et délirantes les unes que les autres. Outre ces actrices qui se massent (et se font masser) leur généreuse poitrine l'on retrouve notamment quelques parodies telles Pour une poignée de Yen, référence évidente à Pour une poignée de dollars de Sergio pour son titre mais plus généralement au cinéma de l'acteur Hong-kongais Bruce Lee, notamment connu sous le sobriquet de ''Petit Dragon'' et pour le cri de chat qu'il laissait échapper lors de ses combats. La parodie fait ici un clin d’œil appuyé à Opération dragon de Robert Clouse qui sortit sur les écrans en 1973 et dans lequel le personnage de Lee combattait déjà un ennemi armé d'une griffe en métal ! Mais The Kentucky Fried Movie, c'est également un hommage à la Blaxploitation, à l'acteur Bill Bixby dans le sketch Sanhedrin dont le contenu fait très clairement référence à la célèbre série fantastique L'incroyable Hulk dont il était le héros, aux films catastrophe tel Tremblement de terre de Mark Robson et La tour infernale de John Guillermin à travers le sketch That's Armageddon et j'en passe et (pas forcément) des meilleures. Surtout, des années avant que n'arrivent sur le marché les technologies 4DX ou ICE (pour Immersive Cinema Experience) ou qu'avant elles un certain John Waters n'invente le cinéma en Odorama pour son excellent Polyester en 1981, John Landis et ses collaborateurs tentèrent l'expérience du Touchorama avec le sketch Feel-A-Round. Un concept déjà fort intéressant mais auquel peu de spectateurs auraient tout de même osé se frotter... Bref, The Kentucky Fried Movie est un authentique Objet Filmique Non Identifié. Pas toujours de très bon goût, pas toujours très drôle mais suffisamment divertissant pour que l'on ne ressente pas l'envie de quitter la séance avant la fin...

 

dimanche 7 juin 2020

Nurse Sherri d'Al Adamson (1978) - ★★★★★☆☆☆☆☆


Un immense merci à WARNING ZONE pour le partage


Auteur de Satan's Sadists en 1969, de Horror of the Blood Monsters en 1970 ou de Dracula vs. Frankenstein l'année suivante, Al Adamson fut également celui de Nurse Sherri, connu également sous le titre The Possession of Nurse Sherri. Deux titres pour deux version légèrement différentes d'un même long-métrage. Si dans celle qui nous préoccupe dans cet article concerne la première, plus généreuse en nudité que la seconde, elle est par contre plus courte de quatre minutes environ. Nous reviendrons prochainement sur la seconde version. Mais maintenant, place à l'infirmière Sherri, à son amant le docteur Peter Desmond, à ses collègues Tara Williams et Beth Dillon, au patient Marcus Washington , ainsi qu'au gourou Reanhauer... Al Adamson est le genre d'artisan du septième art capable de pondre un film avec peu de moyens. Et même en général, très, très, très peu de financement. À l'image duquel, Nurse Sherri apparaît comme l'un des porte-drapeaux d'un cinéma de genre fauché comme les blés. Un budget étriqué, des interprètes pas toujours à la hauteur, ne reste plus alors à Al Adamson qu'à compter sur son imagination et son savoir-faire...



L'intrigue démarre au beau milieu de collines arides, sous un soleil de plomb. C'est là qu’apparaît pour la toute première fois Reanhauer, personnage charismatique, gourou d'une secte constituée d'une poignée d'adeptes réunis afin de tenter de ramener à la vie l'un d'entre eux. Mort depuis trois semaines (!!!) pour avoir suivi les conseils de son maître qui lui refusait l'utilisation d'insuline pour son diabète, William est dans un piteux état. Mais alors que ses disciples invoquent le retour de leur compagnon à la vie, Reanhauer est victime d'une crise cardiaque. Les Dieux auraient-ils décidé de punir ce suppôt de Satan ? Toujours est-il que l'homme se retrouve à l’hôpital, allongé sur une table d'opération, entre les mains de plusieurs docteurs chirurgiens dont Peter Desmond. Malheureusement, ni les uns, ni les autres ne parviennent à ramener Reanhauer à la vie. Mais avant de mourir, son esprit quitte son corps et prend possession de celui de l'infirmière Sherri Martin. Dès lors, la jeune femme n'aura de cesse que d'éliminer les patients de l’hôpital ainsi que ses proches...

''En artisan de la nudité ''à prix bradé'', Al Adamson assène des séquences parfois totalement gratuites''



Étrange bobine que ce Nurse Sherri érotico-fantastique miséreux que ne renierait sans doute pas le spécialiste de l’érotisme-mammaire Russ Meyer. Et même si les poitrines sont ici très légèrement moins imposantes que chez l'auteur de Faster Pussycat Kill Kill, cela n'empêche pas ce petit coquin d'Al Adamson d'offrir aux spectateurs quelques scènes de nu dont une grande majorité nous est offerte par l'actrice Jill Jacobson qui débutait presque là son métier d'actrice. Poursuivant sa carrière jusque aujourd'hui puisque le dernier long-métrage auquel elle participe actuellement est en plein tournage (Merrily de Robert McAtee), Jill se désape sans poser de questions. Entre les bras de Geoffrey Land qui incarne ici le rôle du docteur Peter Desmond, l'actrice offre quelques séquences de nu qui ne ''séduiront'' malheureusement que les amateurs purs et durs de chairs blêmes et débordantes. Non pas que la silhouette de Jill Jacobson soit repoussante, mais Al Adamson filme les ébats de son interprète avec autant de vigueur qu'un boucher devant sa pièce de bœuf ! Sachant que cette première version de Nurse Sherri se consacre tout d'abord à ces passages un peu trop longs pour être véritablement appréciables, le thème de l'infirmière possédée par l'esprit d'un adepte de Satan est très légèrement mis en retrait.



Afin de remplir le quota minimum de durée exigé par le format ''long'', Al Adamson convie un joueur de football américain alité victime de cécité dont va tomber amoureuse l'une des infirmières, Tara Williams, campée par Marilyn Joi. Interprète d'un certain nombre de films d'exploitation dans les années soixante-dix et dont la carrière d'actrice a perduré jusqu'à la fin des années quatre-vingt. Elle aussi se désapera pour les amateurs d'imposantes poitrines. Comme le fera également, mais en toute discrétion, Katherine Pass, qui dans le rôle de l'infirmière Beth Dillon sait comment apaiser les craintes des futurs opérés. Concernant l'aspect fantastique de Nurse Sherri, il se résume à un changement inquiétant dans l'humeur de Sherri et quelques effets-spéciaux rudimentaires, telle l'apparition d'un ectoplasme dans la chambre de l'infirmière, Jill Jacobson montrant malheureusement les limites de son jeu d'actrice à ce moment très précis. Rudimentaires sont également les décors. L'illusion que Nurse Sherri ait été tourné dans un véritable hôpital ne tien pas vraiment la route. C'est laid, minimaliste, voire même déprimant. Pourtant, un certain charme agit. En conséquence de quoi, malgré le jeu ''soap opéresque'' de la majorité des interprètes, la mise en scène palote d'Al Adamson, l'érotisme cafardeux et les effets-spéciaux ''bricolés'' (vieille technique consistant à retravailler les images à même la pellicule), Nurse Sherri se laisse tranquillement contempler. Pas de quoi en conserver un souvenir impérissable. Juste de quoi combler un peu moins de quatre-vingt dix minutes de temps libre...
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